Poésie et exil (8)

Louise Michel : " Le Chant des captifs "

Tiré de Souvenirs de Calédonie. Ayant refusé toute mesure de clémence ou de grâce, Louise Michel ne rentra en France qu’en 1880, après une loi d’amnistie complète pour tous les Communards. Son exil lointain dura sept ans. A l’occasion de la diffusion de son téléfilm sur Louise Michel en 2009, Solveig Anspach déclara : « J’ai l’impression que la Commune et Louise Michel résonnent très fort aujourd’hui. Elle dit des choses qui font écho à ce que vivent aujourd’hui les gens au quotidien, pas seulement les femmes, mais les gens dans la misère, les ouvriers, les travailleurs ou les sans-papiers. »

Ici l’hiver n’a pas de prise,
Ici les bois sont toujours verts ;
De l’Océan, la fraîche brise
Souffle sur les mornes déserts,
Et si profond est le silence
Que l’insecte qui se balance
Trouble seul le calme des airs.

Le soir, sur ces lointaines plages,
S’élève parfois un doux chant :
Ce sont de pauvres coquillages
Qui le murmurent en s’ouvrant.
Dans la forêt, les lauriers-roses,
Les fleurs nouvellement écloses
Frissonnent d’amour sous le vent.

Viens en sauveur, léger navire,
Hisser le captif à ton bord !
Ici, dans les fers il expire :
Le bagne est pire que la mort.
En nos coeurs survit l’espérance,
Et si nous revoyons la France,
Ce sera pour combattre encor !

Voici la lutte universelle :
Dans l’air plane la Liberté !
A la bataille nous appelle
La clameur du déshérité !...
... L’aurore a chassé l’ombre épaisse,
Et le Monde nouveau se dresse
A l’horizon ensanglanté !

http://bernard-gensane.over-blog.com/

COMMENTAIRES  

16/11/2012 06:43 par Dwaabala

Et pendant ce temps-là , la IIIème République se mettait en place...

K. Marx était encore bien vivant, a fortiori F. Engels.

V. I. Oulianov était un petit garçon dont le frère aîné n’avait pas encore été pendu pour complot contre le tsarisme.

17/11/2012 14:04 par Dwaabala

Il faut ajouter que ce poème de l’exil, plus, de la déportation, est étonnamment tonique et beau.

Le soir, sur ces lointaines plages,
S’élève parfois un doux chant :
Ce sont de pauvres coquillages
Qui le murmurent en s’ouvrant.

18/11/2012 10:25 par Libre Plume

Oui, ce qui est beau c’est cette extrême poésie presque douce avec cet appel militant en même temps.
La force de la poésie.

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