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Il n’y a pas d’alternatives !

résistant

Il n’y a pas d’alternatives.

Les "experts", ceux qui savent et nous disent quoi penser, ou plutôt, qui nous disent de ne plus penser, ceux qui sont toujours invités partout, qui envahissent nos télés, radios, journaux, ceux qui sont neutres et indépendants mais sont toujours salariés des lobbies, ces personnages au dessus de tout soupçon, ces autorités en la matière, qu’ils portent une blouse blanche, un uniforme, une soutane ou un costume triste, nous répètent à longueur de journée que le libre échange est de loin la meilleure façon d’organiser la société humaine, et qu’il n’y a pas d’alternatives sérieuses au capitalisme, qui est aussi la seule garantie des valeurs démocratiques et le seul défenseur des libertés individuelles.

Le capitalisme aussi est vecteur de progrès scientifique, de créativité et de variété pour le plus grand bien de tous.

La libre concurrence, sans intervention aucune, est génératrice d’émulation, et les producteurs vont rivaliser d’ingéniosité pour proposer des produits toujours meilleurs, toujours plus innovants, toujours meilleur marché, et tout celà toujours au bénéfice des clients.

Mon aspirateur.

J’ai acheté mon aspirateur il y quelques mois, après le décès à l’âge d’un an et demi de son prédécesseur. Il y avait un faux contact, et il m’a été impossible d’ouvrir le machin en plastique fragile pour réparer.

Je suis donc allé dans un magasin qui proposait un choix assez large : il y avait une vingtaine de modèles au moins. Alors comment choisir ?

La taille ? La forme ? Ils étaient tous de la même taille, tous compactes et minuscules, comme si les acheteurs d’aspirateurs habitaient tous forcément un studio de 10m².

La couleur ? Ils étaient tous soit rouges, sois noirs (remarquez, c’est un progrès depuis Henri Ford : "le client pourra choisir la couleur de sa voiture, du moment que c’est noir").

Le prix ? Ah voilà, c’était ça la différence entre tous ces modèles : le prix.

Puisque j’avais payé mon précédent aspirateur 30 € et qu’il avait vécu si peu de temps, je me suis dit que cette fois, j’allais investir plus, dans une marque connue et réputée pour sa qualité et sa robustesse.

J’ai donc "choisi" un modèle minuscule, rouge, de marque, et je l’ai payé plus de 100 euros.

Vous savez tous comment un aspirateur de type "traineau" fonctionne : on le pose au sol, on le tient par la partie dure au bout du tuyau, et lorsqu’on veut se déplacer, on tire sur le tuyau et le corps suis, puisqu’il est monté sur roues. L’idée, c’est de ne pas porter tout l’aspirateur, mais juste le tuyaux.

Néanmoins, mon aspirateur-traineau n’avait pas l’air d’avoir été conçu autour de ce concept pourtant pratique :

D’abord, le système de fixation du tuyau au corps de l’appareil me parut très fragile. Celà ne tenait que par l’élasticité de deux fine languettes de plastique et semblait très instable. Mais bon, après tout, je fais confiance aux professionnels, surtout à ce prix. Eh bien après quelques jours d’utilisation, les languettes n’avaient plus assez d’élasticité et le tuyaux se séparait du corps quasiment à chaque fois que je tirais dessus.

Un autre problème est aussi immédiatement apparut : le corps de l’aspirateur était tellement compact, et les roues tellement mal placées, que l’appareil ne pouvait pas tourner : à chaque traction qui n’était pas dans l’axe, il se renversait.

M’est alors revenu en mémoire l’aspirateur que ma mère avait acheté lorsque j’étais petit enfant (j’ai 44 ans), et dont nous nous sommes servi jusqu’à ce que, jeune adulte, je quitte le domicile familial : c’était à l’époque, je crois, l’un des premiers modèles d’aspirateur-traineau. Qu’il était long, qu’il était lourd, et qu’est-ce qu’il fonctionnait bien ! On pouvait bien tirer dessus tant qu’on voulait, le tuyau ne s’est jamais détaché du corps ! Quand on voulait le faire tourner, il tournait ! Et sans se renverser ! Et celà pendant au moins 15 ans, peut-être même plus...

Mon tee-shirt vert.

Il y a une quinzaine d’années de celà, j’ai voulu acheter un tee-shirt vert. J’habitais à l’époque en plein centre de Paris, et il y avait autour de mois, sans exagérer, des centaines de boutiques vendant des habits.

Première boutique : que des tee-shirts bordeaux, gris ou beiges. Et chers !
Deuxième boutique : d’autres marques, mais les mêmes couleurs ! Et chers !
Troisième boutique : encore pareil ! Encore plus chers !
Etc, etc...

Alors bon, au bout d’un moment, j’ai demandé à une vendeuse : "Mais enfin, pourquoi est-ce que partout où je vais, il n’y a que des habits bordeaux, gris ou beiges ?

- Ben, c’est la mode...
- Bon d’accord, c’est la mode, mais pourquoi ne vendez-vous pas aussi quelques habits avec d’autres couleurs ?
- Ben, c’est pas la mode..."

Découragé, je m’apprêtais à rentrer chez moi, quand soudain, je vis sur le trottoir un présentoir avait des tee-shirts de toutes les couleurs ! il y en avait même un vert !

Ce n’était pas un magasin d’habillement, mais une de ces boutiques, vous savez, "tout à dix balles". J’ai en effet eu mon tee-shirt vert pour dix francs (pas euros, hein ? francs, ça fait 1,50 euro, pour les plus jeunes ou les amnésiques).

Et mon moulin à café.

En panne, faux contact lui aussi. Je l’aimais bien, alors je suis allé chez l’électricien du coin pour qu’il le répare. Il ne s’agissait après tout que de ressouder un fil.
Ca m’a coûté plus cher que si j’en avais racheté un neuf.

Je pourrais multiplier les exemples à l’infini, et vous aussi.

Synthétisons nos expériences

Voici donc comment fonctionne une société organisée autour du capitalisme :
Les moyens de production sont privés, possédés par un nombre toujours plus réduit de personnes toujours plus riches, puisque les plus gros mangent les plus petits jusqu’à ce qu’un monopole (ou une entente discrète entre les quelques survivants, ce qui revient au même) advienne.

L’intérêt du producteur est de donner à l’utilisateur le moins possible, et de lui prendre le plus possible. Et celà le plus souvent possible. Il faut donc lui vendre des produits à coûts de production toujours plus bas (mais le prix de vente ne descendra pas forcément, lui) et d’une qualité de plus en plus mauvaise.

L’intérêt de l’utilisateur, lui, est de donner au producteur le moins possible, le moins souvent possible, pour un produit de qualité toujours meilleure, puisque la technologie progresse. C’est donc l’intérêt exactement inverse.

Il y a multiplication des marques et modèles proposés, et pourtant, au final, l’utilisateur a de moins en moins de choix, parce que tous les modèles sont redondants.

Chaque marque possède son propre laboratoire d’études où les ingénieurs sont payés pour concevoir le produit le plus mauvais possible, au plus bas coût de production possible, en suivant les directives des gens du département marketing qui n’ont absolument aucunes connaissances techniques.

Dans ces laboratoires, il y a des types très diplomés et très talentueux, dont l’unique fonction est de programmer les produits à devenir défectueux juste après la fin de la garantie (1).

Les notions de préservation des ressources et de pollution n’entrent absolument pas en ligne de compte lors de l’élaboration du produit.

Les notions d’ergonomie, de confort d’utilisation et en général de satisfaction de l’utilisateur pendant l’utilisation (et non pas pendant l’achat) sont aussi écartées.

Il y a ensuite une armée de publicitaires chargés de faire croire aux utilisateurs que ce produit est le meilleur choix.

L’utilisateur, lorsqu’il achète ce produit, le paye beaucoup plus cher pour rembourser les coûts de la publicité et les salaires de tous ces commerciaux qui n’ont contribué en rien à la production. Il paye aussi le transport depuis la Chine alors que dans la zone industrielle voisine il y a une entreprise qui fabrique un produit équivalent qui sera vendu en Chine.

Enfin, et surtout, si l’utilisateur n’a pas assez d’argent pour acheter le produit, il va emprunter à une banque privée de l’argent qu’elle va créer à partir de rien, mais pour lequel elle demandera le payement d’intérêts substantiels. Mais comme tout l’argent est créé de cette façon, l’argent des intérêts n’existe pas. L’utilisateur n’en est pas conscient, mais il est dès lors bel et bien en concurrence avec tous les autres emprunteurs pour trouver l’argent des intérêts. Celà veut donc dire que structurellement, une partie des emprunteurs ne peut pas rembourser sa dette et se retrouvera tôt ou tard à la rue (2).

C’est super efficace !

Il n’y a pas mieux

Les experts nous le répètent assez : Il n’y a pas d’alternative.
Allez-y, essayez-donc de proposer mieux. Alors ? Ah on fait moins les malins...

Bon, je vais m’y coller, juste pour vous amuser, mais je vous préviens, hein, je ne suis pas un expert !

Alors... imaginons, pour rire, qu’un gouvernement décide de nationaliser la production de... tout. De fait, tout le monde devient fonctionnaire.

Ce gouvernement décide aussi de retrouver sa souveraineté non seulement politique, mais aussi monétaire en nationalisant sa banque... euh... nationale.

Ah vous vous marrez, hein ?, vous croyez vraiment que les banques dites nationales ne sont pas privées ? Que la Fed aux états-unis, est une agence fédérale (3)(4) ? Que la Banque de France (repose en paix) n’a jamais été administrée par les fameuses 200 familles (5) ? Etc, etc...

Bon, une vraie banque nationale, donc. Un service public.

Maintenant, le gouvernement évalue ce qu’il est nécessaire de produire pour répondre aux besoins de sa population, en la consultant en permanence dans un processus de démocratie participative continu, et en prenant cette fois en compte les notions de renouvellement des ressources et de protection de l’environnement.

Il encouragerait autant que possible la vente locale, les prix étant réglementés et harmonisés afin de couvrir les frais de production, d’investissements futurs et de gestion, sans aucune recherche de bénéfice, il n’y aurait donc d’intérêt pour personne à transporter inutilement les produits.

L’argent serait créé par l’état, sans intérêt (il faut vraiment être idiot pour se faire payer des intérêts à soi-même), serait versé à tous de façon équitable, qui le dépenseraient en achetant ce qu’ils ont produit, et l’argent retournerait ainsi à l’état, etc...

Il n’y aurait même pas besoin d’impôts, puisqu’il suffirait de calculer la part necéssaire au fonctionnement de l’état et de distribuer le reste.

Puisque la production d’aspirateurs (eh oui, autant reprendre le même exemple) est nationalisée, il n’y aurait donc plus besoin d’avoir une multitude de bureaux d’études et d’unités de production redondantes et concurrentes. Il n’y aurait aussi plus besoin de commerciaux, publicitaires, marketing, etc... puisque les produits ne seraient plus conçus dans l’optique d’entrer en concurrence les uns avec les autres afin de générer le plus de profit possible pour une poignée d’investisseurs, mais au contraire pour satisfaire les besoins des utilisateurs.

La somme de travail necéssaire pour produire ce dont nous avons globalement besoin diminuerait, et nous aurions tous plus de temps libre. Après tout, le progrès sert bien à rendre la vie de tous meilleure, non ?

De plus, l’utilisateur n’aurait plus à financer cette somme énorme de travail inutile non-productif. Les produits seraient non seulement de meilleurs qualité, mais aussi moins chers.

Les ingénieurs et techniciens chargés de concevoir les produits auraient pour unique objectif la qualité et la satisfaction des utilisateurs. Ils ne suivraient plus les directives de "marketteurs" coupés de la réalité, mais les recommandations et requêtes des utilisateurs eux-même, le processus de démocratie participative permanante incluant aussi maintenant la production des biens et des services.

C’est vrai, il y aurait moins de modèles différents que du temps du capitalisme, il n’y aurait aussi plus de marques, mais comme chaque modèle serait conçu pour répondre à un besoin concret, l’utilisateur aurait en fin de compte plus de choix (des aspirateurs avec des caractéristiques différentes pour des besoins différents, mais sans redondances inutiles). La production étant au service et à l’écoute de l’utilisation, les produits seraient tous amenés à s’améliorer continuellement et seraient sous le controle permanent de la population.

Enfin, le gouvernement aurait pour mission principale d’inciter, de par la qualité de l’éducation et de la culture, les générations futures à ne plus se comporter comme des consommateurs capricieux, puérils et superficiels, mais comme des citoyens conscients et responsables.

Conclusion

Bon, ce n’est évidemment qu’un brouillon maladroit, et je ne prétends pas que ce soit la seule solution, ni la meilleure, mais maintenant c’est à vous de répondre et de proposer vos alternatives à ce capitalisme pour lequel, si l’on écoute tous ces gens qui nous parlent dans la télé, il n’y a pas d’alternatives plus efficaces.

Notes

(1) Video : L’obsolescence programmée, en français : http://www.tagtele.com/videos/voir/77907/

(2) Video : L’argent dette, en français : http://www.dailymotion.com/video/x75e0k_l-argent-dette-de-paul-grignon-fr-i_news#.UdLkZNh_5Ao

(3) Livre : Les secrets de la Réserve Fédérale, par Eustace Mullins.

(4) Video : Les maitres de la monnaie, vo soustitrée fr : http://www.youtube.com/watch?v=grq0A1GuadI

(5) Article Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Deux_cents_familles

COMMENTAIRES  

08/07/2013 09:18 par Sam

J’ai moi même démonté mon aspirateur. D’ailleurs, en ce moment, je démonte à peu près tout ce que je trouve. Et à l’intérieur, il n’y a que des éléments fonctionnant tous très bien : un moteur, un interrupteur, un variateur. Tout ca enrobé dans du plastique bas de gamme, qui avec les vibrations et l’usure ne tiendra guère plus de quelques mois. Les éléments sont assemblés à la va-vite (par des enfants ?), les soudures sont mal faites, ... ce qui rajoute encore à l’obsolescence de l’ensemble.
Tous ces éléments existaient déjà au 19ème siècle. Finalement, nous vivons dans un monde de décor en carton et plastique, comme au cinéma, comme un film de science fiction. Comme si nous vivions dans ces romans d’anticipations : des lignes épurées, des couleurs ou pas, des formes bizarres, ...
Mais derrière le décor, il n’y a que le 19ème siècle et sa misère. Le "progrès" n’est qu’un mythe justifiant une surproduction de cartons et de plastiques. La qualité a été remplacée par la quantité, et un flot continu de gadgets inutiles nous fait croire à l’abondance perpétuelle et l’aboutissement du progrès.

La réalité est en ruine, dévastée et brûlée, camouflée derrière le décor en carton. L’homme virtuel, le figurant de cette comédie futuriste, dédaigne du coup cette même réalité (c’est moche, c’est brulé, c’est tout de travers, c’est sale, ...) et l’enduit dès que possible du cache misère adéquat : faux plafond, carton, plastique, papier maché, peu importe pourvu que le décor l’emporte et le ramène à sa comédie futuriste.

Derrière le décor, c’est l’age de pierre. L’âge du feu si on mêle le consumérisme à la thermodynamique. Et si un jour nous décidions de recommencer à évoluer, il faudra repartir de loin, d’avant ce monde virtuel où la technicité tiens lieux de science, où la surproduction tiens lieux de progrès, où les vessies sont devenues des lanternes.

08/07/2013 09:52 par Dwaabala

Évidemment allergique aussi devant tous ces rayons de téléviseurs, téléphones portables, lave-linge, réfrigérateurs, etc. à la brièveté de vie programmée .Sans oublier les produits de lessive, les rouleaux de papier-toilette, et les huiles alimentaires, les biscuits à la merde... Les cartouches d’encre pour imprimantes qui existent peut-être en milliers de modèle. Sans oublier que beaucoup de marques de ces produits ne sont que des sous-marques de quelques monopoles et que pour une même marque d’imprimante par exemple il a des dizaines voire des centaines de variétés. Ceci sans aller regarder de plus près sur le peu de diversité des capitaux du "marché" qui font tourner ces boites.
Ce qui n’est qu’une façon d’imposer un libéralisme factice, dominé en fait par le monopole.
Alors que le même néo-libéralisme se trouve frappé d’impuissance quand il s’agit de multiplier ces fameuses "créations d’emploi" à venir, car bon nombre des produits sont le fruit de l’exploitation d’une main-d’œuvre étrangère.
Lorsque il m’arriva une fois, il a longtemps, devant un directeur de collège d’évoquer la possibilité de réduction de l’offre des livres de mathématiques pour les classes, c’était, déjà, un socialiste, je le vis blanchir, le sol se dérobait sous ses pieds ( il était notoire qu’il marchait comme sur des œufs), et compris qu’il voyait poindre dans mon propos le spectre du livre unique en usage dans les pas socialistes d’alors.

08/07/2013 13:36 par Véronique Dufour

Personnellement, n’ayant pas les moyens ni les connaissances techniques suffisantes pour démonter ces appareils obsolètes diaboliques, j’ai troqué l’aspirateur pour le balai (!), la voiture pour la marche à pied, l’imprimante pour une clé USB et le tirage d’un exemplaire unique chez le marchand du coin de la rue, le lave-vaisselle pour un plus grand évier, le lave-linge pour une plus grande bassine !
En reconnaissant toutefois que ce n’ est pas si facile pour tout le monde...
Et je me prends à penser que si ne serait-ce que 50% des gens agissaient un peu de la même manière, alors le système s’ écroulerait... Que ceci est plaisant à imaginer !
Je pense tout de même à me mettre sérieusement au bricolage, et ainsi pouvoir franchir une nouvelle étape... dans l’ autonomie. Bon courage à tous.

08/07/2013 13:51 par Dwaabala

@ Véronique Dufour
Pour bricoler il faut faire le choix d’une perceuse :
Work Men ; Black et Decker ; Skil ; Bosch ; Varo ; Makita ; Hitachi ; Buider ; Dewalt ; Ryobi ; Festool ; Otmt ; Metabo ; etc. Chaque marque produisant plusieurs modèles.

08/07/2013 15:14 par Lionel

Du "glissement sémantique" de la notion de garantie...
Tout d’abord il y eut la parole, je veux dire la parole donnée qui engageait la personne auprès d’un groupe de personnes.
Engagement moral, confiance réciproque.
Puis on vit fleurir les injonctions sur les étiquettes "Exigez la signature", ben oui, il y a toujours eu des contrefaçons, pour le pastaga ou les bons outils !
Puis on a vu apparaître un logo "Breveté SGDG" et là c’était la classe, on achetait les yeux fermés, ça voulait dire "sous garantie du Gouvernement" !
Non mais imaginez-vous acheter votre aspirateur dont vous n’êtes pas satisfait et en référer à notre ministre du surdéveloppement ?
Et les objets qui portaient ce sigle étaient réellement durables, je suis convaincu qu’il en existe encore en circulation !
Et puis comme sans doute la lourdeur de la tâche était excessive, on a transformé ça en NF, norme française, déjà bien plus fade mais qui maintenait un espoir que ça dure quelques années et surtout que la sécurité ( nouvel élément en jeu à cette époque ) soit assurée, chauffe-eau, objets électriques...
Maintenant nous avons ce magnifique logo "CE" qui ne nous garantit rien du tout, sinon que ça vient de Chine et qu’il va falloir attendre pour savoir si le colorant des tissus est non-toxique.
La fabrication des objets eux-mêmes serait moins coûteuse, l’obsolescence programmée ça se paie et fabriquer moins de voitures ( énormément moins ! ) permettrait de prendre le temps d’en fabriquer d’autres qui dureraient 30 ans au minimum.
Mais, maintenant que j’y pense, ça nous amène à des positions terroristement décroissantes et anti-capitalistes, non ????

08/07/2013 15:59 par Dwaabala

@ Lionel
J’ai toujours cru que la garantie sans gigoter des genoux signifiait aussi sans garantie du gouvernement ?

08/07/2013 17:24 par prevost eric

bonjour,
juste une orécision,si je puis apporter mon humble contribution,le développement des réparateurs locaux parce que bien évidemment l’humain a droit à l’erreur et une panne peut sans doute arriver ;
l’on pourrai même envisager l’évolution d’un matériel a partir d’une base de fabrication,c’est à dire que si votre appareil au bout d’un certain temps tombe en panne et que entre temps une évolution technologique viable est développée,pouvoir l’adapter à cet appareil ;
ce qui signifierai la création à la fois de petites structures de fabrication de la pièce défectueuse et de pôle de recherche pour améliorer par exemple l’impacte écologique de ces appareils,ne rien jeter,tout récupérer et réadapter selon l’age du produit ;
dernière précision,tout cela serai localisé au plus près des consommateurs et l’ensemble pourvoyeur d’emploi
merci de m’avoir lu et heureusement nous avons un cerveau
eric

08/07/2013 18:04 par Dominique

Mon moulin à café électrique n’est pas tombé en panne, mais je l’ai quand même remplacé par un autre, à manivelle, acheté d’occasion.

Imaginez-vous le dimanche matin, ce jour de repos durement gagné. Vous êtes dans la cuisine, la fenêtre est ouverte, vous entendez les chants des oiseaux, vous mettez du café dans le moulin et badaboum, le bruit de l’engin est tel que vous avez l’impression d’être sur le tarmac d’un aéroport quand l’avion d’à côté met plein gaz pour décoller. Mais sans les pamirs car qui met des protections auditives pour moudre du café ! Bref, une magnifique journée de repos durement gagnée qui démarre très mal !

Moins anecdotique, le capitalisme ne cesse de se révéler systématiquement incapable de corriger ses erreurs. En URSS, ils ont eu droit à une dictature d’un parti totalitaire, mais alors que les inégalités grandissaient dans les pays capitalistes (pour ne citer qu’un exemple, 6 à 8 millions de morts de faim dans les années 60-70, 35 millions aujourd’hui), cela n’a pas empêche ceux du bloc de l’Est de construire des logements accessibles à l’ensemble de leurs populations, de mettre fin à la famine, de construire des écoles et des universités gratuites, de développer des systèmes gratuits de santé et de donner du travail à leurs populations en s’industrialisant.

Malgré ses erreurs évidentes en matière de démocratie, le socialisme de l’ex bloc de l’Est a fait bien plus pour les habitants de ces pays que le capitalisme n’a jamais fait pour les habitants des pays de sa sphère d’influence. Au mieux, ce dernier n’a réussit qu’à générer une fausse opulence, une opulence limitée temporairement à quelques pays riches et puissants, une opulence qui a coïncidé avec l’asservissement, avec le pillage et avec l’appauvrissement du reste de la planète, Donc, si échec il y a, il s’agit bien plus de celui du capitalisme que de celui du communisme.

De plus, le socialisme est jeune, et comme nous le montre l’histoire, il faut plusieurs siècles pour passer d’un mode de production comme le capitalisme à un autre comme le communisme. Des erreurs ont été faites, d’autres le seront encore, mais un socialisme comme celui de Cuba, nous montre que le socialisme, contrairement au capitalisme, est capable de corriger ses erreurs.

Cela peut sembler paradoxal pour certains car le socialisme cubain est issu d’une révolution nationaliste et anti-impérialiste, révolution dans laquelle le concept de parti unique révolutionnaire était (et est toujours) un rempart contre les ingérences impérialistes et (néo)-coloniales. Le Che était un des seuls marxistes dans le premier gouvernement dirigé par Fidel Castro, et ce dernier n’a déclaré le caractère socialiste de la révolution cubaine qu’à la veille de l’invasion annoncée de la Baie des cochons.

Ce socialisme cubain naissant dans un contexte où il n’y avait presque pas de cadres formés au marxisme a connu plusieurs mutations et il a beaucoup évolué, tout en commettant des erreurs. Mais il a prouvé au moins trois choses :

- Le bilan est globalement positif. Aucun autre pays pauvre n’a réussit à accomplir autant d’avancées sociales pour son peuple, ceci alors que les USA n’ont cessé de tenter de reprendre le contrôle de Cuba par tous les moyens.

- Le socialisme, même dans le contexte du blocus yankee contre Cuba, est non seulement capable de corriger ses erreurs, mais aussi de faire des avancées démocratiques, avec notamment le développement d’associations de masse dans tous les domaines, associations de masse dont les analyses et les prises de position sont contraignantes pour l’État, ceci alors qu’un des effets les plus pervers de ce blocus est justement de limiter les possibilités d’avancées démocratiques.

- La solidarité internationale et le nationalisme ne sont pas exclusifs dans le socialisme d’aujourd’hui. Au contraire, dans les circonstances historiques actuelles marquées par la domination impériale du capitalisme, seule une véritable indépendance nationale peut permettre de garantir les acquis d’une révolution et de construire sur ces acquis.

Le capitalisme est dépassé. Il a aujourd’hui atteint son développement maximal, il est présent sur toute la planète, et il est confronté à une double crise systémique :

- Les premiers effets de l’épuisement des ressources naturelles commencent à toucher l’économie, ce qui rend de fait caduc le principe capitaliste de la croissance infinie sur une planète aux ressources finies. Ceci suffira pour sonner le glas du capitalisme, avec ou sans révolution.

- La pollution systématique de notre environnement et la disparition tout autant systématique des biotopes menacent aujourd’hui l’existence même de la vie supérieure sur cette planète, la seule que nous ayons. Ceci suffira pour sonner le glas non seulement du capitalisme mais aussi de l’humanité.

D’après certains scientifiques, cette dernière évidence est tellement urgente qu’il est déjà trop tard et que comme l’extermination massive d’espèce la plus globale de l’histoire de la Terre est déjà et aussi la plus rapide, elle est lancée et ne peut, comme nous sommes le sommet de la chaine alimentaire, que nous emporter avec elle.

Cependant, le mode de vie des indiens de la forêt nous montre qu’une société humaine, même avec des moyens techniques rudimentaires, peut contribuer à augmenter la biodiversité et non à l’exterminer. Les expériences récentes de l’agriculture cubaine vont aussi dans ce sens positif pour la nature, et donc positif pour nous.

Quoi qu’il en soit, autant le rythme d’épuisement des ressources naturelles non renouvelables, que le rythme de disparition des biotopes et des espèces de la faune et de la flore, nous montrent que nous ne disposons pas de siècles pour changer le paradigme de notre société. Le Titanic qu’est le capitalisme commence à prendre l’eau de toutes parts et ça va bientôt être le sauve qui peut généralisé.

Face à ce naufrage annoncé et inévitable, il n’y a qu’une solution :

Vive le respect, la solidarité et la révolution !

La solidarité est nécessaire pour mener à bien une lutte victorieuse, et le respect est nécessaire pour obtenir la solidarité nécessaire.

Et désolé d’avoir été aussi long, mais j’avais envie de dire tout ça.

08/07/2013 18:16 par Pinco

@ Lionel

Bonjour,

C’est une bonne idée que cette liste d’exemples d’obsolescence programmée et je suis d’accord sur le fond avec ta chronologie mais il y a erreur sur le SGDG.
Le sigle SGDG signifie, au contraire, "SANS Garantie Du Gouvernement", ce qui permit à l’époque (1844) de s’affranchir de toute responsabilité quant à la bonne marche et au caractère innovant d’un appareil sous brevet français.
Pourquoi ? Car, (déjà !) à l’époque, le service public qui délivrait les brevets français manquait de moyens. Devant l’augmentation exponentielle des inventions, il s’est mis à les tamponner avec une vérification minimale. D’où le souci de Napoléon de se dégager de toute responsabilité en cas de souci. (http://www.invention-europe.com/Article59.htm)
La ""Révolution" Industrielle" française était en marche ...!

Au passage, info pour donner, échanger ou récupérer gratuitement des objets en état et des appareils qui marchent encore : http://www.freecycle.org/group/FR

PS : avec www.legrandsoir.info, c’est le Grand Soir tous les soirs ! :-)

08/07/2013 22:50 par Lionel

Merci à Pinco et Dwaabala, pour tenter de me rattraper je dirai que c’était de l’humour-fiction...
En tout cas j’y ai toujours cru, c’est sans doute pour ça que ça tenait le coup !

09/07/2013 00:39 par calame julia

Accompagnant une personne au service cadastral de la commune voisine (dont dépend
le hameau où nous vivons) j’ai comme eu un haut-le-coeur !
La gente demoiselle venait d’arriver dans le service et ne pouvait donc fournir certains
documents qui doivent être accessibles à tous les redevants de foncier, etc...
Sinon, "mon collègue est absent", "mon collègue est en vacances", le responsable
est absent", "nous n’avons plus cet article" "arrêtez d’être agressif" et surtout "dites
nous bonjour, même si nous ne pouvons vous renseigner, car, ici les rois ce ne
sont pas les clients, mais nous" ! participent de cette fameuse concurrence libre et non
faussée car jusqu’à preuve du contraire c’est à des humains qu’on s’adresse et pas
à des machines !
Une première manière de prendre le pouvoir c’est de ne pas satisfaire certains question-
nements et/ou nécessités. En l’occurrence dans le commerce le prix correspond obliga-
toirement à un service ou une marchandise. Ne plus en avoir ou utiliser tout genre de
subterfuge pour ne pas répondre à la demande laisse le champ libre pour en proposer
une autre via la publicité ou toutes propagandes d’experts.

09/07/2013 11:28 par Arthurin

Ah ! Résistant, merci pour cette invitation.

Ce n’est qu’un brouillon un peu étoffé, il date un peu, il faudra que je le reprenne un de ces jours mais je vous le (re)soumet volontiers.

Au delà de ça, je crois (très humblement) qu’en dehors des réalités immédiates qui exigent de parer au plus pressé, nous devrions en parallèle faire vivre la démocratie, aussi modestement que ce soit. J’ai plus ou moins abandonné l’idée (j’en parle un peu à la fin du document en lien, j’en parle aussi un peu ) faute de gens réellement motivés... Mais te lire me redonne l’envie camarade.

09/07/2013 11:50 par résistant

Ah oui, mais j’avais oublié de vous préciser, pour les petits malins qui disent "ouais, il n’avait qu’à le réparer lui-même, son moulin à café..."
Les vis, pour ouvrir le truc, il fallait un tournevis spécial, en étoile, avec un trou au millieu...

09/07/2013 12:45 par Dominique

L’histoire de Calama m’en rappelle une autre. Sur le forum de logitech, il y a un sujet sur les drivers linux pour leurs souris. Les souris dites "intelligentes" ont besoin de drivers pour accéder leurs fonctions de programmation. Les premières souris à coques interchangeables de la marque ne fonctionnaient pas sous linux, car logitech avait fait une programmation de base tellement débile que même les 3 boutons de base n’étaient pas reconnus. Pour les faire fonctionner sous linux, il fallait installer la souris avec ses drivers sous mac ou windows, et la reprogrammer. Dans ce sujet, les linuxiens demandaient quand un driver linux serait disponible.

Le pingouin de service de la marque était branché sur boucle. Il a commencé par donner le lien sur les drivers linux pour les webcam de la marque. A quoi il lui fut répondu que l’on causait ici des souris. Il a alors dit qu’il allait en discuter avec le département du R&D. Quelques mois plus tard, quand on lui a demandé où s’en était, il a recommencé avec ses drivers pour les webcams. Ils doivent plus savoir quoi en faire de leur webcam.

Sur la TV suisse, leur pdg a expliqué qu’il aimait bien les pays anglo-saxons car dans ces pays, disait-il, on a pas besoin de demander à être servi pour être servi. J’ai mis le lien sur cet interview dans le sujet du forum, et souligné le fait que chez logitech, et contrairement à ce qu’affirme leur pdg, même quand on demande à être servi, on ne l’est pas. Le pingouin a alors adopté une nouvelle tactique : le suicide. Il n’a plus rien répondu.

De manière plus générale, l’obsolescence programmée touche même les logiciels. Ainsi, quand Sun avait racheté StarOffice pour en faire OpenOffice, les premières modifications de Sun avaient été de brider les correcteurs orthographiques à un maximum de 3 langues et à supprimer l’édition des framesets html, deux fonctions qui faisaient trop de concurrence aux éditeurs payants de Sun. De plus, il n’est pas rare de voir que tel ou tel programme ne fonctionne plus suite à un update du système, ou que tel ou tel programme a été remplacé par un autre ou une nouvelle version plus "moderne" mais qui ne fait pas la moitié de ce que l’ancien faisait. Cette philosophie du "the latest, the best" (plus c’est récent, mieux c’est) touche tous les OS, même GNU/linux, même si ce dernier l’est bien moins que les autres.

09/07/2013 13:26 par Lulu

Non, il n’y a pas d’alternative. Comme disait l’autre, l’Etat n’est que l’outil d’exploitation d’une classe sur une autre. Par conséquent, si les Nationalisations évoquées ici comme solutions, avaient une réelle efficience sur la stabilité sociale, il faudrait aller au bout de la logique : l’’Etat, comme la monnaie, n’auraient plus aucune raison d’être. Parce que quel est le but de la manœuvre ? réduire un temps la pente de l’indépassable loi capitaliste investissement / profitabilité, après l’inéluctable " destruction créatrice " de l’outil de production ? Dans quel but ? : reconstruire ce même outil de production. Même les végétaux re colonisent petit à petit la lave refroidie des volcans grâce à une stratégie basée essentiellement sur la compétition et la domination.

09/07/2013 13:53 par Dwaabala

@ Résistant
Pour une somme modique j’ai acheté un jour chez Norma®, qui va disparaître racheté par Leader Price®, un coffret "vissage spécial", avec lequel on visse ou dévisse à peu près tout ce qu’on veut.
J’ai une belle imprimante haut de gamme HP® qui un jour tomba en panne. Pendant un an j’ai réfléchi au lieu de la mettre à la décharge, et exploré tout Internet, pour finir par tomber sur un site où le symptôme était exactement décrit, ainsi que la pièce défectueuse, un condensateur qui prend du ventre, avec photos à l’appui.
J’ai démonté délicatement, extirpé le circuit imprimé avec précaution, ne me suis pas senti de faire la subtile soudure, l’ai confié à un réparateur qui pour 15 euros a fait le travail et désormais tout est OK ! Vous dire la fierté ressentie à l’issue de cette réparation est difficile.

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