Santé aux USA : Entente controversée chez les 3 grands de l’automobile, par Paul Martineau.

reprise d’article








L’aut’journal, Montréal, 30 novembre 2007.


L’entente qui vient d’être conclue entre le syndicat américain de l’automobile (United Auto Workers, UAW) et les « trois grands » constructeurs que sont General Motors, Chrysler et Ford, ne pourrait avoir d’équivalent dans aucun autre pays du monde.



L’exceptionnalisme américain

«  Only in America », disent-ils. Car plutôt que les salaires, les heures de travail, le plancher d’emplois ou les retraites, la question à être tranchée dans l’industrie automobile américaine était plutôt : comment assurer aux travailleurs, aux retraités et à leur famille des soins de santé. Un objectif qui, dans tous les autres pays industrialisés du monde, est atteint d’une façon ou d’une autre par l’État.

« L’exception américaine », soit l’absence d’un système public d’assurance-santé pour l’écrasante majorité de la population, n’est d’ailleurs pas étrangère aux déboires des constructeurs automobiles américains.

Si l’État ne prend pas en charge les coûts de l’assurance-maladie pour un travailleur, quelqu’un d’autre doit s’en charger, à moins que l’employé ne soit abandonné à lui-même.

Plus souvent qu’autrement, dans les milieux syndiqués, l’employeur doit donc assumer le poids financier d’un régime d’assurance-santé privé pour ses travailleurs.

Un poids financier avec lequel les compagnies asiatiques ou européennes n’ont pas à composer. Dans une industrie aussi compétitive et mondialisée que l’automobile, l’handicap concurrentiel est de taille pour les Américains.


1200 $ par voiture pour la santé

Les coûts de l’assurance-maladie que doivent payer les constructeurs américains ajoutent en moyenne près de 1200 $ au prix de chaque voiture.

Une compagnie comme GM ne doit pas seulement défrayer la couverture médicale de 73 000 salariés. Elle doit aussi continuer à payer pour la couverture de plus de 340 000 retraités, un nombre qui donne le vertige lorsqu’on se penche sur le coût des soins médicaux chez notre voisin du Sud.

Même si des compagnies asiatiques comme Toyota ont installé des usines aux États-Unis récemment et doivent payer l’assurance-maladie de leurs ouvriers, elles n’ont pas encore de retraités à prendre en charge comme les géants états-uniens, ce qui garanti le maintien de leur position concurrentielle.

La fibre patriotique des Américains en a pris pour son rhume récemment lorsque les ventes de Toyota aux États-Unis ont surpassé celles de Chrysler, chose qui aurait été inimaginable il y a 20 ans.

La situation était visiblement intenable pour l’industrie automobile américaine, qui n’arrive même plus à tenir le décompte de ses reculs depuis les deux dernières décennies. Alors que les membres de l’UAW dépassaient à l’époque les 1,5 million, ils ne sont plus que 557 000 répartis sur le territoire américain, depuis la suite ininterrompue de mises à pieds et délocalisations d’usines.


La solution la plus facile

Deux solutions s’offraient aux parties syndicales et patronales pour permettre aux GM, Ford et Chrysler de « respirer » un peu à l’issue du renouvellement des ententes de travail cet automne.

Ou bien elles se lançaient dans une campagne nationale pour l’instauration d’un régime public d’assurance-maladie, ou bien elles permettaient tout bonnement aux compagnies de se délester d’une partie du fardeau de l’assurance-santé. La seconde option, beaucoup plus facile, a évidemment été retenue.

L’entente négociée par l’UAW est sensiblement la même chez les trois grands constructeurs, comme c’est généralement le cas. Seuls les montants et certains détails diffèrent. Les trois employeurs acceptent de verser un immense magot dans un « fonds santé » géré par le syndicat, et qui devrait garantir la couverture médicale des retraités de l’automobile.

Chez GM, l’entente a donné lieu au plus gros transfert d’argent de l’histoire des négociations syndicales. L’entreprise a accepté de payer 35 milliards $ au nouveau fonds de santé de ses retraités géré par l’UAW. Le syndicat s’engage à ne pas demander d’argent supplémentaire si la chose tourne mal. Même scénario chez Ford, qui versera 16 milliards $ au fonds de ses employés. Le montant est similaire pour Chrysler.

Le principe est simple : les constructeurs payent un gros montant d’un coup, mais se libèrent de la responsabilité de centaines de milliers de retraités et de leurs familles.


Beaucoup d’inquiétude chez les travailleurs

Le syndicat défend l’idée du fonds pour la santé des retraités en soulignant que si GM ou Ford fait faillite d’ici 2010, l’argent sera toujours là pour les anciens employés.

Les détracteurs ont toutefois fait remarquer qu’une partie du fonds sera financée par des actions de l’entreprise concernée. Ainsi, en cas de faillite, le fonds de santé sera tout de même affecté.

L’utilisation d’actions du constructeur pour financer le fonds de santé des retraités inquiète aussi certains travailleurs. Chez GM, ils ont été à peine plus de 60 % à approuver l’entente.

Certains craignent que le syndicat, en tant que gestionnaire du fonds, n’en vienne à accorder trop d’importance à la valeur de l’action du constructeur.

« Le syndicat pourrait être confronté à une décision où il défendrait la valeur de l’action plutôt que les travailleurs », a déclaré un salarié de GM au Detroit Free Press.


Et qu’arrivera-t-il en cas de récession ?

D’autres ont été encore plus virulents dans leur critique de l’entente. Trois syndicalistes et ex-membres du conseil exécutif de l’UAW ont publié une lettre ouverte lapidaire sur le sujet.

« Nous croyons qu’il est irresponsable de transférer tout le risque aux retraités et à leurs familles et de libérer General Motors de son engagement à offrir une couverture santé complète et perpétuelle aux travailleurs qui ont bâti la richesse de cette corporation », écrivent-ils.

L’ex-président des UAW, Douglas Fraser, y est aussi allé de sombres prédictions. « Que Dieu nous vienne en aide si nous entrons dans une récession et que la valeur du fonds plonge, alors que le syndicat se retrouverait face à ces immenses engagements », a-t-il déclaré.

Conscients que cette entente controversée est la conséquence de l’absence d’un système public d’assurance-santé, employeurs et syndicats de l’automobile ont convenu de mettre sur pied un institut qui travaillera à imaginer une solution au problème de la santé aux États-Unis.

Les employeurs y verseront quelques contributions, à commencer par General Motors qui s’est engagé pour 15 millions $. Les plus optimistes croient que cet institut, financé par de tels piliers de l’économie américaine, pourrait avoir une influence sur des politiciens qui, autrement, ne sont pas sensibles à la cause d’un régime public d’assurance-santé.

Paul Martineau


- Source : L’aut’journal www.lautjournal.info




L’organisation des soins aux Etats-Unis : la sacralisation du « tout privé », par José Caudron.



Santé : plutôt rouge que mort ? par Kenneth Rogoff.




France : Hôpital entreprise contre hôpital public, par Pr. André Grimaldi.




« Sicko », de Michael Moore, par Jérôme Métellus.



La main-d’oeuvre américaine bat en retraite devant les forces de la mondialisation qui diminuent leur salaire et leur protection sociale, par David Streitfeld.






COMMENTAIRES  

09/12/2007 15:26 par patdinina

Le modèle américain dans toute sa splendeur !!
Comment un syndicat peut accepter de prendre des actions et séfendre les salariés de cette entreprise. C’est incompatible. Les actions sont des coupons permettant de rémunérer les actionnaires, en achetant des actions, on devient actionnaire et le seul credo des actionaires, c’est la rentabilité sans contre partie.
Le systeme de santé américain est très libéralisé, le systéme par solidarité n’existe pas. Il faut souvent se financer seul. C’est un modèle qui commence à se dessiner en france. Prenons garde !

01/01/2008 14:39 par André Vanden Heede-Esposo Gonzalez

Transmis à toutes fins utiles.
Microsoft : jusqu’où serez-vous espionnés ?
Voici un texte qui circule depuis une semaine sur Internet et sur tous les forums. Il explique ce que seront nos ordinateurs dans 10 ans, sous le nouveau système d’exploitation de Microsoft : Palladium. Lisez par vous même, et jugez ...

Mise à jour du 1/09/2005 : Article ZDNet, Microsoft verrouille Vista contre le piratage vidéo


Deviantart.com publie dans ses forums un post au contenu terrifiant. Signé warpbackspin, il revient avec beaucoup de précisions sur l’annonce faite par Microsoft, concernant ses projets de déploiement de la technologie nommée Palladium. Je vous conseille de le lire avec attention, pour ne pas dire après que vous n’étiez pas au courant.

Je vous en livre la traduction telle quelle. Bon courage, et pas de violence, s’il vous plaît.

"Désolé, il fallait que je poste cela, car c’est pratiquement la chose la plus dégoûtante que j’aie jamais entendue. J’ai lu dessus toute la semaine, et maintenant que j’ai du temps, j’ai pensé que je pouvais écrire quelque chose là -dessus, de façon à ce que tous ceux qui ne lisent pas The Register ou SlashDot puissent entendre parler du dernier projet de la Bête. J’ai pensé que cela était probablement le forum le plus adapté, dans la mesure où cela concerne n’importe qui utilisant un ordinateur, mais sentez-vous libres de le mettre ailleurs. Je voulais juste qu’une partie de cela fusse connu par les masses.

Et pour ceux qui s’effrayent de longues contributions : ignorez celle-ci, mais à votre péril. J’aimerais aussi lire vos réactions sur cela.

Plus tôt dans la semaine, Microsoft a esquissé ses plans pour sa prochaine génération de systèmes d’exploitation, nom de code Longhorn / Palladium. Parmi toutes les spécifications qu’ils cherchent à vendre, se trouvaient les fonctions de "réseau sécurisé" offertes par l’OS.

Premièrement :
Microsoft prévoit d’implémenter Palladium DRM (Digital Rights Management) sur une puce hadware, initialement implantée sur la carte mère, mais plus tard intégrée au processeur, et utilisant des flux de cryptage matériels. Le but est d’associer un drapeau à chaque fichier sur l’ordinateur, avec une signature numérique informant un serveur distant de sa nature. Si ce fichier est inautorisé, le serveur distant ordonnera à votre ordinateur de ne pas vous laisser l’ouvrir.

A la base, il s’agit d’une tentative pour mettre un terme à l’échange de MP3 et de warez [1].

Deuxièmement :
Avant qu’une application puisse se lancer, elle aussi devra se faire "vérifier" par un autre serveur. Si le code du programme ne correspond à aucun des codes authentifiés, l’ordinateur en refusera l’exécution. Cela, à nouveau, est fait pour empêcher votre ordinateur d’exécuter des applications "inautorisées" - qui pourraient être du warez, ou bien juste un freeware astucieux dont les auteurs ne peuvent pas payer la certification. Microsoft sera en mesure de contrôler précisément ce qui peut ou non tourner sur votre ordinateur.

Troisièmement :
Comme la plupart d’entre vous le savent, Microsoft a recours à une stratégie qui consiste à rendre leur logiciel délibérément obsolète - compatibilité ascendante mais pas descendante. Avec les lois de la DMCA, il sera bientôt interdit d’essayer de développer un produit logiciel compatible avec les types de fichiers issus d’un autre programme (par exemple, pensez aux nombreuses applications bureautiques pour Linux qui ont obtenu quelque succès en traduisant leurs formats de fichiers abscons).
Cela a pour effet de tuer toute concurrence dans l’Oeuf - dans la mesure où vous n’êtes pas autorisé à rendre votre nouveau produit compatible avec les autres, personne ne l’utilisera. Et finalement, les gens cesseront d’utiliser des logiciels alternatifs, puisque personne ne pourra relire leurs documents. Le monde entier n’aura plus qu’un choix pour le logiciel - Microsoft.

Quatrièmement :
Palladium va efficacement interdire le logiciel gratuit, pas seulement le logiciel gratuit pour Windows, mais aussi pour Linux, Mac, en fait tout ordinateur fondé sur une carte-mère équipée de Palladium. Pourquoi ? Pour autoriser le programme à tourner sur une machine Palladium, vous aurez à payer pour que votre code soit certifié "sûr" par le service d’authentification du logiciel de Microsoft. Et quel esprit sensé ira payer pour un code sur lequel il aura travaillé des heures ? Ca ne vaudrait vraiment pas la peine.

Les choses deviennent pires quand elles en arrivent aux projets open source, comme Linux et BSD. Ceux d’entre vous qui connaissent savent que les projets open source sont créés par des développeurs indépendants tout autour du globe, qui font des programmes dans leur temps libre et les donnent au reste du monde gratuitement. Beaucoup d’entre eux livrent le code même librement, de façon à ce que, si vous le souhaitez, vous puissiez changer le programme (par exemple pour corriger des bugs, ajouter des fonctionnalités, etc.).
Ce serait déjà suffisamment grave que le propriétaire ait à payer des frais de certification. Mais CHAQUE MODIFICATION apportée au code source demandera un nouveau certificat séparé. Ceux qui utilisent Linux savent que tant de choses sont mises à jour si rapidement que c’est non seulement peu pratique, mais coûterait aux développeurs open source des millions de Dollars. Argent qu’ils n’ont évidemment pas, et Microsoft le sait.

Cinquièmement :
Le "réseau sécurisé". C’est ce qui fait vraiment pencher la balance en faveur de Palladium. Tout d’abord, ils vont le faire de telle façon qu’il sera possible de le contourner au niveau matériel. Mais c’est conçu de manière à ce que, si vous essayez de vous connecter à un serveur web Palladium, vous ne le pourrez pas. Les machines Palladium seront capables de communiquer uniquement avec d’autres machines Palladium, et les machines non-Palladium ne pourront le faire avec aucune machine Palladium.
A partir de là , si Palladium atteint la masse critique, il y aura des milliers de gens dans le monde qui seront incapables d’accéder à l’internet, ou même travailler sur un réseau avec des machines Palladium, d’où leur obligation de se "mettre à jour" en machines Palladium.

Sixièmement :
Ainsi que je l’ai pensé en premier lieu : quel est le problème, cela ne s’appliquera qu’aux machines basées sur une architecture x86 (notamment équipées de puces Athlon et Pentium, dans la mesure où seuls AMD et Intel se sont engagés pour l’instant). donc, je pourrais essayer une autre architecture hardware : comme Mac/PPC, ou le Sparc de Sun, ou toute sorte de processeur.
Mais j’ai alors compris que même si je faisais ainsi, je ne pourrais accéder au "réseau Palladium", qui pourrait inclure la totalité d’internet si le concept fait suffisamment son chemin. Ce qui fait que vous, tous les Mac users seraient effectivement verrouillés ; vous aussi devriez adopter une machine Palladium si vous voulez que votre ordinateur puisse faire quoi que ce soit.

Septièmement :
Palladium va permettre que vos documents puissent être contrôlés à distance. Non, ce n’est pas une plaisanterie. Si Microsoft juge que vous utilisez une version trop vieille d’Office, tout ce qu’ils ont à faire, c’est d’envoyer un message à votre ordinateur, et il ne sera plus capable de lire aucun de vos documents créés par cette application.
Encore plus sinistre est le fait que si Microsoft juge que n’importe lequel des documents sur votre machine les dérange (cela pourrait être du porno, ou bien un simple document contenant de l’information DeCSS ou anti-Palladium), ils peuvent simplement l’effacer ou l’altérer, non seulement sur votre PC, mais sur toute autre machine Palladium sur le réseau.
Cela fait remarquablement penser au "Ministère de la Vérité" du "1984" de George Orwell, dans lequel le gouvernement truque en permanence l’information, passée et actuelle, pour le pays entier, afin d’apparaître comme "correct" en toute circonstance.

Si Palladium se répand suffisamment, ce sera la mort de l’internet tel que nous le connaissons à présent. Plutôt que d’être contrôlé par nous, il le sera par Microsoft, et vous n’aurez d’autre choix que de faire exactement ce qu’ils disent.

Voilà pourquoi je tiens à dire cela au plus de gens possible avant que l’idée n’en devienne populaire, et que M$ s’arrange pour nous faire croire qu’il s’agit là de la meilleure chose depuis l’invention du pain tranché."

[1] Logiciels copiés illégalement.


En clair, adopter Palladium, c’est la fin de la liberté informatique : Internet disparait au profit de Palladium, qui sera régi par Microsoft. Il n’y aura plus d’informations privées, Microsoft aura un contrôle total sur les ordinateurs.

Lire notre autre article sur Microsoft : Microsoft et la NSA complices ?

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