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Sainte mère Teresa et le petit David

J’ai regardé au journal télévisé de France 2 de 20 h, un sujet qui traitait de la canonisation de la mère Teresa de Calcutta. Ce sujet était présenté en onzième position (donc de façon relativement secondaire), à 22 mn 46 s sur 36 mn 38 s de journal, après les événements au Gabon, la famille Bongo, les rapports franco-gabonais, la hausse des impôts locaux, la baisse des aides aux familles défavorisées, Emmanuel Macron, la disparition du secrétariat d’État à l’égalité réelle, la jungle de Calais, l’échec de la formation du gouvernement en Espagne et l’explosion de la fusée d’Elon Musk.

Il lui était tout de même "consacré" (c’est le cas de le dire...) 1 mn 43 s, ce qui est important pour un sujet. Voici comment ce sujet était présenté :

David Pujadas : "A l’étranger encore, une goutte de délivrance dans un océan de souffrance, mais une goutte indispensable à la mer. Voilà comment qualifier cette jeune femme souriante. Son action lorsqu’elle s’installa en Inde dans les années 40 pour secourir les plus misérables. Eh bien cette jeune femme, déjà béatifiée par l’Église, va devenir sainte. Dans quelques jours, elle sera canonisée. Pourquoi mère Teresa, vous l’aurez reconnue, reste-t-elle un modèle, près de vingt ans après sa mort ? Lorraine Gublin" :

Voix off de la journaliste : "Une frêle silhouette drapée d’un sari blanc et bleu, au chevet des pauvres dans les rues de Calcutta. C’est l’image d’une femme devenue une icône : mère Teresa. Celle qui a mis sa vie au service des orphelins, des lépreux, tous ceux que la société voulait ignorer. Dans ce mouroir de Calcutta, pendant quatre décennies, elle a accueilli, accompagné des dizaines de milliers de mourants, catholiques, hindous, musulmans.

[Ici traduction d’un propos de mère Teresa : "Elle serait morte dans la rue, c’est mieux de mourir dans un foyer, où on lui donne de l’amour.].

Reprise de la voix de la journaliste : "Qui était celle que l’on appelait parfois la sainte des bidonvilles ? Très loin de l’Inde, mère Teresa est née Agnès Gonxhe Bojaxhiu, petite dernière d’une famille albanaise catholique. A 18 ans, elle décide d’entrer dans les ordres. Elle est envoyée en Inde pour suivre sa formation religieuse. Pendant près de vingt ans, elle enseigne la géographie à des jeunes filles aisées, mais à 36 ans, frappée par la misère des rues de Calcutta, elle fonde sa propre congrégation, les missionnaires de la charité. Une vie de dévotion et de dévouement, qui lui valent l’admiration des chefs d’État du monde entier et les plus hautes distinctions. A 69 ans, elle reçoit le prix Nobel de la paix. Admirée, mère Teresa avait aussi ses détracteurs. Certains lui reprochent d’être peu regardante sur l’origine des dons qu’elle reçoit, ou encore ses positions anti-avortement. Dimanche, mère Teresa sera canonisée à Rome."

Remarque 1. Ce sujet intervient après 20 minutes de sujets sombres (si l’on excepte Macron...), pessimistes, où l’humanité est présentée sous ses pires aspects. Il arrive notamment après deux sujets où, dans ses rapports avec le Sud (compromissions françaises au Gabon et traitement de la "jungle" de Calais), le Nord ne se montre ni particulièrement avisé, ni particulièrement bienveillant. Le sujet sur la mère Teresa joue ainsi le rôle de contrepoids, de compensation, comme pour dire : voici ce que le catholicisme (qui, sous-entendu, est un phénomène européen) est capable de faire...

Remarque 2. Ce sujet, contrairement aux précédents, qui traitaient d’événements présents, dramatiques, traite d’un événement à la fois passé (mère Teresa est décédée depuis près de 20 ans) et /futur/ (sa canonisation aura lieu dimanche). Il n’y a donc pas d’enjeu important pour les contemporains. C’est sans doute la raison pour laquelle, contrairement aux sujets précédents, il est accompagné, en fond sonore, par un passage de violon classique, pour donner davantage de solennité à la présentation, à l’instar, d’ailleurs, de ce qui se fait à l’attention, voire au respect.

Remarque 3. Comme pour l’abbé Pierre, dont Roland Barthes avait, dans ses Mythologies, dressé l’iconographie (le regard bon, la coupe franciscaine, la barbe missionnaire, plus la canadienne du prêtre ouvrier et la canne du pèlerin), la mère Teresa ne nous apparaît plus qu’avec son iconographie : hormis la coupe franciscaine (injustifiée, vu la différence de l’ordre, et, en tout état de cause, invisible en raison du voile), hormis la barbe missionnaire (incongrue chez les personnes de son sexe), hormis la canadienne (inconfortable vu le climat), la mère Teresa arbore – comme le disait Barthes de l’abbé Pierre – tous les signes de la sainteté.

- On devrait d’ailleurs plutôt dire, à son sujet, le signe, en l’occurrence le vêtement, compromis entre l’habit des religieuses occidentales (carmélites, bénédictines, trappistines...) et le sari des Indiennes, à la manière dont, dans les films d’Heroic Fantasy, du genre Le Seigneur des Anneaux, les scénaristes reconstituent des accoutrements de Moyen âge revisité en mêlant les époques, des Gaulois aux Romains, et des Wisigoths à Jeanne d’Arc et des Francs de Clovis aux lansquenets de Charles Quint. Ce vêtement est blanc liseré de trois bandes bleues sur le voile et à l’extrémité des manches, à la façon dont les militaires arborent les insignes de leur grade sur leur képi et sur leurs manches : trois bandes, capitaine, trois bandes plus une, commandant, etc.

La tenue des religieuses de la mère Teresa est blanche liserée de bleu. C’est-à-dire, comme le précise Michel Pastoureau dans ses ouvrages, notamment son Petit livre des couleurs, le blanc (je le précise bien, dans les mentalités, dans les schémas de pensée, la culture des Français) évoque la virginité, la lumière divine, le blanc de l’innocence de l’enfance, mais aussi le blanc de la vieillesse. Et le bleu, qui, à partir du XIIe siècle, devient une couleur religieuse, une couleur mariale, mais aussi, et depuis quelques années la couleur du drapeau de l’ONU, de l’Europe, de l’UNESCO et, également (relation de cause à effet ?), la couleur conservatrice par excellence. En effet, alors qu’à l’époque de la Révolution, les Bleus étaient les révolutionnaires, aujourd’hui, le bleu est la couleur la plus utilisée parmi les partis de droite : sur les affiches, les calicots, les emblèmes, les tracts électoraux. Le blanc et le bleu conservent donc, ensemble – l’un par tradition, l’autre par mutation de sens – une forte connotation positive dans l’opinion conservatrice. Vêtue ainsi, une femme ne peut être que sur la voie de la sainteté : en l’occurrence, c’est le cas de le dire, l’habit fait le moine. Et la moniale...

Remarque 4. Ce signe de la sainteté est manifeste dans l’emploi du terme icône, que le reportage, après quelques photos de l’enfance et de la jeunesse, illustre par une dernière et belle photo en noir et blanc, prise en contre-plongée, comme certaines photos de Che Guevara (ce qui ennoblit doublement le sujet), où la mère Teresa apparaît de trois quarts, avec des ombres marquées, qui soulignent les plis de son visage et l’enfoncement de ses orbites, le regard mi-rêveur, mi-autoritaire fixé sur la ligne bleue (ou verte) du golfe du Bengale. Comme la barbe de l’abbé Pierre, ces plis, ce visage sculpté - par le photographe autant que par la vie - suggèrent la sainteté par ce qu’ils indiquent d’épreuves marquantes : pas plus que sa peau, sa vie n’a été lisse, et donc (conclusion implicite), la mère Teresa, en plus du Nobel, a bien mérité d’être honorée sur les autels...

Remarque 5. Dans notre société déchristianisée, où il n’y a guère plus de 4 % (et même 2 % me disait un prêtre paroissial) de Français qui fréquentent les sacrements, et où presque plus personne n’a de claires notions théologiques (j’entends non pas d’un point de vue cultuel, mais juste culturel), une grande part de notre civilisation (édifices religieux, calendrier, vocabulaire, expressions, et même, pour une part, mentalité) étant religieuse et même catholique, la seule perception positive du catholicisme ne l’est plus – comme on s’en aperçoit, avec les exemples de l’abbé Pierre et de la mère Teresa –qu’à travers le biais tout profane de l’humanitaire (appel de 1954 de l’abbé Pierre, Emmaüs, fondation de Calcutta, ATD Quart monde du R.P. Wrezinski...

Remarque 6. Dans cette perspective, l’annonce de la canonisation n’apparaît que comme une distinction de plus, mais une distinction d’ordre laïc, une espèce de Grand Croix de la légion d’honneur ou de Nobel à titre posthume. Il est douteux, en effet, que la majorité de nos contemporains sache que, comme pour le corps des officiers (officiers subalternes, officiers supérieurs, officiers généraux), il existe trois degrés dans la sainteté (vénérable, bienheureux, saint) et qu’un sujet accédant à la canonisation est comme un vénérable qui a obtenu ses étoiles.

Remarque 7. Comme il n’est pas possible de cacher certains aspects désagréables de la future sainte, le reportage les expédie rapidement à la fin (la mère Teresa n’était pas regardante sur l’origine de certains dons et elle était résolument contre l’avortement). L’auteur de ce reportage ad usum delphini ne s’étend donc pas plus sur ces "détails" que Le Monde Diplomatique avait évoqués, sous la plume de Christopher Hitchens, dans le numéro de novembre 1996 : ses complaisances à l’égard des dictateurs Jean-Claude Duvalier et Enver Hodja, de l’escroc étasunien Charles Keating, son opposition non seulement à l’avortement mais aussi à la contraception, et sa réticence aux analgésiques, etc.

Remarque 8. Il est pour le moins piquant que les médias, fort friands du terme laïcité lorsqu’il s’agit de parler d’Islam, oublient tout à coup ce terme pour parler du catholicisme – et, surtout, pour l’évoquer de façon positive (et réitérer aujourd’hui au journal de France 2 de 13 h, et, sans nul doute, aux deux journaux de dimanche de 13 h et de 20 h), comme si le catholicisme revêtait le même caractère public qu’il avait jadis, lorsque les processions de la Fête-Dieu se tenaient dans les rues. David Pujadas s’adresse aux téléspectateurs français comme s’ils appartenaient tous aux 4 % de leurs compatriotes catholiques pratiquants.

COMMENTAIRES  

04/09/2016 15:36 par Sidonie

Gilles Devers :
Scandale : Le Pape François canonise une femme voilée
Alors que notre vaillant gouvernement défend une Marianne au sein nu et les cheveux au vent, (tur)luttant pour l’égalité civile des femmes acquise en 1789 (Euh, en fait 160 ans plus tard, en 1945...), le Ministère des Valeurs de la République a tenu à dénoncer la provocation du Pape François qui a décidé de la canonisation d’une femme voilée, et voilée de la tête au pied, marquant l’affaiblissement de la femme. Le choix sournois d’un communautariste rampant...
http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2016/09/03/scandale-le-pape-francois-canonise-une-femme-voilee-931255.html

04/09/2016 15:54 par vila

enver hodja un dictateur ???????
qui parle ????

04/09/2016 18:02 par V. Dedaj

@ vila

Mes parents, par exemple, qui l’ont connu.

04/09/2016 19:29 par Alain Rioux

These actions are based on what a former member of her order called a flawed “theology of suffering.” In Mother Teresa’s words : “The most beautiful gift for a person is that he can participate in the sufferings of Christ.” Therefore, the Catholic who suffers the most is closest to Christ. When you remove suffering, you remove Christ. Instead of minimizing their suffering, Mother Teresa ensured it. Alleviating suffering, let alone eliminating it, was out of the question. Seen from this perspective, her behavior toward her patients makes sense.

Instead of curing them, Mother Teresa gave the bare minimum of treatment, resulting in suffering for most and death for some. She gave insufficient or outdated medicine, reused old syringes, and gave cold baths to all patients, even those who could find comfort in a warm one. She’d refuse to install elevators for the disabled, even when the city government offered to pay for it. Instead of hiring competent doctors, she’d rely on incompetent volunteers because she believed strongly that ignorance was more valuable than expertise (Livemore 93, 156).

Instead of being true hospitals or hospices, the establishments run by Mother Teresa were more like prisons at best : The patients, if they were well enough to escape, probably would. At worst, they were torture chambers. She’d refuse to give painkillers even to dying patients who were suffering unbearable pain. Instead of using painkillers, she’d comfort patients by saying, “You are suffering, that means Jesus is kissing you.” One poor patient replied, “Then tell your Jesus to stop kissing me.”
***
Colette Livermore. Hope Endures/ Serge Larivée. Sudies in religion.

05/09/2016 09:49 par BQ

Merci P.Arnaud pour cette analyse médiatique qui met toutes les alertes au rouge. En effet, Mère Teresa semble avoir bien davantage de parts d’ombre que d’odeur de sainteté. Un article très intéressant de chercheurs canadiens en apporte des éclairages particulièrement troublants : (Larivée et al., 2012) dans Sciences Religieuses [http://www.atrio.org/TeresaCalcuta.pdf] :

- 1) Une quasi-absence de critiques Moins de 1% des documents (5) des ouvrages publiés sur Mère Teresa (>500) font état de critiques. D’autant qu’elle est rentrée dans le langage commun : "Sa réputation est telle qu’il n’est pas rare d’entendre, à propos d’une personne très charitable, qu’elle est une véritable Mère Teresa".
- 2) Une mentalité archaïque et sadique au service des puissants : « Il y a quelque chose de très beau à voir les pauvres accepter leur sort, à le subir comme la passion du Christ. Le monde gagne beaucoup à leur souffrance » rapporte le journaliste Christopher Hitchens. Curieuse application de ses prédications pour cette femme soignée en soins palliatifs dans un hôpital ultramoderne de Californie (à la Jolla) en janvier 1992. "Aux yeux de Mère Teresa, la pauvreté, la souffrance et la mort sont de belles occasions de s’unir à Dieu et de partager la passion du Christ (Mère Teresa, 1985)".
- 3) Une opposition forcenée à l’avortement, à la contraception et au divorce. Exemple stupéfiant : Lors de la réception du prix Nobel de la Paix en 1979, elle déclare : "Je pense que la chose la plus destructrice de paix aujourd’hui c’est l’avortement, car c’est une guerre directe, un assassinat direct - un meurtre commis par la mère elle-même" (I feel the greatest destroyer of peace today is abortion, because it is a direct war, a direct killing – direct murder by the mother herself)...voilà et c’était par dessus tout à propos des femmes bosniaques violées par les Serbes et réclamant un avortement !
- 4) Un culte de la sujétion et de la souffrance. Les chercheurs notent que les maisons de charité sont en réalité des "maisons de mourants" : "Fox (1994), un médecin américain en visite à Calcutta, observe deux catégories de personnes qui fréquentent le mouroir : deux tiers d’entre elles n’ayant pu être soignées ailleurs, espèrent y trouver un médecin ce jour-là ; l’autre tiers agonise sans recevoir les soins appropriés. Au fil des ans, 86 170 personnes ont été admises dont 34 815 sont mortes (Thomas, 2010). Pas si étonnant : « Lorsqu’un patient nécessitait une opération, on n’appelait pas le taxi (l’ambulance) pour l’envoyer à l’hôpital le plus proche, sinon il faudrait le faire pour tous les autres ! On le préparait à mourir chrétiennement [ ... ] toujours sans antidouleur » (!)
- 5) Généreuse en prières, avare en aide réelle Mère Teresa drainait des millions via son organisme. Elle reçoit notamment 1 250 000 dollars du magnat Charles Keating "volés à de petits épargnants", qu’elle défendra comme "ami des pauvres" malgré les accusations du procureur général américain Paul Turley. Parmi toutes les inondations majeures subies par l’Inde dans les années 90, l’incendie de la veille de Noel 95 ou encore la catastrophe de Bhopal, Mère Teresa et son organisme se contenteront de prières et de médailles de la Vierge Marie. "À la limite, travailler à contrer la misère revient à travailler contre Dieu" en viendrait-on à penser. En réalité avec l’argent reçu par les "Maisons de la Charité" (MC) (sic), on aurait pu "doter toute une partie de l’Inde d’un système de soins de santé moderne et gratuit. Les MC ont préféré disperser parmi la pauvreté du monde entier de petits orphelinats, des mouroirs le tout conçu selon la manière dont les riches s’imaginent le rôle des pauvres sur terre, et surtout pas ‘matérialiste’ » (Hitchens, 1995).
- 6) Adepte des fréquentations malsaines Elle reçoit en 1981 la Légion d’honneur d’Haiti des mains du dictateur Duvalier. "À cette occasion, elle affirme sans ambages que Jean-Claude Duvalier (Bébé Doc) et sa femme Michèle non seulement « aiment les pauvres », mais sont « adorés d’eux » " (!). Tout cela étant sublimé par la négation totale de l’action politique : « C’est une perte de temps pour moi de dire au gouvernement quoi faire. Mon affaire, c’est l’individu ; je ne peux aimer qu’une personne à la fois, et c’est le Christ » déclare t-elle dans La Croix, le 5 avril 1980.

Bref, "la mission de Mère Teresa était de témoigner de sa foi et de répandre la religion catholique à travers le monde en valorisant la pauvreté, plutôt que de faire prévaloir le droit et la justice dans ses zones de mission comme le font d’autres chrétiens ailleurs".

Du coup, on attend le prochain livre de M.Vivas : "Mère Teresa : pas si sainte" ou "Cachez cette Sainte que je ne saurais voir : Mère Teresa, levons le voile" ! ;)

05/09/2016 10:42 par vila

l’Albanie contrairement aux autres démocraties populaires ont été encadrées par des résistants communistes. Il sont les seuls avec les yougoslaves à avoir sorti les nazis du pays. Il ont institué un régime qui avait une vision égalitaire de la société. ils ont fait sortir un pays du moyen age. Ils ont du affronter successivement les nazis, la yougoslavie de tito au sujet du kosovo, puis l’urss de kroutchev sans compter les imperialistes capitalistes de tout bords sur toute la periode.
que reproche tu au regime je en comprends pas, d’etre trop pur ????
Apres enver hoxda il y eu une election libre en 1991 qui a vu le pta l’emporter au la main alors que les autres democraties populaires était tomber 3 ans avant. Mais les imperialistes ont mis le paquet pour faire tomber se dernier bastion. Plus qu’ailleurs, d’ailleurs
Il faudrait s’inspirer plus du pta : internationalisme, les cadres du parti allait au champ un mois par an, mixité sociale.......
mais j’espère que l’on aura l’occasion d’en reparler a la fete de l’huma.

05/09/2016 11:50 par P.Barbusse

Bonjour,
Juste une question à l’auteur de cet article
L’alternative à l’information formaté, tant promise sur ce site, elle passe par où dans votre article ?
Car, dans cette façon très abstraite de nous servir en guise de formulation abstraite du : "Duvalier Enver Hoxa même combat", me pousse à relever la similitude d’une pratique de l’anti-communisme primaire, que nous servent ordinairement des grands média "d’information"

05/09/2016 19:29 par legrandsoir

[Traduction Le Grand Soir :]

Ces actions sont basées sur ce qu’un ancien membre de son ordre a appelé une « théologie de la souffrance » tordue. Selon Mère Teresa : « Le plus beau cadeau pour une personne est de participer aux souffrances du Christ » Par conséquent, le catholique qui souffre le plus est le plus proche de Christ. Lorsqu’on supprime la souffrance, on supprime le Christ. Au lieu de minimiser leur souffrance, Mère Teresa y veillait. Soulager la souffrance, et encore moins l’éliminer, était hors de question. Vu sous cet angle, son comportement envers ses patients est logique.

Au lieu de les guérir, Mère Teresa leur donnait le strict minimum de traitements, ce qui entraînait la souffrance pour la plupart et la mort pour certains. Elle donnait des médicaments en doses insuffisantes ou périmées, réutilisait de vieilles seringues, et donnait des bains froids à tous les patients, même ceux qui pouvaient trouver du réconfort dans un bain chaud. Elle a refusé d’installer des ascenseurs pour les personnes handicapées, même si la municipalité avait offert de les financer. Au lieu d’embaucher des médecins compétents, elle comptait sur des bénévoles incompétents parce qu’elle croyait fermement que l’ignorance était plus précieuse que l’expertise (Livemore 93, 156).

Au lieu d’être de véritables hôpitaux ou hospices, les établissements gérés par Mère Teresa étaient au mieux plus comme des prisons, : les patients, s’ils avaient été suffisamment bien portants se seraient probablement échappés. Au pire, c’étaient des chambres de torture. Elle refusait de donner des analgésiques, même aux patients mourants qui souffraient de douleurs insupportables. Au lieu d’analgésiques, elle les réconfortait : « Vous souffrez, cela signifie que Jésus vous embrasse. » Ce à quoi un pauvre malade a répondu : « Alors, dites à votre Jésus d’arrêter de m’embrasser ».

***
Colette Livermore. Hope Endures/ Serge Larivée. Sudies in religion.

06/09/2016 19:39 par Louise de Bretagne

Tous les saints ont un passé, tous les pêcheurs ont un avenir.
« Oscar Wilde »

Toutes les femmes ont des seins, mais ces pécheresses ont-elles un avenir..!
« Louise »

06/09/2016 20:04 par Barbusse

Bonjour tous et toutes :

Après l’intervention de villa, très éclairante, pour celles, et ceux qui désirent étendre leur connaissance sur l’Albanie socialiste et son dirigeant Enver Hoxha, je vous recommande la lecture du livre de Gilbert Mury : ( l’Albanie terre de l’homme nouveau) facilement trouvable chez les éditeurs en ligne ... Aussi permettez-moi d’ajouter un petit bémol au propos de Villa. Non l’Albanie socialiste ne, c’est contenté de la pratique de l’égalitarisme, elle est allée plus loin en redonnant sa vraie place au travail manuel dans les rapports de production. C’est-à-dire que dans ce petit pays encerclé d’ennemis et d’amis (qui ne lui voulaient pas que du bien) un conducteur d’engin agricole recevait autant de considération morale et matérielle qu’un ingénieur.

Je conclu ici mes interventions sur cette question, afin de ne pas pratiquer le hors sujet.

(Ps) Merci pour la traduction, cela m’a apporté quelque éclairages supplémentaires sur la ""sainte""

08/09/2016 11:19 par Estelle Manuel

Bonjour, votre article est bien construit et bien écrit, mais je dois dire que plusieurs choses m’étonne.
La première vous annoncez un chiffre de 2% de catholique (pratiquant ? notion assez vague qui ne veut pas dire grand chose et qui porte un jugement sur la foi de quelqu’un) en France sans cité de source si ce n’est peut être le curé du coin, avouez que c’est un peu léger.
Plusieurs journaux ont publiés des études à partir des registres de l’église et des chiffres de l’insee, indiquant que 71% de la population française est baptisée (Peut être l’êtes vous, mais sans vous sentir catholique ?). Je vous l’accorde seul 45% des moins de 20 ans sont baptisés de nos jours. Pour ma part je dois aller 2 ou 3 fois à l’église par ans, mais il n’y a nul doute dans mon esprit je suis catholique. Alors certes le baptême se faisant enfant il y a des chances que tous ces enfants ne deviennent pas catholiques, mais si on fait baptiser ces enfants c’est que forcement on l’est un peu...
La deuxième vous partez du principe qu’être contre l’avortement c’est mal, eh bien je vais peut être vous choquer à mon tour, mais chez les catholiques, qui placent la vie au dessus de tous, être contre l’avortement c’est bien et donc forcement pour être une sainte il faut de facto être contre l’avortement. Vous considérez peut être que c’est mal d’encourager une personne à abandonner son enfant plutôt qu’à avorter, mais pour ma part, tuer son enfant après ou avant sa naissance, j’avoue ne pas voir la différence. Vous ne pouvez quand même pas reprocher a quelqu’un de militer pour ces idées, parce qu’elles sont différentes des vôtres ?
Bonne continuation .

08/09/2016 23:46 par barbusse

Chère Madame Estelle,

vos croyances sont des certitudes choquantes et démagogues. Je ne crois que se sois par hasard que vous ayez choisi le terme tué pour qualifier la pratique de l’avortement ; aussi que ce n’est toujours pas par hasard que vous parliez d’enfant pour qualifier l’embryon. Ce faisant, vous cherchez à culpabiliser moralement les femmes qui y ont eu recours à l’avortement et celles qui s’y prépareraient. Madame là où commence la vie là où elle se termine, sont choses qui ne peuvent se déterminer sur la base de valeurs liées à des concepts religieux surannées érigés en vérité universelle et éternelle, sans quoi de nos jours, il nous faudrait retourner au stade initial de vos croyances qui disait l’éjaculateur précoce assassin d’enfant. Personnellement, je ne crois pas au bien ou au mal, qui fonde votre moral sur des valeurs où le pauvre n’a pas d’autre choix que d’y demeurer, et la femme un être soumis à perpétuité.
Merci

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