Du social au politique : Grève générale ou unité de la gauche de gauche !

Du social au politique : Grève générale ou unité de la gauche de gauche !

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=17019

Semaine de tous les dangers !

Contre la réforme des retraites de Sarkozy-Woerth un très large mouvement de contestation se déploie à un très fort niveau d’activité bien différent du processus des manifestations très espacées des années antérieures. Une lame de fond sociale déferle sur la France durant les mois de septembre et d’octobre 2010. Le gouvernement Sarkozy est déconsidéré comme jamais. Mais les vacances de la Toussaint arrive. Et la loi Sarkozy passe au Sénat. Les appels UMP au retour au travail se font entendre. En plus, des flics jouent aux voyous et cassent les vitrines pour déconsidérer le mouvement. Mais le peuple-classe soutient toujours, y compris quand il ne va plus faire grève. Nous sommes donc à un point de rupture. Soit la lutte s’effiloche soit on monte vers la grève générale.

1) De quelques fils conducteurs pour gagner.

Deux types d’organisation structurent l’activité des travailleurs et citoyens ainsi que le changement social favorable au monde du travail : les syndicats de salariés d’une part et les partis de gauche d’autre part.

Mais on sait que ces organisations sont clivées chacune dans son champ d’activité : il y a un syndicalisme d’accompagnement et de négociation opposé au syndicalisme de classe comme il y a des partis qui critiquent le gouvernement Sarkozy ici aujourd’hui mais qui approuvent le système de retraite à "trois piliers" à Strasbourg (cf au propos de l’eurodéputé communiste Jacky Hénin dans un article de l’Humanité - 1).

Une première conclusion s’impose : Des organisations syndicales restent fidèles aux revendications des travailleurs et proposent la grève reconductible. Des organisations politiques, plus à gauche que le PS, défendent, grosso modo et avec des variations, les intérêts divers du peuple-classe. L’espoir repose sur elles. Elles sont regardées par des millions de travailleurs qui placent en elles, à tort ou à raison, un espoir de changement.

Le peuple-classe étant hétérogène tout en étant dominé par la classe dominante son unification est un éternel défi pour la gauche de gauche qui a le mérite de placer ici la problématique. Mais la gauche social-libérale ne se pose même pas la question des alliances internes au peuple-classe puisqu’elle envisage d’emblée une alliance avec une fraction de la bourgeoisie. Ce qui sert aujourd’hui de base à ce compromis de classe néosolidariste et néo-keynésien c’est pour l’essentiel la différence entre le mauvais capitalisme - le capital financier - et le bon - le capital productif.

2) Que faire dans cette situation ?

a) Grève générale : sens et urgence.

Notons que ce qui manque c’est le passage du social au politique qui se fait par la grève générale. La grève générale a la vertu proprement révolutionnaire de poser pleinement la puissance du social et de transmuer le social en politique et le peuple-classe en nation à contenu révolutionnaire. Il n’est pas encore trop tard pour que ce passage se fasse et qu’un appel à la grève générale soit lancé.

b) A défaut de grève générale que faire ?

Plusieurs solutions sont offertes.

Appeler la gauche de gauche à l’unité pour former un gouvernement national d’alternative systémique ce qui suppose un élargissement rapide de l’actuel Front de gauche à l’extrême-gauche et aux écologistes de gauche. Les militants de gauche au sein du PS doivent alors se déterminer rapidement.

User du référendum d’initiative populaire pour réclamer la mise en place de ce gouvernement d’alternative.

Instituer une instance de contrôle interface entre le social et le politique pour assurer la représentation démocratique des revendications du peuple-classe. A terme changer les institutions politiques de la Vème République !

Entre temps répondre massivement à l’Appel à l’unité des collectifs, organismes et médias pour la défense des droits démocratiques.

CD

1) Quand le PS et les Verts soutiennent le système de retraite à "trois piliers" à Strasbourg !

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1315

COMMENTAIRES  

27/10/2010 22:13 par CD

Unité de la "gauche de gauche" : Elements de statégie et tactiques.

Etre clair sur la stratégie permet de ne pas se perdre dans les tactiques.

Sectaire, le mot est employé dès qu’un groupe est exclus. Or il peu arriver qu’un groupe politique soit exclus. Si l’on souhaite une unité de la "gauche de gauche" pour vaincre Sarkozy sans donner la place au PS (pour faire ce qu’il a toujours fait depuis trente ans) alors il est normal que le PS n’y soit pas. C’est une position politique et non pas une position de simple défense du groupe politique d’appartenance, de sa "secte" aussi bien qu’on la trouve puisqu’on y est.

C’est une position qui peut être néanmoins sectaire car cette unité de la gauche de gauche sans le PS peut ne pas suffire pour "virer" la droite UMP. En ce cas il faut alors négocier avec le PS. Dura lex sed les ! Mais la façon de négocier est importante. On ne saurait répéter éternellement les mêmes reniements. Trop de tactiques tue la stratégie disait jadis Patrick Tort !

Stratégie et hégémonie : Renverser le sens du "baiser qui tue" !

La question de l’hégémonie politique à gauche surgit ici. Il faut une "gauche de gauche" préalablement puissante et unie. Préalablement c’est à dire avant d’entamer les tractations qui peuvent s’avérer nécessaire. Une telle "gauche de gauche" bien renforcée dans sa pluralité et composée du FdG plus le NPA et des écologistes de gauche est alors en capacité à proposer des "strapontins" au PS et pas plus. L’image est parlante : il s’agit de ne pas leur donner les fauteuils du pouvoir sous les lambris des institutions pour qu’ils fassent ce qu’ils toujours fait depuis trente ans.

Soyons franc quant à la tactique par rapport à la stratégie politique qui reste l’hégémonie de la diversité gauche-verte au plan politique : Ce qui compte ce n’est pas la rencontre (ou non) avec les dirigeants du PS. Ce n’est pas non plus qu’il y ait (ou non) des membres du PS sur une liste ou dans un gouvernement. Ce qui compte c’est la place des membres du PS et leur nombre sur une liste ou dans un gouvernement.

Renverser le "baiser qui tue" de Mitterrand à Marchais c’est construire une hégémonie à la gauche du PS qui permette d’accepter des membres du PS mais en position de force en cas de besoin. S’il n’y a pas de besoin l’enjeu reste à construire le cercle de la "gauche de gauche". C’est déjà bien assez difficile. Ce serait évidemment mieux et plus facile pour cette construction si les gauchistes et puristes ne restaient pas sur leur positions hyper minoritaires. C’est ce qui se produit avec LO, le POI et une partie du NPA. Mais le réel est ainsi. D’ailleurs j’ai défendu plus jeune l’unité des révolutionnaires mais parlant du front unique ouvrier comme tout trotskyste j’ignorais ce que signifiait construire un bloc hégémonique à gauche, un front du peuple-classe.

Ma position n’est donc pas à priori pro-Mélenchon. Je suis pour construire une gauche-verte dominante et de faire ce qu’il faut en ce sens. Je n’ai pas la vérité en main. Il y a à débattre mais je vois simplement que certains ne sont pas sur une telle ligne.

CD

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