Crise systémique - Les solutions (n°4 : régions et monnaies complémentaires)

Dans mon dernier article (n°3), j’ai tenté de démontrer que le dollar ne survivrait pas à la crise. Or, le 18 mars, la FED (banque centrale US) a décidé de racheter des bons du trésor, ce qui revient à monétiser la dette (je l’avais annoncé l’année dernière). Cette information a fait quelques lignes dans les quotidiens nationaux (rien à la télévision) qui, pour l’essentiel, ont commenté cela de façon positive. Pourtant, cette date restera dans les livres d’histoire et sera plus importante que le fameux jeudi noir (krach de 1929) car elle marque la fin, à plus ou moins brève échéance du dollar et donc des USA. Il est donc temps d’éteindre votre télévision et de vous informer sur le net.

Ce jour là Paul Jorion annonçait sur son blog que c’était « la fin du capitalisme », les analystes de la banque Standard Chartered ont intitulé une note : "le jour où le dollar est mort" et Alan Ruskin, analyste chez RBS, déclarait : « Nous sommes témoins de la chute de Rome ».

Face à l’ampleur de la crise, des experts de plus en plus nombreux, avancent l’idée que l’Europe et les USA risquent l’éclatement. J’ai démontré par ailleurs que de grands pôles continentaux (ASEAN, CEI, North American Union) sont en train d’émerger. Cela peut paraître contradictoire et pourtant ces deux phénomènes auront lieu. Nous assistons donc à la fin des nations avec l’apparition de grands ensembles qui auront pour échelon administratif les régions. Les monnaies nationales peu à peu seront remplacées par des monnaies complémentaires.

La région, nouvel échelon administratif.

Peu d’experts ont compris l’importance du rapport Balladur sur les régions et surtout sa pertinence en pleine crise systémique. Pourtant, il est au coeur des solutions qui vont être apportées. Pour comprendre, il faut remonter en 1966.

En effet, Herbert Marshall McLuhan, philosophe, sociologue, spécialiste des médias et conseiller du vatican écrit à cette époque là un livre fondamental « War and Peace in the global Village » publié en 1967 et qui signe l’acte de naissance d’un nouveau concept : le glocal. (wikipédia doit modifier sa base de donnée sur le glocal). Un monde bouleversé par les nouvelles technologies.

Le glocal est en effet un mélange de global et de local qui sera l’architecture fondamentale du nouvel ordre mondial avec d’un côté, les continents (dans un premier temps car eux aussi disparaîtront), de l’autre, des régions et de grands pôles urbains.
Le sociologue Blaise Galland a d’ailleurs démontré le bouleversement majeur des technologies de l’information et l’impact économique qu’elles provoquent au niveau de l’aménagement du territoire. Il a déclaré :

« le processus double par lequel la ville se décharge de sa fonction de production, d’échange et de traitement de l’information en la déplaçant dans le cyberespace, tout en développant, conséquemment, de nouvelles formes d’organisations socio-spatiales au niveau local. »

Je suis d’ailleurs surpris que personne n’étudie le krach sous l’angle des nouvelles technologies qui sont en train de bouleverser la « vieille économie ».

L’information est en effet fondamentale et elle possède une part de responsabilité majeure dans la crise actuelle car elle a permis d’accélérer les flux financiers de façon colossale et sur l’ensemble de la planète (crise mondiale). L’information, qui évolue de façon exponentielle pose ainsi le problème du contrôle, un contrôle totalement défaillant que certains ont appelé « la crise de la régulation » et que l’on va tenter de résoudre en renforçant les structures du FMI.

Bernard Lietaer, économiste, spécialiste des monnaies (il a écrit « The Future of Money »), membre du club de Rome et surtout un des créateurs de l’euro a d’ailleurs brillamment étudié les liens existants entre information et économie. Pour lui, « Tout système complexe en forme de réseau, comme sont les écosystèmes, les organismes vivants, et les économies peut être perçu comme des systèmes de flux de matière, énergie et d’information. » Je vais d’ailleurs démontrer que le rapport Balladur et les travaux de Lietaer sont intimement liés.

Je vous invite à vous procurer le livre blanc de Bernard Lietaer intitulé « Toutes les options pour gérer une crise bancaire systémique » que vous pouvez télécharger en pdf car c’est un document fondamental.

Bernard Lietaer, ainsi, pense que le fonctionnement en réseau de l’économie doit reposer sur les régions. Il a d’ailleurs écrit « Pour une Europe des Régions : les Régions, compléments nécessaires à l’Euro », (Paris : Fondation Mayer, 2008).

La même idée se retrouve dans le rapport Balladur qui déclare à la page 10 (rapport Balladur : Il est temps de décider) :

« L’échelon régional est apparu au Comité comme le mieux adapté aux conditions nouvelles de la compétitivité étant observé, au surplus, qu’il existe un consensus européen sur l’importance du niveau régional dans les politiques de développement. »
Les régions vont de plus en plus se retrouver seules face à des Etats-nations ruinés.
Par ailleurs les articles 2 et 3 de la Charte européenne de l’autonomie locale précisent :

« l’autonomie locale doit être reconnu dans la législation interne » et que « par autonomie locale, on entend le droit et la capacité effective pour les collectivités locales de régler et de gérer, dans le cadre de la loi, sous leur propre responsabilité et au profit de leurs populations, une part effective des affaires publiques »

Bernard Lietaer, lui, va plus loin : «  Une décision importante de la part des gouvernements sera de permettre aux villes et aux gouvernements locaux de choisir eux - mêmes les monnaies complémentaires qu’il leur semble intéressant d’encourager en les acceptant en paiement de taxes de la ville ou de l’état. » ( Livre blanc p 28).

Vous avez bien lu, les villes et les régions pourront créer des monnaies complémentaires. Certains pensent que cela est impossible et pourtant des expériences fonctionnent un peu partout comme en Suisse (WIR), ou en Allemagne (Chiemagauer).

En 1971 Jaime Lerner, le maire de Curitiba au Brésil a créé une monnaie sous forme de jeton de bus que les gens gagnaient en ramassant les ordures ce qui a permis à cette ville d’être une des plus prospère du Brésil. Jean-François Noubel parle même de monnaies libres qui permettraient un troisième niveau d’organisation économique dont la clé serait le travail collaboratif (comme Wikipédia par exemple).

Bernard Lietaer propose ainsi de créer des systèmes « Business-to-Business (B2B) » au niveau des entreprises (livre blanc p 27).

Ceci n’est pas une hypothèse mais une réalité que Guerman Sterligov homme d’affaires russe est en train d’exploiter. Il a mis en place, dans toutes les grandes capitales (il a investi des millions d’euros dans ce projet à Londres, Paris, Bruxelles, Hongkong) un centre anticrise qui permet aux entreprises d’organiser des paiements à base de troc. Il a ainsi déclaré :

« Adieu argent, crédit, taux d’intérêt... Le système capitaliste a atteint ses limites, il faut trouver de nouvelles règles du jeu », « Il ne s’agit pas seulement de troc mais d’un nouveau système de paiement, d’une nouvelle comptabilité. » (Le Monde du 11.03.09).

La réalité dépasse la fiction et prouve que la crise systémique actuelle est bien plus grave que celle de 1929.

Face à l’ampleur du désastre économique, certains pourtant se posent la question de savoir si cette « régionalisation » du monde ne se fera pas dans la violence.
Igor Panarin, ancien analyste du KGB, spécialiste des USA qui enseigne aux futurs diplomates de la Russie a déclaré en décembre 2008 qu’il y aurait une guerre civile aux USA. Le LEAP / E2020 a d’ailleurs repris la même analyse. Pour Panarin, la guerre civile démarrerait à l’automne 2009, et en juin 2010, le pays serait divisé en 6 blocs. Sergueï Rogov directeur de l’Institut des études américaines et canadiennes pense que ce scénario est probable. RIA Novosti du 24.11.2008.

Le 13 mars, Chuck Norris a ainsi organisé une rencontre des délégués de centaines de groupes armés texans pour discuter d’une éventuelle sécession du Texas. Face aux risques de guerre civile la FEMA a rapatrié un bataillon de l’armée US qui était en poste en Irak pour le déployer sur le sol US. (Source : Army news).

Nathan Freier professeur au US Army War College, la principale institution de formation de l’armée pour les futurs officiers, conseiller et expert de politiques et d’analyse à la sécurité et à la défense a d’ailleurs rédigé un rapport qui met l’accent sur les risques de guerre civile aux USA (pages 31, 32 et 33 : www.strategicstudiesinstitute.army.mil/pdffiles/PUB890.pdf)

Quoi qu’il en soit l’Union nord américaine du Canada et des USA est déjà une réalité et les régions (états désunis) qui seront créées par la violence ou sans violence s’intègreront au sein de cette union.

N’oublions pas que le 27 novembre 2006, la Chambre des communes du Canada a reconnu que le Québec formait une « nation » au sein du Canada. Vous pouvez d’ailleurs trouver des cartes du Canada sur les sites officiels comprenant 5 régions : Le Canada atlantique, le Nord, l’Ontario, l’Ouest canadien et le Québec. Nous aurons donc une North American Union organisée dans un premier temps autour d’une dizaine de régions et qui intègrera le Mexique plus tard.

En ce qui nous concerne, nous assistons au même phénomène et le rapport Balladur qui prévoit dans sa proposition numéro 1 de « favoriser les regroupements volontaires de régions et la modification de leurs limites territoriales pour en réduire le nombre à une quinzaine » n’est qu’un épisode local qui se répètera partout en Europe.

Nous sommes en train de changer de monde et pourtant pour reprendre la célèbre formule du Comte de Lampedusa : « il faut que tout change pour que rien ne change ».
En effet, toutes ces réformes ne résoudront pas les problèmes fondamentaux d’un système économique obsolète. Francis Neri (spécialiste de l’éducation, de la formation et du conseil, Président de l’Institut Européen de socialisation et d’éducation) a pourtant dit l’essentiel : « Les crises : économique, sociale, écologique, énergétique, des matières premières, alimentaires, sont inter reliées et l’on ne peut considérer l’une sans se préoccuper des autres. »

Il faut donc analyser le problème dans sa globalité et à différents niveaux.

- Le premier niveau d’analyse, celui de la finance et de la titrisation a déjà été abondamment débattu.

- Le deuxième niveau qui sera l’objet de ma prochaine étude (n°5 : une monnaie mondiale) car malheureusement, nos dirigeants sont incapables d’aller plus loin (ils servent le système), concerne le problème de notre système monétaire dont le pilier (le dollar) est en train de s’effondrer.

- Le troisième niveau concerne l’adaptation de notre système économique aux nouvelles technologies de l’information qui détruisent les emplois par millions. Une réflexion profonde doit être engagée sur la notion de travail (le chômage explose) qui est ne l’oublions pas une invention tardive de l’homme. Les tribus dites « primitives » estiment que c’est une aberration. Smohalla, chef indien Sokulls déclarait : «  Mes jeunes gens ne travailleront jamais. Les hommes qui travaillent ne peuvent rêver. Et la sagesse nous vient des rêves. »

- Le quatrième niveau concerne l’énergie. La fin du pétrole est programmée et nous n’avons encore pas trouvé d’alternatives valables. Or, il faut le rappeler, toute notre économie repose sur cette énergie encore bon marché et facile d’utilisation (mais polluante).

- Le cinquième niveau concerne le capitalisme lui-même qui est basé sur la consommation à partir de dettes. Un système totalement injuste que les plus grands économistes américains comme John Maynard Keynes ont critiqué : « nous commençons à le mépriser. » (L’autosuffisance nationale, 1933).

- Le sixième niveau concerne la démocratie et notre liberté qui sont en danger. Par accumulation du capital (l’argent appelle l’argent), une petite poignée d’hommes finissent par avoir la réalité du pouvoir. J. K. Galbraith économiste et conseiller des présidents Roosevelt et Kennedy nous a pourtant mis en garde :

« En fait, il peut n’y avoir qu’un ou quelques vendeurs assez puissants et persuasifs pour déterminer ce que les gens achètent, mangent et boivent ». Source : « Les nouveaux mensonges du capitalisme » Publié dans le Nouvel Observateur (4/11/05) Interview de John Kenneth Galbraith par François Armanet.

- Le septième niveau concerne l’écocide que provoque notre système économique (Un écocide est un acte de destruction d’un écosystème, notamment par l’exploitation excessive de celui-ci).Certains parlent même d’écophagie. Je signale au passage que l’eau potable, élément essentiel de la vie commence à manquer.

Au final nos élites « s’efforcent de réduire notre malheur plutôt que de construire notre bonheur » pour reprendre la célèbre phrase de Bernard Weber et nous avons, nous intellectuels, un rôle majeur à jouer. La crise systémique actuelle est une opportunité unique pour changer de monde, mais il faut tout d’abord changer nous-mêmes et nous remettre en question.

« Le boulot des intellectuels du courant dominant, c’est de servir en quelque sorte de « clergé laïque », de s’assurer du maintien de la foi doctrinale. Si vous remontez à une époque où l’Église dominait, c’est ce que faisait le clergé : c’étaient eux qui guettaient et traquaient l’hérésie. Et lorsque les sociétés sont devenues plus laïques [...], les mêmes contrôles sont restés nécessaires : les institutions devaient continuer à se défendre, après tout, et si elles ne pouvaient pas le faire en brûlant les gens sur le bûcher [...], il leur fallait trouver d’autres moyens. Petit à petit, cette responsabilité a été transférée vers la classe intellectuelle - être les gardiens de la vérité politique sacrée, des hommes de main en quelque sorte. » (Comprendre le pouvoir, deuxième mouvement, Noam Chomsky éd. éditions Aden, 2006, p. 187)

Gilles Bonafi

COMMENTAIRES  

27/03/2009 14:07 par serge gomond

Axiome de base. "Le centre directeur est devenu maintenant occulte : on n’y place jamais plus un chef connu, ni une idéologie claire." (axiome extrait de « Commentaires sur la société du spectacle »)

D’abord, deux précisons importantes :

a) Les partis politiques traditionnels, ou des structures comme par exemple, les centrales syndicales, fonctionnent sur un modèle de commandement hiérarchisé et pyramidal. Leurs structures ou modems (un chef, un leader, un meneur, un donneur d’ordres, un décideur, etc., cristallise et renforce leur pouvoir...) reposent entièrement sur le modèle cité plus haut. Toutes les décisions partent d’en haut et sont répercutées par leur hiérarchie (plus elle est intégrée à l’idéologie dominante, plus elle est soumise et concernée par le succès des thèses que soutient sa classe), en général une bureaucratie assez pesante, qui transmet aux subalternes (apparemment sans état d’âme, des séminaires sont organisés à cet effet, on y assimile les attitudes et le langage appropriés pour obtenir ce détachement apparent) les ordres venus d’en haut. (1)(2) L’ordre, qui est communiqué aux subalternes, doit être exécuté sans discussion ou contestation possible, (si un subalterne, veut rendre compte d’un disfonctionnement ou proposer une amélioration quelconque, une "boite à idées" (3) sera proposée à cet effet, et aura au moins deux fonctions ; faire croire qu’il est apparemment possible de discuter, ce qui en politique fut traduit par "démocratie participative", et si l’idée est bonne et change qualitativement les choses, le chef ou le responsable pourra s’en attribuer tout le mérite, moyennant une petite prime compensatoire pour le véritable auteur, et tout le monde sera content)

b) Le centre directeur (la cellule de commandement) « est devenu occulte » ? Le mode de fonctionnement, est occulte, oui, de par sa nature même. Il est évident que les décisions (les vraies décisions, pas les ordres) ne sont jamais rendues publique, et sont prisent par un nombre très restreint de personnes, dans le secret des palais de la République ou de la haute bourgeoisie. Toutes leurs entreprises ne peuvent fonctionner qu’à la seule condition du "secret absolu". Ils peuvent pour des raisons de commodité ou de sécurité, faire transparaître une certaine organisation de type périphérique, ou le chef s’entoure de collaborateurs de tout premier plan, donc d’un premier cercle, puis d’un second, plus éloigné du centre, et d’un troisième etc., et le degré d’information et la qualité qu’ils pourront recevoir variera en fonction de l’appartenance à l’un ou l’autre de ces cercles. Il est facile d’en déduire, que plus vous vous trouvez éloigné du centre, moins vous serez informé. Mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, cette hiérarchie, n’est qu’apparente, car les vraies clivages seront très différents de ce qu’un observateur très attentif pourrait en partie deviner ou découvrir après observations, ou par hypothèses. Le vrai pouvoir, est parfaitement tenu secret, et nul ne peut en saisir le fonctionnement réel. A cette question qui était posée à un groupe d’intellectuels : « Qui décide réellement aux Etats-Unis ? », aucune personne de ce groupe n’avait été capable d’y répondre clairement. (4)

c) En ce qui concerne la doctrine, c’est beaucoup plus compliqué qu’il n’y paraît à prime abord. L’idéologie est assez floue, pour plusieurs raisons, mais les raisons principales sont qu’elles doivent s’adapter à la conjecture, qui par nature est assez fluctuante, ensuite elle doit être facilement transposable et adaptable à toutes situations, donc plus elle sera floue, plus il sera facile de la modifiée à profusion, et pour finir sa nature profonde est la suggestivité. Les "think thanks", sont les mieux adaptés à cet exercice, n’ayant aucune conviction, ils peuvent toutes se les approprier, d’où leur grande adaptation au changement (comme disait Faure : « Ce ne sont pas les girouettes qui changent de direction, mais le vent » C.Q.F.D.)

d) Le mode de fonctionnement de la vraie structure du commandement est occulte, tout comme la doctrine dont les réelles motivations échappent au commun des mortels. Quand Fillon claironne dans tous les médias qu’à présent il a la maîtrise de l’idéologie, on ne peut pas en douter, car personne ne sait de quelle idéologie il s"˜agit ! Vous, nous, tout le monde a la maîtrise de l’idéologie, puisque l’idéologie n’a pas de définition précise. Nous sommes dans le flou total. Les "propriétaires du monde", ont une doctrine réelle mais secrète qui mène à notre perte, à l’effondrement total, et nous n’avons aucun moyen de les stopper (5), ou plutôt, le seul moyen que nous ayons à notre disposition, c’est l’appropriation du pouvoir par le peuple, avant qu’il ne soit trop tard.Donc le plus tôt sera le mieux…

e) Le fonctionnement et les vrais commanditaires ; car comme dans les structures criminelles, ceux qui tirent les ficelles et qui détiennent réellement le pouvoir, doivent rester dans l’ombre, mais leurs marionnettes politiques et les larbins du pouvoir, ceux que l’on nomme "alter- ego", (6) utilisent les moyens matériels et financiers mis à leur disposition (les constitutions (locales et continentales) interprétées ou pas et souvent ad hoc (7), les lois tournées à leur avantage par l’ajout d’amendements etc., les institutions : les ministères et les structures privées etc.), que "les propriétaires du monde" mettent à leur disposition.

d’autres chapitres (f,g,h, et les notes n°8-9-10-11-12-13-14 seront publiés sur le site "La Sociale"

(1) la hiérarchie reçoit des informations sous certaines conditions (le poste qu’ils occupent dans l’organisation et le degré dans l’échelle hiérarchique) qui concernent les décisions politiques et les orientations idéologiques (elles changent en fonction d’intérêts circonstanciels et d’une certaine actualité), auxquelles elle adhère en général assez bien (sauf lorsqu’il s’agit d’arrivistes cyniques et sans morale, le pourri intégral, c’est assez rare, mais ils existent et peuvent rapidement devenir dangereux car ils n’obéissent que pour leurs intérêts propres et n’ont aucune conviction de classe)

(2) l’"ordre", présenté à la presse, comme une information (réforme innovante, révolutionnaire etc.) sera discuté comme si il s’agissait d’une information, et les journalistes inféodés pourront dire ce qu’ils en pensent de différentes manières, afin d’animer le faux débat. Plus celui-ci sera animé, plus le journalistes seront récompensés pour leurs efforts méritoires, de parler pour ne rien dire.

(3) Fausse-bonne idée, proposées par d’avides pédégés qui rentabilise ainsi la force de travail et la matière grise de leurs salariés ; c’est ce qu’on appelle pressé le citron (le citron étant pris pour cerveau).

(4) Cet autre axiome résume, la nature et le caractère de nos vrais décideurs (aussi parfois appelé "les propriétaires du monde"), ou du moins peuvent éclairer les recherches « Qui paie, décide ! »

(5) Si nous croyons au baratin des dirigeants, actuellement au pouvoir, et leurs larbins.

(6) Alter- ego : un second soi-même, personne de confiance qu’on peut charger de tout faire à sa place.

(7) Le lobbying n’est pas interdit par la lois, aussi les groupes de pression ne s’en privent pas, et tous les moyens légaux ou autres sont bons...

27/03/2009 20:48 par Philosophe

La solution à la crise systémique ? Elle est dans le rapport Balladur, c’est évident. D’ailleurs, cest le Grand Soir qui vous le dit.

28/03/2009 00:19 par legrandsoir

@philospohe :

Mince, nous sommes démasqués.

28/03/2009 10:27 par vladimir

APPRENDRE DES MOUVEMENTS :

lundi 23 mars 2009

Colloque du CAGI (1ère partie)

LA MOBILISATION SOCIALE EN GUADELOUPE, ENSEIGNEMENTS ET PERSPECTIVES

3° Rôle fondamental des débats télévisés

Rentrant dans les détails du sondage qui comportait plusieurs questions, il apparaît notamment que 43% des sondés ont commencé à se mobiliser à partir des négociations télévisées du WTC. L’enquête confirme donc que ces débats ont bien provoqué un électrochoc citoyen dans la population. C’était certainement la première fois dans l’histoire de France que des débats d’une telle ampleur, réunissant toutes les acteurs de la société, ont pu être démocratiquement suivis par tous.

A ce sujet, on ne peut que déplorer l’indifférence qui a accueilli la pétition lancée par Chien Créole pour exiger que les débats continuent à être diffusés en direct. Les 2500 signatures obtenues, remises par Jalton aux socioprofessionnels, aux représentants de l’Etat, aux élus et au LKP n’ont pas suscitées la moindre réaction, pas même de la part de cette dernière organisation !

http://chien-creole.blogspot.com/2009/03/colloque-du-cagi-1ere-partie.html

29/03/2009 21:51 par Torsade de Pointes

Gilles Bonafi :
« Face au risque de guerre civile, la FEMA a rapatrié un bataillon de l’armée US qui était en poste en Irak pour le déployer sur le sol US. »

A propos justement de cette fameuse FEMA (Federal Emergency Management Agency, créée dans les années 1970, si je ne m’abuse) : ses plans prévoient la suspension de la Constitution américaine en cas de crise grave, et elle a fait construire 800 camps de détention de masse, chacun d’une capacité de plusieurs centaines à plusieurs miliers de personnes (il serait plus exact de les appeler des camps de concentration). Si vous connaissez l’anglais, je vous invite à aller voir ces pages hallucinantes :

http://www.apfn.org/apfn/camps.htm

30/03/2009 10:07 par ErJiEff

Glocalisation ? Certainement

Ne serait-ce que par les contraintes matérielles à venir, du fait de la raréfaction au moins temporaire des sources d’énergie transportables, nous devrions assister en Occident à la renaissance d’une économie globale dont nous avons tout à réapprendre.
Parallèlement à cela, l’explosion des techniques et moyens d’information amèneront paradoxalement mais tout naturellement à une globalisation administrative de plus en plus vaste.

La réussite de la première doit passer d’abord par une parfaite maîtrise de la seconde.

Pour une raison simple : la démultiplication d’économies locales doit s’appuyer sur une cohérence irréprochable pour ne pas sombrer dans une anarchie désordonnée que provoqueraient des rivalités et des divergences d’intérêts mal contrôlées.

Sans doute l’Union Nord-Américaine est-elle possible à court terme,

puisque le sous-continent est constitué de 3 entités (USA Canada Mexique) fédérales parfaitement rodées depuis des décennies.
Savoir si la linguistique ne pourrait pas occasionner une’ gêne à la formation d’un tel ensemble :
peut-être que dans un premier temps un bloc anglo-saxon se formerait assez rapidement avec l’originalité folklorique du Québec (tous les Québécois parlent couramment l’anglais par nécessité) avec le partenariat "hispanique" du Mexique qui aura de son côté pas mal de difficultés à regrouper l’Amérique Centrale dans un bloc hispanophone.

Et l’Europe, dans tout cela ?

Dans cette excellente analyse assez proche en effet des travaux du LEAP/Europe 2020, je note une approche assez bien circonstanciée du cas Nord-américain, mais curieusement pas de rapprochement analogique avec la situation Européenne actuelle.

Or il semble bien que l’Union Européenne telle qu’elle est organisée actuellement est totalement incompatible avec la glocalisation, pour la simple raison qu’elle ne connaît ni unité fédérative, ni parenté linguistique, ni même ce sentiment élémentaire de convergence des efforts dans le but d’un bien commun dont seule l’intime conviction d’une appartenance à une même entité politique et sociale permet l’émergence.

Il serait question :

d’une quinzaine de régions en Amérique du Nord (chacune représentant à peu près une petite dizaine d’états européens) ?

Et de 15 régions pour la seule France ?
N’y aurait-il pas comme une légère erreur d’échelle ?

Pourquoi ne pas envisager d’emblée ce qui serait à mon sens une démarche cohérente, à savoir :
1) Un gouvernement Fédéral fort regroupant la trentaine d’états potentiels

2) La Répartition en trois ou quatre régions de ces états dans le genre Europe-Méditerranéenne, Europe-Occidentale, Europe-Orientale.

Notre problème, en Europe

Ne pas être capables d’adopter un modèle quelconque d’organisation en allant au bout de ses exigences ni de ce qu’il implique.

Il y a 150 ans, les américains ont tiré la leçon de 4 années de guerre par la constitution d’un état fédéral
- conçu et mis en place de façon équilibrée et décidée par suffrage populaire,

- cimenté par l’unicité linguistique, un idéal de liberté et une indéniable ferveur patriotique,
- avec une Constitution de quelques pages et des règles de fonctionnement qui n’ont eu à subir que quelques modifications depuis.

Alors évidemment, nous devons faire en Europe un machin non élu,
- ou chaque état-membre tire la couverture à lui,
- avec une Constitution de 180 pages traduite en 27 langues officielles,
- dont le seul idéal est une vulgate économique actuellement en faillite.

Devinez qui est content ? Tous les pouvoirs forts de la planète qui assistent avec délectation à la castration de nos influences politique, économique et culturelle.

Une fois cette première étape réalisée : construction d’une Europe fédérale, il nous restera

1) à lui concocter un ensemble législatif et réglementaire digne d’un idéal de liberté, de fraternité et de solidarité

2) à insuffler une dynamique économique et sociale par une reconsidération fondatrice de ce que doit être le rôle social de chacun.
3) Faire tourner cette nouvelle entité pendant plusieurs années pour laisser le temps à chacun des membres de trouver sa place.

Ce n’est qu’après que nous pourrons envisager la constitution de régions européennes.

Reste à savoir si nous en serons capables : il n’a fallu que quelques mois pour que l’extraordinaire violence haineuse de la Guerre de Sécession soit gommée en faveur d’un nouveau et sincère patriotisme fédéral.

Ici, nous en sommes encore à ressasser des rancunes qui remontent pour certaines à l’héritage de Charlemagne

01/04/2009 00:59 par Torsade de Pointes

Toujours très intéressant, ces exercices de pensée consistant à déterminer quel est le niveau politique le plus pertinent. Tout y passe : une Union européenne étendue, le plus large possible, englobant tous les pays de l’est et la Turquie, ou même une Union transatlantique ; l’Union européenne telle qu’elle existe à l’heure actuelle, avec ses 27 pays ; une Europe plus restreinte, comme dans les années 1980. Ou, en descendant encore plus bas sur l’échelle : la Région, type Poitou-Charentes ; ou le département, voire des territoires correspondant à la zone d’attraction des grandes villes. Etc. Bizarrement, il y a un échelon qu’on n’a garde de citer comme candidat au titre d’échelon le plus pertinent, c’est l’État-nation, soit, dans le cas qui nous préoccupe : la France. Bizarrement aussi, on ne se préoccupe pas trop de l’opinion des gens sur la question. Il arrive cependant qu’on la leur demande, à de rares occasions, et c’est ce qui est arrivé en 2005, et plus récemment, en 2008, en Irlande. C’est dans le cadre national, si volontiers oublié par les faiseurs d’opinion, que l’immense majorité des gens se sent le mieux à l’aise, c’est dans ce cadre qu’ils ont le sentiment de pouvoir influer sur le cours des choses, d’exercer une petite parcelle de pouvoir, grâce à leur bulletin de vote. Le pouvoir en France est (ou était) désignable, et, s’il y a lieu, sanctionnable. Les Français se sentent tout simplement bien en France "• comme c’est bête ! Or, c’est cet échelon-là qui systématiquement passe à la trappe quand la bobocratie de gauche s’ingénie à tirer des plans sur la comète au sujet de l’organisation politique future. C’est très clairement « l’Europe » qui a leurs faveurs. Mais pourquoi cette préférence, quand on sait que cet échelon a permis qu’aient été prises des décisions contraires à l’intérêt des citoyens, derrière leur dos et au-dessus de leurs têtes ? Les gens voient bien que le processus de décision leur échappe complètement au niveau européen, les marchands d’influence, qui sont là comme des poissons dans l’eau, ont, eux, y tiennent le haut du pavé, et que rien n’indique que cette situation, indissociable d’une État multinational, puisse changer un jour. Mais rien n’y fait, pour une certaine partie de la gauche, l’Europe est une religion, où la nation joue le rôle de diable. Inutile donc d’expliquer que le rêve d’une Europe multinationale unifiée est une vieille lune, qui a pour caractéristique de déboucher toujours sur la guerre, p.ex. quand il a pris fantaisie aux Habsbourg de mettre l’Europe entière sous leur tutelle ; résultat : une guerre de 80 ans, au cours de laquelle les Hollandais se sont battus durement pour se constituer en État indépendant, et pouvoir voter leurs propres lois. Les Hollandais s’en souviennent, et ne vous y trompez pas, leur non en 2005 fut un non souverainiste (le néerlandais est mon autre langue maternelle, je lis leurs forums, je parle en connaissance de cause). L’organisation politique idéale est celle souhaitée par les gens, c’est-à -dire, jusqu’à nouvel ordre, et ne vous en déplaise, l’État-nation.

02/04/2009 09:27 par ErJiEff

@ Torsade de Pointes

C’est vrai, moi aussi je me sens très bien en France, mais après avoir lu votre commentaire, reste une question :

Qu’est-ce qu’on fait ?

On sort de l’Union Européenne et de sa Commission qui gouverne sans aucune responsabilité devant les électeurs ?

On continue à proclamer La France par ci, la France par là en regrettant de ne plus pouvoir décider de rien ?

La France... faites vous en une raison, ne pèse plus rien ; Brésil, Chine, Inde, Russie (sans compter ceux qui détiennent les stocks de richesses naturelles ou les réserves de terres arables) lui passent devant depuis belle lurette et sont en voie de ne plus rien lui laisser, même pas ses brevets.

Ce par quoi nous devrions commencer, et nous serons peut-être d’accord là -dessus, c’est bien à notre échelle, dans notre pays, commencer à faire un sérieux coup de ménage législatif, et réglementaire pour enfin mettre en oeuvre une société réellement solidaire à l’endroit des plus faibles en restant libérale avec les plus entreprenants. Ce n’est pas bien compliqué, ce n’est qu’une question de refonte du Code Civil avec un minimum de raison, de sens collectif et d’empathie.

Mais vous savez bien que ce n’est pas pour demain la veille...

Il n’est pas nécessaire d’être bo-boïsant (dans ma cambrousse ce serait plutôt difficile) pour constater que les puissances mondiales se restructurent et que les stratégies géopolitiques sont en plein bouleversement sur tous les continents.

La réaction de l’O.U.A. ou de la Ligue Arabe à l’encontre des arrêts de la C.P.I. des ex-colonisateurs (c’est bien de cela qu’il s’agit qu’on le veuille ou non), la valse séduction des USA autour de la Russie, de la Chine, de l’Iran... sont significatifs et devraient nous alerter.

Et pendant ce temps, l’Europe, agglomérat artificiel d’états-nations :

- faiblement peuplés,
- aux terres épuisées,
- sans ressources minérales ni énergétiques,
- sans armées,
- aux caisses vides (disent-ils),
- bientôt sans usines peut-être même sans activité...

se retrouve insensiblement mais sûrement laissée sur le bas côté du simple fait de son incapacité à s’organiser et à se mobiliser.

Regardez bien ce soir les résultats du G20 et l’absurdité des états qui exigent de la régulation refondatrice en ne produisant pour ce qui les concernent que quelques mesurettes temporaires destinées d’abord à gêner les voisins et brouiller les cartes pour ne fâcher personne d’important parmi ses électeurs.

Regardez bien demain les enjeux de l’OTAN

Regardez bien dans les mois qui viennent le poids politique, ethnographique et financier des deux premières puissances mondiales que sont la Chine et l’Inde.

Vous changerez certainement d’avis sur l’éventuelle influence de 27 nations pygmées qui n’ont de cesse de se tirer dans les pattes et de se faire des coups fourrés depuis... combien de temps déjà  ?

Pendant des siècles nous nous sommes contemplé le nombril, faisant de la succession d’Autriche un évènement mondial, en oubliant qu’il existait une vie, une politique et une diplomatie ailleurs.

Le temps de nos états-nations est bien fini, il serait temps que nous l’admettions si nous ne voulons pas payer le prix fort.

02/04/2009 18:18 par Eric Goujot

Cet article débouche sur la nécessité d’une nouvelle monnaie. Et si on étudiait la monnaie distributive ? Cf. http://ecodistributive.chez-alice.fr pour en savoir plus.
Au plaisir,
Eric Goujot

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