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Référendum sur la constitution européenne : Votez NON

DIVERS

APPEL


Pour la démocratie, la souveraineté populaire, la république, Pour le progrès social, Pour la liberté de penser

Votez non

Dans la plus pure des compétitions électoralistes, les partis dominants ont pris tour à tour position pour le oui au référendum sur la constitution européenne. Derrière les invocations à l’Europe se profilent des appétits présidentiels. Cela n’aurait que peu d’intérêt si ne se profilait surtout un renoncement à la démocratie, à la république, à la justice sociale. A ce renoncement, nous disons NON.

Que le PS, après plus de vingt ans de reniements et de faux discours, ait répondu oui au projet de constitution européenne n’est pas une surprise. La seule surprise est que, parmi ses adhérents rescapés du désastre des dernières décennies, plus de 40% aient encore voté non.

Que la droite appelle à voter oui est encore moins une surprise ; son rêve de toujours se concrétise : les valeurs du libre marché deviendraient constitutionnelles et aucun peuple n’aurait le droit d’y rien changer.

Que les médias français organisent une entreprise de propagande éhontée où s’affrontent partisans du oui et partisans du oui, où le mensonge domine, où la vraie contestation qui, pourtant, s’accroît jour après jour, est au mieux présentée comme fantomatique, n’est malheureusement pas non plus une surprise.

La seule question qui vaille est de savoir comment vont réagir les citoyens devant cette entreprise de démolition appliquée et systématique de la démocratie au nom de l’Europe, de la souveraineté populaire au nom du développement des échanges commerciaux, de la Nation et de la République au nom de la mondialisation, des luttes sociales au nom du grand marché.

Toujours, dans l’histoire, les hommes ont su surmonter les entreprises de régression philosophique, les atteintes aux droits les plus élémentaires. Il est plus que temps de nous libérer des diktats intellectuels que nous imposent depuis des années les responsables d’une droite et d’une fausse gauche au nom de contraintes économiques ou internationales qu’ils ne cherchent jamais à surmonter.

Les partis politiques qui monopolisent la scène veulent faire croire que cette Europe est la seule voie possible, que ce projet mort-né est une sorte d’utopie, que le refus serait irréaliste, impensable, voire dangereux pour la paix et le progrès. Ils ont placé les citoyens devant l’idée que ce projet de constitution, même s’ils ne le connaissent pas, même s’ils sont réticents, est la moins mauvaise des solutions. Tel le chômeur contraint à accepter n’importe quel boulot, les citoyens seraient conduits à voter oui par défaut.

Cette entreprise d’aliénation doit être dénoncée, combattue avec la plus grande vigueur. Au delà même de ce projet de constitution, c’est la liberté de pensée qui est en jeu. Nous, citoyens libres, lançons cet appel pour redonner sa valeur au Non. Aucune adhésion n’a, en effet, de valeur si elle ne peut être contestée.

Le référendum sur la constitution européenne est l’occasion qu’attendait le peuple :

- de refuser le chantage à l’Europe alors que, de l’aveu même des partisans du oui, l’Europe qu’on nous propose n’est que le résultat de compromis, de contraintes et d’obligations ;

- de retrouver les valeurs républicaines et laïques contre un texte qui les dissout au nom de la volonté de ne pas se singulariser ;

- de redonner place aux luttes et aux idéaux sociaux de progrès contre un projet qui ne demande que de la résignation face au développement de l’inquiétude, de la régression sociale et de la précarisation ;

- de rappeler, tout simplement, la philosophie humaniste, l’affirmation de la liberté, tant individuelle que collective.

Nous, citoyens français, d’origines sociales, professionnelles ou de sensibilités politiques diverses, mais tous attachés à une conception humaniste et sociale d’une Europe composée de nations vivant en paix, coopérant entres elles et appliquant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, appelons nos concitoyens à voter non au référendum sur le « traité constitutionnel » européen et à se rassembler pour réaffirmer leur liberté de pensée et la souveraineté populaire, seuls fondements de la démocratie.

11 janvier 2005


Adressez les signatures à andre.bellon@wanadoo.fr.NS


- Premières signatures

Ali Abchiche, Militant associatif, Sarcelles

Faustin Aïssi, Universitaire, Villeneuve d’Ascq

Nuri Albala, Avocat

Jean- Pierre Alliot, Journaliste, Paris

René Andrau, Professeur de lettres, Toulon

Gilles Bachelier, Juriste, Paris

Henri Basso, Syndicaliste, Toulouse

Claude Beaulieu, Président du Comité Valmy

Mireille Beaulieu, Historienne du cinéma

Gérard Bellebeau, Militant associatif, Conseiller municipal à Livry-Gargan, Seine Saint Denis

André Bellon, Ancien Président de la Commission des Affaires Etrangères de l’Assemblée Nationale

Danielle Bleitrach, Sociologue, écrivain, Marseille

Guy Bois, Universitaire

Frédérik Brandi, Agent du Patrimoine, Carros, Alpes Maritimes

Serge Cattet, Militant associatif, Besançon

Daniel Colombo, Militant associatif, Saint-Paul en Forêt, Var

Marc - Antoine Coppo, Universitaire, Nice

Louis Dalmas, Journaliste

Emmanuel Dang Tran, Chômeur, Militant politique, Paris 15ème

Louis Delanef Syndicaliste, militant associatif

Alexandre Dorna, Universitaire, Herblay, Val d’Oise

Dominique Duchâteau, Président de la Fédération des citoyens du Nord.Dunkerque.

Gérard Euzenot, Syndicaliste, Sophia-Antipolis, Alpes Maritimes

Gabriel Galice, Militant associatif et politique, Annemasse, Haute Savoie

Claude Gaucherand, Amiral CR, Toulouse

Serge Giordano, Artisan, militant socio -professionnel, Roquebilliere, Alpes Maritimes

Denis Griesmar, Militant du Front Francophone International.

Patrick Guiol, Chercheur en science politique, Rennes.

Yvon Grinda, Chef d’entreprise, (PME), Antibes

Dominique Hingant, graphiste

Claude Jenet, Syndicaliste, militant associatif

Gérard Jonckheere, Responsable de la Fédération des citoyens du Nord, Dunkerque

Georges Labica, Universitaire, philosophe

Annie Lacroix-Riz, Universitaire, professeur d’histoire contemporaine

Michel Lafarge, Journaliste, enseignant, Toulouse

Claude Laigle, Ingénieur, retraité, Haute Loire

Gilbert Legay, Graphiste, militant associatif et politique, Ste Maxence., Oise

Olivier Legay, Militant associatif, Agen

Jean Lévy, Militant associatif et politique

Jéremy Mercier, Etudiant

Roland Monnet, Président du cercle républicain de Thoiry, Ain

Michel Naudy, Journaliste, Toulouse

Jean-Pierre Page, Syndicaliste

Etienne Patier, Chef d’entreprise, élu local et responsable associatif, Brive la Gaillarde

Laurent Pelvey, Responsable de sites Internet

Eliane Pessel, Militante associative et politique, Chateaumeillan, Cher

Jean-Denys Philippe, Dessinateur de presse

Jean-Pierre Poggi, Syndicaliste enseignant, Biot, Alpes Maritimes

Jack Proult, Militant associatif, ancien adjoint au Maire d’Angers

Michel Redjah, Journaliste, ancien conseiller municipal de Sarcelles

Anne-Cécile Robert, Universitaire

René Robert, Bourges

Bernard Robinet, Ancien adjoint au maire du Havre

Marie-Dominique Roustan-Lanfranchi, Présidente de l’Association pour la défense des droits de la Corse dans la République. Ajaccio

Véronique Sanchez-Thisse, Militante associative, Lyon

Jacques Schellhorn, Militant associatif

Gérard Schmitz, Ancien résistant, Chatillon

Jack Simonet, Militant associatif et politique, La Colle sur Loup, Alpes Maritimes

Etienne Tarride, Avocat à la Cour

Samuel Tomei, Historien

Marie Ulsas, Militante associative

Jean Vagner, Lapidaire, meilleur ouvrier de France, conseiller municipal de Méry, Oise

Yves Vargas, Philosophe

Michèle Vinogradoff, Enseignante, adjointe au Maire de Méry, Oise

Paul Violet, Ancien Vice Président du Conseil général de Paris

Maxime Vivas, Ecrivain, Toulouse

Isabelle Voltaire, Professeur, Fouju, Seine et Marne


François Hollande n’ a strictement rien à faire de la Constitution Européenne ... « si Chirac avait mis en jeu son mandat, le PS aurait naturellement appelé à voter NON, comme pour De Gaulle en 69 »... 26 mai 2005


"Si la Constitution Européenne échoue, les Etats-Unis ne se réjouiront pas"

Constitution : Quand un « Non de gauche » écrit au « Oui de gauche »...

Dix bonnes raisons de voter NON... par A-J Holbecq.

Constitution : Délocalisation, des rapports explosifs, par Yves Housson.



- Dessin : Jean-Denys Philippe

COMMENTAIRES  

08/02/2005 23:49 par Anonyme

Le débat sur le projet de Constitution européenne tel présenté à ce jour dans les media est aberrant, il n’est discuté qu’en termes de plus ou moins grandes avancées, alors qu’en l’état de sa rédaction c’est l’intégralité des actes et traités antérieurs qui est abrogé, dont notamment la Convention européenne des droits de l’homme(CEDH).

Le Projet de Constitution de l’Union Européenne est réputé organiser entre Union et Etats membres la répartition des obligations prévues par les actes et traités antérieurs. Pour la Convention Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) ou Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, la notion de sauvegarde interdit d’en réduire la portée et donc les cas prévus, or ont notamment été éliminés du Projet :

1° garantie de l’application effective des droits et libertés, CEDH Préambule et art. 52,
2° se défendre par soi même dans une procédure, CEDH 6.3.c),
3° recours effectif pour des violations des droits et libertés même par des personnes dans l’exercice de leurs fonctions officielles, CEDH 13,

Tout particulièrement ces droits et libertés ne sont pas répartis entre Etats membres et Union alors qu’ils sont ceux garantissant tous les autres droits et libertés de la Convention.

Ce constat d’aberration n’est pas unique. En l’état le texte est dictatorial rien de moins, nous pouvons comuniquer une partie de nos analyses aux responsables du site.

THZ le 8 février 2005

11/02/2005 00:20 par Anonyme

Et la "positive attitude" elle est ratifié quand ? à la prochaine augmentation d’impôts ??

16/05/2005 14:15 par Mario

nouveaux renseignements sur Norbert Dentressangle De : gaston Posté le 09/05/2005 à 20:14:02
vu sur le Forum Wanadoo.
Il se trouve que ma femme a un cousin germain qui travaille pour ce transporteur depuis une trentaine d’années.
Joint au fil dimanche matin, il a pu me donner les renseignements suivants :
- 1600 licenciements ( évidemment des chauffeurs français )sur les cinq années à venir. Pour les remplacer, des polonais ;
- les chauffeurs polonais sont payés 500 euros par mois ( ils en gagnent 200 chez eux ), mais gain d’argent pour l’entreprise par rapport aux salaires des français ;
- les chauffeurs français n’auront plus de primes, car ils feront seulement des transports régionaux ( plus d’hôtel, de restau et de déplacement ) ;
- seuls les chauffeurs polonais feront les grands trajets, style Paris Marseille et les parcours internationaux, évidemment.
Résultat : 1600 futurs chômeurs !
C’est beau l’Europe, hein !
Il y a quelque temps, j’ai prédit que si cette Constitution à la c... passait, la courbe du chômage allait s’emballer très rapidement.
Qui veut parier avec moi ?
Pas vous Louise, je connais votre opinion.
De plus, que de beaux voyages en perspective : la Pâte à Gony, le Grattez-moi la, le Nez pâle, le Thé Gucci galpa, l’Art gentil, l’Ame à sony, le Matou Grosso, la Vénus elle est là ...
Bref, de merveilleux coins soi-disant non-civilisés où nous pourrons oublier que des inconscients ont voté OUI à une Constitution qui va les transformer en esclaves !
Amicalement à tous les partisans du NON.
Les autres, bof !

gaston.

18/05/2005 18:01 par Mario

Après avoir réunis plusieurs milliers de personnes à Paris, Montpellier, Toulouse, les organisations politiques, syndicales et associatives pour le NON de gauche se mobilisent dans le Nord Pas de Calais le samedi 21 mai 2005, 15h place de la République

Pour une Europe sociale, solidaire et démocratique
Pour un Non progressiste et populaire à la Constitution Européenne,

grand rassemblement festif
samedi 21 mai
15h place de la république,
à LILLE

avec de nombreuses prises de parole :
Helmut Markov, député européen Allemand, Raoul Marc Jennar, économiste Belge, Paul Lannoy, ancien président du groupe des Vert au Parlement européen, Alain Bocquet, député président du groupe communiste à l’Assemblée Nationale, Olivier Marichez, Porte parole régional de la LCR, Françoise Dal du MDC, le Comité Régional du NON Socialiste, la Confédération Paysanne, la CGT, Sud...

et de la musique avec Lezard Martien, Jeff Kino, la Bande à Paulo et des surprises...

Venir nombreux à cette grande fête populaire, c’est aussi montrer la force du NON à une semaine du référendum !!

à faire circuler

27/02/2005 18:59 par Anonyme

Matraquage et « neutralité »

Le déséquilibre est flagrant.

Extrait

Le journal Les Échos, par exemple, du 17 au 23 février, a publié 23 articles, brèves, entrefilets, chroniques relatifs au référendum. Le "oui" a été mentionné 18 fois (78 %). Le "non" est systématiquement traité à partir du camp du "oui" ; il est présenté comme un risque ; il serait négatif et tournerait le dos à l’Europe ; il est associé à la "grogne sociale". Quand il est mentionné, il est quasiment toujours représenté par le "non" de droite ou d’extrême droite.

Le journal Le Figaro, pendant la même période, n’a mentionné qu’une fois le "non", représenté par Charles Pasqua.

L’émission "Question directe", sur France Inter, depuis septembre 2004, a invité 16 fois le Parti socialiste (dont 4 membres favorables au "non") ; 15 fois l’UMP ; 6 fois l’UDF ; 2 fois le PCF ; 1 fois les Verts (dont le représentant était favorable au "oui") ; 1 fois Philippe de Villiers. Au total : 34 personnalités favorables au "oui" et 6 favorables au "non".

L’émission "Respublica", sur France Inter, depuis mai 2004, a invité 9 fois le PS (dont 2 représentants favorables au "non") ; 11 fois l’UMP ; 3 fois l’UDF ; 2 fois le PCF ; 3 fois les Verts (tous les représentants étaient favorables au "oui") ; 1 fois le MRC ; 1 fois la LCR. Au total : 24 personnalités favorables au "oui" et 7 favorables au "non".

Ces quelques exemples témoignent d’une parodie de débat démocratique et d’un mépris affiché des millions d’électrices et d’électeurs qui ont ou vont décider de voter pour le "non", qui sera peut-être le choix de la France.

C’est la raison pour laquelle les premiers responsables des organisations signataires iront manifester, le vendredi 4 mars, à 14h00, devant le Palais de l’Élysée.

Ils demandent :
- que le "non" antilibéral, dans lequel se reconnaît un très grand nombre d’organisations, de syndicats, d’associations, puisse enfin s’exprimer dans le débat public ;

- que le temps d’antenne, sur les radios et télévisions, avant et pendant la campagne officielle, soit équitablement réparti entre partisans du "oui" et du "non" ;

- que pendant la campagne officielle, des organisations non politiques puissent bénéficier d’un temps de parole sur les radios et les télévisions ;

- qu’une table ronde soit organisée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel avec les signataires ;

- que des débats contradictoires soient organisés entre partisans du "oui" et du "non" sur les radios et télévisions ;

- que le statut de l’émission "France Europe express" soit clarifié pendant cette période ;

- que le traité constitutionnel soit adressé dans les plus brefs délais aux citoyens ;

- que les messages de propagande en faveur du "oui", diffusés par le gouvernement sur les radios, soient annulés. ( Voir ci -dessous )

Action Consommation, Les Alternatifs, Alter - 100 % altermondialistes, Alternatives Citoyennes, Attac France, Collectif de Pratiques et de Réflexions Féministes "Ruptures", Comité Valmy, Confédération Paysanne, Convergence Citoyenne pour une Alternative de Gauche, Coordination Nationale Gauche Républicaine (CNGR), Le Cactus Républicain, Fédération Nationale des syndicats du spectacle, de l’audiovisuel et de l’action culturelle (FNSAC-CGT), Fondation Copernic, Forces Militantes, Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), Mouvement pour une Alternative Républicaine et Sociale (MARS), Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), Parti Communiste Français (PCF), Pour une République Sociale (PRS), Parti des Travailleurs (PT), Les Pénélopes, Raisons d’Agir, Réseau Féministe "Ruptures", Syndicat Français des Artistes interprètes (SFA), Syndicat National de la Radio Télévision (SNRT), Syndicat National des Techniciens et Réalisateurs (SNTR), Syndicat National des Professionnels du Théâtre et des Activités Culturelles (SYNPTAC), Syndicat Français des Réalisateurs (SFR), Syndicat Général des Travailleurs de l ¹Industrie du Film (SGTIF), Syndicat National des Artistes Plasticiens (SNAP), Syndicat National de l ¹Enseignement Supérieur (SNESUP), Union des Familles Laïques (UFAL), Union Syndicale Solidaires.

Communiqué reçu le 26 février 2005 (Acrimed)

www.acrimed.org/article1927.html


Lettre ouverte au CSA, à Radio France et au Ministère de la propagande

Publié le mardi 22 février 2005

Mesdames et Messieurs les responsables du CSA, de Radio France et du Ministère délégué aux affaires européennes,

Le ministère délégué aux Affaires européennes a lancé une campagne radiophonique destinée à inciter les Français à s’informer sur le Traité constitutionnel européen, qui sera soumis à ratification par référendum. Cette campagne, a démarré lundi, passe par des spots diffusés par 11 chaînes de radios en métropole et 5 dans les DOM-TOM. Dans un communiqué à l’AFP, le ministère insiste sur la « neutralité » de ce dispositif.

Or le premier texte que l’on peut entendre dans ces spots porte sur l’article 47 sans préciser que la citation ne concerne pas tout l’article comme on peut le croire mais un très court extrait.

Voici le texte du spot : « Article 47 ; Des citoyens de l’Union, au nombre d’un million au moins, peuvent inviter la Commission à soumettre une proposition appropriée sur des questions pour lesquelles ces citoyens considèrent qu’un acte juridique de l’Union est nécessaire. » Suivent des informations pratiques sur les moyens de se procurer le texte de la Constitution...fin du flash (1).

L’alinéa 4 de l’article I -47 dans sa totalité est ainsi libellé : « Des citoyens de l’Union, au nombre d’un million au moins, ressortissants d’un nombre significatif d’États membres , peuvent prendre l’initiative d’inviter la Commission, dans le cadre de ses attributions , à soumettre une proposition appropriée sur des questions pour lesquelles ces citoyens considèrent qu’un acte juridique de l’Union est nécessaire aux fins de l’application de la Constitution. »

A qui fera-t-on croire que la présentation tronquée de cet article, destinée à mettre en valeur une « avancée démocratique » sans en préciser les limites, relève de la pure et simple information ?

Nous demandons par conséquent

- A Monsieur Dominique Baudis, Président du CSA, garant de l’équilibre de l’information et de l’honnêteté des contenus, ce qu’il entend faire pour les surveiller effectivement sans s’abriter derrière le prétexte que nous ne serions pas dans le temps de la campagne électorale officielle.

- A Monsieur Jean-Paul Cluzel, Président de Radio France, ce qu’il entend faire pour refuser de diffuser des messages aussi contestables ou, au moins, pour les compléter afin de contrecarrer la propagande par une véritable information.

- A Madame Claudie Haigneré, Ministre déléguée aux Affaires européennes, ce qu’elle entend faire pour rappeler à ses services ce qui distingue l’information civique d’une campagne électorale à sens unique.

Avec nos salutations citoyennes et distinguées

Premiers signataires (Dernière actualisation : le 26 février à 18h35) [1]

- Acrimed (Action-Critique-Médias)
- Action Consommation
- Act-up (Toulouse)
- ADAS (Association de Défense des Assurés Sociaux)
- ALADIR, (Association Littéraire pour un Autre Développement de l’Ile de la Réunion)
- Altermonde-le village
- Alter-100% altermondialistes
- Alternative citoyenne, La Gauche Autrement (Basse Normandie)
- Amis du Monde Diplomatique (Orléans, Strasbourg, Tourraine, Vaucluse)
- Amis du Monde Diplomatique et d’Alternatives Economiques du Val de Saône
- Association culturelle Paul Renotte
- Association « Arts et monde social »
- Association de la gauche républicaine (AGR)
- Association des cyber-journalistes (ACJ)
- Association « Faire Le Jour »
- Association « Les vidéophages »
- Association « Les Musicophages » (Toulouse)
- Association Raisons d’agir
- Association Voir&Agir
- ATTAC (Association pour la Taxation des Transactions pour l’Aide aux Citoyens)
- Chiche !, mouvement de jeunesse de l’écologie politique
- Civimed Initiatives
- Collectif Surréaliste (éditions alternatives)
- Collectif Berry-media
- Collectif « Rouges vifs 13 »
- Collectif mâconnais pour la paix au Proche-Orient
- Comité Attac Mâcon
- Comité Citoyen Romainvillois
- Divergence FM (Montpellier)
- ESPOiR (Ecologie Sociale Populaire dans l’Océan indien et à la Réunion)
- Fédération des Vidéos des Pays et des Quartiers
- FSU
- Groupe de Pernes (Vaucluse)
- La Maison d’Orient (Marseille)
- La Mare aux canards (association de production audiovisuelle)
- Les Alternatifs
- Lillepop (Le site des Tribus du Nord de la France)
- Observatoire français des Médias (OFM)
- Observatoire grenoblois des médias (OGREMED)
- RACCFC ((Rassemblement des auditeurs contre la casse de France Culture)
- Résistance à l’agression publicitaire (RAP)
- SNJ-CGT
- SGTIF-CGT (Syndicat Général des Travailleurs de l’Industrie du Film)
- SNRT CGT de Radio France
- SNTR-CGT (Syndicat National des Techniciens et Réalisateurs)
- Sud Culture
- Sud FPA (Formation Professionnelle des Adultes)
- Sud Spectacle
- TV-Bruits
- Union des familles laïques (UFAL)
- URFIG (Unité de Recherche, de Formation et d’Information sur la Globalisation)
- Zalea TV

[1] Signatures des associations, collectifs, syndicats, organisations diverses à adresser à acrimed@wanadoo.fr.

www.acrimed.org/article1928.html

04/03/2005 20:30 par BAZIN PIerre

1°) Parce que le Libéralisme absolu ne fait pas le bonheur des Citoyens Européens.
2°) L’Europe c’est la solidarité ! Faire entrer dans l’Europe des Pays très peuplés, très pauvres, peu ou mal organisés, ce n’est plus de la Solidarité, c’est le démantèlement des moins pauvres. C’est la fermeture de nos entreprises petites ou grandes, c’est la disparition de l’emploi, c’est la destruction totale de tous les acquis de nos Pères et nos Grands-pères, de tout ce qu’ils ont obtenu à la sueur de leur front, voire dans le sang…
3°) L’Europe que l’on veut nous imposer ressemble étrangement au monde capitaliste de la période qui précéda la dernière guerre mondiale : pas de morale, de l’argent ! Hitler est alors arrivé !
Que constate-t-on dans beaucoup de pays Européens ? La montée du Nazisme !
C’est cette Europe là que l’on veut nous « offrir » ?
C’est l’Europe qui s’occupe de mon Camembert mais qui ne prend aucune responsabilité pour protéger ses Eurocitoyens (santé, drogue, minimum vital obligatoire pour tous les pays de l’Europe, égalité sociale totale…),
c’est cette Europe du titillage qu’on veut nous imposer !!!
4°) C’est l’Europe pour tous sauf pour la Grande Bretagne ?

Avant d’aller plus loin, il faut d’abord stabiliser et appliquer les règles existantes :
1°) La même monnaie pour tous, sinon « dehors » !
2°) L’application pure et dure de MAESTRICHT !
3°) La création d’un service Européen de l’immigration avec une police Européenne des frontières avec des moyens air, terre et mer
4°) un même combat contre la drogue…
5°) une Europe des peuples et non une Europe des Banques (Regardez ce qu’elles ont déjà « enfournées » grâce à l’Europe et à l’Euro ! Le pouvoir d’achat du salarié, lui, n’a fait que diminuer : les spécialistes parlent d’un perte de 20% depuis l’Euro !!!)
6)) Un schéma éducatif Européen
7°) une mise au travail réelle, effective de tout ce monde d’Europolitiques et d’Eurocrates qui gagnent des fortunes sur le dos du peuple !
Et bien d’autres choses encore….

C’est pour tout cela que le « NON » doit l’emporter, pour qu’enfin ce ne soit plus le « Machin » Européen mais bien une vraie Démocratie Européenne.

(Association provisoire de fait pour la défense de l’Europe)
S’ABSTENIR C’EST VOTER « OUI » !

Pierre BAZIN
P.B.59@wanadoo.fr

10/05/2005 21:22 par allard

Si des journalistes, et même une majorité de journalistes, sont favrobles à la constitution européenne, doit-on les faire taire ? Il faudrait peut-être trouver d’autres journalistes qui y sont opposés ? Mais, s’il n’y en a pas "assez", s’il y en a moins, on ne va tout de même pas les fabriquer !
Le principe de l’égalité ds temps de paroles entre les partisans et les opposants à la constitution n’a pas de sens : imaginez un référendum portant sur une question vis-à -vis de la quelle toute la classe politique et médiatique soit favorable au Oui, sauf le Front National et ses soutiens. Cette hypothèse n’a rien d’irréaliste. (par exemple, si la question était : faut-il renvoyer dans leur pays tous les étrangers sans permis de séjour ?). Et bien , dans ce cas, il faudrait une égalité des camps du Oui de du Non dans les médias ? Cela n’a pas de sens. Chacun, jusqu’à preuve du contraire, est libre, et dit ce qu’il pense. Si la majorité des journalistes de France est favorable au Oui, que voulez-vous que l’on y fasse ?

23/03/2005 23:31 par Anonyme

Une directive à adopter un jour ...

Extrait :

En raison de ces oppositions, le projet de conclusions du conseil européen de Bruxelles rédigé par la présidence luxembourgeoise, très vague sur ce point, se contente de réaffirmer l’objectif d’une libéralisation des services en Europe.

Sans citer explicitement la directive Bolkestein, le texte mentionne la possibilité "d’une directive" à adopter un jour, selon des sources diplomatiques. AP - Mardi 22 mars 2005

Lire ICI

24/03/2005 19:11 par Anonyme

Les évêques appuient la Constitution

Extraits :

« Le préambule énonce le fait que ces valeurs dérivent de l’héritage religieux. Le traité constitutionnel tire son inspiration de traditions spécifiques qui ont formé l’Europe et, donc, fait implicitement référence au coeur de cette tradition, à savoir la chrétienté. Tout ceci constitue une étape importante dans la définition de l’identité européenne, et dans l’attribution d’une place adéquate à la religion. »

Ainsi les évêques européens parient-ils sur l’avenir. Plutôt que regretter le passé, ils cherchent à tenir cette « place adéquate » pour l’Église catholique. Et entendent se battre sur des dossiers précis dont ils annoncent d’ailleurs la couleur : « Du point de vue de l’Église, le traitement des questions telles que l’interdiction du clonage à des fins de reproduction ou thérapeutiques ou la protection du mariage et de la famille, sera crucial. Les Églises se montreront également attentives à la protection de la liberté religieuse dans sa dimension individuelle, collective et corporative. »

En fait pragmatiques, les évêques espèrent que la « qualité » du traité constitutionnel « se révélera lors de son application » et qu’il sera toujours « possible de contribuer à l’amélioration ultérieure du texte ».

Lire : La Croix

01/05/2005 13:40 par Anonyme

aujourd’hui voter non c’est un peu comme si on devait choisir entre petain et degaulle voter oui c’est choisir petain voter non c’est choisir de gaulle je choisis degaulle

12/05/2005 14:24 par Mario

Pour notre génération, l’Europe
est une évidence.
Plus encore que notre horizon, nous sommes persuadés qu’une Europe intégrée est notre avenir.

Pourtant, l’Europe telle qu’elle se construit aujourd’hui ne correspond pas à nos aspirations.

Alors que nous voulons qu’elle soit synonyme de progrès social, l’Europe d’aujourd’hui est trop souvent facteur de régression, de déréglementation, de concurrence, de nivellement par le bas.

Parce que les ravages du libéralisme font leur chemin, nous faisons partie de cette génération qui risque de vivre plus mal que celle de ses parents. L’Europe doit pour nous être un nouvel espoir, une nouvelle garantie de vivre dans un monde plus
juste.
La construction européenne est un projet auquel nous adhérons parce qu’il doit être synonyme de progrès, de démocratie, de liberté et d’indépendance, de protection pour les citoyens.

Alors que cette construction européenne doit nous apporter de nouvelles garanties en terme de statut, de salaire, en matière sociale en général, elle n’empêche actuellement ni l’augmentation du temps de travail, ni la flexibilité, elle ne permet pas non plus d’enrayer les délocalisations.

Alors qu’elle pourrait être un rempart contre l’unilatéralisme américain, elle ne constitue pas aujourd’hui un contrepoids politique efficace qui garantisse l’application du droit international censé protéger les peuples.

Quand on parle d’Europe, on parle de notre avenir, du monde de demain.
Et, parce que nous ne voulons pas le subir mais bien le construire, nous n’acceptons pas l’actuel projet de Constitution pour l’Europe.

Nous ne voulons pas d’un traité élaboré loin des citoyens qui nous lie les mains et qui fait du libéralisme économique une règle intangible.
En érigeant comme principe fondamental de l’Union « la concurrence libre et non faussée », et en interdisant toute harmonisation sociale par le haut, elle prépare le dumping social et fiscal généralisé, et nous empêchera dans l’avenir de décider librement des choix économiques et sociaux.

Prétendre déconnecter la politique intérieure des choix européens est à cet égard une mystification.
Tenter de substituer le clivage "européen-anti européen" au clivage "gauche-droite" en est une autre :

l’Europe n’a pas vocation à être automatiquement régressive et conservatrice.

C’est au nom du dessein européen qu’il faut refuser cette Constitution, car il est aujourd’hui avéré que l’intégration économique à tout prix ne produit pas nécessairement de l’intégration politique et du progrès social...

Nous voulons rester libres de choisir les orientations économiques à venir ; nous voulons pouvoir mettre en oeuvre le projet de la gauche, pour une Europe démocratique et sociale.

Il s’agit de notre avenir, et au nom de celui-ci, nous refusons ce projet de Constitution.

Nous voulons qu’une autre constitution soit élaborée démocratiquement, pour avancer vers notre idéal d’une
Europe de paix, de démocratie et de progrès social.

Nous avons entre 15 et 30 ans et nous sommes engagés en politique parce
que nous refusons l’ordre tel qu’il est établi. Nous avons choisi d’être socialistes et nous sommes aussi des militants associatifs ou syndicaux. Nous appelons tous les jeunes à signer cet appel :

Signez et faites signer l’appel des jeunes pour un NON socialiste en envoyant un mail à 

contact@nonsocialiste.fr

(en indiquant vos coordonnées et en précisant « jeunes »)
Vous pouvez aussi soutenir la campagne du NON socialiste sur

www.nonsocialiste.fr

Premiers signataires : Emir DENIZ, secrétaire national du MJS (57), Mathieu HANOTIN, secrétaire national du MJS (75), Pierre PONTET, secrétaire
national du MJS (03), Nicolas JAROSZ, BN MJS (51), Raphaël MAGNIER, PS 06, Bruno LEDEME, PS 08, Arnaud BECKAM, MJS 10, Louise de BECHILLON, trésorière
du groupe MJS d’Aix en Provence (13), Thomas CHAVIGNE, MJS 31, Nadia PELLEFIGUE, PS 32, Olivier ROUGIER, PS 33, Eric TALBOURDET, PS 35, Tristan LAHAIS, MJS
35, Hélène VINCENT, CF PS 38, Mélanie COLLET, MJS 38, Matthieu LENCI, PS 42, Julien GUERIN, MJS 43, Cécile FAGET, AF MJS 47, Thibault MICHEL, président du CCR Auvergne
MJS (63), Stéphane RUMMEL, PS 51, Emmanuel BARCELO, AF MJS 51, Mathieu CAREMIAUX , AF MJS 57, Alexandre LAURENT, MJS 57, Robin SEMAL, PS 59, Ariane GUILLERM,
PS 59, Claire DONNELLY, MJS 64, Fanny ALMONACID, PS 64, Syamak Aghababai, PS 67, Isabelle DUMESTRE, CF PS 69, Houda NEDDER CF MJS 69, Yasmina MECHENOUAI,
responsable de groupe MJS 75, Jean-Baptiste PREVOST, PS 75, Léa FILOCHE, PS 75, Emilie ANSTETT, MJS 75, Clément BOUDIN, PS 75, Jean-Daniel CANEMPASSERIFFART,
PS 77, Corentin DUPREY, PS 78, Juliette QUINTEN, CF MJS 78, Baptiste DANEL, MJS 91, Leyla TEMEL, PS 91 , Victor VIDILLES, MJS 92, Mickaël ZEMMOUR, MJS 92,
Tania ASSOULINE, PS 93, Gweltaz FRIGOUT, PS 93, Aurélien SOURINE, MJS 95...

17/05/2005 18:04 par Mario

LE MONDE | 13.05.05 | 14h04 "¢ Mis à jour le 13.05.05 | 15h36

La Roumanie va adhérer à l’Union.

Pour fêter ça, le site des ambassades de Roumanie nous apprend que "le gouvernement vient de prendre des mesures d’allégement fiscal à effet immédiat.

L’ordonnance d’urgence prévoit la baisse de l’impôt sur les sociétés de 25 % à 16 %".

Comme les voisins baissent leur impôt sur les bénéfices, l’Allemagne fait pareil : l’impôt va passer de 38,3 % à 32 %. En quinze ans, le taux moyen d’impôt sur les bénéfices a déjà baissé d’un tiers en Europe.

Pour la France, en 2005, c’est un manque à gagner de 17 milliards (l’équivalent du déficit de la Sécurité sociale plus deux fois le budget du CNRS...). Et le mouvement va s’accélérant.

Jamais les bénéfices n’ont été aussi importants, mais jamais on n’a autant baissé l’impôt sur les bénéfices !

Comment nos Etats surendettés vont-ils financer la recherche, l’éducation, les retraites ou la santé, si l’on continue ce moins-disant fiscal ? La seule fois dans l’Histoire où l’on a observé une telle course au moins-disant fiscal entre Etats voisins, ce fut aux Etats-Unis, dans les années 1920. Ce fut une des causes de la crise de 1929.

A sa suite, le système fiscal américain a été profondément transformé : pour limiter fortement le dumping entre Etats, 60 % des impôts et taxes sont prélevés au niveau fédéral et sont donc les mêmes sur tout le territoire.

Hélas, la Constitution européenne nous interdit de créer un impôt européen et empêche tout mouvement d’harmonisation.
Pendant quarante ans, l’Europe a été un espace de coopération.

Depuis quelques années, la concurrence de tous contre tous devient la règle.
Schuman et Monnet doivent se retourner dans leur tombe.

Dans son dernier livre (La Politique de l’impuissance, éd. Arléa), Jean-Paul Fitoussi stigmatise cette Constitution qui ferait de l’Europe le seul ensemble de la planète dans lequel "les instruments traditionnels de gestion macro-économique sont soit inexistants soit empêchés" . Absence d’impôt européen, totale irresponsabilité de la Banque centrale, interdiction de faire appel à l’emprunt : on s’interdit volontairement d’agir sur trois leviers fondamentaux. "Les ajustements des économies nationales ne peuvent se faire que par des variations de coûts relatifs.

Moins-disant social et moins-disant fiscal, c’est la seule dynamique que peuvent contrôler les gouvernements nationaux. (...) En réduisant les recettes de l’Etat, cette stratégie de moins-disant amoindrit leur capacité à fournir les biens publics essentiels : santé, éducation, recherche, infrastructures, cohésion nationale. (...) C’est une stratégie perdante qui réduit le potentiel de croissance des nations" , conclut M. Fitoussi.

Plus grave, alors qu’un nombre croissant d’économistes pense que nous allons vers une très grave crise économique, M. Fitoussi montre comment, avec ce traité, "l’Europe se prive de tout moyen de réagir en cas de chocs externes" .
La dette totale américaine (publique et surtout privée) représentait 140 % du PIB quand éclata la crise de 1929. Elle en représente aujourd’hui 210 % ! "Le dollar est assis sur une bombe atomique" , affirme Daniel Cohen (professeur à l’Ecole normale supérieure).

"La dette risque de déboucher sur une hausse des taux d’intérêt et, potentiellement, une récession globale" , s’inquiète pour sa part Ken Rogoff, ancien chef économiste du FMI. Et pour Patrick Artus, directeur des études à la Caisse des dépôts-Ixis, la consommation d’énergie et de matières premières de la Chine va amener à une telle hausse des prix qu’il émet l’hypothèse (étude du 4 avril) de "la fin de la croissance mondiale au début de la prochaine décennie" .

"Bombe atomique", "récession globale", "fin de la croissance mondiale"... Il faudrait sonner le tocsin.
Vérifier que tous les instruments de régulation sont disponibles et bien coordonnés.

Convoquer un nouveau Bretton Woods. Il faudrait créer un impôt européen sur les bénéfices (ou une écotaxe) pour tripler l’effort de recherche (en matière énergétique en particulier) et financer un plan d’action divisant par deux notre consommation d’énergie d’ici à 2010.

Il faudrait donner à la Banque centrale européenne un objectif de croissance (comme la Réserve fédérale).

Construire, au niveau européen, un nouveau contrat social qui assure un partage de la valeur ajoutée plus juste et plus favorable à la consommation et à la croissance...

Au lieu de cela, on endort le citoyen :

"Inutile de lire le titre III, ce sont des textes qui datent de très longtemps" , nous dit-on. C’est bien ça le problème : ce sont des textes qui datent de vingt ou trente ans ;

et en vingt ans, le monde a complètement changé !
De plus, plusieurs articles ont été réécrits, et le plus souvent dans un sens opposé à l’intérêt général. Ils ont des yeux et ne voient pas, des oreilles et ils n’entendent pas... L’Histoire sera sans doute sévère avec ceux qui ont rédigé ce traité.

Le libéralisme des uns et la paresse intellectuelle des autres nous amènent dans le mur.

Malgré toutes les déceptions, l’Europe est et reste notre avenir.
Des millions d’hommes et de femmes se sont battus pour la démocratie et pour le progrès social au niveau national.

Pour protéger notre modèle social, pour rééquilibrer les relations Nord-Sud, pour peser sur la marche du monde, il faut continuer ce combat au niveau européen.

Refuser le compromis de Bruxelles et exiger de nouvelles négociations pour une vraie Constitution ­ - à partir des propositions faites par Joschka Fischer en mai 2000 et renouvelées en février 2004 ­ - et pour un vrai traité social.

Il y a un an, notre proposition de traité de l’Europe sociale (5 critères de convergence et 7 articles pour réorienter les politiques) était soutenue par Jacques Delors, Bronislaw Geremek, Michel Rocard, Stéphane Hessel, Elio di Rupo, Antonio Guterres, Pierro Fassino, Enrique Baron Crespo, Robert Goebbels, Jean-Jacques Viseur et plus de 200 parlementaires de 9 pays de l’Union. Pourquoi ne serait-elle plus d’actualité ?

En juin 2001, quand le peuple irlandais a refusé de ratifier le traité de Nice, il n’a provoqué aucune catastrophe.
Mais ce non massif, venant d’un peuple très européen, a poussé les chefs d’Etat à ouvrir une nouvelle négociation, six mois plus tard, au sommet de Laeken.

Que se passerait-il si, le 29 mai, les Français votaient non ? Le vice-président italien de la Commission européenne, Franco Frattini, vient de répondre à cette question : "Si la France, pays fondateur, vote non, cela démontrera qu’il y a un déficit de légitimité populaire en Europe.

Il faudra rouvrir le débat, bien plus largement. Il faudra se demander quelle Europe voulons-nous ? Juste un marché unique ou autre chose ?" (Le Figaro du 27 avril).

Partout les esprits évoluent : il y a 18 mois, la directive Bolkestein était acceptée par l’unanimité des commissaires.

Elle est contestée aujourd’hui dans un nombre croissant d’Etats. De même, il y a un an, quand certains d’entre nous réfléchissions à des règles du jeu communes en matière de salaire minimum, tous les observateurs ricanaient : "Les Allemands n’en veulent pas !" C’était vrai il y a un an.

Mais Gerhard Schröder vient d’annoncer qu’il déposera un projet de loi pour créer un smic avant la fin mai !

Les dégâts du libéralisme sont tels que partout les esprits évoluent. Plutôt que de constitutionnaliser des règles du jeu qui nous mènent dans le mur, il faut d’urgence ouvrir une nouvelle négociation avec ceux qui le veulent.

Jean-Maurice Dehousse est ancien ministre-président socialiste de la Wallonie.
Oskar Lafontaine est ancien ministre des finances social-démocrate allemand.
Pierre Larrouturou est porte-parole de l’Union pour l’Europe sociale.
Cesare Salvi est vice-président démocrate de gauche du Sénat italien.

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