Quand l’administration propose des stages d’asservissement

Chien Guevara

Les réformes de l’état, de plus en plus draconiennes, dans la fonction publique, engendrent des désagréments pour les fonctionnaires : délocalisations, fusions, surmenage, changements d’activités, voire même réductions de salaire. C’est un fait avéré, conséquence de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques). Mais en bon sammaritain, l’état fait mine d’avoir du remord, alors il propose des stages, pour ... s’adapter.

C’est gentil de donner des anti-dépresseurs à ceux à qui l’on a provoqué la dépression !

Ci-dessous, une proposition de stage, reçue par e-mail, de la part de ma "prévenante administration" (les noms, les lieux et les dates ont été changés, pour ne pas compromettre les pauvres improductifs cautionnants, que sont les intervenants de ces formations.

"PROPOSITION DE STAGE : EFFICACITE ET SERENITE EN MILIEU PROFESSIONNEL

Démarche-action proposée aux participants de ce stage innovant

Contexte : au sein d’un monde professionnel en mutation et en restructuration, pouvant provoquer de la pression, du stress ou encore une difficulté à (re)trouver du sens dans son activité quotidienne, ce stage propose à chaque participant de partir d’un diagnostic de son environnement professionnel pour construire de manière personnalisée un Plan d’Efficacité Personnel Sage ( PEPS), autrement dit un plan concret et réaliste lui permettant de mieux concilier adaptation au travail et sérénité mentale visant un mieux être avec soi et les autres.

Dynamique et pédagogie du stage : il s’appuie principalement sur un échange de pratiques entre les participants avec des apports des intervenants et des exercices pratiques sur les thématiques suivantes : la gestion de son espace de travail, la gestion du temps et le traitement de l’information, la gestion du stress, la prévention des tensions interpersonnelles, et des outils pratiques pour « accèder » dans son quotidien à une sérénité intérieure.

- JOUR 1 : lundi 23 janvier 2012 : « l’efficacité avec soi-même »

- Objectif : poser un diagnostic personnel et construire son PEPS
le concept d’efficacité ; questionnaire d’autodiagnostic ; réflexion sur les habitudes et réflexes aidants, thématiques principales : organisation de son espace de travail, la gestion du temps et le traitement de l’information.

IMPORTANT : Entre le JOUR 1 et le deuxième module en mars ( 2 mois), possibilité d’un suivi soutien du PEPS par téléphone ou courriel de chaque participant avec l’intervenant coach, Marcel B.

- JOUR 2 : lundi 26 mars 2012 : « l’efficacité avec les autres »

- Objectif : bilan de la mise en oeuvre du PEPS et expérimentation des manières de prévenir et réguler les tensions et le stress dans un respect de soi et des autres.
Utilisation du processus de communication de Marshall Rosenberg, outils de la programmation neurolinguistique pour gérer les pensées et émotions négatives, théatre forum et sensibilisation à la détente corporelle par des exercices de qi gong.

- JOUR 3 : mardi 27 mars 2012 : « vers la sérénité »

- Objectif : à partir d’un travail de connaissance de soi, mieux repérer ce qui sabote notre sérénité dans le quotidien pour avancer vers plus de confiance en soi, d’estime de soi et d’ancrage dans le présent.
Ce jour sera construit aussi à partir des besoins des participants. Il sera proposé, dans une dynamique de groupe, avec l’appui d’exercices corporels de qi gong, d’expérimenter des manières « d’accéder » à la sérénité intérieure.

Intervenants :
Marcel B., coach formateur au sein du Ministère des sports ( et directeur adjoint du CREPS de Maville)

Fernande E. ( jour 2 et 3) : spécialiste en médecine chinoise et enseignante en tai chi chuan et qi gong, exercices de mouvements lents et souples associés à la respiration et visant à restimuler notre énergie vitale. Ces pratiques issues de la Chine connaissent un très fort développement en Europe.

« L’optimiste voit dans chaque difficulté une opportunité »
Winston Churchill"

Et bien oui, vous avez bien compris : pour faire en sorte que tout se passe bien, pour éviter que le peuple râle, pour éviter qu’il ne fasse appel aux syndicats (d’ailleurs ils sont où ceux-là sur ce coup-là  ?), pour éviter qu’il ne se révolte, qu’il fasse grève, on lui paye des stages de soumission, d’asservissement, car c’est bien de celà qu’il s’agit : apprendre à accepter tout ce qu’on t’impose au lieu de, tout simplement, oser exprimer un désaccord en retour.

Bourrage de crane par méthode psychologique, alliée aux arts martiaux chinois : on aura tout vu ; ils vont loin nos managers pour nous moutoniser !!

Allez, d’ailleurs je vais casser un mythe, pour tous ceux qui pratiquent le qi gong : il n’y a rien de "zen" dans le qi gong ; le qi gong, c’est apprendre à utiliser son énergie pour le travail !

Et oui ... Vachement zen de s’épuiser au travail (même si c’est dans la "sérénité") !.

Article source : Quand l’administration propose des stages d’asservissement

COMMENTAIRES  

30/12/2011 14:05 par yapadaxan

Ouais, on n’est pas loin du fascisme, avec ça. Chui exploité, suicidé, mais putain, quel pied ! Ah l’époque heureuse du STO !

01/01/2012 11:38 par anonyme

Merci ! C’est effectivement à pleurer de rire !

Rire de la bêtise supposée des enseignants qui, s’ils moutonnent et bêlent sans broncher, pour donner le change parce-qu’ils sont déjà assez harcelés comme ça, et non soutenus, ne sont pas dupes pour autant.

Pleurer du désert syndical et de celui des partis, désert qui est complet, total, irrémédiable et sans vie, semble-t-il, face à la privatisation galopante de l’école, du primaire à l’université. Silence et désert qui mouftent quelque fois quand on supprime des murs, mais jamais quand, harcelés (les "propositions de stage" sont une petite sucrerie à côté), ceux qui font vivre l’école se suicident dans l’indifférence, voire la satisfaction, des anciens élèves que nous sommes pourtant tous.

Pour être "remplacés" provisoirement par des esclaves vulnérables et obéissants, non formés et qui coûtent moins cher, le temps de tout détruire, afin, encore une fois, que les Français se taisent. Ce qu’ils font, avec autant d’application que leurs devoirs d’école.

Etre capable d’application est une bonne chose, mais n’y aurait-il pas comme un détournement ? Car pour les "devoirs"... l’application paraît en recul !

01/01/2012 12:52 par Electeur

Tout se passe comme si les Français, pour une large majorité qui comprend la gauche et « la gauche de la gauche » avaient choisi entre :

1. Une école qui reproduit et distille la « morale bourgeoise », ainsi que la « culture bourgeoise », pour ceux qui sont décrits comme les plus à gauche, à tout le monde et gratuitement. Apprend à lire et à écrire, sur LGS par exemple, à tout le monde. Ainsi qu’à exprimer poliment et de manière compréhensible ses questions, ses réflexions, quand elles sont suscitées par un article ou un commentaire.

2. Une école qui reproduit et distille la « morale » des multinationales. Mais seulement aux riches qui pourront payer et aux asservis, qui auront des bourses « charitables » après certificat de conduite conforme et d’aptitude à être un bon esclave. Et ne liront pas LGS, d’une part parce qu’ils n’auront appris que quelques mots d’anglais et encore moins de français, et d’autre part parce que c’est fortement déconseillé pour leur carrière.

Encore moins commenteront-ils ou écriront-ils des articles comportant réflexion et Histoire, puisqu’ils n’auront connaissance ni de l’une ni de l’autre.

Bon, mais peut-être ont-ils choisi seulement de rester « vautrés sur le canapé »… éternellement, croient-ils.

Rien à voir, mais : sous Hitler, les professeurs étaient obligés, sous peine de joyeusetés diverses portant atteinte à leur vie ou à celle de leur famille, de faire le salut nazi avant de commencer leur cours. Une petite minorité seulement accomplissait ce geste avec allégresse, paraît-il.

Les Allemands avaient « démocratiquement » élu Hitler : du coup, comment se fait il que ce vote « démocratique » n’aie pas été respecté, aie même été combattu et qu’en plus ils s’en fassent gloire, par ceux qui se disent experts en « démocratie » et disent surveiller sous peine de « sanctions » que le monde entier l’applique bien ? Les dites « sanctions », car le mot employé est le même que celui du maître, ne sont pas de simples coups de règle sur les doigts, puisqu’elles vont des blocus économiques aux bombardements, à l’usage des armes -pourtant interdites - radioactives. Bonne Mère !

PS : Est-ce parce que « ça a toujours été comme ça » et que « la raison du plus fort est toujours la meilleure », etc. qu’il faut se résigner ? Croire que « le royaume du Père n’est pas de ce monde », comme sous l’Inquisition ?

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