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Fraudes à la Sécurité sociale, fraudes aux allocations-chômage ou au R.S.A... Salauds de pauvres !

Les médias et le CE de la RATP

Les remarques qui suivent portent sur un sujet qui a été traité par le journal télévisé de France 2 du 6 décembre, une première fois à 13 h, et une seconde fois à 20 h. Il était assez important pour être annoncé en début de journal et traité parmi les premiers. De quoi s’agissait-il ?

Il s’agissait, comme l’indiquait le titre, d’un "rapport accablant de la Cour des Comptes sur le comité d’entreprise (CE) de la R.A.T.P., l’un des plus riches de France." On y apprend que "les dirigeants du CE organisaient des soirées très coûteuses dans un château appartenant à la C.G.T." On y apprenait aussi que "le CE a financé la C.G.T." Et que le "CE assure un financement occulte et parallèle des syndicats".

Puis le journaliste élargit le scandale, en l’étendant au CE de E.D.F./G.D.F., qui aurait assuré le "financement de la C.G.T. et du Parti communiste". Il y est aussi question du CE d’Air France.

Enfin, on écoute : "Cela n’est pas mieux à la S.N.C.F." et "Cela touche au financement des syndicats".

A 13 h, la journaliste, Elise Lucet, reçoit même le député Nouveau Centre Nicolas Perruchot (du Loir-et-Cher) qui a rédigé un gros rapport sur le sujet, rapport qui est passé au broyeur, du fait que le Parti socialiste et le Parti communiste ont voté contre, et que l’U.M.P. s’est abstenue. Et Elise Lucet demande au député : "En somme, pour le financement des syndicats, c’est l’omerta ?".

Remarques.

1. Dans tous les cas, les entreprises concernées sont des entreprises publiques (R.A.T.P., E.D.F./G.D.F., Air France, S.N.C.F.). Or, ce sont ces mêmes entreprises qui sont sans cesse dans le collimateur du patronat, de l’U.M.P. (et de tous les partis de droite), des journaux tels que Le Figaro ou Le Point, comme étant des services inefficaces, qui peuvent, à leur gré, paralyser la France (ou la région parisienne pour la R.A.T.P.), et où les salariés sont payés comme des nababs, ont des retraites somptueuses... et ne fichent rien ! [D’où l’idée, instillée depuis des années dans l’esprit du public, comme de l’eau qui tombe goutte à goutte sur une pierre et finit par la creuser, qu’il faut, au minimum démembrer ces entreprises, au maximum les privatiser pour leur ôter leur capacité de nuire].

2. Derrière les entreprises publiques, d’autres entités sont visées : les syndicats, et spécialement la C.G.T. L’idée qui est diffusée est que ces syndicats, loin de répondre à leur vocation originelle (qui est de défendre les salariés), sont au contraire de grosses machines parasites, qui pompent les cotisations (et les subventions) pour vivres comme des satrapes. Il s’ajoute même à cette idée de parasitisme celle de mafia puisqu’il y est question d’omerta (la loi du silence de la mafia) qui terroriserait jusqu’aux pouvoirs publics et aux partis de droite. [D’où l’idée que les syndicats sont des pieuvres, des vampires, et pas seulement dans les services publics].

3. Pourquoi ce sujet, traité ainsi, suscite-t-il une impression de fausseté ? Fausseté dans le sens où, derrière le scandale dénoncé, on pressent qu’autre chose est visé, que l’on jette le bébé avec l’eau du bain. Parce qu’il vient après des semaines d’autres journaux télévisés où il fut question de fraudes à la Sécurité sociale, de fraudes aux allocations-chômage ou au R.S.A., suggérant - plus qu’à demi-mot - que ce qu’il fallait, ce n’était pas tant remédier à ces fraudes que de carrément supprimer la Sécurité sociale, les allocations-chômage et le R.S.A.

Philippe Arnaud


EN COMPLEMENT

Communiqué CGT RATP

Gestion du Comité d’Entreprise de la RATP : « Des mensonges, mille fois répétés n’en font pas des vérités ! »

La CGT/RATP, avec les Organisations Syndicales UNSA, CFDT, FO et CFE-CGC de la RATP est en charge de la gestion du Comité d’Entreprise de la RATP sur la période sur laquelle porte le rapport de la Cour des Comptes, rendu public ce jour et qui, relayé/déformé médiatiquement, fait l’actualité.

Sans développer sur les 233 pages que contient ce rapport, notre Organisation Syndicale tient à réaffirmer les principes de gestion qui prévalent au CRE et qui amènent ce dernier à une situation financière tout à fait saine, plus saine que l’état des finances publiques …

Dans son communiqué de presse, la Cour des Comptes conjugue les approximations avec des affirmations gratuites.

Des approximations à l’exemple de l’oubli qu’elle a de préciser que la subvention sert à l’ensemble des prestations, non seulement en direction des 45.000 agents actifs de la RATP, mais aussi de leur famille et les retraités, soit : plus de 120.000 ayant droits.

Des affirmations gratuites lorsqu’elle affirme que le Comité d’Entreprise fait l’objet d’une gestion marquée par de « graves irrégularités ». Sans, à aucun moment, en démontrer la nature.

Dans son communiqué, la Cour des Comptes pointe que « le Secrétaire et le Trésorier interfèrent dans la gestion quotidienne des activités sociales et culturelles … ». C’est exact et c’est d’ailleurs bien pour cela qu’ils ont été élus pour gérer, avec l’ensemble des autres élus, le Comité d’Entreprise et ne pas laisser à des « techniciens » des choix portant sur la gestion et les orientations du Comité. Cela n’est pas chose nouvelle, cela existe depuis 1945 et la loi sur les Comité d’Entreprise, c’est d’ailleurs aussi une notion développée dans l’ensemble des matériels de campagne électorale de notre Organisation Syndicale.

La Cour des Comptes affirme péremptoirement qu’il n’y a pas d’appel à la concurrence avec les fournisseurs. C’est faux ! Et cela appelle à deux précisions :

- Le Comité d’Entreprise, considéré de droit privé, n’a pas l’obligation légale de
mettre en oeuvre des appels d’offres. A l’image de tout un chacun, le Comité
d’Entreprise choisit ses fournisseurs et prestataires sur la base de critères qu’il définit ;

- Pour autant, et sans attendre un cadre législatif et réglementaire, le Comité a, depuis de nombreuses années, mis en place une « Commission des Marchés » regroupant élus et professionnels. Cette Commission des Marchés a en charge de définir le mieux-disant, ce qui implique de ne pas recourir systématiquement au moins-disant social (des devis sous-évalués souvent pour des travaux effectués par des entreprises peu regardantes quant au niveau des salaires et des conditions sociales de leurs salariés).

Sans doute la Cour des Comptes regrette-t-elle que nous ne portions pas le dogme d’une concurrence « libre et non faussée », nos choix de gestion au sein du Comité d’Entreprise portent d’autres principes, d’autres valeurs !

Concernant une soi-disant « dégradation du climat social », force est de constater que la Cour des Comptes, dans son communiqué, associe cela au fait que 450 salariés du CRE soient en CDI. Oui, nous sommes, à la CGT, pour privilégier l’emploi en CDI ! C’est pour nous une orientation politique forte qui vise à lutter contre la précarité qui se multiplie partout y compris au sein même de la RATP.

600 salariés sont en « équivalent temps plein », c’est une chose normale au regard des activités du Comité, particulièrement les centres de vacances qui, tant d’un point de vue des directeurs, adjoints, animateurs, équipes de montage, etc. appellent à la mise en place d’équipes de travailleurs saisonniers.

La Cour des Comptes tente d’argumenter la dégradation du climat social en mentionnant une alerte donnée par le médecin du travail. Deux remarques :

- Comme dans toute organisation humaine, les risques psycho-sociaux sont une réalité qu’il faut anticiper et combattre afin de permettre à ce que l’activité professionnelle soit facteur d’épanouissement. C’est aussi en ce sens que notre Organisation Syndicale, au travers le travail des élus au sein du Comité, a participé à la construction du « projet d’entreprise pour le CRE » qui fait aujourd’hui même, l’objet de discussions/négociations avec les Organisations Syndicales des salariés du CRE quant à sa mise en oeuvre.

- Le hasard de la sectorisation décidée par la RATP fait que le médecin du travail cité par la Cour des Comptes est aussi un des dirigeants de la CGT/RATP, il travaille également au sein de la CGT au niveau national sur ces questions…

Pour ce qui de la certification des comptes du CRE, là aussi, la Cour des Comptes tente de faire porter la suspicion sur des comptes qui ne seraient pas sincères. D’une part, là encore, aucune obligation légale n’est faite au Comité d’Entreprise à certifier ses comptes. Pour autant, la mise en place d’une certification a été anticipée et est d’ores et déjà prévue pour 2012. La comptabilité est tenue par un service spécialisé constitué de salariés du CRE qui, contrairement aux affirmations de la Cour des Comptes, appliquent le plan comptable général, contrôlé par deux cabinets d’expertises indépendants dont la compétence et l’impartialité sont de notoriété publique (IMA et ADEXI), c’est dire combien cette question est suivie avec le sérieux et la rigueur qui s’imposent par les élus du Comité comme par notre Organisation Syndicale !

Le rapport de la Cour des Comptes a été construit exclusivement « à charge », il est partiellement repris par une partie des médias comme par une organisation syndicale de la RATP qui, une nouvelle fois, vise à porter le discrédit sur l’ensemble du syndicalisme et tente de fragiliser la gestion saine et honnête qu’a notre Organisation Syndicale au travers les élus CGT.

Si des dysfonctionnements nouveaux d’ordre organisationnel et/ou structurel apparaissaient, il va sans dire que les élus CGT mettraient tout en oeuvre pour y remédier comme c’est déjà actuellement le cas pour la recherche d’une meilleure efficacité sociale dans l’intérêt premier des agents, des familles et des retraités.

Si des malversations, de l’enrichissement personnel, des surfacturations, etc. étaient démontrés, notre Organisation Syndicale mettrait tout en oeuvre devant les autorités judiciaires compétentes, pour que le Comité d’Entreprise recouvre les sommes prétendument extorquées. Dans ce cadre, nous porterions plainte ou nous nous porterions partie civile sur une plainte déposée par le CRE.

Le traitement médiatique de cette « affaire » vise à porter, une nouvelle fois, la suspicion sur la gestion d’un Comité d’Entreprise qui serait utilisée par des organisations syndicales et singulièrement par la CGT, pour des financements occultes. Nous dénonçons cette pratique et ferons, si besoin en était, la démonstration qu’aucune forme de malversation, au bénéfice de notre Organisation Syndicale, n’a eu lieu, nous prendrons aussi toutes les mesures qui s’imposent à l’encontre de ceux qui porteront des propos diffamatoires.

Paris le 6 décembre 2011 - 15 H 30

http://www.cgt-ratp.fr/fichiers/wb_DC5A9988AF9B42B38BB947B931A63AA2.pdf

COMMENTAIRES  

07/12/2011 14:44 par CN46400

Mise au point de la CGT que les médias patronaux ne publieront jamais !

http://www.cgt-ratp.fr/fiche.asp?CO...

07/12/2011 15:10 par ano

un sujet qui a été traité par le journal télévisé de France 2 du 6 novembre

Je n’ai pas la TV, mais depuis hier, 6 décembre, France inter nous rabat les oreilles sur le même sujet, à chaque info et chaque flash. Apparemment c’est le scandale du moment.

07/12/2011 15:39 par Mathieu

Apparemment le CE de la RATP finançait également les dirigeants de l’entreprise de valises africaines importées par l’UMP de Karachi, le KGB et les talibans !! Ou alors je confonds...

07/12/2011 17:41 par Anonyme

je rappelle que les ce des grandes entrprises sont la base matérielle de la bureaucratie syndicale et la corruption une arme politique, afin d’éviter des dérives, il est indispensable que les salariés puissent contrôler ces ce.

07/12/2011 19:45 par Baz

Je comprend bien la manipulation des médias à ce sujet.
Dans le même temps, je n’oublie pas que les représentants des grands syndicats sont aussi assimilés à des conseillers spéciaux de l’Elysée. Que les décisions sont prises du haut vers le bas et que ça pactise à tout va avec certains partis politiques. Ils ne rechignent pas contre une subvention de l’énemi ou la mise à disposition d’un local par une mairie UMP.
Alors il y a du bon et du moins bon. Ce n’est pas pour rien que la CGT d’aujourd’hui n’est plus celle d’il y a longtemps.

Seule la CNT, très minoritaire, est autogérée et indépendante totalement du pouvoir. C’est aussi la seule qui prône la grève générale lorsque les autres "négocient" bien au chaud autour d’une bonne table à l’Elysée sans l’avis de la base.
Mais ça ne choque personne ? Ah oui, c’est si facile d’attendre que les autres prennent les décisions à notre place en croyant que faire une manif’ de 2h fera plier la toute puissante classe dirigeante.

Bref, il y a la façade et il y a la réalité.

07/12/2011 22:20 par Maxime Vivas

Seule la CNT, très minoritaire, est autogérée et indépendante totalement du pouvoir.

La CNT ? Rien à voir avec radio Canut et surtout Article XI, Rebellyon, conspihorsdenosvies et autres sites pourraves ? Ces temps-ci, on se demande.

Parce que que j’ai fait une fleur à la CNT (en écrivant pour eux) et on me dit que les coups contre LGS partent de ce côté-là . Alors, j’ai du mal à voir en quoi la CGT, ce n’est pas mieux que la CNT.

Mais à vous d’être clairs.

Les indélicats, les fachos, nous on les a toujours en face, ce qui nous évite de tirer contre les amis dans la tranchée.

Faites suivre.

07/12/2011 21:55 par legrandsoir

@ Ano.

Bien 6 décembre. C’est corrigé, merci de votre vigilance.

07/12/2011 22:34 par en passant

J’avais entendu parler de ce "reportage" sur les pratiques douteuses des dirigeants de CE de la RATP par une connaissance qui trouvait ça "abusé, mais bon ils ont le monopole alors ils s’en foutent".
Après vérification rapide du style du reportage (France 2 n’a pas été la seule chaîne à en parler, TF1 aussi je crois) et lecture de cette article, il me semble que le but visé peut être mis en parallèle avec l’intrigue du film Inception, où une idée doit être semée dans le cerveau d’une personne cible pendant qu’elle dort, via ses rêves, afin qu’elle prenne ensuite une décision favorable à son rival. En effet, on essaye ici de nous mettre dans la tête que les entreprises publiques ne font que nous ruiner et sont en plus une réserve de gens pas très enclin au travail. Avec quelques piqûres de rappel de temps en temps, cette idée apparait aujourd’hui presque comme allant de soi. La cible (nous) se met donc à penser qu’il faudrait supprimer le service public pour améliorer les choses, alors qu’en fait cela ne ferait qu’arranger les dirigeants du privé - qui pourraient s’arranger entre eux pour proposer des services bien plus alléchants en apparence (campagnes de communication très efficace à l’appui), mais bien peu aboutis sur le fond.

La différence par rapport au film, c’est que normalement nous ne dormons pas en regardant/écoutant/lisant les infos...et c’est donc peut-être encore plus pervers !

08/12/2011 00:54 par Chien Gué

C’est bien ce que je craignais, quand j’ai lu cet article ce matin : un haro sur les syndicats et les CE en "coms en terre" (ou qu’on m’enterre) !
L’union de la vrai gauche est encore loin !

08/12/2011 08:21 par utopiste59

Militant syndical depuis de nombreuses années, je ne suis pas en mesure d’affirmer que la gestion de la trésorerie de mon syndicat s’est toujours effectuée de façon honnête. Les dirigeants du syndicat, c’est ainsi qu’on les nomme, sont devenus des hommes d’appareil. L’institutionnalisation du mouvement syndical a transformé progressivement ces organisations instituantes en organisations instituées. Quand les grandes centrales comme la CFDT et la CGT abandonnent dans leurs statuts la lutte des classes qui constituait leur identité, il ne faut pas s’étonner de leur dérive vers des pratiques de collaboration de classes. Mais sur la gestion des CE, il ne faut quand même pas perdre de vue que ce ne sont pas les syndicats qui ont le pouvoir de cette instance qui n’est qu’un instrument patronal. Le président des CE n’est autre que l’employeur ou son représentant. Ceux qui pensent que les CE représentent un acquis des luttes ferment les yeux sur la réalité de cet outil au service de l’employeur. Qui n’a jamais constaté que des représentants syndicaux se soient abstenus d’informer les salariés d’un plan de licenciement, pour respecter le compromis passé avec le patron ? Si des abus de confiance, détournements d’argent à des fins privées devaient être révélés, nul doute que les employeurs le savaient, s’ils ne les ont pas eux-mêmes encouragés, pour le maintien de la paix dite sociale dans l’entreprise.

08/12/2011 14:53 par CN46400

@ utopiste

Lire la mise au point de la Cgt-RATP permet d’éviter de raconter, ou de répercuter, même atténuées, les conneries du patronat et de ses médias. Les CE ne sont pas une révolution mais c’est un plus pour les travailleurs, le % ou °/00 de la masse salariale qui est gérée là , c’est autant de moins pour le capital....Si quelqu’un connait une île aux Seychelles ou, ailleurs, qui ne profiterait qu’aux administrateurs, ou à un seul, d’un quelconque CE, qu’on nous le dise ! De même pour les plans sociaux qui ne sont, en général, annoncés au CE, qu’en toute dernière extrémité légale !

Au lieu de se porter "partie civile", et de courir après le buzz médiatique, la CFDT ferait mieux de lever le voile sur ces scandales, s’ils existent. Disposant d’un groupe au sein du CE de la RATP, elle a accès à tous les comptes et devraient donc avoir beaucoup d’avance sur les limiers de la Cour des Compte !

09/12/2011 17:05 par patrice bardet

c’est du n’importe quoi !

En ces temps de guerre sociale à outrance, il faut abattre l’un des outils de la classe ouvrière, le syndicalisme !

pour cela, on met tout et n’importe quoi, en prétendant que l’argent dont disposent les syndicats serait volé…. Aux salariés

Ces députés de droite qui ont fait ce rapport de guerre de classe, ils sont payés par qui ?

Ces journaux, ces « affaires » qui éclatent fort à propos ?

qui a payé leur campagne ?

qui finance à des hauteurs considérables leurs partis dont les sièges dans les hôtels particuliers de Paris , les rues les plus bourgeoises des grandes villes ?

Les contribuables, donc vous et moi !

Ces enflures sont payés des sommes pharamineuses pour nous faire la guerre, légalement !

Je paie, comme , nous tous, donc des salopards qui cassent mes droits !!!!

c’est d’ailleurs quoi une direction révolutionnaire ( l’exemple de la CNT) ? ou mieux, aucune direction ?

Cocos, Maos, Troskos, Situationnistes, etc....Lambertistesn CCI, AIT, Anarchistes groupusculaires et/ou affinitaires ( à trois) j’en passe et des meilleures dans les sectes "révolutionnaires" ou dès qu’on est trois ou quatre, ça fait deux tendances

Pour avoir lu les 500 pages des actes du congrès de la CGT en 1906 (dit de la charte d’Amiens), la réponse ne me semble pas simple....

Et si les prolétaires s’emparaient de leur outil qu’est le syndicat ?

c’est trop facile d’accuser l’appareil…

Allons, je ne crache jamais sur la CNT, mais quand je lis dans un commentaire

Seule la CNT, très minoritaire, est autogérée et indépendante totalement du pouvoir. C’est aussi la seule qui prône la grève générale lorsque les autres "négocient" bien au chaud autour d’une bonne table à l’Elysée sans l’avis de la base.

Faudra trouver un argument plus sérieux….. la « grève générale » , depuis quand la CNT la pratique-t-elle ???? et OU ????
Allez, le 13 décembre 2011 , l’union départementale CGT et ses syndicats tente de lancer la grève

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article123235

Dans les boites, ça explose de partout : suffit d’ouvrier le journal ; même la Voix des Patrons ( Voix du Nord volée aux résistants) est obligée d’en rendre unpeu compte….

elle est où, la CNT ?????

Dans le Nord et dans les autres départements ?

Elle sera en grève le 13 ? le 14 ; le 15 ???? sinon quand ? dans quelles luttes ?

Ce n’est peut-être pas pour rien qu’elle est.... infiniment... minoritaire

C’est du même niveau que cet article du Figaro, fait par une journaliste apparentée à la noblesse, ce journal au service exclusif du capital ( et il le fait bien)

je ne suis pas avare de critiques, y compris envers la CGT, mais pas avec ce genre d’arguments issus de l’extrême droite

Je suis syndiqué CGT, et militant (délégué syndical) depuis assez longtemps pour le faire à propos, mais pas de cette façon

D’ailleurs, je "n’attaque" le syndicalisme pour attaquer le syndicalisme, encore moins la CGT, seulement une ligne directrice actuelle de la direction que j’estime réformiste : à tort ou à raison, cela se discute

Quand à l’indépendance économique des syndicats, il faudrait s’entendre sur ce que cela entend : si ce sont des arrosages patronaux occultes, tels ceux de l’UIMM, là c’est de la corruption et c’est totalement condamnable.

Cette corruption n’est pas une nouveauté pour certains syndicats

Je distingue même cela du "chèque syndical" auquel je suis totalement opposé, même quand il l est transparent

Mais les détachements syndicaux, les heures de délégation légaux ou conventionnels, ce n’est aucunement de la corruption, même si je suis assez opposé au système de permanents "à vie" et totalement au carriérisme syndical que l’on trouve certainement très peu dans la CGT

J’ajouterai que ce rapport parlementaire de merde insinue que la dotation patronale aux Comités d’Entreprise est de l’argent versé aux syndicats et devrait entrer dans leur budget : du mensonge pur et simple ! là encore, il faudra relire l’histoire syndicale et celle des "oeuvres patronales" (avant la dotation sociale des CE)

De l’amalgame d’extrême droite de bout en bout !

Un florilège qu’il faudrait démonter de bout en bout : ce qui serait bien plus aisé si ce rapport était public

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que ce rapport ne parlait pas du tout des financements patronaux, et pour cause !

C’est la bouteille à l’encre, et on nous fait un rideau de fumée dans lequel tombent les bas du front !


C’est quand même curieux, toutes ces coïncidences
un article digne de l’extrême droite suite à un rapport de parlementaires de droite extrême dans le figaro contre les syndicats ouvriers
ce rapport de la cour des comptes ( à propos de la CGT RATP ), cour des comptes qui comme chacun sait, ramassis de gauchistes indépendants de l’UMP, contre le plus combattif d’entre eux
rappelons que ce « château » a été acheté par l’union locale CGT en… 1937, juste après les premiers congés pays, quand la CGT essayait de créer les structures du tourisme social
une affaire de l’UIMM totalement enterrée
des détournements de fonds par le patronat sur le dos de la médecine du travail, c’est passé aux oubliettes
la Bettancourt, voleuse de sommes donnant le tournis , absoute de toute poursuite
un marigot de politiciens affairistes dont les procès s’éternisent au point d’être prescrits
Les confédérations syndicales sont pourtant fort sages en ce moment : l’intersyndicale s’est arrangée sous la houlette de la CFDT , FO dans un autre registre, pour ne susciter aucun mouvement d’ampleur concerté malgré la casse effrénée de nos droits sociaux
Même la CES veut "sauver" le capitalisme...

Mieux , même, la centrale de Chérèque dépose des préavis de grève pourris à la SNCF, dressant les usagers contre les cheminots au moment où on privatise le rail
Pour couronner le tout, un Hollande et ses troupes "gôchistes" d’un rosé tellement piquette qu’il ressent le besoin d’un vinaigre d’orange pour arranger le goût, sur une ligne très Sarkoziste, à quelques détails près (la bise à Merkel, les courtoisies au SPD) , des verts ripolinant le capitalisme....

L’UMP, centristes, certains socialos et les fascistes qui font des ronds de jambes

Une fausse alternance politique qui s’annonce bien : pile ou face, la bourgeoisie gagne !
C’est y pas un monde merveilleux ?

On dirait que la bourgeoisie perd confiance dans ce jeu truqué par elle et prend peur.....
Sait-on jamais : les prolétaires pourraient se servir de leur outil syndical, la CGT les accompagner dans leur révolte et mettre l’outil syndical au service d’une révolution qui s’annonce, comme les nuages annoncent la pluie

Alors, contrefeu préventif ?


Je maintiens même que se servir de ces torchon du Figaro du Parisien et d’autres ( ils appartiennent à qui, ces journaux , radios et TV ) de ce rapport de l’extrême droite UMP et NC, c’est se tromper de combat, et c’est salir TOUS les militants, dont l’immense majorité à la CGT est ABSOLUMENT intègre

Il y a des saloperies pas reluisantes du tout dans la CGT : quelques exemples sont d’ailleurs sur un autre blog

Je suis parfaitement d’accord pour les dénoncer quand elles existent, et je commente le plus souvent pour enfoncer le clou
Maintenant, ce torchon du Figaro nous salit TOUS, sans aucune distinction

ma première réaction était d’ailleurs de me dire qu’il fallait à tout prix quitter le syndicalisme : je me pose cette question depuis assez longtemps, et que mon engagement est sur le fil du rasoir

Je n’ai pas le temps de répondre point par point, et d’ailleurs je n’ai pas assez d’éléments. Mais ( en plus de ce que j’ai déjà écrit)

- si le mandat n’est pas rempli, si certaines brebis galeuses peuvent aller à la gamelle, si des dirigeants sont en capacité d’étouffer les luttes…..ça, c’est le constat que l’on peut faire, assez simplement, mais il me semble qu’il y a un mais

Cela pose une question de fond : quel est le contrôle que chaque militant de base fait du mandat qu’il confie à un « niveau supérieur » , comment remplit-il son propre mandat, quel compte-rendu en fait-il ? quel est le contrôle du mandat par chaque syndiqué ? Quelle est d’ailleurs l’utilité de tel ou tel « mandat »

Les oeuvres sociales ? C’est encore l’exemple le plus facile : on parle aussi du « château » de la RATP dans un autre torchon du Parisien

J’ai déjà dit que ce « château » a été acheté par les UL CGT en 1937, juste après les congés payés.
Oublier le contexte historique, c’est nier qu’il n’y avait RIEN pour les loisirs des ouvriers, que TOUT était à faire, y compris dans le tourisme social ; la culture, etc…
C’est aussi oublier que les militants CGT ont voulu à cette époque ( et pour certains continuent à le faire) que ce soit accessible à TOUS les ouvriers, pas seulement à ceux de telle ou telle usine
C’est oublier l’UTOPIE généreuse, émancipatrice de celles et ceux qui ont construit les loisirs, la culture, les bibliothèques, les théâtres, les festivals, les ateliers d’écriture, de peinture, de photographie, etc, etc… non seulement accessibles à tous sans distinction

Pour avoir milité très longtemps ; avoir donné personnellement beaucoup de temps personnel pour ça ( qui se souvient par exemple des Maisons Familiales de Vacances ? de centres autogérés par des bénévoles qui y passaient leurs vacances à « gérer » (oh, le gros mot : ils devaient en tirer profit sonnant et trébuchant, sans aucun doute, - puisque tout se vend et s’achète soit disant - pour les gosses et familles et adultes ? des équipes travaux pour restaurer, embellir, rendre habitables ce qui était des taudis pour en faire des « palais » de la Classe Ouvrière ) j’ai l’impression d’un immense gâchis, d’avoir perdu comme tant d’autres anonymes une bonne partie de ma jeunesse, quand le loisir, la culture, la lecture , le droit à la paresse, les vacances n’étaient pas un « marché » à se disputer, mais un droit à conquérir, pierre par pierre , non pas avec de l’argent seulement, mais aussi avec le ciment de la solidarité au sens « communiste » (commun , qui veut dire ENSEMBLE) , militant !

La série continue d’ailleurs, avec le « rapport » commandé » par la Verdâtre Voynet sur le Comité des Ouvres Sociales (COS)

On y lit ces perles
« D’après le rapport, le COS n’aurait fait partir en vacances qu’un tiers des 2840 employés de la mairie l’an dernier malgré sa dotation qui est la plus importante de la ville. »

Oui, c’est probablement exact, tous les employés ne partent certainement pas en vacance avec leur CE … Quel drame ! puisque d’ailleurs le COS verse aussi des « chèques vacances » utilisables n’importe où dans le privé

Celle la encore
« Les frais de vacances et les voyages ont ainsi absorbé 90 % du budget l’an dernier et ne laissent que 9 % aux activités sportives et culturelles et 0,7 % aux aides sociales. »

Les « activités sportives et culturelles » ne relèvent-elles pas des « activités essentielles » sociales d’une ville de gauche ? Voynet a « hérité » d’une gestion municipale de municipalités historiquement liées au PCF ; dont c’était justement l’une des priorités en direction des prolétaires…..

« 0,7 % aux aides sociales » : la belle affaire, bien « scandaleuse » !
Il est strictement interdit par la loi aux CE ou COS de distribuer des « aides sociales » de manière régulière. Les « secours » doivent être exceptionnels, sur des critères sociaux de difficultés passagères : ils doivent rester des « secours » exceptionnels, sinon ils deviennent automatiquement des compléments de salaire soumis à l’impôt et cotisation sociale.

La mairie de Montreuil conduite par la Verdâtre Mairesse de Montreuil (avec l’aide de la droite) paie-t-elle si mal ses employés qu’ils auraient tous besoin ou majoritairement des « secours sociaux » du COS ?

Il faut croire que depuis son ascension de parachutée à Montreuil, les emplois précaires se sont multipliés à la place des emplois titulaires : c’est très bien de l’avouer ainsi à demi-mots !

Taper sans discernement sur les oeuvres sociales de la CGT, c’est jeter aux ordures le militantisme d’émancipation

Bien sûr que les loisirs, la culture, les vacances sont devenus un « marché »

Et alors, on ne sait plus réaliser autre chose ? Faudrait ne donner que du spectacle à disney ou Astérix ? les commerciaux savent mieux faire….

Il faudrait jeter notre bébé avec l’eau du bain, au prétexte que certains ont pissé dedans ?

Ou on réinvente ? Ou on fait tente de faire émerger avec nos moyens mis en commun l’immense potentiel de la culture ouvrière émancipatrice ?

Et on marche résolument sur le chemin semé d’embûches de l’émancipation communiste (mot que je préfère souvent à "révolution", qui peut signifier faire un tour sur soi-même) , qui ne peut se concevoir sans la notion de Liberté qui passe par la aussi par la Connaissance et son potentiel de créativité

Je n’ai pas de réponse, seulement des questions à résoudre avec d’autres

10/12/2011 11:37 par utopiste59

à CN 46400

Nous avons tendance à appréhender la réalité de la conflictualité sociale à travers le filtre de mythes. Croire que les CE sont des contre-pouvoirs ou des acquis sociaux, alors qu’ils ne sont que des miettes ou des os à ronger, ou croire que les 35 H constituent pour les salariés une avancée sociale, alors que le bénéfice de l’opération à profité aux entreprises qui ont pu réduire le coût du travail, c’est passer à côté de l’analyse des enjeux. Il ne serait pas inutile de relire l’analyse d’Eric Dupin sur les stratégies syndicales, parue dans le Monde Diplomatique de décembre 2010, sous le titre "Où vont les syndicats ?". Afin d’élargir le regard sur les positions des syndicats concernant des conflits majeurs liés à la violence du néo-libéralisme, li ne serait pas inutile non plus de revoir le document réalisé par Ken Loach, "Les Dockers de Liverpool". Ces travailleurs n’ont pas obtenu les soutiens qu’ils pensaient acquis des syndicats. Mais peut-être que le Monde Diplomatique et Ken Loach répercutent aussi les mensonges du patronat...

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