
Si, comme probablement le président de l’Equateur*, nous sommes de plus en plus nombreux à faire des liens entre liberté de l’information, outils, cyber-révolution, Adopi, licence globale, droit d’auteur, copyleft, partage, coopération, biens communs, ACTA, choix d’utilisation de logiciels libres ou propriétaires... le monde ne s’en portera que mieux.
alfare
* R. Correa a rencontré RMS dans les premières semaines de son mandat en 2006, un hasard qui a son importance ----
La plus grande richesse d’un peuple, c’est la connaissance. Posséder et partager les connaissances nous fait avancer, nous donne une citoyenneté plus libre et pleine de possibles. Ainsi, tout au long de l’histoire de l’humanité, les hommes ont cherché à protéger et à partager le savoir, par l’écrit, le "bouche à oreille" inter-générations, le verbe.... l’important était de ne pas perdre.
La Connaissance, dans son sens le plus large est la plus grande richesse que peut avoir un peuple, et par conséquent, est le bien le plus sacré que nous devons préserver et bien sur, partager. Ce savoir libre nous (Free Knowledge) nous rend plus libres, nous ouvre de plus grandes possibilités et nous fait grandir en tant que société et en tant que personnes qui font partie d’un tout.
Par conséquent, la connaissance devrait être libre. Et cela devient un nouveau front pour les multinationales et les gouvernements : coloniser - posséder les connaissances comme source de richesse et de pouvoir. Parfois, même la génération et la thésaurisation de cette connaissance est présentée comme la seule forme de développement avec la fausse promesse de progrès et de modernité, alors qu’en fait il crée une nouvelle société, le joug technologique, où comme beaucoup l’appellent déosrmais : la colonisation numérique :
Cette stratégie monopolistique existe aujourd’hui, elle est même bien acceptée, car elle se pare d’un visage altruiste et désintéressé. Il s’agit d’une grande entreprise et à long terme pour aller convaincre les pays en développement, en particulier les gouvernements des grandes villes d’Amérique latine, de signer des accords sur de grands volumes de licences propriétaires avec des institutions auxquelles on offre généreusement des exemplaires gratuits de logiciels non-libres dans les écoles.
Pourquoi tant de bonté et de générosité ? Promouvoir l’éducation ? Aider les personnes à faibles revenus ?
Non, ce qu’ils veulent, c’est d’atteindre les publics jeunes. Utiliser l’école comme instrument pour imposer à la société tout entière la dépendance permanente sur leurs produits. Les écoles deviennent des salles d’exposition et les enseignants des vendeurs.
Ce n’est ni plus ni moins qu’une nouvelle colonisation, la Colonisation technologique du XXIe siècle.
La technologie n’est pas neutre, elle ne peut pas l’être, c’est évident quand ce sont des multinationales et non les Etats qui possédant et gardent les données sur leurs citoyens, ces mêmes multinationales qui décident de quelle manière la technologie influe sur l’état et la société dans son ensemble. C’est évident quand ce n’est pas la Société ou ses représentants démocratiquement élus qui décide de la façon dont la technologie est au service des citoyens. Quand ce sont les multinationales qui détiennent les données, les informations et décident des processus et des outils techniques de communication, la technologie perd tout sens d’outil et devient sa propre fin, un bien que n’importe quelle entreprise veut posséder par l’expropriation de son véritable propriétaire, l’Etat.
Certaines multinationales qui ont ce contrôle et ne veulent pas le perdre, en viennent à imposer ouvertement leurs règles et leur vision de la société dans son ensemble, créant une grande une confusion et s’autoproclamant la seule voix autorisée pour imposer leur conditions :
« A prié instamment les autorités de la région de remettre le développement des logiciels au secteur privé ... les gouvernements devraient se consacrer exclusivement à l’amélioration de la vie des citoyens pas à l’informatique » injonction visant particulièrement le Brésil en référence aux programmes de vulgarisation « open source » impulsés par le secteur public.
Quand il s’agit de la souveraineté technologique, nous touchons la sécurité nationale. Si l’ État confie la gestion de son administration technologique à un groupe d’entreprises privées,l’Etat n’est ni indépendant ni libre.
Il est inimaginable que les milliards de données sur la santé des citoyens par exemple, soient stockées dans un coffre fort dont les deux clés sont aux mains du constructeur du coffre et du gouvernement, laissant ainsi l’accès au constructeur. Que ce constructeur puisse modifier la serrure sans en aviser le propriétaire. Et bien c’est ce qui arrive jour après jour à des dizaines de pays sur notre planète. Que devient la confidentialité des données ? A quelles fin seront-elles utilisées ? Le gouvernement doit-il dépendre du constructeur du coffre ? Pourrait-il construire ses propres coffres ? S’il n’est pas maître de sa technologie indépendante, un gouvernement ne peut être indépendant.
Si l’information c’est le pouvoir, les outils et les technologies qui permettent la communication et le traitement de l’information doivent être utilisés au service de l’humanité. Les technologies ne sont pas et ne doivent pas être une fin en soi mais le véhicule pour le partage du savoir qui doit être libre et partagé.
Ramón Ramón
sur ramonramon.org
traduit depuis http://www.rebelion.org/noticia.php?id=154830 par alfare avec encore plus de réserves que d’habitude.