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Poésie et exil (4)

Après la défaite d’Azincourt, Charles d’Orléans fut emmené en captivité à Douvres, où il resta vingt-cinq ans. Il sera libéré contre une rançon de 220000 écus. Le mal du pays le rendit poète. En 1433, il exprima dans le texte qui suit la nostalgie pour son pays et d’authentiques sentiments pacifistes.

En regardant vers le pays de France,
Un jour m’advint, à Douvres sur la mer,
Qu’il me souvint de la douce plaisance
Que je soulais au dit pays trouver ;
Si commençai de coeur à soupirer,
Combien certes que grand bien me faisoit
De voir France que mon coeur aimer doit.

Je m’avisai que c’était nonsavance
De tels soupirs dedans mon coeur garder,
Vu que je vois que la voie commence
De bonne paix, qui tous biens peut donner ;
Pour ce, tournai en confort mon penser ;
Mais non pourtant mon coeur ne se lassoit
De voir France que mon coeur aimer doit.

Alors chargeai en la nef d’Espérance
Tous mes souhaits, en leur priant d’aller
Outre la mer, sans faire demeurance,
Et à France de me recommander.
Or nous doint Dieu bonne paix sans tarder :
Adonc aurai loisir, mais qu’ainsi soit,
De voir France que mon coeur aimer doit.

Paix est trésor qu’on ne peut trop louer.
Je hais guerre, point ne la dois priser :
Destourbé m’a longtemps, soit tort ou droit,
De voir France que mon coeur aimer doit.

http://bernard-gensane.over-blog.com/

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