Jean Ferrat, Monsieur d’Ormesson

Nous n’avons pas encore entendu sur nos ondes l’hommage de Jean d’Ormesson à Jean Ferrat.

Comme c’est étrange...

Le dernier vers est prodigieux.

Un air de liberté

Les guerres du mensonge les guerres coloniales

C’est vous et vos pareils qui en êtes tuteurs

Quand vous les approuviez à longueur de journal

Votre plume signait trente années de malheur

La terre n’aime pas le sang ni les ordures

Agrippa d’Aubigné le disait en son temps

Votre cause déjà sentait la pourriture

Et c’est ce fumet-là que vous trouvez plaisant

Ah monsieur d’Ormesson

Vous osez déclarer

Qu’un air de liberté

Flottait sur Saïgon

Avant que cette ville s’appelle Ville Ho-Chi-Minh

Allongés sur les rails nous arrêtions les trains

Pour vous et vos pareils nous étions la vermine

Sur qui vos policiers pouvaient taper sans frein

Mais les rues résonnaient de paix en Indochine

Nous disions que la guerre était perdue d’avance

Et cent mille Français allaient mourir en vain

Contre un peuple luttant pour son indépendance

Oui vous avez un peu de ce sang sur les mains

Ah monsieur d’Ormesson

Vous osez déclarer

Qu’un air de liberté

Flottait sur Saïgon

Avant que cette ville s’appelle Ville Ho-Chi-Minh

Après trente ans de feu de souffrance et de larmes

Des millions d’hectares de terre défoliés

Un génocide vain perpétré au Viêt-Nam

Quand le canon se tait vous vous continuez

Mais regardez-vous donc un matin dans la glace

Patron du Figaro songez à Beaumarchais

Il saute de sa tombe en faisant la grimace

Les maîtres ont encore une âme de valet


COMMENTAIRES  

14/03/2010 16:53 par marj

c’est sûr , certains se sentiront bien minables quand ils feront le bilan dans le miroir avant de partir , ...nul doute que Ferrat lui, a pu se regarder en face jusqu’à son dernier souffle !

Merci à Jean Ferrat pour son oeuvre universelle et son engagement vrai !

14/03/2010 17:57 par Bernard Gensane

Je me dis aussi qu’on imagine mal, aujourd’hui, un chanteur de premier plan, voire de second, adresser un tel brûlot à Giesbert ou Christophe Barbier.

16/03/2010 12:54 par Paul Willems

Essayons de ne pas tomber dans le panneau.

06/12/2015 03:43 par marc bertrand

Mais qui peut un instant lire un texte aussi incroyablement faux et condamné par l’histoire sans s’écrouler de rire ??!
C’est hallucinant que certains ne comprennent pas que ce type s’est totalement planté dans son "engagement" intellectuel ! Quelle complaisance dans la bonne conscience à courte vue !

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