Un discours et des menaces atterrants

L’arrogant et belliqueux discours prononcé par le président des Etats-Unis devant l’Assemblée générale des Nations unies a atterré la majorité de ceux qui l’ont écouté. De l’aveu d’observateurs qui suivent depuis longtemps les déroulements des assemblées générales onusiennes, jamais chef de l’Etat, même américain, n’a prononcé un discours de la sorte qui n’a été rien d’autre qu’une suite de digressions malvenues sur ce que devrait être l’ONU selon Donald Trump et de menaces à l’encontre des pays avec lesquels l’Amérique est en mauvais termes.

Les réactions à la prestation du président américain ont été de consternation chez ceux qui l’ont pensé acquis à la vision multilatérale de la gouvernance du monde dont l’ONU en est l’enceinte et de réprobation outrée chez ceux à qui ses menaces et violences verbales ont été destinées. Tous ont compris néanmoins que l’Amérique de Donald Trump est de « retour » non pas pour mettre sa puissance et son influence au service de la concorde et de la concertation entre les nations du monde mais en affichant sa volonté d’imposer son leadership mondial. Manichéen jusqu’à en être ridicule, Donald Trump a mis tous les Etats qui contestent l’hégémonisme américain aux conséquences désastreuses pour la paix dans la liste des Etats « voyous » et proféré à leur encontre d’abominables menaces. Même des alliés de l’Amérique n’ont pas été épargnés par le belliqueux orateur qui leur a intimé que le seul multilatéralisme dans la conduite des affaires du monde est celui qui reconnaît à son pays le droit d’agir en leader incontesté.

Le multilatéralisme, Donald Trump en a hypocritement loué les valeurs au début de son discours mais pour très vite donner à comprendre ensuite que ce n’est pas sa vision et que sous sa présidence la politique étrangère américaine ne s’y pliera pas. La force et encore la force. Voilà ce que s’annonce être l’arme que le président des EU entend mettre au service de sa politique étrangère. Venant d’un homme d’Etat qui est à la tête de la plus grande puissance mondiale, la violence des propos qu’il a tenus devant l’Assemblée générale a de quoi inquiéter et pas seulement les Etats à qui il s’en est pris ouvertement. Elle fait entrevoir en effet que le monde court le risque de confrontations apocalyptiques qui seront causées par les faux calculs que Donald Trump pourrait faire en exagérant l’impact dissuasif de ses menaces et de sa détermination à user de la force militaire des Etats-Unis.

Trump ne veut pas voir que la politique d’unilatéralisme qui a été celle de son pays depuis la disparition de l’Union soviétique n’est plus tolérable pour de plus en plus d’Etats qui s’estiment légitimement être des acteurs dont les intérêts, le poids et l’influence ne peuvent être ignorés et leur donnent droit à inférer sur la gouvernance mondiale. Au Moyen-Orient, la réalité de l’obsolescence de la politique unilatéraliste de l’Amérique s’est dramatiquement révélée et c’est ce qui peut-être a incité Donald Trump à faire étalage de la puissance américaine dans une tentative d’intimidation à l’endroit des Etats qui en ont fait la démonstration dans cette région et sont tout autant à le faire ailleurs là où l’Amérique s’aviserait d’entrer en confrontation avec eux.

COMMENTAIRES  

23/09/2017 20:56 par Feufollet

Encore une analyse biaisée de quelqu’un qui ne semble encore avoir compris
que D. Trump n’a pas les manettes du pouvoir.
Il ne s’agit pas de défendre le personnage caricaturale qu’il est, mais de comprendre,
comme beaucoup s’efforce à nous le démontrer, que le vrai pouvoir est ailleurs qu’à la
maison blanche.
Alors, mettre tous les problèmes sur Trump est une démarche des plus simplistes
Qui, au final sert les intérêts des mondialistes-globalistes et autres progressistes-sociétaux
Alors, un peu plus de profondeur M. Habib, svp.

25/09/2017 17:47 par bostephbesac

Nos mé(r)dias critiquent les discours de Trump.......................tout en oubliant les outrances guerrières que l’ ont entendaient pour ceux qui parvenaient à avoir les les meetings de cette chère "Killary" Clinton, où de véritables appels à la guerre contre la Russie (soutenir sans doute les néo-nazis d’ Ukraine entre-autres !) se faisaient entendre ; et rappelaient les discours guerriers du 3ème Reich d’ Hitler (j’ ose le dire !).

26/09/2017 11:01 par Assimbonanga

@Feufollet et bostephbesac. En complément, veuillez consulter ceci : https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/09/24/les-clefs-cachees-du-discours-de-trump-contre-le-venezuela/ et vous constaterez l’immensité du pouvoir de nuisance d’un président foldingo. Tout de même !

26/09/2017 19:00 par bostephbesac

Assimbonanga, je n’ ai pas enlevé les responsabilités de Trump dans ses discours, je ne le blanchis nullement ! Mais, en écoutant mes proches, je remarque qu’ ils regrettent tous la défaite Clinton, qu’ ils jugent "plus responsable/plus souple/plus pacifiste" que Trump . Ah, ça, pour ceux qui se contentent d’ écouter l’ avis de nos me(r)dias, c’ est facile de croire ça ! Malheureusement, les discours dans les meetings de la Clinton, c’ était des meetings rappelant le 3ème Reich tout simplement . Pauvres Américains, ils ne mesurent pas la "gravité" des personnages - masculin et féminin - qui les dirigent !

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