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Inconséquences

Le débat qui s’est engagé au sujet de la possibilité, ou non, de constituer des « fronts » dans la lutte contre le système politique qui s’est constitué autour de l’Euro révèle les inconséquences d’un certain nombre d’intervenants. Ces inconséquences peuvent se situer au niveau de l’analyse, comme elles peuvent se situer au niveau de l’action politique. Ces inconséquences désarment ainsi les courants d’idées et les courants politiques, qui sont engagés dans le combat contre l’austérité et l’Euro.

Inconséquences analytiques

La première de ces inconséquences vient du fait de considérer l’Euro seulement comme une monnaie, et donc de n’aborder la question que sous l’angle économique. Non que ce dernier ne soit important. Les conséquences économiques de l’Euro sont pour certaines, immédiates et directes sur la croissance et le niveau d’activité économiques. Ce qui joue le rôle déterminant est ici le fait que l’Euro fonctionne en réalité comme un système de parités fixes entres les différentes économies, comme l’ancien étalon-or. Le système de l’étalon-or avait eu des conséquences catastrophiques dans les années 1930, et l’Euro a les mêmes conséquences aujourd’hui. Mais, ces conséquences viennent aussi de l’influence prise par la financiarisation qui a pris un nouveau tournant avec la mise en place de l’Euro. Ces conséquences là sont indirectes mais sont effectivement importantes. La crise de 2007-2008 n’aurait ainsi pas eu les mêmes conséquences en Europe sans l’Euro. La dimension simplement économique des conséquences de l’Euro pourrait donc justifier que l’on se prononce contre. Mais, c’est s’aveugler gravement que de ne pas voir que les implications de l’Euro vont bien au-delà de ces seuls faits.

L’Euro est un projet politique. Pour les promoteurs de la monnaie unique, et il ne s’en sont jamais cachés, il s’agissait de faire subir à l’Union européenne un saut décisif vers le fédéralisme, mais de le faire de manière implicite, sans jamais demander une validation démocratique dont ces mêmes promoteurs pressentaient qu’elle serait refusée. La nature antidémocratique du projet est inscrite dans ce dernier dès l’origine. Il s’agissait donc, dans l’esprit de ces promoteurs, de faire basculer de manière décisive les règles et les méthodes de gouvernement pour les pays qui l’adopterait. L’Euro, ce n’est donc pas seulement des institutions explicites comme la Banque Centrale Européenne ou implicites comme l’Eurogroupe. C’est aussi un principe de gouvernement qui, du fait des conséquences économiques de l’Euro s’affirme sous la forme d’une évidence progressivement à tous ceux qui l’acceptent. Elle les amène, ou les contraints à accepter, le démantèlement de l’ensemble des institutions sociales, qu’il s’agisse des différentes mesures prises depuis 1945 ou du Code du travail. L’Euro est donc à l’origine de la grande régression qui est en train de se produire sur le terrain social. Mais, l’Euro fonctionne aussi comme un cadre qui vide la démocratie de son contenu, et progressivement de son sens.

On peut voir, à partir de l’Euro, se matérialiser l’idée d’un gouvernement par les règles, gouvernement qui est celui des « experts » anonymes, de ces personnes grises et irresponsables qui exercent aujourd’hui une réalité de plus en plus importante du pouvoir. Ce principe de gouvernement constitue la plus formidable subversion de la démocratie auquel on ait assistée depuis 1945 [1]. C’est la raison fondamentale de l’assaut frontal contre la souveraineté populaire et contre la démocratie auquel on a assisté lors de la crise grecque de juin et juillet dernier. Ce gouvernement par les règles est consubstantiel avec l’influence de ce que l’on appelle le « néo-libéralisme » [2]. Il va bien au-delà du simple ordo-libéralisme promu par l’Allemagne [3]. C’est commettre une erreur que de limiter la réflexion à ce seul aspect. L’ordo-libéralisme n’est que la forme particulière prise à un moment donné par ce gouvernement par les règles. Si le principe même du gouvernement par les règles impose de prendre des distances avec l’ordo-libéralisme, il convient de savoir que le système le fera sans remords ni regrets. L’Euro est en réalité une manifestation de ce que Michel Foucault appelait la « biopolitique », c’est à dire la disparition de la politique derrière des principes pseudo-naturels [4].

La nature éminemment politique de l’Euro constitue ses institutions, explicites ou implicites, en une totalité qui fait système. Il est donc profondément inconséquent de réduire la question de l’Euro à des questions économiques, aussi juste soient-elles, ou à des questions sociales.

Inconséquences analytiques (2)

Mais le problème des analyses inconséquentes de l’Euro ne s’arrête pas à la réduction de ce dernier au simple domaine économique ou social. Elles proviennent aussi du refus, ouvert ou inavoué, d’affronter les conséquences politiques et systémiques de l’Euro.

Dire que les institutions de la monnaie unique, que les institutions de l’Union Economique et Monétaire, sont un tout qui fait système a des implications directes et immédiates sur l’analyse que l’on doit avoir de la place de l’Euro. Remettre en cause l’Euro apparaît comme une remise en cause de l’ensemble des structures politiques de l’Union européenne. D’où, d’ailleurs, les crispations au-delà du rationnel de la part de ses partisans. Mais il y a une vérité ici. Si l’Euro éclate, il ne sera plus possible de faire la même Union européenne. Un éclatement de l’Euro entraînerait une crise profonde non seulement des institutions existantes, mais aussi de la dynamique politique que l’on a voulu mettre en place depuis le traité de Maastricht de 1993.

La question qui se pose alors est de savoir si cette dynamique pourrait encore présenter quelque chose de positif. Si on répond par la négative à cette question, un point dont je suis convaincu depuis 2005 depuis le rejet du projet de constitution européenne et le déni de démocratie qui suivit [5], on constate que toute possibilité de reconstruire dans le futur une forme de coopération entre les pays européens qui s’avère propice au progrès et à l’espoir pour les peuples de l’Europe, passe justement par la destruction de ces institutions, et du projet dont elles sont à la fois issues mais aussi porteuses. De cette constatation, il découle que lutter contre l’Euro c’est en réalité lutter pour quelque chose de bien plus vaste qu’une « simple » monnaie unique. Les enjeux de cette lutte dépassent considérablement la simple question monétaire. D’ailleurs, on ne s’est jamais étripé sur des points techniques ou économiques. C’est ce que ne comprennent pas certains qui s’avèrent incapables, pour une raison ou une autre, d’aller au bout du raisonnement. A vouloir limiter les enjeux aux simples dimensions économiques et techniques (qui existent bien par ailleurs) ils tiennent des discours désincarnés, sans rapport avec la réalité. Il est inconséquent de reconnaître les implications non-économiques de l’Euro et de refuser d’en tirer les conséquences quant au statut de la lutte contre l’Euro aujourd’hui. Il est, de même, inconséquent de reconnaître la centralité de la lutte contre l’Euro et de ne pas en penser les moyens.

Il vient un moment où le clerc doit sortir de sa tour d’ivoire, mais sans renoncer à son état de clerc. Et, l’une des conditions à cela est justement d’être capable de sortir de « l’entre soi » et de se frotter à l’autre, au risque de se piquer. De ce point de vue la volonté de garder à tout prix ses mains propres est plus révélatrice d’un narcissisme exacerbé que de tout autre chose.

Inconséquences politiques

Il n’y a pas que dans l’analyse où l’on trouve des positions inconséquentes. De fait l’inconséquence politique existe aussi, et elle est en réalité bien plus grave que l’inconséquence analytique.

La crise grecque fut-elle une simple péripétie ou a-t-elle constitué un point de rupture, une césure séparant une période d’une autre ? De très nombreux analystes pensent que nous sommes entrés dans une nouvelle phase avec les événements de juin et juillet 2015, et ils ont raison. L’assaut brutal mené par les institutions européennes contre un Etat souverain, l’absence de toute négociation réelle, et le déni de démocratie qui en a résulté ont bien provoqué un changement brutal des représentations à l’échelle européenne. On peut dire, et ce n’est pas faux, que l’ensemble des éléments conduisant à ces actes d’une brutalité inouïe étaient déjà en place en Europe depuis plusieurs années, et que certaines des méthodes avaient été employées contre le gouvernement chypriote en 2013. Mais, le niveau de violence, qu’elle soit symbolique ou réelle, le mépris affiché pour des actes démocratiques, ont franchi une nouvelle étape. Surtout, la représentation de ce qui se passait a eu un très large écho non seulement en Grèce mais dans toute l’Europe. On peut considérer que c’est le changement au niveau des représentations politiques qui a été réellement décisif. L’emploi de mots comme « trahison », « capitulation », ou « résistance », mots dont ont usé quasiment tous les commentateurs politiques, indique bien que quelque chose de décisif s’est produit tant en Grèce qu’à propos de la Grèce. Une accumulation quantitative se transforme en un changement qualitatif. Nous en sommes là.

A une nouvelle période correspond de nouvelles taches. Si la nature des objectifs reste la même, la disparition de l’Euro compris comme clef de voute d’un système profondément anti-démocratique fonctionnant au sein de l’Union européenne, la configuration politique nécessaire change. Elle impose désormais la constitution de « fronts », allant au-delà des alliances traditionnelles. C’est la constatation faite par Stefano Fassina [6], que j’ai reprise, et qui fut aussi reprise par un certain nombre d’acteurs. Cette notion de « fronts » impose, aux uns et aux autres de sortir de « l’entre soi ». Car, si une alliance repose sur de larges points communs, la dynamique des « fronts » réduits ces points communs au strict indispensable pour atteindre aux objectifs visés. Ne pas comprendre que le changement dans la situation politique impose un changement dans les formes d’action politique est justement une forme de cette inconséquence politique.

Mais, même chez des dirigeants politiques qui, semblait-il, avaient compris le sens de la nouvelle situation, on n’est pas à l’abri de formulations inconséquentes. Ainsi, chercher à revenir en arrière, comme l’a fait Eric Coquerel lors de la discussion que nous avons eu le jeudi 28 août sur « Arrêts sur Image », commencer à nier qu’une rupture se soit produite pour finir par l’admettre du bout des lèvres, c’est aussi une grave inconséquence politique. Que le Parti de Gauche veuille se coordonner avec d’autres formations européennes de la gauche radicale sur ce qu’il appelle le « plan B » se comprend parfaitement. Qu’il limite cette coordination à cette seule aire politique, qu’il ne pose pas la question d’une coordination allant au-delà de son aire politique traditionnelle, revient à refuser de traduire dans les actes les conséquences du changement de période. Or, la nouvelle période rend l’entre soi suicidaire.

La question des rapports avec des forces n’appartenant pas au même arc politique que le sien est donc posée. Car, on pressent bien qu’aucune force à gauche ne pourra atteindre par seule croissance interne ou par des alliances avec des proches la masse critique nécessaire pour se hisser au niveau des responsabilités de la période. Cette question n’est pas posée sans principes, et le premier doit être la vérification d’une compatibilité minimale des objectifs ce qui aboutira à exclure certaines forces, aujourd’hui le Front National. Mais, cette question ne doit pas être posée sans implications pratiques et concrètes. De ce point de vue, l’attitude du Parti de Gauche qui reconnaît par une main ce changement de situation, mais qui cherche à en limiter les conséquences de l’autre, pose un véritable problème. Et ce, d’autant plus, que les choses bougent par ailleurs. La présence de Jean-Pierre Chevènement à l’Université d’été de Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan, le samedi 29, août est significative. Que Jean-Luc Mélenchon refuse de faire tribune commune avec Nicolas Dupont-Aignan, comme il avait été entendu il y a quelques jours montre que le sectarisme continue de polluer l’action politique. Car, tout le monde comprend que Mélenchon et Dupont-Aignan n’ont pas les mêmes idées sur bien des terrains, et peuvent même s’opposer de manière très violente l’un à l’autre. Mais, ce qu’impose cette nouvelle période dans laquelle nous sommes entrés est que l’on vérifie la possibilité d’un accord sur la question de l’Euro, c’est de savoir si des dirigeants politiques sont capables de discerner ce qui relève de la « cuisine » politique et ce qui relève de l’intérêt général. Laisser au sectarisme le choix du calendrier, c’est une troisième forme d’inconséquence politique.

Le problème, ici, est que l’accumulation des inconséquences, que ce soit celles des analystes et des intellectuels dont certains semblent plus préoccupés de leur virginité politique que du bien commun, ou que soit celles des dirigeants politiques, aura un coût politique énorme. Ces inconséquences empêchent aussi d’éduquer militants, adhérents et sympathisants aux taches qui se profilent et risquent fort de ne laisser le choix qu’entre l’impuissance totale ou la véritable confusion des motifs, car aucune limite ne sera plus possible alors. De ce point de vue, il est urgent de se remettre à faire de la politique dans le sens le plus noble de cette dernière.

Jacques Sapir

[1] Voir Sapir J., Les économistes contre la démocratie, Paris, Le Seuil, 2002.

[2] Denord F., Néo-libéralisme version française, histoire d’une idéologie politique, Paris, Demopolis, 2007

[3] Dont les racines sont étudiées dans Friedrich C-J, « The Political Thought of Neo-Liberalism », American Political Science Review, 1955, 49/2, pp. 509-525.

[4] Foucault M., Naissance de la biopolitique, Paris, Gallimard/Seuil, 2004.

[5] Sapir J., La fin de l’eurolibéralisme, Paris, le Seuil, 2006.

[6] Voir http://russeurope.hypotheses.org/4235

 http://russeurope.hypotheses.org/4247

COMMENTAIRES  

30/08/2015 13:50 par Dwaabala

Le titre de ce billet est très bien trouvé.
Lorsque à même pas quinze jours d’intervalle son auteur tente une analyse des classes en présence (Grèce : pourquoi Hollande et Merckel ne sont pas d’accord ? http://www.legrandsoir.info/grece-pourquoi-hollande-et-merckel-ne-sont-pas-d-accord.html) et qu’ensuite il théorise « la sortie de l’euro » sans plus aucun rapport avec les classes, de quoi faut-il parler, sinon d’inconséquences ?

30/08/2015 14:53 par placide prcf

Oui non avons besoin de construire un front populaire, un front du peuple. Mais la construction de ce front ne peut fonctionner que si elle est résolument antifasciste.

L’antifascisme, socle inaliénable du front patriotique et populaire en gestation , par Georges Gastaud, Antoine Manessis, Léon Landini, Pierre Pranchère, Jean Pierre Hemmen et Annie Lacroix riz

31/08/2015 08:18 par legrandsoir

Redisons ici ce que j’ai (MV) dit sous un autre article :

"C’est le moment de relire le billet de Théophraste R. du 25 mai 2015" :

La flèche au curare est dans « l’arc patriotique »

Union nationale (et pourquoi pas « sacrée » ?), abolition des notions de gauche et de droite, arc patriotique, enjambement du concept de lutte des classes, oubli même que les classes sociales existent, réconciliation « nationale » dans un magma de chez Bisounours, théorisations ignorant la réalité de ce qui définit le capitalisme (la propriété privée des grands moyens de production et d’échanges), références mensongères à ce que fut la Résistance (qui n’agrégea pas communistes et fascistes mais colla ces derniers au poteau) invocation abusive du Conseil National de la Résistance (d’où furent exclus les collabos, pro-nazis, antisémites et xénophobes…), la machine à décerveler est en marche pour nous fabriquer un peuple hébété, désossé, mou et malléable à loisir.

En plaçant le curseur de la gauche dans le camp de la droite, le parti solférinien a armé le FN, accrédité ses « UMPS », « tous les mêmes », « tous pourris » et il a déboussolé le peuple de gauche.

Or, la lutte des classes existe, explicitée (et non « inventée ») par Karl Marx. La place du curseur est en haut de la barricade, dont Elsa Triolet disait qu’elle n’a que deux côtés.

Théophraste R.
http://www.legrandsoir.info/la-fleche-au-curare-est-dans-l-arc-patriotique.html

31/08/2015 08:20 par Maxime Vivas

Que Jean-Luc Mélenchon refuse de faire tribune commune avec Nicolas Dupont-Aignan, comme il avait été entendu il y a quelques jours montre que le sectarisme continue de polluer l’action politique.

J-L. Mélenchon a eu raison. Dupont-Aignan est de tous les râteliers, sauf celui de la gauche. Il est allé à Béziers aider à l’élection d’un maire soutenu par le FN et il a eu ce mot historique : « Ménard, c’est Jeanne d’Arc ».

31/08/2015 09:45 par babelouest

A nos amis de LGS : ceux qui se réclament encore aujourd’hui de la lutte des classes (ils ne sont plus très nombreux) ne tiennent pas du tout à se faire accoler l’étiquette de gauche, tant ceux qui s’en réclament l’ont salie.

Plus d’étiquette, plus de salissure, et tout l’espace pour être au service des classes dominées, voire exploitées, pressurées, terrorisées. L’Internationale (que "les gauchistes" ont oubliée) s’oppose à la mondialisation dont ils se réclament de fait. Il va falloir remettre au goût du jour, en la dé-libéralisant, la Charte de La Havane. Il va falloir faire ressurgir l’esprit qui a présidé à l’avènement des grandes conquêtes sociales de la Libération, grâce à des humains vrais comme Ambroise Crozat ou Marcel Paul. Ce n’est plus guère dans les discours de "ceux qui passent à la télé". Ils préfèrent trop souvent se laisser emporter dans les eaux fétides de la discrimination entre les défavorisés. Que de temps et d’énergie perdus !

31/08/2015 20:49 par Geb.

Effectivement, point n’est besoin d’intégrer les fascistes dans la lutte contre les exploiteurs de classe.

Quand j’en vois certains qui prétendent nous défendre il faudrait pas trop les pousser pour les mettre à la place.

Par contre il faudra cependant un jour ou l’autre arriver à faire la distinction entre ceux qui à la base ont opté pour le mauvais côté de la barricade par désespoir face à leur situation dramatique et à la destruction de leurs espoirs par ceux qui avaient en charge de les mobiliser et les entraîner à la lutte de classe et à la vraie compréhension de leur situation.

On pourra remarquer que j’ai pu énoncer ces lignes sans faire une fois appel à ces notions éculées et biaisées telles la "Droite" ou la "Gauche" dont le Système nous gave sans arrêt ;

Ceci pour dire que si TOUS ceux qui dans le paysage politique français actuel prétendent représenter même une fraction d’une réelle opposition cessaient d’utiliser la vulgate réactionnaire pour énoncer une situation toute simple, (I.E. ceux qui sont "Révolutionnaires" v/s ceux qui sont "contre-révolutionnaires"), on aurait déjà fait un grand pas dans la clarification de la situation.

Elle serait toujours aussi dramatique mais on saurait enfin qui est qui.

Parce que pourquoi utiliser les termes "gauche" ou "droite" au lieu des ces dernières notions, sinon pour ne pas prendre parti franchement contre le Système prédateur capitaliste et ainsi continuer à enfumer les populations tout en continuant de recevoir les tapes dans le dos de nos ennemis ???.

Et ça me fera aussi pas mal plaisir quand je verrai, (Y as pas trop d’espoir), les mêmes qui "communistes ou non" ont fait des tonnes de mea-culpa pour des "crimes" soi-disant commis par des "communistes soviétiques" à 5000 kms d’ici faire le même mea-culpa pour les leurs de crimes...

Entre autre pour le crime d’avoir détruit de l’intérieur les seules barricades qui résistaient encore à l’Empire totalitaire mondial et d’avoir aidé à enfumer la Classe exploitée de chez nous et la laisser poings liés à la merci de ses prédateurs après lui avoir désappris à penser..

Moi ça n’est pas Staline ni Djerzinsky qui m’ont bouffée la vie et celle de mes enfants, et à la limite c’est même pas les Fachos du FN ou de l’OAS, qui n’ont fait que jouer le rôle d’enfoirés qui était le leur.

C’est ceux qui au nom du politiquement correct, de la Lutte des Places, et du pragmatisme bourgeois, ont détruit nos espoirs et les résultats pour lesquels nos parents.ont laissé leurs vies et leurs libertés.

31/08/2015 23:15 par Dwaabala

Et vlan ! encore un coup contre le PCF au passage.
Ce que j’ai en tête, c’est que le mouvement socialiste international a traversé une grave crise avec la chute de l’URSS.
Qu’avant cela, et contre la volonté constante des communistes français, l’impérialisme atlantiste s’était déjà structuré en construisant l’Europe.
Et qu’ensuite, devant le fait accompli, accompagné de la désindustrialisation massive de la France, il ne restait qu’une solution : admettre le fait accompli et faire face, avec des moyens asthéniques à la nouvelle situation pour mener les luttes.
Alors dans ces conditions traiter les communistes français de « criminels » relève de la diffamation.

31/08/2015 23:34 par Dwaabala

... j’aurais dû ajouter : et malgré tout, même après la chute du mur, le PCF a voté à chaque fois, jusqu’au Traité de Lisbonne compris, contre la construction européenne telle qu’elle se faisait, au service du capital.
En 2012 il a lancé une pétition contre la démarche du Président de la République qui est allé servilement signer le traité préparé avant lui par Sarkozy et Merkel.
La bêtise anticommuniste a elle aussi changé de visage : « puisque il n’y a plus de communistes en France » (F. Hollande à Londres), il faut bien que des imbéciles prennent le relais.

01/09/2015 09:14 par Scalpel

Monsieur Sapir, soyez le bienvenu à l’UPR dont visiblement vous n’avez pas connaissance de l’existence, aussi incroyable que cela puisse paraître pour un observateur aussi avisé de la chose politique.
Car l’UPR est aussi présente dans le débat d’idées via le Net qu’absente des médias inféodés.
Discours on ne peut plus IMPECCABLE...si et seulement si...vous n’en appeliez pas à joindre des "désobéissants aux Traités" sic à des pseudos souverainistes de carnaval.
Nous n’en sommes pas précisément au stade où la résistance est "vue à la télé" voire matraquée à la télé (Fhaine), Monsieur Sapir.

"Debout les Fainéants" associé au Fhaine ne donnera que "Debout Les Fachos".
Que croyez-vous que l’on gagnera au change ?
Boutade à part, prière de ne pas confondre le problème avec sa solution.
Ne pas nommer les choses c’est ajouter aux malheurs du monde, disait Camus.

01/09/2015 10:57 par cobamio

pas mal Mauris DWAABALA

"La bêtise anticommuniste a elle aussi changé de visage : « puisque il n’y a plus de communistes en France » (F. Hollande à Londres), il faut bien que des imbéciles prennent le relais."

01/09/2015 13:36 par Jibal

C’est marrant comme on cite les uns et les autres (les Mélenchon, Coquerel, Chevènement et autres Dupont-Aignan) sans jamais ,ô grand jamais, évoquer celui de François Asselineau, qui dit exactement ce que dit M. Sapir dans cet article... Depuis plusieurs années !

Il est vrai que son parti, l ’U.P.R., ne compte guère qu’un peu plus de 8400 adhérents, soit d’avantage que le NPA, par exemple et bientôt autant que le Parti de Gauche...

...Inconséquence ?

01/09/2015 18:15 par Jean-Sébastien Laporte

J’ai lu qq part (ici ?) qu’Asselineau, chef de l’UPR, avait été membre du mini parti de ce facho de Pasqua, l’homme du SAC.
Et vous voulez qu’on en parle plus et que le PG fasse alliance avec lui ?

01/09/2015 19:07 par marcel dugenoux

Merci Ged,

Merci pour l’encouragement au discernement, pour l’affirmation de la nécessité d’un recul vis à vis du "pragmatisme bourgeois", en évitant de recourir à son langage et ses raccourcis. Quand on se décidera à lire le contenu des positions exprimées avant de les interprêter en fonction de qui les exprime, on aura fait un grand pas vers ce en quoi consiste une véritable démocratie. Car estimer la pertinence d’un propos en le résumant à l’horizon de quelques unes de ses parties si discutables soient elles, c’est admettre dans son principe la propagande et le lavage de cerveaux qui, comme nous le savons, constituent le fond des commerces politiciens et médiatiques et n’ont jamais servi la soupe qu’à l’oligarchie capitaliste.

Ce que je préfère retenir du propos de Jacques Sapir, c’est la façon claire dont il explique que l’Euro ne soit pas seulement une monnaie unique, mais l’élément clé d’un système de court-circuitage de toute expression de la volonté générale au profit de la synarchie contemporaine et de son bras armé, l’Otan. Dans ces conditions, ce qu’il aurait pu statuer, au lieu de ce qu’il retient, c’est de la nécessité de recul face à tout choix partisan, même se disant "souverainiste", car les solutions pour y opposer concernent chacune et chacun d’entre nous, et qui ont toutes le chances de marquer durablement les générations à venir.

Une seule chose est certaine : le système politique dans lequel nous vivons aujourd’hui n’est plus démocratique.
Compter sur le FN pour contribuer à une reconquête de nos droits sur nos destins communs fait juste preuve de naïveté. Au-delà, n’est-il pas naïf aussi à sa manière d’imaginer une résistance possible à un pouvoir devenu si puissant avec toute organisation prétendant user des outils de contrôle élaborés par ce même pouvoir pour imposer ses choix ?

02/09/2015 09:29 par Autrement

"La question des rapports avec des forces n’appartenant pas au même arc politique que le sien est donc posée"

écrit Jacques Sapir.
Voir ICI in extenso un témoignage éclairant sur le "rapport avec des forces n’appartenant pas..." :
Extrait : (Fabien Engelmann est le maire FN d’Hayange, et Gilles Wobedo le président de l’association "Hayange-Résistance" ; cela se passe au Conseil Municipal) :

"C’est toujours la même méthode : Engelmann provoque s’adressant directement à Gilles, avec des attaques particulièrement diffamantes. Quand celui-ci essaie de répondre, calmement, par des arguments raisonnables, sans attaque, le maire ordonne à ses policiers municipaux de l’expulser.
Comme pendant toute la durée du Conseil Municipal, les supporters du maire ont bruyamment manifesté leur soutien gloussant pour certains, vociférant pour d’autres, insultant pour les derniers, tout cela en parfaite contradiction avec le règlement intérieur imposé pourtant par Engelmann.
Sauf que ce coup-ci, l’expulsion fut violente. Notre président est actuellement aux urgences."

Voilà un bon exemple de raisonnement théorique conséquent (Sapir), se heurtant en réponse au réel des forces FN : la rencontre manquée ! Le divorce de la théorie et de la pratique est flagrant.

03/09/2015 15:11 par Jibal

J’ai lu qq part (ici ?) qu’Asselineau, chef de l’UPR, avait été membre du mini parti de ce facho de Pasqua, l’homme du SAC.
Et vous voulez qu’on en parle plus et que le PG fasse alliance avec lui ?

Un peu usé, le sophisme par association, non ? :
C’est ce que dit M. Asselineau (et que répète ici M. Sapir) qui me semble intéressant et non la personne.

A part ça, où avez-vous lu que je voulais que le "PG fasse alliance avec lui" ?

...Même si les alliances du PG sont toujours un succès, comme chacun sait !

03/09/2015 16:43 par Maxime Vivas

.Même si les alliances du PG sont toujours un succès, comme chacun sait !

Ce à quoi votre interlocuteur va répondre que celles de l’UPR encore moins et vous allez lui répondre que...
Et en vertu de la règle des discussions ici, on va bloquer tout ça et vous crierez à la censure

04/09/2015 10:38 par Jibal

Ce à quoi votre interlocuteur va répondre que celles de l’UPR encore moins et vous allez lui répondre que...

Après le "Sophisme par Association" que j’évoquais précédemment, un "Procès d’Intention"...

Et en vertu de la règle des discussions ici, on va bloquer tout ça et vous crierez à la censure<

Puis, pour finir, Un "Appel à la Terreur"...

Devant un tel florilège, je pense (comme suggéré à mots à peine couverts) qu’il est effectivement désormais bien vain de vouloir persévérer à commenter.

Bonne continuation.

04/09/2015 14:42 par Maxime Vivas

Procès d’intention, appel à la terreur.

Résumons : "procès en sorcellerie, procès de Moscou" ?
Si vous n’insultez personne, si vos articles ou commentaires ne sont pas des tracts auxquels il ne manque que le bulletin d’adhésion final, si vous n’instruisez pas à charge contre la gauche qui n ’est pas de votre stricte obédience, vous êtes tous les bienvenus ici.
Si ces deux conditions sont trop rudes, tant pis. On va les conserver car elles font LGS.
Nous nous sentirions coupables de censure si les supports capables d’accepter ce que nous refusons n’étaient pas pléthoriques.

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