23 

Dérives populistes d’une pensée antilibérale

Mathieu Bietlot

Nous tenterons ici de décortiquer comment les analyses d’auteurs critiques très en vogue dans un certain milieu contestataire revendiqués par les indignés ou les objecteurs de croissance et déjà référés dans nos colonnes [1] peuvent mener à des dérives populistes. Leur critique radicale des ravages de l’ultralibéralisme rejette tout du libéralisme et en arrive à défendre des valeurs réactionnaires d’avant le libéralisme. Nous n’insisterons ici que sur les aspects ou conséquences de leurs raisonnements qui nous paraissent problématiques. Mais il s’agit cependant d’auteurs très intéressants, alertes, originaux et pertinents que nous vous invitons à lire et qui peuvent aussi fournir des armes contre le populisme. La pensée de Jean-Claude Michéa servira de trame principale à ce questionnement qui rencontrera au long de son cheminement d’autres auteurs tels que Zygmunt Bauman ou Christopher Lasch.

Une même logique politique et économique

Michéa analyse le libéralisme avant tout comme une logique qui ne peut que se développer jusqu’à ses conséquences ultimes. Il n’y a, selon lui, pas à opposer le libéralisme politique et le libéralisme économique ou encore le libéralisme, le néolibéralisme et l’ultralibéralisme. Dans tous les cas, il s’agit d’une seule et même logique : le projet philosophique de la modernité.

Ce projet est tout d’abord issu du développement de la science expérimentale, en tant que volonté de maîtrise de la nature par l’humain mais aussi en tant qu’autorité opposable à celle de l’Église. Cet essor a ouvert la voie à l’idée d’une approche scientifique de la société et donc d’un traitement rationnel des questions politiques. L’autre grand berceau du libéralisme réside dans le traumatisme causé par les guerres civiles et religieuses. Le projet moderne est animé par la crainte de la guerre de tous contre tous et le désir d’une vie tranquille. Pour y parvenir, il s’est agi d’exclure des champs politique et économique toute référence morale ou idéologique – source de fanatisme et de conflit sans fin – au profit d’une approche rationnelle et neutre de l’organisation sociale. Cette société rationnelle place le fondement de son existence pacifiée dans la seule dynamique des structures impersonnelles du Marché et du Droit. “Il s’agit toujours de découvrir, ou d’imaginer, les mécanismes (autrement dit, les systèmes de poids et de contrepoids, conçus sur le modèle des théories physiques de l’équilibre) capables d’engendrer par eux-mêmes tout l’ordre et l’harmonie politiques nécessaires, sans qu’il n’y ait plus jamais lieu de faire appel à la vertu des sujets” [2]. S’instaure donc un État minimal, qui ne pense pas, qui n’est pas autorisé à se prononcer sur ce que pourrait être la meilleure manière de vivre, qui se contente d’administrer à travers un droit abstrait les libertés concurrentes sans juger leur contenu, sans critère autre que la liberté elle-même et l’interdiction de nuire à la liberté d’autrui. Le seul reliquat de morale qui subsisterait à “l’épuration éthique” de l’économie, de la politique et de la vie en société serait un esprit de tolérance.
Cette logique libérale a conduit, d’une part, à l’expansion infinie du marché et de la marchandisation dans laquelle nombre de critiques s’accordent à voir les dangers du libéralisme, d’autre part, à l’extension illimitée des droits individuels qui, selon Michéa, n’est pas moins problématique – et c’est là que sa critique se veut iconoclaste.

Vu que toute référence à une morale, à une définition du bien ou à un tabou, est bannie de l’organisation de la société en tant qu’atteinte à la liberté, tout devient permis qui ne nuit pas à autrui. Cet abîme ouvre la porte à toutes les transgressions morales, “à toutes les revendications concevables, y compris les plus contraires au bon sens ou à la common decency” : le mariage homosexuel, la prostitution, la consommation de drogue, la gestation pour autrui, les Indigènes de la République… [3] Christopher Lasch ne dit pas autre chose : “Dans une société qui réduirait la raison à un simple calcul, celle-ci ne saurait imposer aucune limite à la poursuite du plaisir, ni à la satisfaction immédiate de n’importe quel désir, aussi pervers, fou, criminel ou simplement immoral qu’il fut.” [4]

La trahison de la gauche

Le combat pour l’extension des droits des étrangers ou des homosexuels (porté en général par la gauche et surtout l’extrême gauche) et le lobbying pour la dérégulation du marché et le démantèlement de l’État social (habituellement mené par la droite) relèvent selon Michéa de la même logique libérale. L’opposition gauche/droite est donc complètement brouillée à ses yeux quand un parti de gauche défend les droits individuels ou quand un parti de droite tient des discours moralistes réactionnaires, par exemple à propos du mariage pour tous. La gauche et la droite actuelles ne seraient plus que les deux versants d’un même projet libéral et progressiste (au sens de l’idéologie du progrès), la droite imposant les réformes économiques, la gauche s’occupant de faire passer les réformes sociétales. Toujours selon l’auteur, ce qui caractérisait le socialisme des origines (le socialisme utopique critiqué par Marx et Engels précisément parce qu’il reposait sur des valeurs morales et non sur une analyse rationnelle de la société), c’était d’opposer à la société juste du projet libéral une société décente dont la référence n’est pas la liberté mais le bien, la bonne manière de vivre, mise à mal par la déshumanisation et la cupidité du libéralisme.

Il est symptomatique que Michéa situe au moment de l’affaire Dreyfus le revirement de la gauche, ou plus précisément le ralliement des socialistes (les rouges) à la gauche qui désignait à l’époque les républicains et défenseurs du progrès (les bleus) face aux royalistes (les blancs). Le mouvement ouvrier ne se souciait guère de cette querelle entre bourgeois autour du capitaine Dreyfus, il n’avait que faire de défendre cet intellectuel, militaire et juif de surcroît. Michéa s’applique alors à expliquer l’antisémitisme des premiers socialistes comme Fourrier et du mouvement ouvrier naissant. Il s’agit, selon lui, moins d’un antisémitisme racial ou religieux qu’économique : c’est le côté commerçant et nomade du Juif que les classes populaires rejettent à juste titre. Le Juif représentait à cette époque “l’incarnation parfaite de cette mobilité, de ce déracinement et de cette dissolution de tous les rapports sociaux qui constituent l’essence même des temps capitalistes” [5]. Trahissant leur base ouvrière, c’est pour contrer le camp des royalistes que les socialistes se sont alliés aux républicains, abandonnant par là le combat contre le capital et pour les intérêts de la classe ouvrière au profit d’un combat pour la justice, un combat droit de l’hommiste, dirions-nous aujourd’hui. Certes, on reconnaîtra avec Michéa que les socialistes ont depuis le début du XXe siècle capitulé devant le capital, abandonné l’idée de renverser ou de dépasser le capitalisme mais est-ce à cause de l’affaire Dreyfus ?

Est-ce dû à une prise en compte des droits de l’Homme ? Ne peut-on se battre en même temps pour la justice et contre le capitalisme ? La justice tout court est-elle incompatible avec la justice sociale ? De même aujourd’hui, ce n’est pas parce que le Président Hollande a renoncé à entreprendre de grandes réformes économiques et sociales qu’il a tort de faire voter le “mariage pour tous”. Ce n’est pas à cause du mariage pour tous qu’il a baissé sa culotte face aux banques, c’est parce qu’il se sent impuissant face aux grands enjeux économiques qu’il essaie de sauver la face en marquant des points sur des questions périphériques comme le mariage. Ce n’est pas parce qu’on s’oppose à la politique sociale du gouvernement français qu’il faut manifester avec les homophobes. Mais Michéa et ses adeptes tentent de comprendre l’homophobie des milieux populaires que la gauche n’aurait pas dû trahir...

Affiche publiée en 1898 dans le supplément gratuit au journal Le Siècle

Michéa en arrive donc à considérer que les militants pour le mariage gay ou pour les sans-papiers sont devenus les meilleurs alliés ou les idiots utiles du grand capital dont l’expansion infinie requiert la suppression de toutes les frontières et de toutes les discriminations [6]. Il faut n’avoir pas compris le combat en faveur des sans-papiers pour lui reprocher de servir le patronat et son besoin d’une armée de réserve de travailleurs étrangers. C’est justement grâce à la discrimination et à l’absence de papiers que le patronat peut les exploiter sans scrupule et faire pression à la baisse sur la condition salariale. Si les sans-papiers obtenaient un titre de séjour et des droits égaux comme le revendique l’extrême gauche, ils ne constitueraient plus une armée de réserve et ne seraient pas plus exploitables que les travailleurs nationaux.

Michéa pointe et vilipende Mai 68 comme le deuxième grand moment de trahison et de revirement de la gauche et de l’extrême gauche. La radicalisation des processus d’émancipation à l’égard des autorités traditionnelles et l’éloge de toutes les transgressions ne seraient rien d’autre que la poursuite de la logique libérale dont le capitalisme a besoin pour se débrider toujours plus. Certes, nous partageons les analyses qui soulignent à quel point le capitalisme a su s’accommoder et récupérer – en les pervertissant – toutes les revendications de mai 68 [7]. Mais ce n’est pas parce qu’elles ont été dévoyées que les aspirations à l’autonomie, à l’épanouissement et au plaisir n’étaient pas et ne sont toujours pas légitimes. Ce n’est pas parce que le libéralisme a fait voler en éclat toutes les autorités traditionnelles qu’il faudrait les rétablir pour résister au capitalisme. Anselme Jappe soutient le contraire : au début du capitalisme, la “contestation du mode de production matérielle s’accompagnait de la mise en question de toutes ses justifications, de la monarchie à la religion, voire dans les phases plus avancées de cette contestation, des structures familiales, des systèmes éducatifs, etc.” [8]. Jappe n’en reconnaît pas moins que, par la suite, le capitalisme s’est très bien adapté au démantèlement de ces structures autoritaires et que, rétrospectivement, la contestation culturelle prenait pour les traits essentiels de la société capitaliste ce qui n’en étaient que des éléments archaïques auquel il n’y a pas à revenir : “Il n’est aucunement question de céder à la nostalgie pour les instituteurs qui frappaient sur les doigts, pour le service militaire, le catéchisme et les padripadroni familiaux”Ibidem, p. 50.

L’idéalisation du peuple et du passé

Mais tel semble bien être en partie le projet de Michéa : restaurer des valeurs, des principes, des autorités, une morale qui faisaient barrage contre la modernité capitaliste. Dans Le complexe d’Orphée, le héros grec incarne une métaphore du progressiste qui s’enthousiasme pour toute forme de nouveautés et ne regarde jamais en arrière car le marché requiert des hommes flexibles et déracinés, donc sans passé. Orphée se découvre être le frère du Narcisse moderne dépeint par Lasch, individu a-historique soumis à la dictature du présent, et nage en pleine modernité liquide telle que décrite par Zygmunt Bauman : culte de la vitesse, de la mobilité et de l’éphémère, insatisfaction permanente, frivolité, consumérisme outrancier y compris dans les relations affectives... Du coup, le progressiste méprise les masses populaires qui, elles, sont encore attachées aux traditions : “Voudrait-il [Orphée] enfreindre ce tabou – “c’était mieux avant” – qu’il se verrait automatiquement relégué au rang de Beauf, d’extrémiste, de réactionnaire, tant les valeurs des gens ordinaires sont condamnées à n’être plus que l’expression d’un impardonnable “populisme” [9]. Les classes populaires seraient encore soumises à des valeurs fortes et des traditions morales telles que la foi religieuse, le sens de l’effort personnel, le patriotisme, l’honneur de la famille... Et Lasch reproche à l’éducation des masses d’avoir “altéré l’équilibre des forces au sein de la famille, affaiblissant l’autorité du mari vis-à-vis de la femme, et celle des parents vis-à-vis des enfants” tout en précisant que “si elle émancipe femmes et enfants de l’autorité patriarcale, ce n’est que pour mieux les assujettir au nouveau paternalisme de la publicité, des grandes entreprises et de l’État” [10]. Michéa, lui, se dit nostalgique du western hollywoodien qui exprime “quelque chose encore des valeurs de ce fier populisme américain et de sa common decency”.

Georges Orwell au micro de la BBC

Voilà le rempart principal que ces auteurs entendent dresser contre l’extension infinie du libéralisme : la common decency mise en avant par George Orwell. Cette notion est aussi difficile à traduire qu’à définir.

Cette décence ordinaire ou sens commun ou morale intuitive désignerait un penchant naturel des petites gens à faire le bien et à distinguer le décent de l’indécent. Bien qu’elle puisse prendre des formes différentes d’une civilisation à l’autre, elle relève de ce minimum de structures normatives communes à l’ensemble des sociétés. Ainsi cette décence ordinaire serait à la fois naturelle ou innée et liée au contexte, mise à mal par le libéralisme. Les pages que Michéa y consacre montrent très pertinemment que l’humain n’est pas naturellement avide, intéressé à maximiser son profit pas plus qu’il n’est un loup pour l’homme. Ce type de comportement et de concurrence entre les individus s’est développé avec la révolution industrielle dont l’accouchement n’a pas été sans douleur ni forceps. Les partisans du capitalisme ont déployé des efforts pédagogiques et de contraintes disciplinaires pour transformer les mœurs et les valeurs de la population afin de lui faire adopter l’esprit du capitalisme. Il est dommage que Michéa n’aille pas jusqu’au bout de son raisonnement : si l’homme n’a pas d’essence ou de nature prédéterminée, qu’il se détermine dans l’histoire et est le fruit de son époque, il n’est naturellement pas plus décent que cupide.

L’ouverture au populisme

Non seulement la décence ordinaire ne peut être affirmée comme un trait de caractère structurel des classes populaires mais elle est, en outre, difficile à établir empiriquement. On trouve aussi bien dans les mœurs populaires de la solidarité et de l’entraide que de la méchanceté et de l’égoïsme. Enfin “cette décence est souvent pratiquée seulement à l’intérieur du groupe, en la refusant aux autres” [11]. Elle s’accompagne de corporatisme, de mépris des autres groupes et de repli identitaire. D’ailleurs, en creusant un peu le contenu de cette notion, on y découvre quelques valeurs réactionnaires chères aux populistes : la sacralisation du bon sens populaire, le code de l’honneur, le respect de l’autorité patriarcale... Selon Bruce Bégout “il y a manifestement dans la pensée politique d’Orwell des penchants au populisme : sa critique des élites non-patriotiques et internationalistes, sa virulence contre le monde politique coupé du peuple, son éloge des petites gens et de leur honnêteté spontanée” [12].

De même, avec Lasch, Michéa s’insurge contre le profond mépris des élites politiques et économiques à l’égard du peuple. Avec Bauman, il critique le culte du métissage des cosmopolites mondialisés qui n’ont rien de commun avec le peuple attaché à ses racines et à son identité nationale. Avec Chouard, il critique la démocratie représentative et le régime parlementaire. La démocratie étant devenue synonyme de libéralisme, il faut un nouveau mot pour désigner le gouvernement du peuple par et pour le peuple : le “populisme”, terme dévoyé par les politologues et les grands médias, désormais assimilé au fascisme pour disqualifier quiconque aurait l’idée “que le Peuple devrait être consulté sur tel ou tel problème qui engage son destin” ou “que les revenus des grands prédateurs du monde des affaires sont réellement indécents” [13]. Et Michéa de réhabiliter le sens positif du populisme en se référant aux premiers populismes russes et américains. Un populisme qui rassemblerait l’ensemble des principes qui ont toujours guidé les classes populaires dans leurs différents combats contre les effets destructeurs de la modernité capitaliste.

Avec Orwell, Michéa se définit parfois comme un “radical réactionnaire” ou “socialiste conservateur”. En cela encore, il rejoint le mélange contre-nature de traditionalisme et d’émancipation, le brouillage de l’opposition gauche/droite qu’on retrouve dans les définitions du populisme. C’est ainsi qu’on peut voir l’aboutissement politique de ces raisonnements dans le nouveau mouvement d’Alain Soral : Egalité et Réconciliation dont le slogan est on ne peut plus explicite : “la gauche du travail, la droite des valeurs”. Alain Soral est un ancien cadre du Parti communiste français qui a rejoint quelques temps le Front National en qui il voyait le seul parti capable de protéger les intérêts des ouvriers français face à la mondialisation. Qu’on m’entende bien, il n’est pas question ici de verser dans l’amalgame et d’accuser Michéa, Lasch, Chouard ou Bauman d’être proches de l’extrême droite – ils s’en démarquent publiquement – mais leurs analyses sont explicitement reprises par Soral, leurs textes et interviews publiés sur son site [14]. où ils côtoient des pamphlets nationalistes ou poujadistes et des appels au rapprochement avec le FN ou avec le bien nommé Parti Populiste.

Mathieu Bietlot

[1Cf. le Livre examen à propos de La double pensée. Retour sur la question libérale (Flammarion, 2008) dans Bruxelles Laïque Echos, n°68 : “Aux grands mots les grands remèdes”, pp. 24-25

[2Jean-Claude Michéa, L’empire du moindre mal. Essai sur la civilisation libérale, Flammarion, 2010, p.32

[3Ibidem, pp.40-42

[4Christopher Lasch, La culture du narcissisme, Flammarion, 2006, cité par Michéa. On remarquera en souriant que Jean-Paul II lui aussi, dans son encyclique Veritatis Splendor, s’inquiétait de la liberté devenue désormais la source absolue des valeurs : “les valeurs et les catégories morales ne sont plus des principes transcendants que nous essayons de respecter, mais sont l’œuvre de la liberté elle- même. Chaque individu pense être à l’origine de ses jugements et se donne dès lors le droit de décider par lui-même de ce qu’il estime être bon ou mauvais, juste ou injuste.” (Vincent Decorebyter, “Nous ne sommes pas relativistes”, Le Soir, 29 mai 2013)

[5Jean-Claude Michéa, Le complexe d’Orphée : la Gauche, les gens ordinaires et la religion du progrès, Climats, 2011, cité dans la critique détaillée de la pensée de Michéa par Max Vincent sur son site : www.lherbentrelespaves.fr/mi- chea.html

[6“…par quelle mystérieuse dialectique, la gauche et l’extrême gauche (qui incarnaient autrefois la défense des classes populaires et la lutte pour un monde décent) en sont-elles venues à reprendre à leur compte les principales exigences de la logique capitaliste, depuis la liberté intégrale de circuler sur tous les sites du marché mondial jusqu’à l’apologie de principe de toutes les transgressions morales possibles” (Jean-Claude Michéa, La double pensée. Retour sur la question libérale, Champs-Flammarion, 2008, p.123)

[7Bruxelles Laïque Echos y a consacré plusieurs articles, notamment dans le n°68, pp.12-16 et dans le n°80, pp.

[8Anselm Jappe, Crédit à mort, éd. Lignes, 2011, p. 28

[9Jean-Claude Michéa, Le complexe d’Orphée, cité par Max Vincent

[10Christopher Lasch, op. cit.

[11Anselme Jappe, op. cit., p. 175

[12Bruce Bégout, De la décence ordinaire. Court essai sur une idée fondamentale de la pensée politique de George Orwell, éd. Allia, 2008

[13Jean-Claude Michéa, L’empire du moindre mal, op. cit., p. 84

[14http://www.egaliteetreconciliation.fr/ Par exemple : “il existe une droite morale qui est, si on y réfléchit bien, la condition de la gauche économique et sociale. Et, à l’inverse, une gauche amorale qui s’est révélée être la condition idéologique de la droite économique dans sa version la plus récente et la plus brutale. Remarque qui nous amène à Mai 68, à la société de consommation et au fameux libéralisme libertaire...” La pensée d’Alain Soral, dangereuse mais solidement argumentée, mériterait une sérieuse analyse critique


 http://issuu.com/bxllaique/docs/bruxelles_laique_echos_2013_02?mode=embed&pageNumber=44

COMMENTAIRES  

05/08/2013 10:15 par Dwaabala

Philippe Gorcuff critique Michéa, Durand, Keucheyan, Kouvelakis…
Michéa répond : « Le philosophe Jean-Claude Michéa, auteur de Les mystères de la gauche : de l’idéal des Lumières au triomphe du capitalisme absolu (Climats, 2013), répond à un billet de Philippe Corcuff publié le 25 juillet. »
Samy Johsua pose une question à P. Gorcuff : « Une question à Philippe Corcuff : so what ? »
Et Pierre Avril titre : « Tout n’est pas gras dans le Michéa, tout est bon dans le Lordon »

Le tout et le reste dans Mediapart, au sujet duquel un des auteurs conclut par :
« Dans ce paysage, la tâtonnante aventure Mediapart, avec ses imperfections inévitables, ses hauts et ses bas, ses impensés et ses limites, constitue un des rares dispositifs à sauver l’honneur de la gauche »

C’est un peu comme si par temps de canicule un restaurant vous proposait au menu du jour sa potée auvergnate en entrée, ensuite sa choucroute garnie, et au dessert son couscous royal aux trois viandes.
Le tout servi dans une salle à l’atmosphère authentique, c’est-à-dire sans climatisation.

J’avoue que je me suis poussé pour y entrer, mais que j’en suis aussitôt ressorti avec la sensation d’en avoir déjà jusqu’aux dents du fond.

05/08/2013 14:19 par Elisa

« Article » bien décevant par l’insuffisance de sa conclusion.
Si l’analyse du "populisme" de Michéa est intelligemment menée, l’absence d’alternative de gauche à ce populisme aboutit à l’opposition que les soraliens ou les antifas voudraient nous imposer : il n’y a face à face que la pensée libérale et élitiste et la pensée d’extrême-droite corporatiste et identitaire.

Autrement dit il faudrait soit accepter le "pacte républicain" avec la social-démocratie compromise avec la finance mondialisée et asservie à l’empire, soit se résigner à côtoyer les marécages qui servent de réserve au FN et autres identitaires. Bref choisir une seule idéologie dont les deux versants permettent de rallier démagogiquement au plus large.

De plus il n’est pas neutre de désigner l’adversaire principal sous la dénomination de l’"élite". Cela permet de substituer à la lutte révolutionnaire sociale le vain combat nostalgique et moral contre la modernité assimilée à l’intelligentzia. Or la lutte de classe est toujours et peut-être encore plus d’actualité qu’à l’époque de Marx. C’est fourvoyer le combat politique que de lui assigner la vaine réforme de la social-démocratie ou l’illusion d’un retour à un âge d’or plutôt frelaté.

05/08/2013 16:08 par domi

Ayant lu plusieurs livres de Michéa et de Lash, je dois dire que l’auteur de l’article ci-dessus est d’une honnêteté intellectuelle supérieure à la moyenne. Il ne déforme pas les propos de Michéa pour le discréditer comme l’ont fait Boltansky, Halimi, Lordon et Corcuff auxquels Michéa répond sur mediapart : http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/020813/en-reponse-corcuff

Cependant, en digne représentant de cette élite "libérale-libertaire" que justement Michéa critique, il ne peut de toute évidence être d’accord avec lui. On le comprend bien. Et on comprend aussi la levée de boucliers de cette même élite "de gauche" contre l’influence grandissante des idées de Michéa, Lash, Orwell, etc...

M. Bietlot soutient qu’il n’est pas possible de savoir ce que serait une société décente, mais Michéa l’explique très bien. Elle repose sur les valeurs du don ("donner, recevoir et rendre") que Mauss a identifiées comme la base de toute société conviviale et décente. Cela M. Bietlot oublie de le dire...

M. Bietlot écrit que "Certes, on reconnaîtra avec Michéa que les socialistes ont depuis le début du XXe siècle capitulé devant le capital, abandonné l’idée de renverser ou de dépasser le capitalisme mais est-ce à cause de l’affaire Dreyfus ? Est-ce dû à une prise en compte des droits de l’Homme ? Ne peut-on se battre en même temps pour la justice et contre le capitalisme ? La justice tout court est-elle incompatible avec la justice sociale ? "
Mais Michéa n’a jamais prétendu que la trahison socialiste était due à l’affaire Dreyfus, il situe juste à ce moment-là l’alliance des socialistes et de la gauche libérale traditionnelle qui a abouti à la gauche actuelle par dissolution du socialisme. Il n’a jamais opposé non plus la lutte pour la justice tout court avec la lutte pour la justice sociale, il dit que la "gauche" a abandonné la lutte pour la justice sociale en remplaçant notamment la revendication d’égalité par celle de diversité (lutte contre le racisme) or la diversité n’est pas l’égalité économique et elle sert souvent d’écran de fumée aux inégalités croissantes (cf Walter Benn Michaels, "La diversité contre l’égalité").

A propos des sans papiers, il faut être bien naïf pour croire que leur donner des papiers fera qu’ils ne seront plus exploités, comme si les classes populaires françaises (60% de la population) n’étaient pas exploitées ! L’exclusion et l’appauvrissement de ces dernières ne fait que croître et elles sont toujours plus repoussées hors des grandes agglomérations dans lesquelles il n’y a plus désormais que des bourgeois et des immigrés (cf Christophe Guilluy), le cas de Montreuil est typique . Mais les classe populaires, tout le monde s’en fout. Abandonnées de la droite comme de la gauche, elles se raccrochent au FN. Les deux "partis de gouvernement" feraient bien de se demander pourquoi au lieu de se contenter de rejeter la faute sur le peuple lui-même, incapable selon eux de comprendre la modernité, le progressisme, le sens de l’histoire, etc... Notez bien que ces élites politico-artistico-phylosophico-médiatiques continuent, pendant ce temps-là, d’être "fonctionnarisées" : ne s’octroient-elles pas jusqu’à aujourd’hui, toute une panoplie d’exceptions françaises, subventions, privilèges, sinécures, retraites et autres parachutes indécents, qui constituent une indéniable protection contre la mondialisation ? Protection qu’elles refusent bien entendu aux classes moyennes et populaires au titre de la "concurrence libre et non faussée"...

Et pour conclure, M. Bietlot assène le coup de pied de l’âne : " il n’est pas question ici de verser dans l’amalgame et d’accuser Michéa, Lasch, Chouard ou Bauman d’être proches de l’extrême droite – ils s’en démarquent publiquement – mais leurs analyses sont explicitement reprises par Soral, leurs textes et interviews publiés sur son site". Comme si le fait que quelqu’un reprenne vos textes pouvait vous être imputé à charge ou à décharge ! M. Bietlot trie les bons et les méchants à partir de critères douteux. Nulle surprise, la police de la pensée libérale libertaire est à l’oeuvre ici comme partout dans le bloc occidentaliste pour discréditer tous ceux qui osent la critiquer...

05/08/2013 18:26 par eric

bonsoir,
c’est un gars issu de la classe populaire qui vous parle,enfin celle que vous les intellectuels(et l’on en a besoin)définissez ainsi,je me considère quelque peu "éduqué et conscient" de l’état actuelle de notre société mais je vous avoue que toute cette masturbation intellectuelle considérant que untel ou untel dirai ou aurais dit etc....bla bla bla bla bla bla ne nous apporte rien ;ha !si ! des constats ha ça oui !je lis que ça ...
or là il y en a assez,prenez position mais n’essayez pas de décrire ce que pourrai être le peuple ou le populisme ;sachez déjà une chose arrêtez de croire que le peuple il ne peut être que gentil bien pensant j’affirme ici que le peuple est un gros con certes beau quant il est en mouvement mais con et bêlant et je ne lui accorde aucune circonstances atténuantes ça c’est une première chose ;
seconde chose continuez à vous chamailler entre vous mais sachez que les gens de la base n’y entendent rien,vous créez vous même cet élitisme que vous vous empressez de dénoncer ;
cherchez plutôt !!!oui cherchez comment trouver la dialectique qui fera que le prolo du coin se mobilisera hein ?pourquoi (excusez l’expression)une poignée de trou du cul arrivent à diriger la majorité d’une population qui serai prête à lui rentrer dans la gueule,parce que c’est ça !!!et ça fout la trouille hein ?parce que ce peuple que vous avez l’air d’idéaliser en permanence eh bien c’est un violent,c’est pas un petit nounours ;
alors la question comment on fait pour canaliser tout ça ?parlez d’une constituante par exemple,la prise de pouvoir par le peuple c’est ce que vous voulez non ?alors allez y dénoncez le système ayez des couilles,rentrez dans le lard,engagez vous !!!vous qui avez à priori la charge intellectuelle reconnue,vous êtes où en fait ???bien au chaud installés dans un petit train train et soudain s’indigner ?il sont où nos intellectuels pour commencer à vraiment attaquer tout ce bordel ?
si c’est cela que l’on appelle encore société alors merde,c’est quoi à chaque chose qui doit être faites pour le bien commun ce débit comptable"c’est pas possible ça coûte trop cher etc"
l’état n’est pas une entreprise,ni un ménage il doit œuvrer pour le bien commun et les questions comptable ne devraient qu’être annexe pour cela il faut tout renverser,le système des banques,changer de constitution pour virer ces parasites,en finir avec la professsionnalisation des politiques un elu un mandat,reférendum révocatoire,virer la finance,le pognon nous on peut le gérer et il y en a !!!!
alors j’attends de nos intellectuels qu’ils se regroupent et peu importe leurs divergeance car le peuple s’il peut être unis est toujours en totale divergeance(c’est ce qui fait sa richesse)et qu’ils(les intellectuels)attaquent avec toutes sortes de moyens,qu’ils cassent devant tout le monde le système,qu’ils dénoncent certes mais aussi qu’ils proposent et débattent devant la population,pas de non-dit pas de petite bataille d’égo,ceux là devraient se sentir exclu devant l’ampleur de la tache,en ce sens vous avez une tache à accomplir,faire de l’éducation populaire,faire réagir,remettre la pensée politique au centre des préocupations mais sortez de vos cercles ne faites pas tourner comme un ronron permanent vos petites querelles qui n’intéressent personne soyez populiste !!!et ceux qui s’empressent de le dénoncer on les emmerdent parce que ceux-ci font parti de l’ancien monde,si une force progressiste doit voir le jour elle devra être et se faire au grand jour en toute transparence pas de petite réunion secrète tout doit être dit ;
RF=UNE ET INDIVISIBLE

05/08/2013 18:35 par triaire

Les élites ? Quelles élites ? Ces foldingues jamais rassasiés par leurs pillages éhontés du travail des pauvres exploités ? Nos " élites " n’en sont pas, ce serait plutôt des neu-neu se battant, tuant pour la plus grosse bagnole, la montre la plus chère, le top-model le plus à la mode etc..etc...
Ils sont dérisoires.Les valeurs humaines sont ailleurs .

05/08/2013 20:07 par patrice

Mon bon monsieur, plutôt que de vous en prendre à des chercheurs de vérité, allez plutôt fureter du coté de ceux qui détruisent la société, par leurs idéologies et leurs écoles de pensées, qui formatent tout à dessein, qui atomisent et piétinent nos valeurs dans le but d’instaurer un nouveau désordre mondial abject !

05/08/2013 22:19 par Dwaabala

Ce qui sépare les «  chercheurs de vérité » de« ceux qui détruisent la société, par leurs idéologies etc » n’a pas l’épaisseur d’un cheveu.
Ils sont dans leur domaine ce qu’est en politique le socialisme de F. Hollande par rapport au néo libéralisme avoué.
Certes, cette remarque n’est qu’extérieure, mais si ces gens-là devaient acquérir une autre importance que strictement confidentielle pour un milieu autre que strictement confiné, alors il faudrait se mettre au charbon et les voix sérieuses sauraient alors se faire entendre.

05/08/2013 22:33 par Bidule

Je me méfie des gens qui embrassent des sujets trop vastes et trop temporellement étalés : on ne peut éviter les raccourcis et les généralités.

Sans nier la nécessité de vulgariser et de proposer des modèles schématiques à condition d’en développer la complexité parallèlement, je lis dans la paraphrase des idées de Michéa une critique en creux ou une critique potentielle de la science.
De la même manière que nos deux administrateurs réagissent fermement à la moindre attaque contre Cuba, je crois qu’il faut aussi réagir fermement contre l’idée que la science est nuisible parce qu’elle est associée à un mal.

La science n’est qu’un outil. Un outil de modélisation et de prévision. Un outil limité, mais en expansion permanente. En reconnaître les limites permet aussi d’évaluer sa capacité de prédiction et de la faire évoluer.

Ce n’est pas la science qui organise une société mais bien des hommes confrontés à d’autres hommes. Dans la discipline scientifique, un scientifique seul n’est rien si son travail n’est pas évalué par sa communauté, elles-même divisée par plusieurs spécialités.

A titre personnel, je pressens bien que les sciences politiques ne prennent pas en compte toutes les divisions établies (ou domaines d’étude) de ce qui caractérise l’unité de cette discipline : l’individu. Quelques divisions à titre d’exemple : géographie, économie, psychologie, etc...
Parmi ces domaines, certains se développent en-dehors des sphères scientifiques ou, pour le dire autrement, avec une méthode et un fonctionnement non reconnu par la communauté scientifique (et moi-même, en disant cela, je schématise... méfiez-vous) tels que l’économie, la sociologie et si je ne dis pas de bêtise la psychologie (ce qui, je pense, ne signifie pas qu’ils ne le seront pas un jour, mais qu’ils sont défaillants de ce point de vue à ce jour).

Je donne un exemple d’installation capitale dans l’organisation de la cité dont la conception a mis en avant le pragmatisme au détriment de la logique du cycle de la vie : le tout-à-l’égout. Je vous renvoie à la conférence gesticulée "Water Causettes" par la Scop Le Pavé.

La science est fidèlement accompagnée par sa police méthodologique : l’épistémologie, la philosophie de la science. Elle aussi est en constant développement.

Je crois qu’on ne peut que souhaiter que chacun ait une solide formation à la méthode scientifique mais je préfère vous renvoyez à un auteur relativement connu ici : M.Bricmont.
http://www.youtube.com/watch?v=3NY5SpPAR70

05/08/2013 22:49 par david

C’est avec tristesse, mais sans surprise, que je constate que "la gauche de la gauche" n’en a pas fini avec ses procès de Moscou : Michéa auteur de talent, qui s’inscit dans la grande tradition socialiste et populaire, devient ainsi l’objet d’une cabale ourdie par les "plus purs des purs" de la pensée progressiste (http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/020813/en-reponse-corcuff) pour avoir 1) montrer toute l’ambiguïté de la soumission de la "gauche" à l’idéologie du progrès, préparant ainsi le déploiement général de la marchandisation de la société 2) conserver du respect pour les classes populaires que la "gauche de la gauche" se plait aujourd’hui à détester, jusqu’à vouloir la remplacer, depuis que celle-ci vote massivement front national.

L’oligarchie n’a plus besoin d’un appareil d’état puissant pour assurer sa domination par la répression politique : "la gauche de la gauche" s’en charge pour elle avec délectation et se complaît dans la dénonciation, le mensonge, la calomnie, la manipulation et le lynchage public (pour ne pas dire plus). Corcuff, d’ailleurs, qualifierait sans doute toutes ces "bassesses nécessaires" par le fort joli terme "d’éthique de responsabilité"...La police de la pensée a donc de beaux jours devant elle.

Mais, n’en déplaise aux zélateurs de la bien-pensance et du nouvel ordre moral mais tous les moyens ne sont pas bons pour lutter contre vos ennemis politiques supposés, car ils se trouvent que les classes populaires détestent ceux qui font fi de l’honneur et de l’honnêteté, peut-être cela explique-t-il pourquoi les rangs de la gauche de la gauche sont de plus en plus clairsemés.

Continuez ainsi et vous finirez à 3 ou 4 à vous traiter respectivement de "fasciste" dans l’indifférence et le mépris général de ceux que vous prétendez vouloir défendre.

Les temps présents exigent de la noblesse d’âme et de la hauteur de vue et pas ce triste spectacle de petits collabos honteux du système.

05/08/2013 23:19 par Bidule

J’ajoute qu’il y a peut-être une incompréhension entre Lordon et Michéa. Michéa semble rejeter les Bourdieusiens parce que ceux-ci estiment que les individus agissent en fonction des contraintes qui s’appliquent à eux (pour simplifier). Il semblerait que cette pensée découle de la philosophie de Spinoza, niant l’existence d’un libre arbitre (toujours pour simplifier).

Michéa semble concevoir la morale comme une contrainte commune imposée à tous. Mais comment inculquer la morale ? Et je pense que Lordon et Michéa se retrouvent sans le savoir dans cette question, quoique je ne connaisse pas les théories de Michéa.
Lordon pense qu’il faut définir une organisation du système qui soit en elle-même coercitive (d’ailleurs il n’a pas fallu attendre Lordon pour tenter de mettre cela en application : la balance des pouvoirs, les commissions d’enquête, les lois, les référendums d’initiative populaire sont autant de mécanismes, aussi faillibles soient-ils, mis en oeuvre pour prévenir les dérives).
Et il ne pense pas qu’il faille transformer le cerveau d’un individu pour cela, mais parvenir à faire accepter certains mécanismes qui modifient le fonctionnement de la société : le SLAM par exemple, qu’il explique mieux que moi !

Mais là-aussi, faire accepter un mécanisme, c’est le faire accepter intellectuellement ou par la force. Et intellectuellement, il faut nécessairement que les esprits des possédants changent pour accepter de se faire déposséder.

Il y a des vidéos intéressantes de Lordon sur Spinoza. Comme introduction à la lecture de Matheron... comme introduction à la lecture de Spinoza. Ou lire Spinoza directement... (je parle aussi pour moi)

06/08/2013 09:07 par cunegonde godot

Je suis d’accord avec le commentaire de Domi, ci-dessus.
Le sans-papierisme est une idéologie européo-mondialiste (même mis en musique par le trotskysme salonnard alla Mediapart), c’est-à-dire capitaliste parce qu’elle sert avant tout les intérêts du grand capital. Et s’il existe une idéologie que les "classes laborieuses" ont parfaitement identifiée comme leur ennemie mortelle, c’est bien celle-là. Et à juste titre...

06/08/2013 13:02 par lsga

D’où le fait de parler de "Capitalisme" plutôt que de "Libéralisme".
 

07/08/2013 08:14 par cunegonde godot

Le capitalisme mondialiste (au sens idéologique) fait une crise aiguë, et cyclique, de surproduction. Gigantesque car à l’échelle mondiale, mais avant là où on consomme le plus, en Occident. Les "classes laborieuses", contrairement à ce qu’en pense et dit l’élite de-gauche-comme-de-droite, l’ont parfaitement compris. C’est pourquoi, ils sont beaucoup moins accueillants à l’égard des travailleurs clandestins, au contraire des années 50, 60, 70, période de sous-production permettant d’accueillir facilement les travailleurs clandestins de l’époque. Des clandestins totalement à la merci d’un patronat aujourd’hui puissamment aidé par les institutions européennes mettant délibérément en concurrence déloyale tous les salariés quels qu’ils soient (d’abord évidemment les non-protégés par une "exception culturelle p.ex.). D’un point de vue économique, un sans-papier n’est pas seulement un travailleur immigré clandestin, c’est tout travailleur au noir, français ou non...

07/08/2013 15:54 par cunégonde godot

Du populisme comme l’exècrent tant nos bien—penseurs : "Le populo a des réflexes sains. Le populo sent où est l’intérêt du pays. Il ne s’y trompe pas souvent. En réalité, il y a deux bourgeoisies. La bourgeoisie d’argent, celle qui lit Le Figaro, et la bourgeoisie intellectuelle, qui lit Le Monde. Les deux font la paire. Elles s’entendent pour se partager le pouvoir. Cela m’est complètement égal que vos journalistes soient contre moi. Cela m’ennuierait même qu’ils ne le soient pas. J’en serais navré, vous m’entendez ! Le jour où Le Figaro et l’Immonde me soutiendraient, je considérerais que c’est une catastrophe nationale ! » (Alain Peyrefitte : C’était de Gaulle, Editions de Fallois-Fayard, 1994.)

09/08/2013 20:54 par Serge ULESKI

Pour mémoire et pour rappel…

Dans une conférence sur « La profession et la vocation de politique » de 1919, Max Weber, distingue « éthique de conviction » (ou « éthique absolue ») et « éthique de responsabilité ». Selon Weber, « l’éthique absolue ne s’interroge précisément pas sur les "conséquences" », là où « le devoir de vérité » y « est inconditionnel ». Á l’inverse, pour l’éthique de responsabilité, « on doit assumer les conséquences (prévisibles) de son action ». Ce qui sépare ces deux éthiques, c’est donc l’attention ou pas aux effets de ce qui est dit et fait

***

Il n’en fallait pas davantage pour que d’aucuns se précipitent et saisissent la balle au bond : après la realpolitik (1) voici donc la réal-sociologie (2) !

Merci Monsieur Weber !

Dorénavant, qu’on se le tienne pour dit : « Ce qui est… n’est pas… ou plus ! » Désormais, ce qui importe n’est pas ce qui est mais ce qui doit être même si dans le contexte qui est le nôtre aujourd’hui, on pourra légitimement soupçonner cet appel vibrant à la responsabilité de n’avoir qu’un souci : faire en sorte que celui qui le dise puisse continuer de prospérer socialement et professionnellement : qu’il n’ait pas d’emmerdes !

Réal-sociologie donc… sociologie responsable qui, si elle n’en pense pas moins, taira la partie qui pense… et ce afin de conjurer les démons de la tentation d’un soi-disant fascisme toujours à l’affût… vieille lune d’un faux-gauchisme soucieux de ne pas faire le jeu d’un « tous pourris » dévastateur… et cela va sans dire mais mieux en le disant : sociologie de la soumission au moins-pensant et au moins-disant ; et comme un malheur n’arrive jamais seul… une sociologie pusillanime et finalement complaisante à l’encontre tous les acteurs, hommes et institutions, d’une mondialisation sans scrupules (3), et ce au détriment de la vérité des conditions de vie de millions d’êtres humains qui, privés d’échappatoire, sont dans l’obligation d’assumer toute leur vie durant ce qu’on appelle « le principe de réalité »… le tout empaqueté dans une sociologie d’Etat qui n’est qu’un gigantesque euphémisme car, si à mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde, à ne plus rien nommer du tout ni personne, c’est sans aucun doute ajouter non seulement à l’incompréhension de ce même monde mais c’est aussi ajouter à toute la lâcheté dont un être humain est capable face à sa responsabilité vis-à-vis de ses frères humains qui, eux, triment dans des emplois sans avenir et sans âme et qui à terme auront raison de leur santé mentale et physique - sang versé par le travail au capital ; responsabilité a pour objet : qui fait quoi, où, à qui, pourquoi, comment et pour le compte de qui.

Pareils à ces oiseaux dont on crève les yeux pour qu’ils chantent toute la journée, jour et nuit… nuit qu’ils sont condamnés à ignorer pour toujours ainsi que le sommeil qui va avec, quel refrain nous demandera-t-on d’entonner ? L’Internationale ? Le chant des partisans ? Ou bien plutôt un « Réjouissez-vous bonnes gens ! Si c’était autrement, ce serait pire encore ! »

La suite à l’adresse suivante :
http://litteratureetecriture.20minutes-blogs.fr/archive/2013/08/06/philippe-corcuff-figure-de-proue-d-un-lumpenproletariat-inte.html

10/08/2013 17:55 par Gilles McMillan

Le titre de cet article donne déjà une bonne idée du peu d’arguments critiques, bien qu’il ait au moins le mérite de dire que Michéa vaut d’être lu. L’auteur ne se fait pas censeur, c’est déjà beaucoup.

Le titre répète ce que dit Michéa lui-même, ce qu’il assume, sauf la dérive, bien sûr : une critique radicale du libéralisme sous toutes ses formes au nom d’une mise en valeur d’un socialisme plus près de ses origines, donc populiste, que de l’élite du parti, ces technocrates mortifères. À la mort de Chavez, Michéa a fait l’éloge de cette sorte de populiste, avec des réserves sur sa politique internationale, notamment sur la question d’Israël et des Juifs, il a fait l’éloge des socialismes d’Amérique latine qui ont conservé, selon lui, des racines profondes dans les cultures populaires. Il me semble que nous sommes assez éloignés du FN et des politiques racistes de l’extrême droite. Mais il est vrai que Michéa, en plus d’être un analyste d’une très grande érudition philosophique, politique et littéraire en général, est aussi un polémiste redoutable. Il cherche le trouble, la discussion, c’est certain. Angéliques de la polémique s’abstenir.

Parmi les auteurs dont la pensée est assez proche de celle de Michéa, on devrait ajouter C. Castoriadis qui faisait déjà il y a longtemps une critique radicale du marxisme, d’une certaine gauche, et de la culture libérale libertaire que dénonce Michéa. Dans La montée de l’insignifiance, Castoriadis énonce des réserves très fortes sur notre belle époque, sur la crise des identités, réserves qui lui vaudraient d’être taxé de réactionnaire par la gauche officielle et ses chantres. C’est une chanson connue. À ces auteurs, il faudrait ajouter Günther Anders, Hannah Arendt, Jacques Ellul, Guy Debord, bref, tous les penseurs qui ont fait une critique radicale de la modernité, de cette époque que Castoriadis appelait, refusant de parler de postmodernité, « conformisme généralisé ».

Le chapeau dudit article nous annonce une chose et son contraire : Michéa populiste, Michéa pouvant nous prévenir contre les populismes. L’auteur ne développe pas cette dernière affirmation. Il est exact que Michéa voit l’urgence pour les anticapitalistes de se rapprocher des masses, de s’adresser à elles, pas seulement aux « progressistes ». Sinon l’écart va continuer de se creuser, et jamais il n’y aura une masse critique assez importante pour changer d’imaginaire et accéder à une réelle démocratie (pour parler comme Castoriadis). De cela, j’en conviens, on peut discuter.

Plusieurs éléments de ce compte rendu critique doivent être discutés, nuancés, complétés ou rejetés :

1- La neutralité axiologique comme axiome de la logique libérale, Michéa montre bien que c’est un leurre : cette neutralité n’a jamais existé et c’est pourquoi elle porte le germe de la privatisation radicale du monde, la destruction de tout ce qui l’entrave, à commencer par la culture, les traditions, les communautés, les croyances, les nations, les identités jusqu’aux identités sexuelles. Il n’est pas exact de dire que Michéa amalgame le libéralisme des origines et l’ultralibéralisme, considérant qu’un Adam Smith serait outré, dit-il, par ce que la société est devenue sous la logique du capitalisme, ou Benjamin Constant face au désintéressement grave vis-à-vis de la chose publique. Il est vrai que les germes de ce capitalisme total sont dans ses prémices et prémisses.
2- Michéa ne dit nulle part que c’est à cause de l’affaire Dreyfus s’il y eut compromission des socialistes populaires avec la gauche progressiste, mais que cette affaire lui en a donné l’occasion (nuance importante), l’injustice étant devenue trop flagrante vis-a-vis Dreyfus pour que les socialistes continuent à s’en désintéresser. Selon lui, les socialistes ne se sentaient pas concernés au départ par cette affaire, considérant que c’était d’abord un problème concernant les bourgeois. Plus tard, l’alliance devient nécessaire avec les libéraux progressistes, qui défendent l’idéologie du progrès, du productivisme (comme le monsieur Homais de Madame Bovary) pour contrer un coup de force des royalistes.
3- Il n’est pas exact, mais plutôt insidieux, d’affirmer que Michéa voit dans Mai 68 un autre moment de la trahison de la gauche, parce qu’il ne perçoit tout simplement pas Mai 68 comme un mouvement homogène, monologique ou monolithique. Il fait très clairement la distinction entre des forces véritablement révolutionnaires, critiques du capitalisme, et des forces conformistes à l’avant-garde de la gauche mitterrandiste, la gauche libérale, voire des libéraux au sens strict, dont des futures petits génies en marketing, publicité, médias branchés sans compoter d’innombrables universitaires engagés dans des théories sectaires et jargonneuses. Parmi les forces critiques : certains situationnistes bien sûr (Debord est un auteur de première importance pour lui), les « retours à la terre » (baba cool), Socialisme ou barbarie assurément : les véritables porteurs de paroles démocratiques, émancipées, qui ont tenté des rapprochements avec des ouvriers.
4- Sur ce que serait la critique réactionnaire de Michéa à l’égard des sans-papiers, il est sans doute de bonne guerre polémique, mais faux de dire qu’il ne voit pas les causes du problème : ce que Michéa reproche à cette mouvance pro sans-papaires, c’est justement d’en arriver à défendre ces mêmes causes par manque d’analyse des conséquences du capitalisme : mobilité obligatoire de la main-d’œuvre, déracinement, main-d’œuvre à bon marché, compétition de la main d’œuvre, déclassement des ouvriers locaux, etc.. Ça se discute, mais sûrement pas sur la base qu’il n’a pas compris le pourquoi des sans-papiers.
5- Même chose pour le mariage gay. Qui sont les gay militants ? Un lobby hyper friqué, à l’avant-garde de la consommation. On ne parle pas ici de discrimination à cause de l’orientation sexuelle comme dans la Russie de Poutine. Et ce que dit Michéa, surtout, c’est qu’il n’y a pas de débats de société véritables sur cette question qui comporte tout de même des enjeux anthropologiques fondamentaux. La question, plaide-t-il, est toujours saisie dans des enjeux électoralistes, voire économiques : même Baird, ministre canadien d’un gouvernement très à droite, se montre ouvert aujourd’hui au mariage gay, même le pape François ! Ils sont des critiques du capitalisme peut-être ? Et les libéraux peuvent continuer à dire que l’économie adoucit les mœurs, favorise la démocratie, l’ouverture. Démocratie fallacieuse, dirait Castoriadis, de façade, démocratie représentative dont on ne cesse de se détourner parce que les gouvernements se sont mis à la solde de l’économisme et de sa logique.
6- Michéa fait une critique de la gauche qui s’est agglutinée autour de la question des droits de l’homme privé (Marx). Or, les pensées le moindrement sérieuses des cent dernières années ont toute remis en question cette vision pour montrer que ce qui était dangereusement mis en cause dans cette idéologie de la privatisation des droits, c’est le monde, la société civile, le bien commun et l’individu lui-même, l’individu autonome, non pas une goutte d’eau dans cette société liquide, informe : fin de la politique ? demande Hannah Arendt.
7- Je ne doute qu’on puisse avoir des réserves sur cette notion de commun decency, qui a sa doute existé à l’époque où vivait une culture populaire. Celle-ci existe-t-elle encore ? Plusieurs auteurs semblent plutôt penser qu’elle a été broyés par la culture de masse et la culture de consommation (Ellul, Anders, Pasolini). Il en reste sans doute des traces, des germes, qu’il importe de cultiver. Politiquement, il n’est pas mauvais d’y croire un peu. C’est mieux que le snobisme de la gauche branchée, pontifiante, la gauche caviar, la gauche kérosène comme l’appelle Michéa, la gauche portable, la gauche tablette, IPad et Iphone, cette gauche qui a belle posture, et qui dit au reste de la société ce qu’elle doit penser, faire, consommer surtout, comme produits et comme identités.

On trouvera dans le numéro 10 des Nouveaux cahiers du socialisme (Montréal, Québec, été-automne 2013), un article plus fouillé répondant à une critique adressée à Michéa assez semblable à celle qu’on trouve dans l’article que je viens de commenter rapidement.

Je joins une dépêche sur les bienfaits du mariage gay pour l’économie, la consommation. http://blogues.lapresse.ca/lapresseaffaires/durivage/2013/04/02/cinq-titres-qui-profiteraient-du-mariage-homosexuel/

Gilles McMillan
Montréal

10/08/2013 20:24 par Sheynat

05/08/2013 à 16:08, par domi : A propos des sans papiers, il faut être bien naïf pour croire que leur donner des papiers fera qu’ils ne seront plus exploités, comme si les classes populaires françaises (60% de la population) n’étaient pas exploitées !

Cela ne correspond pas avec ce que déclare l’auteur, je cite :
« Si les sans-papiers obtenaient un titre de séjour et des droits égaux comme le revendique l’extrême gauche, ils ne constitueraient plus une armée de réserve et ne seraient pas plus exploitables que les travailleurs nationaux. »
Dans « pas plus exploitables », je comprends qu’ils pourraient l’être encore, mais... pas plus. D’où ma surprise de voir cette déclaration interprétée comme si l’auteur affirmait qu’ils ne seront plus exploités, et que les travailleurs nationaux ne sont pas exploités.

En outre, ce que relève Cunégonde Godo sur le « sans-papierisme » :

« Des clandestins totalement à la merci d’un patronat aujourd’hui puissamment aidé par les institutions européennes mettant délibérément en concurrence déloyale tous les salariés quels qu’ils soient »

...contribue à valider la thèse de Bietlot :
« C’est justement grâce à la discrimination et à l’absence de papiers que le patronat peut les exploiter sans scrupule et faire pression à la baisse sur la condition salariale. »

Donc, d’après vos réactions, vous adhérez tous les deux aux propos de Mathieu Betliot, à l’exception près que vous l’énoncez autrement, non ?

Et enfin, par rapport à ceci :

il dit que la "gauche" a abandonné la lutte pour la justice sociale en remplaçant notamment la revendication d’égalité par celle de diversité (lutte contre le racisme) or la diversité n’est pas l’égalité économique et elle sert souvent d’écran de fumée aux inégalités croissantes (cf Walter Benn Michaels, "La diversité contre l’égalité").

J’ai lu la présentation de l’ouvrage que vous proposez, et là encore, je ne trouve aucune logique dans le raisonnement.
En gros, voici comment pour moi la réalité des injustices se présente :
Les inégalités économiques façonnent une division de classe. Jusqu’ici je pense qu’on est d’accord.
Sauf que les discriminations à l’égard de la diversité sont à l’origine de ces inégalités économiques.
C’est à dire que :
Le rejet de la diversité provoque les inégalités économiques, qui provoquent les divisions de classe.

En poussant au maximum la théorie, on pourrait imaginer un monde peuplé d’êtres très peu diversifiés, allez, tous de la même couleur, du même genre, de la même culture, avec les mêmes croyances, des capacités et apparences physiques et mentales identiques... un monde de clones, carrément, évoluant dans une gestion économique totalement égalitaire...
Croyez-vous un instant qu’il n’y en auraient pas qui excluraient quand même l’autre, c’est à dire, celui qui ne serait-pas-tout-à-fait-pareil, celui qui par exemple toussoterait un poil différemment que ceux qui raisonnent par mentalité discriminatoire ? Il ne restera plus qu’à le cataloguer dans une nouvelle catégorie sociale, le rejeter professionnellement par exemple, pour voir resurgir la spirale sans fin des divisions de classe, où il serait question de « donner, recevoir, rendre », certes, mais pas de la même manière à tout le monde.

Car déjà, avancer :
« cela revient à analyser l’inégalité comme une conséquence de nos préjugés plutôt que de notre système social : on substitue ainsi au projet de créer une société plus égalitaire celui d’amener les individus (nous, et en particulier, les autres) à renoncer à leur racisme, à leur sexisme, à leur classisme et à leur homophobie » (p.16).
...n’est rien d’autre que d’exclure une des multiples facettes d’une unique lutte, et par là même la vouer à l’échec, car c’est le fondement même de l’exclusion de la différence qui divise économiquement les individus.
Croire qu’en conservant ce genre de préjugés on peut résoudre l’inégalité économique, c’est cela qui est bien naïf.
Comment s’est développée l’économie des pays Occidentaux, comment se sont enrichies les grandes familles occidentales si ce n’est en réduisant à l’état d’objet consommable le « sauvage », habitant l’hémisphère Sud de la planète, autrement dit, si ce n’est en justifiant les préjugés racistes ?

Aussi, si vous saviez comment certaines classes bourgeoises FN parlent entre elles des classes populaires, vous y découvriez autant de mépris et de préjugés que du racisme ou de l’homophobie, un jour, j’en ferai un recueil pour ne pas oublier.

11/08/2013 07:46 par Jean-Marie Défossé

Je rejoins les commentaires de Eric à 100% !

Ils nous fatiguent , ces "analystes" , ces "intellectuels" plein de suffisances et de certitudes , ces inspecteurs des travaux finis et des pseudo-révolutions passées , ces "placoteux" de la diversion et de l’inutile , cherchant seulement à se faire un nom pour mieux vendre leurs bouquins et pour ensuite aller passer quelques vacances dans leur résidence secondaire !

Un peu de décence et de respect pour ceux qui en prennent plein la gueule durant toute leur existence ; et de grâce , lorsque vous parlez de gôôôche , de socialisme voire de communisme français , faites-nous au moins ce petit plaisir : NE PARLEZ PAS DES ABSENTS !

14/08/2013 15:03 par neuting

"Le populisme" de michea est a rattacher à sa première définition, celle originelle qu’un thomas frank décrit dans "pourquoi les pauvres votent à droite", ce qui n’a strictement rien à voir avec sa redéfinition actuelle par les médias et la police de la pensée, qui sert plutôt comme "mots lourd" au sens d’un Pierre andré taguieff dans "le sens du progrès", destiner à empecher de penser et décridibilisé plutôt qu’à préciser et affiner le sens de ce mot auquel l’auteur de cet article rattache visiblement sa vision à la version moderne ! Pourtant Michéa s’est exliquer lui même de cette différence...
Il aurait fallut qu’il définisse en premier lieu sa propre vision du "populisme" pour pouvoir ensuite s’en référer, ce n’est pas le cas, et l’article s’en ressent...

14/08/2013 23:58 par Galaad Wilgos

1) "Dans tous les cas, il s’agit d’une seule et même logique : le projet philosophique de la modernité."

Faux. Michéa dit à plusieurs reprises, dans la double pensée, l’empire du moindre mal ou le complexe d’Orphée, qu’une autre pensée moderne s’est historiquement opposée au libéralisme comme projet moderne : le républicanisme. Que bien qu’il n’en soit pas un partisan, étant plus radical et plus populiste, il n’hésite pas à y voir l’une des écoles de pensée qui a su contribuer au maintien d’une tradition d’opposition à l’Argent-roi, au commerce pacifique et de réhabilitation du civisme. Il est critique de la modernité, mais il ne la rejette pas toute, et ne la résume pas au libéralisme ou au mal.

2) "Toujours selon l’auteur, ce qui caractérisait le socialisme des origines (le socialisme utopique critiqué par Marx et Engels précisément parce qu’il reposait sur des valeurs morales et non sur une analyse rationnelle de la société), c’était d’opposer à la société juste du projet libéral une société décente dont la référence n’est pas la liberté mais le bien, la bonne manière de vivre, mise à mal par la déshumanisation et la cupidité du libéralisme."

Propos introuvables aussi sous la plume de l’auteur : est-ce pour cela que l’auteur rechigne à placer une note de bas-de-page afin d’indiquer l’emplacement où Michéa affirme que le socialisme des origines se "caractérisait par une référence au bien et non à la liberté" ? Et surtout, où il approuve une telle substitution ? Michéa est proche des libertaires, notamment de libertaires comme Offensive, il n’a de cesse de dire qu’il faut un socialisme moderne qui préserve les droits individuels dans son projet sans pour autant en promouvoir l’extension ad infinitum. L’idée que pour lui la liberté doive faire place au bien n’a aucun sens, d’autant moins quand on sait qu’il fustige sans arrêt les "idéologies du Bien" comme la théocratie chrétienne.

3) "Trahissant leur base ouvrière, c’est pour contrer le camp des royalistes que les socialistes se sont alliés aux républicains, abandonnant par là le combat contre le capital et pour les intérêts de la classe ouvrière au profit d’un combat pour la justice, un combat droit de l’hommiste, dirions-nous aujourd’hui. Certes, on reconnaîtra avec Michéa que les socialistes ont depuis le début du XXe siècle capitulé devant le capital, abandonné l’idée de renverser ou de dépasser le capitalisme mais est-ce à cause de l’affaire Dreyfus ?"

Encore une fois, la référence s.v.p. ? Car on vérifierait assez vite que Michéa, loin de faire de ce ralliement une trahison, affirme clairement qu’il s’agissait d’une lutte à mener, en rappelant au passage que les premiers à s’être ralliés à la lutte dreyfusarde furent les anarchistes, suivis de Jaurès - et non les marxistes orthodoxes à la Jules Guesde dont legrandsoir est sans conteste l’héritier aujourd’hui. On le retrouve encore dans les premiers chapitres de son complexe d’Orphée. Il montre néanmoins que c’est à partir de ce moment-là que se noue progressivement une alliance durable entre la gauche et le socialisme dont l’autonomie était à ce moment-là à son paroxysme.

4) "Michéa en arrive donc à considérer que les militants pour le mariage gay ou pour les sans-papiers sont devenus les meilleurs alliés ou les idiots utiles du grand capital dont l’expansion infinie requiert la suppression de toutes les frontières et de toutes les discriminations [6]. Il faut n’avoir pas compris le combat en faveur des sans-papiers pour lui reprocher de servir le patronat et son besoin d’une armée de réserve de travailleurs étrangers. C’est justement grâce à la discrimination et à l’absence de papiers que le patronat peut les exploiter sans scrupule et faire pression à la baisse sur la condition salariale. Si les sans-papiers obtenaient un titre de séjour et des droits égaux comme le revendique l’extrême gauche, ils ne constitueraient plus une armée de réserve et ne seraient pas plus exploitables que les travailleurs nationaux."

Michéa n’a jamais considéré que "les militants pour le mariage gay [...] soient devenus les meilleurs alliés ou les idiots utiles du grand capital", mais où allez-vous chercher ce genre d’inepties ? Je vous mets au défi de citer un passage où il dénonce le mariage gay comme une avancée négative et pro-capitaliste ! Il dit même dans son entretien croisé avec Dufour et Guillebaud d’il y a quelques mois, publié dans la décroissance, qu’il y a de bonnes raisons de le soutenir (mais pas les raisons progressistes du type "sens de l’histoire"). Vous le confondez avec ses zélateurs droitards à la Soral/Zemmour, dont visiblement vous reprenez l’interprétation !

Ensuite, la dénonciation de Michéa du sans-papiérisme est une dénonciation socialiste et humaniste : il prend en compte le fait que les deux partis prenants de cette situation en sont les victimes : d’un côté les autochtones qui subissent l’arrivée d’une main d’oeuvre corvéable à merci et dont le déracinement nuit fortement à la politisation, la socialisation et donc partant l’union dans la lutte anticapitaliste ; de l’autre des immigrés sans aucun repère, dans une société qui n’est pas la leur et qui subissent la douleur du déracinement, d’êtres "sans feu ni lieu". La common decency nécessitant un certain enracinement, garant de la stabilité et de la constitution de liens sociaux, il est clair que ce mode de vie n’a rien de souhaitable pour une société socialiste.

Enfin, en quoi est-ce que "donner des droits égaux" ou "donner un titre de séjour" résoudrait le problème ? Est-ce que l’auteur vit dans un monde de Bisounours ? La solution n’est pas de créer un droit complètement ouvert à tous mais bien de favoriser l’assimilation des arrivants dans la société d’accueil, en leur accordant la nationalité et non en préservant leur statut d’étranger qui aurait alors, de manière totalement ubuesque, les mêmes droits qu’un citoyen. Se rend-il compte de ce qu’une vision grotesquement ouverte, refusant de discriminer entre les citoyens et les étrangers, provoquerait en matière d’emplois et de concurrence ? Certes il n’y aurait plus le problème de la concurrence déloyale, mais cela n’enlèverait pas le problème de la concurrence en soi... Au contraire cela le favoriserait ! On voit là comment la bien pensance d’extrême-gauche renforce, avec le sourire de l’homme de Bien, le système capitaliste : une arrivée massive de main d’oeuvre étrangère, à égalité de droit avec la main d’oeuvre locale, ne ferait que permettre une concurrence accrue entre les uns et les autres, puisque les nationaux ne seraient plus favorisés dans leur recherche d’emploi par rapport aux étrangers (au sens juridique). Les libéraux économiques ne seraient sans doute pas en désaccord avec cette mesure au nom d’une sacro-sainte "méritocratie", dénoncée à juste titre par Lasch.

5) " Il est dommage que Michéa n’aille pas jusqu’au bout de son raisonnement : si l’homme n’a pas d’essence ou de nature prédéterminée, qu’il se détermine dans l’histoire et est le fruit de son époque, il n’est naturellement pas plus décent que cupide."

Il a déjà assez répondu à cette fausse accusation auparavant émise par des Lordon ou des Corcuff, et il suffit de l’avoir un peu lu pour voir qu’il n’essentialise pas les classes populaires. La common decency est liée à une situation sociale et non une essence ou une nature : situation sociale mise en péril notamment par l’urbanisme hypermoderne ou l’extension du marché capitaliste, qui tous deux lumpenisent. Ce qui est plus intéressant ici est de questionner la raison d’un tel acharnement chez les gauchistes et l’extrême-gauche en général en ce qui concerne cette décence populaire. Tous semblent considérer comme un devoir moral de dénoncer une prétendue essentialisation des humbles, ainsi que la revalorisation de leur culture ou de leurs valeurs (idéalisées ou non). Est-ce par soucis purement scientifique ? L’on voit bien que non puisque leurs papiers ne le sont pas, ce sont des papiers critiques, philosophiques et surtout politiques, à 1000 lieues d’analyses sociologiques ou anthropologiques. Alors pourquoi ? Pourquoi des intellectuels qui se font fort de défendre une conception de la société où les humbles auraient un peu plus de dignité, d’égalité et de liberté, sont les premiers à dénoncer l’horrible populisme d’un Orwell ou d’un Michéa ?

A mon avis, il faut aller chercher du côté à la fois sociologique et idéologique. Sociologique : les intellos en question sont tous, à une immense majorité, issus de classes moyenne éduquées, précarisées ou non (Lordon ayant clairement les fouilles décemment remplies avec son poste au CNRS), et du fait de leur imaginaire social, ne côtoient que très peu le bas peuple, surtout lorsqu’il n’a pas fait de hautes études intellectuelles. Leur mode de vie est, en outre, beaucoup plus mobile, plus déraciné et plus individualisé - expliquant aussi un certain détachement d’avec les gens qui partageraient la même condition sociale sans le parcours scolaire ou la culture intellectuelle. Ils voient dans l’idée que ces sales gueux possèdent une certaine morale décente, peut-être plus décente que leur individualisme intellectualiste, une offense majeure à leur conception de la vie, comme une injustice qui ne peut qu’être fausse. Résultat : il faut absolument préciser que tout le monde se vaut, que tout se vaut, qu’on est con et salaud partout de la même manière, grands patrons du CAC40 ou tourneur-fraiseur.

La réhabilitation à gauche de l’esprit d’entreprise a d’ailleurs marché main dans la main avec la beaufisation des classes populaires - plus à "l’extrême-gauche" ici. La classe ouvrière, les classes populaires "de souche" en général, ont perdu leur attrait, utilitariste pour la gauche libérale (ils ne votent pas, et plus pour eux lorsqu’ils le font), idéologique pour l’extrême-gauche libérale (l’ouvriérisme délirant d’antan ayant fait place à l’extrême-inverse d’un mépris aristocratique ; en plus leurs nouvelles inclinaisons idéologiques leur donnent matière à dénoncer le racisme et le machisme qui y seraient si présents). Au passage, les substituts à la classe ouvrière ont été loin dans ce coin de la politique, du tiers-mondisme exotique à l’apologie des immigrés en général (Badiou pensant qu’ils étaient un nouveau prolétariat apte à mener la révolution à la place du prolétariat national devenu bourgeois ; Renaud dénonçant les sales cons de Français tout en valorisant l’immigré).

Idéologique enfin : car une brève analyse des gens qui critiquent cette idée de common decency ou le socialisme révolutionnaire d’un Michéa montre qu’ils font à peu près tous partie de cette classe d’intellectuels auparavant dénoncés par les syndicalistes révolutionnaires autant que par Orwell, à savoir les intellectuels d’Etat, les socialistes d’Etat. Intellos dont l’objectif n’est pas l’autonomie collective des prolétaires mais bien la prise du pouvoir SUR eux, notamment via la prise de l’Etat qu’ils révèrent - parce qu’il est le règne du technicien, de l’économiste, de l’Intellectuel. Intellos dont les penchants pour l’abstraction et la raison pure les font ignorer voire dénigrer l’importance de la morale, de la passion, de la tradition ou de l’irrationnel dans la constitution du socialisme - tout ce qui, en somme, échapperait à leur intellect, leur maitrise rationnelle pure de tout, et qui ont tant d’importance dans les masses et leur capacité à s’indigner et s’opposer au capitalisme.

Pour toutes ces raisons, il est logique de lire sous la plume de l’auteur que "Non seulement la décence ordinaire ne peut être affirmée comme un trait de caractère structurel des classes populaires mais elle est, en outre, difficile à établir empiriquement. On trouve aussi bien dans les mœurs populaires de la solidarité et de l’entraide que de la méchanceté et de l’égoïsme." En contradiction totale avec tout le corpus socialiste révolutionnaire, ainsi que l’histoire du mouvement ouvrier. Le premier ayant toujours mis en avant, sans pour autant idéaliser ad nauseam, les valeurs d’entraide, de don, de solidarité qui pour diverses raisons sociales, historiques et culturelles, étaient bien plus présents dans les classes populaires (ouvrières en particulier) que dans la bourgeoisie. Le deuxième montrant en effet comment ce mouvement fait de gens simples et touchés de plein fouet par le capitalisme sut glorifier l’internationalisme, la solidarité active entre individus et peuples, etc. Si finalement rien ne différencierait au niveau des moeurs le prolo du bourge, il est bien difficile d’expliquer toutes ces réalisations populaires.

6) "Le brouillage de l’opposition gauche/droite qu’on retrouve dans les définitions du populisme. C’est ainsi qu’on peut voir l’aboutissement politique de ces raisonnements dans le nouveau mouvement d’Alain Soral : Egalité et Réconciliation dont le slogan est on ne peut plus explicite : “la gauche du travail, la droite des valeurs”"

Je concluerai sur cette dernière remarque : l’aboutissement politique de ses raisonnements se trouverait chez Soral. Certainement pas chez les libertaires d’Offensive, les décroissants de La Décroissance ou les castoriadiens de Lieux Communs. Non, le vrai michéiste dans l’histoire, c’est le fasciste Soral. Bien joué ! On se demande néanmoins où l’on trouverait un zeste d’antisémitisme ou d’homophobie chez Michéa. De même, l’industrialisme furieux et l’étatisme de Soral n’ont semble-t-il guère de rapport avec la décroissance et la sensibilité anarchiste du philosophe montpelliérain. Soit, les deux proclament le clivage gauche-droite comme obsolète et revalorisent la tradition, donc bonnet blanc et blanc bonnet. Ok. On ignorera le fait que Soral ne le remette pas véritablement en cause puisqu’il déclare vouloir "GAUCHE du travail" et "DROITE des valeurs", ou le fait que son traditionalisme s’arrête aux portes des planistes hypermodernes de l’entre-deux-guerres qu’il adule tant. On ignorera surtout la quantité incroyable d’intellectuels "de gauche" ayant remis en cause ce clivage, et ayant dit explicitement que le socialisme ne devait pas détruire la tradition, mais s’en emparer et la rendre vivante : plic ploc (certains ayant accepté la gauche tout en admirant la tradition) Orwell, Castoriadis, Camus, Lasch, Charbonneau, Jaime Semprun, Pierre Leroux, William Morris, Ellul, Mariategui, Sorel, etc. Tous des soraliens en puissance ?

22/08/2013 23:31 par Lapindebois

@Galaad Wilgos :
J’applaudis votre commentaire, sauf sur un point : Michéa a bel et bien critiqué les effets du "mariage pour tous" (et avec raison, selon moi), dans Les mystères de la gauche (scolie L, note 12) :

"La méthode philosophique privilégiée des défenseurs du libéralisme culturel (...) est celle qui consiste à envisager tous les problèmes qu’une société humaine peut rencontrer sous le seul angle du Droit.
(...)
S’il est acquis, par exemple, que les couples hétérosexuels à la fois stériles et en mal d’enfants ont le "droit" (...) de commander sur le marché mondial de l’adoption une petite fille asiatique ou un petit garçon africain (...), alors il s’ensuit inévitablement que les couples homosexuels en mal d’enfant (ils ne représentent, en tout état de cause, qu’une infime minorité de la communauté gay, laquelle, en général, est plutôt d’humeur joyeuse et libertine) devront, eux aussi, bénéficier d’un tel droit. Le problème c’est que l’enfant qu’un couple homoparental sera ainsi parvenu à se procurer dans un pays exotique (ou à faire fabriquer en Europe selon les règles de la "procréation assistée") n’en continuera pas moins de fantasmer (...) sur les rencontres humaines singulières qui ont présidé à sa naissance réelle, et par conséquent sur la véritable filiation dans laquelle il doit s’inscrire. Or, à partir du moment où le savoir que cet enfant finira par acquérir, tôt ou tard, des lois de la reproduction sexuée (et du rapport nécessaire de celle-ci à l’Autre et à la Différence) commencera à contredire ouvertement la situation qu’il a quotidiennement sous les yeux (situation fondée, au contraire, sur le primat du Même), il est clair que son travail de subjectivation et de construction de soi (...) s’en trouvera considérablement alourdi et compliqué (on retrouve ici, bien sûr, le conflit libéral classique entre le droit à l’enfant - qui est fondé sur le désir subjectif des parents - et le droit de l’enfant - qui est théoriquement fondé sur les besoins objectifs de ce dernier)."
(et pour finir Michéa, qui est taquin, préconise d’enseigner à tous les enfants qu’ils ont été déposés dans leur famille par une cigogne)

27/08/2013 09:48 par legrandsoir

Article sur Ragemag :

Les polémiques enflent dans le microcosme de la philosophie politique. Au cœur du cyclone ? Jean-Claude Michéa, auteur de dix ouvrages en un peu moins de vingt ans. Serge Halimi ouvrit les hostilités estivales, dans un éditorial du Monde diplomatique accusant le penseur montpelliérain de mythifier un prolétariat qui n’existe plus. La Revue des Livres, sous la plume de l’économiste Frédéric Lordon, consacra onze pages à dénoncer « L’impasse Michéa ». Philippe Corcuff envoya la dernière salve, dans les colonnes de Mediapart, et lui reprocha de brouiller les clivages idéologiques… Un point s’impose.

Lire la suite :

Halimi, Lordon et Corcuff contre Michéa : retour sur la controverse
http://ragemag.fr/michea-retour-sur-la-controverse-37310/

28/09/2013 09:12 par CD

Ici c’est le populisme réactionnaire qui est critiqué pas la défense du peuple-classe au plan démocratique et social. C’est une fraction du peuple qui est réac pas tout le peuple-classe. Bon article cpdt.

(Commentaires désactivés)