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Nord Stream 2 : et l’environnement dans tout ça ?

Étienne DHUIT

Le projet de gazoduc Nord Stream 2 divise les pays européens. Il pose également de graves problèmes environnementaux, largement minorés par les études d’impact. Tirant la sonnette d’alarme et rappelant l’Europe à ses objectifs climatiques, les ONG appellent à l’abandon du projet, ou du moins à un tracé alternatif.

À l’heure où les forêts primaires brûlent en Amazonie, en Indonésie ou en Afrique, certains projets d’infrastructures interpellent par leur non-sens écologique. C’est le cas, éloquent, du futur gazoduc Nord Stream 2, un gigantesque pipeline devant relier, d’ici à 2020, la Russie — où les forêts, en Sibérie, brûlent aussi — à l’Europe. Estimé à 9,5 milliards d’euros, le projet est développé par le géant russe Gazprom, une entreprise proche du Kremlin. Quelque 1 200 kilomètres de tuyaux devraient, à terme, passer sous la mer Baltique, traversant avant de rejoindre leur point d’arrivée en Allemagne les territoires de plusieurs pays membres de l’Union européenne (UE), parmi lesquels la Finlande, la Suède et le Danemark.

Un projet « inadmissible »

Non content de diviser les capitales européennes, qui dans leur ensemble dépendent d’ores et déjà à 40 % du gaz russe, ainsi que de couper l’herbe sous le pied de pays comme la Pologne et l’Ukraine, qui tiraient jusqu’à présent de substantifiques revenus du passage des gazoducs russes sur leur territoire, Nord Stream 2 n’est pas sans poser d’épineuses questions environnementales. Certes, le projet a reçu l’onction tant de l’agence russe de surveillance de l’environnement que des autorités européennes. Mais les ONG de défense de la nature ne l’entendent pas de cette oreille et comptent bien faire valoir leurs arguments. À l’image de Greenpeace, qui s’oppose vivement, si ce n’est au projet de gazoduc en lui-même, du moins à son tracé actuel, le qualifiant « d’inadmissible ».

Pour le représentant de la branche russe de l’organisation, Mikhaïl Kreindline, « la construction (du gazoduc) est impossible sans dommage écologique » : Nord Stream 2 doit, en effet, traverser la réserve naturelle de Kougalski, « l’une des terres les plus fragiles de la partie occidentale de Russie », selon M. Kreindline, qui rappelle que cette « zone d’habitation essentielle » pour les animaux est, théoriquement, protégée par la législation russe ainsi que par plusieurs conventions internationales. La réserve, qui s’étend sur 60 000 hectares de la côte du golfe de Finlande, abrite ainsi 250 espèces d’oiseaux — dont de grands aigles nichant à quelques mètres du tracé théorique du gazoduc — et 750 espèces de plantes, pour certaines très rares.

L’incohérence de l’UE en matière d’environnement

Selon l’avocat et directeur Europe centrale de l’ONG ClientEarth, Marcin Stoczkiewicz, le projet de Gazprom serait non seulement « inutile », mais « illégal », violant les lois européennes sur le climat, la qualité de l’air et la conservation des habitats des animaux. L’expert estime ainsi que les évaluations menées par le consortium Nord Stream 2 en matière d’impact environnemental ne sont pas dignes de confiance, menaçant, entre autres, l’équilibre des réserves « Natura 2000 » traversées par le futur pipeline. En septembre 2018, ClientEarth a par ailleurs déposé une plainte devant la justice suédoise afin d’entraver la construction du gazoduc, qui impliquerait notamment de devoir faire exploser des bombes datant de la Seconde Guerre mondiale présentes dans des zones de la mer Baltique appartenant au pays scandinave.

Enfin, M. Stoczkiewicz relève dans une tribune parue en avril 2017 que Nord Stream 2 contrevient aux objectifs climatiques et énergétiques de l’UE. La combustion des 55 milliards de mètres cubes délivrés annuellement par le pipeline à l’Europe se traduira ainsi par l’émission de plus de 100 tonnes supplémentaires de CO2 : une réalité inconciliable avec l’Accord de Paris sur le climat, et qui risque selon le défenseur de l’environnement d’aggraver, et ce « pour des décennies », la dépendance de l’UE aux énergies fossiles. Reprochant également à la Commission européenne d’appliquer, au détriment des pays de l’Est, un « double standard » en matière de concurrence et de protection de l’environnement, Marcin Stoczkiewicz conclut en estimant que Nord Stream 2 représente un « test » inédit pour le Vieux continent, ses institutions et sa société civile. Un test qui révèle, pour l’heure, l’incapacité de l’Europe à mettre en place une politique environnementale cohérente.

COMMENTAIRES  

20/09/2019 12:16 par Georges SPORRI

Désolé de vous contredire, belle âme sauveuse de planète ! Je suis à fond pour ce gazoduc qui nique les républiques baltes (nationalistes ethniques fascisante UE + OTAN) et l’exécrable Pologne. Un lien fort et stratégique Russie + Allemagne sera précieux pour la PAIX ! Nom d’une pipe ! La PAIX ! Et puis sur le plan de la mode sôtério-planétiste, je vous signale que vos amis écologistes allemands militent avec fureur contre la lignite archaïque et hyper polluante devenue indispensable après l’arrêt du nucléaire (lequel nucléaire émet du mono oxyde de di-hydrogène 22 fois plus "à effet de serre" que le CO2).

NB : J’aurais bien sûr préféré que la Russie exportât de l’hydrogène liquide obtenue par des centrales au fil de l’eau (Volga + Ob). Mais vos amis sauveurs de planète ne militent absolument pas pour l’alternative hydrogène, car l’anthropocène marxiste fout la trouille au petits bourgeois qui veulent nous vendre des Zoé (beurk !).

20/09/2019 13:09 par Etienne Marcel

Merci d’attirer à nouveau l’attention sur ce projet d’un autre âge. Je tique sur un point : l’évaluation du surcroît de CO2 lié au projet : 100 tonnes par an me paraissent un niveau bien faible. Etes-vous sûr de vos chiffres ?

20/09/2019 16:32 par Gondawa

Étienne DHUIT serait-il un agent de la CIA ?
En lisant ce texte de propagande, c’est l’idée que j’ai à l’esprit.

20/09/2019 17:15 par CN46400

À G Sporri
Le " mono oxyde de di-hydrogène 22 fois plus "à effet de serre" que le CO2)" (vapeur d’eau) a aussi tendance à former des nuages qui en bloquant le rayonnement solaire ont tendance à rafraichir l’atmosphère. Reste que cet article est bien dans la ligne anti-russe classique, verbiage "lobyiste" coloré en vert, couleur à la mode, le réchauffisme nous rendra fou...

20/09/2019 20:53 par T 34

Moins de gaz importé de Russie ça veux dire aussi plus de gaz importé d’ailleurs, notamment du gaz de schiste importé des États-Unis pour plus cher. Les États-Unis ont déjà réussit a saboter le south stream en faisant pression sur le gouvernement bulgare (qui a été remplacé par le turk stream).

21/09/2019 00:12 par zap

En belgique on a peu de gaz russe. Le gaz c’est top pour se chauffer. Avec une bonne combustion ça ne produit presque que du co2 et de la vapeur d’eau. Le co2 c’est la vie, tout comme l’eau.

Cet article donné à lire aurait sa place dans n’importe quel média pro Otan.

Merci au grand soir pour le 95 % de qualité et le 5% d’autre chose.
C’est quand même bcp plus agréable que le 95 - 5 de Goebbels et des médias aux ordres.

21/09/2019 12:11 par Xiao Pignouf

Là, j’ai tendance à suivre la ligne de Georges et de tout ceux qui doutent fortement du propos de cet article. On peut déplorer le besoin de construire un gazoduc, mais de là à la combattre, on a l’impression que ça reviendrait à déshabiller Paul pour habiller Pierre, avec des fringues pas forcément plus propres.
Là où le bât blesse, c’est qu’on ne sait rien de l’auteur... parfois, si ce n’est tout le temps, il serait bon de connaître l’arrière-plan de l’article. M. Dhuit est-il monsieur tout-le-monde ? Est-ce un expert ? un lobbyiste... ?

22/09/2019 14:41 par Geb.

Le mec qui a écrit ce prout a gravé dans le marbre pour qui et quelles raisons il l’a écrit... On retrouve ici tous les poncifs des communicants "verts" du système. J’ai dit "vert", comme le billet de même couleur, pas "écologistes" car on peut être "écologiste", "progressiste", et même "communiste", et surtout pas le porte-coton de l’Oligarchie occidentale.

Merci à LGS de nous avoir permis ce moment de franche rigolade. Mais perso je juge que c’est pas la peine d’user du DATA pour de pareilles élucubrations vert de gris.

Quant à l’auteur de la perle j’espère pour lui que son adresse principale est en Islande ou 90% de l’énergie est géothermique ou hydraulique, car si on suit ses analyses ça va se les geler sec dans les chaumières ls prochains hivers en Europe.

"Heureusement" qu’il y a le "réchauffement climatique" pour nous sauver.

Mais qui est donc James Thornton, CEO de "Client Earth" ?

Selon Linkedin :
Entreprise actuelle : CEO chez ClientEarth
Entreprise précédente : Executive Director chez "The Heffter Research Institute", Senior lawyer and founder of "Los Angeles Office" chez "NRDC", (Budget 2015 ‎ : ‎US$151.6 million - Des "pauvres").
Formation : New York University School of Law, University of Notre Dame and Yale University

Et "The Heffter Research Institute" ?

D’après Wikipédia :

"L’Institut a été nommé d’après le Dr Arthur Heffter (15 juin 1859 – 8 février 1925), chimiste et pharmacien allemand, premier chimiste à mettre en évidence les effets du Mescal sur le cerveau). Il est voué à la recherche scientifique sur la valeur médicale des psychédéliques. D’autres fondations comme la "Beckley Foundation", (Etudes sur le Cannabis et la Psilocybine), mènent des études similaires. Sa mission est de soutenir la recherche scientifique sur les hallucinogènes classiques et leurs composés connexes (Parfois appelés psychédéliques) afin de contribuer à une meilleure compréhension de l’esprit conduisant à l’amélioration de la condition humaine, et soulager la souffrance. Afin de minimiser les coûts d’exploitation et mettre en œuvre des projets spécifiques le HRI collabore avec les écoles de médecine et autres établissements de recherche[réf. nécessaire]."

Autant dire qu’il s’agit d’un institut de recherche américain lié à "Big Pharma", et comme TOUS les instituts américains de ce type ayant été relié aux recherches des USA sur le "Mind Control" à travers le Programme MK Ultra dans les années 50 à 90.

Très, très, écolo le mec... La santé par les plantes.

22/09/2019 14:55 par Geb.

Le seul profil probable que je trouve sur le WEB est celui d’un "rédacteur" à la "Revue internationale", ( https://www.revue-internationale.com/author/edhuit/ ).

Pas "franchement" une amie des Russes, la "Revue". Ni des Chinois...

L’Entrée de Une sur l’Asie déclare aujourd’hui : "La route de la Soie mettrait à mal les Accords climatiques". Un nouvel angle d’attaque vert et occidental pour décrédibiliser l’Axe du mal cher à Trump. Y a pas que Northstream dans le collimateur. ((- :

22/09/2019 15:27 par Assimbonanga

Il reste à savoir si l’auteur se bât avec la même conviction contre l’oléoduc américain qui traverse les terres amérindiennes avec tous les risques de pollution que ça comporte.
L’oléoduc Keystone laisse échapper près de 800.000 litres de pétrole
Trump relance l’oléoduc Keystone XL

25/09/2019 12:48 par bostephbesac

Pour moi, cet article est surtout anti-Russe : si pas de gaz Russe, alors le pétrôle de shiste US peut-être ?

Très bonne réflexion d’ Assimbonanga précédemment !

16/03/2020 23:52 par alain harrison

Et bien, les objectifs de passer du pétrole-gaz à l’énergie renouvelable de tour bord tout côté, au calandre grecque.
Y a pas moyen de trouver des technologies simples ?
J’en reviens à L’eve one (qui a tué la voiture électrique), dont la techno semblait assez simple comparé aux voitures élect. actuelles bourré de contrôle électronique inutile (extractivité tout azimut). Je crois que l’analyse sérieuse sur la techno de l’eve one, n’a pas été mené. Mais que les préjugés ont fait l’affaire autant à gauche qu’à droite. C’est pas pour rien que les GJ ont des réserves.
Une idée qui ne trouve pas le chemin de l’action, est une idée stérile. Marx a fait son analyse et a conclu : le système capitaliste va s’écrouler sur lui-même. Rien pour une alternative, à son époque oblige (le tandem connaissance-ignorance). Aujourd’hui, il est en est de même, mais nous y sommes les responsables par nos tergiversations.
Seul la Constituante Citoyenne mené adéquatement (les connaissances à leur juste place) et dans la mesure que le peuple participera à sa propre éducation (le nouveau pacte social), le nouveau paradigme économique (sortir de l’économie classique) nous permettra de sortir du système. Voyons-nous que le système virtuel libéral, même, nous donne les outils, dont le plus précieux : l’imagination.
Et Einstein en a fait une grande démonstration.
Et que, peut-être, M. Friot est dans la voie ?
Salaire, retraite, l’employeur frappe toujours deux fois, Conférence de Bernard Friot.

Ce vidéo est sans doute la clef. À chaque fois que je l’écoute, il y a quelque chose de virtuel et en même temps, du plus concret.

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