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A propos de « Lula piégé à Tegucigalpa » (Libération) et de « Lula critiqué pour sa gestion de la crise hondurienne » (le Monde)

Chantal Rayes piégée à Sao Paulo

une photo de Reuters ou le nain Lula semble tomber dans les bras du géant Zelaya

C’est par le plus pur des hasards qu’à 24 heures d’intervalle, le Monde et Libération écrivent pratiquement le même article (1) sous un angle pourtant peu évident à priori. Car pour nous parler du retour du président Zelaya au Honduras Jean-Pierre Langellier (le Monde, 2 octobre) suivi par Chantal Rayes (Libération, 3 octobre) choisissent tous deux... la campagne de l’élite brésilienne contre le président Lula. (2)

Rayes et Langellier font preuve d’un sens aigu du pluralisme. Leurs sources sont les grands médias brésiliens aux mains de grands groupes économiques et cette élite intellectuelle qui n’ont jamais pardonné à Lula son relent de cambouis d’ex-syndicaliste de la métallurgie. Hier son crime était d’être « financé par les FARC, Fidel Castro, Hugo Chavez ». Aujourd’hui’hui, de quitter l’orbite militaire nord-américaine en achetant des Rafale à la France. Ou d’appuyer sans phrases le retour de la démocratie au Honduras. Jammal Makhoul, de l’àˆcole de Sciences Sociales de la « Pontificia » (Sao Paulo) a analysé les 204 numéros de la revue « Veja » de 2003 à 2006, concluant à une véritable stratégie de déstabilisation (3). Les triomphes électoraux et la forte popularité de Lula da Silva prouvent par contraste la capacité populaire a résister aux coups d’État médiatiques. Comme au Honduras.

Au Brésil ces « médias » criminalisent les mouvements sociaux comme les "sans terre", créant sans cesse un climat propice à la répression (4). Confondre l’opinion publique brésilienne avec les campagnes d’extrême-droite de « Veja » est surprenant de la part de « correspondants locaux ». Chantal Rayes, de Libération, n’a sans doute rien vu des mobilisations des principaux mouvements sociaux et syndicats du pays (MST, CUT) à Sao Paulo pour appuyer le retour de Zelaya ? Ignore-t-elle que la présidente de l’association des brésiliens au Honduras a dénoncé les menaces quotidiennes subies depuis que les diplomates de son pays sont venus en aide au président Zelaya ? La correspondante de Libération a par contre brillamment réussi l’épreuve d’entrée au Parti de la Presse et de l’Argent. Elle veut nous faire croire que c’est... Lula qui a commis le coup d’État au Honduras : « Les partisans de Lula ont pris le contrôle de l’ambassade. Un journaliste du quotidien de São Paulo Folha a ainsi dû se soumettre à un contrôle de passeport effectué par un militant encagoulé à la porte de l’ambassade de son propre pays ».

Quelle insolence en effet de la part de cette équipe qui protège Zelaya, que d’oser vérifier les papiers d’un journaliste à la porte d’une ambassade sur écoutes, encerclée par la police et l’armée, assiégée jour et nuit par des snipers, espionnée depuis des miradors, contre laquelle des systèmes sonores et chimiques ont été utilisés dès le premier jour. Si Rayes est indignée par l’« encagoulé » qui a osé vérifier l’identité d’un journaliste, on s’attend à ce qu’elle proteste a fortiori contre le coup d’état médiatique qui depuis trois mois couvre les centaines d’arrestations, assassinats, tortures et disparitions, ou contre la fermeture par les putschistes, le 28 septembre, des deux derniers médias qui n’appuyaient pas leurs exactions - Radio Globo et le Canal 36 de télévision ? Ou contre les multiples obstacles au travail des journalistes de Telesur ? Rayes n’en dit pas un mot.

S’abritant derrière un très décoré membre de l’élite intellectuelle brésilienne, José Augusto Guilhon Albuquerque, Chantal Rayes se sent plus inspirée. « Le problème n’est pas d’abriter Zelaya mais de lui permettre de faire de notre ambassade le siège d’un gouvernement rebelle (sic) et cela, au moment où la tension commençait à baisser (re-sic) ». « ... a baisser » ? Le Monde ne dit pas autre chose :« Au Honduras, le retour clandestin du président déchu ravive les tensions ». «  Est-ce à dire , répond Maurice Lemoine, Rédacteur en chef du Monde Diplomatique, que, dans ce pays, les « tensions » s’étaient atténuées, après le renversement et l’expulsion du président Manuel Zelaya, le 28 juin dernier ? Depuis ce jour, et alors que le Front national de résistance mène de puissantes mobilisations populaires, jamais la répression contre la population n’a cessé, au vu et au su de tous - mais n’émouvant guère les médias. (..). Mis en sommeil à la fin des années 1980, des escadrons de la mort ont diffusé une liste de cent vingt syndicalistes à abattre. » (5)

Mais Chantal Rayes n’en a pas fini avec sa démonstration toute en citations : «  Dans la foulée, Brasilia s’est disqualifié en tant que médiateur, soulignent encore les « observateurs. » (sic) « Lula a cru renforcer la position du Brésil sur la scène internationale mais c’est l’inverse qui a lieu, renchérit le politologue Jorge Zaverucha. Il a fait le jeu de Hugo Chávez. »

Enfin, le nom est lâché. Ne l’oublions pas, la section française du Parti de la Presse et de l’Argent a d’emblée accepté les arguments des putschistes : « c’est la faute a Chavez ». Après tout, la junte chilienne n’a-t-elle pas sauvé le Chili des griffes du Komintern ? Chantal Rayes répète docilement la vulgate putschiste : « Le président vénézuélien avait réussi, à coups de pétrodollars, à convertir Zelaya, un grand propriétaire terrien de droite, à sa « révolution bolivarienne » (sic)

Elle « ignore » sans doute que Manuel Zelaya, comme d’autres mandataires centramericains et des Caraïbes a d’abord cherché de l’aide la où on le peut : au FMI, aux États-Unis. Qu’avec Haïti et le Nicaragua, le Honduras est un des pays les plus pauvres de la région. Et qu’au contraire des « aides » liées aux mesures néolibérales dont souffrent toujours les pauvres, les quelques programmes en agriculture, énergie, santé ou éducation offerts par le Venezuela partent du principe de la solidarité latino-américaine, sans contreparties. Bill Clinton vient de saluer en ce sens l’aide de Venezuela et de Cuba au peuple haïtien. (6)

Sans doute, pour Chantal Rayes, la réalité de l’Amérique Latine ne peut-elle se mouvoir que sous l’effet de causes externes. En réduisant les réformes de Zelaya pour sortir peu à peu son pays de la misère, à une « conversion par les pétrodollars de Chavez » elle recycle la « théorie du complot » des élites conservatrices. Mais le peuple du Honduras, hier invisible, a commencé, comme ailleurs en Amérique Latine, à relever la tête.

Sandra Tercero, du secteur "Le Pedregal" au sud de Tegucigalpa, un des quinze quartiers populaires visités le 8 octobre par des journalistes internationaux, déclare : "Les putschistes ont expulsé Manuel Zelaya non pas a cause de la quatrième urne (consultation citoyenne sur la possibilité d’une réforme constitutionnelle, NDT), non ! Ils l’ont expulsé a cause de ses propositions d’augmenter le salaire minimum de 3200 lempiras (monnaie locale) à 5500 lempiras, (équivalant à 300$), ce qui affecte directement le secteur patronal. La possibilité d’améliorations sociales pour les secteurs les plus pauvres : soutiens économiques aux femmes, aux personnes du troisième âge, allocations scolaires, allocations aux mères célibataires, démocratisation des droits d’inscription, aides dans le secteur santé, dans le secteur agricole (..), tous ces projets sociaux marquent une amélioration quotidienne des conditions de vie des citoyen(ne)s hondurien(ne)s." (7)

Si Rayes écoutait les gens plutôt que l’élite, elle comprendrait mieux la contre-offensive qu’un patronat appuyé par la School of Americas, réactive au Honduras. Car ce réveil collectif, dont les Morales, Chavez ou Correa ne sont que l’écume, est dangereusement contagieux pour les millions de pauvres latino-américains.

Refus de l’enquête sociale. Mépris de l’impératif catégorique de la mobilisation des démocrates contre le retour des tortures et des disparitions en Amérique Latine. Méme si son article est orné d’une photo de Reuters où le nain Lula semble tomber dans les bras du géant Zelaya, on ne concèdera même pas à Chantal Rayes le don de l’analyse politique.

Car affirmer que Chávez a forcé la main de Lula pour venir en aide au président Zelaya, ou que Lula doive passer par Chavez pour planifier sa politique internationale, témoigne d’une solide ignorance des rapports de force actuels et de la stratégie à long terme de la première puissance latino-américaine.

Thierry Deronne
Caracas

http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article404&lang=fr

Notes :

(1) Jean-Pierre Langellier, « Lula critiqué pour sa gestion de la crise hondurienne ».. Chantal Rayes, « Lula piégé à Tegucigalpa » ... Transmis par ACRIMED]

(Voir aussi, sur Jean-Pierre Langellier : http://www.larevolucionvive.org.ve/...)

(2) La technique n’est pas neuve. Mr. Sabot, correspondant du Monde à Managua, s’exprimait sur le Honduras à travers "la Prensa", qualifié par lui de « principal quotidien du Nicaragua » tout en « oubliant » de préciser qu’il s’agit surtout du plus réactionnaire... Voir : http://www.vive-fr.org/blog/index.p...

(3) Lire : http://mandioca.wordpress.com/2008/...

(4) Lire : http://blog.zequinhabarreto.org.br/...

(5) Lire de Maurice Lemoine, "Bras de fer explosif au Honduras", la valise diplomatique du 23 septembre, http://www.monde-diplomatique.fr/ca...

(6) Voir : http://www.larevolucionvive.org.ve/...

(7) Voir : http://www.larevolucionvive.org.ve/...

COMMENTAIRES  

14/10/2009 13:19 par Camille Loty MALEBRANCHE

Moi, je ne comprends rien à cette crapulerie grotesque teintée de grave sottise qui affecte certains des journaux français. "Le Monde" est devenu un immonde fourre-tout des mensonges contre les mouvements populaires antinéolibéraux.

Hélas ! La prostituée même sait s’habiller avant reprendre le trottoir, après l’acte odieux de vente de soi, mais quelques "grands journaux" exposent éhontés leur nudité en pleine rue pour une masse voyeuse d’imbéciles désinformés passablement coprophiles qui se complaisent de retrouver en eux comme dans des poubelles, leur propre insanité et perversion reprise par des folliculaires qui, comme des chiens que l’on nourrit, n’ont d’intérêt que leur ventre et la main leur jetant l’os quotidien éclipsant tout le reste de leur être.

14/10/2009 20:00 par Anna

CLM, un un peu de respect pour les prostituées, car elles elle donnent ce qu’elles promettent si vous payez ! Le Monde et le reste de la presse pravda se prétendent jounraux de référence dispensant une info vérifiée et de qualité, mais ne donnent pas ce qu’ils promettent alors qu’ils se font payer ^________^ !

Pour en revenir à cet excellent article de Deronne, ça me rappelle les très bonnes réflexions du site Dedefensa.org à propos justement de la gestion de Lula sur le golpe au Honduras : ils ont très bien perçu le fait que le Brésil voulait certes s’affirmer comme puissance économique mais également comme un acteur diplomatique de poids, indépendant voire rival des USA, et que Lula a les moyens de doubler cette crevure d’Hillary Clinton (et que c’est probablement ce qu’il cherche à faire). Bien évidemment, on est à des années lumières des "réflexions" de notre presse pravda, pour qui Lula n’est un dieu que s’il achète nos avions (attention, il a exigé la cession de la technologie aussi, malin le Lula hein^^, condition que les USA refusaient), sans comprendre les raisons qui l’ont fait tourner vers la France (et non pas par admiration béate pour notre Naboléon).

Je salue toutes les actions de Lula envers le Honduras pour ma part, le président brésilien n’a pas baissé son froc, il lutte de son côté pour doubler les gringos, réaffirmer le leadership de son pays et l’intégration continentale (attitude qu’on ne voit pas chez les autorités indiennes par exemple, qui n’ont pas vraiment l’ambition d’être un acteur diplomatique non aligné, mais juste d’enrichir son oligarchie). Je salue l’ambassade du Brésil qui a pris sur elle d’offrir refuge à Zelaya, et il est fort possible que les services secrets brésiliens aient un peu aidé à ce qu’il rentre au pays. Le Nicaragua ou le Salvador sont trop petits et fragiles. D’ailleurs, j’image Mauricio Funes suivre attentiement ce qui se passe au Honduras, car c’est très certainement un avertissement pour lui, vu qu’il a manifesté son intérêt pour inscrire le Salvador dans l’ALBA...

Vous avez remarqué que pour une crise pareille, les USA ont donné un rôle de "médiateur" au minuscule Costa Rica et non au géant brésilien, qui avait tout de même plus de poids et est tout à fait qualifié pour gérer ce golpe... heu pardon "crise hondurienne" selon la novlangue habituelle.

J’espère que cet article ramènera sur terre les détracteurs de Lula chez nos "gauchistes purs", qui n’ont de cesse de l’opposer à Chavez, Correa, Castro ou Morales, leurs idoles. Ces détracteurs qui se prétendent indépendants de la presse pravda utilisent les mêmes arguments, approximations, contre-vérités que ladite presse poubelle. Certes Lula m’a aussi un peu déçue (pour la question des paysans sans terre), mais le Brésil n’est pas l’Equateur, et les rapports de force sont tout autres, qu’il faut prendre en compte et analyser, même si on est des militants gauchistes, et non pas balayer d’une main. Je pense que Lula a sans doute conscience qu’il n’a pas fait tout ce qu’il a rêvé de faire socialement du temps où il était syndicaliste, d’où le fait qu’il ait concentré toute son attention et son énergie sur l’intégration continentale durant sa présidence.
C’est tout à fait pertinent de sa part, et c’est sans doute le bon bout par lequel il fallait commencer : le Brésil est la 1ère puissance du sous-continent américain, et s’il pèse le plus lourd dans la volonté de l’intégration continentale, c’est tout bénèf pour les "petis" (les pays de l’ALBA), alors que si le Brésil avait eu la même politique étrangère que la Colombie ou du Mexique vis-à -vis des sudaméricains, je pense que l’ALBA aurait été déjà liquidée et il n’y aurait pas d’UNASUR (bien que le Brésl ne fasse pas partie de l’ALBA, le fait qu’il ne la torpille pas et qu’il ait liquidé le projet d’ALCA de Bush, "protège" en quelque sorte l’ALBA).

Je garde donc un bilan positif sur ls 8 années de présidence de Lula qui a tenu son rang et a lancé les bonnes billes pour le développement du Continent, et je salue son action pour le Honduras. Tout ce que je viens de dire, je suis sûre que l’Empire l’a pressenti, en plus du fait que Lula ait piqué les JO au nez et à la barbe d’Obama, d’où le fait que les USA aient ordonné à leurs gratte-papiers de la presse poubelle d’écrire des articles négatifs sur Lula, pour également saboter la campagne de celle qu’il veut lui voir succéder (Dilma Roussef).

Lula avait également ouvertement critiqué notre presse pravda sur leur ingérence en Iran, et dit qu’à son sens, il est plus que probable que Ahmadinejad ait vraiment gagné les élections.

14/10/2009 23:48 par Coco

Trés peu de nuance dans l’article et dans les posts en ce qui concerne l’action de Lula : j’en profite donc pour rappeler au passage qu’il a fait voter une loi permettant l’appropriation privée à des fins d’exploitation commerciale de la foret Amazonienne. Cette loi permet à des entreprises privées d’obtenir des concessions pour exploiter les forêts publiques, même si l’Etat en conserve le titre de propriété.... Les contrats de concessions, on sait bien à quoi ils aboutissent avec l’exemple de nos grands, beaux et magnifiques vendeurs d’eau Français.

15/10/2009 00:09 par legrandsoir

@coco

"(Lula) a fait voter une loi"

Quel est le rapport de forces au sein du pouvoir législatif au Brésil ? Est-ce lui qui fait voter ?

Si quelqu’un a des infos...

15/10/2009 00:10 par Anonyme

je peux comprendre ce que vous avez a soutenir lula en le comparant a dauthenthiques revolutionnaires comme chavez ? vous me faites rire et le fait que c wall street par le biais de la boston fleet qui controle la politique monetaire bresilienne ? non washington ne veut pas quon labatte apres tout c un social liberal qui protege les entreprises etrangeres et les banques internationales surtout de londres et new york bien sur. allez dire a ces bresiliens vivant dans des favelas ou a ces paysans expropries. jaimerais bien savoir en quoi il serait social et nationaliste et je veux pas quon me serve des discours sur ceci cela. des actes voila ce que je veux apres tout il fait partie de ces gangsters mondialistes lhomme qui a trahi la classe ouvriere. et aux critiques qui pourraient venir je suis bien plus a gauche que certains soi disant progressistes payes par soros ou dautres qui soutiennent le nouvel ordre mondial. je ne soutiens pas les banquiers qui controlent le bresil et ces fmn a qui lula fait les yeux doux.

15/10/2009 01:13 par legrandsoir

Vous distinguez Chavez et Lula. Bien. Mais Chavez a l’air de bien s’entendre avec Lula et de l’apprécier. Et réciproquement. Pourquoi créer des divisions là où elles n’existent pas sur le plan continental ?

Même question que pour Coco : quelle est la marge de manoeuvre de Lula ? A-t-il une majorité à l’Assemblée ? Quels sont les rapports de forces au Brésil ? etc.

15/10/2009 00:21 par Coco

J’en profite pour rajouter à l’attention d’Anna, qu’en ce qui concerne Lula, son ambition est de développer une économie tout bonnement calqué sur la notre. Les mesures de solidarité qu’il à prise à l’endroit des autres pays d’Amérique de Sud ont uniquement pour but de constituer un pôle économique continental qui lui permettra de développer une monnaie suffisamment forte pour être influant sur les marchés mondiaux. De la part de peuples qui ont tant souffert de l’hégémonie financière et économique des USA, on est en droit d’être trés déçu, et surtout, d’être vigilant et nuancé.

15/10/2009 11:40 par Maxime Vivas

OIn dirait que Coco ne répond pas à la question "

"(Lula) a fait voter une loi"

Quel est le rapport de forces au sein du pouvoir législatif au Brésil ? Est-ce lui qui fait voter ?

Si, comme je le crois, il est minoritaire, les pousse-au-drame à la mode pinochiste nous suggèrent implicitement deux solutions :

- il passe en force, advienne que pourra.
- Il démissionne et reste pur.

Je ne crois qu’il y ait un seul pays en Amérique latine (hormis la Colombie) qui souhaiterait une de ces solutions.

Les Vénézuéliens, les Cubains, ne lui demandent pas ça. Preuve qu’ils sont un peu ramollis par rapports à certains détracteurs européens de Lula. Que les pays d’Amérique latine s’émancipent peu à peu de la séculaire influence US, soit, mais qu’ils nous demandent conseil, d’abord. En Europe, on sait faire.

15/10/2009 14:24 par Marie

Je ne supporte plus les donneurs de leçons à bon compte !

Lula a fait preuve d’un grand courage politique en accueillant Zelaya dans son ambassade au Honduras !

A n’en pas douter que ça doit bien emmerder les américains qui auraient eu plus de marge de manoeuvre politique à agir contre si Zelaya avait été héberger par l’ambassade du Vénézuela.Imaginez alors ce qu’auraient dit nos médias avec Chavez déjà tant diabolisé.

Ce fut une décision fort intelligente de la part des dirigeants d’Amérique latine, c’est un vrai bras de fer engagé pour le retour de Zelaya au pouvoir !

A Camille L M

Me choque votre mépris, souvent exprimé ici, des masses, du peuple, des gens, des prostitué(e)s(ci dessus) qui dénote un mépris de l’humanité même.

On ne peut être révolutionnaire sans amour, amour de l’humanité et foi en l’homme ce qui semble singulièrement vous manquer.

15/10/2009 14:48 par Camille Loty MALEBRANCHE

C’est vrai que Lula est allé défendre le secteur industriel du biocarburant l’an dernier. C’est aussi vrai qu’il mène une politique peu écologique en Amazonie. Mais bon, on ne fait pas ici le procès de Lula !

Sa position envers les pays de l’Alba dénote quand même une sensibilité "latino-américaniste" où au moins, il est solidaire avec le mouvement populaire bolivarien. C’est quand même bon pour l’Amérique Latine car le Brésil, géant du sous-continent, pourrait être d’un grave ennui contre les petits pays en mode révolutionnaire.

15/10/2009 16:36 par Camille Loty MALEBRANCHE

Chère Marie,
Vous me crachez ici votre désaveu avec force et colère. Il paraît que je vous ai fait vraiment mal sans le vouloir ! Je vous demanderais seulement de me prouver où j’ai affiché ce mépris de l’humanité dans ce que j’ai dit sur Lula ou ailleurs ? Remarquez que je suis ouvert à toute critique bonne ou mauvaise pourvu qu’elle soit vérifiable dans les faits, si vous en avez une contre moi, croyez-moi, très chère, je suis assez humble pour la recevoir en en tenant compte sérieusement.

N.B. Je ne suis pas donneur de leçon, je ne fais que proposer une vision que vous pouvez récuser par des contre-arguments si vous en avez, sinon vous pouvez problématiser, relativiser mes dires par des thèses solides comme on le fait si souvent ici dans la courtoisie de la bonne communication constructive.

Car après tout, nous sommes en famille au Grand-Soir-Info !

Bonne Journée Marie

15/10/2009 17:55 par Marie

@ CLM

Pour les donneurs de leçons ce n’est pas forcément à vous que je m’adressais,il y en a tout plein en ce moment qui par impuissance et frustration à mener à bien chez nous une alternative politique, notre propre révolution, critiquent durement ceux qui font chez eux, en fonction de leur rapport de forces et histoire.

Je suis tout à fait d’accord avec votre critique des médias, pas de votre mépris avec ceux qui les lisent :

une masse voyeuse d’imbéciles désinformés passablement coprophiles qui se complaisent de retrouver en eux comme dans des poubelles, leur propre insanité et perversion reprise par des folliculaires qui, comme des chiens que l’on nourrit, n’ont d’intérêt que leur ventre et la main leur jetant l’os quotidien éclipsant tout le reste de leur être.

Vous m’excuserez de ne pas rechercher sur ce site même d’autres écrits méprisants de vous, je ne botte pas en touche je n’ai pas le temps, mais si vous le souhaitez je le ferai à l’occasion.

Je ne comprends pas comment l’on peut travailler à avancer avec les gens en ayant une telle opinion d’eux...

15/10/2009 18:34 par Camille Loty MALEBRANCHE

Chère Marie,

Je sais que je méprise ceux qui ne font pas l’effort de s’informer et qui, gobant tous les mensonges du système ploutocratique, font perdurer le mal. Regardez-vous, vous faites l’effort de vous informer. Pourquoi toute cette foule petite-bourgeoise qui préfère le mensonge flatteur des grands médias de désinformation ? Je dis que c’est de la perversion narcissique où ils cherchent leurs propres idées arrêtées pour satisfaire leur égo mesquin et haineux du changement. Comprenez-moi, le système injuste où nous vivons, vit de ces petits-bourgeois vils qui altèrent l’opinion publique en relayant les bobards de la presse bourgeoise quand ils ne sont eux-mêmes journaleux de cette presse maudite.

Alors, vous conviendrez avec moi que j’ai le droit de les mépriser car ils sont méprisables. C’est même un devoir.

JE HAIS TOUT CE QUI DÉGRADE L’HOMME, A COMMENCER PAR LA DÉSINFORMATION QUI LE RÉIFIE DANS LA SOCIÉTÉ, EN LUI PRIVANT DES INFORMATIONS NÉCESSAIRES AU STATUT DE CITOYEN .

15/10/2009 20:11 par Anna

@Coco, je suis nuancée justement, et on dirait que vous n’avez pas lu le billet de Deronne ni compris mon argumentattion :

On parle ici du Honduras et de la politique de soutien de Lula, et des misérables gratte-papiers qui copient-collent la presse réac’ brésilienne, et qui crachent sur Lula et son engagement envers le Honduras.

Et mon intervention n’était pas de chanter les louanges à Lula à tue-tête, mais de saluer son courage diplomatique, et d’expliquer pourquoi, à mon sens, Lula a été bénéfique pour le sous-continent depuis 2002.

J’ai effectivement lancé une pique contre nos "puristes gauchistes" en France qui crachent sempiternellement sur le brésilien, et adorent l’opposer à leurs idoles bolivariennes, ce qui est preuve de leur aveuglément idéologique et de leur manichéisme primaire. J’ose espérer que vous ne croyez pas à la fable selon laquelle les leaders bolivariens furent des hommes d’exception, des héros providentiels, qui étaient à la tête du seul parti politique non pourri dans leur pays, et ont pu prendre leur pouvoir. Que ce soit le MAS de Morales, Allianza Pais de Correa ou le PSUV de Chavez, ce furent d’abord des réveils de la société civile tout au long des années 1980/1990, puis une convergeance de diverses organisations qui luttaient chacun de leur côté, qui ont porté les bolivariens au pouvoir. Les vénézuéliens eux-même disent "Chavez, c’est NOUS qui l’avont fait".

Un livre comme "Les EU du Mal Empire" cosigné par des communistes *enragés* comme Bleitracht, Dedaj et Vivas, lui-même ne tombe pas dans l’opposition stérile que vous semblez faire du genre "Hypocrite Lula" VS "Gentils Bolivariens", et nous rappelle que c’est Lula qui a mis un coup de poignard à l’ALCA et a même suggéré le volet Défense indépndante des USA dans l’UNASUR (d’où sa volonté de sortir des "conseillers militaires" états-uniens et le fait qu’il se tourne vers la France).
Il serait bien que certains cocos puristes sachent faire la part des chose, mettent en lumière les rapports de force (LGS te rappelle l’absence de majorité de Lula), et pourquoi pas écouter Fidel Castro qui lui-même n’a jamais conspué Lula, ne l’a jamais considéré comme un traitre à envoyer au goulag (dans ses entretiens avec Romanet, il parle des rapports de force antagonistes au Brésil).

Lula copie-colle le libéralisme européen ? T’as entendu parler des accords Argentine/Brésil pour commercer dans leurs monnaies, et de l’appui de Lula à la proposition sino-russe d’une nouvelle devise internationale (pour tuer le dollar US) ?

Il se passe une partie d’échecs entre Lula et Hillary Clinton/BHO au Honduras, avec au bout la possible confirmation d’un poids diplomatique indépendant du Brésil, et tout ce que vous trouvesz à faire, c’est cracher sur leur président. Si la démocratie revient au Honduras, moi je n’oublierais pas tout ce qu’on devra aux brésiliens. Il y a le fier peuple hondurien, ses soutiens de l’ALBA, mais c’est Lula qui pourrait faire la différence.

J’ai expliqué que pour moi son action est positive sur l’ensemble du Continent, et sa neutralité bienveillante vis-à _vis de l’ALBA a été bénéfique aux petits pays (il avait également critiqué notre presse pravda qui s’exitait sur le dernier référendum au Venezuela, et affirmé son soutien à Chavez), tout en ayant conscience des limites de l’émergence du Brésil. Mais on n’est pas ici pour discuter du Brésil en soit (et si j’ai évoqué les paysans sans terre, c’est parce que Deronne l’avait fait, et je te rappelle qu’il donne les pistes pour comprendre leur situation inique, qui n’est pas due à Lula seul). J’espère de tout coeur qu’un proche de Lula lui succédera ou un des candidats à sa gauche, parce que si le Brésil devait tourner à droite, l’ALBA pourra trembler...

PS : Soupirs, pour espérer voir les forces de gauche en France, HORS PS et verts con-bandits, cà d PCF+PG+Gauche Unitaire+NPA+MRC+Ecologie Indépendante+les Alternatifs+LO+POI+MPEP+etc se souder et converger comme le MAS, je peux toujours rêver...

16/10/2009 00:56 par Coco

Pour Anna

" Et mon intervention n’était pas de chanter les louanges à Lula à tue-tête, mais de saluer son courage diplomatique, "

Peut t’on parler de courage ? (ce n’est pas un jugement, c’est une question), le Brésil avait t’il réllement un autre choix compte tenu des forces en présence et de la faiblesse inédite des USA ?

Dans un contexte d’apauvrissement avéré des USA les capitaux mondiaux cherchent de nouveaux débouchés et s’orientent selon leur logique vers les pays ayant le plus fort potentiel de consommation. Pour cette raison, je pense que la construction d’un pôle continental économiquement et politiquement cohérent en Amérique du Sud est tout simplement inéluctable. Et finalement, que le soutien du Bresil à l’ALBA, les accords passés avec l’Argentine, et même le soutien apporté à Zelaya ne sont malheureusement que la traduction à court terme de cette construction à visée plus économique qu’idéologique. Et lorsque sur le long terme cette construction sera achevée, que se passera t’il ? L’histoire recommence ?

16/10/2009 07:03 par maxime vivas

@ Anna qui écrit :

Un livre comme "Les EU du Mal Empire" cosigné par des communistes *enragés* comme Bleitracht, Dedaj et Vivas, lui-même ne tombe pas dans l’opposition stérile

Merci pour l’appréciation positive de notre livre, mais à ma connaissance, aucun des trois auteurs n’est encarté ni "enragé".

Pour ma part, un "socialisme du XXIème siècle" m’irait bien et si j’en bave d’avance, c’est uniquement d’impatience.  :-))

16/10/2009 19:45 par Anna

@Coco, pour ma part, je voulais surtout aller dans le sens de Deronne et de sa critique des nos messe-médias pro-putschistes (on est vraiment tombé au plus bas de la novlangue avec l’expression "coup d’état étrangement démocratique" lue chez Le Monde ou Libé...), d’où le fait que j’apparaisse trop enthousiaste sur Lula à ton goût.

J’ai bien conscience que des forces au Brésil cherche à en faire un leader qui fait marcher ses voisins sous les fourches caudines d’une vision économico-politique hégémonique, sous le modèle libéral classique, d’où le fait que pour le moment, le Brésil ne cherche pas à briser les petits. Par exemple cet article sur les accords avec le Fernando Lugo sur la question du barrage d’Itaipu et les revandications du peuple paraguéen met bien en lumière cette ambigüité du Brésil
http://www.voltairenet.org/article161489.html . Je préfère lire ça que les déclarations à l’emporte-pièce du genre "Lula, sâle traître".

Cependant, je trouve que de dire de Lula qu’il l’Incarnasssion à visage socialiste de l’Impérisalisme est un peu une accusation facile et gratuite.
Et je ne suis toujours pas d’accord sur le fait qu’il ne prend pas de risques politiques dans la question du golpe hondurien, ou que ce n’est pas une si grande chose de sa part, ou qu’il était de toute façon obligé de le faire. Malgré le soutien du Brésil, malgré l’affaiblissement des USA dont tu parles, tu remarqueras que la situation est toujours dans le pourrissement alors que les élections s’approchent. Malgré le discrédit et la crise des USA, les putschistes tiennent "bon" pour le moment, même le poids du Brésil et la condamnation unanime du sous-continent ne débloquent pas la situation, pour l’instant, alors que dans tout autre cas, ça l’aurait été.

J’en reviens au "purisme" que je critique chez certains gauchistes européens : si Chavez a pu surmonter le golpe de 2002 c’est bien parce que l’armée US était ailleurs (au MO), il le dit lui-même ; si l’ALBA avance, c’est aussi grâce à la neutralité du Brésil (qu’elles que soient ses mobiles réels ou fantasmés, mais réduire l’entière populutation brésilienne à son oligarchie est injuste), etc. On dirait qu’il faudrait que les conditions soient toutes optimales et les intentions extérieurs toutes bienveillantes pour que "vous" (les puristes, mais je ne te vises pas personnellement) soyez satisfaits. D’où la pique de Vivas : oui en Europe on sait faire, hein...

@Maxime Vivas : c’est pour ça qu j’ai mis *enragés* entre étoiles, je voulais dire communistes tout à fait authentiques ; j’apprécie l’expression "socialisme du XXIème siècle" et j’ai aussi un faible pour "hypothèse communiste" d’Alain Badiou.

16/10/2009 23:51 par maxime vivas

@ Anna.

je pars un mois au Venezuela dans quelques jours pour voir ça de près. Je vous raconterai. En mon âme et conscience (j’suis pas journaliste à libé).

20/03/2016 10:55 par Daniel Santos Garroux

Je suis brésilien et j’habite à São Paulo, je ne suis pas francophone et je vous prie de m’excuser pour le fautes de français, mais je me sens obligé de me manifester. Chantal Rayes réproduit dans son article "Brésil : Lula, l’icône fracassée" le discours de la droite radicale brésilienne. Elle affirme, par exemple, que Lula est impliqué dans la corruption de Petrobras. Or, c’est n’est pas vrai du tout. Il n’y a aucun processus contre Lula au moment, aucun. Madame Rayes, au lieu de faire son travail de journaliste, a seulement reproduit les articles de la presse jaune des journal d’extrême droite comme Folha de São Paulo e Estado de São Paulo. Les gens qui pronnent le Coup d’État son aussi contre les droits des femmes, des homosexuels, des noirs, des pauvres, c’est l’extrême droite. Cette journaliste reproduit les affirmation infondées d’un journal comme Folha de São Paulo, qui a supporté la dictature de 64-84, qui cachait l’assassinat des journalistes comme Vladimir Herzog. Madame Chantal Rayes ne dit rien non plus sur les manifestation géantes de la gauche, qui lutte contre la privatisation de la Petrobras, contre la reforme du code de travail que la Fiesp (l’institution qui financie les manifestation de la droite radicale) veut mettre en action. Le ministre Gilmar Mendes, qui a empêche Lula de devenir ministre, a voté contre la reforme politique parce que celle-ci empêcherait les entreprises de financier les campagnes électorales. Gilmar Mendes a aussi défendu avec tous ses forces Daniel Dantas, le banquier corrompu. Peut-être que Madame Rayes ne connait pas le Brésil parce qu’elle n’a jamais sorti des quartiers riches à côte de l’avenue Paulista. Je lui suggérerais de connaître la réalité des quartiers de banlieue, beaucoup plus nombreux, avant de parler au nom de la population.

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