Réponse aux propos de Daniel Fontaine de la RTBF

Jacques Baud

Mon propos

Mon propos n’est pas de prendre parti pour un belligérant quel qu’il soit, mais de montrer que les décisions que nous prenons sont basées sur des perceptions qui ignorent les nuances et qui nous conduisent inéluctablement vars la guerre. C’est exactement ce qui s’est passé depuis 25 ans.

Tout vient de l’exacerbation du langage, l’absence totale de discours analytique, l’impossibilité d’expliquer les choses différemment que

Quant à la méthode

Il y a deux cas de figure, soit le journaliste Daniel Fontaine ne respecte pas la Charte de Munich et n’a pas vérifié ses informations, soit il la respecte et a vérifié ses informations, dans quel cas, il ment.

Je ne soutiens aucun théorie du complot de quelque nature qu’elle soit. Toutes mes interventions sont basées sur mes livres et sont dès lors parfaitement vérifiables. À la différence de M. Fontaine, tout ce que je déclare est soigneusement sourcé. Afin d’éviter d’entrer dans un langage de propagande, je ne prends pas mes sources en Russie pour le conflit en Ukraine ou en Syrie pour ce conflit, etc.

Je n’ai jamais pris parti pour un belligérant, par exemple en souhaitant sa victoire ou en souhaitant la défaite de son adversaire. Je n’utilise jamais de vocabulaire associé à la propagande ou qui pourrait dénigrer un des belligérants (« bandériste » ou « ukronazi » pour les Ukrainiens, par exemple), je fais une distinction claire entre des notions comme « nazi » et « néo-nazi », une distinction que nos médias ne font pas à des fins de propagande).

Un commentateur américain a écrit : « Bien qu’il soit pro-Ukrainien, Baud comprend bien la Russie »

Quant aux apparitions médiatiques

Allégation de Daniel Fontaine de la RTBF :

Il n’apparaît plus, alors, que dans des médias d’extrême droite et pro russes

En réalité :

J’apparaît également fréquemment sur des médias comme QG et « Le Média », en France ou The Grayzone aux États-Unis, qui sont considérés comme « de gauche ».

Je réponds aux invitations de médias. Malgré de nombreuses requêtes venant de citoyens, y compris pour des débats contradictoires, les médias traditionnels (comme RTS en Suisse ou la RTBF en Belgique) ne m’invitent jamais. Mon critère pour répondre aux invitations de médias est qu’ils appliquent la Charte de Munich. Ces derniers 4 ans, j’ai reçu de très nombreuses invitations de la part de médias officiels russes (RT, Novosti, etc.), que j’ai systématiquement refusées en expliquant aux journalistes russes, que mon travail est strictement analytique et que je ne voulais pas qu’il soit assimilé à de la propagande.

Quant à la substance

Concernant le Darfour

Allégation de Daniel Fontaine de la RTBF :

il minimise le bilan de la guerre au Darfour

En réalité :

(Gouverner par les Fake News 3.2.4. La guerre des chiffres) :

(Note : En 2005-2006, je suis chef du renseignement des Nations Unies (JMAC) à Khartoum et mon unité est responsable de fournir les informations sur la situation au Darfour dans un rapport mensuel au Conseil de Sécurité des Nations Unies.)

Dès le début de la crise du Darfour, l’Office de Coordination de l’aide humanitaire (OCHA) des Nations unies évoque le chiffre de 180 000 morts [1]. Au début 2005, alors qu’est mise en place la mission des Nations unies, l’estimation la plus courante est de 200 000 morts. Durant cette période, où l’auteur a eu une très bonne visibilité sur la situation et a collaboré avec les principaux services de renseignements occidentaux : aucun affrontement majeur n’a eu lieu et l’accès humanitaire est globalement bon. Pourtant, en 2008, Jan Egeland, alors coordinateur de l’OCHA affirme que 400 000 est plus proche de la réalité [2]. Pourtant, dix ans plus tard, le chiffre le plus souvent avancé est de 300 000 morts, tout en restant purement spéculatif. Malgré de nombreuses rumeurs et les affirmations de quelques ONG humanitaires, on n’a pas retrouvé de charniers, fosses communes ou preuves de massacres de cette envergure [3].

En fait, ces chiffres sont issus d’estimations et projections statistiques basées sur des témoignages invérifiés et invérifiables. Mais cela n’empêche pas la communauté internationale d’accuser le gouvernement soudanais de « génocide ». Pour justifier cette accusation, on joue alternativement sur deux notions : la mortalité due aux conséquences des violences (manque d’hygiène, manque d’eau et de nourriture, etc.) et la mortalité due aux actes de violence eux-mêmes. Voire, on les mélange. En outre, on minimise délibérément le rôle des acteurs armés locaux pour attribuer leurs violences au gouvernement.

Entre le début 2005 et la mi-2006, à la demande du chef de la MINUS, le service de renseignement de la mission (JMAC) effectue quatre études sur la mortalité violente au Darfour. Toutes les sources disponibles sont exploitées : les organisations internationales (comme l’OMS et le CICR) et non gouvernementales, la mission de l’Union africaine (AMIS), le service de sécurité de l’ONU (UN DSS), les services de sécurité soudanais, des services de renseignements occidentaux et les groupes rebelles eux-mêmes. Dans la plupart des cas, des documents photographiques existent ou des rapports circonstanciés (policiers, médicaux, militaires, et/ou d’organes des droits de l’Homme). Les résultats sont surprenants :

PériodeNombre de morts [4]
juin 2004 – mars 2005  400
avril 2005 – juillet 2005  1 200
août 2005 – janvier 2006  500
février 2006 – juillet 2006  400
Total (juin 2004 – juillet 2006) 2500

Tableau 2- Victimes de la violence au Darfour (2004-2006)

Des chiffres sans doute encore trop importants, mais qui rassemblent toutes les formes de violence, de la simple criminalité aux escarmouches tribales. Du même ordre de grandeur que ceux rapportés périodiquement au Conseil de sécurité [5], ils sont très loin de ceux proclamés par les médias occidentaux… Mais les rapports seront enterrés… et à la fin 2006, on parle de 400 000 morts [6]. On est passé de 200 000 à 400 000 morts en une année et demie. D’où proviennent-ils ? Pas de réponse !

Concernant le 11 septembre 2001

Allégation de Daniel Fontainbe de la RTBF :

Il affirme par exemple qu’Oussama Ben Laden n’est pas à l’origine des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis

En réalité :

(Gouverner par les Fake News – Chiffre 5.4.)

Dans les faits, nous savons qui a exécuté les détournements d’avions, mais pas si quelqu’un ou qui leur a donné l’ordre de le faire. Encore aujourd’hui, la responsabilité d’OBL n’est qu’une hypothèse. Le 16 septembre 2001, il affirme dans un communiqué :

Après les dernières explosions aux États-Unis, des Américains me désignent, mais je le nie parce que je ne l’ai pas fait… Encore une fois, je répète que je ne l’ai pas fait [7]

Naturellement, on peut supposer qu’il tente de se disculper. Mais dans quel but ? En fait, on a tout lieu de le croire. Premièrement, parce que la raison d’être du terrorisme est que ses actions et ses objectifs soient connus : il s’agit de faire pression pour obtenir quelque chose. Deuxièmement, parce que le fait d’assumer un acte (violent ou non) fait partie de l’essence même de la notion de djihad, puisqu’on est prêt à lui sacrifier sa vie. C’est d’ailleurs pour cette raison que la plupart des attentats djihadistes sont « sur-revendiqués » et que certains terroristes s’attribuent même des attentats dans lesquels ils n’ont jamais été impliqués [8].

D’ailleurs, OBL n’a jamais été formellement mis en accusation ou inculpé pour le « 9/11 » [9]. Tout simplement parce qu’il n’y a aucun élément factuel qui le lie à cet attentat. C’est pourquoi l’avis de recherche – publié par le FBI et révisé en novembre 2001 – ne mentionne pas ce chef d’accusation [10].

En avril 2002, Robert Mueller, alors directeur du FBI, déclare :

Au cours de notre enquête, nous n’avons pas découvert le moindre morceau de papier – ni aux États-Unis ni dans le trésor d’informations trouvé en Afghanistan et ailleurs – mentionnant un quelconque aspect du complot du 11 Septembre [11].

En juin 2006, Rex Tomb, chef des relations publiques du FBI, confirme :

La raison pour laquelle le « 9/11 » n’est pas mentionné sur l’avis de recherche d’Oussama ben Laden, est que le FBI n’a aucune preuve qui relie Ben Laden au « 9/11 » [12].

La preuve la plus souvent évoquée de sa responsabilité pour le « 9/11 » est son « aveu » enregistré sur une vidéo tournée le 9 novembre 2001 et « trouvée » à Jalalabad, le 13 décembre. Une deuxième vidéo, publiée le 27 décembre – apparemment tournée le 19 novembre – montre un OBL différent, dont la barbe a blanchi (en 10 jours !). Or, ces vidéos, et plusieurs autres qui ont suivi étaient des impostures, produites par la CIA américaine afin de le discréditer (y compris de le faire passer pour homosexuel), ainsi que l’ont admis en 2010 leurs « auteurs » [13].

Tirer la conclusion que le « 9/11 » serait le fruit d’un complot ourdi par la CIA (ou autre) est très certainement faux. Mais il nous faut admettre que, contrairement aux apparences, nous ne savons pas grand-chose de la genèse du « 9/11 ». La version la plus probable est que les 19 terroristes – avec peut-être d’autres complices encore inconnus – ont organisé et exécuté ces attentats de leur propre chef. Ils étaient certainement inspirés par un militantisme djihadiste et animés par la vengeance des frappes d’août 1998 contre des populations civiles innocentes, mais rien ne démontre qu’ils ont été associés à une organisation centrale. En revanche, comme quinze ans plus tard avec l’État islamique, la réponse désordonnée et tactique des Occidentaux a fait d’« Al-Qaïda » un mythe et une référence pour les attentats à venir.

À titre d’illustration, Wanted Poster du FBI (mentionnés dans mon livre Gouverner par les Fake News)
(https://www.fbi.gov/image-repository/usama-bin-laden_poster.jpg/view)

Concernant la Syrie

Allégation de Daniel Fontaine de la RTBF :

il relaie la propagande du régime syrien pour démentir sa responsabilité dans les massacres commis contre les civils depuis le soulèvement de 2011

En réalité :

(Note : L’accusation est très vague et tout un chapitre est dédié à cette question, en voici un extrait)

(Gouverner par les Fake News – Chiffre 6.2. « Le conflit en Syrie a été déclenché en 2011 par la répression de manifestations pacifiques »)

Malgré les condamnations sans équivoque de la Syrie, on connaît mal le détail des premières semaines de l’insurrection. Alors que les morts sont systématiquement attribuées au gouvernement, les informations disponibles tendraient plutôt à incriminer l’opposition. Le Père jésuite néerlandais Frans van der Lugt [14], qui vit en Syrie depuis les années 1960, est un témoin oculaire des premières manifestations de 2011 en Syrie. Il écrit :

Dès le début, les manifestations n’étaient pas purement pacifiques. Dès le début, j’ai vu des manifestants armés marchant avec les autres manifestants, et qui ont tiré sur les policiers en premier. Très souvent, la violence des forces de sécurité a été une réaction à des actes de violence brutaux de la part des rebelles [15].

La stratégie utilisée est très « occidentale ». Des provocateurs au sein des manifestants cherchent à éliminer des agents des forces de police, afin de pousser à une escalade de la répression, dans le but de générer une insurrection populaire et d’en faire porter la responsabilité au gouvernement :

De plus, dès le début il y a eu le problème des groupes armés, qui sont aussi partis de l’opposition… L’opposition de la rue est beaucoup plus forte que toute autre forme d’opposition. Et cette opposition est armée et emploie fréquemment la brutalité et la violence, de sorte à en faire porter la responsabilité au gouvernement. De nombreux représentants du gouvernement ont été torturés et tués par eux [16].

Pourtant, le gouvernement syrien montre une grande retenue dès le départ. En septembre 2011, le groupe d’analyse américain Stratfor, souvent considéré comme une émanation de la CIA et spécialisé dans l’analyse stratégique des conflits, écrivait à propos de la situation en Syrie :

L’opposition doit trouver une manière de maintenir le discours du « Printemps arabe », et il faut s’attendre donc à un flot d’informations sur la brutalité du régime et de la valeur de l’opposition. Bien qu’il soit certain que des manifestants et des civils aient été tués, il n’y a pas d’information évidente sur une brutalité massive, comme il y avait eu en 1982 ou dans d’autres remises à l’ordre de la région. Stratfor n’a décelé aucun signe d’usage d’armes lourdes pour massacrer des civils ou créer des dégâts de combat significatifs, bien que des mitrailleuses de 12,7 mm montées sur des véhicules blindés aient été utilisées pour disperser la foule [17].

Concernant Skripal

Allégation de Daniel Fontaine de la RTBF :

Jacques Baud défend aussi la Russie quand le Kremlin est accusé d’avoir fait empoisonner Sergueï Skripal ou l’opposant Alexeï Navalny

En réalité :

(Livre : Gouverner par les Fake News – Chiffre 8.6.5.)

(…) D’ailleurs, le laboratoire de Porton Down, responsable de la recherche sur les armes chimiques en Grande-Bretagne et qui a fait l’analyse des échantillons recueillis par la police, a été capable d’identifier la substance, mais s’est déclaré incapable de dire qui l’a produite et qui l’a utilisée.

Cela n’empêche pas Boris Johnson, alors ministre des Affaires étrangères, le 20 mars 2018, de mentir en prétendant que Gary Aitkenhead, directeur de Porton Down, lui avait affirmé que la substance provenait de Russie. Les propos du ministre sont relayés par un tweet posté par le Foreign Office deux jours plus tard. Mais le 4 avril 2018, Aitkenhead précisera qu’en raison de son mandat et de ses capacités, le laboratoire ne pouvait qu’identifier la composition du produit, mais pas d’en déterminer la provenance ni la source ou l’endroit où il a été fabriqué [18]. Juste après cette interview, le tweet du Foreign Office sera subrepticement effacé [19].

Le 22 mars, l’ambassadeur britannique en Russie organise une présentation à l’intention de la communauté diplomatique à Moscou au cours de laquelle il déclare :

... il ne fait aucun doute que l’arme utilisée dans l’attaque était un agent neurotoxique de qualité militaire de la série Novichok. Cela a été confirmé par des spécialistes, nos spécialistes. Une mission de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques est actuellement au Royaume-Uni pour confirmer cette analyse de manière indépendante.

Il ne fait également aucun doute que le Novichok a été fabriqué en Russie par l’État russe [20].

Mais la transcription officielle, sur le site des Affaires étrangères britannique, sera légèrement modifiée en :

Il ne fait également aucun doute que du Novichok a été fabriqué en Russie par l’État russe [21].

…même s’il est précisé « transcription du discours, exactement tel qu’il a été prononcé »(!) Par ailleurs, formellement, c’est l’Union soviétique et non la Russie qui avait développé le « Novichok ».

Le 16 mars, sur son blog, l’ex-ambassadeur britannique Craig Murray affirme que le gouvernement a tenté de faire pression sur le directeur de Porton Down pour qu’il confirme l’origine russe du toxique. Mais Gary Aitkenhead n’a accepté qu’une formulation de compromis, qui évoque un toxique « d’un type développé par la Russie », et exclut les termes « produit » ou « fabriqué », tout en restant ambiguë [22]. C’est l’expression que Teresa May utilise le 12 mars 2018 devant le Parlement, désignant la Russie comme un coupable « hautement probable » :

Il est maintenant clair que M. Skripal et sa fille ont été empoisonnés avec un agent neurotoxique de niveau militaire d’un type développé par la Russie [23].

Ces mêmes mots seront utilisés dans un communiqué commun des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne et de la France, publié le 15 mars pour condamner l’action de la Russie, une heure avant l’adoption de nouvelles sanctions :

Cette utilisation d’un agent neurotoxique de niveau militaire, d’un type développé par la Russie, constitue la première utilisation offensive d’un agent neurotoxique en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale [24].

Le 22 mars 2018, une requête est soumise à la justice britannique pour une décision – qui sera approuvée – afin de déterminer si l’OIAC pouvait être autorisée à obtenir des échantillons de sang de Sergei Skripal et de sa fille afin d’identifier l’agent chimique utilisé. Dans son jugement, le juge déclare :

Des échantillons de sang de Sergei Skripal et Ioulia Skripal ont été analysés et les résultats ont indiqué une exposition à un agent neurotoxique ou à un composé apparenté. Les échantillons ont été testés positifs pour la présence d’un agent neurotoxique de la classe Novichok ou d’un agent étroitement apparenté [25].

Les expressions « composé apparenté » et « agent apparenté » laissent supposer qu’un doute subsiste quant à la nature même du poison. D’ailleurs, en avril 2018, Ahmet Üzümcü, directeur de l’OIAC, confirme que le « Novichok » pourrait être « produit dans n’importe quel pays disposant d’une certaine expertise en chimie [26] ».

Pour compliquer les choses, le laboratoire de Spiez en Suisse, auquel l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a confié des échantillons fournis par la Grande-Bretagne, conclut que le toxique utilisé était du « 3-Quinuclidinyl benzilate ». Mieux connu sous la désignation BZ, il s’agit d’un toxique fabriqué en Grande-Bretagne et aux États-Unis et stocké par certains pays de l’Otan [27] ! Mais cette conclusion n’est pas reprise dans le rapport final de l’OIAC… Le ministre des Affaires étrangères Lavrov s’en inquiète et accuse l’OIAC de manipulation [28]. Mais il y a une explication : il ne s’agirait que de précurseurs du BZ utilisés comme « échantillons témoins » dans le protocole d’analyse [29]. En fait, c’est la fuite d’une information partielle qui a induit la Russie en erreur. Pris à parti sur Twitter, le laboratoire de Spiez se défend avec une ellipse :

[…] Mais nous pouvons répéter ce que nous avions déclaré il y a dix jours : nous ne doutons pas que Porton Down a identifié du Novichok. PD [NdA : Porton Down] - comme Spiez - est un laboratoire désigné de l’OIAC. Les normes de vérification sont tellement rigides que l’on peut faire confiance aux résultats [30].

Ainsi, se retranchant derrière les règles de procédures de l’OIAC, le laboratoire de Spiez ne confirme ni n’infirme les affirmations de la Russie, sans apporter de précisions sur la nature de ses constatations. De plus, sa formulation sibylline laisse entendre que le produit identifié par Porton Down n’est pas le même que celui qui aurait été utilisé contre Skripal.

La toxicité du Novichok serait entre cinq et huit fois supérieure à celle du VX, dont la dose létale par voie cutanée est de 10 mg [31]. Selon Nikolaï Volodine, un des ingénieurs qui a travaillé à la conception du Novichok, une exposition à des doses infimes amène la mort de manière instantanée [32]. Vil Mirzayanov affirme qu’il n’y a pas de traitement connu au Novichok [33].

Pourtant, les Skripal sont restés entre plusieurs heures (dans l’hypothèse où ils auraient été intoxiqués à leur domicile) à une demi-heure (s’ils ont été touchés à la pizzeria) sans symptômes et les trois personnes contaminées ce jour-là sont toutes tirées d’affaire. Le sergent Nick Bailey, qui était sur place mais n’a pas eu de contact direct avec les deux Russes [34], semble avoir été intoxiqué lui aussi. Le médecin qui a traité Ioulia Skripal à l’hôpital durant une demi-heure environ, n’a absolument pas été affecté par le toxique et prétend qu’il n’y avait pas de neurotoxique sur le corps de Skripal [35]. Par ailleurs, alors que le Times du 14 mars affirme que l’affaire Skripal a « laissé 40 individus nécessitant un traitement » [36], le 16 mars, un consultant en médecine d’urgence du National Health Service affirme dans un courrier de lecteurs qu’« aucun patient n’a présenté de symptôme d’empoisonnement aux neurotoxiques à Salisbury et qu’il n’y a eu que trois cas d’empoisonnement sérieux [37] ». Par ailleurs, le premier rapport établi à l’hôpital après l’admission des victimes faisait état d’une intoxication au Fentanyl, comme le rapporte Radio Free Europe/Radio Liberty en septembre 2018, sans mentionner le « Novichok » [38]. Le Salisbury Journal du 5 mars, lui aussi, mentionne une intoxication possible au Fentanyl [39].

Finalement, le 12 avril 2018, l’OIAC publie ses conclusions, basées sur les prélèvements faits sur place et les échantillons qui lui ont été soumis. La version publique du document ne mentionne pas de « neurotoxique », mais seulement un « toxique chimique ». Elle précise que l’échantillon analysé par l’OIAC serait d’une « grande pureté » en « l’absence presque complète d’impuretés [40] ». Dans ce domaine, les impuretés sont comme des « empreintes digitales » qui permettent d’identifier l’origine d’un produit. Or, les Novichoks sont très instables, et le fait qu’un échantillon reste « pur » après avoir séjourné plusieurs jours sur une poignée de porte ou dans le sang des victimes avant d’être analysé est presque impossible. Une absence d’impureté pourrait signifier que les échantillons viennent directement d’un laboratoire et non de prélèvements.

Le silence des autorités britanniques et occidentales sur cette question suggère que l’analyse n’a pas pu confirmer la culpabilité de la Russie. Mais factuellement, on n’en sait rien.

Selon certains experts, la seule explication plausible à ces apparentes incohérences serait que Skripal et sa fille aient été victimes d’une intoxication alimentaire, avec des fruits de mer dans la pizzeria où ils ont déjeuné. Les symptômes décrits dans la presse s’apparentent à ceux d’une intoxication par la phycotoxine paralysante (IPP), également connue sous le terme de saxitoxine (STX) produite par des micro-organismes marins [41]. Cette hypothèse pourrait expliquer la formule sibylline du laboratoire de Spiez, qui suggère que la substance analysée par Porton Down n’est pas la même que celle qui a intoxiqué le couple. Elle expliquerait aussi l’intoxication du sergent Bailey, qui était dans les environs de la pizzeria, sans être en service au moment de l’incident, mais dont l’emploi du temps n’a pas été confirmé par le gouvernement britannique.

Concernant Navalny

Allégation de Daniel Fontaine de la RTBF :

Jacques Baud défend aussi la Russie quand le Kremlin est accusé d’avoir fait empoisonner Sergueï Skripal ou l’opposant Alexeï Navalny

En réalité :

(Livre : L’affaire Navalny – Chiffre 4.4.)

Le rapport des médecins allemands, publié le 22 décembre 2020, dans la revue médicale The Lancet, indique clairement qu’ils n’ont pas été en mesure d’identifier la présence de « Novitchok », mais seulement d’ « inhibiteurs de la cholinestérase » à l’arrivée de Navalny. Ils précisent que l’identification de Novitchok nécessitait des analyses plus approfondies, menées par l’IPTB.

Mais les analyses effectuées sur Navalny à son arrivée à l’hôpital de la Charité disent beaucoup. Elles font l’objet d’une annexe de l’article du Lancet [42] ; pourtant, aucun média traditionnel n’a publié, relaté ou analysé cette annexe. Même la communication d’Agnès Callamard et Irene Khan, rapporteures spéciales des Nations Unies, du 30 décembre, ne mentionne pas l’annexe du Lancet, alors que c’est le seul document accessible qui contient des observations scientifiques [43]. On est en droit de s’interroger sur l’impartialité et l’intégrité qu’exige leur charge, alors que, par ailleurs, elles jugent le rapport des services de renseignement américains sur la responsabilité de Mohammed ben Salman « ne fournit que des preuves circonstancielles » (ce qui est juste) [44].

En fait, si le rapport du Lancet est si peu cité, c’est parce que les médecins allemands n’ont pas pu constater eux-mêmes la présence de Novitchok, et que les valeurs qu’ils relèvent remettent en question la version militaire des choses. Le lecteur averti peut consulter ces valeurs (Annexe 2 – Appendice S2) [45] et en tirer les conclusions lui-même. Des recherches superficielles sur ces différents résultats permettent – sous toute réserve – quelques observations :

  • La valeur de l’albumine suggère un problème lié au foie.
  • La valeur élevée de lactate déshydrogénase (LDH) suggère des troubles métaboliques souvent observés avec les tumeurs cancéreuses.
  • Les valeurs de l’amylase et de la lipase suggèrent une pancréatite, qui avait déjà été évoquée à propos de Navalny dans le passé.
  • Les valeurs pour la protéine C-réactive, les leucocytes, les neutrophiles et les érythrocytes suggèrent une infection bactérienne.
  • L’amantadine est un médicament souvent utilisé dans le traitement de la maladie de Parkinson.
  • Le lithium est utilisé en psychiatrie pour le traitement des troubles bipolaires et de la dépression.
  • La faible valeur de butyryl-cholinestérase (BChE) - 0,42 à l’arrivée à Berlin et 0,41 au jour 3 - suggère l’exposition à un inhibiteur de cholinestérase, et pourrait être expliquée par le lithium [46].
  • On trouve des anxiolytiques avec des effets anticonvulsivants, comme le Diazépam et le Nordazepam, ainsi que de l’Oxazepam, utilisé pour traiter les troubles du comportement et l’anxiété. Les effets de l’Oxazepam, notamment lorsqu’il est pris en forte dose sur de l’alcool peut occasionner des crampes abdominales et musculaires, convulsions, dépression. Ces médicaments s’ingèrent généralement par voie orale.
    La présence d’inhibiteurs de cholinestérase pourrait donc simplement s’expliquer par les médicaments ingurgités par Navalny lui-même, selon toute vraisemblance en combinaison avec de l’alcool. Cela expliquerait que ses symptômes soient totalement différents que ceux de Sergueï et Yulya Skripal en 2018, que l’on prétend avoir été victimes du même poison.

Par ailleurs, les documents des médecins allemands révèlent que lorsque les Français, les Suédois et l’OIAC ont fait leurs prélèvements – soit 15 jours après l’arrivée de Navalny en Allemagne – son niveau de cholinestérase était proche de la normale.

À ce stade, ces laboratoires français, suédois et de l’OIAC n’ont pu détecter que des « inhibiteurs de cholinestérase », mais non plus les substances trouvées à La Charité, comme le lithium ou les médicaments, qui auraient favorisé leur apparition. En l’absence de résultats publiés, nous ne savons pas exactement ce qu’ils ont trouvé, mais il est vraisemblable que n’ayant pas d’autre explication à la présence de ces inhibiteurs, ils ont été amenés à conclure qu’il s’agissait de Novitchok.

En gardant leurs résultats secrets, ces laboratoires n’avaient sans doute pas prévu que les médecins allemands publieraient le résultat de leurs analyses. Car grâce à ces derniers, l’hypothèse que Navalny ait été victime d’un empoisonnement accidentel apparaît plus vraisemblable qu’un empoisonnement délibéré.

(Livre : Affaire Navalny – Chiffre 7.1.)

L’analyse de l’affaire Navalny montre qu’à chacune de ses étapes, dans le spectre des explications possibles, on a systématiquement choisi celles qui s’inséraient dans le narratif d’un empoisonnement au Novitchok, et – donc – commandité par Vladimir Poutine. Le fait que les symptômes des Skripal et de Navalny aient été totalement différents ; que ni les uns ni les autres aient eu les symptômes d’un empoisonnement aux neurotoxiques ; que ni les uns ni les autres présentent les séquelles de long terme associées à un empoisonnement au Novitchok ; ou que le Novitchok ait également été produit par des pays occidentaux, n’ont incité ni les médias, ni les politiques à la prudence.

Au contraire, sur la seule foi de « l’aveu » téléphonique d’un agent dont personne n’a pu vérifier l’identité et la qualité, et de rapports militaires restés secrets, on façonne une politique étrangère et prend des mesures aux conséquences incertaines.

Les rapports des laboratoires allemand, français, suédois et de l’OIAC étant classifiés, nous ne connaissons pas leur contenu. Il est cependant raisonnable de penser que si leurs conclusions avaient clairement identifié la présence de Novitchok, elles auraient fait l’objet de publications plus détaillées.

D’ailleurs, Euronews, la Tribune de Genève ou Le Point constatent que Navalny a « des centaines d’ennemis parmi lesquels des individus déterminés [47] » à cause de sa lutte contre la corruption. D’ailleurs, les nombreux procès intentés à Navalny – dont nous avons cité quelques exemples – ne viennent pas du gouvernement, mais d’oligarques et de personnalités privées. Il n’est ainsi pas déraisonnable de penser que « d’autres acteurs », touchés par ses enquêtes sur la corruption – notamment dans les milieux de la criminalité organisée – pourraient avoir un intérêt existentiel à le supprimer.

C’est pourquoi Vladimir Poutine affirme cyniquement : « Si on l’avait voulu, l’affaire aurait été menée à son terme [48] ! » À l’évidence, s’il y avait réellement eu volonté d’éliminer Navalny, on aurait probablement utilisé une méthode qui ne rappelle pas l’affaire Skripal et qui soit plus efficace (!) sans pointer du doigt la Russie. Or, les « services » disposent de poisons virtuellement indétectables à l’autopsie [49]

Malgré cela, bien qu’aucun fait concret et vérifiable ne la confirme, prédomine l’idée que c’est l’œuvre des services secrets russes. Ainsi, dès début septembre 2020, avant même que les laboratoires français, suédois et de l’OIAC ont commencé leurs analyses, Conspiracy Watch, « sait » qu’il a été empoisonné avec du Novitchok « plutôt associé aux services secrets russes » et qualifie de « conspirationnisme » l’éventualité que l’empoisonnement puisse être le fait de la criminalité organisée [50]. Cette manière d’exclure toute explication alternative, d’affirmer un jugement à partir d’informations qui sont toutes de nature spéculative, d’ignorer certains faits et d’en relier d’autres avec une logique arbitraire correspond exactement à la définition du complotisme [51]. Les « anti-conspirationnistes » deviennent… des « conspirationnistes » !

Concernant l’orchestration par l’Ukraine de sa propre invasion pour entrer dans l’OTAN

Allégation de Daniel Fontaine de la RTBF :

Il formule des théories du complot, en accusant par exemple l’Ukraine d’avoir orchestré sa propre invasion pour adhérer à l’OTAN

En réalité :

M. Daniel Fontaine ment : je n’ai jamais formulé de théorie du complot.

(Livre : Ukraine entre guerre et paix – Chiffre 3.1)

L’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN n’est donc possible que si la Russie est dans l’incapacité de la menacer. Il lui faut donc faire subir une défaite cuisante qui anéantisse son économie, provoque une révolution et un changement de régime, voire un démantèlement de la Russie en entités plus petites. C’est exactement ce que déclare Arestovitch : « Notre prix pour entrer dans l’OTAN est une guerre contre la Russie et sa défaite ». Il donne alors même la date probable de cette guerre : « 2021 ou 2022 » [52] !

Interview d’Olekseï Arestovitch

Il ne s’agissait pas d’une analyse, mais de l’énoncé d’une politique (extrait traduit mécaniquement) [53] :

Apostrof : Si l’Ukraine reçoit un plan d’action de l’OTAN, pourrons-nous alors parler d’un calendrier pour la fin de la guerre ?

Arestovitch : Non. Nous ne discuterons d’aucun délai pour la fin de la guerre. Au contraire, cela incitera très probablement la Russie à lancer une opération militaire majeure contre l’Ukraine. Car ils devront détruire nos infrastructures et réduire tout ici en ruines. »

Apostrof : La Russie pourrait donc entrer en confrontation directe avec l’OTAN ?

Non. Ils doivent agir ainsi avant notre adhésion à l’OTAN, afin que nous ne présentions plus aucun intérêt pour elle. Ou plutôt, que nous devenions insignifiants, comme un territoire désintégré. Il y a 99,9 % de chances que le prix de notre adhésion à l’OTAN soit une guerre majeure avec la Russie. Et si nous n’y adhérons pas, nous serons absorbés par la Russie d’ici 10 à 12 ans. Alors, à nous de choisir.

Apostrof : Alors, qu’est-ce qui est préférable dans ce cas ?

Arestovitch : Bien sûr, une guerre majeure avec la Russie et la transition vers l’OTAN suite à la victoire sur la Russie.

[…]

Apostrof : Et quand ?

Arestovitch : La période la plus critique se situera entre 2020 et 2022.

En réalité :

Décret du président Zelensky n° 117/2021 du 24 mars 2021

J’ai également cité le décret du Président Zelensky sur la Désoccupation et réintégration du territoire temporairement occupé de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol, qui prévoit la reprise des territoires de « la République autonome de Crimée et la ville de Sébastopol, ainsi que certaines zones des régions de Donetsk et de Louhansk ».

Ce décret a été suivi par la montée en puissances des forces ukrainiennes autour du Donbass, qui a alors provoqué celle des forces russes le long de la frontière.

(https://www.president.gov.ua/documents/1172021-37533)

Conclusions

Comme la plupart de ses confrères, Daniel Fontaine ne vérifie pas ses informations et se base exclusivement sur ma fiche Wikipédia.

Cette fiche a été alimentée par Conspiracy Watch et son accès m’en a de facto été interdit, ainsi qu’à tous ceux qui ont cherché à y faire des modifications.

Son contenu est basé sur un article du « journaliste » Antoine Hasday publié sur le site Conspiracy Watch basé sur une interview donnée au journaliste français à Frédéric Taddeï (qui travaillait alors pour RT France). J’avais alors demandé un droit de réponse à cet article et ai envoyé les extraits de ce que j’avais alors écrit. Conspiracy Watch a refusé ce droit de réponse et Antoine Hasday a écrit un article disant en substance que son article résultait de sa compréhension de mes propos et qu’il n’y avait pas lieu de publier un droit de réponse.

Jacques Baud, 10/01/2026


EN COMPLEMENT :

Bruxelles punit la pensée : l’affaire Jacques Baud ou la faillite intellectuelle européenne

Jacques Baud : il donne trop d’informations trop précises. L’Union européenne le sanctionne !

[1Eric Reeves, DARFUR MORTALITY UPDATE : June 30, 2005, 30 août 2005

[2“Death toll of 200,000 disputed in Darfur”, Associated Press/NBCNews.com, 28 mars 2008

[3Rebecca Hamilton & Mary Beth Sheridan, « U.S. Government Cannot Confirm Mass Graves in Sudan », The Washington Post, 21 juillet 2011

[4Ne sont cités ici que des chiffres arrondis.

[5Voir « UN Documents for Sudan (Darfur) : Secretary-General’s Reports » (www.securitycouncilreport.org)

[6DARFUR CRISIS - Death Estimates Demonstrate Severity of Crisis, but Their Accuracy and Credibility Could Be Enhanced, Report to Congressional Requesters, United States Government Accountability Office, November 2006 (GAO-07-24)

[7« Afghanistan : Bin Laden Denies Involvement in Terrorist Attacks in US », Peshawar Afghan Islamic Press News Agency, 16 septembre 2001 dans : « Compilation of Usama Bin Laden Statements, 1994 – January 2004 », Foreign Broadcast Information Service, janvier 2004 ; « Taleban to decide Bin Laden fate », BBC News, 17 septembre 2001

[9Osama Bin Laden, trialinternational.org, 23 avril 2006 (modifié le 8 juin 2016)

[11Conférence de Robert S. Mueller, III, Directeur du FBI, au Commonwealth Club of California (San Francisco, Californie), 19 avril 2002 (archives.fbi.gov/archives/news/speeches/partnership-and-prevention-the-fbis-role-in-homeland-security). Il répétera les mêmes mots lors d’une audition devant une commission du Sénat (Robert S. Mueller, “Reforming the FBI in the 21st Century : Reorganizing and Refocusing the Mission”, Audition devant la Commission sénatoriale des affaires judiciaires, 8 mai 2002)

[13Jeff Stein, “CIA unit’s wacky idea : Depict Saddam as gay”, Washington Post, 25 mai 2010

[14Le père Frans van der Lugt a été assassiné le 7 avril 2014 à Homs, car il refusait de remettre aux islamistes (modérés !) les biens que lui avaient confié des Syriens (Eva Bartlett, conférence à l’église orthodoxe syrienne de St. Matthew, West Roxbury, MA, 11 décembre 2016)

[15John Rosenthal, « An Eyewitness to the Syrian Rebellion : Father Frans in His Own Words », The BRICS Post, 19 avril 2014.

[16Ibid.

[17« Syria Opposition, take half », Stratfor, 14 septembre 2011 (publié le 11 mars 2013 par WikiLeaks dans The Global Intelligence Files)

[18« Sky News Interview with Porton Down lab’s chief exec, YouTube, 4 avril 2018

[19“Foreign Office deletes tweet claiming Salisbury nerve agent made in Russia”, SkyNews, 4 avril 2018

[20Foreign & Commonwealth Office, “Briefing on the UK government’s response to the Salisbury attack”, YouTube, 22 mars 2018 (vidéo) (00’20’’)

[21“British Ambassador to Russia briefing on the Salisbury attack : 22 March 2018”, www.gov.uk, 22 mars 2018

[22“Of A Type Developed By Liars”, www.craigmurray.org.uk, 16 mars 2018

[23“PM Commons statement on Salisbury incident : 12 March 2018”, gov.uk, 12 mars 2018

[24Alex Ward, “The US and 3 allies are blaming Russia for nerve agent attack on ex-spy”, www.vox.com, 15 mars 2018

[25Approved Judgment, Royal Courts of Justice, Strand, London, WC2A 2LL, 22 mars 2018

[26(Interview en anglais) « Глава ОЗХО : Вещество, которым отравили Скрипалей, могло быть произведено в любой стране ! », YouTube, 23 avril 2018 (www.youtube.com/watch?v=OhGLJ82rAFs)

[27“Russia : Swiss lab analysis shows nerve agent designed in West”, New York Post/AP, 14 avril 2018

[28“Moscow accuses OPCW of manipulating Skripal probe”, 24News/AFP, 14 avril 2018

[29Mike Corder, “Britain Spy Case : Watchdog Rejects Russia Nerve Agent Claim”, U.S. News & World Report, 18 avril 2018

[30twitter.com/SpiezLab/status/985243574123057152

[31NdA : Il s’agit de « LD50 », la dose létale pour 50 % des personnes touchées.

[32Павел Каныгин, « Новичок » — это слишком для одного Скрипаля », Новая газета, 22 mars 2018

[33Joseph Ax, “Only Russia could be behind U.K. poison attack -toxin’s co-developer”, Reuters, 13 mars 2018

[34James Fielding, Paul Thompson, Richard Spillett, Mark Duell & Lara Keay, « Police probe whether Russian spy was poisoned with nerve agent at his own house as it emerges 21 people were hospitalised after attack and sick detective ’didn’t have direct contact with Skripals’ », Daily Mail, 8 mars 2018 (mis à jour le 10 mars 2018)

[35“Russian spy : Salisbury attack was ’brazen and reckless’”, BBC News, 8 mars 2018

[36“Salisbury poison exposure leave almost 40 needing treatment”, The Times, 14 mars 2018

[37Fiona Hamilton, John Simpson & Deborah Haynes, “Russia : Salisbury poison fears allayed by doctor”, The Times, 16 mars 2018

[38Ron Synovitz, “Name Your Poison : Exotic Toxins Fell Kremlin Foes”, Radio Free Europe/Radio Liberty, 18 septembre 2018

[39“Man found critically ill at Maltings in Salisbury man is former Russian spy Sergei Skripal”, www.salisburyjournal.co.uk, 5 mars 2018.

[40Note By The Technical Secretariat - Summary Of The Report On Activities Carried Out In Support Of A Request For Technical Assistance By The United Kingdom Of Great Britain And Northern Ireland (Technical Assistance Visit TAV/02/18), OPCW Technical Secretariat, (S/1612/2018), 12 avril 2018

[41NdA : La STX est un neurotoxique, que les États-Unis avaient tenté de militariser dans les années soixante, pour des opérations spéciales. Lors de son enquête sur les activités clandestines de la CIA en 1975, la Commission Church avait découvert que l’Agence en conservait un stock. (Nous ne suggérons pas ici que la CIA serait impliquée dans le cas Skripal !!)

[43spcommreports.ohchr.org/TMResultsBase/DownLoadPublicCommunicationFile ?gId=25830

[44« Russia responsible for Navalny poisoning, rights experts say », un.org, 1er mars 2021

[45Voir Annexe 2

[46S. J. Choi & R. M. Derman, « Lithium and cholinesterase », Progress in Neuro-Psychopharmacology, Volume 4, n° 1, 1980, Pages 107-109 (DOI : 10.1016/0364-7722(80)90067-3)

[47« Aucun poison dans l’organisme de Navalny », Tribune de Genève, 21 août 2020 ; Joanne Massard, « Son état de santé jugé ’instable’, Alexeï Navalny ne pourra pas être transféré à l’étranger », AFP/Euronews, 21 août 2020 ; « Navalny : un avion en route pour aller chercher l’opposant russe dans un état grave », AFP/Le Point, 21 août 2020

[48« Pour Vladimir Poutine, si la Russie avait voulu empoisonner Navalny, il serait mort », AFP/ Le Figaro, 17 décembre 2020

[49Viktor Popenko, Секретные Инструкции ЦРУ и КГБ по Сбору Фактов, Конспирации и Дезинформации, Moscou, juillet 2014, p. 258

[50Antoine Hasday, « Sur RT France, Jacques Baud coche toutes les cases du conspirationnisme géopolitique », Conspiracy Watch, 7 septembre 2020

[52 «  Predicted Russian – Ukrainian war in 2019 – Alexey Arestovich  », YouTube, 18 mars 2022 (https://youtu.be/1xNHmHpERH8)


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