Lettre ouverte à M. Delanoë, Maire de Paris

Cuba Si France

Cuba Si France Paris le 12 novembre 2010

Maire de Paris

Nous apprenons avec stupéfaction et colère que vous avez l’intention de proposer au Conseil Municipal de Paris de voter en faveur de l’attribution de la Médaille de la ville de Paris à Guillermo Farinas, mercenaire cubain notoire que les médias occidentaux ont transformé en « dissident ».

C’est une nouvelle insulte faite à Cuba, la rebelle, et aux associations comme la nôtre. Nous connaissons fort bien le « dossier » de ce Farinas puisque nous le suivons depuis de nombreuses années. Nous pouvons affirmer que votre choix qui suit de près la forfaiture commise au parlement européen par une poignée de Présidents de groupes politiques qui, réunis dans le secret du huis-clos, ont osé, au nom des peuples, lui attribuer le Prix Sakharov, dépasse l’entendement. Il aurait suffi que vous vous intéressiez un tant soit peu à cet homme et à ses agissements pour vous éviter une telle insanité. Vous avez préféré suivre aveuglément les divagations anti-cubaines et la haine morbide anti-castriste des contre-révolutionnaires de tous poils comme les Valdès et autres Machover, plutôt que d’écouter la voix du courage et de la raison qui dénonce cette nouvelle manipulation.

Déjà , le 18 mai dernier, nous protestions énergiquement contre la mascarade que M. Schapira a organisée avec les mêmes, en faveur des « dames en blanc », place de l’Hôtel de Ville, une grossière escroquerie que les « Mères de la Place de Mai » argentines avaient dénoncée avec force, comme une méprisable usurpation.
Vous avez aussi soutenu Ingrid Betancourt mais vous avez oublié les milliers d’assassinats perpétrés par les paramilitaires et le gouvernement Uribe.
Vous soutenez maintenant Farinas, « el Coco », un contre-révolutionnaire cubain stipendié par les E-U, libre de ses mouvements, confortablement installé à Santa Clara, soigné gratuitement, à la charge de la communauté cubaine (on comprend mieux pourquoi il ne veut surtout pas quitter son pays), mais vous oubliez délibérément les 5 héros cubains anti-terroristes innocents ¹, emprisonnés injustement aux Etats-Unis depuis 12 ans après un procès inique que même Amnesty International condamne.

En faisant de ce mercenaire, qui a purgé des peines de prison pour des crimes de droit commun, le récipiendaire de la Médaille de la Ville de Paris, vous lui faites un honneur qu’il ne mérite absolument pas et vous indignez, par ce geste imprudent, le peuple de Paris.

M. le Maire,

Quand verrons-nous, accrochée au frontispice de l’Hôtel de Ville de Paris, l’effigie des 5 cubains, héros de leur pays, victimes d’un des plus monstrueux scandales judiciaires de notre temps commis par les E-U, et condamnés à des peines tout aussi monstrueuses ?
Quand la Ville de Paris, pour être digne de son peuple et de son histoire, inscrira-t-elle enfin ses pas dans ceux des 10 Prix Nobel de la Paix, quand marchera-t-elle aux côtés de plus 1000 parlementaires et de milliers de personnalités du monde entier qui réclament tous, haut et fort, leur libération immédiate et sans conditions ?

Plutôt que de la rendre complice de la honteuse loi du silence que font régner les médias occidentaux, ce serait l’honneur de Paris que d’entendre enfin la clameur populaire² qui s’est prononcée depuis longtemps en faveur de leur libération et qui le crie chaque mois au coeur de votre ville, en exigeant par un acte noble et souverain, digne de son rayonnement, la libération inconditionnelle des 5 anti-terroristes cubains.

M. le Maire,

Guillermo Farinas est libre et très bien soigné dans son propre pays ! Il vit confortablement dans sa maison de Santa Clara.
Les 5 cubains, eux, croupissent depuis 12 ans dans les pires geôles étatsuniennes, dans des conditions particulièrement cruelles, qui violent chaque jour les droits élémentaires des prisonniers, ceux de leurs conjoints et de leurs enfants empêchés de les visiter, conditions dénoncées par toutes les organisations humanitaires internationales dont Amnesty International !

Monsieur le Maire,

Ainsi désormais informé, auront-ils, ces hommes véritables, bientôt droit à votre commisération ? Ou faudra-t-il attendre qu’ils meurent ?
En attendant, permettez-nous de vous suggérer de leur décerner la Médaille de Vermeil de la Ville de Paris. Leurs courageuses actions passées et leur comportement exemplaire face à l’arbitraire en ont fait des héros. Sans aucun doute, ils y feront honneur ! Mais il est vrai qu’ils ne sont ni opposants au régime cubain ni dissidents, cela pourrait-il en faire des infréquentables ?

Recevez, M. le Maire, l’expression de notre sincère indignation devant cette nouvelle insulte faite à Cuba, la Rebelle.

Vive Cuba Libre et Socialiste

Cuba Si France
Paris 12 novembre 2010

¹ Les Cinq sont emprisonnés aux Etats-Unis depuis douze ans. Leur crime ? Avoir déjoué 170 attentats organisés par des terroristes cubano-étatsuniens de Miami, attentats qui devaient avoir lieu à Cuba, et dont les victimes seraient venues s’ajouter aux 3.478 morts et 2.099 handicapés à vie que ce terrorisme aveugle a déjà fait à Cuba depuis le début de la Révolution.
² 337 Comités de libération répartis dans 106 pays.

COMMENTAIRES  

12/11/2010 17:47 par Anonyme

Farinas a été jugé et condamné deux fois à Cuba :

En 1995, il été condamné à 3 ans de prison sans incarcération et à une amende de 600 pesos pour l’agression d’une collègue de l’hôpital où il travaillait à qui il a infligé plusieurs blessures au visage et aux bras. La presse internationale a observé le silence sur cet évènement qui aurait sans doute altéré l’image de son protégé. Plusieurs sites web, comme Wikipedia relativisent les faits en allégant qu’ils ont eu lieu à la chaleur d’une discussion au cours de laquelle Farinas accusait celle-ci de corruption.

En 2002, Farinas a été l’acteur d’une seconde agression violente dans la ville de Santa Clara. Au cours d’une discussion politique, il a attaqué un vieillard avec un bâton. A la suite de quoi il fallut pratiquer sur ce dernier une intervention chirurgicale pour lui retirer la rate. Farinas a été condamné à cinq ans et dix mois de prison. Les grands médias ne se sont pas non plus fait l’écho de cet évènement.

Guillermo Farinas entretient des liens étroits avec des personnes et des organisations de l’extrême droite de Miami, par lesquelles il est financé. Il reconnaît lui-même ces paiements dans une lettre d’août 2009 adressée à Angel de Fana Serrano, terroriste de Miami bien connu, lié à l’organisation paramilitaire Alpha 66.

Il est curieux que récemment Guillermo Farinas ait employé le qualificatif de "terroristes" à propos des Mapuches Chiliens qui ont fait lune longue grève de la faim durant l’été 2010.

A l’inverse des protestations des Mapuches en lutte, les grèves de la faim de Guillermo Farinas sont amplement couvertes par les médias internationaux.

Source : http://www.aporrea.org/tiburon/n169341.html + vidéo

La lettre publique de Farinas où s’étalent ses liens avec les terroristes de Miami - et aussi les conflits entre leurs différentes organisations concernant les subsides que leurs octroient les USA (en 1969 : I5 620 000 000 de $ ont été versés à la "dissidence" cubaine rien que par l’"Agence pour le Développement International" (USAID) : http://elblogdealana.blogspot.com/2009/08/por-las-coordenadas-de-la-patria.html

Le Maire de Paris, capitale de la France, ne craindrait-il ni le ridicule ni, surtout, la honte ?

14/11/2010 16:45 par ADR

Un autre article pour lutter contre cette désinformation :

Le dissident cubain Guillermo Fariñas et le Prix Sakharov du Parlement européen par Salim Lamrani
Le 28 octobre 2010

Le 21 octobre 2010, le Parlement européen a annoncé le nom du lauréat 2010 du Prix Sakharov « pour la liberté de l’esprit », et l’a attribué au dissident cubain Guillermo Fariñas Hernández. Selon l’institution européenne, ce dernier s’inscrit « dans une longue lignée de dissidents, défenseurs de droits de l’homme et de la liberté de pensée ». Le président du Parlement Jerzy Buzek a noté que l’opposant au gouvernement de La Havane « a été prêt à risquer sa santé et sa vie pour faire changer les choses à Cuba ». Il s’agit de la troisième fois en neuf ans qu’un opposant cubain reçoit cette distinction, après Les Dames en blanc en 2005 et Oswaldo Payá en 20021.
Il convient de revenir sur le parcours personnel de Guillermo Fariñas et son entrée dans le monde de la dissidence à Cuba, avant d’évoquer la politisation du Prix Shakarov.

Guillermo Fariñas
Né le 3 janvier 1962, Guillermo Fariñas est un ancien soldat ayant servi en Angola en 1981, dans la lutte pour l’indépendance de la nation africaine et contre le régime raciste d’Afrique du Sud. Il a longtemps été un fervent admirateur du processus révolutionnaire, et son père avait participé à la lutte contre la dictature de Fulgencio Batista aux côtés de Fidel Castro. Suite à la chute du Mur de Berlin en 1989 et à l’apparition des premières difficultés économiques à Cuba, il a alors abandonné les Jeunesses communistes, sans pour autant prendre une position politique contraire au gouvernement de Havane2.
Ce n’est qu’en 2003 qu’il effectue un virage idéologique à 180 degrés et tourne le dos aux idées qu’il avait auparavant défendues. Il intègre alors la dissidence et fonde l’agence de presse Cubanancan Press, financée par « des Cubains-américains anticastristes », selon l’agence étasunienne Associated Press3. Le Parlement européen signale qu’il est « partisan de la non-violence » et qu’il a mené « pas moins de 23 grèves de la faim pour attirer l’attention sur l’oppression des dissidents cubains et réclamer la liberté d’accès à Internet ». Il souligne également qu’il a passé onze ans en prison - en réalité neuf ans, mais n’a servi qu’un peu plus d’un an -, sans pour autant dévoiler les raisons de ses différentes condamnations4.
A aucun moment, l’entité européenne n’affirme que ses séjours en prison sont dus à son activité politique pour la simple raison que ses incarcérations sont dues à des délits de droit commun. La discrétion du Parlement européen au sujet du casier judiciaire de Fariñas est compréhensible, car ses actes délictueux mettent à mal l’affirmation du caractère « non-violent » du Prix Sakharov 20105.
En effet, Fariñas dispose d’un casier judiciaire chargé. En 1995, il avait été condamné à trois ans de prison avec sursis et à une amende de 600 pesos après avoir violemment agressé une femme, collègue de travail de l’institut de santé dans lequel il occupait un poste de psychologue, lui occasionnant de multiples blessures au visage et aux bras. Il réalisa alors sa première grève de la faim6.
En 2002, dans la ville de Santa Clara, dans la province de Las Villas, Fariñas avait agressé une personne âgée avec un bâton. Cette dernière, sérieusement touchée, fut transportée d’urgence à l’hôpital où elle dut subir une ablation de rate. Suite à ce délit, il fut condamné à cinq ans et dix mois de prison. Il observa de nouveau une grève de la faim et bénéficia d’une mesure de liberté surveillée le 5 décembre 2003 pour des raisons de santé7.
A ce sujet, l’agence de presse espagnole EFE se contente de déclarer qu’il avait été condamné « pour les délits de désordre public et agression », sans fournir de détails8. Pour sa part, Associated Press se fait plus explicite et rapporte que « certains de ses ennuis judiciaires sont dus à l’agression d’une collègue de travail et autres comportements violents9 ».
En 2005, Fariñas entama une nouvelle grève de la faim, exigeant de l’Etat cubain que lui soit installé un accès Internet à son domicile. Il fréquenta la représentation diplomatique étasunienne de La Havane, la Section d’intérêts nord-américains, laquelle finance ses activités. Il reconnaît aisément cette réalité. Le quotidien français Libération note que « Fariñas n’a jamais nié avoir reçu des "˜dons’ de la Section des intérêts américains pour se procurer un ordinateur et exercer son métier de "˜journaliste indépendant’ sur Internet10 ».
Mais Guillermo Fariñas a réellement été médiatisé à partir du 24 février 2010 lorsqu’il a entamé, à son domicile, une grève de la faim, qui a duré jusqu’au 8 juillet 2010, afin d’exiger la libération de ceux qu’il qualifie de « prisonniers d’opinion », en référence aux opposants condamnés pour avoir accepté le financement des Etats-Unis11. D’ailleurs, à ce sujet, l’Agence étasunienne pour le développement international (USAID), dépendante du gouvernement fédéral, admet financer l’opposition cubaine. Selon l’Agence, pour l’année fiscale 2009, le montant de l’aide destinée aux dissidents cubains s’élevait à 15,62 millions de dollars. « La grande majorité de cette somme est destinée à des individus se trouvant à Cuba. Notre but est de maximiser le montant du soutien dont bénéficient les Cubains dans l’île12 ».
L’organisation gouvernementale souligne également le point suivant : « Nous avons formé des centaines de journalistes sur une période de dix ans dont le travail est apparu dans de grands médias internationaux ». Cette déclaration met à mal les affirmations sur le caractère indépendant des « journalistes opposants » à Cuba. Ayant été formés et stipendiés par les Etats-Unis, ils répondent avant tout aux intérêts de Washington, dont le but est, comme le signalent les documents officiels du Département d’Etat », un « changement de régime » dans l’île13.
D’un point de vue juridique, cette réalité place de fait les dissidents qui acceptent les émoluments offerts par l’USAID dans la situation d’agents au service d’une puissance étrangère, ce qui constitue une grave violation du code pénal à Cuba, mais également dans n’importe quel pays du monde. Interrogée à ce sujet, l’Agence se contente de rappeler que « personne n’est obligé d’accepter ou de prendre part aux programmes du gouvernement des Etats-Unis14 ».
La dernière protestation de Fariñas avait gravement affecté son état de santé et il n’a dû sa survie qu’aux soins médicaux qui lui ont été prodigués par les autorités cubaines. Reconnaissant, il n’a d’ailleurs pas manqué d’exprimer sa gratitude à l’équipe médicale qui s’est occupée de lui, lors d’une interview concédée à la télévision espagnole alors qu’il se trouvait à l’hôpital15.
Guillermo Fariñas n’a jamais eu de problèmes à exprimer son opinion à l’égard du gouvernement cubain. Il a joui à cet égard d’une liberté d’expression totale. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un oeil à ses déclarations émises durant sa dernière grève de la faim16. Durant son séjour à l’hôpital, il a régulièrement accordé des entretiens à la presse occidentale, s’en prenant virulemment aux autorités de l’île. Voici quelques extraits d’une interview accordée à Reporters sans frontières le 8 avril 2010 : « Le régime castriste est totalement rétrograde, archaïque, avec un manque de flexibilité, d’humanité, avec une cruauté marquée qui laisse mourir publiquement ses opposants ». Fariñas n’hésite pas à faire référence au « régime totalitaire cubain » et dénonce sans problème « les cruautés, les abus et les tortures » qui seraient commis dans l’île 17.
Fariñas n’est pas exempt de certaines contradictions. Alors qu’il se montre très critique du système cubain et compare la vie dans l’île à un enfer, il refuse d’émigrer malgré une proposition d’accueil de la part de l’Espagne18. Il est en effet curieux de refuser de vivre dans la neuvième puissance économique mondiale et de préférer rester dans un petit pays du Tiers-monde, en proie à des difficultés économiques indéniables, aggravées par l’embargo imposé par les Etats-Unis et par la crise mondiale. Il y a une raison à cela. En partant à l’étranger, Fariñas ne recevrait plus aucune aide financière ni des Etats-Unis ni de l’Union européenne.

La politisation du Prix Sakharov
Le Parlement européen a choisi, pour la troisième fois en neuf ans, un dissident cubain pour le Prix Shakarov, malgré la qualité des deux autres prétendants, l’ONG israélienne Breaking the Silence et l’opposante éthiopienne Birtukan Mideksa19.
Breaking the Silence a été créé en 2004 par des soldats israéliens et des anciens combattants et « montre au public israélien la réalité de l’occupation israélienne vue à travers les yeux des soldats. Elle participe au débat sur l’impact de l’occupation prolongée des territoires palestiniens », selon le Parlement. Quant à Birtukan Mideksa, il s’agit d’une femme politique et ancienne juge éthiopienne, leader de l’opposition, condamnée à la prison à vie en 2008, pour avoir dénoncé l’emprisonnement des opposants dans son pays, puis libérée en octobre 201020.
Il ne s’agit pas de critiquer Guillermo Fariñas pour son action. Il faut en effet une certaine dose de courage personnel pour risquer sa vie en observant une grève de la faim. Néanmoins, le choix du Parlement européen est discutable dans la mesure où il intègre d’abord et avant tout des paramètres politiques. En effet, dominé par la droite, le fait de récompenser une nouvelle fois l’opposition cubaine au détriment de toutes les personnes qui risquent véritablement leur vie à travers le monde pour défendre la cause des droits de l’homme et des libertés, ne peut être le fruit du hasard21.
De plus, cette distinction intervient alors que le gouvernement cubain a procédé à la libération de la quasi-totalité des prisonniers dits « politiques » recensés par Amnistie Internationale. Les treize restants, après la libération de 39 personnes depuis juillet 2010, seront libérés avant la fin du mois de novembre 2010, selon l’accord passé entre La Havane et l’Eglise catholique cubaine22. On ne peut que constater que la décision du Parlement repose surtout sur des critères idéologiques et jette une ombre sur la crédibilité des objectifs officiels du Prix Sakharov, à savoir la défense des droits de l’homme.
Certains parlementaires européens ont critiqué cette décision, prise en comité restreint à huis clos lors de la Conférence des Présidents, en non en séance plénière en présence de tous les députés. L’eurodéputé espagnol Willy Meyer du groupe Izquierda Unida a regretté « l’option idéologique [prise par le Parlement] qui n’a rien à voir avec la défense des droits de l’homme dans le monde entier, à une époque de guerres et de graves problèmes où des milliers de militants des droits humains sont poursuivis dans le monde, et que leur travail n’est pas reconnu ou est occulté23 ». De son côté, Marà­a Múñiz, porte-parole des socialistes espagnols à la Commission des Affaires étrangères du Parlement, a regretté que les autres candidats aient été négligés et que la « progressive libération des prisonniers cubains dissidents » n’ait pas été prise en compte24.
Conclusion
Guillermo Fariñas a choisi, comme les opposants cubains médiatisés par la presse occidentale, de vivre de l’activité dissidente, car elle offre des perspectives financières indéniables et un niveau de vie bien supérieur à celui des Cubains dans un contexte marqué par des difficultés économiques et les pénuries matérielles. Le Prix Sakharov n’est pas uniquement une distinction honorifique. Il s’agit également d’une forte rétribution économique de 50 000 euros. Cela représente une somme considérable, surtout pour les Cubains, quand on sait la réalité du système social dans l’île. En guise d’exemple, Fariñas n’a pas eu à débourser le moindre centime pour son hospitalisation de plusieurs mois, est propriétaire de son logement comme 85% des Cubains et bénéficie du carnet de rationnement qui lui permet d’obtenir gratuitement des produits alimentaires.
Guillermo Fariñas a parfaitement le droit d’exprimer ouvertement son désaccord avec un système politique qu’il a défendu jusqu’à l’âge de trente ans. Il ne doit pas être critiqué pour cela. Ses antécédents judiciaires ne doivent pas non plus être occultés. Néanmoins, il est difficile de croire, au vu des puissants intérêts politiques et médiatiques occidentaux qui le soutiennent, que son action est réellement indépendante et uniquement axée sur la question des droits de l’homme. En acceptant les émoluments de la part de Washington - qui finance publiquement les opposants cubains -, il se met au service d’une politique destinée à renverser le gouvernement cubain.

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