« Ils nous ont trahis », déclare Reina Luisa Tamayo, qui ne fait plus la "une" de la presse de Miami.

Rosa Cristina Báez Valdés

L’actualité autour des "dissidents" cubains a toujours été un véritable feuilleton. Faux poètes paralysés (Armando Valladarés), Faux exilés écrivains (Zoé Valdés), Fausse blogueuse clandestine (Yoani Sánchez)... Accueillis en Espagne puis expulsés peu de temps après... LGS

Précisément, c’est aux États-Unis que le président Abraham Lincoln déclara un jour « Vous pouvez mentir à tout le monde un certain temps, vous pouvez mentir à un petit nombre de gens tout le temps, mais vous ne pouvez pas mentir à tout le monde tout le temps ». Et je dis précisément, parce qu’en ces temps de mensonges et de campagnes médiatiques contre Cuba, ourdies à partir des tranchées anticastristes de Miami, nous venons de voir se dégonfler un mensonge antérieur où fut également utilisé, en guise d’étendard, un détenu de droit commun mort des suites d’une grève de la faim.

Reina Luisa Tamayo, mère du défunt détenu Orlando Zapata Tamayo, s’est exprimée lundi dernier devant les micros et les caméras de l’émission de télévision « A fondo con Sevcec » (« A fond avec Sevcec ») de la chaîne locale America Tévé-41 et, sans tourner autour du pot, elle a déclaré qu’elle se sentait trahie et déçue par tous ceux-là qui l’avaient comblée de mirages et de promesses.

« Ceux qui nous avaient promis de l’aide nous ont trahis », a dit la vieille femme en réponse à une question du présentateur de l’émission et elle a détaillé les épreuves qu’elle doit affronter pour survivre à Miami, sept mois après son arrivée.

La mère de Zapata est arrivée aux États-Unis le 9 juin 2011 avec, dans ses bagages, l’urne contenant les cendres de son fils. Ceux-là mêmes qui avaient poussé au suicide son fils Orlando Zapata la reçurent à l’aéroport au milieu des hourras et des embrassades. Il y avait là , au Miami International Airport, des politiciens, des intrigants, des dissidents, et même quelques terroristes, tous venus lui souhaiter une bienvenue pleine de promesses.

Madame Tamayo, attifée de ses traditionnels colliers yorubas, déclare aujourd’hui qu’elle vit une situation désespérée et, avec une rage mêlée d’accablement, elle affirme : « l’âme de mon fils doit être en train de beaucoup regretter ce qui arrive à sa mère ».

La mère d’Orlando Zapata Tamayo a expliqué aux téléspectateurs de Miami qu’elle a été trompée par ses sponsors et elle a dit qu’elle se sent manipulée par ceux-là qui lui avaient promis de l’aide. Elle a décrit, en outre, comment elle doit gagner sa vie en faisant des ménages, en donnant des soins à des personnes âgées et, avec son mari, en tondant des pelouses.

« Nous sommes neuf personnes qui vivons dans une seule maison, mais nous n’avons pas assez d’argent pour payer le loyer qui est de 2.300 dollars par mois, sans compter les autres frais (eau, gaz, électricité, téléphone, et la nourriture, entre autres…) » a-t-elle déclaré avec douleur tandis qu’elle racontait ses efforts pour obtenir que la communauté cubaine exilée lui apporte une aide financière.

Reina Luisa avait décidé de prendre le chemin de l’exil en compagnie de douze autres membres de sa famille. Durant la campagne de diffamation qui avait été orchestrée depuis Miami contre Cuba, suite au décès d’Orlando Zapata Tamayo, des groupes d’exilés et des organisations de réfugiés avaient offert d’apporter une aide à la famille Tamayo.

« Nous allons aider cette famille à recommencer un nouveau chapitre de leur vie ; nous avons prévu quatre appartements au sud-ouest de Miami et cette famille sera également aidée par des dons en nourriture, linge, meubles, leçons d’anglais, un poste de travail et autres choses essentielles », avait affirmé alors Suzy Cop, membre du Comité Internacional de Rescate (IRC), organisation qui supervise les programmes de réinsertion destinés aux réfugiés qui arrivent à Miami, État de Floride, selon une note publiée sur le site Cuba en Miami du 8 juin 2011. Mais cette nuit, Reina Luisa Tamayo a dit bien clairement que tout ça n’était que mensonge.

Également Janissette Rivero, de l’organisation anticastriste Directorio Democrático Cubano, s’était proposée auprès des autorités consulaires nord-américaines comme tutrice de cette famille cubaine. Apparemment, à entendre les déclarations de Reina Luisa, tous ces gens-là lui ont tourné le dos et ont quitté la scène.

Ce qui est triste dans toute cette histoire, c’est de voir comment ces gens-là se livrent à la manipulation sans aucune pitié quand bien même, pour cela, il leur faut fouler aux pieds les cendres d’un mort. A présent, pour eux, Reina Luisa ne compte plus. Pendant qu’elle était encore à Cuba, elle était un pion utile dans la manipulation et elle était source d’une juteuse rentrée d’argent. Aujourd’hui, dans la triste réalité de l’exil, elle n’est plus qu’un vieux souvenir, presque oublié.

Ils ont maintenant un nouveau « produit » de propagande plus rentable et, comme dit un vieux vendeur de meubles, une figure bien connue à Miami, « Ici, ce qui compte c’est le cash ». Nous n’aurons pas à attendre bien longtemps pour être fixés et voir si Maritza Pelegrino, la veuve de Wilmar Villar, le détenu dernièrement décédé, connaîtra à son tour la même triste histoire que Reina Luisa Tamayo.

Et cela vaut la peine de redire ce qu’affirmait le président nord-américain Abraham Lincoln : « Vous pouvez mentir à tout le monde un certain temps, vous pouvez mentir à un petit nombre de gens tout le temps, mais vous ne pouvez pas mentir à tout le monde tout le temps ».

Lic. Rosa Cristina Báez Valdés "La Polilla Cubana"

Traduit par Manuel Colinas Balbona,

COMMENTAIRES  

05/02/2012 17:12 par babelouest

Existe-t-il des États-Uniens qui font le trajet inverse, et vont se réfugier à Cuba ? (si on leur en laisse la possibilité, ce qui me surprendrait)

Je n’avais pas su que les "dissidents" qui avaient fait le trajet jusqu’en Espagne en avaient été chassés plus tard. Leurs supercheries étaient trop évidentes ?

05/02/2012 17:30 par legrandsoir

@ Babelouest

Existe-t-il des États-Uniens qui font le trajet inverse, et vont se réfugier à Cuba ? (si on leur en laisse la possibilité, ce qui me surprendrait)

La question est amusante : Cuba est le seul pays du monde où un citoyen Etats-unien ne peut se rendre. C’est interdit par son gouvernement. Et les contrôles sont nombreux. L’iran, la Corée du Nord, la Chine, pourquoi pas ? Mais no Cuba !

Les Cubains disent : On est prêt à accueillir 2 millions de touristes états-uniens.

Question implicite : le gouvernement cubain accepterait-il que des Etats-uniens s’installent sur l’île ? En achetant des villas (les plus belles ?), des immeubles (au bord des plages ?). Je crois que les Cubains ont connu ça au temps d’Al Capone...

MV

06/02/2012 03:08 par V. Dedaj

@ Babelouest

Il y a effectivement des réfugiés politiques états-uniens à Cuba. Le premier qui me vient à l’esprit est le feu Philip Agee... (je ne sais pas s’il avait un statut de réfugié ou s’il était simplement "réfugié" - mais il y a bel et bien "un certain nombre" de réfugiés politiques états-uniens à Cuba et que les US réclament d’aileurs, sans succès évidemment.).

06/02/2012 13:05 par Anonyme

Je ne savais pas que les « dissidents » avaient été expulsés d’Espagne… Mais en revanche qu’ ils n’y avaient pas été accueillis avec beaucoup d’argent , comme promis, ça c’est sûr abondamment documenté… Ce qui les a réduits à fréquenter, au lieu des belles villas et des restaurants chicos… les lieus où survivent, quand ils le peuvent, les pauvres, de plus en plus nombreux en Espagne. Les Cubains coûtaient encore trop cher à cette monarchie ?

Bref, la même histoire de trahison, de belles promesses non tenues, et de mise à la poubelle après usage que connaissent de nombreux Cubains émigrés à Miami à qui les anciens de la dictature qui y sévissent ont fait des promesses qu’ils n’ont jamais eu l’ombre d’une intention de tenir.

Ou la même histoire que celle que des Cubains connaissent, simplement séduits par la « libre expression » à l’américaine qui vante la consommation effrénée, après avoir émigré et se trouver à la rue et sans argent. Comme en témoigne sur Cubadebate Delfina Piedra, 58 ans qui a « gagné un visa » pour les Etats-Unis « à la loterie » il y a 12 ans : « A La Havane mon mari était photographe, nous vivions bien et avions même une moto »

Aujourd’hui, ce sont les « Indignés » de « Occupy » qui lui portent secours à Washington. Ceux qui ne sont pas en prison, du moins.

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