Thème Culture/Société/Sports

Mademoiselle de Joncquières et les féministes

Rosa LLORENS
Le film d’Emmanuel Mouret, tiré d’une nouvelle insérée dans Jacques le Fataliste de Diderot, n’engage apparemment pas de grands débats. C’est même le consensus des critiques qui est fastidieux, en particulier sur la subtilité et l’élégance des dialogues, écrits dans une langue XVIIIe, et sur le jeu parfait des acteurs. Sur le premier point, il faut avouer qu’il y a bien des platitudes (on est loin de Marivaux !), que les acteurs s’efforcent de débiter comme des traits d’esprit ; on (…)

Privatisation des droits TV dans le football : ça suffit !

Damien-JRCF
Le football, lui aussi, n’a pas échappé à la logique néo-libérale des premiers traités de l’Union Européenne du Capital. Il y a 23 ans, l’affaire Bosman éclata. Les grandes forces d’argent du milieu du football se frottèrent les mains : quoi de mieux que cette affaire pour légitimer une libéralisation à outrance des transferts et des quotas (de bons sens). Il ne s’agit en aucun cas ici de culpabiliser Jean-Marc Bosman, dont la plainte envers son club belge était parfaitement légitime et qui (…)

Une Pluie sans fin : un coup de tonnerre dans un été aride

Rosa LLORENS
Une Pluie sans fin, de Dong Yue, vous laisse saisi d’admiration, mais perplexe : sous quel angle considérer le film ? une métaphore de la société chinoise post-Mao ? un film de genre (policier) à dimension métaphysique ? un chef-d’oeuvre formel ? un coup de tonnerre qui annonce (ce qui se rapprocherait du titre anglais Looming Storm) la fin de l’hégémonie hollywoodienne ? Le blog du cinéma (Une pluie sans fin : le polar de l’été, article signé : Aurélien) contextualise le film : "Le cinéma (…)
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Le blues de Cunégonde ou le népotisme dans la chanson française...

Jean LECENDENT
La censure ? Bien sûr qu’elle existe dans le domaine de la chanson, de la musique et plus que jamais ! 1) Elle est dictée et basée sur les forces de l’argent, le népotisme et ses cohortes de pistonnages multiples ( les relations /ou pas en lien et appartenance à ses origines sociales, fils ou filles à papa ou les enfants de la baballe, le bon goût / le mauvais goût, ce qui est bien / ce qui ne l’est pas, ce qui est tendance / ou pas, à la mode / ou ringard, etc ... ). Bref, le (…)
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L’esprit de victoire

Jean-Luc MELENCHON
Au moment où j’écris ces lignes, la rue résonne de klaxons et ma télé donne les images des Champs Elysées emplis d’une foule en joie. Je ne me suis mis à mon clavier que pour maitriser l’étrange houle qui monte en moi en m’unissant à eux. Je suis reconnaissant à ceux qui nous permettent de vivre un moment de cette sorte. Je comprends que le foot indiffère et même qu’il insupporte. Mais j’ai plus de mal avec les militants politiques de la gauche traditionnelle quand ils montrent du doigt ceux (…)

Manu, ne nous prends pas pour des cons... !

Jean ORTIZ
Manu, tu as failli nous gâcher la fête. Tes communicatoires te répètent que tu apparais trop lointain du populo, que tu manques de proximité, que « tu te la pètes ». EXCUSEZ -MOI Monsieur le président mais je me rends compte que je vous tutoie... Habitude par trop espagnole. Je t’ai soudain pris en sympathie. La Sympathie, ce n’est pas très loin de la Croatie. Alors Manu, je t’ai vu, oui « t’es pris », tu as décidé de confisquer le ballon, de tirer la couverture à toi, et de te donner (…)

Football, nationalisme et double langage

André LACROIX
Comme annoncé le 8 octobre 2017 dans l’article https://www.legrandsoir.info/foot-et-fantasmes.html , se tient actuellement à Londres, organisée par la ConIFA (Confédération des fédérations de football indépendantes), une « Coupe du monde » regroupant des équipes issues de minorités, d’exilés ou d’autonomistes. Pour la petite histoire, l’équipe des exilés du Tibet a perdu, 3-0, son premier match, contre l’Abkhasie. L’essentiel n’est pas là. Qu’est-ce que la ConIFA ? La ConIFA est une (…)

« Belle » journée !

Bernard GENSANE
Des linguistes, des sociologues l’ont exprimé il y a bien longtemps : la langue que nous parlons n’est pas en nous. Nous sommes dans la langue. Une des raisons pour lesquelles, lorsque le capitalisme financier nous oblige insidieusement à nous exprimer en anglo-américain, dans la langue de Wall Street, en globish, il se commet un crime d’acculturation contre notre intelligence, notre intégrité, notre identité. Nous entrons dans la langue comme dans un costume déjà taillé pour nous. En tant (…)

El Presidente ou la démocratie à huis clos

Rosa LLORENS
Qu’arrive-t-il donc aux réalisateurs qu’on tenait pour des valeurs sûres ? Raoul Peck, auteur de l’anti-colonialiste Lumumba en 2000, plus récemment de I am not your Negro, réflexion sur le racisme consubstantiel aux Etats-Unis, a commis un Jeune Karl Marx, sorti cet automne, où notre Charly forme avec Jenny sa femme (parité oblige !) et Freddy (Friedrich Engels) un trio de joyeux lurons dont le slogan est "Je triompherai et [accessoirement] je changerai le monde". On y apprend (…)

Homme augmenté, homme dépossédé, homme superflu ?

Jean-Marc GARDES
Avec le « transhumanisme », avec les projets de GAFA (Google-Amazon-Facebook-Apple), on parle beaucoup, aujourd’hui, de « l’homme augmenté ». Augmenté par la puissance additionnelle de composants informatiques -et autres- pour lui assurer une durée de vie de plusieurs centaines d’années. J’ai 63 ans, je ne vis pas aux États-Unis ; comme peut-être beaucoup d’autres de mes concitoyens, je me considère pourtant comme « augmenté ». Qu’en serait-il, quelles seraient mes capacités, mes (…)

PEY, PEY, PEY

Jean ORTIZ
Serge Pey est un extraordinaire poète, dans tous les sens du mot : qui sort de la règle, de l’usage ordinaires, qui n’est pas courant, exceptionnel, inhabituel, qui étonne par sa bizarrerie, son étrangeté, son originalité, qui s’écarte énormément du niveau moyen, ordinaire, qui, par ses qualités, sort de la moyenne, qui est très grand, intense, immense. C’est un militant qui a mené la lutte clandestine dans le Chili de Pinochet. C’est un de mes amis. C’est un lecteur assidu du Grand Soir (…)

Gaza : quand vivre semble une tâche insurmontable… (The Electronic Intifada)

Hamza Abu ELTARABESH
Mardi 29 août, Mohannad Younis a avalé une bouteille de somnifères et a mis fin à ses jours. Il avait seulement 22 ans et semblait avoir toute une vie devant lui. Écrivain en herbe, il avait récemment complété une série de nouvelles et juste mis la touche finale à une pièce de théâtre – Escape. Il ne lui restait plus que deux mois pour obtenir son diplôme de troisième cycle en pharmacie à l’Université Al-Azhar, et il envisageait de se marier avec une étudiante de la faculté de médecine. (…)