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« Je ne crois pas que le changement de société se fera sans violence »

Xavier Mathieu (avec Reporterre)

Xavier Mathieu, ouvrier engagé dans une dure lutte naguère à l’usine Continental, est très présent à Nuit debout. Il analyse le mouvement, la situation globale, et la question de la violence.

Reporterre — On t’a croisé plusieurs fois à Nuit debout. Quel regard portes-tu sur ce mouvement ?

Xavier Mathieu — Je viens regarder, écouter, voir comment cela se passe. Par moment, je trouve cela sympa, par moment, il y a beaucoup de bla-bla. Mais c’est la construction d’un mouvement, il faut du temps pour s’organiser. L’ensemble est surprenant, même les discussions des gamins. On a toujours tendance à penser que les jeunes se moquent de ce qui se passe, mais j’ai été surpris par

certaines discussions. C’est bien d’être surpris dans ce sens là ! J’aime aussi le côté divers des gens qui y sont, même si ce n’est pas ouvert à tout le monde. Par exemple, quand Finkielkraut s’est fait virer, c’était normal. Il n’avait rien à y foutre ! C’est comme si Strauss-Kahn allait à un congrès de Ni putes ni soumises, il ne serait pas le bienvenu. Finkielkraut est un islamophobe notoire. Il n’a rien à foutre à Nuit debout .

Pour s’organiser, il faut de l’intellect et un peu de violence de temps en temps ! Les gens se joignent aux intermittents qui peuvent éventuellement se joindre aux taxis. On a vu, il y a trois jours, des taxis venir place de la République. Cette coordination des luttes est importante, parce que le but du pouvoir, le but du capitalisme, est justement de diviser les gens, de leur faire croire que leur ennemi est l’étranger, que le profiteur c’est le mec qui est au RSA. Aujourd’hui, la tendance est de chercher un bouc émissaire : un coup, c’est les migrants, un coup les roms, un coup les musulmans, les salauds de RSA, les intermittents, etc. Ce qui est bien dans ce mouvement, c’est qu’il met dans la tête des gens que notre ennemi commun, c’est le capitalisme, la finance.

Nuit debout cherche-t-elle nettement à lutter contre le capitalisme et le système financier ?

Le mot d’ordre que j’entends beaucoup depuis que j’y viens, c’est « non à la loi El Khomri et au monde qu’il y a autour ».

Pour tout le monde ? Il y a beaucoup de curieux. Les gens ne sont-ils pas attirés par l’idée qu’« on discute, on parle, on fait démocratie », en oubliant la radicalité de cette critique ?

Il faut les deux. Il y a des gens qui viennent pour discuter, d’autres qui viennent pour des actions. Justement, Nuit debout ne chasse pas ceux qui acceptent un peu plus la radicalité. C’est vachement important. Par exemple, nous, dans le conflit Continental, cela a été très fort. Les médias n’ont pas pu diviser les gens dans notre conflit quand il y a eu le saccage de la sous-préfecture, ils sont allés parmi les mille personnes qui étaient là afin d’essayer d’en trouver une ou deux pour critiquer cette action. Ils n’ont pas réussi à en trouver une seule. Nuit debout, ce n’est pas seulement des gens qui discutent au milieu d’une AG, c’est aussi des actions.

À Nuit debout, on entend souvent des positions « antipartis », « anti-institutions » : qu’en penses-tu ?

Ce n’est pas grave cela. Tout ce qui est drapeau ou sigle, tout ce qui divise les gens, je m’en fiche.

La convergence se fait difficilement entre les syndicats et Nuit debout. Pourquoi ?

En 1936 et en 1968, ce ne sont pas les syndicats qui ont lancé les mouvements. En 36, ils ont fini par suivre parce qu’ils voyaient que cela prenait de l’ampleur. Mais la CGT n’a pas de programme de société. Si demain il y a deux millions de personnes dans la rue, ils vont faire quoi ? Après, il y a la bureaucratie syndicale. Les directions syndicales renâclent. Ils n’étaient pas venus non plus défendre les Goodyear, les Conti. Ce sont des structures qui aiment qu’on leur donne le pouvoir ! En gros, elles disent : « On vient, mais c’est nous qui commandons. » Mais j’ai entendu dire qu’au congrès de la CGT, qui vient de se tenir à Marseille, il y a eu une forte pression des militants pour que la CGT appelle à la grève reconductible. Il y a très longtemps qu’on n’a pas vu cela.

Si la loi El Khomri était retirée ou substantiellement remise en cause, ne serait-ce pas la fin de la mobilisation et de Nuit debout ?

Je ne suis pas sûr. Mais pour que Nuit debout passe un cap, il faudrait changer d’endroit ! Il faudrait faire Nuit debout devant les dépôts d’essence, devant des endroits stratégiques, et bloquer l’économie ! Cela serait autre chose qu’une place publique. Pour l’instant, tu as beaucoup de gens qui viennent critiquer la société, ses dérives. Mais y a-t-il un projet de société ? Tant que les gens en face n’auront pas peur de tout perdre, ils ne lâcheront rien du tout.

Votre lutte à Continental a été une des plus marquantes, ces dernières années. Pourquoi n’y a-t-il pas plus de luttes ?

Tu regardes les AG à Nuit debout, il y a 95 % de blancs. Almamy Kanouté a fait une super déclaration, il a tout dit : tant que les Nuits debout ne feront pas le lien avec les banlieues, il n’y a aucune chance que ceux du pouvoir et de la finance aient peur.

Pourquoi les banlieues ne viennent-elles pas ?

Nos jeunes n’ont pas eu d’instruction politique. Quand j’étais gamin, c’était la gauche, la vraie gauche, on parlait de cela tout le temps, mon père parlait de cela tout le temps. Il y avait une culture politique dans les foyers. Aujourd’hui, les jeunes n’ont pas été habitués à des discours politiques. Ils n’ont pas été éduqués là-dedans. L’éducation politique est hyper importante. Elle n’est pas là du tout dans les banlieues, et c’est pareil pour les ouvriers.

Pas de culture politique, il faut bosser, la télé... Rien ne peut plus bouger, alors ?

Je n’en sais rien. Un jour, un mec m’a raconté une histoire. Ils étaient trois ou quatre cents dans une boîte. Le patron leur avait demandé de baisser leur salaire, leurs primes, de travailler plus, de réduire les pauses. Les mecs avaient tout accepté sans rien dire. Accepté, accepté, accepté... Un jour, en fin d’année, le patron a annoncé qu’il n’y avait pas eu d’accident de travail pendant un an et, pour les remercier, il leur a offert un porte-clés ! Il y eu sept semaines de grève ! Les mecs se sont mis en colère. Une étincelle, des fois, tu ne comprends pas. Les mecs, ils en ont pris plein la gueule pendant des années, ils ne vont pas bouger. Et là, ils bougent pour une connerie !

Les Panama Papers auraient dû être un élément déclencheur. Les gens auraient dû sortir dans la rue, se révolter et dire : « Cela fait des années que vous nous dites que le problème, c’est que les gens touchent trop de RSA, trop de salaires ! » La vérité, elle est là : tu as vingt milliards de trous cumulés dans toutes les caisses sociales, et dans les paradis fiscaux, il y 80 milliards !

Nuit debout n’est donc pas le Grand Soir ?

Ah non ! C’est une éjaculation, le Grand Soir, un orgasme. On n’en est plus là. Si ça n’a pas explosé il y a trente ans, à l’époque où il y avait 30 % de communistes... Nous, on était bercé là-dedans, mais aujourd’hui, les jeunes n’y sont plus du tout.

On a perdu des batailles, il faut l’accepter et sortir du truc. C’est ce qui me fait chier dans les mouvements d’extrême-gauche : ils sont encore là-dedans. Il faut arriver à se mettre autour d’une table et lâcher certaines choses.

La question de la violence traverse le mouvement Nuit debout, quel regard portes-tu sur cette question ?

Le 9 avril, j’étais avec les jeunes à la manifestation où il y a eu plein d’arrestations. Il y avait bien des provocateurs, mais ils étaient en bleu, avec des matraques, des lacrymogènes... Je me suis pris des coups de matraques et des charges dans le dos, alors qu’on ne faisait strictement rien.

À Continental, quand on faisait une manif, on était mille dans le cortège et on n’a jamais croisé un CRS. Là, pour les manifs étudiantes, il y a des cordons entiers de CRS pour les encadrer. Comment veux-tu que les jeunes n’aient pas envie de leur balancer des cailloux à la gueule ? C’est de la provocation pure.

Comme à Odéon, il y a deux jours : en arrivant de la manif des intermittents, du côté du ministère du Travail, on était 600 ou 700, à pied, avec une banderole. Les CRS avaient des bombes et des lacrymo. Ils nous ont matraqués à bout portant, on n’avait rien d’autre qu’une banderole dans les mains. On s’est fait gazer alors qu’il n’y a eu aucune bousculade. Rien.

Sincèrement, la violence, depuis le début, elle est du côté des CRS. Nous, ce n’est qu’une réplique. Et pour moi, l’État fait une connerie. Parce que, petit à petit, les mecs viennent en effet avec des masques, avec des lunettes de protection, avec des cailloux dans les poches, avec des matraques... Normal, ils ne vont pas continuer à aller dans les manifs et se faire matraquer la gueule sans arrêt, sans réagir.

Et puis, aussi, j’ai vu des mecs broyer des vitrines et passer derrière, dans des ruelles, et remettre le brassard de police pour rentrer ensuite dans le cortège. Je l’ai vu.

À Paris ?

Oui.

Récemment ?

Non. Dans d’autres manifestations, avant. Mais ça existe encore aujourd’hui. Comment expliquer que, lorsque l’État organise une énorme manifestation après Charlie, avec plus d’un million de personnes, il n’y a pas une seule vitrine de cassée — pas une ?! Et comme par hasard, quand ce sont des manifs contestataires, il y a des casseurs qui brisent des vitrines...

Il y a une instrumentalisation, selon toi ?

À Odéon, c’est ce que je me suis dit : en face, c’est ce qu’ils veulent. Parce que, de toute façon, ils ont les médias avec eux. Et puis, on ne peut pas dire que les gens soient les plus courageux du monde quand ils entendent que ça pète.

Tu vois, le gamin qui s’est fait matraquer la gueule par le CRS [1], je le dis haut et fort, c’est une tentative de meurtre. On voit bien qu’il le relève, ce gamin de 15 ans, avant de lui mettre un crochet, avec une manchette de protection, dans la mâchoire, du bas jusqu’en haut... Tu peux lui péter les cervicales. C’est une tentative de meurtre.

Et pourtant, les médias n’en ont pas fait autant qu’avec le cadre d’Air France et sa chemise arrachée, avec des images qui ont fait le tour du monde pendant plus d’une semaine !

Certains revendiquent toutefois l’usage de la violence comme un mode d’actions parmi d’autres au sein de Nuit debout.

La violence, il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Mais elle n’est pas de notre côté. Ce qui est rendu n’est rien à côté de ce qu’on prend. Cette loi El Khomri, si elle passe demain, ce sera une catastrophe. Cette loi dit que ton patron peut venir te demander d’accepter une baisse de salaire, sinon, il te licencie. Il a le droit de te licencier pour une raison économique, et derrière, les indemnités sont plafonnées... Vous savez ce que cela cache ? Uniquement la baisse des salaires.

Ils ont même été jusqu’à virer les visites médicales annuelles, dans la loi El Khomri. Avant, il y avait au moins un médecin qui pouvait surveiller les gens. Il y a quand même plein d’exemples de cancers ou de maladies qui ont été découverts dans les entreprises. Les visites médicales servaient à ça, à l’usine.

Alors, pour ce qui est de la violence, il n’y en a pas encore assez. Je ne crois pas que le changement de société se fera sans violence. Parce que les autres en face, ils ont ce qu’il faut.

Cette loi El Khomri vient d’un mec qui s’est fait élire en disant que son ennemi était la finance. Et la première personne qu’il a placé au ministère de la Finance, c’est Cahuzac, qui avait un compte caché en Suisse... Et celui qui arrive derrière vient de la banque Rothschild ! Si ça ne veut pas dire qu’il se fout royalement de notre gueule...

Y a-t-il un sentiment de révolte, aujourd’hui, en France ?

On en est loin. Beaucoup de Français s’imaginent encore qu’ils ne sont pas concernés. Je serais tenté de dire qu’on est dans la servitude volontaire. Il y a un gros boulot à faire d’initiation : les gens regardent BFM TV, La Nouvelle Star, Cyril Hanouna...

Je suis à la fois pessimiste et optimiste, parce que je crois en l’homme. L’être humain est capable de solidarité. Je reste optimiste parce que je crois qu’un jour, il y aura une étincelle. Ça va bouger, mais pas forcément quand on s’y attendra.

Xavier Mathieu

- Propos recueillis par Barnabé Binctin et Hervé Kempf pour Reporterre

Xavier Mathieu était le délégué syndical de la CGT de l’usine Continental AG de Clairoix (Oise), où un dur conflit social s’est poursuivi en 2009 et 2010. Il est aujourd’hui comédien.

Le dossier de Reporterre sur Nuit debout

Nuit debout s’interroge sur la violence
« L’attitude des forces de l’ordre est irresponsable »

[1] Revoir la vidéo de cette violence policière.

 http://reporterre.net/Je-ne-crois-pas-que-le-changement-de-societe-se-fera-sans-violence

COMMENTAIRES  

01/05/2016 10:26 par macno

J’ai failli arrêter la lecture de cet article à ce niveau :
« Par exemple, quand Finkielkraut s’est fait virer, c’était normal. Il n’avait rien à y foutre ! »
j’aurais du...

01/05/2016 11:51 par D. Vanhove

Excellente analyse de qq’un que l’on sent directement impliqué, sachant bien de quoi il parle et non d’un "expert" qui observe tout cela planqué depuis les fenêtres de ses bureaux...

quant à la violence dont il est question, je crains que X. Mathieu n’ait raison... le Pouvoir fait tout pour qu’elle émerge... et si à ce jour, la majorité de celles & ceux qui sont à Nuits Debout ne veulent pas y souscrire, d’autres plus déterminés risquent bien d’y songer et commencer à s’organiser pour en découdre avec les délinquants en uniforme en face d’eux...

01/05/2016 15:59 par Autrement

Xavier Mathieu, un vrai personnage à la Ken Loach... Merci pour ce 1er mai !

01/05/2016 16:13 par Jean Cendent

Merci, Le Grand Soir pour ce très bon article

Si demain il y a deux millions de personnes dans la rue, ils vont faire quoi ? Après, il y a la bureaucratie syndicale. Les directions syndicales renâclent. Ils n’étaient pas venus non plus défendre les Goodyear, les Conti. Ce sont des structures qui aiment qu’on leur donne le pouvoir ! En gros, elles disent : « On vient, mais c’est nous qui commandons. »

Exemple : Thé 1336 ( ex Fralib) des militants de « bases » qui prennent leurs vies et leur entreprise en main ( leurs directions syndicales les ont elles aidé à y parvenir ? )
Thé 1336 est l’exemple actuel de ce qu’était le projet de la CGT d’avant la 1er guerre mondial ( la fameuse Der des Ders qui tua les prolétaires et les sous-prolétaires de tous pays ) pour notre société, soit un syndicat « révolutionnaire » sans noblesses hiérarchiques qui écrasent ses militants ( car ce sont des structures qui aiment qu’on leur donne le pouvoir ! Dixit, Xavier Mathieu ) comme le capitalisme qui nous écrase.
La CGT 1906 Charte D’Amiens
« La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat ». {{}}

Mr Xavier Mathieu puissiez vous garder le même esprit critique dans votre nouveau métier où les requins sous des apparats plus colorés n’en sont que plus dangereux .
Merci . ( un haillon-prolétaire condamné d’avance par frère Marx )

Une lueur d’espoir :

Mais j’ai entendu dire qu’au congrès de la CGT, qui vient de se tenir à Marseille, il y a eu une forte pression des militants pour que la CGT appelle à la grève reconductible. Il y a très longtemps qu’on n’a pas vu cela.

01/05/2016 16:41 par amar

Pour ce qui est des jeunes de banlieue et leur détournement de la chose politique c’est avant tout l’échec des associations sur le terrain .Je le dit en toute franchise ils sont a la botte du PS et joue perso. Quand je lis des inscriptions comme < pas de bobos dans nos quartier> croit il que c’est dans la division qu’ils obtiendrons quelque chose ?
Nos jeunes en banlieue sont pris en otage par des lignes politiques et autre communautarisme pervers et je sais de quoi je parle.

02/05/2016 10:55 par macno

@ Autrement
« Xavier Mathieu, un vrai personnage à la Ken Loach... » ? Je suis d’accord.
Avec mon commentaire, "pour ne pas en dire plus", j’ai moi aussitôt pensé que c’était le 1er Mai et que ce n’était peut-être pas le moment....
Ça fait bien longtemps que je n’ai pas vu un film de Ken Loach, et d’ailleurs tout simplement un film de fiction. La fiction ne peut être par définition que du "cinéma", sauf quand elle devient si proche de la réalité, comme « les raisins de la colère », qu’elle finit par faire oublier qu’à son époque elle fut peut-être décriée comme étant loin de la réelle/réalité, qui sait ?
Tout comme l’est cet interview, du cinéma, avec pas mal de "coups cinématographiques dans le sens du poil des spectateurs", et donc inévitablement simplificateurs. Je n’en ferai pas la liste, pourtant si on s’y attarde il y aurait là "à boire et à manger"...
Finkielkraut je le ressens pathétique, hors de la réalité et enlisé dans ses raisonnements qui me hérissent moi aussi au plus haut point, mais absolument pas comme un ennemi...Il n’est écouté que par ceux qui veulent bien l’entendre, ou inversement. Mais les tranchées sont creusées. Il ne faut pas demander aux combattants de les dénigrer : « Il n’avait rien à foutre à Nuit debout. », point. Personne ne se pose la question du "pourquoi donc est il venu ?", la réponse (comme la question) ne pourrait pas être écoutée.
Xavier Mathieu en est toujours au cinéma "noir et blanc", il faudrait lui signaler que depuis longtemps on est passé à la couleur, comme les révolutions de ce nom...
« salut, salut à vous braves soldats du 17ème,
salut, salut à vous, chacun vous admire et vous aime,
vous auriez en tirant sur nous, assassiné la République... »

Quand on parle de changer la Société avec violence, faudrait faire gaffe à ce que l’on réveille : il n’y en a plus bézef de "soldat du 17ème" vous savez.
Il serait peut-être préférable d’écouter amar, avant qu’il ne soit (plus que) trop tard :
« Pour ce qui est des jeunes de banlieue et leur détournement de la chose politique c’est avant tout l’échec des associations sur le terrain. Je le dit en toute franchise ils sont à la botte du PS et jouent perso (...).
Nos jeunes en banlieue sont pris en otage par des lignes politiques et autre communautarisme pervers et je sais de quoi je parle
. »

02/05/2016 19:03 par Palamède Singouin

@ macno

Quand on parle de changer la Société avec violence, faudrait faire gaffe à ce que l’on réveille : il n’y en a plus bézef de "soldat du 17ème" vous savez.

C’est plus un constat qu’un souhait. Et dans le cas de Mathieu, il résulte de son expérience personnelle (la lutte des Conti). Il s’est souvent exprimé sur la nécessité du recours à la violence pour que la ploutocratie dominante daigne s’intéresser aux revendications de "la plèbe".

Toute l’Histoire lui donne raison : existe-t-il un exemple de changement social qui ne se soit fait sans violence ?

Vous avez toutefois raison de souligner que "des soldats du 17°, il n’y en a plus bézef". On en serait plutôt aux soldats du 16° (arrondissement), flics et militaires majoritairement gagnés aux idées de l’extrême droite, version contemporaine des troupes versaillaises de Galliffet. Et ça, c’est un sujet que les révolutionnaires actuels répugnent manifestement à évoquer.

03/05/2016 12:02 par Autrement

À lire impérativement sur un blog de médiapart (adresse trouvée dans les tweets de Politis) , ICI.
Titre : "1er mai : « cette journée a été un bain de sang » : 2 mai 2016, par jean-Pierre Anselme blog : ’à l’abordage’ ! Voilà le témoignage d’une membre de l’équipe médicale Street Medic (qui intervient sur les manifestations et la ‪Nuit debout‬) à propos des violences policières et de la solidarité des manifestants lors de la manifestation du 1er mai à Paris."
Il est clair que si violence il y a, c’est avant tout celle de "l’ordre" capitaliste : on connaît depuis au moins mai 68 (pour ma génération) le cycle classique manifestation-provocations-répression, et on sait que les provocateurs, - souvent "en mission" comme X. Mathieu et d’autres l’ont vu de leurs propres yeux -, provoquent justement les violences en vue de la répression, pour faire peur, pour que la télé étale le spectacle ; et en l’occurrence, la première provocation vient des élucubrations de l’Euro-Medef, et des ordres du ministre de l’intérieur.
Donc cette violence-là, il faut s’attendre à l’affronter. Même Gandhi a eu un mot à ce sujet. Mais ce qu’il y a surtout d’’intéressant et de précieux dans le témoignage cité plus haut, c’est qu’on voit que face à cette violence, la solidarité et l’entr’aide entre les manifestants se sont trouvé renforcées.

03/05/2016 14:17 par Palamède Singouin

@ Autrement

La citation de Gandhi est la suivante : « Là où il n’y a le choix qu’entre lâcheté et violence, je conseillerai la violence." »

03/05/2016 17:26 par Jean Cendent

Bonjour,
Pauvre Finkielkraut, « Finkielkrôde » ( oui ! c’est mauvais ) lui le banni des médias dominants comme tout bon dominé .
Bougera-t-il les lèvres pour que chaque personne ait le même tarif de bannissement de temps de paroles sur les médias que lui ? Ou s’essuie-t-il la bouche après avoir mangé à tous les râteliers. ( pour les addicts, lire biographie, du maoïste au colonialiste / mon oeuvre, ma vie, ma France )
Xavier Mathieu ne connaît rien des violences policières d’un état, même bourgeois , il est complètement hors sol ( l’action direct de la lutte des Conti, c’est du pipeau )
Le cinéma quelle affreuse chose en noir et blanc ou en couleur, bientôt interdit comme la musique de mauvais goûts ?
Amen, suivons la parole des ayatollahs Khomeini ou comédie ?
Enfin les goûts et les couleurs ..... Ah ben tiens ! Question goût et couleur, bien ! La 2eme affiche : STOP à la Repression ! De la CGT ( les mauvaises langues vont dire que c’est rien que de la pub , de la com’, etc... hein ! Ma pauvre dame...c’est pas la France ça.... les CRS....non, c’est que de la faute de la maudite Europe..... et des yankees....CRS Boys Boys.... CRS US.... )
http://infocomcgt.fr/affiches/item/affiche-loi-travail-stop-%C3%A0-la-r%C3%A9pression

04/05/2016 15:44 par Christophe

L’éducation politique, c’est nous-même aussi qui l’avons ruinée. Des communistes ou cgtistes en salopettes bleues qui n’ont d’autre horizon que le boulot 40 heures par jour dans des usines tristes dont ils seraient devenus les propriétaires, çà peut pas faire rêver.
Par contre aujourd’hui comprendre et expliquer ce qu’est le capitalisme, un état de crise qui ne peut qu’empirer de jour en jour, ce que nos aîeux communistes n’avaient pas encore compris, parce que le temps a passé et que la crise s’est développée, nous montrant mieux les choses, comprendre le capitalisme, donc c’est essentiel. Quand on sait ce que c’est on comprend qu’on a rien à faire au FN ou malheureusement vont maintenant des gens intelligents, des gens qui auraient du réussir dans le boulot, ce qui n’est plus possible…
La parlotte est importante aussi, elle mène à l’action.

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