Le communisme ou la barbarie. Rosa Luxembourg, déjà, nous mettait en garde...

Depuis, l’idée communiste a pris du plomb dans l’aile. Les sondages en témoignent. Faut-il pour autant céder à l’air du temps, militer en fonction des sondages ?

Le capitalisme fait montre quotidiennement de sa dangerosité, de son obsolescence, même s’il peut durer encore très longtemps. La crise majeure du système permet de vérifier la pertinence des idées de Marx, de décrypter la nouvelle phase de la mondialisation financière, les dégâts de la « sacro-sainte » loi du marché, du capitalisme mondialisé, qui porte les logiques de rentabilité à un niveau inouï. Le partage de la valeur ajoutée entre travail et capital devient de plus en plus vertigineusement inégal. Le système s’avère incapable de répondre aux besoins fondamentaux de l’humanité ; ce n’est d’ailleurs pas son objectif. Il a affaibli, brisé les liens sociaux, brouillé tous les repères, transformé la société en jungle, plongé l’humanité dans un gouffre abyssal...

Si la crise est systémique, elle ne peut donc que s’aggraver. Elle exige de nous, communistes, de mettre en œuvre un processus vers une autre organisation sociale, de caractériser les changements structurels majeurs que nous souhaitons, de donner un contenu nouveau à l’hypothèse communiste. Il convient de dire ce à quoi nous aspirons : la révolution communiste, même si cela est à contre-courant du quasi consensus « libéral » d’aujourd’hui. Ne pas lâcher sur les mots ni sur leurs contenus peut permettre de reconquérir une partie de ceux qui ont renoncé à la conscience et au combat politiques de classe et qui subissent ; ce, sans aucune nostalgie anachronique de ce qui a échoué, mais en réfléchissant à un communisme d’aujourd’hui. Il faut oser dire où nous voulons aller, sans peur des caricatures anti-communistes, persiflées et matraquées par les uns et des autres (le communisme serait par nature criminel...) ; s’il nous faut renouveler les questionnements, on ne saurait renoncer à des marqueurs idéologiques identitaires, aux valeurs communistes originelles, à un mouvement de fond, et permanent, vers une autre organisation sociale, plus horizontale, plus autogérée, plus humaine, pleinement démocratique, plus appuyée sur l’appropriation sociale des secteurs clés, les « communs », la socialisation du pouvoir, et sur une intervention constante (des salariés, des usagers...), un contrôle à tous les niveaux exercé d’en bas par les travailleurs et les citoyens.

L’idée communiste n’est pas invalidée par l’échec du « communisme d’Etat », où le Parti se substituait au peuple et finissait par coloniser l’Etat ; l’autoritarisme, perversion du communisme, n’était pas dans la nature du projet révolutionnaire. Nous, militants, avons trop souvent confondu le commun et la collectivisation. Le communisme reste une grande utopie concrète qui porte une critique radicale du capitalisme, et ouvre la possibilité, révèle la nécessité, de son dépassement. En cette année anniversaire de mai 1968 -j’avais alors 20 ans, et j’étais écartelé par la difficulté extrême de l’essentiel : la convergence, les actions communes entre la classe ouvrière et les étudiants-, en cette année anniversaire de mai 1968, il serait aussi incompréhensible que suicidaire de lâcher l’horizon communiste. Commémorer mai 1968, c’est aussi partir de l’idée communiste pour construire une alternative de rupture avec le capitalisme, c’est également travailler à l’insurrection la plus belle, celle des consciences. La révolution à laquelle je crois encore et toujours peut ouvrir la voie au communisme. Encore et toujours. Serais-je un archaïque qui a de l’avenir ?

Jean ORTIZ

COMMENTAIRES  

03/02/2018 15:39 par Max Stirner

" L’Etat ne poursuit jamais qu’un but : limiter, enchaîner, assujettir l’individu, le subordonner à une généralité quelconque. "
L’Ennemi ?
L’Etat !
Communiste ou pas ...

04/02/2018 14:53 par latitude zero

PENSEZ PRINTEMPS LES AMIS , 2ième appel.... même que not bon président nous l’a déjà dit , alors ...!

07/02/2018 22:45 par joel

Tout ce que tu dis je le partage ;Le plus difficile , c’est d’identifier les obstacles, le système qu’ils forment. Il nous faut travailler à developper une conscience de classe conforme à notre temps parce que la conscience de classe est la seule façon de permettre à tous ceux que nous avons vocation à défendre de se soustraire à l’individualisation dépossedée ou à sa fausse alternative : le "peuple". Cette tâche est celle que lenine considere comme étant celle du parti communiste. La difficulté est dans les modalités mais sur le principe, je crois qu’il a raison.

08/02/2018 08:10 par cunégonde godot

L’idée communiste n’est pas invalidée par l’échec du « communisme d’Etat », où le Parti se substituait au peuple et finissait par coloniser l’Etat ; l’autoritarisme, perversion du communisme, n’était pas dans la nature du projet révolutionnaire. Nous, militants, avons trop souvent confondu le commun et la collectivisation.

L’idée communiste était morte-née. L’idée démocratique, qui l’a précédée, l’a définitivement dépassé. Le communisme en tant qu’idéologie, en tant que système et son organisation, le Parti se substituant à l’Etat de droit a été condamné par l’Histoire... qui ne repasse pas les plats.
Le modèle communiste actuel : la Corée du Nord,..

08/02/2018 11:37 par Assimbonanga

Il faut entretenir l’idée et faire confiance au petit pourcentage de gens toujours capables de la réaliser concrètement. Certes, la force brutale se met toujours en travers et les opportunistes viennent toujours tout fiche en l’air, gangréner l’organisation avec leur commerce, leur commissions, leurs prébendes. C’est la nature humaine. Mais ce petit groupe de valeureux est toujours ce précieux ferment qui permet d’espérer en l’Homme qu’ils soient communistes label rouge adhérents au parti ou expérimentateurs de communs. Par contre, regardez à quoi ils s’affrontent : https://zad.nadir.org/spip.php?article5136

08/02/2018 15:22 par Max Stirner

" Le modèle communiste actuel : la Corée du Nord,.. "
Corée du Nord ?
Monarchie Socialiste ...

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