Thème Egypte

Egypte : Notes sur "chevaucher le sphinx"

Dedefensa
Depuis dimanche, se succèdent les interprétations du "coup d’État" interne réalisé par le président Morsi dans de remarquables conditions de surprise, de rapidité et d’efficacité. Diverses étoiles de maréchaux et de généraux se trouvent dispersées, d’autres aussitôt regroupées dans les fonctions ainsi laissées vacantes. Ce "coup" suit les diverses péripéties des "attaques" terroristes dans le Sinaï, elles-mêmes soumises à de bien diverses interprétations. (…)

L’Armée assure son pouvoir après la victoire des Frères Musulmans

Claudia Cinatti
Après plusieurs semaines de tension, de mobilisations et d’incertitude, les militaires ont officiellement déclaré Mohamed Morsi (Parti Justice et Liberté, bras politique des Frères Musulmans) comme le vainqueur au second tour des élections présidentielles avec 52% des voix, contre Ahmed Shafik, dernier Premier Ministre du régime Moubarak, qui a obtenu 48% des voix, soutenu par le Conseil Suprême des Forces Armées (CSFA). La presse impérialiste tente de présenter la transmission du pouvoir (…)

Égypte : des élections présidentielles sous haute influence

Ahmed BENSAADA
Le 24 juin 2012, Farouk Sultan, président de la Commission de l’élection présidentielle égyptienne, annonça la victoire de Mohamed Morsi à la magistrature suprême de l’Égypte un an, quatre mois et treize jours après que la rue ait chassé Moubarak. Candidat de la puissante confrérie des Frères musulmans, il a défait au deuxième tour Ahmed Chafik, ancien militaire et, surtout, dernier premier ministre de Moubarak, à la suite d’un processus électoral qui s’est étalé sur pas moins d’un mois. (…)

Que Dieu me garde des amis (Il Manifesto)

Manlio DINUCCI
Le premier à féliciter le nouveau président égyptien Mohamed Morsi a été le président Obama. Il lui a téléphoné sur un ton amical, en assurant que les Etats-Unis « continueront à soutenir la transition de l’Egypte vers la démocratie » et veulent « promouvoir les intérêts communs sur la base du respect mutuel ». Les deux présidents, annonce la Maison Blanche, se sont engagés à « développer le partenariat Usa-Egypte, en restant en contact étroit dans les prochains mois ». Les Etats-Unis (…)

Egypte : de la révolution à la dictature militaire

Lahcen SENHAJI
Edmund Burke, théoricien britannique critique de la Révolution Française de 1789, prédisait jadis à qui voulait l’entendre que cet évènement allait déboucher sur une prise de pouvoir de l’Armée. Une prédiction qui prit tout son sens lorsque suite à la dictature de la Terreur, le général Bonaparte profita de l’instabilité qui caractérisait la période postrévolutionnaire pour s’emparer du pouvoir et succéder à la tyrannie oligarchique des révolutionnaires. Et Burke passait alors d’un (…)

La place Tahrir et sa démocratie

Ahmed BENSAADA
D’un banal et assez quelconque lieu continuellement bondé d’autobus et de vendeurs en tous genres, la place Tahrir s’est métamorphosée, l’espace d’un « printemps » hivernal, en épicentre de l’effervescence sociale « démocratisante » de l’Égypte. Les différentes manifestations populaires qui s’y sont déroulées début 2011 ont démontré que l’idéologie de résistance non violente, théorisée par Gene Sharp, jumelée à une application pratique des concepts acquise grâce aux formations du « Center (…)

Égypte : la grande désillusion des révoltés de la place Tahrir

Ahmed BENSAADA
Dans le chic quartier de Zamalek, tout juste à coté de la pâtisserie Fauchon, « The Bakery Shop » (TBS) est le « temple » cairote du beigne nord-américain. Cette boutique, dans un élan d’engagement social et de ferveur démocratique, a décidé de se joindre à la grande kermesse des premières élections présidentielles libres du pays. Elle a promis d’offrir gracieusement des gâteaux aux personnes montrant « patte blanche », c’est-à -dire un doigt teinté d’encre indélébile, preuve irréfutable de (…)

L’Egypte contre les ONG : attaque anti-démocratique ou défense de la sécurité nationale ?

RT
L’Egypte a refusé des licences à huit ONG basées aux Etats-Unis au motif qu’elles violaient la souveraineté du pays. De nombreux états s’inquiètent de ce que des ONG sponsorisées par des gouvernements étrangers travaillent pour ceux qui les financent au lieu de demeurer des groupes d’action indépendants. Parmi les organisations bannies d’Egypte, il y a le Centre Carter pour les Droits Humains fondé par l’ancien président étasunien Jimmy Carter, le groupe chrétien des Orphelins Coptes, (…)

Tahrir cinéma (3) : la Révolution en chantier

Rosa LLORENS
Le festival de cinéma égyptien se poursuit : mardi 7 février, on pouvait voir aux 3Luxembourg un court-métrage d’Emad Ernest (réalisateur de Fauteuils en cuir) et un film de Samir Abdallah, Au Caire de la Révolution. Dans le premier, My dark waters, les réactions des Egyptiens après les dernières élections de Moubarak, en 2006, étaient symbolisées par un entassement de chaises vides et délabrées, sur un fond de bruits d’eau ; ce grondement s’élevait progressivement jusqu’à devenir (…)

La crise politique rouverte à la suite du massacre de Port-Saïd

Claudia Cinatti et Ciro Tappeste
Les affrontements violents de Port-Saïd à la suite du match ayant opposé l’équipe cairote d’Al-Ahly à celle d’Al-Masry va bien au-delà du simple heurt entre supporters de foot. Ils révèlent la profondeur des contradictions sociales et politiques qui traversent le pays ainsi que le caractère extrêmement instable de la situation actuelle. Après cette nuit de violence dont le bilan s’élève au bas mot à 74 morts et à des centaines de blessés, la foule est redescendue dans les rues de la (…)

Tahrir cinéma (2) : la résistance continue

Rosa LLORENS
A l’heure où les nouveaux chiens de garde nous mitraillent de plus belle, à propos de la Syrie (jumelant les nouvelles sur les manifestants égyptiens et les mercenaires syriens - mais, s’il y a symétrie, pourquoi les journalistes réclament-ils, heure après heure, une intervention armée contre Bachar el Assad et pas contre le Maréchal Tantaoui ?), on guette les fenêtres par lesquelles on pourrait voir ce qui se passe vraiment : radios et télévisions ne diffusant plus que de la propagande, il (…)

Ramy Essam, la bande originale de la révolution égyptienne

Jamila Al-Mukhtar
Lorsqu’il est arrivé sur une Place Tahrir pleine de manifestants le 31 janvier dernier, Ramy Essam n’était qu’un simple étudiant de 23 ans inscrit en architecture. A Mansoura, où il suivait ses cours à la fac et où il habitait avec sa famille, il avait déjà participé avec son frère Shady aux premières manifestations contre le régime de Moubarak. C’est alors qu’il décida de laisser derrière lui la région du delta du Nil, à quelques encablures du bastion ouvrier de Mahalla, pour faire le (…)