Lançons le débat : les voitures éléctriques

S. PETOUKHOV

Les voitures électriques n’améliorent pas vraiment la situation écologique sur notre planète. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, elles polluent l’environnement de la même façon, voire davantage que les voitures à essence, si l’on observe d’où provient l’électricité qui recharge ces véhicules électriques, et que l’on calcule le coefficient de performance de l’ensemble de la chaîne : centrale électrique – lignes à haute tension – voiture électrique. Car la voiture elle-même ne bougera pas d’un centimètre sans batteries chargées. La propreté écologique douteuse des voitures électriques n’est pas un secret pour les gouvernements et les organisations supranationales qui les promeuvent.

Le confort de la voiture électrique est indéniable. Le conducteur dispose seulement d’un volant, de deux pédales, et les moteurs électriques sont également moins chers à l’entretien. Les révisions sont trois à quatre fois moins fréquentes que pour un moteur à explosion. En cas d’accident, le véhicule ne prendra pas feu, n’explosera pas, et au quotidien le moteur ne fait aucun bruit – ni à l’intérieur ni à l’extérieur du véhicule – ce qui crée, toutefois, un danger pour les piétons. C’est la raison pour laquelle on parle actuellement d’équiper les voitures électriques de sonneries, afin que les passants les entendent approcher grâce à leur mélodie.

D’après la législation de l’Union Européenne, l’émission de CO2 par les voitures fabriquées sur son territoire ne devra pas dépasser 130g au kilomètre en 2015, et 95g de CO2/km en 2020. Aujourd’hui, seuls les véhicules électriques peuvent afficher une émission de CO2 inférieure à 50g/km. Ils n’émettent même aucun gaz. Or, même les voitures hybrides les plus modernes n’émettent pas plus de 130g/km – mais le compte est encore loin des 50g/km. La fameuse Toyota Prius Hybrid émet, par exemple, 89g de CO2 par kilomètre.

L’annuaire de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), Key World Energy Statistics 2011, montre que l’électricité est obtenue principalement en brûlant du charbon – cette technique représente 40,6% de la production mondiale d’électricité. Le charbon est suivi par le gaz naturel (21,4%). Par ailleurs, la part d’électricité fabriquée par les barrages, qui ne demande aucune combustion, s’élève à 16,2%. Les centrales nucléaires produisent quant à elles 13,4% de l’électricité dans le monde et enfin, le pétrole atteint 5,1%. Les sources d’énergie renouvelables – les sources naturelles de chaleur, dont l’énergie géothermique, solaire ou éolienne, ainsi que le biocarburant et les déchets – représentent 3,3%.

En d’autres termes, 67,1% du courant électrique mondial résulte encore de la combustion d’hydrocarbures. Un peu plus, même, car si le biocarburant et les déchets font partie des sources d’énergie renouvelables, il faut tout de même les brûler pour obtenir de l’électricité. Il serait juste d’y ajouter les centrales nucléaires. Formellement, elles ne sont pas polluantes, lorsqu’elles sont intactes, mais les isotopes radioactifs des réacteurs de Tchernobyl, de Fukushima et de certaines autres centrales accidentées continuent jusqu’à aujourd’hui de circuler dans notre écosystème.

Bien sûr, toutes ces sources d’électricité « n’ozonisent » pas l’environnement. La question est de savoir dans quelle mesure l’essence des voitures est plus polluante. Seule différence, « le carburant » de la voiture électrique se produit en un point très éloigné et en soi, elle ne pollue donc pas l’air. Pour les grandes villes, ce genre de véhicules est donc une délivrance du point de vue écologique. Par contre, on ne prend pas en compte le problème de récupération et recyclage des batteries…ceci est encore une autre histoire !

En clair : un passage total à la voiture électrique n’allégera pas les souffrances des ours polaires face au réchauffement climatique mais l’air deviendra plus respirable dans les villes…

D’après un article de Sergueï Petoukhov

 http://2ccr.wordpress.com/2013/11/14/4900/

COMMENTAIRES  

19/11/2013 18:36 par rouge de honte

Une autre réflexion peut-être faite concernant les batteries.
En occident, nous ne possédons pas les minerais nécessaires à la fabrication de batterie.
Une quantité pharaonique de minerais est importée pour le moment à bon marché afin de subvenir à tous nos besoins : outillages, vélos, motos, voiture, jouet etc...
Le consommateur motivé par ses envies et sa fibre écologique achète tout et n’importe quoi !
Résultat des courses : les politiques sous-traitent les achats et délèguent le financement aux privés afin de créer une mine de recyclage bien occidentale cette fois-ci car ces minerais vont bien vite etre épuisés et il n’y enaura pas pour tout le monde.

19/11/2013 20:34 par Feufollet

Globalement le moteur électrique ne résout rien
A part quelques désagréments tels que le bruit et les émissions polluantes locales
Mais ça n’est pas la voiture individuelle qui est le problème
C’est son nombre, son surnombre, son envahissement généralisé
Ils n’y a guère que les plus démunis qui sont privés malgré eux, du droit licite de polluer à leur guise
Qu’à cela ne tienne, les chinois et les indiens travaillent pour la fabrication des autos à bon marché
Qu’on ne saura plus où les mettre quand elles nous inonderont
Mettez une auto dans votre salon, dans la rue il n’y a plus de place
Mettez une voiture dans votre lit, elle sont tellement belles et pimpantes
Et surtout, n’oubliez pas de mettre des petites voitures sous l’arbre de Noël pour vos enfants
Ils méritent bien aussi de devenir friands de mobilité individuelle
Mais le rêve des uns est déjà le cauchemar des autres et de tous
C’est plus le besoin de mobilité qu’il faut questionner
Que les moyens à donner à ce besoin déraisonné

21/11/2013 04:04 par Zarathoustra

L’innovation en matière d’économie d’énergie des automobiles est proche du zéro absolu, pire que cela si l’on considère les progrès technologiques en matière des rendements des motorisations & de leur propreté on assiste clairement à une régression.

Si l’on regarde la conception des automobiles actuelles, elles sont de plus en plus en plus lourdes, souvent de moins en moins aérodynamiques et chargées de composants parfaitement inutiles et couteux en poids comme en prix.

En concevant une petite voiture avec une coque en aluminium et des composants de carrosserie en aluminium et matériaux composites, en dessinant une carrosserie pas stupidement haute comme c’est souvent le cas aujourd’hui, en adoptant un équipement spartiate, comme pas de lève-vitres électriques mais mécaniques beaucoup plus légers, fiables et bon marché, pas de climatisation énergivore et inutile, le minimum en matière d’électronique de bord, (gestion moteur et freinage uniquement) etc. et en la dotant d’un petit moteur moderne à très haut rendement, comme un 3 ou 4 cylindres essence à injection directe, une distribution sophistiquée variable à 4 soupapes par cylindre et 2 ACT on pourrait avoir des consommations sans aucun rapport avec ce qui se fait actuellement. (Un bon freinage moderne pour finir qui bénéficierait aussi de la diminution du poids par la même occasion, comme l’usure des pneumatiques également)

En plus l’aluminium c’est réutilisable, on n’en manque pas, et ça peut très bien bien répondre aux normes de sécurité s’agissant des chocs si c’est bien conçu.

Une petite voiture comme ça pèserait dans les 500 Kg à tout casser et avec un moteur d’un litre de cylindrée sophistiqué aurait d’excellentes performances, une consommation consécutivement minimale et ne couterait pas plus cher que les modèles actuels.

Il a 30 ans déjà des petites voitures à carrosserie en acier ne pesaient pas plus de plus de 750 Kg et avec un petit moteur d’un litre archaïque avaient des performances très honorables...

Les constructeurs ne font rien pour faire des voitures propres et économiques !

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