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Mélenchon malgré tout en 2027 ?

Voter pour quelqu’un ou pour quelqu’un d’autre est d’une importance très relative dans notre système verrouillé à l’extrême par les puissances d’argent et par les réseaux d’influence internationaux. Mais l’un dans l’autre ce doit quand même en avoir un peu puisque tout le monde finit par le faire, ou à défaut explique longuement pourquoi il ne le fait pas.

J’ai voté pour Mélenchon aux trois dernières élections présidentielles et je suis bien parti pour le faire à nouveau en 2027. Mais cela n’a rien d’évident car je ne suis pas en accord avec grand chose dans le discours de LFI (à part son antisionisme intransigeant). Toujours aurait-il mieux valu quand même qu’il fût élu alors président en lieu et place de Hollande ou de Macron.

Disons que mon principal voire mon seul argument pour voter pour lui et qui emporte pour l’instant ma décision, c’est qu’il est tellement honni par les médias mainstream qu’il ne doit pas être complètement mauvais. Manifestement l’oligarchie corrompue qui contrôle le pays a très peur de lui, et elle actionne en permanence contre lui tous ses chiens de garde dans les médias.

Lesquels médias reçoivent de lui exactement le traitement qu’ils méritent. On en a marre de ces journalistes qui se croient des maitres de vertu avec une sorte d’immunité indéfinie, placés par magie au dessus du débat et qui se pavanent en arborant leur parti pris et leur corruption manifeste avec insolence.

Mais cet argument a ses limites. LFI participe en effet d’une repolitisation superficielle qui se produit depuis deux ou trois ans, par réanimation du clivage droite-gauche autour des principes dépassés de l’antiracisme et de la libéralisation du mode de vie. Dans cette configuration Cnews et les insoumis se nourrissent effectivement réciproquement l’un l’autre.

En cherchant à se faire le porte-parole d’une "nouvelle France" immigrée on a certes le mérite de prêcher paradoxalement pour l’intégration plutôt que pour la guerre civile antinationale que désirent ardemment les zemmourides et la base idéologique du RN, mais tout cela convergera tendanciellement vers un de ces marchés de dupes au dépens de la classe ouvrière dont le Parti socialiste ou le Parti démocrate américain ont le secret. Les étudiants "racisés", woke ou "arc en ciel" ne sont pas une base sociale adéquate pour changer le monde si on est matérialiste un minimum. Le programme de LFI contient comme partout à gauche d’ambitieuses promesses de redistribution des richesses mais sans s’attaquer véritablement au pouvoir économique et tout ça risque bien de passer à l’as derrière une forte dose de polémique symbolique et d’hystérie programmée. Le banal ou le pire ne sont pas sûrs mais ils sont probables.

Alors pourquoi voter pour le personnage s’il risque d’accoucher d’une souris ?

D’abord s’il est élu tous les autres, macronistes, atlantistes, européistes, bellicistes, ultra-libéraux ne le sont pas, et c’est déjà quelque chose. A long terme sans doute pas grand chose, mais à long terme, comme disait Keynes, tout le monde est mort.

Plutôt parce que c’est le seul dont les positions sont un tout petit peu anti-impérialiste, eurocritiques, anti-atlantistes, pacifistes, etc. Pour ce que ça vaut. Il n’a pas au moins sur ces questions une aussi grande aversion au risque que notre Roussel national. Mais il faut concéder immédiatement que son organisation charrie beaucoup de scories droit de l’hommistes et ni-nistes (dont l’inénarrable Manon Aubry, la grande copine de Ursula Von der Leyden).

Son élection improbable mais non impossible aurait aussi le mérite de donner un coup d’arrêt aux empiètements du lobby sioniste, lequel par son pouvoir de nuisance, d’intimidation et de corruption est de moins en moins un élément anecdotique de la situation et plutôt une des clefs des plus réelles du blocage de la vie politique dans ce pays et de sa perte de souveraineté.

Mais le principal nœud du problème est justement ici : peut-il gagner ? L’argument principal contre lui qui est ressassé ad nauseum dans les rangs du PCF pour tenter de se cacher derrière son petit doigt, c’est qu’il pourrait à la rigueur se qualifier pour le premier tour mais en aucun cas gagner le second. Que ces certitudes reposent intégralement sur des sondages d’instituts privés directement intéressés à produire cette conclusion ne semble pas le gêner beaucoup.

Mais une fois de plus comme en 2017 et en 2022 il y a la possibilité très réelle de l’ouverture d’une fenêtre de victoire, au cas où il serait confronté au second tour à un candidat insuffisant ou répulsif ; beaucoup d’effort sont certes fait pour tenter de le rendre lui-même répulsif et de le dépeindre en épouvantail mais ils pourraient être contre-productifs au bout du compte. Un front républicain pro-sioniste et appuyé sur la fraude " tout sauf Mélenchon" comme à Toulouse aux élections municipales pourrait bien ne pas se matérialiser en vrai grandeur.

Le secret de la perpétuation de l’ordre politique en Occident est facile à déchiffrer : les exploités ont été divisés par les théories identitaires sommaires en deux camps politiques irréconciliables, placés à l’extrême gauche et à l’extrême droite et qui bien qu’assez largement majoritaires, perdent les élections systématiquement. Surmonter cette division qui est une rente de situation pour l’extrême-centre crypto-fasciste, liberticide et belliciste européen et américain est la tâche évidente à laquelle s’attèlent périodiquement des politiciens intuitifs mais en définitive velléitaires, Ruffin avec ses femmes de ménage et Roussel avec son beafsteack.

Mélenchon fait partie du lot, mais il a rompu avec pertes et fracas avec son aile souverainiste en 2018 pour se laisser entrainer dans un virage de gauchisme verbal pas toujours très convainquant. Et puis de temps en temps ne le voilà-t-il pas qui revient sur ses propres traces, et qu’il apparait soudain un peu moins antirusse ou antichinois que la veille. Ce qui est certain , c’est que le délire extrémiste de Donald Trump en cours lui rend un certain espace politique avec son antiaméricanisme originel.

Mélenchon est un ambitieux, un mittérandien, qui veut le pouvoir pour l’exercer - aucune chance d’ailleurs qu’il mette un jour en pratique les projets de VIème république ultra-démocratique auxquels tour à tour ses fervents disciples attachaient tant d’importance avant qu’il les balance par la fenêtre dans une de ses purges.

Mais nous ne sommes plus en 1981. La position géopolitique de la France s’est tellement affaiblie depuis ce temps-là que le simple fait de vouloir gouverner la France avec un peu d’autonomie place un nouvel élu dans une trajectoire de collision avec l’Europe, l’Otan, Israël, et les États-Unis. De cette collision peut découler une nouvelle capitulation, ou un sursaut national bienvenu, une réactivation des tendances jacobines de l’État français et un saut qualitatif encore imprévisible.

Donc le faut tenter le grand coup, plutôt que de viser de faire 4% au lieu de 2 et de faire perdre Mélenchon au premier tour pour tenter de faire élire un quelconque Philippe au second dans un front républicain complètement discrédité.

GQ, 6 avril 2026

 https://www.reveilcommuniste.fr/2026/04/melenchon-malgre-tout.html

COMMENTAIRES  

06/04/2026 18:45 par robess73

qu est ce que c est que cet article ?? de quel droit son auteur se permet t il d affirmer que jlm refusera de mettre en place une constituante pour faire une sixieme republique ? si l on peut critiquer la fi sur son manque d ambition sur un frexit. une sortie de l euro et du capitalisme ce qui n est deja pas mal on ne peut douter de sa volonté de changer les institutions. avec des amis comme questiaux nous sommes mal barres.

06/04/2026 23:01 par Maxime Vivas

J’ai lu naguère dans le salon d’honneur de l’aéroport de Caracas, un bandeau autocollant sur les vitres : AQUI NO SE HABLA MAL DE CHAVEZ.
Quand un bourreau argentin, conseiller de Sarkozy et prof à la Sorbonne (ou donnant des cours à...) a déposé une plainte contre LGS, l’existence de notre site a été menacée. Ni LGS, ni ses administrateurs n’avaient les moyens de payer les dédommagements espérées par le bourreau, Mario Sandoval.
Avec Viktor, nous avons envisagé la fin du GS.
Un homme politique m’a dit que s’il fallait de l’argent pour que LGS survive, il était là. C’était Jean-Luc Mélenchon.
Finalement, le procès n’a pas eu lieu et le bourreau qui voulait notre peau est en prison en Argentine où il va répondre de crimes horribles.
C’est pourquoi j’aimerais que LGS affiche AQUI NO SE HABLA MAL DE MELENCHON, pour la raison que je viens de dire et qui pourrait suffire) et parce qu’il y a plein d’autres endroits où ça peut se faire. Il y a plein d’autres endroits ou tous les défauts de JLM sont listés, les vrais et les imaginaires. Plein d’autres endroits, à commencer par le site de Gilles Questiaux.
Il me souvient que quand le jeune Fidel Castro se dressait contre le dictateur cubain, la gauche, y compris les communistes, disaient tous les défauts de cet "aventurier". Ils avaient HISTORIQUEMENT tort. Non pas parce que Fidel n’avait que des qualités, mais parce qu’ils oeuvraient contre la révolution.
Des articles comme "Mélenchon malgré tout en 2027 ? " , moins j’en lis, plus je crois en la possibilités d’une autre France, celle que les lecteurs du GS aimeraient voir arriver.

07/04/2026 06:49 par J.J.

Le gros problème c’est que même si Mélanchon était, élu la réaction dans toute son horreur, et les chiens de garde chassant en meute, feraient en sorte de le priver rapidement du "nervum belli" indispensable pour gouverner et sans doute transformer son mandat en une espèce de Commune bis qui pourrait inspirer un nouveau Thiers.
Propos pessimiste, certes, mais " Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer."

07/04/2026 07:54 par Maxime Vivas

L’auteur de l’article est un militant du PCF. Il anime le site « Réveil communiste ». Ce site est respectable, mais lui c’est lui et nous c’est nous. Je veux dire que LGS, journal militant d’information alternative, veille depuis toujours à se trouver du bon côté de l’Histoire.
Quand nous avons commencé à administrer LGS, Viktor et moi, nous nous sommes placés aux côtés de Cuba. Cela paraît normal aujourd’hui. Mais ce n’était pas dans les idées ce nos lecteurs, ni de la gauche française. Vérifiez, et vous verrez.
Est-ce que nous étions du bon côté de l’Histoire ? Bien sûr. Et de là est née l’accusation de rouges-bruns.
Patientez un peu, chers lecteurs, et vous verrez comment LGS est du bon côté de l’Histoire sur la Chine (Tibet, Hong Kong, Xinjiang). Et idem pour la Palestine, l’Iran (malgré notre répulsion pour les théocraties).
En résumé, nous ne sommes pas friands, par exemple, d’articles de soutien de la Palestine, assortis de réserves, peut-être, justifiées, mais qu’on connaît déjà, à moins de n’avoir ni télé, ni radio et de ne jamais parler avec un lecteur de Libé ou du Monde.
Je signale au passage qu’après avoir lu dans Libé et Blast des articles que Trump aurait pu signer, articles où j’étais diffamé, je n’ai pu obtenir un droit de réponse. Rien d’étonnant, la ligne internationale de ces journaux est pro-atlantiste. Et il faudrait que LGS soit "objectif" (sic) ?
Allez, je veux bien faire un effort : "Mélanchon (avec un "a") a un égo surdimensionné et il n’est pas beau sur les photos du Point et il fait plein de jeux de mots antisémites et je ne vais pas confier le bouton rouge de la bombe atomique à quelqu’un qui s’énerve". Bon, c’est fait.

07/04/2026 09:01 par J.J.

Étant insoumis et contestataire de par ma naissance, dès 1962, je me suis mis "du côté de Cuba". Un lourd passé et aucun mérite !

07/04/2026 09:49 par sylvain

Les arguments pour ou contre sont valables, mais il manque le principal je pense. Le pouvoir en France n’est pas organise sur une base nationale. Et plus important que le pouvoir, l’appareil de production qui est le fondement de n’importe quel pouvoir effectif ne l’est plus non plus.
L’effort a fournir pour le recentraliser peut etre jaugé à l’aune de ce qu’à demandé à son peuple la Chine ces 50 dernières années, dans un contexte bien plus difficile, et sans les incroyables avantages qu’avait la Chine : une population jeune, une union sacré basée sur une souffrance et une humiliation commune abominable ( et oui, pour "mettre au travail" une population, c’est un avantage), le premier pays du monde en terme de population, le 2eme en terme de superficie, un état autoritaire ( et très intelligent en terme de stratégie) qui peut se permettre ce qu’il veut, un contexte mondial d’impérialisme mercantile qui permet de vendre cette main d’oeuvre mention "esclaves clef en main"...

07/04/2026 11:26 par RV

Pour ma part le programme de LFI reste la meilleure offre politique même si elle est loin d’être idéale.
Si un gouvernement LFI ne réalisait que 10% de son programme ce serait déjà un tel bol d’air que je ne vois que des avantages à son arrivée au pouvoir.
Et, non, je ne ferais pas la liste de toutes les insuffisances et de tous les manques.

07/04/2026 11:57 par Palamède Singouin

Mélenchon a dit lui même à plusieurs reprises qu’au cas où LFI accéderait au pouvoir, rien ne serait possible sans une importante mobilisation populaire.

Traduit par le bloc bourgeois, ce propos est, bien entendu, assimilé à un appel à l’insurrection.

Reste que je cherche vainement des exemples dans l’Histoire de changements socio-politiques profonds et
durables qui soient un jour, où que ce soit, sortis des urnes.

Il ne faut pas non plus se faire trop d’illusions sur les intentions du bloc bourgeois de respecter les règles du jeu qu’il a lui même définies. Pas plus que sur son refus de recourir à la violence. Les USA, Israël et l’UE sont ses
références en la matière.

07/04/2026 14:13 par CAZA

Dernière Gauche qui bouge encore .
2017 / 2026 .
Sans LFI la gauche serait portée disparu sans descendance .
Pas simple de suivre l’ embourgeoisement du " français moyen " ( et d’ obtenir son bulletin de vote ) devenu propriétaire de sa " Chalandonnette " , .
" Français moyen " raciste , égoïste , nostalgique du temps béni des colonies où le colonisé suait sous le burnous pour assurer le niveau minimal de vie du prolétaire français qui votait pour la droite réactionnaire .
Faut vraiment être un grand rêveur pour espérer qu’ il votera aujourd’hui pour des collectivistes à la solde des islamo/gauchistes .
Ou un très grand Homme Politique dont c’ est la raison d’ exister .

Sinon ( Mitterrand il me souvient ? ) :
<< En Politique le plus mauvais des professionnel sera meilleur que le plus fort des amateurs >>

https://shs.cairn.info/revue-politix-2022-2-page-45?lang=fr

07/04/2026 16:37 par Auguste Vannier

D’accord avec MV : il y a pléthore de media qui tapent sur Mélenchon et LFI. On a tous fait le tour des imperfections de l’une et de l’autre. A quoi bon en rajouter, alors même que les perspectives ne sont pas réjouissantes...

07/04/2026 16:41 par Carlos

"Disons que mon principal voire mon seul argument pour voter pour lui et qui emporte pour l’instant ma décision, c’est qu’il est tellement honni par les médias mainstream qu’il ne doit pas être complètement mauvais." Je cite le début de cet article qui me parait étonnant tellement il part dans tout les sens, je déteste adorer Melechon, il ne fera pas ce qu’il dit mais bon entre la peste et le choléra, je fais le choix....etc....etc.... tout cette diatribe ne veut pas dire grand chose, on dirait plus une discussion autour d’un pastis que d’une pensée élaborée, pas grand chose d’intéressant, que l’on soit Mélenchoniste ou pas tellement tout ceci sens le réchauffé venant d’un croyant de gauche, mais ce n’est pas son parti alors ....on fera avec.
Enfin, je demanderais bien à l’auteur...."Avez vous lu son programme et celui de LFI ? Tout son programme ainsi que le côté économique ?" sans doute pas, certes, rien n’est parfait et il faudra combatte contre pas mal de forces obscures si LFI est au pouvoir en 2027, mais là il y a un manque d’arguments et de démonstrations qui me font dire...Bof ! c’est un peu vide comme hypothèse de départ, non ?
PS : les défauts des uns sont des qualités que les autres n’aiment pas, alors ils les qualifient de défauts, c’est tout

07/04/2026 16:43 par Carlos Ducasse

Melenchon eût IL gagné qu’il nous eût sorti de l’UE ? La réponse est non

07/04/2026 16:45 par Carlos Ducasse

Melenchon eût IL gagné qu’il nous eût sortis de l’UE ? La réponse est non

07/04/2026 23:32 par Mitterrand François

En vérité, je vous le dis : je voterai Mélenchon (par procuration) !

Je ne vois personne d’autre capable d’imiter avec autant de talent mon ego bouffi, ma capacité à trahir, mon goût pour la combinazione, et mon carriérisme sans faille.

Certes, il en fait un peu trop ( à mon goût) sur l’islam.
Mais bon, a-t-il d’autre choix que de se faire islamophile ?

08/04/2026 08:43 par kabouli

On a vu en Grèce que l’extrême gauche électoraliste est en dernier ressort la planche de salut du capitalisme. Il faut faire une différence entre le spectacle politique, la consommation politique et la réalité. Mélenchon a fait veauter depuis 2017 et encore récemment pour Macron ou ses listes malgré les éborgnements de dizaines de gilets jaunes et les bombardements de sainte Solines . On ne doit pas regarder ce que les hommes disent ou s’imaginent mais ce qu’ils font disait Marx. Il a fallut quatre ans de guerres pour que les revendications du Front populaire deviennent effectives ( hormis les colonies ..)°et permettent à la gauche de l’époque de lutter contre les guerres d’indépendance décoloniales et même ce minimum a été détruit par la gauche mitterrandienne (dont Mélenchon et Lang tendance Epstein du socialisme). Il n’y a pas de sauveur suprême même si ce qu’on demande à Mélenchon est ridiculement sinistre. la seule bonne nouvelle de Mélenchon est Rima Hassan et même le maire de Saint Denis reconnaît que le LBD ne sera pas supprimer ..Tout un programme donc

08/04/2026 10:10 par patoche

@maxime
On n’est pas respectable quand on est membre d’un PCF dirigé par un crevard qui a participé à une manif illégale de flics séditieux.
D’autant plus quand annonce qu’on va quand même sans doute voter Mélenchon en se pinçant le nez à limage de Chirac soutenant Giscard en 81.
Heureusement il existe des lieux de résistance marxistes léninistes s’affichant résolument communistes hors pcf évidemment.
Exemple "paduteam" une chaine YT qui produit 3 ou 4 fois par semaine une vidéo d’analyse de l’actualité.
La dernière en date concerne Rima Hassan, récemment ils ont commenté le premier jour du procès de Maduro (les seuls apparemment).
Ils sont jeunes, déterminés mais comme le GS ajoute souvent une pointe d’humour.

https://www.youtube.com/watch?v=ggMtsfLNACo

08/04/2026 18:53 par Assimbonanga

Palamède Singouin cherche vainement des exemples dans l’Histoire de changements socio-politiques profonds et durables qui soient un jour, où que ce soit, sortis des urnes.
Hugo Chavez, par exemple ?

10/04/2026 16:16 par Carlos Ducasse

Hugo Chávez a du prendre le pouvoir par les armes à deux reprises avant de pouvoir changer les dés truqués de la Démocratie

10/04/2026 21:25 par Vincent

Hugo Chávez a du prendre le pouvoir par les armes à deux reprises avant de pouvoir changer les dés truqués de la Démocratie

Voilà qui est très intéressant, n’est ce pas ?
Chez nous on trouve que la lutte non violente à base de banderoles et de slogans est plus efficace, et la seule action permise avec le vote.
Perso j’ai comme un doute.

10/04/2026 21:30 par act

Hugo Chávez a du prendre le pouvoir par les armes à deux reprises avant de pouvoir changer les dés truqués de la Démocratie

Chavez est arrivé au pouvoir par les élections de 1998, il avait gagné sa popularité en grande partie suite au coup militaire manqué de 1992 qui le conduit en prison (un parcours qui en rappelle un autre...)
Pouvez-vous indiquer quand il aurait " du prendre le pouvoir par les armes à deux reprises " svp ?
Sous un autre article où un échange portait sur les "coups militaires légitimes" vous évoquiez "Le coup en cours aux USA ?" mais vous n’avez pas précisé votre pensée, de quel "coup (légitime) en cours" aux USA parlez vous ?

11/04/2026 10:15 par Shansan

Quand on connaît les idées et les écrits de l’auteur, on n’est pas étonné par ce texte qui est simplement une compilation de ce qu’il a déjà produit ailleurs.

J’ai d’abord deux critiques "personnelles" à lui faire. La première rejoint le constat de certains camarades du fil de com : quand on continue à se revendiquer du PCF en 2026 (alors que les moyens d’être communiste autrement existent), c’est un peu compliqué de jouer les pères la vertu sur la probité politique. La seconde, c’est que je commence à trouver relou cette vision passéiste et sacralisée du monde ouvrier par des donneurs de leçons qui n’ont jamais bossé en usine. Quel que soit leur passé militant ou syndical. Mais j’y reviendrai.

Maintenant sur le contenu à proprement parler. J’ai relevé quelques parties idéologiquement critiquables dans un texte essentiellement focalisé sur la personnalité de Mélenchon.

J’ai voté pour Mélenchon aux trois dernières élections présidentielles et je suis bien parti pour le faire à nouveau en 2027. Mais cela n’a rien d’évident car je ne suis pas en accord avec grand chose dans le discours de LFI (à part son antisionisme intransigeant)

Sur le « discours » en question, la suite mais aussi d’autres écrits de Questiaux, nous indique qu’il s’agit de l’antiracisme, et plus globalement du progressisme, et de leur supposé centralité dans le microcosme idéologique insoumis. À noter que l’immigration, l’antiracisme et le wokisme sont des cibles récurrentes chez lui. Il en fait même les trois piliers du vote RN chez les ouvriers. Ce qui est d’une pauvreté analytique confondante pour un communiste de son « envergure ». Le « discours » est une chose, le programme en est une autre. C’est d’une distinction similaire à celle entre la forme et le fond. La question serait de savoir pour lequel on vote ?

LFI participe en effet d’une repolitisation superficielle qui se produit depuis deux ou trois ans, par réanimation du clivage droite-gauche autour des principes dépassés de l’antiracisme et de la libéralisation du mode de vie. Dans cette configuration Cnews et les insoumis se nourrissent effectivement réciproquement l’un l’autre.

Ce paragraphe résume bien le noeud du problème de l’anti-mélenchonisme chez Questiaux. On retrouve trois formules-clés qui constituent ses principaux griefs : la repolitisation superficielle, la réanimation du clivage gauche-droite et comme évoqués précédemment les principes dépassés de l’antiracisme et la libéralisation du mode de vie. La dernière partie n’étant qu’une saloperie balancée gratuitement : Bolloré et la FI finalement, c’est kif-kif.

12/04/2026 12:12 par Shansan

Une repolitisation superficielle ?

Chez Questiaux, la question de la « classe ouvrière » a accumulé plusieurs trains de retard et il persiste par conséquent à voir celle-ci comme une sorte de masse uniforme et homogène.

Il reproche à la gauche d’avoir abandonné celle-ci et la juge responsable du vote RN chez les ouvriers. Il prône une reconquête de cet électorat « perdu », un peu à la manière de François Ruffin. Ces accusations s’étendent évidemment à la FI et à Mélenchon, mais elles prennent une tournure raciale, puisqu’il opère un distinguo plus ou moins explicite selon ses écrits entre la classe ouvrière blanche, rurale ou périphérique, synthétisée dans la figure du Gilet Jaune et le prolétariat des quartiers issu de l’immigration. Il accuse Mélenchon de s’être détourné des premiers pour faire les yeux doux (par clientélisme et calcul électoral) aux seconds. Bien qu’il y ait un fond de vérité, il jette en cours de route dans le fossé plusieurs aspects, ce qui, en plus de sa vision passéiste du monde ouvrier (en exergue de son blog, il déclare défendre « l’honneur du mouvement ouvrier et communiste issu de la Révolution d’Octobre » ), fragilise son analyse : primo, les classes populaires issues de l’immigration constituent elles aussi, et pour une bonne part, les rangs de la classe ouvrière, et même ses effectifs les plus précaires. Deuxio, Mélenchon a rompu en 2008 avec cette gauche qui n’en a jamais été une, au contraire du parti dont Questiaux persiste à se revendiquer qui a continué jusqu’à aujourd’hui à se mettre à la remorque du PS pour la gamelle. Troisio, la gauche (et surtout la FI) n’a plus l’oreille de l’ouvrier blanc, pour diverses raisons, mais les principales sont le recul phénoménal du syndicalisme et le mur médiatique infranchissable.

Quand on côtoie quotidiennement des ouvriers, quel que soit le sujet, politique ou géopolitique, ils recrachent fidèlement ce que les médias dominants leur versent dans les écoutilles, y compris le racisme, et il n’y a plus rien ni personne pour les contredire.

Si en parlant de « repolitisation superficielle », Questiaux laisse entendre que ce serait celle des quartiers populaires (c’est-à-dire du prolétariat « racisé »), ces mots font étrangement écho aux réactions médiatiques suite aux récents résultats électoraux dans des villes à forte population issue de l’immigration. Derrière le mépris évident pour cette « superficialité », l’erreur crasse de l’analyse. Car nulle « REpolitisation », juste une reprise en main de leur destin par des populations maintenues à l’écart du champ citoyen dans un système cloisonné par les Blancs, pour les Blancs. Or on voit bien que c’est précisément cette crainte-là qui saisit le système quand des Noirs, des Arabes, des femmes voilées s’inscrivent sur des listes électorales, se saisissent de leur bulletin de vote pour élire des gens qui portent un programme conforme à leurs intérêts. Au contraire des classes populaires blanches qui s’entêtent pour une bonne part à élire ou vouloir élire ceux qui creusent leur tombe.

12/04/2026 23:32 par act

Comme Maxime Vivas le fait remarquer, cette critique de Mélenchon et de LFI n’a pas sa place ici et maintenant. Lisez vous ou voyez vous de telles critiques des meneurs des droites dans les médias de droite, particulièrement à l’approche d’élection ?
Le projet ici est il l’avènement du Grand Soir, ou pas ?
Se la jouer Ruffin ou Autin, mais en mode orthodoxe ?
Shansan montre bien ce que cette critique à de malvenu, de réactionnaire, je peux donc abréger, merci à lui (ou elle ?)
En Belgique, les camarades de gauche ne passent pas leur temps à médire sur les meneurs du PTB, qui est devenu récemment le premier parti à Bruxelles (vivement les prochaines élections), le même phénomène se produit dans plusieurs pays européens, tandis qu’en France...
un site de gauche publie les critiques de Questiaux et de Guigue, l’avant garde de la révolution prolétarienne :)

13/04/2026 17:49 par cunégonde godot

M. Mélenchon est européiste comme Mme Aubry avec tout ce que cela comporte de soumission au capitalisme anglo-saxon atlantiste, impérialiste, wokiste, foncièrement anti-BRICS, etc.
Voter Mélenchon c’est voter Gluksmann, Philipe, Bardella, Tondelier, Attal, Hollande, etc. : bonnet blanc et blanc bonnet.

Toute la gauche, et singulièrement celle issue du trotskisme et de l’écologisme, a participé activement à la dilution de l’Etat-nation France dans l’européisme capitaliste totalitaire (la commission européenne est "le" pouvoir délégué non élu du capital globaliste "trumpiste" otanesque).

Aujourd’hui sans aucune candidature réellement souverainiste, glisser un vote dans une urne c’est faire un pas de plus de la citoyenneté à la sujétion.

Nul commentateur de ce site ne peut l’ignorer...

14/04/2026 18:33 par COLLET

Le délire monarchique tourne à plein régime ! au lieu de prévoir la suppression de la présidentielle, l’élection du roi par les serfs et les serves, ils sont tous à baver d’impatience pour s’assoir sur le trône ; supprimer la présidentielle, c’est supprimer le 49-3, l’article 16, les décrets et ordonnances , c’est du concret, ça construit une République Sociale de suite, le reste se construira en supprimant peu à peu les maléfices du monstre de Debré-DeGaulle. L’élection par les députés et sénateurs est le retour à fixer ; le retour aux inauguration de chrysanthèmes , le seul pouvoir du Président précédent.

16/04/2026 15:34 par Koui

Mélenchon a beaucoup de défauts et j’ai beaucoup de désaccords politique avec lui. En plus, il n’a aucune chance d’être élu président, vu l’état de l’opinion. Mais c’est l’un des seuls qui ait une colonne vertébrale marxiste/républicaine/patriote au milieu des mollusques politiques.

Je ne serais pas étonné qu’un fou excité par les médias de la haine ne vienne chercher un sens à sa vie en s’en prenant à sa santé ou à celle de Rima Hassan, autre objet de haine médiatique. Il faut beaucoup de courage physique et moral pour affronter la meute. Les chiens rêvent tous de trophée de chasse.

L’un des risques d’être gibier universel est aussi de développer une paranoïa. Dieudonné était au départ en duo avec un humoriste juif, donc supposé non antisémite. Mais quand il s’est fait recadrer par le lobby pro-israelien, il a refusé de s’écraser, et les persécutions ont commencé. Il a alors sombré dans la paranoïa antisémite. Jean-Luc et Rima semble parfois se dieudonniser un peu. Les propos de JLM sur Epstine-Epstein/Glucksmann-Glucksment en sont un exemple à ne plus répéter.

Si Ruffin devient un jour le candidat de la gauche, les médias lui taperont dessus comme ils tapent sur Mélenchon. C’est seulement parce qu’il s’oppose à Mélenchon que ses photos sont jolies dans les journaux.

17/04/2026 18:51 par Aquarius15

M. Mélenchon est européiste comme Mme Aubry avec tout ce que cela comporte de soumission au capitalisme anglo-saxon atlantiste, impérialiste, wokiste, foncièrement anti-BRICS, etc.
Voter Mélenchon c’est voter Gluksmann, Philipe, Bardella, Tondelier, Attal, Hollande, etc. : bonnet blanc et blanc bonnet.

Analyse assez partagée.

Aujourd’hui sans aucune candidature réellement souverainiste, glisser un vote dans une urne c’est faire un pas de plus de la citoyenneté à la sujétion.

En l’absence de candidat PRCF ou République Souveraine (Kuzmanovic), je me dis autant voter UPR, Les Patriotes ou Debout La France pour espérer regagner la souveraineté nécessaire à toute politique voulant s’affranchir de la jungle du capitalisme mondialisé.
Toutefois, l’émergence d’une candidature souverainiste reste peu probable dans un système médiatique verrouillé où on ne peut plus critiquer ouvertement l’européisme (idem sur la théorie du réchauffement climatique ou l’efficacité du vaccin covid).

18/04/2026 11:14 par Shansan

Je comprends que lire un programme politique (qui est pourtant plus important que la personne qui l’incarne) soit long et fastidieux. Qu’il soit plus intellectuellement confortable de faire siennes les « analyses » des souverainistes de canapé qui aiment à taper, en choeur avec les médias et le pouvoir capitaliste, sur la FI.

Je sais que c’est rassurant de voir le monde à la manière des enfants, binaire, le noir et le blanc, les gentils et les méchants, les beaux et les moches, les forts et les faibles...

Dire que Mélenchon est européiste est faux (plus mensonger encore de dire qu’il est « foncièrement anti-BRICS »). Il n’est ni européiste, ni europhobe, encore moins frexitiste. Il est plutôt à classer dans les eurosceptiques. Et c’est une tendance générale dans les rangs de la FI : ce n’est pas l’idée de l’UE qui est mauvaise, c’est sa réalité. Et c’est cette réalité que le programme propose de changer. Vous le sauriez, si vous l’aviez lu.

On connaît les arguments habituels. Passons sur celui de Godot qui considère que Mélenchon (encore lui) cache son jeu et serait ni plus ni moins un socdem déguisé. Ce n’est pas un argument rationnel.

Argument 1 : il a voté pour le traité de Maastricht.

C’est un argument puéril et simpliste. On peut avoir une opinion et en changer trente ans plus tard. Dès 2005, Mélenchon avait radicalement changé d’opinion sur l’UE et son fonctionnement.

Argument 2 : la FI a des députés européens donc elle est européiste.

Ridicule. L’UPR a déjà participé aux élections européennes. Agir dans un système, ce n’est pas l’approuver.

Argument 3 : la Grèce a déjà essayé de s’opposer à l’UE, on a vu le résultat.

Mille fois répété, une fois de plus, ça ne changera rien, mais soit : la Grèce n’est pas la France. La France est la deuxième puissance économique de l’UE. L’UE sans la Grèce a continué de fonctionner, l’UE sans la France n’existera tout simplement plus. Le poids de la France n’est donc pas le même dans les négociations et son pouvoir d’entraînement non plus. Et en cas de confrontation avec l’UE, est-ce que nos souverainistes de canapé se bougeront le c** pour se joindre au soutien populaire ? Rien n’est moins sûr. Il est toujours plus facile de critiquer que d’agir.

Argument 4 : le Frexit est la seule issue

Cette « issue » est condamnée. Médiatiquement et politiquement, il n’y a aucun débat possible sur l’éventualité d’une sortie de l’UE. Et il y a tout lieu de croire que lorsque cette idée franchira les limites de l’envisageable, elle sera aussitôt récupérée par le pouvoir capitaliste.

Et l’intervenant précédent le dit si bien que c’en est une régalade... « voter UPR, Les Patriotes ou Debout La France pour espérer regagner la souveraineté nécessaire à toute politique voulant s’affranchir de la jungle du capitalisme mondialisé. »

Mieux vaut que tu ailles brûler un cierge, camarade, car si tu « espères » vraiment que ton vote, tout de conviction soit-il, aboutisse à quoi que ce soit, tu te mets le doigt dans l’oeil jusqu’au coude. Non seulement aucun de tes champions ne dépassera les 1,5%, mais en plus si tu crois voter pour des anti-capitalistes, il me semble que te goures sévère. C’est ton choix, et je le respecte, mais « espérer » que quoi que ce soit en sorte, ce n’est plus de la naïveté, c’est de la foi.

Les frexitistes sont des rêveurs entêtés, à ranger à côté des royalistes et des ufologues. Je ne les blâme pas. Il n’a jamais été démontré scientifiquement que le retour du roi de France et l’existence des extra-terrestres étaient impossibles.

18/04/2026 12:43 par Palamède Singouin

Dans son entretien avec Lordon, Mélenchon dit clairement que ce n’est pas avec un mandat de 5 ans que l’on peut changer grand chose.
J’ai cru comprendre que sa véritable ambition, plus que de gagner la prochaine élection, est de créé un mouvement qui lui survive. A rapprocher du concept gramscien de la nécessité de gagner d’abord "la bataille des idées", celle que la gauche a perdu depuis les années Mitterrand.
Dans cette optique la question de la candidature de Mélenchon ou d’un autre devient tout à fait secondaire. Dans la mesure où je ne pense pas que la gauche ait la moindre chance de gagner une élection dans les 10 ans à venir, autant envoyer une dernière fois "le vieux" au charbon plutôt que de livrer immédiatement Bompard, Guetté ou Tartampion aux meutes éditorialisantes et aux barbouzeries du bloc bourgeois.

Question subsidiaires aux inconditionnels du Frexit, : le Royaume-Uni qui n’a jamais adopté l’€ et qui est sorti de l’UE se trouve-t-il en meilleur position que la France ?

19/04/2026 12:06 par cunégonde godot

Question subsidiaires aux inconditionnels du Frexit, : le Royaume-Uni qui n’a jamais adopté l’€ et qui est sorti de l’UE se trouve-t-il en meilleur position que la France ?

C’est parce que le Royaume-Uni n’a jamais adopté l’euro qu’il n’a jamais été non plus réellement dans l’ "Europe", et donc que le Brexit ne pouvait être que tromperie dans les termes et dans ses fins ? Le Royaume-Uni n’a jamais cessé d’être un satellite, un point d’appui des Etats-Unis d’Amérique sur le continent européen comme l’est Israël au Moyen-Orient.

Ce n’est pas le cas de la France, dont toute l’économie est en grande partie plombée par l’euro... monnaie euro-germanique... La France, n’est plus gouvernée. Ses dirigeants fantoches (pseudo-exécutif-législatif ) ne font qu’appliquer scrupuleusement les directives du politburo appelé commission européenne.

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