Dernière minute : un Cubain entre la vie et la mort à Madrid ! (Rebelion)

La triste réalité qui cerne ceux qui ont accepté de cohabiter avec le capitalisme vient de révéler cruellement son véritable visage et ces Cubains qui un jour, pas si lointain, répudièrent leur patrie soumise au blocus et où sévissent certaines pénuries matérielles, et l’abandonnèrent, hypnotisées par les chants de sirènes de leurs maîtres de la SINA (1), sont aujourd’hui en train de payer chèrement une douloureuse addition faite d’abandon et d’indifférence.

Connaissant leurs parcours individuels, je ne peux m’empêcher de les comparer à ces autres mercenaires, «  embarqués » et vaincus par le peuple cubain en moins de 72 heures, sur les sables de Playa Girón (2).

Une dizaine de ces Cubains ont décidé d’exprimer leur frustration devant le Ministère des Affaires étrangères, à Madrid, en entamant une grève de la faim " ce même genre de grève qui fut tellement médiatiquement exploitée lorsqu’elle avait lieu à Cuba ", et cela pour forcer le gouvernement espagnol à répondre à leurs demandes après avoir vu venir la fin des allocations qu’ils touchaient depuis un an et demi.

Habitués toute une vie à avoir tout près de leur domicile leur médecin de famille et à avoir droit à tous les soins hospitaliers sans débourser un seul centime et sans la moindre discrimination en dépit de leur rôle de salariés des ennemis de leur Patrie, les voici aujourd’hui qui connaissent l’insupportable surprise de voir l’un d’eux, Randol Roca Mursuli, subir un refus catégorique de la part d’un centre hospitalier espagnol et du SAMUR (SAMU espagnol) pour lui prodiguer des soins au prétexte que sa carte de santé (carte VITALE) n’est plus valide.

L’infarctus du myocarde dont a été victime Randol Roca Mursuli il y a deux jours n’a pas ébranlé les médecins espagnols et cela le condamne pratiquement à mort. Jamais il n’aurait vécu une telle situation à CUBA.

Ces mêmes médecins espagnols n’ont pas été davantage émus par la présence, aux côtés du malade, de toute sa famille, dont un nourrisson de 6 mois.

Je ne sais pas encore précisément ce qu’il est advenu du patient victime d’un infarctus ni s’il a ou non, finalement, reçu les soins médicaux appropriés pour mettre sa vie hors de danger. Je ne sais pas non plus ce que deviennent les soi-disant grévistes de la faim qui, cette fois, sont bien obligés de jeuner pour de vrai s’ils veulent attendrir les coeurs de pierre de Mariano Rajoy et de ses associés du Partido Popular.

Cette fois, le show médiatique ne sert à rien. Ici, Messieurs, c’est le capitalisme !

Percy Francisco Alvarado Godoy

Rebelión http://www.rebelion.org/noticia.php?id=148147

(1) - La Section des Intérêts Nord Américains (SINA) à La Havane… qui tient lieu d’Ambassade des USA en l’absence de relations diplomatiques…

(2) - Playa Girón est une petite plage, dans la partie orientale de la Baie des Cochons, au centre de Cuba. Elle passa à l’histoire en 1961 lorsqu’elle fut, avec Playa Larga, le théâtre du débarquement de la baie des Cochons… des mercenaires contre-révolutionnaires cubains, recrutés, entraînés et armés par la CIA… (d’après Wikipédia).

Traduit par Manuel Colinas Balbona pour Le Grand Soir

COMMENTAIRES  

18/04/2012 16:21 par Ange

Un premier avant lui, a eut moins de chance, combien d’autres encore ? Illusions perdues :
"Espagne : le suicide d’un ’dissident’ cubain..."

18/04/2012 17:15 par Marie

Quelle tristesse et déconvenue pour ces "pauvres cubains" !
Il s’attendaient certainement à être considéré comme des héros en Espagne, eux qui avec courage et abnégation (avec le soutien mensuel et en dollars de la CIA) ont tenté de destabiliser la si cruelle dictature cubaine.

Ils sont tellement dépités qu’ils préfèrent retourner en prison à Cuba et demandent pour cela l’aide du gouvernement espagnol, si celui ci ne veut pas leur rétablir leur subside.

18/04/2012 21:59 par T 34

Je ne sais pas si vous êtes aussi au courant que l’un d’eux s’est suicidé :

L’Espagne décide d’arrêter l’aide aux ex prisonniers cubains qu’elle avait accepté d’accueillir (et l’un d’eux s’est suicidé)

Madrid, 6 avril (Cubadebate-RHC).-Le gouvernement espagnol a annoncé la fin de l’aide économique qu’il donnait à des ex prisonniers cubains et à leurs familles, que ce pays avait accepté d’accueillir. Ces 115 ex prisonniers et 647 proches sont arrivés en Espagne entre juillet 2010 et avril de l’année dernière. L’un de ces ex prisonniers qui vivait à Las Palmas, Albert Santiago Du bouchet s’est suicidé cette semaine.

Le programme d’un an qui a été prorogé une première fois de 6 mois, a expiré- soulignent des sources du gouvernement espagnol.

Les sources consultées par le journal El Mundo soulignent que l’accord, impulsé par le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Miguel Angel Moratinos et qui a été signé par chaque ex prisonnier, expirait dans un délai de 18 mois.

La plupart de ces personnes n’ont pas d’emploi à cause de la crise économique. Elles ont demandé au gouvernement de proroger une nouvelle fois leurs allocations tant qu’elles ne trouveront pas d’emploi.

Source : http://www.radiohc.cu/fr/nouvelles/de-cuba/4044-lespagne-decide-darreter-laide-aux-ex-prisonniers-cubains-quelle-avait-accepte-daccueillir.html

España : Por finalización de ayudas económicas a ’disidentes’ se suicida un cubano en Islas Canarias

Que paso con la solidaridad capitalista ?

illustration : http://plumayfusil.com/portal/wp-content/uploads/2012/04/ue-paso-con-la-solidaridad-capitalista-450x584.jpg

Personne ne m’avais averti de côté du capitalisme !

18/04/2012 23:34 par Anonyme

C’est cela qu’ils font miroiter aux Cubains : l’ « Américan Way of Life ».

En Europe, c’est le même « way of life », of course.

Tant que ceux que les Etats-Unis appellent « dissidents » servent à quelque-chose, sur l’île, à Miami, ou ailleurs, ils sont payés en dollars avec lesquels ils peuvent s’acheter des téléphones portables, avoir un accès Internet illimité, toutes choses qui sont très chères à Cuba à cause du blocus.

Mais une fois qu’ils ne servent plus, ils sont jetés sans ménagements, comme des kleenex usagés. Et ils ne comprennent pas comment ceux qui se disaient leurs « amis » peuvent les traiter avec autant de mépris. Eux qui ont pourtant combattu « l’horrible dictature stalinienne ». qui « interdit tout à sa population ». Qui interdit jusqu’aux publicités, télévisées ou sur les murs, jusqu’aux séries américaines où l’on voit cet « american way of life » dans toute sa splendeur ! Qui interdit les OGM ! Qui interdit même d’exploiter son voisin ! Et même de le tuer s’il n’obéit pas au maître ! Rendez-vous compte ?

Pourvu que monde comprenne à temps, et produise de moins en moins de « dissidents » qu’on jette après usage.

19/04/2012 05:42 par patrice sanchez

Tant que nos médias panurgisants nous présenteront Castro et Chavez comme des dictateurs "sanguinaires", avec la complicité de philosophes comme le très décevant Onfray, "la démocratie" a encore de beaux jours devant elle !

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