Auteur Ilyes BELLAGHA

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Le crime de voir juste, Netanyahu, Yuval Abraham, Rachel Szor, et la démocratie qui se déshabille toute seule.

Ilyes BELLAGHA
Netanyahu promet une loi pour déchoir de leur nationalité les journalistes qui « diffament » l'armée. La cible, à peine voilée : Yuval Abraham et Rachel Szor, coréalisateurs du documentaire NAZA, primé à Venise. Pendant que le pouvoir légifère, la rue scande la peine de mort devant la maison de leurs parents. Un régime qui répond à une accusation par la menace n'a jamais rien réfuté — il a seulement confirmé qu'il n'avait rien d'autre à opposer. Il y a une manière (…)
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L’impérialisme a regagné son adresse

Ilyes BELLAGHA
Pendant un demi-siècle, l'impérialisme a vécu sous pseudonyme : « communauté internationale », « droits de l'homme », « bonne gouvernance ». Il vient de remettre sa plaque. L'Europe découvre qu'elle n'était que la concierge, et le Sud qu'il a perdu sa propre adresse à force de se définir contre ou par l'étranger. I. Le propriétaire est rentré Pendant un demi-siècle, l’impérialisme a eu plus de noms d’emprunt qu’un escroc de palace. Il s’est appelé « (…)
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Le noir, la peau, le poing

Ilyes BELLAGHA
Piaf, Simone, Shakira — ou ce que le corps de la femme n'a pas à prouver. On nous a appris à lire le corps de la femme comme on lit une déposition. Voilé, il témoignerait de sa soumission. Dénudé, il témoignerait de sa liberté. Dans les deux cas, on lui demande la même chose : faire preuve. Prouver, par la surface, ce qui se passe — ou ce qu’on imagine se passer — à l’intérieur. C’est cette demande de preuve qu’il faut d’abord regarder en face, avant de parler de Piaf, de Simone ou (…)

Le bibliothécaire aveugle des deux rives

Ilyes BELLAGHA
De Ceuta au Sahara occidental, du stress hydrique méditerranéen aux boucs émissaires migratoires, un même geste se répète des deux côtés de la Méditerranée occidentale : celui de savoir, et de choisir malgré tout de ne pas voir. Une lecture par la figure de Jorge de Burgos, le bibliothécaire aveugle du Nom de la Rose. Il y a, dans Le Nom de la Rose, un vieux moine aveugle qui garde un livre. Ce n’est pas n’importe quel livre : le second traité de la Poétique d’Aristote, celui qu’on (…)

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué

Ilyes BELLAGHA
Les académiques, les médias, les médecins, tous les corps constitués utilisent le jargon pour dominer. Comme les proxénètes avec leurs prostituées, ils créent une dépendance linguistique. Si vous ne comprenez pas leur langue, vous êtes dehors. C'est exactement ce qu'ils veulent. INTRODUCTION Les universitaires, les IA, les médias, les médecins, tous les corps confondus et fondus dans leur moule-récipient se protègent et s’identifient en utilisant un jargon. Ah, j’ai oublié les (…)
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La gauche face à la droite rusée : pour une critique lucide et offensive

Ilyes BELLAGHA
Billet d’auteur Ils ont écrit : « Nous choisissons de ne pas publier votre texte. » Une phrase simple, mais saturée de sens. Elle dit tout : la peur du mélange, la fatigue des dogmes, le confort des certitudes. Je ne suis pas dogmatique. Je n’appartiens à aucune chapelle, ni à celle des croyants, ni à celle des sceptiques. J’écris pour comprendre, non pour rallier. La pensée n’a pas besoin d’un camp pour exister ; elle a besoin d’air. On peut refuser un texte, mais on ne peut pas refuser le (…)
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Le monde marche sur deux jambes

Ilyes BELLAGHA
Depuis que le libéralisme s’est libéré et que le socialisme ne parle plus du social, l’Occident, croyant avoir triomphé, se retrouve comme un légionnaire sans guerre. Pendant que les autres continents se réveillent, l’architecture et la culture pourraient redevenir les outils d’une humanité réconciliée avec la terre. Depuis que le libéralisme s’est libéré et que le socialisme ne parle plus du social, l’Occident, croyant avoir gagné le combat, s’est retrouvé comme un légionnaire sans (…)

La colonisation commence par les mots

Ilyes BELLAGHA
Des Malouines à la Palestine, du Golfe Persique au Burkina Faso, les noms sont plus que des mots. Ils sont des identités, des drapeaux, des mémoires. Nommer, c’est choisir un camp : coloniser, effacer ou libérer. La guerre des noms continue, invisible mais décisive. Les guerres ne se mènent pas seulement avec des armes. Elles se mènent aussi avec des mots. Les noms des territoires, des pays, des régions ne sont pas neutres : ils sont des identités, des bannières, des mémoires. Dire (…)

Le capitalisme X.0 ou la maladie d’un corps sans défenses

Ilyes BELLAGHA
Comme un virus qui mute pour survivre, le capitalisme X.0 s’attaque aux défenses vitales de nos sociétés : l’éducation, la culture, l’information. Face à cette maladie, il ne suffit pas de condamner des figures politiques, mais de reconstruire nos anticorps collectifs pour que le corps social retrouve sa santé. La politique, quand elle se réduit à une simple gestion, perd son souffle et son horizon. Elle devient une comptabilité d’actions dispersées, chacune défendue par une spécialité (…)

La gauche, ces agrumes acides

Ilyes BELLAGHA
On dit que la gauche est trop acide, trop exigeante, trop complexe. Pourtant, c’est cette piqûre qui révèle sa force et son courage. Entre imposteurs et hypocrisie, seule l’action révolutionnaire transforme les mots en justice concrète et redonne goût à ses idéaux. On dit que la gauche est trop acide, trop exigeante, trop complexe. Mais c’est cette acidité qui révèle sa saveur et son courage. Critiquer les imposteurs est nécessaire ; reconnaître les forces véritables de la gauche, c’est (…)

Quand l’aide internationale impose un paradigme : l’exemple africain

Ilyes BELLAGHA
Les aides européennes et les prêts du FMI imposent un paradigme néolibéral qui standardise l’aménagement du territoire africain au détriment de la souveraineté et des besoins locaux. L’exemple du port en eau profonde d’Enfidha, Tunisie, illustre la nécessité d’une mobilisation citoyenne pour défendre un développement adapté aux populations. Chapo / Introduction Les aides européennes, les prêts du FMI et de la Banque mondiale façonnent l’aménagement du territoire africain selon des (…)
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Quand l’urbanisme fabrique des citoyens passifs

Ilyes BELLAGHA
L’article analyse comment l’urbanisme et l’architecture participative produisent des citoyens passifs plutôt que des acteurs collectifs, en explorant les liens familiaux, locaux et nationaux dans la fabrication de l’espace citoyen. Introduction L’urbanisme contemporain se donne souvent des airs de modernité démocratique. On parle de participation citoyenne, d’ateliers ouverts, de co-construction des espaces publics. Pourtant, derrière ces mots séduisants, la réalité est bien plus (…)