13 
Le sous-préfet de Saintes limogé après avoir publié une tribune anti-israélienne sur un site Internet

Paris plus sioniste que Tel-Aviv ?

L’Ordre pro-israëlien de Paris serait-il plus implacable encore que l’Ordre sioniste de Tel Aviv ? Les auteurs antisionistes peuvent encore s’exprimer et même enseigner ou dénoncer dans la presse israëlienne ou étrangère les crimes de leur état : ceci semble désormais interdit sur notre territoire.

Par exemple un article de Meron Rappaport dans Haaretz « Ce que nous avons fait au Liban était fou et monstrueux » serait probablement interdit en France et son auteur sanctionné… De quelle solidarité va bénéficier le sous préfet Bruno Guigue ? Celle de son « corps » préfectoral ? Celle des partisans de la paix, seulement ? Ou celle plus large d’une opinion qui devrait commencer à comprendre que les voix que l’on veut faire taire sont celles qui voudraient que le pays ne soit pas entraîné dans la folie du choc des civilisations qui semble fasciner notre président ?

(version éditée par le Grand Soir. Certains textes ont été remplacés par un lien et des liens ont été rajoutés.)

L’article du journal Le Monde
L’ONU contre les Droits de l’Homme

L’article de Bruno Guigue
Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l’ONU

LE LIMOGEAGE : COMMUNIQUE :

AP - Samedi 22 mars, 22h48

PARIS - Le sous-préfet de Saintes (Charente-Maritime), Bruno Guigue, a été limogé après avoir publié sur le site Internet "oumma.com" une tribune "très violemment anti-israélienne", a-t-on appris samedi auprès du ministère de l’Intérieur.

La ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie, mise au courant mercredi du contenu de cette tribune, a "pris immédiatement un décret mettant fin aux fonctions du sous-préfet" qui a tenu des "termes tout à fait inacceptables" et violé son "devoir de réserve", explique-t-on de même source.

Bruno Guigue a notamment déclaré dans sa tribune publiée le 13 mars qu’Israël est le "seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles". Il a également évoqué "les geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s’interrompt de torturer durant le shabbat". AP

LE CONTEXTE POLITIQUE :

Nous sommes dans le contexte d’une "guerre" en préparation et dans laquelle la position de notre président est de plus en plus clairement annoncée, jusque dans l’assurance donnée aux armées que l’arme nucléaire tactique peut être utilisée dans un contexte de "guerre préventive" pour intimider l’adversaire !

Dans cette optique il est plus simple et moins dangereux politiquement de "virer" un membre du corps préfectoral non aligné sur la position de l’état que d’avoir à gérer une démission fracassante dans le contexte d’une initiative désastreuse à venir.

LE ROLE DES MEDIAS :

Nous devrons donc être aussi vigilants à la manière dont cet événement sera traité par les médias, attendons-nous à des controverses manipulatrices que le libellé du message sur le forum du nouvel obs. ce matin démontre déjà  ; le qualificatif "antisémite" a été mis en ligne avant d’être modifié ! A l’évidence les informateurs du nouvel obs. étaient les mêmes ou étaient proches de ceux de la ministre de l’intérieur qui a du recevoir la « plainte »… Peut-être dans les mêmes termes.

un_sousprefet_limoge_pour_des_propos_antisemites.html

Ce jour 23 mars au journal de F3 l’info a été donnée à 13h30 ; au 13 heures, sur TF1 affaire du préfet évoquée très brièvement ; sur F2 beaucoup plus longuement, le sous préfet "nommé depuis six mois" va "réintégrer son activité antérieure d’administrateur civil" et surtout c’est bien "sur plainte de la communauté juive" que le ministère de l’intérieur à prononcé la sanction, "évoquant le devoir de réserve non respecté…"

LE ROLE DES « REPRESENTANTS » DE LA COMMUNAUTE JUIVE ?

- Sur le site du CRIF, auquel appartiennent de nombreux signataires de la tribune du Monde ayant motivé l’article de BRUNO GUIGUE, aucun communiqué à ce jour, mais sans doute du champagne dans les bureaux…

- Sur le sujet l’institution « représentative » a eu l’occasion lors du salon du livre et de la venue de PERES de réaffirmer son soutien inconditionnel à la politique de l’état israélien.

- Le texte en ligne le plus récent, issu du département d’état américain, réaffirme clairement que toute critique d’Israël cache un antisémitisme dont l’existence même n’est pas « négociable » pour ceux là , comme pour les signataires de la tribune du Monde probablement, la « pensée Finkielkrault » a au moins un mérite, c’est sa constance dans la capacité aux amalgames et affirmations absurdes, exactement le contenu de l’article du sous préfet sanctionné :

Article sur le site du CRIF : « Le nouvel antisémitisme déguisé en haine d’Israël »

« Les Juifs à travers le monde font l’objet d’une nouvelle forme d’antisémitisme qui se présente de manière déguisée en haine envers Israël, a avertit un rapport du département d’Etat américain pour l’année 2007 : « Ce nouvel antisémitisme est courante dans l’ensemble du Moyen-Orient et dans les communautés musulmanes en Europe, mais il ne se limite pas à ces populations."

Le document cite notamment le fait que les différentes organisations des Nations unies font souvent l’objet de demandes d’enquêtes sur "des atrocités et autres violations des droits de l’Homme supposées commises par Israël et présentées d’une façon dramatisée" .

L’effet de ces "critiques sans répit envers Israël" alimente l’idée qu’Israël est une source majeure d’" abus contre les droits des autres" , poursuit le rapport, qui souligne que dans le même temps, les différentes organisations des Nations unies ne prêtent "pas assez attention à des régimes qui sont manifestement coupables de graves violations" .

Le fait de "comparer la politique actuelle d’Israël à celle des nazis est de plus en plus répandu" , selon ce rapport, publié conformément à une loi adoptée en 2004 aux Etats-Unis dans le but de recenser et combattre les actes antisémites dans le monde.

Le rapport souligne que la haine envers Israël se manifeste parfois par des violences commises contre des individus juifs, et relève une soudaine augmentation des incidents antisémites au moment de la guerre entre Israël et le mouvement radical chiite libanais Hezbollah en 2006.

Il accuse plusieurs dirigeants d’attiser la haine antisémite, notamment le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, ainsi que le président vénézuélien Hugo Chavez, le gouvernement syrien ou encore les médias saoudiens et égyptiens.

Le rapport souligne que l’antisémitisme sous sa forme traditionnelle demeure un problème en Russie et que la violence antisémite "reste une préoccupation importante" dans des pays comme la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Il note aussi une augmentation des incidents antisémites en Argentine, en Australie, au Canada, et en Afrique du Sud notamment. »

Le rapport a été mené par le nouveau Bureau de la surveillance et de lutte contre l’antisémitisme, dirigée par Gregg Rickman US report : New anti-Semitism disguised by hatred of Israel (EJP)

UNE GUERRE DE PROPAGANDE EST DECLAREE, EN PREPARATION ET POUR CONDITIONNEMENT AVANT UN CONFLIT REEL PREVISIBLE ET ANNONCE, elle n’est pas nouvelle mais semble prendre une ampleur telle qu’elle puisse demain devenir attentatoire aux libertés d’expression et d’analyse. C’est bien cela qui fait l’importance de l’événement que représente la radiation d’un préfet.

UN SOUTIEN S’ORGANISE :

Dans sa région , il semble qu’un soutien s’organise : « Bruno Guigue a été sous-préfet à la ville à La Réunion avant d’être chargé de l’économie solidaire au conseil régional. C’était aussi un conférencier très apprécié. Le collectif Pas En Notre Nom-974 et l’Association Initiatives dionysiennes lui apportent leur soutien. Jean-Marc Tagliaferri webmestre ( Voir http://aid97400.lautre.net/spip.php... ) et le texte du communiqué du collectif « Pas en notre nom ».

RADIO J AUX « AVANT POSTE » DE LA VIGILANCE SIONISTE.

D’où provient l’émoi politique autour de l’article de BRUNO GUIGUE ? Nul doute que la communauté juive ait pu jouer un rôle pour obtenir une décision aussi grave qu’une radiation d’un sous-préfet, dont les écrits antérieurs étaient connus de tous, antérieurement à sa prise de fonction il y a environ six mois.

Une piste très plausible est représentée par la chronique de « radio J » dont l’obédience sioniste est connue de tous ; l’écoute de ce billet du 28 mars, de quelques minutes, semble lever le doute :

SUR LE SITE DE RADIO J :

Emission du 18 mars 2008 - de 08H20 à 08H25

Mardi 18 mars, dans le journal de la matinée, Luc Rosenzweig fait part du scandale provoqué par une tribune diffusée sur le site internet ouma.com, en réaction à un "point de vue" de plusieurs intellectuels qui s’inquiètent du prochain sommet contre le racisme, dit "Durban 2," prévu en 2009.

EXTRAITS DE L’ ECOUTE :

« Ouma.com est un site islamiste radical qui diffuse notamment la pensée de Tariq Ramadan…(ce texte est) un torchon antisémite…..(qui ne provient pas d’un ) plumitif djihadiste …caché en Afghanistan….(Mais) le texte. en question est signé par Bruno Guigue….(Cette chronique) Est-elle compatible avec le devoir de réserve, évidemment non…(Si la ministre de l’intérieur est au courant) Un silence de sa part vaudrait approbation »

REMARQUE : Tous ceux qui usent de la source d’information citée savent que la qualification « islamiste radical » est totalement inappropriée, des textes de Tarik Ramadan y sont relayés comme ceux de nombreux intellectuels consacrant leurs écrits aux thèmes en relation avec le monde arabe, en France ou ailleurs, et le moyen orient en particulier ; y compris des écrits « laïques » sur ces questions. L’appel final après accusation abusive d’antisémitisme est un appel au lynchage , suivi d’une pression sur le ministre de l’intérieur, Madame Alliot Marie, en forme de chantage. Opération réussie !

A SUIVRE…

COMMENTAIRES  

25/03/2008 02:22 par JACQUES RICHAUD (l'auteur)

1 - La tribune du monde se transforme en pétition de la LICRA !

2 - Le site oumma.com publie un communiqué après le limogeage de son rédacteur dans sa fonction préfectorale.

3 - Précision sur le rapporteur spécial de l’ONU Doudo Diène incriminé dans la tribune du Monde

4 - Ne nous trompons pas de combat : Commentaire après lecture de quelques forums.

5 - Bavure d’un ambassadeur d’Israël et devoir de réserve

- 1 - L’origine de la tribune du « Monde » à laquelle répondait Bruno Guigue, est un "˜pamphlet - pétition’ repris sur le site de la LICRA : http://www.licra.org/

L’ONU CONTRE LES DROITS DE L’HOMME - SIGNEZ LA TRIBUNE
17/03/2008 Télécharger l’intégralité de la tribune
The_United_Nations_versus_human_rights (English_version).pdf
ONU_contro_i_diritti_dell uomo.pdf

« L’année 2008 verra-t-elle simultanément le soixantième anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme par l’ONU et la destruction de ses principes par la même ONU ? Tout porte à le redouter, tant depuis un certain nombre d’années, par ses dérives, l’ONU s’est caricaturée.
A Durban, en Afrique du sud, s’est tenue en 2001 la Conférence mondiale contre le racisme, à l’initiative des Nations Unies, dans la ville même où Gandhi avait commencé à exercer son métier d’avocat. C’est au nom des droits des peuples que furent scandés des « mort à l’Amérique » et « mort à Israël » ; et c’est au nom du relativisme culturel qu’on fit silence sur les discriminations et violences commises contre les femmes.
Alarmée par les graves dysfonctionnements ainsi mis en lumière au sein de sa « Commission des droits de l’Homme », l’ONU inaugurait en juin 2006 un tout nouveau « Conseil des Droits de l’Homme » (CDH), censé remédier à de si préoccupantes dérives. Aujourd’hui, le constat est plus qu’amer : c’est à la consécration même de ces dérives que nous assistons dans la perspective du forum dit de Durban 2, qui se tiendra en 2009. Plus gravement encore, l’élaboration officielle de nouvelles normes marquera, si celles-ci sont gravées dans le marbre d’une nouvelle et très particulière Déclaration des droits de l’homme, la mise à mort de l’universalité des droits.
 »

OBSERVATION :
- Il est notable que la tribune du "˜Monde’ traîne dans la boue le rapporteur de l’ONU Doudou Diène, et que l’article de Bruno Guigue prend sa défense.
- Il est notable aussi que le député UMP Patrick Gaubert est président de la Licra, il soutenait les test ADN du député de droite Mariani, inspirés par la volonté du président lui-même.
- Doudou Diène est critique de la politique de Nicolas Sarkozy. Cette raison serait suffisante pour sanctionner un de ses défenseurs, Bruno Guigue.

- 2 - Le communiqué du site « oumma.com » sur lequel était publié l’article incriminé : http://www.oumma.com/Silence-dans-les-rangs
Silence dans les rangs ! dimanche 23 mars 2008
« Notre ami Bruno Guigue, haut fonctionnaire de la République, énarque et normalien, signataire de nombreux articles dans notre site, vient d’être limogé de son poste de sous-préfet par sa ministre de tutelle, Madame Michèle Alliot-Marie.
Il lui est reproché d’avoir publié sur oumma.com, le 13 mars 2008, une analyse intitulée « Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l’ONU » (dépêche AFP du 22 mars 2008).
Ce billet réagissait à une tribune d’intellectuels inconditionnels d’Israël visant à déconsidérer l’ONU, et à condamner des résolutions du Conseil des droits de l’Homme
Dans ce texte, notre ami, qui jouit d’une réputation d’expert par ses nombreux écrits sur les questions du Proche et du Moyen Orient, rappelait les actions d’un Etat attaché à discréditer l’ONU et blâmait la politique d’occupation qui le conduit à violer nombre de règles du droit international et du droit des gens.
La sanction qui le frappe nous montre à l’envi que l’usage d’une saine critique ne peut s’exercer équitablement en France. En effet, si chacun a le loisir aujourd’hui dans notre pays, fonctionnaire ou pas, de critiquer, condamner, dénoncer à peu près n’importe quel Etat, n’importe quelle religion, n’importe quelle personnalité, il existe une exception à cette règle et notre ami Bruno Guigue, que nous assurons de notre total soutien est puni pour avoir cru à l’existence d’une véritable et totale liberté d’expression au pays des Droits de l’Homme.
 »

- 3 - Les propos de Doudo Diène, rapporteur spécial de l’ONU incriminé dans la tribune du « Monde » à laquelle répondait Bruno Guigue : Sur afrik ;com (http://www.afrik.com/article12907.html )
Doudou Diène, rapporteur spécial de l’ONU, passe le président français au crible : Doudou Diène, rapporteur spécial de l’ONU sur les discriminations raciales, accuse dans son rapport annuel le président français de s’être inscrit dans « une dynamique de légitimation du racisme » avec son discours de Dakar et l’adoption des tests ADN. Dans un entretien accordé à Afrik.com, il revient sur son étude sur les formes contemporaines de discriminations et la place du racisme en France. mardi 13 novembre 2007, par Stéphanie Plasse

Doudou Diène, dans son rapport présenté à Washington le 9 novembre lors de l’assemblée générale des Nations unies, a pointé du doigt le discours tenu par Nicolas Sarkozy à Dakar le 26 juillet. Le Sénégalais accuse le président français d’avoir légitimé intellectuellement le racisme. Hasard ou coïncidence ? le chef de l’Etat français était à la Maison Blanche cette même semaine pour un voyage express de 24 heures.
Pour Afrik.com, le rapporteur spécial de l’ONU fait le point sur l’attitude de Nicolas Sarkozy et la situation du racisme en France.

Afrik : Quel est précisément votre rôle au sein de l’ONU ?
Doudou Diène : Je suis rapporteur spécial de l’ONU sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance. Mon travail consiste à produire chaque année une étude sur le racisme dans le monde.

Afrik : Lors de l’assemblée générale des Nations unies, vous avez accusé le président français, Nicolas Sarkozy, d’être dans une « dynamique de légitimation du racisme ». Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?
Doudou Diène : En effet, il s’agit d’instrumentaliser et de légitimer intellectuellement le racisme. Je n’ai pas seulement accusé Nicolas Sarkozy. J’ai critiqué aussi les récentes déclarations du prix Nobel de médecine James Watson, qui a voulu démontrer que les Africains étaient inférieurs intellectuellement. Concernant le président français, je fais référence à son discours à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar au Sénégal, le 26 juillet. Dans ces deux cas, il est question de légitimer scientifiquement des stéréotypes historiques de construction du racisme. A noter aussi, le projet de loi français sur les tests ADN dans la procédure du regroupement familial des étrangers qui stigmatisent un peu plus l’immigré qui n’existe qu’au travers d’une politique sécuritaire.

Afrik : Comment a réagi le représentant de la France qui a assisté à cette assemblée ?
Doudou Diène : Il a jugé que mes accusations étaient infondées et irresponsables. Concernant le projet de loi sur les tests ADN, il a expliqué qu’ils n’étaient pas obligatoires pour les immigrés mais proposés sur une base volontaire. Il a ensuite affirmé la volonté de Nicolas Sarkozy de lutter contre le racisme. Je n’ai pas pensé que le président français était raciste, pour preuve il a dans son gouvernement Rama Yade, la secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et aux droits de l’Homme. Je crois juste que le discours de Dakar a blessé. Dire devant l’élite intellectuelle africaine qu’elle n’est pas entrée dans l’histoire s’inspire des écrits racistes du XVII, XVIII et XIXème siècles.

Afrik : Le discours de Dakar reflète-t-il l’image d’une France qui a du mal à assumer son passé ?
Doudou Diène : Oui, la France a un véritable problème avec son passé. Ce pays n’a pas assumé la guerre d’Algérie, tout se passe comme si la décolonisation ne s’était pas produite. De plus, il y a un refus de repentance et une absence de travail de mémoire. La France a peur de la pluralité, elle est en pleine crise identitaire. Sa seule réponse à la diversité est la dépréciation.

Afrik : Que pensez-vous des propos tenus mardi dernier, à Washington, lors du Business Council par Nicolas Sarkozy envers Condoleezza Rice la considérant comme « une Américaine venue d’ailleurs » ?
Doudou Diène : Selon moi, tous les Américains viennent d’ailleurs, y compris le président des Etats-Unis George W. Bush. Il n’est pas inutile de le rappeler. L’Amérique est en avance du point de vue de la diversité culturelle. En Occident, on assiste à l’émergence d’un courant idéologique qui s’enferme sur son identité nationale rejetant toutes formes de diversités.

- 4 - REPRESSION / SOLIDARITE ; NE NOUS TROMPONS PAS DE COMBAT :

Le limogeage de Bruno Guigue de sa fonction préfectorale est une affaire politique de premier plan dans un double contexte ; Le premier est celui des libertés individuelles ; le second est celui de la soumission de l’état français aux exigences d’un groupe de pression, national, mais représentant clairement les intérêts d’un autre état, présumé « ami », mais aussi responsable de crimes considérables au nom de "˜sa’ raison d’état, de "˜son’ idéologie sioniste et au mépris des lois internationales et des résolutions onusiennes le concernant.

Ces faits étaient L’OBJET MEME de la tribune des intellectuels français dans « le Monde » qui visait à disqualifier l’institution onusienne. La réponse en forme d’analyse et de décryptage, en forme de "˜déconstruction’ d’un discours manichéen sioniste, publiée par Bruno Guigue, ne comporte pas le moindre soupçon d’antisémitisme mais se rattache aux faits et propos ; c’est sans doute la qualité et non l’outrance de cette analyse qui a suscité la colère d’un chroniqueur de "˜Radio J’. Luc Rosenzweig qui fut antérieurement journaliste à "˜Libération’ avant d’être un temps rédacteur en chef du "˜Monde’, savait que sa très écoutée chronique matinale conspuant un « torchon antisémite » devait précéder et inciter une intervention de représentants de sa communauté (confirmée sur F2 au journal de 13h le 23 mars 2008 ) auprès des plus hautes autorités de l’état, avec pour objectif d’obtenir, ce qui fut fait, le limogeage d’un membre du corps préfectoral, auteur avant sa nomination d’ouvrages et d’articles connus des services de recrutement de l’état et dont aucun ne correspond au profil "˜diabolisé’ communiqué à notre gouvernement.

C’est de l’analyse de CET événement qu’il est ici question ; dans sa nature, ses implications et ses conséquences.

Mais certains forums se déchaînent et les commentaires affluent qui donnent la voix aux réactions communautaristes ou judéophobes hostiles les plus extrêmes. Ces commentaires n’ont pas leur place ICI et sur tout lieu de compréhension et d’échanges qui s’interdit de "˜jeter de l’huile sur le feu’ au prétexte que nos pyromanes médiatiques veulent dissoudre l’ONU qui serait un obstacle aux intérêts du sionisme ! C’est le non-discernement de tels commentaires, qui éludent la dimension politique pour privilégier une approche ethnique ou religieuse de la question moyen-orientale, qui "˜accrédite "˜ les thèses les plus insupportables qui sont le dernier rempart et la dernière tactique du sionisme selon lesquelles « antisionisme=antisémitisme ». Cette thèse, absurde et condamnée aussi par de nombreux juifs, reste malheureusement la position dominante au sein du CRIF (Voir communiqué sur le site du CRIF cité dans l’article).

Disons le sans nuance aucune, l’antisémitisme est, a été et restera une abomination. Rajoutons qu’il ne trouve peut-être pas ses meilleurs adversaires au sein de la LICRA défendant jusqu’au déraisonnable une "˜spécificité’ de la "˜cause’ s’inscrivant clairement, elle aussi dans le projet sioniste. On ne combat pas le racisme en niant les injustices et les crimes commis au nom du communautarisme.

L’antisionisme, qui est celui de nombreux intellectuels juifs ou non-juifs (1-2-3-4) et qui est partagé par Bruno Guigue, n’a pas besoin du soutien du camp de la haine, il a besoin du soutien du camp de la justice. C’est effectivement par dizaines que des enfants palestiniens ont été tués à Gaza par balle "˜dans la tête’, ce qui, tous les militaires le savent ne peut résulter que d’un tir précis au travers d’une lunette de visée, celle d’un "˜sniper’…Le hasard des blessures de guerre n’affecte le crâne que dans moins de 5% des cas, il faudra un jour que tsahal rende des comptes et ce n’était pas outrancier de le dire ; la torture est légale dans l’état d’Israël et ce n’était pas outrancier de le rappeler non plus ; les deux seuls griefs faits à Bruno Guigue sont irrecevables et ne visent qu’a masquer la très large justesse de son analyse qui était aussi une mise en garde devant la prise d’influence dans notre « quotidien de référence » d’une expression "˜anti-onusienne’ qui est tout sauf innocente, transformée depuis en pétition sur le site de la LICRA (mentionné dans l’article) qui semble ici largement déborder les attributions que le public pense être les siennes.

Ce que révèle cette affaire de façon magistrale se sont les collusions entre des groupes de pression influents et un état ; les collusions entre la politique de cet état et des intérêts géostratégiques déterminés ailleurs que sur son territoire ; la collusion aussi entre une part de l’espace médiatique et ces mêmes intérêts. Nous sommes ici dans la guerre intellectuelle qui prépare ou tente d’éviter un choc de civilisation aux conséquences prévisibles terrifiantes pour des générations. Nous sommes très loin des attentes de paix des hommes et des femmes qui vivent de chaque côté du mur sur la terre d’Israël et de Palestine.

(1) http://socio13.wordpress.com/2008/03/23/annonces-radio-autour-de-la-palestine/#comments
(2) http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6146
(3) http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=3358
(4) http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=3353

- 5 - BAVURE D’UN AMBASSADEUR D’ISRAEL ; « DEVOIR DE RESERVE » ?

Oded Ben Hur, ambassadeur du gouvernement d’Israel auprès du Saint-Siège à Rome a prononcé le 22 mars 2008 une conférence à l’Université américaine de Rome : "Les immigrants musulmans commencent à représenter une sérieuse menace pour la démocratie et la paix en Europe", a-t-il dit. Il a aussi critiqué une attitude qualifiée de "docile" des italiens à l’égard des Musulmans résidents en Italie. Selon lui, depuis l’expulsion des Musulmans de l’Europe au XV° siècle, à la fin de la "reconquista" espagnole, on assiste à une claire décadence de la culture islamique. "Ils [les Musulmans] assistent à ce qu’ils appellent la mort de leur culture, en sorte qu’ils ont introduit la culture de la mort" affirma-t-il...

Version espagnole : http://www.aporrea.org/internacionales/n111207.html
iplomático israelà­ emite declaraciones racistas y xenófobas
Por : Agencia Bolivariana de Noticias (ABN)
Fecha de publicación : 23/03/08
Roma, 22 Mar. ABN.- En una conferencia pronunciada el jueves pasado, en la Universidad Americana de Roma, el embajador israelà­ en la Santa Sede, Oded Ben-Hur, asombró a los asistentes con unas declaraciones racistas y xenófobas contra los inmigrantes islámicos. "Los inmigrantes musulmanes empiezan a representar una seria amenaza para la democracia y la paz en Europa" , afirmó el diplomático. De igual manera, criticó lo que calificó de actitud dócil de los italianos con los musulmanes residenciados en el paà­s, por no unirse a su discurso xenófobo que promueve la expulsión de los musulmanes, informó el portal web de Rebelión. Ben-Hur embistió contra el Islam, aseguró que después de la expulsión de los musulmanes de los territorios europeos en el siglo XV, al término de la reconquista española se ha manifestado una clara decadencia de la cultura islámica. "Ellos (los musulmanes) están asistiendo a la que denominan la muerte de su cultura, de modo que han introducido la cultura de la muerte", manifestó.

Version anglaise : http://www.freerepublic.com/focus/f-news/1988914/posts

27/03/2008 21:37 par bilka

il serait temps de lancer une petition en faveur de bruno guigue qui merite notre appui

25/03/2008 14:05 par Anonyme

Concernant les propos de M. Guigue affirmant que des snipers tuent des enfants, soit les faits sont avérés et ne pas les dénoncer quand on en a connaissance doit être considéré comme "non assistance à des enfants en danger", soit ce n’est qu’une rumeur et il est normal que M. Guigue soit sanctionné. Il est simple de mettre en place une commission (une de plus) qui pourrait attester ou non de ces faits...
comme la 1ère hypothèse (la vérité des faits) est certainement la bonne, il est urgent de ne rien faire et laisser la machine médiatique intoxiquer l’opinion.

26/03/2008 01:02 par JACQUES RICHAUD (l'auteur)

Les hôpitaux de Gaza ont depuis longtemps alerté les observateurs internationauwx, sourds et aveugles, sur la nature des blessures observées , que j’évoque aussi dans le commentaire suivant.
Pour ceux qui ont besoin de voir pour croire, le lien suivant :
http://www.labanlieuesexprime.org/article.php3?id_article=2561

26/03/2008 15:02 par Sniper

voir original en français

Snipers avec des enfants dans leurs lignes de mire
Par Chris McGreal

Ce fut le tir sur Asma Mughayar qui a balayé tous les derniers doutes que j’avais sur la façon dont les soldats israéliens tuaient tant d’enfants et de civils palestiniens.
Asma, 16 ans, et son plus jeune frère, Ahmad, ramassaient le linge sur le toit de leur maison au sud de la bande de Gaza au mois de mai l’an dernier quand ils ont été abattus par un sniper de l’armée israélienne.
Ni l’un ni l’autre enfant n’était armé ou ne menaçait le soldat, qui a tiré, invisible, par un trou percé dans le mur d’un bloc d’appartements voisins.

L’armée a dit qu’ils avaient sauté tous les deux sur une bombe palestinienne plantée dans le sol pour tuer des soldats. Les cadavres offraient un rapport différent.

A la morgue de Rafah, Asma était étendue avec un seul trou de balle dans la tempe ; son frère 13 ans avait un seul impact de balle au front. Il n’y avait aucune autre blessure, certainement pas de conséquence à une explosion.

Confronté avec cela, l’armée a changé son rapport et a prétendu qu’ils avaient été tués tous les deux par un Palestinien, bien qu’il y avait une preuve convaincante qui montrait du doigt le repaire du sniper israélien.

Ce que les militaires n’ont pas fait, c’était de demander à ses soldats pourquoi ils ont donné un faux rapport des décès ou de parler aux parents des enfants ou aux autres témoins.

Quand les journalistes ont fait pression sur la question, l’armée a promis une enquête complète, mais quelques semaines plus tard elle a été tranquillement abandonnée. C’est devenu la norme dans une armée qui semble estimer qu’il vaut mieux se protéger de toute responsabilité que de vivre selon son affirmation d’être "l’armée la plus morale au monde".

Comme l’ont fait remarqué les parents de Tom Hurndall hier après la condamnation d’un sergent israélien pour l’homicide involontaire de leur fils, le soldat a été jugé seulement parce que la famille britannique a eu les ressources pour mettre assez de pression.

Mais il n’y a eu aucune justice pour les parents des centaines d’enfants palestiniens tués par des soldats israéliens.

Selon le groupe des Droits de l’Homme israélien, B’Tselem, l’armée a tué 1.722 civils palestiniens - plus d’un tiers d’entre eux étaient des mineurs - ainsi que 1.519 combattants, puisque l’Intifada a commencé il y a presque cinq ans ; les chiffres israéliens comparables sont 658 civils tués - dont 17% de mineurs - et 309 militaires.

L’armée a enquêté sur seulement 90 décès palestiniens, comme d’habitude sous la pression extérieure.
Sept soldats ont été condamnés : trois pour homicide involontaire, aucun pour meurtre.

Le mois dernier, un tribunal militaire a condamné un soldat à 20 mois en prison pour avoir abattu un homme palestinien qui ajustait son antenne de TV, pourtant, la plus longue peine pour la mort d’un civil, et moins que ce qu’obtiennent les objecteurs de conscience israéliens pour refuser de servir dans l’armée.

B’Tselem argue du fait que le manque de responsabilité et de règles d’engagement qui "encouragent une attitude de gâchette facile parmi des soldats" ont créé une "culture d’impunité" - une opinion soutenue par le groupe des Droits de l’Homme basé à New-York, Human Rights Watch, qui a décrit la semaine dernière que de nombreuses enquêtes des meurtres de civils comme une "imposture... qui encourage les soldats à penser qu’ils peuvent littéralement s’en tirer avec le meurtre".

Au sud de Gaza, les meutres ont lieu dans un climat qui se résume à une forme de terreur contre la population.

Le tir aléatoire dans Rafah et Khan Yunis a pris des centaines de vies, dont cinq enfants abattus alors qu’ils étaient assis à leurs bureaux de l’école.

Beaucoup d’autres sont morts quand les snipers devaient savoir qui était dans leurs viseurs - enfants jouant au football, assis à l’extérieur de la maison, qui rentrent de l’école.

Presque toujours les "enquêtes" se sont résumées à demander au soldat qui a tiré sur la gachette ce qui s’est passé - souvent ils affirment qu’il y avait un échange de tirs quand il n’y en avait aucun - et en le présentant comme un fait.

La police militaire a lancé une enquête sur la mort d’Iman al-Hams en octobre dernier seulement après que les soldats aient rendu publiques les circonstances dans lesquelles leur commandant a vidé son arme sur la gosse de 12 ans. Il a été enregistré disant à ses hommes que la fille devrait être tuée même si elle avaient trois ans.

Le colonel Pinhas Zuaretz était commandant au sud de Gaza il y a deux ans quand je l’ai interrogé sur le nombre de meurtres.

Le colonel, qui a ré-écrit les règles d’engagement pour permettre aux soldats de tirer sur des enfants de 14 ans, a reconnu que les versions officielles de plusieurs meurtres étaient fausses, mais a justifié la stratégie comme étant le prix de la lutte pour la survie contre un second Holocauste.

Peut-être cette opinion était partagée par le soldat qui a abattu trois garçons de 15 ans, Hassan Abu Zeid, Ashraf Mousa et Khaled Ghanem, car ils se sont approchés de la frontière fortifiée entre Gaza et l’Egypte en avril.

Les militaires ont dit que les adolescents étaient des contrebandiers d’armes et donc des "terroristes", et que le soldat leur a tiré dans les jambes et qu’il les a tués seulement parce qu’ils ne se sont pas arrêtés.

Le rapport était une fabrication. Les adolescents étaient dans "une zone interdite" mais tapaient dans un ballon.

Leurs cadavres n’ont montré aucune preuves de blessures pour les neutraliser, seulement des tirs de gros calibre à la tête ou dans le dos.

L’armée l’a admis tranquillement - mais qu’il n’y aurait aucune enquête.

Source : The Guardian
Traduction : MG pour ISM

25/03/2008 19:02 par Rocky

Luc Rosenzweig ne s’est pas contenté de sa chronique sur RCJ. Il a aussi pris contact directement avec les supérieurs du sous-préfet, comme l’indiquait dimanche dans une conférence de presse le préfet de Charente-Maritime, Jacques Reiller

"J’ai été avisé mardi par un journaliste que M Guigue avait publié sur un site internet une tribune qui constituait par son existence, même une violation flagrante et caractérisée du devoir de réserve qui est le principe essentiel quand on occupe des fonctions de représentant de l’Etat dans un département ou un arrondissement.
Le cabinet de Madame Alliot-Marie en a été saisi très vite et a pris cette décision très rapidement pour mettre fin aux fonctions de sous préfet de Saintes de M Guigue."

Et si l’information a été rendue publique, c’est que le même Luc Rosenzweig a appelé samedi après midi la presse locale de Charente-Maritime pour les informer du limogeage de Bruno Guigue.

27/03/2008 03:32 par JACQUES RICHAUD

DEUX NOUVELLES REACTIONS :
Nombreuses manifestations de soutien en faveur de Bruno Guigue, mais l’AFP fait de la rétention.

Depuis mardi à 14 H, le MRAP essaie en vain de faire passer sur les fils de l’AFP (Agence france presse) un communiqué de soutien à Bruno Guigue, qui "demande sa réintégration immédiate sans ses fonctions de sous-préfet". L’AFP qui avait été bien preste à reprendre les propos stigmatisants de Mme Alliot-Marie, semble beaucoup moins pressée de faire état des nombreuses manifestations de soutien en faveur de Bruno Guigue, s’étonne Mouloud Aounit, secrétaire général du MRAP. Ci-dessous le communiqué du MRAP.

Communiqué du 25 mars 2008

"Bruno Guigue : le devoir de dénoncer sanctionné.

Bruno Guigue, haut fonctionnaire de la République, spécialiste du Moyen Orient, vient d’être limogé de son poste de sous-préfet par sa ministre de tutelle, Madame Michèle Alliot-Marie.

Il lui est reproché d’avoir publié le 13 mars 2008, une analyse intitulée « Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l’ONU », en réaction à une tribune d’intellectuels inconditionnels d’Israël visant à déconsidérer l’ONU et à condamner des résolutions du Conseil des Droits de l’Homme, alors même que la « communauté internationale » réunie au sein des Nations Unies assume une responsabilité majeure pour sauver le processus de paix au Proche-Orient.

Le MRAP qui jouit, depuis 1974, du statut consultatif auprès du Conseil Economique et Social de l’ONU et participe, à ce titre, aux structures de consultation des ONG, condamne le limogeage de M. Guigue qui suscite sa totale incompréhension. En effet, Bruno Guigue a déjà publié plus d’une quinzaine de tribunes sans qu’une quelconque sanction ne vienne le frapper.

Si nombre d’opposants à la politique menée par les gouvernements israéliens successifs ont eu à souffrir de campagnes de dénigrement systématique - dont l’odieux le plus extrême va jusqu’à les accuser d’antisémitisme pour mieux les disqualifier - aujourd’hui avec le limogeage de monsieur Guigue, sous-préfet de la République, mais qui en l’occurrence s’est exprimé en tant que citoyen, c’est la République elle-même qui connaît une dérive regrettable et dangereuse.

En mettant en oeuvre, à l’encontre d’un de ses représentants, accusé de ne pas avoir respecté le devoir de réserve, une véritable manoeuvre d’intimidation, le pouvoir en place démontre une nouvelle fois que la critique de la politique d’Israël relève d’un tabou qu’il est toujours dangereux de transgresser. Et c’est bien là également la preuve d’un changement profond et inquiétant de la politique française au Moyen-Orient.

Si chacun a encore le loisir démocratique dans notre pays de critiquer n’importe quel Etat dans ses politiques, y compris la France, il existerait une exception inadmissible à cette règle concernant le droit de critiquer la politique israélienne.

Le MRAP condamne le limogeage de Monsieur Guigue et demande sa réintégration immédiate sans ses fonctions de sous-préfet. Il en va de l’honneur d’un homme de courage et de conviction qui ose dire des vérités qui dérangent. Mais il en va aussi de celui de la République. "

MRAP

Paris le 25 mars 2008

CAPJPO-EuroPalestine

Le lobby israélien ne peut pas baillonner la terre entière

Publié le 25-03-2008

Ainsi, Bruno Guigue est démis de sa fonction de sous-préfet de Saintes pour avoir tenu des propos "violemment anti-israéliens" concernant les méthodes de l’armée israélienne et la pratique de la torture envers les détenus palestiniens dans les prisons israéliennes. Nous rapportons ci-dessous les propos "violemment anti-israéliens" sur les mêmes sujets de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, d’Amnesty International, et de bon nombre d’israéliens. Nous attendons ce que le CRIF (Conseil Représentatif des Insitutions Juives de France)"” puisque c’est lui qui dicte sa conduite à nos dirigeants"” compte prendre comme mesures de rétorsion à l’encontre de tous ces témoins des crimes israéliens.

Est-il possible de faire taire chacun d’entre eux, de baillônner la terre entière, face à une réalité qui crève les yeux et qui représente un tel danger pour la paix dans le monde ?

Malgré le terrorisme intellectuel et moral, les mesures de rétorsion économique, les procès, le lobby israélien ne parvient pas à maquer la réalité.

Israël, seul pays au monde à avoir légalisé la torture :

La torture a été officiellement bannie par la Cour suprême israélienne le 6 septembre 1999. Mais dans un arrêt du même jour, la même Cour Suprême énonce que les services de sécurité peuvent invoquer la « nécessité » pour justifier le « recours à des pressions physiques et psychologiques » contre les personnes accusées d’ « activités terroristes hostiles ». Il est écrit que les interrogatoires doivent être « vigoureux et exhaustifs », « à l’aide de stratagèmes, y compris de tromperies », mais que lorsque ces moyens n’atteignent pas leur but, des « pressions physiques modérées » peuvent être utilisées.

Israël devient ainsi le premier Etat au monde à légaliser la torture. En dépit de la ratification par Israël de la Convention de 1984 sur la torture, qui instaure le principe d’inspections internationales dans les prisons des pays signataires, pour vérifier que la torture n’y est pas pratiquée, le gouvernement israélien n’a jamais autorisé de telles procédures.

Hannah Friedman, directrice du Comité israélien contre la torture , rapporte que 58 % des détenus palestiniens sont soumis à des actes de violence, battus, maintenus dans des positions douloureuses, empêchés d’aller aux toilettes et de dormir, menacés de viol, de voir leurs maisons détruites et leurs proches attaqués. Les détenus ne peuvent voir un avocat que 18 jours après leur arrestation !

Au Sud-Liban, dans la prison de Khiam sous contrôle israélien, « la quasi-totalité des prisonniers libanais comme palestiniens sont torturés, coupés de leurs familles depuis des années, en violation des Conventions de Genève » a témoigné Amnesty International.

A propos de la prison secrète, appelée « Etablissement 1391 », une forteresse plantée sur une colline dominant un kibboutz, dans le centre d’Israël, cachée par des murs élevés et des sapins, l’ avocate israélienne Lea Tsemel, déclarait après les arrestations massives d’avril 2002 et la détention de Marwan Barghouti dans cette prison : « Quiconque entre dans cette prison est littéralement susceptible de disparaître, potentiellement pour toujours. Elle n’a rien à envier aux geôles des dictateurs d’Amérique du Sud ».

Signalons que l’ association israélienne Hamoked a déclaré soupçonner Israël de posséder plusieurs prisons secrètes et de les ouvrir ou les fermer en fonction de ses besoins. Dalia Kerstein, directrice de l’association pense également que l’Etat hébreu sous-traite ses services pour d’autres pays. « Israël possède des décennies d’expérience en matière de torture et d’interrogatoire de prisonniers arabes, ­ exactement le savoir-faire dont les Américains ont besoin dans l’après-coup des invasions de l’Afghanistan et de l’Irak. ».

Portons également à la connaissance de Madame Alliot-Marie le Rapport de la Fédération Internationale des droits de l’Homme (FIDH), intitulé "Les prisonniers palestiniens en Israël : Conditions inhumaines des détenus politiques" :

Le rapport indique notamment : Israël ne reconnaît pas aux prisonniers palestiniens, le statut de prisonniers de guerre. Dans la pratique, des ordres militaires israéliens régissent les conditions de détention et notamment le régime de la détention administrative qui permet de détenir une personne jusqu’à 6 mois renouvelables sans obligation de jugement. En outre, les conditions de défense des prisonniers sont très préoccupantes : une personne peut rester 32 jours sans voir un avocat, seuls les avocats israéliens peuvent plaider devant les juridictions militaires, leur accès aux camps est limité, le nombre d’avocats disponibles à cette fin très faible, d’autre part les entretiens avec leurs clients ne sont pas confidentiels. Dans les cas de détention administrative, les conditions d’un procès équitables sont loin d’être garanties, l’avocat n’ayant même pas accès aux éléments de preuve.

Ce même rapport décrit des conditions de détention inhumaines et "exprime sa préoccupation quant à la détention de mineurs - à partir de 12 ans - (325 mineurs prisonniers en avril 2003), qui sont souvent détenus sans séparation avec les adultes."

" La mission a également recueilli des témoignages de mauvais traitements, de tortures et de pressions psychologiques, qui subsistent malgré la décision de la Cour suprême du 6 février 1999 proscrivant le recours à certaines de ces méthodes, sauf sous certaines conditions. La FIDH s’inquiète également de la quasi-impunité des forces armées israéliennes.

En ce qui concerne les tortures pratiquées par les agents du Shin Bet (services secrets), l’avocat israélien Shmuel Zelberman raconte comment l’un de ses clients plaestiniens est mort des suites des tortures subies. lL’avocate israélienne Felicia Langer a rapporté que son client a été enfermé pendant 3 jours dans une cage de 60 cm, sur 1,60 m, avec une cagoule sur la tête, avant de signer qu’il était membre du FPLP.

Pour se tenir un peu au courant, Mme Alliot-Marie pourra également prendre connaissance de l’article intitulé " La torture en Israël - peur et tremblements", écrit par Joseph Algazy dans le quotidien israélien Haaretz du lundi 13 janvier 2003, où sont rapportés de nombreux témoignages de torture.

"Coloniser, exterminer"

A propos de l’armée "la plus morale du monde", nous rappelons les déclarations du philosophe Yeshashu Leibovitz qui écrivait en 1988 :

« Cette même armée glorieuse produit en son sein des soldats qui enterrent vivants des adolescents arabes. Tout comme les autorités judiciaires israéliennes distinguent entre les tortures proprement dites, et des tortures « modérées » ou acceptables », les autorités militaires font la distinction entre un véritable ensevelissement de personnes vivantes et un ensevelissement de personnes vivantes dont le visage n’a pas été recouvert de terre. Devons-nous comprendre que nous aurons à faire la différence entre les vrais nazis et les nazis modérés ? ».

Quant à Monsieur Sarkozy, qui se contente"” pour le moment"” de faire enlever des enfants à la sortie des écoles maternelles"” il saura que ses amis israéliens, auxquels il ne cessent de dérouler le tapis rouge ne prennent pas toujours la peine de les mettre dans des avions. Souvent il les tuent sur place, ou à la sortie et même à l’intérieur des écoles.

Et pas un seul soldat israélien n’a jamais été puni pour cela. Les dommages collatéraux sont inévitables dans le cas de figure de l’occupation et de l’annexion de terres, n’est-ce pas ?

Quelques citations d’Israéliens honnêtes à l’usage de Mme Alliot-Marie et M. Sarkozy

« Le génocide est associé dans nos esprits à des charniers ou des convois de population déportée. La mort lente infligée au peuple palestinien n’a peut être pas encore de nom, mais comment est-il possible que la société israélienne se ferme hermétiquement le coeur et les yeux à ce spectacle ? » Tanya Reinhart, israélienne, professeur de linguistique

« Dans ce qui se publie d’habitude, un attentat palestinien est décrit comme le tonnerre par une journée claire et pas comme un maillon dans une chaîne d’événements sanglants où la main d’Israël a toujours le dessus. Mais lorsque nos enfants, les soldats, tuent sans motif, à l’arme lourde, des enfants palestiniens et des parents palestiniens, jamais on ne rappelle qu’il s’agit d’êtres humains » Nurit Peled-Elhanan, israélienne dont la fille de 16 ans a été tuée lors d’un attentat palestinien

« La poursuite de l’occupation a un prix, qui se paye. En pratique, il faut que le plus grand nombre possible de juifs israéliens comprennent que leur pays est devenu un paria, et le restera tant que l’occupation continuera » Ilan Pappé, historien israélien

« Il faut exercer une pression économique et culturelle sur l’Etat juif afin qu’il mette un terme à l’occupation militaire la plus odieuse de la deuxième moitié du XXème siècle » Ilan Pappé, historien israélien.

" Jamais auparavant en Israël autant de généraux en uniforme, d’anciens généraux, d’anciens membres des services de sécurité, parfois déguisés en "universitaires", n’ont pris part au lavage de cerveau de l’opinion publique." Baruch Kimmerling, l’un des plus grands sociologues israéliens

« Mon fils Arik n’a pas été tué parce qu’il était juif, mais parce qu’il faisait partie de cette nation qui occupe le territoire d’une autre. Quiconque refuse de tenir compte de cette terrible vérité nous conduira en fin de compte à la destruction ». Yitzhak Frankenthal, Israélien dont le fils de 19 ans a été tué par le Hamas

« Beaucoup de braves gens qui ne ressentent aucune haine envers les juifs, mais qui détestent la persécution des Palestiniens, sont désormais appelés antisémites » Uri Avnery, Israélien, dirigeant du mouvement pacifiste Gush Shalom

« Pour le moment, le monde ne réagit pas car les Juifs sont influents et les gens ont peur d’être taxés d’antisémitisme. Mais c’est nous, Juifs, qui sommes aujourd’hui responsables de l’antisémitisme » Jeremy Milgrom, rabbin israélien de l’association « Rabbins pour les Droits de l’Homme »

CAPJPO-EuroPalestine

Mercredi 26 Mars 2008

http://www.europalestine.com

28/03/2008 13:28 par mfgtour

Ce Rosenzweig est un ex-journa(il)eux du Monde, il a la main longue et l’oreille de tous les organes me(r)diatiques et pour cause : ils sont de tout coeur avec son sionisme forcené même si c’est moins officiellement et plus hypocrite que lui.

Que la propagande mainstream se livre à son sale boulot rien de nouveau. Que dire en revanche de ces pseudos medias alternatifs ? Par exemple Indymedia Paris : l’article y a été publié, a suscité quelques commentaires, mais s’est retrouvé très vite à la poubelle, ses commentaires effacés, et la possibilité d’en faire empêchée. Telle est la version open publishing d’indymedia paris...

28/03/2008 20:39 par à -nos-amis

Je m’interroge...
Le style des pro-israëliens forcenés (qui est un phénomène communautariste), CRIF et autres organisations est souvent excessif et très aggressif, n’y a t-il à ce propos que leurs contradicteurs de toutes obédiences qui doivent rester civilisés ou ne pas le rester ?

30/03/2008 14:57 par mfgtour

Sebastien Fontenelle fait un très bon papier sur son blog http://vivelefeu.blog.20minutes.fr/ sous le titre "BHL, "Avec Un Style Tout Stalinien""

Pourquoi faut-il qu’il le ruine tout aussitôt avec ce qu’il y ajoute en note : "assez riche en conneries insupportables - comme par exemple une comparaison entre le Reich hitlérien et l’Etat hébreu."

J’ai beau lire et relire la tribune de Guigue je ne vois nulle part une telle "comparaison". On peut donc être certain que SB ne s’est même pas donné la peine de lire ce qu’il qualifie d’autorité en tissu de "conneries insupportables". Voilà qui jette un certain discrédit (pour ne pas dire un discrédit certain) sur tout ce qu’il écrit. Navrant. Parce que je l’aime bien, Fontenelle. Probable qu’il écoute trop... Finkielkraut. Et qu’à vouloir à tout prix s’en démarquer pour ne pas lui laisser une seule prise d’attaque il en arrive à une sorte de mimétisme.

Tels sont les ravages de la police de la pensée.

30/03/2008 17:07 par JACQUES RICHAUD (l'auteur)

Dans Politis cette semaine :

"
LE SOUS-PREFET PUNI.
J’avais rencontré Bruno Guigue, le sous-préfet de Saintes limogé (voir p.x), l’an dernier, lors du salon des droits de l’homme qui se tient chaque année dans la charmante ville saintongeaise. En présence des associations diverses, et notamment de celles qui soutiennent le combat des palestiniens, le sous-préfet Guigue avait prononcé quelques mots bien sentis sur la situation au Proche-Orient.
Invité à m’exprimer à mon tour, j’avais commencé en disant : « Eh bien ! Vous avez ici un sous-préfet qui décoiffe ! » Nous avions ensuite discuté de manière fort sympathique avec ce haut fonctionnaire atypique, lecteur attentif de Politis (rien que ça …), bon connaisseur des questions internationales, en particulier proche orientales, auxquelles il a consacré depuis dix ans, outre de nombreux articles, plusieurs essais, publiés sous son nom sans provoquer de remontrances de sa hiérarchie (2). Dès lors, en plus des classiques débats : « Peut-on critiquer Israël ? » (on sait qu’en France la réponse est : « non »), ou : « Du devoir de réserve des fonctionnaires », la question semble bien être : « Pourquoi maintenant ? » On trouve la réponse, ou des éléments de réponse, sous la plume d’un autre blogueur (3), spécialiste aussi des questions du Proche-Orient, dont je vous livre ici un résumé succint : « Le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU organise en 2009 une seconde conférence mondiale contre le racisme à Durban, après celle de 2001, dénoncée par Israël et les États-Unis comme un « cirque » antisémite et anti-israélien. Au mois de février 2008, les milieux sionistes se passionnent pour la préparation de cette conférence : il faut délégitimer la conférence de manière préventive. » C’est de cette entreprise de délégitimisation, parmi d’autres, que participait la tribune du Monde du 27 février, intitulée : « L’ONU contre les droits de l’homme », et signée des habituels agents d’influence israéliens, les Bruckner, Finkielkraut , Lanzmann, Taguieff et autre Elie Wiesel. Et l’article de Guigue sur Oumma est une longue réfutation de cette tribune propagandiste, réfutation argumentée, sévère et parfois brutale, comme l’était la tribune elle-même.
Pour vous faire une idée de ce dossier qui n’a pas fini de faire du bruit, reportez-vous donc aux textes (4). Une fois encore, la censure d’Etat s’exerce contre un homme seul, sur la pression d’un lobby pro-israélien solidement incrusté au coeur du système politico-médiatique français.

Il n’y a là rien qui puisse nous surprendre, si ça ne cesse de nous indigner.
B.L.

(La chronique de Bernard Langlois)

31/03/2008 00:29 par JACQUES RICHAUD (l'auteur)

Le député Jean Claude LEFORT (Ivry)apporte des précisions sur le "devoir de réserve" des fonctionnaires de l’étatet sur...leur application à géométrie variable.

(suite éditée par la Rédaction du Grand Soir, car article déjà publié ici :)
http://www.legrandsoir.info/?page=r...

21/04/2008 18:32 par JACQUES RICHAUD (l'auteur)

Réponse de Bruno Guigue à ses détracteurs
Ma faute ? Avoir heurté de plein fouet la doxa occidentale
lundi 21 avril 2008

Dans les jours qui ont suivi mon "limogeage", les éditorialistes Jean Daniel, Bernard-Henri Lévy et quelques autres se sont empressés de me prendre pour cible. Prenant courageusement le parti du pouvoir contre un homme seul, ils ont caricaturé mes propos et stigmatisé ma personne. Point commun de ces commentaires peu amènes ? Sous une avalanche de procès d’intention, un pesant silence à propos des faits que j’avais mentionnés dans ma tribune. Sans toujours réitérer l’accusation grotesque d’antisémitisme proférée par Luc Rosenzweig, ils insinuent que je me serais condamné moi-même par l’outrance de mes propos.

Mais qu’en est-il, effectivement, des tirs de snipers israéliens sur les enfants et de la pratique de la torture dans les prisons ? Rien. Vrai ou faux ? A lire leur prose, nous n’en saurons pas plus. On préfère évoquer à mon encontre « les protocoles des sages de Sion », comme l’a fait Pierre Assouline. A croire que la coalition de ceux qui ne veulent pas savoir et de ceux qui ne veulent pas que l’on sache est majoritaire. Et au lieu de réfuter mes affirmations de manière factuelle, mes détracteurs préfèrent ainsi jeter l’anathème.

Mais, précisément, parlons plutôt des faits. Deux phrases inlassablement reprises en boucle, tirées de leur contexte, en effet, ont alimenté mon lynchage médiatique. « L’Etat d’Israël est le seul où des snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles ». Cette affirmation visait à répliquer aux signataires d’une violente charge contre l’Iran, pays où la peine de mort est cruellement appliquée. Une phrase choquante ? Sans nul doute. Mais les tirs de soldats israéliens contre des enfants, hélas, sont des faits avérés, évoqués par le quotidien israélien Haaretz depuis 2000. Des tirs délibérés, dont le journaliste britannique Chris MacGreal, pour l’hebdomadaire The Guardian, a notamment fait le récit détaillé dans un article paru le 29 juin 2005.

Une triste réalité dont Christophe Oberlin, professeur de chirurgie à l’hôpital Bichat, a lui aussi publiquement témoigné au terme de nombreuses missions médicales en Palestine. Il vient d’ailleurs d’écrire au gouvernement une lettre où il lui demande si, lui aussi, il sera limogé pour avoir confirmé mes dires. Livrée en pâture à l’opinion comme une énormité, la phrase que j’ai écrite avait quelque chose de monstrueux, en effet : elle était vraie. Et parce qu’elle disait la vérité, elle heurtait le formidable déni de réalité qui entoure, dans les médias dominants, la politique israélienne.

La deuxième phrase litigieuse est celle où j’évoque « les geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on interrompt la torture durant le shabbat ». Choquant, là encore ? Le propos renvoyait à leur propre contradiction ces fervents partisans de l’État d’Israël qu’indigne, curieusement, l’inclination de certains pays à la défense de la religion. Mais le fait mentionné, lui, ne fait pas l’ombre d’un doute : il suffit de consulter le dossier établi par l’association israélienne de défense des droits de l’homme Bet’Selem.

Lorsque la Cour suprême israélienne tenta de limiter l’usage de la torture pratiquée sur les prisonniers palestiniens, en 1999, les services secrets ont argué de l’urgence pour la justifier. Les plaignants ont alors fait observer que du vendredi midi au samedi soir, cette pratique était interrompue, ce qui relativisait singulièrement l’argument de l’urgence. Cette affaire est parfaitement résumée par Sylvain Cypel, ex-rédacteur en chef du quotidien Le Monde, dans son livre « Les emmurés », paru aux éditions La Découverte en 2005, p. 94, note 17. Chacun peut s’y référer et vérifier la véracité de mes propos.

Reste un troisième grief, tout aussi paradoxal. Dans la tribune violemment antionusienne dont je faisais la critique, les signataires crurent bon de citer Goebbels, lequel invoquait face à la Société des Nations le fameux adage : « charbonnier est maître chez soi ». Cette citation visait la majorité des pays membres du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, dont le tort était d’avoir dénoncé la violation du droit international par Israël. Les pays musulmans se voyaient ainsi "nazifiés", purement et simplement, par les auteurs du pamphlet que je passais au crible. « Analogie pour analogie », ai-je fait observer, il y avait plutôt ressemblance entre le Reich qui s’asseyait sur la SDN et l’Etat d’Israël qui bafouait l’ONU.

Mea culpa : j’avais oublié que les comparaisons les plus désobligeantes, aux yeux de l’establishment hexagonal, sont interdites à propos d’Israël mais vivement recommandées à l’égard des pays du « Tiers Monde ». Mon principal tort, plus que d’avoir enfreint le devoir de réserve, n’est-il pas d’avoir heurté de plein fouet la doxa occidentale ? Après avoir mis en lumière le déni de réalité dont le discours dominant entoure les exactions israéliennes, il faut croire que c’en était trop. A mes dépens, j’ai fait la démonstration que la frontière entre ce qu’il est licite de dire et ce qui ne l’est pas, dans notre pays, n’a rien à voir avec le vrai et le faux.

Bruno Guigue

(Commentaires désactivés)