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Pas question de soutenir Siné-Hebdo.

Je lis dans le Grand Soir (site ouvert, comme on le voit) un « Appel à soutien à Siné-Hedo », appel envoyé, semble-t-il, par un lecteur.

J’ai soutenu ce journal au début, comme tous ceux qui ont désapprouvé le mauvais procès fait à Siné. J’ai donc cessé de lire un temps Charlie-Hebdo, malgré mon attachement à certains de ses dessinateurs et chroniqueurs, dont les « historiques » bourrés de talent.

En page 2 du n° 26 de son hebdo, Siné a écrit à propos du voyage de Jack Lang à Cuba : « Je me demande pourquoi Jack Lang est le plus détestable ? 1- D’avoir accepté d’être l’émissaire particulier de l’homoncule ou, 2- d’avoir été serrer la paluche de l’abominable stalinien, frère du dictateur gâteux ? J’hésite… les deux me font gerber. .

Vladimir Marciac s’en était ému dans LGS le 9 mars 2009 par un long article intitulé : « Siné Hebdo, un nouveau-né borgne et ridé ».

La question de savoir si venait de naître un nouvel hebdo capable de se démarquer de la pensée unique, comme chacun l’espérait, ou bien une affaire commerciale et un outil de règlement de comptes était posée.

Pour ma part, j’ai vu débarquer en septembre sur le stand de Cuba Si à la fête de l’Huma une grande partie de l’équipe de Charlie Hebdo "nouvelle formule" (comprendre : sans Philippe Val).

La lutte de Siné contre les corridas et pour les bons coups de rouge ne saurait me faire oublier ce qui se passe de nouveau, de grand et de généreux en Amérique latine, parce que Cuba a ouvert la voie. C’est autre chose que la caricature que la presse en donne en France, Siné-Hebdo inclus, hélas !

Je viens de passer un mois au Venezuela (je suggère : « Le jeune apprenti dictateur de Caracas me fait gerber »). On rencontre à chaque coin de rues, dans ce pays où les partis politiques se comptent par dizaines, où la presse pléthorique est majoritairement anti-chaviste, où le président Chavez se soumet régulièrement au jugement des urnes, des Vénézuéliens qui disent leur amour pour Cuba et qui savent que ce pays ne peut, sous peine d’irakisation rapide, jouer à les imiter. L’Amérique-latine est en marche vers une lutte d’émancipation de l’empire yanki. Qui ne le voit et n’en voit les difficultés ne voit rien. Pourquoi faudrait-il suivre un aveugle ?

Ceux qui, chez nous, analysent Cuba en trois lignes d’injures en s’appuyant sur 50 ans d’idées reçues décontextualisées et d’informations pour la plupart mensongères (qu’ils contribuent à propager) ne méritent pas un seul peso de soutien.

Et puis, j’ai lu aussi dans Siné-Hebdo, journal de Siné et sous la plume de Siné qu’il se faisait plein de thunes avec Siné-Hebdo. Il faudrait savoir, Siné !

Donc pour l’instant, je garde mes sous. S’il est un média à subventionner, ce serait plutôt Le Grand Soir qui donne la parole aux uns et aux autres avec un petit parti pris bien pardonnable pour ceux qui risquent de finir sous les bombes.

Maxime VIVAS

COMMENTAIRES  

11/12/2009 10:07 par Samuel Métairie

Bah.. à partir du moment où un chef et une élite se monte au sommet d’un État pour faire sa politique, qu’elle oeuvre pour les "masses populaires" ou pour les riches comme celle que nous avons en France, (il y a beau avoir séparation des pouvoirs, élections et institutions ou autres verbiage juridique) c’est un peu une dictature. La dictature d’une classe contre d’autres.
Avoir une élection, une séparation des pouvoirs ne veut pas dire que le peuple vit librement et sans inégalités. Avoir un système de répartition étatique, un État qui tant bien que mal s’impose d’apporter l’égalité ne veut pas non plus dire que tous sont contents, puisque des riches capitalistes veulent tirer profits personnellement et s’affranchir de l’État socialiste...les capitalistes deviennent contre-révolutionnaires. Dans les deux, c’est démocratique au sens institutionnel, mais c’est la dictature d’une frange de la population sur une autre.

Après en ce qui est de Siné... c’est un anar convaincu, même à 80 ans il ne va pas se mettre à cautionner un régime communiste en place depuis 1959, enfin je crois.
Et puis soyons réalistes, la presse en France est libre et objective, il n’y en a qu’une à subventionner, c’est le Figaro (ironie au 10ième degré)...

11/12/2009 10:16 par legrandsoir

même à 80 ans il ne va pas se mettre à cautionner un régime communiste en place depuis 1959

On lui demande pas de "cautionner", juste d’être un peu moins con.

11/12/2009 10:10 par revizor

Personnellement je n’ai jamais été lecteur de Charlie-Hebdo du fait de la présence à sa tête de l’ineffable Philippe VAL et de soeur Caroline FOUREST.

Quant à Siné-Hebdo j’en ai lu quelques numéros au début, surtout à cause du mauvais procès fait à Siné et en plus parce que je n’aimais pas VAL.

En fait j’ai très vite arrêté de le lire par manque d’intérêt, manque de temps etc...

Bien entendu je condamne la dernière sortie de Siné contre CUBA que je connaissais pas.

11/12/2009 11:24 par Maxime Vivas

Après en ce qui est de Siné... c’est un anar convaincu, même à 80 ans il ne va pas se mettre à cautionner un régime communiste en place depuis 1959, enfin je crois.

Effectivement, on ne lui demande pas de cautionner, mais juste de se renseigner et, subsidiairement, s’il a horreur des pays pas "anars" (il y en a plein, plus de 190, je crois) que ne commence-t-il pas par ceux que la France visite et où l’armée tire sur le peuple, où la police torture et où les bourgeois pillent la nation ?

Il y a quelques jours, j’ai rencontré à Caracas un jeune journaliste haïtien qui m’a dit que le total des sommes d’argent emportées par le dictateur bébé Doc pour son exil en France est supérieur au total de la dette de ce pays, le plus pauvre d’Amérique latine.

Notez (et je reste dans le sujet) que la classe politique française (à de rares exceptions) évite de se mouiller sur l’affaire Battisti. Cohn-Bendit-gras-du-bide (crachant sur le Cohn-Bendit-anarchiste-allemand de 1968, expulsé) vient même de demander que le Brésil extrade l’écrivain en Italie où il serait encagé à vie. Cette même classe politique s’accommode de la présence sur notre sol d’un vrai dictateur-assassin-voleur-pilleur de son pays. Bébé Doc est arrivé en France après avoir fait tirer sur des enfants. Il était où Siné, là  ? C’est Fabius, alors premier ministre qui l’a accueilli. Fabius qui condamne Cuba en des termes aussi sévères que ceux de Siné. J’avais écrit pour LGS un article intitulé « Fabius a égaré son dictateur ».

Quant à « un régime communiste en place depuis 1959… », la formulation serait pertinente si l’on pensait à dater aussi les mises en place des « régimes capitalistes ». On s’apercevra alors que les records de longévités politiques se situent à droite.
Rien n’est plus vieux que le capitalisme, même pas Siné (dans sa tête) quand il parle de Cuba.

11/12/2009 13:07 par damien

La presse... dès qu’il faut payer pour de l’info (satirique ou non), c’est louche !!
La gratuité est une arme terrible face au capitalisme (ou tout autre système qui dénigre les êtres vivants, son environnement, etc.).

Démystifions ! aurait dit Karl Krauss ;-)

ps (et hs) : Maxime VIVAS, pourrais-je avoir des infos sur le Venezula (j’aimerai m’y rendre), contact par mail, merci

11/12/2009 14:21 par louisemichele

très juste,

moi aussi je me suis abonnée à siné hebdo, puis j’ai accepté quelques articles contraires à mes idées car aucun journal ne pourra répondre exactement à "ma pensée" à moins que j’en édite un moi même...Cependant, là c’est trop, trop contre nous qui nous nous battons tous les jours... la presse au service de la pensée unique,nous assomme trop et nous empêche de nous exprimer. je sais trop le dictat des industriels, de la finance, des actionnaires à travers leurs coups d’états, magouilles et terreurs en tous genres, pour ne plus pouvoir supporter ce genre d’amalgame venant d’un journal "de gauche libertaire", ce (libertaire sympa mais très cul /vin/ femme quand même il faut le dire sans jouer les puritaines).
je suis anticapitaliste et j’aime l’humour et la dérision mais
"être francais, c’est être révolutionnaire"(éric cantona)

et la révolution n’est pas dans la pensée unique, ni dans l’humour des années 50
marie

11/12/2009 15:05 par Sierra

Fallait il cette sortie débile pour se rendre compte que Siné est une vieille ordure réctionnaire de droite ? Si le procès fait par Val-Fourest est bien dans leur lignée de pit-bull d’Israël, Siné n’a jamais été et ne sera jamais un ami des communistes, de dire qu’il s’agit d’un vieil anar est une gabégie, pour moi qui a connu son style de vie bourgeois il y a 25 ans, déja réac, déja embourgeoisé, avec dans son entrée d’immondes sculptures qui se disputaient le tape à l’oeil de part leur taille avec le mauvais gout.
Siné est une sorte de bobo avant l’heure, tendance pseudo-réfractaire à l’autorité, sauf celle du pognon, comme souligné dans l’article de Maxime. Bon vent à toute les merdes-hebdo.

11/12/2009 16:21 par Tiradentes

J’ai acheté tous les numéros de Siné-Hebdo depuis le 1, parce qu’il y a des gens comme Warchawsky, Alevêque ou Geluck qui écrivent dedans.

Mais ces derniers temps, Siné s’est mis à faire le malin avec sa carte du medef, acquise avec une partie de mon pognon, infime, certes, mais quand même.

Donc, j’ai laissé tomber.

Ce n’est pas grave, ma fille m’a abonné à CQFD et depuis quelque temps, le marchand de journaux de mon quartier distribue Fakir. Cela remplace bien.

11/12/2009 16:39 par Jeanne Notel

Je me rappelle comment Siné avait apostrophé Wolinski parce qu’il avait un jour dessiné dans l’Huma... "Faut du souffle pour faire cela ! Cela m’est resté là " avait lancé Siné en mettant le doigt sur la gorge à la télé sous l’oeil complice du juge Bernard Pivot. Wolinski avait répondu comme au tribunal : "Je n’ai demandé à personne la permission pour prendre cette décision". Si Siné était un vrai provocateu, pourfendeur, rebelle irrécupérable, courageux, etc.. il devrait s’attaquer non aux petites vieilles au cabas qui ne peuvent plus se défendre. S’attaquer par exemple a cette ideologie dominante, religieuse, dogmatique, qui veut que tous soient d’accord de la gauche extreme a la gauche du milieu au centre-droit jusqu’aux droites dures, c-à -d à la télé, au sujet de la "dictaturecubainegoulagtropicalmondieuet lesdruadlomcestterriblevoussavez". Il n’y a que des hommes sans complexes et assez courageux comme Oliver Stone, pour démonter cette vulgate dans ses films. Mais le nombrilisme, la démagogie, l’oubli du monde réel, le petit crachat entre ex-amis ou futurs-amis dans la cour de récré franchouillarde s’autoalimente d’autopolémiques autorisées, émoustillent l’establishment. Et il faudrait qu’on achète Siné-Val-Hebdo ?

11/12/2009 17:56 par Anonyme

Au Vénezuela , il a un journal anarchiste : El libertario et un centre de l’ anarchisme à Caracas.
A Cuba il n’y a rien de tout celà .
Au Vénézuela combien de prisonniers politiques ?
A Cuba ?
Et en fRance combien ? Combien en train de crever ?
Il y a toujours un revers à la "médaille" !
Il y a un coté "pas touche à Cuba", "pas touche" au Vénez qu’il me semble important de dépasser.
Ce qui est sur c’est que les merdias savent à merveille dégueuler sur ces pays d’Amérique du sud .
Aprés Siné, a lui aussi son revers et je ne suis pas sur qu’il soit bien représentatif d’un courant de l’anarchisme . Il existe en tant que Siné et sort pas mal d’âneries . Mais quand on est pour la liberté,donc la liberté de la presse, on doit être satisfait que Siné hebdo existe.

11/12/2009 20:10 par Pas Anar pour deux sous

Au Vénezuela , il a un journal anarchiste : El libertario et un centre de l’ anarchisme à Caracas.

Tant mieux pour eux.

A Cuba il n’y a rien de tout celà .

Vous voulez une réponse franche ? Voilà  : "heureusement".

Au Vénézuela combien de prisonniers politiques ?

Combien ?

A Cuba ?

Combien ?

Et en fRance combien ?

Surement beaucoup plus que ce que pensent la plupart des français...

Il y a un coté "pas touche à Cuba", "pas touche" au Vénez qu’il me semble important de dépasser.

Comment le dépasser alors qu’on en est encore loin ?

Mais quand on est pour la liberté,donc la liberté de la presse,

Le "donc" est absolument déplacé. Lier la liberté de la presse à "la" liberté relève d’une fainéantise intellectuelle. Voir le manifeste du GS qui est clair.

on doit être satisfait que Siné hebdo existe.

Ben non. Il faut être plus exigeant que "ça".

11/12/2009 21:23 par Agnès

Bonsoir à Tous,

Comme tout le monde, j’avais soutenu Siné, à cause du mauvais procès qu’on lui avait fait. Et très vite, la déception ne s’était pas fait attendre. Marc Edouard Nabe avait su parfaitement le dénoncer dans son excellent Tract "Sauver Siné" ("Il faut sauver Siné. Pas de l’accusation d’antisémitisme, mais de la bande de cons qui l’entoure et qui, pour se refaire une virginité de faux rebelles sur son dos de vieil anar, l’a poussé à lancer un journal de merde")... donc très vite j’avais laissé tomber cette "bande de cons".

11/12/2009 22:13 par maxime Vivas

A Anonyme qui écrit :

Il y a un coté "pas touche à Cuba", "pas touche" au Vénez qu’il me semble important de dépasser"

.

Il me semblait, ou alors on ne vit pas dans le même pays qu’il y avait plutôt un côté "haro sur Cuba, haro sur le venezuela" qu’il urge de dépasser.

Anonyme, vous n’avez pas la radio ni la télé ? Vous ne lisez jamais les journaux ? Vous n’entrez jamais dans une librairie ? Vous n’écoutez jamais les hommes politiques parler de Cuba, ceux de droite, mais aussi ceux qui se réclament de la gauche : Mamère, Kouchner, Fabius, Bové.

Vous êtes de quelle planète au juste ? On y crève les yeux et les tympans des prisonniers, ce qui expliquerait vos propos sur ce sujet et sur d’autres ?

Révoltez-vous, mon vieux, vous avez le droit à l’information, vous aussi.

Quant à la question que vous posez sur le nombre de prisonniers (dont vous ne savez rien, on dirait), voyez Amnesty International en braille et revenez nous en parler. On ne va pas faire tout le travail pour vous.

11/12/2009 22:32 par Naïva

Siné ayant goûté un temps des prisons cubaines il n’est peut être pas totalement objectif sur Fidel.
Nous avons tous des petites faiblesses, des lacunes, des rancunes, mais cela ne doit pas faire oublié son talent ni ses besoins de provoquer. C’est ça qui nous plait non !

12/12/2009 14:14 par Siné-mascope

A l’occasion de la sortie du livre, « Siné 60 ans de dessins » (éditions Hoëbeke) le journal l’Alsace du 2 octobre 2009 a interviewé Siné.

On apprend par Siné lui-même, qu’il a connu et conseillé (!) Fidel Castro, lequel est devenu un « sale con ».

Pourquoi ce revirement de Siné ? Parce que n’admettant pas de se soumettre aux lois et surtout pas à celles des pays pauvres, ne souhaitant même pas les connaître, il voulait quitter Cuba en 1975 sans l’obligatoire visa de sortie. On est anar ou on ne l’est pas ! Il a été retenu avec sa femme, « en résidence surveillée pendant trois semaines, et dans des lits superposés », le temps que l’ambassade de France (l’Etat abhorré) se décide à payer une caution.

Siné ajoute qu’en fait, sa rétention (qui ne saurait être admise pour un anarchiste que son talent place au-dessus du peuple) est due au fait suivant : « Fidel n’avait pas aimé un discours que j’avais prononcé cinq ans plus tôt devant le PC cubain. »

Il se contredit ensuite en expliquant qu’un cheminot alsacien en vacances à Cuba a connu le même problème pour absence de visa (et apparemment sans avoir prononcé un discours iconoclaste).

Ensuite l’histoire du discours anti-castriste, c’est exactement le bobard qu’a sorti José Bové à deux reprises pour expliquer son « expulsion de Cuba ». Or, on se souvient que la démonstration a été faite qu’il n’a jamais été expulsé. On a même pu lire le discours auquel il attribuait ses imaginaires déboires : ce n’était que fayotage envers Cuba en présence de Fidel Castro.

Il reste maintenant à Siné ou à ses amis bien informés à nous livrer le texte de son terrible discours devant le PC cubain. On attend. On attendra longtemps.

Il reste aussi à bien lire ce qu’il dit, d’où il apparait qu’il n’a jamais mis le pied dans une prison à Cuba.

12/12/2009 22:27 par Chris D

La critique du régime cubain est aisée. Mais elle peut venir de deux "camps" : 1 - ceux qui défendent le néoliberalisme, le pouvoir des transnationales de la triade, etc... 2 - ceux qui le font pour construire ou améliorer radicalement le socialisme.

Dans une discussion on voit rapidement que toute critique n’est pas bonne à dire devant tout le monde ... disons du moins sans les précautions d’usage. La première est sans doute de rappeler la forte et continuelle pression des USA sur les pays de sa périphérie.
Christian D

13/12/2009 09:24 par Maxime Vivas

La critique du régime cubain est aisée. Mais elle peut venir de deux "camps" : 1 - ceux qui défendent le néoliberalisme, le pouvoir des transnationales de la triade, etc... 2 - ceux qui le font pour construire ou améliorer radicalement le socialisme.

Si l’on laisse en effet de côté toutes les critiques de droite qui s’horrifient que se développent des sociétés humaines hors des règles de l’OMC et sans la férule du FMI, il reste les critiques « de gauche ».

Elles émanent malheureusement de politologues, intellectuels, analystes qui, vivant dans un pays où ils ont hérité d’une tradition révolutionnaire qui a émerveillé le monde, n’ont su que laisser arriver au pouvoir chez eux une fausse gauche (en vérité anti-« socialiste ») en alternance avec une droite atlantiste.
Si l’on observe avec le recul ce que ces experts là ont conseillé depuis des décennies à Cuba, on remarque que, si les Cubains les avaient écoutés, Fidel Castro aurait brutalement rejoint Salvador Allende sous une plaque de granit et que Cuba aurait vu (ce qui, phénomène rare en Amérique latine ne s’est pas produit depuis 50 ans) sa police et son armée (ou les trois) tirer sur son peuple.
(Je note le même phénomène à l’égard du Venezuela).
Demander à Cuba l’instauration d’une « démocratie » (définir le mot) à la française sans que soit obtenues au préalable :
- la levée du blocus,
- l’évacuation de la base militaire de Guantanamo,
- la dissolution des groupes paramilitaires qui s’entraînent en Floride pour l’invasion,
- la fin des actes hostiles de toutes sortes, y compris le terrorisme,
- la promesse des USA de renoncer à l’île,

c’est exiger du supplicié qu’il sourit et qu’il respire un bon coup tandis que le bourreau essaie de lui maintenir la tête au fond de la baignoire. On l’aimera tous s’il ressemble un instant à Marianne avant de suffoquer pour de bon.

Or, en général, ce sont bien là les conseils donnés de France aux révolutionnaires cubains : « Offrez-nous un visage aimable, donnez-vous de l’oxygène, ressemblez-nous et on vous aimera ».

L’autre problème enfin auquel on se heurte en parlant de Cuba (et on le voit même dans ces lignes), c’est qu’il faut en parler « en défense », pour récuser des attaques, des mensonges, des critiques malvenues, ce qui ne laisse pas le loisir d’expliquer ses succès ni pourquoi les pays du tiers monde l’idolâtrent, ni pourquoi leurs chefs d’Etat, même modérés, ont un respect proche de la dévotion pour Fidel Castro.

Il y a, entre ce que pensent les Français (instruits par nos médias) et ce que pensent quelques milliards de terriens qui n’ont pas la chance de vivre dans un pays supérieur (le nôtre), un décalage qui devrait au moins inspirer un désir de réflexion.

Mais une réflexion sereine et responsable sur Cuba est de nos jours impossible. Ou bien on est contre avec la hargne manichéenne et manipulatrice d’un chef de guerre, ou bien on est pour et on éprouve des scrupules, dans un tel contexte, à aborder le chapitre des imperfections.
Observez la régularité de métronome avec laquelle nos radios, nos télés, nous proposent des reportages à charge sur Cuba. Regardez à quelle cadence le Monde et Libération font de même. Demandez-vous pourquoi ce pays tout petit qui n’est en guerre ni à l’intérieur ni à l’extérieur, occupe plus de place dans nos médias que la moitié des pays de l’Union européenne dont on ne sait rien.

Après quoi, vous aurez du mal à aboyer avec la meute et à donner vos euros à Siné.

13/12/2009 11:37 par alexandre juszezak

je pense qu’il faut critiquer son propre camp pour ne pas soutenir les critiques des autres. Avoir une posture intelligente et censée, plutôt qu’aveuglèment partisane.
Ne pas écraser ceux qui dans notre propre camp ou camps divergents (anarchiste...)formulent des critiques justes ou moyennement justes par manque d’informations. Qui peut dire qu’il détient toute la vérité, le communiste ou anarchiste expérimenté de 60 ans, le jeune incorruptible, le combattant de bibliothèque...
Pour ma part la personnification de la lutte dans des personnes comme Chavez ou Fidel qui n’arrivent pas à passer le flambeau (pour qu’elles raisons ?) est déjà un échec, mais je les préfèrent aux capitalistes (fautes de choix).

13/12/2009 12:09 par Samuel Métairie

Il y a quand-même quelques chose qui me chagrine ici...
Il y a, je l’accorde, une forte pensée unique des médias (français) occidentaux contre les régimes sud américains socialistes comme Cuba, Venezuela, Bolivie, Equateur... A un tel point que lorsque la CIA tente de financer les partis d’opposition en Bolivie pour que les capitalistes reprennent le pouvoir des provinces, les journaleux ferment leur yeux. Quand Chavez se fait réélire pour "continuer la révolution", ou quand Moralès brigue un second mandat, là , on crie honte à la dictature...

Mais il y a aussi, et je rejoins une position ci dessus, une contre pensée unique sur ces pays socialistes qui vise bel et bien à dire "touche pas à venezuela, touche pas à cuba", et pourtant, je lis les journaux, et ne vis pas sur une planète où l’on crève les yeux du peuple en lui coupant les oreilles...(on ne lui crève que les yeux ici). Si on critique le Venezuela, alors on est un con de capitaliste endoctriné qui ne sort jamais de chez lui. Ben non, je suis plutôt libertaire, et je me "méfie" de Chavez. Pourtant je pense que l’amérique du sud est un modèle à l’occident en matière de résistance.
La propagande est partout, qu’elle soit de gauche socialiste, ou de droite néolibérale. Le venezuela socialiste, est/reste un pays de l’OPEP. Je pense que faire une révolution avec sa population nécessiterait de quitter le marché pétrolier même si l’entreprise qui s’en charge a été nationalisée... Il tire profit du capitalisme.

Je n’aime pas particulièrement Siné Hebdo, même si j’ai tout de même beaucoup plus d’aversion critique envers l’Express, le Figaro ou Le Monde et autres torchons de la presse aux ordres. Mais il me semble que si l’on écrit dans un média alternatif se réclamant je suppose d’un droit à l’information, de la fin de l’auto-censure journalistique et surtout de la liberté d’expression, (ce que LGS respecte mais pas les commentateurs)...Qui plus est si l’on aspire à la tolérance et au respect des opinions, on laisse couler sans insulter ceux qui sont en désaccord avec nous :
"Si l’on ne croit pas à la liberté d’expression pour les gens qu’on méprise, on y croit pas du tout." (Chomsky)

13/12/2009 13:28 par Anonyme

Il ne faudrait quand même pas dire n’importe quoi parce que Cuba et le Venezuela se libèrent un peu du joug Américain. Cela n’en fait pas des pays communistes... Le peuple n’est pas au pouvoir dans ces pays même si les politiques sont sociales. Je parlerais plutôt de capitalisme d’état.

13/12/2009 14:23 par V. Dedaj

Je parlerais plutôt de capitalisme d’état.

Aie, mon Dieu, on étouffe sous ces clichés...

Le peuple est probablement plus près du pouvoir (ou l’inverse) que n’importe où ailleurs dans le monde. Il suffit de se plonger dans le fonctionnement du système pour le comprendre, et pas prendre les articles de libé ou les dépêches de l’AFP comme références.

V. Dedaj
co-auteur de "Cuba est une île", avec D. Bleitrach, éditions le temps des cerises.

13/12/2009 16:06 par Jeane Notel

Un bon exemple de ce "capitalisme d’Etat au Venezuela " du traitre réformiste Chavez qui est incapable d’écouter les conseillers en révolution qui vivent sur les rives de la Seine, ce témoignage du toulousain Grégoire Souchay : http://www.escapades-bolivariennes.blogspot.com/

Lequel décrit bien par ailleurs la morgue des bobos français expatriés au Venezuela (et pas colonialistes pour un sou, of course) : http://escapades-bolivariennes.blogspot.com/2009/11/paroles-dexpats-francais-mais-pas-tous.html

13/12/2009 17:25 par Maxime Vivas

Dans mon commentaire précédent on lit :

Si l’on observe avec le recul ce que ces experts là ont conseillé depuis des décennies à Cuba, on remarque que, si les Cubains les avaient écoutés, Fidel Castro aurait brutalement rejoint Salvador Allende sous une plaque de granit et que Cuba aurait vu (ce qui, phénomène rare en Amérique latine ne s’est pas produit depuis 50 ans) sa police et son armée (ou les trois) tirer sur son peuple.

Mauvais coupé pas collé dans mon texte, j’avais écrit : Cuba aurait vu (ce qui, phénomène rare en Amérique latine ne s’est pas produit depuis 50 ans) sa police, son armée ou l’armée des USA (ou les trois) tirer sur son peuple.

Les commentaires d’autres lecteurs soulignent à juste titre le désagrément qu’il y a, en répondant à des monceaux de mensonges, à des semi vérités, aux choix délibérés de ne parler que du négatif, aux procès à charge contre Cuba, à ne pas se parer du manteau du démocrate objectif, c’est-à -dire, à s’interdire d’émettre des réserves. A supposer que les amis français de Cuba émaillent leurs textes de ce qu’ils savent de perfectible et de critiquable (il suffit d’ailleurs d’écouter les dirigeants cubains pour moissonner sur ce point), ils sont assurés que ceux qui ne parlent que de ça pérorerons : "Même les castristes purs et durs le disent.."

Or, le constat objectif est le suivant : nous ne connaissons en France qu’une caricature imbécile de Cuba. Je ne crois pas qu’on puisse trouver au monde plus de trois ou quatre pays qui prônent la liberté de la presse mais où pareille caricature existe.

Le juge qui vient de refuser de libérer les cinq Cubains emprisonnés aux USA depuis plus de 11 ans a néanmoins accepté de réduire certaines peines en raison, a-t-il dit "du retentissement international de cette affaire".

Retentissement international ? Quelqu’un en a parlé en France ? La télé ? Vos amis, vos collègues de travail en sont informés ? Vos élus sont intervenus ?

International peut-être, mais pas en France.

Je ne sais plus si c’est dix ou douze prix Nobel qui sont intervenus pour dire aux USA de lâcher Cuba. Vous le saviez ?

Cuba est le seul pays du monde que l’armée US peut attaquer sans en référer au congrès. Vous le saviez ? Si oui, vous avez écrit quelque chose sur le sujet ?

Cuba est le seul pays du monde où les citoyens états-uniens n’ont pas le droit d’aller. La presse nous parle des difficultés (réelles) éprouvées par les Cubains pour se rendre aux USA, mais pas de l’interdiction totale faite aux Etats-uniens de mettre les pieds sur l’île.

De cela Siné ne veut rien savoir, vexé à mort de n’avoir pas eu un passe-droit lors d’un voyage à Cuba il y a un quart de siècle. De cette rancune orgueilleuse découle l’impossibilité pour son journal d’entamer une réflexion sur ce qui se passe de beau, de grand, de moderne dans toute l’Amérique latine. En cela, Siné-hebdo ne peut jouer le rôle que joua Hara-Kiri à ses débuts, ni même celui que joue Charlie-Hebdo "nouvelle formule".

La phrase ci-dessus a pour but de recadrer le débat ouvert par LGS (en donnant à lire deux textes opposés) et qui était : « Faut-il financer Siné-Hebdo ? ».

Si Siné-Hebdo est en difficulté (à prouver par la publication des comptes, ça serait la moindre des choses) cela ne peut être que parce que ce journal a déçu et a perdu des lecteurs après le formidable élan de soutien (j’en étais) dont il a bénéficié avec une médiatisation exceptionnelle.

Pourquoi aujourd’hui financer un journal qui ne dit rien de très original sur nos misères franco-françaises et qui prend le mauvais parti sur l’international ? LGS en dit plus, est mieux informé, gratuit, et parfois même amusant (sans bites couilles et bonne muflée).

C’est quand la souscription pour LGS ?

13/12/2009 17:42 par Maxime Vivas

A Alexandre Juszezak qui écrit :

Pour ma part la personnification de la lutte dans des personnes comme Chavez ou Fidel qui n’arrivent pas à passer le flambeau (pour qu’elles raisons ?) est déjà un échec, mais je les préfèrent aux capitalistes (fautes de choix).

J’avais entendu dire que Fidel ne gouvernait plus et que Chavez était aux manettes parce qu’il est sans cesse réélu avec un pourcentage croissant alors que les 4/5èmes des médias le pilonnent nuit et jour.

J’ai entendu dire aussi que l’Europe compte 8 royautés avec des pantins dont l’un a été choisi par Franco. Mais tous les autres sont là parce que leurs ancêtres y étaient. Leur descendance y sera. Une partie de mes impôts d’Européen paye ça, leurs parades, leurs déguisements surannés, leurs carrosses, leurs valets, leurs bijoux, leurs festins, leurs châteaux. Qu’on ne dise pas qu’ils n’ont aucun pouvoir. Ils en ont. Et n’auraient-ils que celui de fixer le prix des allumettes, que ça serait déjà trop.

Si Chavez et Castro se font couronner, je promets de râler. En attendant, j’essaie de me rappeler un truc : c’est comment, déjà , cette histoire de la paille latino-américaine et de la poutre européenne ?

Quant au bonhomme qui habite le Vatican, je préfère ne pas en parler, tiens !

13/12/2009 21:36 par alexandre juszezak

je suis d’accord avec toi maxime, mais comment s’appelle le successeur de Fidel Castro ? J’aurais aimé que Chavez trouve (soit capable)un successeur pour après ses deux mandats.
L’Europe est pourrie, oui, mais ça ne veux pas dire qu’il faut adorer ce qui n’est pas parfait ailleurs. Je n’y étais pas mais j’ai l’impression que si des voix communistes, ici, avaient critiqué le régime stalinien, il serait plus facile aujourd’hui de défendre le communisme comme n’étant pas un horrible totalitarisme. Soyons auto-critiques pour ne pas être critiquable sur nos intentions. et je termine en disant : même combat.

13/12/2009 23:27 par V. Dedaj

Ah, la question du "frère"... Si Fidel a la moindre légitimité (évidemment) alors Raoul en a tout autant. Il était avec Fidel durant l’attaque de la Moncada, avec Fidel en exil au Mexique, c’est lui qui a présenté le Che à Fidel, il était dans le Granma lorsque les barbudos ont débarqué, il a fait la Sierra Maestra... Ce n’est pas un "frère" qui succéde, c’est un des dirigeants majeurs de la Révolution, qui se trouve être un frère, qui succède. Nuance. D’ailleurs, la famille Castro ne s’arrête pas à ces deux frères, mais les autres n’exercent pas de pouvoir, et certains sont même classés comme opposants. CQFD, non ?

14/12/2009 00:55 par Vania

Bravo M.Vivas pour vos arguments toujours éclairés et indispensables à la compréhension de l’état du monde !!

14/12/2009 00:55 par Emcee

Bon, ça tombe bien, je n’ai jamais soutenu Siné Hebdo, mais je me doutais bien que cela ne pouvait pas durer bien longtemps, cette aventure. On ne lance pas un journal satirique de gauche par dépit, mais par conviction. Et avec une équipe qui cherche véritablement à faire bouger les lignes.

Or, la plupart de ceux qui publient des articles sont des gens qui ont déjà (et pour certains depuis longtemps) leurs entrées dans les grands médias et qui représentent donc la "gauche" (celle qui est "propre sur elle", qui s’indigne où il faut s’indigner, et qu’on invite sur les plateaux pour laisser croire à la pluralité, et pour amuser la galerie), et qui se permettent de donner un avis d’"expert" sur tout et n’importe quoi sans avoir consulté personne d’autre qu’eux-mêmes. D’où ma défiance.

Pour ce qui est de Cuba et du Vénézuela, il y a encore du boulot, à ce que je vois ! Les préjugés ont la vie dure.

En France, on est révolutionnaire par substitution. Qui aujourd’hui mène une véritable réflexion sur ce qu’on devrait faire pour sortir du bourbier dans lequel nous sommes ? Qui cherche à rassembler autour d’un projet cohérent ?

Non, il vaut mieux aller voir du côté des pays pauvres et dire qu’ils ne font pas ce qu’il faudrait faire. Du haut de notre supériorité.

La longévité de Castro ? Pourquoi, parce qu’on peut changer, nous, si on veut ? celui qui est président actuellement et qui convient à moins de 30% - voire bien moins (vu que même les sondages sont bidon)- de la population sera probablement réélu en 2012. 10 ans de pouvoir, donc. Avant cela, à part quelques parenthèses "socialistes", c’était encore le même parti qui était au pouvoir. Cela dure depuis combien d’années tout ça ? Oui, c’est vrai, ce ne sont pas toujours les mêmes têtes, mais, eux, ils sont interchangeables et comme ils sont pitoyables, on en élit une autre qui nous promet le "changement".

Des professionnels de la politique, compétents ou non, parfois même des escrocs notoires (ou de simples encartés au bon parti dans les bonnes circonscriptions, comme des ex-champions de judo) sont élus et ré-élus. Cherchez l’erreur.

Une démocratie ? Où ça ? A part aller voter contre le candidat qui nous plaît le moins, que faisons-nous ? Avons-nous seulement le droit à la parole ? A l’assemblée, dans les médias ...

Liberté de la presse ? Pareil. Ce qui dérange vraiment est marginalisé, voire éliminé.

Mais tout cela ne nous empêche pas de jouer aux donneurs de leçons.

Comment peut-on parler de Cuba en le regardant avec nos yeux d’occidentaux ?

Cuba : une île minuscule, à quelques kms du mastodonte étatsunien, qui lui impose un embargo depuis des décennies et qui complote constamment pour renverser le régime ; un pays pauvre régulièrement dévasté par les ouragans ; un pays où, malgré les difficultés graves, le gouvernement met un point d’honneur à ce que tout le monde mange à sa faim, à ce que tous les enfants soient scolarisés et que la population ait accès aux soins médicaux, etc. ; un pays tranquille qui ne fait la guerre à personne, a fortiori sous des prétextes fallacieux.

En quoi est-ce comparable à un seul des pays occidentaux, qui, eux, prennent à Paul pour habiller Pierre, que ce soit intra ou extra muros ? Pour ne citer que cela.

14/12/2009 03:13 par Jean-Luois Monceray

Le commentaire de Alexandre est incroyable car il montre qu’on peut se dire "critique de gauche" et dire "même combat" tout en étant profondément antidémocratique et en méprisant l’avis de la majorité d’une population. C’est sur la base d’un référendum populaire validé par les observateurs internationaux que les venezueliens, ont a 54 %, demandé et obtenu le droit d’inscrire dans leur constitution la possibilite pour un mandataire publics de se répresenter sans limite de mandats, parmi les autres candidats. Un plus qui caractérise d’ailleurs la plupart des démocraties (sauf évidemment sous Sarkozy, qui a fait supprimer cette possibilité jusqu’ici en vigueur en France... et demandez-vous pourquoi un tel "démocrate" a fait supprimer cette disposition constitutionnelle...)

Ici en tout cas les gens ont jugé injuste qu’un mandataire ne puisse pas avoir le droit de se représenter face aux électeurs ce qui ne veut pas évidemment pas dire qu’il est réélu d’office, contrairement à ce que sous-entend Alexandre, et contrairement à ce que martélent les grands médias. Tous les scrutins du Venezuela ont été validés par l’OEA, le Centre Carter, l’UE... Il n’ y a donc aucune imposition d’un quelconque messie mais jugement sur pièces de candidats de tous les bords et dans le secret des urnes.

Pourquoi dès lors ne voulez-vous pas respecter le référendum, le vote, le droit démocratique d’élire ou d’écarter qui on veut parmi une liste de candidats ? De quel droit Alexandre refuse-t-il cette possibilité à une population ? Au Bresil, en Bolivie, la constitution oblige Lula a partir, et Morales ne pourra se représenter au suffrage. Et si les gens voulaient réélire ces équipes ? Non, leur répond Alexandre, car vous tomberiez dans le messianisme et le stalinisme, croyez-moi.
En Amérique Latine aujourd’hui, les millions de pauvres laisses par neo-liberalisme, la quasi-disparition de l’État, aident á comprendre pourquoi les gens souhaitent parfois donner plus de temps à des équipes révolutionnaires, qui doivent remonter tout un courant et reconstruire des pays. Il faut être sacrément antidémocrate ou bobo sans besoin de sortir de la misère pour dire aux peuples latinoaméricains à quel système ils ont droit et de quel droit démocratique ils peuvent ou non jouir.

14/12/2009 08:15 par Maxime Vivas

A Alexandre Juszezak :

Avant d’avoir lu la réponse de V. Dedaj, j’avais fait une recherche. Elle corrobore et précise ce qu’il dit.

La voici :

Le 26 juillet 1953, un groupe de révolutionnaires cubains attaque la caserne Moncada à Santiago de Cuba. C’est un échec. Quatre-vingt d’entre eux sont tués ou arrêtés, torturés et fusillés. Fidel Castro est condamné à 15 ans de prison. Parmi les survivants, un homme de petite taille, jeune. Les soldats qui traquent les survivants dans les rues le laissent tranquille, le prenant pour un enfant. Il s’appelait Raúl Castro.

En novembre 1956, 82 hommes débarquent à Cuba sur le bateau le Granma pour affronter une armée entière. Au bout de quelques jours de combats, 16 seulement survivront. Parmi eux, Fidel, Raúl, le Che.

Fidel a des frères et soeurs et des enfants. Le Che a aussi des enfants qui vivent à Cuba. Raúl aussi. Cette progéniture a atteint l’âge où, chez nous, les politiciens sont considérés comme opérationnels.

Aucun des membres de la famille des héroïques guérilleros n’est au pouvoir.

L’ancien premier vice-président du Conseil d’État, Raúl Castro, porté à des postes de responsabilité par son engagement précoce et une vie de consolidation de la Révolution, notamment en organisant l’armée, est devenu pour cela le chef de l’Etat cubain.

Et sinon, pour Siné, qu’est-ce qu’on fait ?

14/12/2009 09:18 par emcee

@ Maxime : c’est parce ce que là -bas, à Cuba, ils n’ont pas d’Epad ;-)

"Et sinon, pour Siné, qu’est-ce qu’on fait ?" : quelle était la suggestion de départ ?

Pour ce qui concerne le Vénézuela, je suis d’accord : on prête à Chavez les pires mauvaises intentions alors que jusqu’à présent, il a parfaitement respecté les règles de la démocratie. Que faut-il qu’il prouve encore ? Et qui donne aux occidentaux le droit de se mêler de la politique d’autres pays quand leur chef d’état a été élu démocratiquement et que, de toute évidence, il cherche des solutions pour sauver la population du marasme dans lequel ces mêmes pays ont contribué à le plonger ?

Est-on aussi pointilleux quand un Bush se fait élire grâce à un tour de passe-passe de la Cour Suprême toute acquise à sa cause, quand le président français fait modifier la Constitution à son profit, avec l’aval du reste de la classe politique, quand l’Europe fait voter un texte coûte que coûte contre la volonté des peuples européens, et quand ces mêmes pays ferment les yeux sur les crimes contre l’humanité, entre autres ?

Pourquoi donc aller chercher le communisme de Staline quand nous avons aujourd’hui des exemples concrets et évidents d’agissements antidémocratiques - pour ne pas dire plus.

Et puis, non, nous n’"adorons pas ce qui n’est pas parfait", mais nous reconnaissons à Chavez de grands mérites. Nous n’oublions pas non plus que les populations d’Amérique Latine ont été sous le joug de gouvernants souvent sanguinaires mis en place par ces mêmes pays "démocratiques" qui ont laissé un pays exsangue après leur passage.

Pour tout dire, je suis bien plus inquiète pour la démocratie ici, en France, actuellement.

Et si nous devons faire notre "autocritique", faisons-la, donc, et demandons-nous pourquoi nous laissons passer, les unes après les autres, les lois liberticides, les lois qui démantèlent nos institutions et les garde-fous qui nous préservent du pouvoir absolu, sans lever le petit doigt ?

14/12/2009 10:34 par Ossian

Aïe ! Cela fait mal de lire le nom de Lula (un des principaux soutiens au Brésil de l’ignoble industrie des biocarburants) à côté de celui d’Evo Morales...

14/12/2009 11:14 par alexandre juszezak

je ne pense pas que mon poste n’était pas bien méchant, ni totalitaire. Il représente plus des questions que je me pose et que je pense qu’il faut se poser devant des révolutions et des hommes qui les représentent. Je remercie ceux qui ont fait des recherches pour répondre intelligemment et humainement. je note que pour certains le reflex (qui empêche la réflexion) est de conclure que je suis anti-démocrate, et pire bobo, je dis donc à ceux là : en effet pas le même combat. Je mettrais toujours le doute avant la passion. Il y a des adorateurs de Naboleon qui souffrent à chaque fois que celui ci reçoit une critique "injuste"... Il y a des adorateurs dans les deux camps, qui attaquent les critiques et questionnements avec la même "ardeur".

14/12/2009 12:23 par legrandsoir

Certes, mais c’est ce genre de "pseudo-objectivité" qui est pénible. L’ardeur à défendre Chavez et l’ardeur à défendre Sarkozy ne sont pas de même nature, ne procédent pas du même "raisonnement", ne visent pas les mêmes objectifs, etc. Il est confortable de décreter une similitude dans la forme (qui reste à prouver, parce que l’"ardeur" en soi ne suffit pas) et d’en conclure une similitude sur le fond.

14/12/2009 12:24 par Solzasco

A la rigueur, t’en aurais ras la touffe de Onfray et autres fashion victims potes à Siné, je comprendrais - mais lui reprocher de se faire de la thune alors qu’on lui annonçait la ruine, là tu mérites mal. Et puis dis donc le genre "je donne pas à ..." c’est de la dame de charité pur jus ça : si ça te démange vu que t’as les moyens, donne au fisc, c’est le plus sûr moyen d’être généreux sans aucune publicité :-/ !

14/12/2009 12:32 par legrandsoir

merci de ne pas jouer aux trolls sur LGS. Il n’est pas reproché à Siné de se "faire des tunes".

14/12/2009 14:02 par Anonyme

D’accord : modéré a priori.

A priori favorable, si vous lisez les papiers ou commentaires que vous modérez, et dans le papier de Maxime VIVAs vous lisez ceci :

"Et puis, j’ai lu aussi dans Siné-Hebdo, journal de Siné et sous la plume de Siné qu’il se faisait plein de thunes avec Siné-Hebdo. Il faudrait savoir, Siné !"

Il faudrait savoir lire, LGS, avant de vous permettre de taxer de "troll" l’auteur d’un post qui n’a pas l’heur de vous plaire.

14/12/2009 14:26 par legrandsoir

"Et puis, j’ai lu aussi dans Siné-Hebdo, journal de Siné et sous la plume de Siné qu’il se faisait plein de thunes avec Siné-Hebdo. Il faudrait savoir, Siné "

Cette phrase veut dire exactement ce qu’elle veut dire. Maxime le confirmera ou pas. Siné-Hebdo lance un appel à finance alors qu’en même temps Siné lui même dit qu’il se faisait plein de tunes. Alors faut savoir : plein de tunes ou difficultés financières ? Il n’est pas reproché à Siné de "faire plein de tunes", il est remarqué qu’il y a comme une contradiction entre ça et l’appel à soutien.

En sommes nous réellement arrivés au point d’avoir à faire des explications de texte, même lorsqu’ils sont parfaitement rédigés ?

14/12/2009 15:09 par Maxime Vivas

Je crois en effet qu’on s’est tout dit ici sur mon article, qui répondait à un appel à soutenir Siné-Hebdo. Les commentaires vont désormais tourner au pinaillage.
Une dernière pour la route ? Dans Libération du mercredi 30 juillet 2008, interrogation d’’Eric Favereau sur Siné.

"Mais quand même, ne s’est-il pas trompé, en soutenant Fidel Castro, Boutlefika ? "

Siné : « Je n’y peux rien s’ils sont devenus des crapules. J’ai même été pro-Mao. Si j’avais été plus jeune, j’aurais été stalinien. » (Propos recueillis par téléphone le 23 juillet).

Je rappelle aussi qu’une de mes remarques était que, puisque Siné se vantait naguère de gagner plein d’argent avec son hebdo, il serait bien qu’on sache pourquoi il en appelle soudain à la générosité populaire. Que s’est-il passé ? Montrez les comptes, pour voir.

Et on attend aussi le texte de son discours qui lui a prétendument valu d’être bloqué à Cuba avec sa femme dans une chambre avec "lits superposés".

14/12/2009 16:55 par Eva R-sistons

Bien d’accord ! Vive Cuba, le Vénézuela, et au diable les grincheux et les médias menteurs ! Eva R-sistons

14/12/2009 20:32 par ed

En effet, Maxime, je crois que le tour de la question a été fait. Quelques commentaires sur la longévité de Castro m’amènent à faire cette petite remarque, pas si petite à mon sens : sait-on le salaire de Castro ? 25 dollars US.
Pour ce tarif, je voterais à vie pour le même bonhomme :) Mais ce n’est pas prêt d’arriver en France !
S’il y a une chose que les leaders occidentaux abhorrent chez la classe politique sud américaine, c’est bien ce sens de la mission publique, et cette insensibilité au fric. Des mecs tels que Chavez menacent de réhabiliter la politique au sens platonicien. Leur rapport au fric est beaucoup plus sain, et cela augmente leur terrible aura romantique. On a bien essayé de les impliquer dans des affaires de fric, de leur inventer des comptes secrets..Echec total. Même Forbes qui accusa Fidel d’enrichissement illicite a dû démentir.
A ceux qui se plaignent de la longévité, encore théorique de Chavez, ou de celle, réelle de Fidel : avec des indemnités de 20 euros, j’aimerais, savoir combien de politiciens brigueront des suffrages, au pays du cumul des mandats ?

15/01/2010 20:28 par ignace

merci Maxime. J’ai fait tout pareil et maintenant je pense tout pareil !
C’est vieux comme le monde : les anars d’extrême gauche, à force de poussed le bouchon, finissent malheureusement par se retrouver avec des positions d’extrême droite. Le cercle se referme...

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