Les gilets jaunes : le prolétaire contre le président des riches

« C’est la goutte qui a fait déborder le vase » est une phrase au style simple et direct dont a le secret le langage populaire. La taxe carburant est cette goutte qui a propulsé au premier plan la question sociale en France alors que la classe dirigeante et ses appareils idéologiques la croyaient enterrée. Elle était tout au plus traitée à la marge par des mesures anti-pauvreté qui agissaient sur les effets et non sur les causes. Or, l’irruption de la question sociale sur la scène politique bouscule les termes du débat en élevant la coalition des prolétaires et des classes moyennes paupérisées au rôle d’acteur central et incontournable. De deux manières. L’une est de nature économico-sociale et indirecte, l’autre de nature politique et directe.

Depuis 40 ans les conditions sociales des classes populaires se dégradaient. A chaque rendez-vous électoral, l’abstentionnisme progressait et faisait apparaitre le vote comme un simulacre démocratique. La classe dirigeante se méprenait en croyant que les classes populaires avaient abdiqué définitivement. Que le silence valait consentement. Mais les classes populaires attendaient un prétexte. Et il fut donné sur un plateau par Macron : la taxe carburant. Les gilets jaunes se sont soulevés comme un seul homme pour la contester et échapper au destin assigné par la loi du plus fort.

La violence économique contre le peuple

Le gilet jaune rend visible politiquement la classe sociale des prolétaires et rend visible simultanément la véritable nature des mécanismes sociaux et économiques qui suent par tous leurs pores la misère la plus implacable. Car derrière la demande d’annulation de la taxe carburant, les gilets jaunes posent la question de leur condition et derrière la question de leur condition se pose celle des rapports de domination et d’exploitation propres à la société capitaliste. L’entrée tambour battant de la question sociale sur la scène politique a lieu dans le contexte de mutation du capitalisme qui, depuis la fin des années 1970, tente de surmonter la crise qui le mine. Cette mutation se traduit concrètement et de façon synthétique par la baisse des salaires et la disparition progressive de l’Etat providence qui avait été conçu comme une arme efficace pour contrer la révolution ouvrière. L’image macroniste du « ruissellement » est un dogme capitaliste ancien qui postule que l’enrichissement d’une minorité est naturellement profitable à la société toute entière.

Mais ce dogme idéologique, élevé à un statut théologique, est contredit par le réel. L’enrichissement des classes possédantes suppose dans la société capitaliste la paupérisation des masses et, en particulier, celle de la classe ouvrière dont la force de travail à bon marché est la condition sine qua non pour augmenter les profits. C’est la loi d’airain du capitalisme. L’explication de la condition sociale des masses populaires se trouve dans le mode de production capitaliste qui produit et reproduit en permanence leur paupérisation. La politique menée à marche forcée pour faire accepter le processus de paupérisation des classes dominées a mobilisé le soutien des partis politiques et des syndicats qui, en raison de ce soutien, ont fini par perdre la légitimité qui leur restait auprès de ces classes. En exigeant la hausse des salaires, les gilets jaunes remettent en cause radicalement ce qui constitue la pierre angulaire de la politique économique : augmenter le profit au détriment des salaires. Deux exigences contradictoires et irréconciliables s’affrontent depuis la naissance du capitalisme, soit la hausse du profit soit celle du salaire. Cet affrontement perdure, sans doute plus que jamais, et jette une lumière crue sur le ridicule des théories politiques et sociologiques prophétisant la fin de la lutte des classes. Les ressorts déterminants du capitalisme produisent continuellement, sous des formes différentes selon les périodes, les rapports sociaux de domination où la valeur de l’ouvrier producteur est réduite à sa plus simple et cruelle expression d’une marchandise que les décideurs économiques veulent maintenir à bas prix. Cette contradiction fondamentale est au principe de la civilisation capitaliste où toute chose et tout être humain est une marchandise.

Cette remise en question indirecte de la politique économique capitaliste est doublée d’une contestation politique non moins radicale mais directe. La taxe carburant a fait sortir une partie des classes populaires de leur foyer dans l’espace public pour bloquer les routes et, dans un même mouvement, le système institutionnel en exigeant d’emblée la démission de Macron. Ne se reconnaissant pas dans les rouages institutionnels les gilets jaunes affrontent directement la plus haute représentation du système capitaliste : le Président. Ce rapport de forces inédit sur le plan historique a eu pour effet premier de donner une image d’un pouvoir figé, contrastant avec la dynamique de mobilisation populaire. Un pouvoir figé, sinon paralysé pour une raison simple. Reculer et accéder aux demandes populaires c’est renoncer à cette politique économique conçue pour dépasser les contradictions liées à la baisse tendancielle du taux de profit qui, sur la longue durée, mine le capitalisme. Ne pas satisfaire les revendications des gilets jaunes risque de radicaliser le mouvement de contestation et ne laisser place qu’à la gestion répressive de la question sociale.

La violence populaire renverse les rapports de pouvoir

L’âge capitaliste des trente glorieuses a vécu et le nouveau capitalisme, encore instable et dépouillé peu à peu de son caractère socialement protecteur, a fait voler en éclats le consensus de classes et le consentement des classes dominées. Les prolétaires coalisés exigent la démission de Macron parce qu’ils pensent que le parlement est le lieu du « bla-bla », sans pouvoir réel et que la présidence concentre le peu de pouvoir que l’Union européenne ne lui pas encore confisqué. La démission du président signifie la mise à mort de la politique économique patiemment mise en œuvre par Macron et ses prédécesseurs. En dernière instance et à travers leur revendication, les gilets jaunes se situent dans la tradition révolutionnaire ouvrière de 1848 et 1871. La question économique est une question politique, renverser l’ordre politique c’est renverser l’ordre économique. Depuis le 17 novembre, l’évolution des évènements indique que l’intelligence révolutionnaire du mouvement populaire consiste à demander une amélioration économique de leurs conditions et à remettre en question de manière totale et radicale le pouvoir politique. La paralysie du pouvoir et ses déclarations confuses et contradictoires ne se comprennent qu’à la lumière de cette radicalité. La clairvoyance politique des classes populaires et la pression exercée sur la présidence donnent à voir un spectacle tragi-comique où le pouvoir est tantôt inerte et silencieux, tantôt agité, bavard et renonçant le soir à une mesure prise le matin.

Le pouvoir est vidé de sa substance. Aucune mesure politique ni économique n’est susceptible de faire plier les gilets jaunes. Chaque recul du pouvoir alimente et renforce la dynamique révolutionnaire qui se développe sur une ligne ascendante, alors que la puissance de l’Etat est dans une ligne descendante. Si la moindre décision du pouvoir, et malgré lui, renforce le mouvement révolutionnaire, celui-ci a sa propre dynamique. La violence populaire se renforce elle-même. La mobilisation du 1er décembre a fait reculer la classe dirigeante sur la taxe carburant. Le « samedi noir » annoncé du 8 décembre a fait trembler les institutions et toute la classe politique. Les gilets jaunes ont compris que la violence paye. La violence populaire se perçoit comme légitime dans la mesure où elle se détermine comme une contre-violence à une violence première et moins visible : la violence économique capitaliste. A chaque acquis, le peuple des prolétaires mesure sa puissance et, en retour, le sentiment réel de puissance le pousse à continuer dans la voie de la revendication. Malgré la formidable machine de propagande qui a relayé les menaces du ministre de l’intérieur et malgré le renforcement du dispositif de répression, ce samedi 8 novembre, les gilets jaunes étaient encore plus nombreux et plus déterminés. La violence populaire, loin de retomber, est monté d’un cran. Dans ces circonstances, le pouvoir présidentiel, acculé, est réduit au silence. Et les rares fois où il est sorti de son silence, il a attisé la colère des gilets jaunes. Le lundi 10 décembre, Macron fait des concessions auxquelles les gilets jaunes ont répondu : « Des miettes ! ». Le président cède mais pas suffisamment. Il est pris comme un gibier dans un piège. Il se débat mais il n’a aucune chance d’en sortir. Céder sans satisfaire les revendications majeures des gilets jaunes, c’est reculer et accréditer une deuxième fois l’idée que la violence est payante.

La violence révolutionnaire est dotée d’une efficacité décapante et redoutable : en regard de la puissance populaire le roi apparait nu et faible. Lorsque Macron a humilié des jeunes dans la rue, tous les prolétaires se sont sentis humiliés. Humilier les enfants, insulter les ouvriers, taxer les pauvres et supprimer l’impôt sur la fortune, autant d’actes posés qui dessinent le profil d’un président fort avec les faibles et faible avec les forts. Le sentiment de toute puissance du pouvoir présidentiel le rendait aveugle à la rancœur et la colère populaire qu’il suscitait à chaque acte, à chaque parole. Mais aujourd’hui tel que Louis XVI, le président est dans la fuite. Partout Il est persona non grata. On reconnait une séquence révolutionnaire au fait qu’elle renverse les rapports de pouvoir. Le peuple a retrouvé sa fierté face un monarque-président humilié à son tour par la grâce de la toute puissance politique des travailleurs unis.

La démocratie des riches est la dictature contre les pauvres

Le mouvement des gilets jaunes illustre ainsi une nouvelle tendance historique où la lutte des classes par des modes d’actions nouveaux structurera durablement les rapports politiques. Occuper les ronds-points, s’organiser sur les réseaux sociaux ou investir les lieux des puissants et des riches comme les Champs Elysées, témoignent de l’inventivité politique propre au génie populaire en situation révolutionnaire. Cette évolution implique de mesurer l’impact de l’intensité de la lutte des classes sur les réponses politiques que le système politique a la capacité de produire. Le mode d’action révolutionnaire des gilets jaunes pourrait se développer et se renforcer si la classe ouvrière des grands centres industriels et les catégories populaires des centres urbains font leur entrée sur la scène politique. Dans l’hypothèse d’une alliance des classes prolétaires rurales et urbaines coalisées avec les classes moyennes paupérisées, il est indéniable que l’ordre capitaliste sera face à une menace existentielle qu’il devra contenir. Imperceptiblement et progressivement, sur un temps plus ou moins long, la classe dirigeante devra inventer, tant sur la forme que dans le contenu, une nouvelle formule de domination politique nécessaire à la survie d’un modèle social pourtant à bout de souffle. Et parallèlement, le mouvement des gilets jaunes a mis en branle une dynamique qui contient les prémices d’un projet de société alternatif au capitalisme paralysé par ses contradictions et les défis immenses à la fois politiques, économiques et écologiques.

En révélant les soubassements économiques de la société et les moyens de s’en débarrasser (hausse des salaires, rétablissement de l’ISF, égalité politique réelle, assemblées populaires, référendum, etc.), les classes dominées donnent une épaisseur historique à l’expression « quand croit le péril croit aussi ce qui sauve » Les slogans « la dictature en banques organisées », « la démocratie des riches » ne laissent aucun doute quant à l’orientation politique des gilets jaunes. Ils estiment que la démocratie est la dictature d’une classe numériquement faible et privilégiée sur l’ensemble de la société. La lutte révolutionnaire actuelle révèle l’important déficit de légitimité dont souffre l’Etat et le personnel politique qui l’incarne. Légitimité contre légitimité. La légitimité du grand nombre contre la légitimité de la minorité des possédants. La démocratie réelle et populaire contre la démocratie formelle et bourgeoise. Le langage populaire contre le langage technocratique et creux. La société réelle de ceux qui triment contre la société officielle, celle des hommes d’affaires et des politiciens à la richesse ostentatoire, celle des journalistes menteurs et serviles, celle d’une classe politique soumise et attachée à l’ordre injuste. Dans ces conditions, il est difficile, voire impossible de restaurer l’autorité de l’Etat.

La rupture entre les classes dirigeantes et une large partie de la société est trop profonde. Vouloir la démission de Macron en est le signe le plus visible et le plus inattendu au regard de la situation apparemment calme qui prévalait avant le 17 novembre. Si la contestation sociale perdure et se globalise, elle va approfondir la crise politique. Car la classe dirigeante ne pourra durablement dissimuler les contradictions qui la secoue. L’histoire politique enseigne que lorsque les classes dirigeantes sont divisées face à un mouvement social révolutionnaire uni, alors s’ouvre une phase où la révolution et le changement de société sont possibles. Le pouvoir par le peuple et pour le peuple est toujours une idée neuve.

Tayeb El Mestari

COMMENTAIRES  

11/12/2018 07:08 par François de Marseille

Attendre si longtemps pour proposer si peu. Ca montre quand meme que le gvt ne joue pas ou plus la strategie du pourrissement pour justifier de durcir encore la répression. Peut être que ses bourrins sont fatigués et que cette strategie couterait encore plus cher en salaire pour payer ses crss.
A voir si ces miettes seront suffisantes ou non pour disloquer le mouvement.

11/12/2018 07:20 par benzekri

Je partage en partie l’analyse... Ce Mouvement précieux des GILETS JAUNES nous invite à mettre le point sur les i ; condition sine qua non pour sortir définitivement de cette impasse nommée système libéral !
I comme Intérêts de la dette racket
I comme intérêts des spéculateurs financiers.

Pablo Escobar ou l’intérêt de maintenir la dette...
Précision : ce texte a été écrit au tout début du mandat Hollande qui a largement manœuvré -à la demande des patrons- pour nous léguer Macron...
Pablo Escobar régnait en quasi-maître de la Colombie et commettait, impunément, des crimes sans être inquiété…
Grâce aux revenus colossaux de la drogue, le baron avait réussi à corrompre une grande partie de la classe politique, la police et de nombreux juges.
Il pouvait, ainsi, s’adonner à son « commerce » nuisible mais très lucratif sans être dérangé ; jusqu’au jour où il est devenu dérangeant. Dérangeant en se mêlant trop de la politique au point de devenir menaçant pour les intérêts des financiers et notamment américains.
P. Escobar finançait des projets sociaux pour chercher à s’attirer la sympathie du peuple…
Le baron va jusqu’à proposer le remboursement – à sa charge – de la totalité de la dette extérieure de la Colombie !
Crime impardonnable et défi inacceptable pour les financiers américains et autres préteurs du FMI qui faisaient et font de la dette un juteux racket des richesses des peuples du « SUD » et un moyen efficace de les maintenir sous la tutelle des intérêts privés du « NORD ».
Un exemple dans le continent Nord-Africain : l’Algérie qui devait 25 milliards de dollars remboursait chaque année 5 milliards de dollars d’intérêts… Elle ne doit son salut qu’aux dernières augmentations du prix du pétrole et du gaz qui lui ont permis de rembourser sa dette.
P. Escobar espérait tirer un triple bénéfice : blanchir l’argent de son « commerce », faire oublier ses crimes et rentrer de plein pied dans l’arène politique pour mieux servir ses intérêts. Le baron a dépassé la ligne rouge fixée par les maîtres du monde ; ligne/limite que nul dictateur ou baron de la drogue n’a le droit de franchir. Tout est permis aux dictateurs et aux barons de la drogue à conditions de ne pas remettre en cause les règles du jeu : rester soumis à la volonté de leurs maîtres… P. Escobar a dépassé cette limite il a été liquidé mais pas la dette.
La dette, ce piège pesant et handicapant qui empêche les Etats de retrouver leur souveraineté et les peuples de se consacrer à des projets de vie : l’éducation, la santé, la culture, la recherche, les loisirs et la solidarité en investissant dans des projets au service de l’humain.
Et puisque la dette a fait ses preuves de rentabilité par les intérêts qu’elle rapporte chaque année et d’efficacité pour asservir les peuples du « SUD » pourquoi ne pas appliquer la « recette » aux Etats du « NORD » pour les installer de façon permanente dans l’impuissance et leur imposer ainsi les voies à suivre une fois affaiblis et dépendants financièrement ? C’est le cas, aujourd’hui, de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal, de l’Espagne et pas seulement… La France, présentée par les fameuses agences de notation et par la BCE (la Banque Centrale Européenne) comme une bonne élève avec des A partout, doit rembourser cette année 48 milliards d’Euros en intérêts de la dette.
La condition sine qua non pour sortir de ce piège/impasse de la dette est de mettre hors-jeu ces affameurs des peuples du FMI et de la BCE, pour le cas de l’Europe, dont l’unique mission est d’enrichir les grands patrons et les spéculateurs financiers.
Le pire c’est que ces seigneurs/saigneurs se présentent comme des saints apolitiques mais qui n’hésitent pas à dicter aux Etats leurs « remèdes » libéraux : flexibilité, baisses des salaires, allongement de l’âge pour le droit la retraite et bien d’autres mesures pour laisser les mains libres aux grands patrons et aux spéculateurs financiers d’agir à leur guise dans l’intérêt des actionnaires et aux dépens des projets sociaux.
Que se passerait-il si l’on imposait l’effacement des dettes illégitimes ? Lorsque la question a été soulevée pour des pays du « SUD » elle a été présentée comme irréaliste et irresponsable. La dette a été annulée, les créanciers n’ont pas été ruinés et la vie continue.

La liste des créanciers de la France relève-t-elle du secret d’Etat ou du secret Défense ?! Sinon pourquoi nous cache-t-on le droit de savoir à qui profite la dette ? Et comment en est-on arrivé là ?
Que la droite, amie des spéculateurs, des fraudeurs… qui la corrompent copieusement joue le jeu des racketteurs n’a rien de surprenant mais que la dite gauche ne s’interroge pas sérieusement sur ce scandale financier qui ruine les peuples et les empêche d’avancer est particulièrement inquiétant.
Hamid Benzekri

11/12/2018 07:45 par Danael

Macron a trouvé la formule pour une fin de crise :
L’oligarchie financière ne paiera rien au contraire L’État paiera tout ( entendez la caisse des pauvres) : pas touche à l’ISF, pas touche à la CICE, chômage connaît pas. Mieux encore Macron invente désormais la hausse du SMIC garantie par l’État ( entendez la caisse des pauvres) et non par les entreprises . Vive la socialisation de l’endettement au service de l’oligarchie financière. Entendons bien : on nous donne d’un côté pour nous le reprendre de l’autre. Nous resterons donc à nos postes gilets jaunes jusqu’à ce que nos propositions s’imposent sur l’oligarchie économique au pouvoir qui ne nous donne aucun avenir, ni pour nos enfants et petits enfants, sinon l’appauvrissement en continu et des services publics en voie de disparition.

11/12/2018 11:22 par Jean Louis

Partiellement d’accord avec votre analyse mais je pense hélas que le peu de vraie conscience politique, économique et sociale fait que je crains hélas que le mouvement s’effiloche, avant même fait reculer de manière substantielle Macron. La machine médiatique tourne à plein pour soutenir LREM et affaiblir, dénigrer, moquer les oppositions et principalement la seule qui dérange vraiment l’oligarchie, la FI. Et quand on voit les sondages, avec les limites certes de cet exercice on voit bien que la FI est loin loin d’être comprise alors même que c’est la seule qui a élaboré un programme complet, global, cohérent qui s’il avait été appliqué aurait prévenu en partie les rancœurs accumulés par le peuple. Et que ce programme est de loin celui qui colle le plus aux revendications exprimées des GJ. Le premier des devoirs serait un devoir d’éducation, d’explication mais comment faire dans l’environnement dans lequel nous sommes

11/12/2018 12:45 par Assimbonanga

Aucune surprise : parmi la liste des gilets jaunes, Macron a sélectionné tous les éléments pouvant concourir à la Blitzkrieg (promise par Fillon aux grands patrons). Les patrons seront épargnés de toute participation : halte aux chaaaaarges ! Les gros poissons sont bien cachés derrière les TPE et PME embarquées sur les ronds-points. C’est limpide.
Et ainsi, il va satisfaire une partie des insurgés, les "blindés" (classes moyennes, non pauvres) comme Jacline Mouraud qui avaient pris peur devant l’étendue des conséquences de leur créature. Diviser pour dégonfler le mouvement.
Mélenchon a illico réagi et souligné l’arnaque : Macron continue d’assécher les cotisations sociales. Ce point est capital. Les gilets jaunes l’entendent-ils ?
D’autre part, il faut se pencher sur la question des heures supplémentaires. Tout le monde ne fait pas des heures supplémentaires, c’est un plus, bien souvent plus facile pour les hommes car qui s’occupe des gosses pendant ce temps ? Et ceux qui font des heures sup gagnent davantage que les autres, primo. Et deuxio, cela évite d’avoir à embaucher. J’espère qu’il y aura d’autres commentaires sur les heures sup.
Pour finir, la question que je me pose : Macron porte-t-il des lentilles de contact ou bien ? Il est bionic ce type ! Son regard rivé sur le prompteur est métallique. Combien de prises a-t-il faites avant de décider que c’était la bonne ? Merci pour cette livraison en sac congélation de 13 minutes de la parole divine. Parmi ces précieuses minutes de "père de la Nation" (expression soufflée par les gilets jaunes conciliants reçu par E Philippe) combien consacrées à la répression policière et judiciaire ? Sur Arte était diffusé un film dont je n’ai vu que quelques passages, ceux sur la répression justement. Ca collait parfaitement. Nous avons affaire à une caste patronale extrêmement impitoyable.
Les gilets jaunes vont-ils se satisfaire de ces quelques sou-sous de charité nobiliaire puisés dans les deniers de l’état c’est à dire les taxes sur les carburants et la TVA de tous, sans aucune contribution du patronat ni de la finance ? Un chef d’oeuvre d’escroquerie.

11/12/2018 13:36 par Oll

L’envers de la "démocratie des riches c’est la dictature sur les pauvres", C’est :
La démocratie des pauvres et la dictature sur les riches ?
Autrement dit : Vive la Dictature du Prolétariat

11/12/2018 14:36 par Assimbonanga

L’ouvrier a-t-il réclamé qu’on lui retire ses cotisations (sociales) de son salaire ? NON
L’ouvrier souhaite plutôt une augmentation de son salaire.
Sauf que, par les temps qui courent, on vous met en avant le petit commerçant ou le petit chef d’entreprise laminé par la mutation sociologique et économique, celui qui est condamné par la déprise rurale. Bien sûr que celui-là ne s’en sort pas ! On pourrait comprendre que l’Etat l’allège de certaines "charges"...
Mais là, c’est sur l’ouvrier qu’on fait porter la mutation. Faudra pas s’étonner dans 3 ans (chiffre au hasard) si l’on vient faire la honte à l’ouvrier : oh mais toi, de quoi te plains-tu ? Tu ne paies même pas de cotisations, c’est les autres qui paient pour toi, espèce d’assisté.

Et donc, tout cela est très bien foutu puisque les gros patrons, ceux qui se débrouillent très bien, ceux pour qui ça marche super, eux aussi ils bénéficieront de l’allègement des "charges" ! Et tout ça grâce aux gilets jaunes. Super.

11/12/2018 15:09 par Chrls

Hommage aux GJ qui luttent pour leur survie versus les peoples Jaunes qui luttent pour le climat .On a les priorités qu’on veut pour certains :
Juliette Binoche,Cotillard,Pulvard du bobo-istend c’est peut etre que du bonheur pour vous mais Delphine est le dernier rouage de la roue qui l’écrase .

(Commentaires désactivés)