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Auteur : Jean-Pierre PAGE

Au détriment de son identité et de son histoire, la direction de la CGT n’en finit pas d’exorciser son passé.

Pour Sophie Binet, la CGT doit rallier l’union sacrée !

Jean-Pierre PAGE

Ce contexte inimaginable il y a encore quelques mois, est un révélateur éloquent des contradictions du système hégémonique, de ses échecs, de l’état des résistances à celui-ci et des nouveaux rapports des forces. Entre guerre et paix, cette évolution inédite permet d’apprécier les positions réelles des différentes organisations sociales, syndicales et politiques en France, en Europe comme internationalement. Période de décantation ou tout le monde est au pied du mur et en devoir de choisir ou il se situe. C’est le cas de la CGT.

« La guerre est semblable au feu, si elle se prolonge elle met en péril ceux qui l’ont provoquée » . Sun Tzu Nous sommes dans une de ces périodes de l’histoire ou tout s’accélère et où il faut être capable d’anticiper pour s’élever à la hauteur de ce que la situation exige. La guerre par procuration en Ukraine a contribué à bouleverser l’ordre des choses. La tragédie à Gaza a mis en évidence la politique de deux poids deux mesures et le double langage des occidentaux. Malgré une répression brutale, la cause palestinienne a entrainé une solidarité mondiale sans aucun précédent. Israël est dorénavant un état paria, isolé, condamné et à l’avenir incertain. Que reste t-il du nouvel ordre mondial promis et voulu par Washington ? L’importance des changements politiques qui sont intervenus aux Etats-Unis reflète l’étendue de la crise de domination impérialiste et la décomposition d’un système anachronique. La guerre ouverte entre deux visions du comment sauver le capitalisme en est (…) Lire la suite »
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Le 80 ème anniversaire de la libération d’Auschwitz est instrumentalisé dans un contexte de russophobie et de déclin de l’Occident

Auschwitz et la manipulation de l’histoire

Jean-Pierre PAGE

Vous trouverez ci-dessous l’intervention de Jean-Pierre Page le 29 janvier au débat organisé par le Centre Valdai à Moscou à l’occasion du 80e anniversaire de la libération d’Auschwitz par l’Armée Rouge.

Ancien responsable des affaires internationales de la CGT, Jean-Pierre Page a co-écrit plusieurs livres de politique internationale avec un de nos administrateurs, Maxime Vivas.
Cet article est son 45 ème sur Le Grand Soir.

Bonjour et merci pour cette invitation Le 27 janvier 1945, il y a exactement 80 ans la 100e division de la 60e armée de Voronej de l’Armée Rouge, s’emparait du camp d’Auschwitz au prix de 66 tués et libérait les 7000 survivants qui s’y trouvaient. Aujourd’hui tout à leur russophobie, les négationnistes contestent le terme de « libération », avec l’argument que la prise d’Auschwitz n’était pas un objectif militaire, voire pire qu’il s’agissait d’un hasard et de la découverte imprévue de ce qui fût plus le grand camp de la mort conçu par les nazis. Ces arguments scandaleux ne résistent pas aux faits et cela d’autant qu’après la libération de l’Union soviétique, l’armée rouge accomplissait celle de toute la Pologne. Elle le fit avant de porter le coup mortel au nazisme libérant ainsi toute l’Europe. L’URSS mis ainsi un terme à des années de guerres qui auront entrainé des destructions innombrables et plus de 60 millions de morts. En simplifiant des faits complexes pour renforcer (…) Lire la suite »
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Auschwitz et la manipulation de l’histoire

Jean-Pierre PAGE

Le 27 janvier 1945, il y a exactement 80 ans, la 100e division de la 60e armée de Voronej de l’Armée Rouge, s’emparait du camp d’Auschwitz au prix de 66 tués et libérait les 7000 survivants qui s’y trouvaient. Un débat du Centre Valdai à Moscou. Intervention de Jean Pierre Page.

Aujourd’hui tout à leur russophobie, les négationnistes contestent le terme de « libération », avec l’argument que la prise d’Auschwitz n’était pas un objectif militaire, voir pire qu’il s’agissait d’un hasard et de la découverte imprévue de ce qui fût plus le grand camp de la mort conçu par les nazis. Ces arguments scandaleux ne résistent pas aux faits et cela d’autant qu’après la libération de l’Union soviétique, l’armée rouge accomplissait celle de toute la Pologne. Elle le fit avant de porter le coup mortel au nazisme libérant ainsi toute l’Europe. L’URSS mis ainsi un terme à des années de guerre qui auront entrainé des destructions innombrables et plus de 60 millions de morts. En simplifiant des faits complexes pour renforcer leur vision idéologique, de nombreux leaders occidentaux, leurs experts, leurs historiens de circonstance, leurs journalistes réécrivent l'histoire pour servir des intérêts politiques à court terme. Ce 80e anniversaire de la libération d’Auschwitz (…) Lire la suite »

A propos des discours sur les BRICS+

Jean-Pierre PAGE

J’ai écouté une interview de Laurent Delcourt du CETRI qui d’une certaine manière reflète et relaye depuis le Sommet historique de Kazan les campagnes de doute, de scepticisme, de contestation voir de dénigrement sur les BRICS+.

Selon lui, ceux-ci seraient trop ou pas assez !. Les BRICS+ reproduiraient les mêmes types de rapports avec les pays d’Afrique que ceux qu’imposent les anciennes puissance coloniales. Les BRICS+ en fait ne penseraient qu’à leurs intérêts propres en exploitant les ressources naturelles de ceux qu’ils prétendent représenter et soutenir. En fait et toujours selon Laurent Delcourt, rien de bien nouveau ne serait apparu sous le soleil. Évidemment on s’attendrait plutôt à entendre ce type de discours de la part des experts de plateau et des médias pour lesquels l’ordre libéral est un système indépassable Mais, dans son cas, le bilan globalement négatif qu’il nous présente est censé partir d’une approche qui se veut tiers-mondiste. En fait, Laurent Delcourt, les bons sentiments en bandoulière, se refuse à prendre en compte le monde réel tel qu’il est. Pour juger, il préfère s’en tenir à un monde parfait, sans rapports de forces, sans contradictions, sans avancées, sans reculs, sans (…) Lire la suite »

Les routes de la soie et la communauté de destin

Jean-Pierre PAGE

Du 15 au 18 octobre l'Agence de presse chinoise Xinhua a organisé à Xi'an dans la province du Shaanxi le second Forum International sur Les Routes de la Soie. Jean-Pierre Page y a participé et a fait l'intervention suivante.
LGS

Xi'an est une des dix plus grandes villes de Chine, elle se trouve au centre du pays et compte une dizaine de millions d'habitants. Elle fût la première capitale de la Chine au moment de la dynastie Qin et de son premier empereur Qin (221 à 206 av. notre ère). En 1974 on y fit la découverte de son mausolée entouré de 8000 soldats et chevaux de terre cuite. Xi'an se trouve à proximité de Yan'an, cette cité troglodyte, haut lieu de la révolution chinoise ou après la Longue Marche de 10 000 kms Mao Zedong et ses camarades reconstituèrent l'Armée Populaire de Libération qui allait libérer toute la Chine.

L’anthropologue chinois Fei Xiaotong a souligné une fois qu’« une société n’est pas simplement une collection d’individus ; c’est un réseau complexe de relations et de pratiques culturelles qui lient les gens ensemble ». C’est là, me semble-t-il, une très bonne définition de ce qui correspond et doit correspondre à la finalité des Routes de la Soie (BRI). Elles ne sont plus un projet mais une réalité concrète qui progresse à travers des réalisations qui contribuent à modifier jour après jour la modernisation non seulement de la Chine mais de nombreux pays pour lesquels développement et coopération ne sont plus des mots vides de sens mais des réalisations vivantes, des infrastructures concrètes permettant un développement économique et sociale souverain, partagé avec d’autres nations. Cette vision favorise la réponse aux besoins par la justice sociale, la compréhension mutuelle, la démocratie et la paix. Les relations internationales s’en trouvent profondément modifiées, elles (…) Lire la suite »
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Tout savoir sur cette île et sur les manipulations de nos esprits

Sri Lanka, marxist or not marxist ?

Jean-Pierre PAGE

« Il faut que tout change pour que rien ne change ! »
Giuseppe Tomasi de Lampedusa ;

Récemment, la presse internationale s’est faite largement l’écho de l’élection présidentielle au Sri Lanka. De manière assez stupéfiante et presque unanimement on a dans les médias mainstream, sur les réseaux sociaux ou à travers les déclarations péremptoires de politiciens de droite comme de gauche, signalé ou salué l’arrivée au pouvoir d’un président « marxiste », voir « marxiste-léniniste », mieux encore « communiste ». De tels commentaires ont suscité à Colombo une hilarité générale ! On en plaisante encore.

« Il faut que tout change pour que rien ne change ! » Giuseppe Tomasi de Lampedusa Récemment, la presse internationale s’est faite largement l’écho de l’élection présidentielle au Sri Lanka. De manière assez stupéfiante et presque unanimement on a dans les médias mainstream, sur les réseaux sociaux ou à travers les déclarations péremptoires de politiciens de droite comme de gauche, signalé ou salué l’arrivée au pouvoir d’un président « marxiste », voir « marxiste-léniniste », mieux encore « communiste ».[1] De tels commentaires ont suscité à Colombo une hilarité générale ! On en plaisante encore.[2] Bizarrement, personne ne s’est posé la question de savoir pourquoi au même moment les dirigeants américains, ceux de l’Union Européenne, le FMI étaient eux aussi visiblement séduits par la nouvelle, applaudissant à ce qui était un évènement, pourtant prévisible. La bourse de Colombo est repartie nettement à la hausse et la roupie a gagné quelques points. Le monde des affaires (…) Lire la suite »

La ficelle qui a la grosseur d’un câble !

Jean-Pierre PAGE

Dans le contexte de la crise politique sans précédent que nous connaissons, la montée du néo fascisme auquel nous assistons en France et ailleurs est une menace d’une gravité extrême, une conspiration contre les peuples. Le capital est à la recherche d’un moyen lui permettant de trouver le répit dont il a besoin y compris en recourant aux solutions les plus extrêmes dont la guerre et dans l’immédiat par la technique bien connue des deux fers au feu.

Le choix est entre confier directement les rênes du pouvoir à l’extrême droite comme il l’a fait en Italie et dans sa version la plus extrémiste en Argentine ou s’accommoder d’un gouvernement d’Union nationale comme le suggère E.Macron qui pourrait être une passerelle entre les forces de la finance dont il est le chargé de pouvoir et tout ou partie des signataires du Nouveau Front Populaire. Dans les deux cas la priorité pour l’oligarchie vise à enrôler le peuple et les travailleurs au service des objectifs d’une politique de confrontation avec ce que l’impérialisme considère comme la menace principale à son hégémonie. En d’autres termes la confrontation avec l’émergence de forces nouvelles dans le monde qui défendent dorénavant bec et ongles leur souveraineté. Celles-ci font le choix de contester la surexploitation de leurs richesses humaines et matérielles par un occident en déclin, devenu par ailleurs un danger pour l’humanité entière. La décision d’Emmanuel Macron de (…) Lire la suite »

Syndicalisme international et lutte des classes

Jean-Pierre PAGE

Comment le syndicalisme international se détermine face à une situation aussi inédite que celle que nous connaissons ? Le seul constat qui s’impose, c’est qu’il est en partie hors jeu, inopérant, atone, sans ressort et surtout dépendant d’évènements qu’il subit.

Il est un fait qu’en France, en Europe et internationalement, le syndicalisme dominant, c’est-à-dire le syndicalisme occidental de conception réformiste, n’entend pas mettre en cause le fond des choses, c’est-à-dire la contradiction capital/travail. En fait, il ne cherche pas à contester le système capitaliste qui à ses yeux fait figure de sujet intouchable, indépassable et tabou. Il s’en accommode, pire, il s’y est rallié. Par ses orientations, ses décisions et son fonctionnement il entend accompagner celui-ci et le soutenir comme vient de l’illustrer le long conflit de l’automobile aux Etats-Unis ou le syndicat UAW affilié à l’AFL-CIO a volé aux secours des grands groupes comme Stellantis, Ford, General Motors mais aussi du candidat Joe Biden qu’il faut aider à sauver par un bel élan d’indépendance syndicale. C’est d’ailleurs ce que font la plupart des forces syndicales affiliés à la Confédération Européenne des Syndicats (CES) et à la Confédération Syndicale internationale (…) Lire la suite »
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Les "liaisons dangereuses" d’Ursula von der Leyen.

Jean-Pierre PAGE

Dans 2 semaines environ, auront lieu les élections européennes. Pour les peuples et les travailleurs, l’Union européenne (UE) est au coeur d’une crise profonde et leur divorce avec celle-ci est largement consommé. Le 16 mai à Montauban dans une réunion de militants de la CGT en Tarn et Garonne, Jean-Pierre Page a dans une intervention évoqué l'Union Européenne, l'extrême droite et la fascisation, le nouveau rapport des forces international.

La crédibilité politique, économique, sociale, culturelle des institutions Européennes a en effet considérablement régressé. Des clivages et des divisions de plus en plus nombreux sont apparus entre les pays membres et touchent tous les domaines, social, sécuritaire, réfugiés, économique, monétaire, etc. La corruption à travers le rôle de milliers de lobbies atteignent autant la Commission de Bruxelles et sa présidente que le Parlement lui même. Pour exister, l’U.E cherche à combler son fonctionnement antidémocratique en recourant à un autoritarisme, elle s’en prend aux libertés fondamentales. Comme on le voit en Ukraine, au Proche Orient ou à l’égard de la Chine sa servilité à l’égard des Etats-Unis illustre combien cette crise existentielle tient à la nature même de ce qu’est l’U.E. Comme à ses débuts, les institutions européennes poursuivent une évolution consistant à entretenir un voisinage consanguin avec les forces politiques les plus rétrogrades de l’extrême droite néo (…) Lire la suite »
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Á propos du 60e anniversaire des relations entre la France et la Chine

Jean-Pierre PAGE

Texte prononcé par Jean-Pierre Page lors du colloque pour le 60e anniversaire des relations entre la Chine et la France à l’Hôtel Intercontinental à Paris, le 4 mai 2024.

Forum sur le développement des échanges entre les peuples et les cultures français et chinois.

Nimen Hao, Bonjour, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, En établissant des relations diplomatiques en janvier 1964, la France et la République Populaire de Chine avaient rendez-vous avec l’histoire. Cette initiative politique exemplaire et sans précédent à cette époque bouleversa l’ordre des choses. En fait, la France et la Chine « ces deux mondes qui ne pouvaient s’ignorer » selon l’expression du Général De Gaulle furent capable de prendre en compte un patrimoine, une histoire commune et singulière mais aussi une curiosité réciproque qui existait déjà de longue date. Le Général De Gaulle, de manière prémonitoire, avait compris bien avant d’autres hommes d’état occidentaux que s’agissant de la Chine nouvelle, la vision archaïque qui avait prévalu en Occident n’avait plus de sens ! Par conséquent, cette histoire entre la France et la Chine, « cette nation plus vieille que l’histoire » qui après 1949 avait repris sa marche en avant mériterait d’être plus largement (…) Lire la suite »