Pourquoi la gauche française ne parle plus des nationalisations et se réserve les moeurs ?

Pourquoi ne sommes-nous plus capables que de véhiculer des cancans en laissant le capital en paix ?

Souvenez-vous, en septembre 1999, Michelin annonçait simultanément une hausse de 20% de ses profits et la suppression de 7500 emplois, le résultat ne se faisait pas attendre, le titre gagnait en bourse 12%. C’était le bon temps !!! Le premier ministre de l’époque, un socialiste du nom de Jospin ne déclarait-il pas que l’Etat ne saurait se mêler de tout, si mes souvenirs sont bons, il y avait même des ministres dits communistes au gouvernement. Le bon peuple ingrat flanqua la raclée de sa vie au dit jospin qui n’arriva même pas au second tour et en fit une jaunisse comme un vulgaire ouvrier licencié. Aujourd’hui dix ans après le leader mondial du pneu affiche une progression de 31% et un bénéfice annuel de 772 millions d’euros et une marge de 9,8%. Il annonce la fermeture de son usine de Toul (826 salariés)… Et pourtant l’action continue à chuter, elle a perdu 4% de sa valeur en 4 mois. Où va-t-on si les investisseurs boudent même les suppressions d’emplois ?…

Nous sommes dans une crise de grande ampleur et au lieu d’éclairer le débat, de faire de nous des citoyens à part entière, la gauche continue à affirmer comme du temps de Jospin que l’Etat n’a pas à intervenir, elle nous amuse avec des questions de moeurs, avec le leurre laïque, elle nous interdit même de nous situer dans le contexte européen. Tous ces thèmes sur les moeurs et la religion non seulement nous écartent de la gestion du pays que nous laissons au patronat mais divisent les travailleurs entre eux.

Danielle bleitrach

I. En France c’est la politique de l’autruche

Les industriels renouvellent les bonnes vieilles méthodes, pour doper les actions, Arc International dans le Pas de Calais annonce la disparition de 560 emplois, fermeture d’Arcelor Mittal de Gandrage et l’usine Kodack de Chalon sur saone, Miko à Saint Dizier, Ford de balanquefort en Gironde, des vagues de licenciements massifs se succèdent alors même que comme pour Michelin les résultats sont excellents. L’an passé 48.900 emplois industriels ont été détruits par délocalisation et externalisations alors même que le déficit commercial témoigne des effets de cette disparition du tissu industriel, désormais il est nécessaire d’importer. La main mise par de grands trusts comme Unilever ou Mittal est souvent le prélude à des fermetures pour assurer des positions dominantes à des productions que l’on délocalise.

Quand Nicolas Sarkozy déclare le 4 février que "l’Etat était prêt à prendre en charge tout ou partie des investissements nécessaires" pour maintenir en activité l’aciérie de Gandrage, la porte-parole du PS à l’Assemblée le dénonce : "Nous refusons que se répète à nouveau dans la sidérurgie française cette logique choquante de privatisation des bénéfices et de nationalisation des pertes". La porte-parole du groupe PS Aurelie Filipetti se conduit comme une irresponsable mais à sa décharge on peut dire qu’elle sait de quoi elle parle puisque ce sont les socialistes qui ont procédé ainsi, rachetant les entreprises, les assainissant sur le plan financier, jetant des salariés à la rue et après les revendant pour rien à leurs copains. Une vague de milliardaires en est issue, celle qui entoure Sarkozy.

Le paradoxe de la situation c’est que François Fillon intervient pour rappeler que "tous les grands pays libéraux autour de nous ont une politique d’intervention massive de l’Etat".

En effet, la stupidité - mais est-ce bien le mot ? - de la gauche française est d’autant plus évidente que nous sommes dans une situation internationale marquée par la flambée des prix dans la sidérurugie. Le cas de la fermeture de la sidérurgie Arcelor Mittal devrait être analysé non seulement parce que les travailleurs en font les frais mais en tenant compte des conséquences qui ne vont pas manquer d’intervenir pour d’autres branches de l’industrie, l’automobile en particulier. Si malgré ses profits et les vagues de licenciements annoncés, l’action Michelin ne se redresse pas, c’est à cause du pessimisme généralisé sur les matières premières.

En ce qui concerne la sidérurgie, les géants des mines font flamber les prix, et si le gouvernement chinois comme nous l’avons vu ici même se positionne pour limiter les dégâts, nous en sommes loin en France. Le véritable déclin du pays est là alors qu’on nous raconte que ce seraient les 35 heures et les acquis sociaux. (1)

Voilà de quoi il est réellement question pendant qu’on nous amuse avec les provocations de Nicolas Sarkozy… Non seulement, nous assistons à une vague de licenciement parfaitement injustifiée mais cela ne va pas s’arrêter si on ne prend pas un cap différent. Aucune force politique ne paraît en situation en France de défendre le pays, ni même de nous situer dans un contexte européen à défaut de celui de la mondialisation.

Ce qu’il faut bien voir c’est que partout, à cause de l’effet domino de la crise des subprimes, alors même que le patronat continue à s’attribuer d’énormes sommes, on découvre à quel point le dit patronat ignore même l’idée de légalité, agit sans contrôle. Et partout la gauche européenne se garde bien de poser la question de la nationalisation du crédit au profit du pays et de l’immense majorité de la population.

2-En Angleterre c’est la nationalisation de Northern Rock

Comme nous l’avions prévu ici même le gouvernement britannique a annoncé la nationalisation de la banque britannique en difficulté Northern Rock. La crise Northern Rock avait provoqué une véritable panique chez les clients de la banque comme on n’en avait plus vue depuis plus de 140 ans en Grande-Bretagne. L’établissement vaut aujourd’hui en Bourse autour de 380 millions de livres. le projet doit être présenté au parlement ce 18 février. le ministre des Finances, Alistair Darling, déjà très contesté ces derniers temps. "De chancelier de fer à chancelier de l’hésitation, Alistair Darling s’est écroulé suite à une série d’incroyables contorsions", a dénoncé The Guardian, parlant d’un "moment de honte pour le gouvernement, qui a tenté pendant six mois d’éviter l’inévitable".

S’il critique le temps pris pour décider cette nationalisation, le quotidien de la City, The Financial Times, s’est lui montré plus compréhensif, en jugeant que le gouvernement a pris une décision "délicate, difficile et non-idéologique". Evidemment la nationalisation envisagée est non seulement temporaire, le temps pour le contribuable d’assainir, mais elle a tout chance à terme de déboucher sur de gros profits pour le privé. D’ailleurs le futur patron de Northern Rock Ron Sandler est l’ancien dirigeant du groupement d’assureurs Lloyd’s, et il prépare en ce sens la nationalisation, la City ne peut que se réjouir. Il y a quelques déçus des candidats à la reprise immédiate, leur humeur était bien entendu sombre. Virgin Group et la direction de Northern Rock, qui avaient tous les deux déposé un plan de reprise, ont fait part de leur déception. "Nous pensons que la nationalisation n’est pas la bonne réponse et qu’une solution commerciale aurait été la meilleure voie", a ainsi déclaré Richard Branson, le patron de Virgin. Certainement puisque Virgin récupérait pour une somme minimale une banque renflouée massivement depuis des mois par le gouvernement. Les actionnaires de Northern Rock, qui craignent pour le rendement de leur investissement, ont eux dénoncé une décision "brusque".

Dans la classe politique, ce fut un simple baroud d’honneur : le spécialiste des questions économiques du parti conservateur, George Osborne, a dénoncé un retour aux années 1970, époque où la dernière nationalisation d’une entreprise, en l’occurrence Rolls-Royce, avait eu lieu.

De son côté, le Premier ministre, Gordon Brown, a affirmé que son gouvernement avait pris "les bonnes décisions", notamment en attendant cinq mois pour trancher afin d’éviter toute décision précipitée. Durant ces cinq mois l’argent du contribuable avait coulé à flot. Dimanche, Londres avait justifié la nationalisation en affirmant que l’intérêt du contribuable n’était pas dans une vente de l’établissement de crédit immobilier au secteur privé dans l’immédiat, et que l’établissement reviendrait dans le privé lorsque les marchés financiers se seraient stabilisés.

Alistair Darling, le ministre des finances, lui, a essayé de rassurer l’Union européenne en affirmant, lundi, que Northern Rock devrait assurer son activité de banque conformément aux normes édictées par l’Union européenne pour faire respecter le libre jeu de la concurrence. La banque a normalement jusqu’au 17 mars pour rembourser quelque 26 milliards de livres (35 milliards d’euros) d’aides d’urgence autorisées par la Commission européenne pour un délai ne devant pas dépasser six mois. Au-delà , Londres devra demander l’autorisation d’accorder des aides à la restructuration, sujet sur lequel Bruxelles se montre très strict. Or, le futur patron de Northern Rock Ron Sandler,l’ancien dirigeant du groupement d’assureurs Lloyd’s, a réagi lundi 18 février , en estimant que le remboursement de l’établissement à la Bank of England nécessitera des années. Le délai de remboursement "n’est pas une question de mois, mais plutôt d’années" Il a refusé de chiffrer les éventuelles suppressions d’emplois à venir.

On mesure bien à la lecture de cette opération que ce qui manque est une intervention des citoyens britanniques sur le contrôle du crédit, sur la nature même de cette nationalisation "temporaire". Et c’est pareil dans toute l’Europe, partout les citoyens sont laissés à leur ignorance, ils subissent.

3-En Allemagne :

La classe politique allemande est en pleine crise et chacun s’insulte sur la complaisance manifestée face aux fraudes fiscales massives du patronat, en particulier celui de la Deutsch Bank. Les verts allemands vont à la rescousse du patronat en s’interessant seulement au viol de la légalité qu’aurait accompli les enquêteurs. Voici comment le correspondant à Berlin des Echos décrit la situation.

"Le BND a acheté à un mystérieux informateur, semble-t-il pour plusieurs millions d’euros, les données qui l’ont mis sur la piste du millier de contribuables ayant organisé leur évasion fiscale via des fondations au Liechtenstein. L’investissement sera très rentable, puisque le fisc compte récupérer au moins 300 à 400 millions d’euros. Mais, pour Volcker Beck, un des Verts les plus en vue, « il faut éclaircir si le BND n’a été qu’un intermédiaire, auquel cas c’est en ordre, ou s’il a joué un rôle d’enquêteur en matière fiscale, ce qui n’entre pas dans ses attributions ». Une commission du Bundestag doit débattre du sujet dès cette semaine. Le ministre des Finances, le social-démocrate Peer Steinbrück, a donné son feu vert à la transaction. Il a été soutenu, avant-hier, par le ministre de l’Intérieur Wolfgang Schäuble (CDU).

Les principaux leaders politiques se montrent particulièrement nerveux, car l’affaire leur semble susceptible de renforcer encore le parti contestataire de la gauche radicale. Die Linke est parvenu à entrer aux Parlements régionaux de Hesse et de Basse-Saxe, fin janvier, compliquant dans le premier la formation d’une coalition de gouvernement. Le parti d’Oskar Lafontaine pourrait aussi faire son entrée au Parlement de Hambourg, où l’on vote ce dimanche.

La fraude fiscale a en effet relancé le débat sur la justice sociale qui agite l’opinion depuis des mois. Une étude publiée hier par le cabinet de conseil Kienbaum conclut que la rémunération moyenne des dirigeants d’entreprise a progressé en 2007 de quelque 17,5 %. Pour les patrons du DAX, l’indice phare de la place de Francfort, la hausse est même supérieure à 23 %. Le syndicat Verdi, qui négocie en ce moment les revalorisations salariales de la fonction publique, a annoncé pour cette semaine une intensification des débrayages entamés la semaine dernière. De nouvelles discussions avec le gouvernement et les communes doivent débuter lundi, mais semblent d’ores et déjà très mal parties. "

Conclusion : pourquoi toutes ces questions ne sont-elles jamais en débat ?

On le voit un climat de contestation de l’injustice, de la toute puissance patronale est en train de se développer en Europe, et partout le patronat peut compter sur "la gauche" pour développer des "leurres", pour proner le libre renard dans le libre poulailler …

Y a-t-il une seule force politique capable de dire "chiche" à la nationalisation ? "Chiche" à une grande politique industrielle ? Des forces politiques capables de poser la question du contrôle national et ouvrier de l’entreprise et du crédit ?

Si la gauche, socialistes et communistes français de toutes obédiences, ont tant de mal à suggérer l’idée même de nationalisation, cela n’est pas dû aux échecs de l’Union Soviétique mais bien à l’expérience de leur passage au gouvernement dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix.

Que peut-on espérer d’une gauche qui renonce à toute intervention de l’Etat et semble ne vouloir faire la différence que sur des questions de moeurs ? Toute sa vision du politique en devient politicien, on laisse passer la destruction du tissu industriel, les licenciements massifs, et on pousse des cris d’offraie sur la laicité, sur la dernière intervention de Sarkozy au CRIF, sur "le chanoine du Latran" , sur Sarkozy nouveau Napoléon III. Et après tout le débat porte pour les communistes sur la question de savoir si on doit participer à des listes municipales avec le Modem.

Une telle gauche non seulement n’a plus le socialisme comme horizon mais elle laisse effectivement la droite et les tenants du capitalisme utiliser les nationalisation à leur gré.

Pourquoi cette gauche qui affirme sa vocation européenne, soit pour rêver d’une autre Europe comme les communistes, soit pour l’accepter jusqu’à la forfaiture comme on vient de le voir à Versailles, ne tient-elle pas compte du contexte européen, de la montée des luttes en Allemagne, de la nationalisation bancaire en Angleterre ? Pourquoi cette gauche là accepte-t-elle de nous réduire le cerveau sur des cancans ? Pourquoi accepte-t-elle de nous transformer en ragoteurs, de nous priver de tout débat politique sur les grandes orientations du pays ?

Ne s’agit-il pas à travers ces thèmes d’isoler un peu plus les couches moyennes de la grande masse des salariés ? La droite n’est pas la plus bête du monde, ce qui a porté Nicolas Sarkozy au pouvoir est l’absence de politique de la gauche sur des questions centrales comme l’emploi et le pouvoir d’achat. Et la gauche, du PS à la LCR en passant par le PCF et les verts, continue sur sa lancée.

Partout le politico médiatique s’emploie à nous faire papoter sur des leurres et à diviser les salariés, à empêcher que montent les luttes, que se rassemblent les fonctionnaires mécontents et les ouvriers, employés.

Danielle Bleitrach

(1) Le numéro un mondial du minerai de fer augmente ses prix de 65 % en Asie - Les accords devraient faire tache d’huile dans le reste du monde - Les aciéristes tentent de répercuter la hausse. Le groupe minier brésilien Vale, numéro un mondial du minerai de fer, a obtenu de cinq sidérurgistes japonais, dont le leader Nippon Steel, et du coréen Posco une augmentation des prix annuels de 65 %. Cette hausse est la deuxième plus importante de l’histoire, après celle de 71,5 % intervenue en 2005. Comme de coutume, ces accords ont toutes les chances de servir en référence dans les négociations encore en cours avec les sidérurgistes chinois et européens. Dans l’ensemble, le secteur tablait sur une hausse supérieure à 50 %, mais certains acteurs redoutaient un doublement pur et simple de la facture. Les sidérurgistes estiment que, dans ces conditions, ils devront à nouveau augmenter leurs prix. En Europe, la plupart d’entre eux ont déjà annoncé des augmentations au 1er avril prochain, qui atteignent déjà parfois 20 %. L’industrie automobile sera parmi les premières touchées : le surcoût pourrait atteindre 1,3 milliard d’euros pour les constructeurs nippons cette année.

COMMENTAIRES  

20/02/2008 17:15 par PP

Est-ce une réminiscence d’une hargne ancienne ou une méconnaissance des textes de la LCR ? En tout cas, l’honnêteté intellectuelle doit conduire à reconnaître que la LCR non seulement met à l’ordre du jour les questions d’emplois (interdiction des licenciements) et de pouvoir d’achat (300 -euros) au centre de son programme mais aussi de l’action de ses militants au sein des entreprises. L’amalgame avec le PS, le PCF et les Verts n’en paraît que plus douteux.

PP

20/02/2008 21:18 par danielle bleitrach

quelle hargne ancienne ? Excès d’interprétation...
En fait je me situe à un autre niveau, disons celui auquel serait confronté un gouvernement qui voudrait adopter une politique socialiste, se situer dans un contexte international, choisir la planification (indispensable à mes yeux), adopter un nouvel ordre international, rompre avec la dépendance européenne, nationaliser les secteurs clés, retrouver le volant pour conduire. Il est évident que ce niveau ne peut pas être isolé de celui que vous citez parce qu’un gouvernement qui choisirait une telle politique de maîtrise devrait le faire pour et par les travailleurs. mais je trouvez inimaginable que jamais il n’y ait la moindre pédagogie sur ce niveau disons géo-stratégique et en même temps national.
Après y avoir réflechi, je crois que c’est parce que la gauche et les communistes ne savent pas vers quoi elle veut aller, tout le monde a plus ou moins renoncé au socialisme, les uns dans l’inertie, la LCR en s’agitant beaucoup ce qui est déjà mieux mais pas trés convainquant. il s’agit plus de plumer la volaille PCF que de proposer une véritable stratégie vers le socialisme...
Danielle Bleitrach

21/02/2008 12:42 par mourad

je suis toujour d’accord avec toi, mais moi meme je suis un
planificateur mais dés que je parle de planification avec
pourtant des gens de gauches "alermondialiste" ils voient
,tout de suite en moi le goulak , le stalinisme ect.....
c’est pourquoi j’ai conclu que nous sommes entrés dans une
vaste et longue periode des tenebres .c’est grave mais je crois que personne ne peut rien ,et la demagogie et l’opportunisme comme science promettent un avenir radieux

20/02/2008 17:24 par vladimir

Desolé de constater toujours la meme cecité,la "Gauche Europeenne" a acceptée de
gré ou de force les traités europeens !!! le NEW LABOR offre un cadeau royal
sous forme d’interets de ses bons du tresor aux banques privées,tant que son deficit
reste dans les normes.

Proposer des nationalisations, expropriations et ou appropriations collectives avec indemnisations meme partielles sans avoir retabli la creation monetaire publique supprimée par le Traité de Maastricht c’est tout simplement se faire hara-kiri !!

E.CHOUARD comme d’autres le rappelle :

C’est incroyable, vraiment incroyable :nos gouvernements ont totalement abandonné
la création monétaire aux banques privées.

Cela entraîne une dette publique extravagante et un chômage insupportable.

 Rendez-vous compte :

voici le montant actuel des seuls INTÉRÊTS payés depuis le 1er janvier 2007
à des créanciers privés, détenteurs de la dette publique de la France :

+51 MILLIARDS D’ euros (reglée en 2007 et 2008)

L’endettement de la puissance publique auprès d’acteurs privés n’est pourtant pas du tout une fatalité inévitable : cette prison financière est le résultat d’une décision politique (notamment l’article 104 du traité de Maastricht) qui interdit aux États de créer la monnaie dont ils ont besoin pour financer les besoins publics.

C’est une sorte de «  hara-kiri monétaire » par lequel les États s’imposent d’emprunter ces sommes auprès de prêteurs privés, moyennant un intérêt exorbitant, à la source d’une dette folle qui va finir par asphyxier les États et qui, finalement, nous interdit déjà toute politique publique volontariste. On dirait même que c’est le but des prétendus "libéraux" : des États ruinés pour interdire toute relance keynésienne (qui serait favorable aux travailleurs et défavorable aux rentiers).

Alors, puisque nos "représentants" ne nous protègent plus sur ce point essentiel,
écrire nous-mêmes une Constitution d’origine Citoyenne
semble bien le seul moyen de reprendre le contrôle public de la monnaie,

Non, ce n’est pas «  trop cher : le financement des besoins collectifs est rendu sciemment ruineux par un sabordage monétaire étonnant »…

·        Voyez aussi ce fil important du forum : Reprendre le pouvoir sur notre monnaie

·        Il faut absolument lire Maurice Allais, et notamment ce document exceptionnel :
«  La crise mondiale d’aujourd’hui - Pour de profondes réformes des institutions financières et monétaires » 

·        Voyez aussi : http://tiki.societal.org/tiki-index.php?page=DettePublique

·       et ne ratez surtout pas (last but not least) le site qui dénonce les faux-monnayeurs :

http://www.fauxmonnayeurs.org/

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/

 
 

28/02/2008 13:47 par Raoul

Chère Danièle,
Je cite JC MICHEA duquel nous apprenons des choses étonnantes mais très logiques et remarquables de ce philosophe.

Si la gauche ne s’intéresse qu’au sociétal, aujourd’hui, cela tient à sa structure et à la manière dont elle s’est constituée en France.
La gauche à l’origine n’était pas socialiste, Max n’a jamais appelé à l’union de la gauche.
Au début du 19ème Un contentieux existe entre la gauche et les socialistes notamment dans les journées de juin 1848, la gauche d’avant le général Cavaignac écrase les ouvriers socialistes, puis la commune.
Voir un écrivain de gauche comme Flauber ce qu’il en dit ce qu’il en pense…de la commune.
Monsieur Thiers qui appartenait à la gauche parlementaire de l’époque, c’est un libéral de gauche ils fréquente très tôt les milieux libéraux, avec l’appui de son compatriote Jacques Antoine MANUEL, député provençal d’extrême-gauche, Thiers est introduit auprès du banquier libéral Jacques Lafitte et il réprimera la commune dans le sang.
Dans un premier temps et à cette époque être socialiste c’est se situer indépendamment de ce clivage droite gauche.Ce qui change tout c’est l’affaire Dreyfus et pour aller très vite, s’est construit de manière défensive, contre les puissances de l’ancien régime encore fortes à l’époque une alliance avec la majorité des socialiste et de la gauche libérale républicaine du temps.
Dans ce compromis historique toute la gauche des partis socialistes et anarchistes étaient présents mais longtemps les anarchistes syndicalistes se situeront hors de ce clivage.
Un auteur communiste des année 20 dit des choses étonnantes, Discours de Maurice THOREZ au parti communiste Alsacien ce parti communiste qui à cet époque mettait un point d’honneur à être indépendant.
THOREZ dit à cette époque que le parti communiste n’est ni de gauche ni de droite.
Ce n’est qu’à partir de l’affaire Dreyfus que déjà une synthèse Hugolienne se noue entre le parti du progrès et le parti du peuple et qui seront toujours réactivées de manières défensives dans la suite du siècle, à partir notamment du combat contre le fascisme, en sorte que affaire Dreyfus, front populaire et résistance donneront à la gauche un nouveau socle, mais relativement instable et contradictoire puisque il émet des revendications LIBERALES d’un côté et SOCIALISTE de l’autre.
tiré de l’ouvrage "L’empire du moindre mal" de JC MICHEA et de sa conférence à Montpellier.
Bien à vous Danièle.
Raoul

21/03/2008 16:16 par Yannick Ryckelynck

Je partage pour l’essentiel cette analyse. Il me semble évident que la question des nationalisations se posent avec une acuité et une urgence particulières en ce qui concerne les banques, qu’il conviendrait de transformer en un service public de financement de l’économie (ce que la gauche caviar s’est bien gardée de faire en 1981-1982)Votre article laisse cependant quelques questions essentielles sans réponse. Comment agir efficacement pour réintroduire la question des nationalisations dans le débat public ? Ne faudrait-il pas la poser, non seulement à l’échelle nationale, mais aussi (et peut-être surtout) à l’échelle europénne compte-tenu de l’internalisation des grandes entreprises et des banques ?

21/03/2008 18:19 par Anonyme

je pense qu’il faudrait au moins un parti vraiment à gauche pour lancer une campagne et ce au moins à deux niveaux :
- quand DSK pour le FMI déclare cette semaine : "la collectivité dans son ensemble était amenée à prendre en charge" le coût de la lutte contre une faillite du système financier, et qu’il ne s’agissait pas de "venir à la rescousse des actionnaires mais du système" financier lui-même. Il a ajouté que les banques centrales "avaient jusqu’à présent bien géré la question de la liquidité" et qu’il n’y a "pas de raison de penser qu’elles ne seront pas capables" de fournir aux marchés les liquidités dont ils ont besoin.
Il me semble qu’il y a une dimension internationale, celle du respect de la souveraineté des peuples sur leur ressources. c’est un domaine essentiel comme on le voit avec l’affaire d’EXXON. Il existe là -dessus une masse de propositions et d’analyses concernant le nouvel ordre international, la réforme des institutions.

- le niveau national très important parce qu’il est celui de la résistance possible. Mais aussi une reflexion sur des nationalisations gerées avec de nouveaux critères et par une triple compétence secteur public, donc Etat ou collectivités locale, travailleurs et usagers participant à la dite gestion. Là dessus aussi il existe un grand nombres de propositions.

mais l’essentiel c’est la conjoncture de crise, la nécessité d’intervenir, de deux solutions ou l’on va continuer à privatiser les profits et socialiser les pertes, ou l’on invente et c’est le rôle de la gauche, de ceux qui veulent réellement changer les choses.

Qu’est ce qu’on attend ?
danielle Bleitrach

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