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Ces Français qui voulaient un Roi

Macron a bien réfléchi : « Tout le système social, on met trop de pognon, on déresponsabilise, on est dans le curatif ». Bien inspiré, Henry de Montherlant écrivit : « La plupart des hommes recèlent en eux-mêmes leur propre caricature. Et cette caricature ressort un jour, à l’improviste, sous le coup de l’événement. »

Tous les cinq ans, maintenant, lors d’une grande et profonde respiration démocratique, les Français se choisissent un monarque républicain, dans une immense communion nationale, en souvenir d’une grandeur à jamais révolue. C’est le circus maximus avec force effets spécieux de com’ . Les méchantes langues diront que les Français sont comme « les Grenouilles qui demandent un Roi » (1). Ensuite, ils replongent, sombrent à nouveau dans l’apathie, l’indolence, l’indifférence, dans le gris du quotidien, avec la conviction erronée du devoir citoyen accompli.

Après avoir opté pour un énergumène du genre excité, ils jetèrent leur dévolu sur « un roi tout pacifique », du moins en apparence, sur un « président normal ». Ce roi de l’anaphore, même s’il usa de l’état d’urgence pour une tartufferie internationale (une COP 21 sans lendemain), fut semblable à ce soliveau jeté parmi les batraciens de la fable de La Fontaine.

Le peuple se lasse très vite : il faut dire que de nos jours tous les produits sont si rapidement frappés d’obsolescence. Donc ce peuple a aspiré à du neuf, à du vrai changement. Il pouvait croire à l’apparente jeunesse d’un nouveau prétendant, tout frais émoulu de ses classes ministérielles, jamais adoubé par la moindre élection : ce peuple allait être servi (servir, terme de vénerie : achever).

La révolution était en marche : le monde des affaires avaient présenté, promu son dévoué, son affidé, son fondé de pouvoir. Il restait à convaincre, à fabriquer le consentement, et à l’introniser. Il y a le chef d’orchestre (le faiseur de roi) et les musiciens : ces derniers sont les médias, étymologiquement les moyens, ils sont majoritairement là pour divertir et pour « façonner » (étymologie de « informer »), ils « travaillent » de concert l’opinion publique, ils jouent leur partition.

Passé la théâtralisation inaugurale, les travaux ont pu rapidement débuter. Au diable le permis de déconstruction : l’innovation n’attend pas. Le public s’est choisi librement ou non un monarque sans connaître son « projet », comme si la « belle gueule » du porteur de projet suffisait à séduire les électeurs. Au diable le contenu pourvu qu’on ait l’ivresse, n’est-ce pas ?

C’est ainsi que ceux qui voulaient un roi et ceux qui n’en voulaient pas se sont fait dépouiller par petites touches : c’est cela la théorie du ruissellement, les petits gains sordides forment les grandes fortunes. Le « projet » était pourtant clair : il s’agit d’en finir avec le programme, « le programme du CNR ». C’est cela la révolution au sens astronomique : un mouvement elliptique qui ramène au point de départ.

Petit rappel, toujours utile pour une parfaite vaccination :

« II - mesures à appliquer dès la libération du territoire

Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques groupés au sein du CNR proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la Libération : [...]

4) Afin d’assurer :

- l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;
- la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;
- la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères ;
- la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;
- l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;
- le respect de la personne humaine ;
- l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;

5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :

a) Sur le plan économique :

- l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;
- une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des États fascistes ; [...]
- le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;
- le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;
- le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.

b) Sur le plan social :

- le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;
- un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ; [...]
- la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;
- un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;
- la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;
- l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, [...]
- une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ; [...]

d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires. » (2)

Ce programme bien qu’écrit en 44 reste toujours pertinent !

Comme si le temps était compté, les prochains chantiers de démolition se profilent déjà, c’est quand le fer est encore chaud qu’il faut le battre. Il faut en finir avec « le système de retraite par répartition et solidaire » (3), pour mieux imposer un système par points à l’égalité trompeuse (3). Il faut aussi tailler dans le gras. Les pauvres sont obèses plus qu’à leur tour. Ils votent moins. Pourquoi se gêner ? Bercy préparerait 7 milliards d’économies sur les minima sociaux (Le Canard Enchaîné du 6 et 13 juin). Dans le même temps, le « verrou de Bercy » préserve l’anonymat, épargne les intérêts des « évadés fiscaux ». Il est des délits qui sont réprimés avec dureté et publicité. Et il en est d’autres qui se règlent dans la douceur et le secret des officines.

Comme tout l’édifice repose sur la propagande (et non pas sur les résultats, des résultats toujours plus inégalitaires), il devient utile, en guise de diversion, de faire la chasse à ce qui pourrait nuire, à ce qui sera taxé de fausses-nouvelles : c’est l’hôpital qui se moque de la charité et qui monte en fiacre. En effet, les secrets des affaires et de l’État sont promus à un bel avenir, quand dans le même temps, les lanceurs d’alerte sont toujours exposés... In fine, il n’est de vérité qu’officielle.

Chaque étape, chaque succès incitent au chantier suivant. Mais le problème avec les marches triomphales, c’est l’hybris, c’est l’ego démesuré. Ils vous coupent irrémédiablement du monde, des réalités. Ils vous aveuglent, vous isolent. Les succès faciles rendent audacieux. Et c’est déjà l’heure du premier faux-pas, puis les suivants, par excès d’assurance, deviennent échecs. Et la belle mécanique promise à un bel avenir s’emballe. Malgré l’emballage, le pur produit de la com’ finit par décevoir, par agacer, voire par dégoûter (d’autant, qu’il a été choisi, en partie, par défaut). Et « les clients » finiront par comprendre qu’ils se sont fait gruger.

Déjà, les mauvaises fréquentations s’enchaînent : les vigoureuses poignées de main avec un psychopathe avant le camouflet économique, comme les franches poignées de main avec un criminel de guerre avant le prochain massacre, sont révélatrices d’une absence affligeante du sens de l’Histoire.

L’illusion de grandeur s’évanouit, comme si tout n’est qu’apparat factice.

Cinq ans, c’est long. Cela en laisse du temps, du champ pour déconstruire les conquis sociaux, les idéaux...

La morale, car il en faut bien une, n’est pas celle de La Fontaine (« Que votre premier roi fut débonnaire et doux, De celui-ci contentez-vous, De peur d’en rencontrer un pire. »). Elle serait plutôt : quand on se prétend libres, quand on se rêve démocrates, il ne faut jamais déléguer ses pouvoirs sans faculté de révoquer ses représentants à tout moment. Signer un blanc-seing valable cinq ans n’est que pure folie.

PERSONNE

(1) Les Grenouilles qui demandent un Roi, La Fontaine :
http://www.lafontaine.net/lesFables/afficheFable.php?id=47

(2) Les jours heureux, https://www.humanite.fr/politique/les-jours-heureux-le-programme-du-conseil-national-542380

(3) Macron lance le chantier du big-bang des retraites, L’Humanité du 1 juin 2018 : https://www.humanite.fr/macron-lance-le-chantier-du-big-bang-des-retraites-656192

COMMENTAIRES  

15/06/2018 20:51 par irae

The fault is not in our stars but in ourselves. William S.

15/06/2018 22:44 par Georges SPORRI

Dans les métropoles impérialistes s’allier avec la bourgeoisie nationale pour "libérer" le pays finit toujours mal pour la classe ouvrière qui ramassera des miettes pendant la "reconstruction" puis subira les lois du capitalisme = paupérisation relative en période de croissance et paupérisation absolue en période de crise ! Alors il ne faut pas idéaliser le CNR et surtout ne pas recommencer !

16/06/2018 00:50 par Danael

En effet le CNR ne peut survivre en mode capitaliste, on en a à présent la preuve et il sera suranné en mode socialiste. Donc il ne peut servir que de point de repère pour nos pertes présentes.

16/06/2018 00:56 par Roubachoff

Pourquoi cette présentation méprisante de l’élection 2017 ? Loin d’avoir adoubé un monarque, les électeurs se sont trouvés devant un choix truqué entre quatre candidats dont aucun n’était convaincant :
A) François Fillon
Programme à la Thatcher, plus de telles casseroles qu’il aurait été un président haineux.
B) Marine Le Pen
Est-il nécessaire d’argumenter ?
C) Jean-Luc Mélenchon
Un programme sympathique mais irréalisable faute de vouloir prendre les mesures dures qui s’imposent : sortie unilatérale de l’UE, dépassement radical du capitalisme. (Pour anticiper les remarques finaudes, je ne prétends pas que ce serait facile, loin de là.) De plus, et malgré la légende qui se répand aujourd’hui, où étaient les réserves de voix pour le second tour ? Battu à coup sûr contre Fillon ou Macron, Mélenchon ne partait même pas gagnant face à Le Pen, parce que la droite (j’inclus le PS) préfèrera toujours une dinde fasciste à un président progressiste.
D) Emmanuel Macron
Le libéral lambda, parfait pour jouer les rustines. Ce type n’a convaincu pratiquement personne, il s’est contenté de gagner un concours de circonstances. On s’en apercevra en 2022.
Depuis 2007, chaque élection présidentielle souligne que nous sommes dans une impasse. Etranglé par l’UE, attaqué par les néo-libéraux, ce pays n’a plus de marge de manœuvre. Au sortir de trois désastres consécutifs, le plus déprimant sera de subir le "coup d’après".

16/06/2018 06:31 par calame julia

Mais personne n’avait des réserves de voix ! puisque le président lui-même fut élu avec moins
de cinquante pour cent des votants...abstention record.
S’il nous arrivait de demander "mais quelles réformes voulez-vous qu’il fasse" ?
C’était l’étonnement et ...motus. Aujourd’hui nous sommes fixés et il n’y a que les
REM pour répondre... ce qui fait peu de monde.

16/06/2018 10:22 par irae

Cher Roubachoff

Dans cette élection 2 programmes thatcherien dont un bien dissimulé un d’extrême droit et un réaliste puisqu’il demandait l’impossible. Mais il fallait vouloir prendre le risque de tout casser.

Au lieu de ça l’électeur a cru jouer la sécurité. Bien vu on est hyper protégés en tout.

16/06/2018 10:36 par CN46400

@ Roubachoff
- C’est quoi la différence entre la politique de la bourgeoisie à Bruxelles et la politique de la bourgeoisie à Paris ?
- Pouvez-vous citer une contrainte, taxe ou impôt quelconque, infligée par l’UE à la bourgeoisie française ?
Pendant que les néos Don Quichotte regardent tourner les moulins à vent de Bruxelles, le roi de la bourgeoisie française dévalise les prolos français....

16/06/2018 11:12 par Roger

Donc,selon Roubachoff, aucun candidat n’était valable ?
C’est peut-être ce que se sont dit la moitié des électeurs...?
Je me demande si Mélenchon ...hein ? Quand même !
On peut s’interroger sur le "réalisme" de certaines bonnes idées, mais tant qu’on les a pas essayées, c’est de la pure spéculation.
La politique n’est pas une "science", c’est une activité fondée sur des opinions, c’est pourquoi la démocratie ne donne pas, en principe, le pouvoir aux experts, mais au peuple...S’il se trompe il en assume les conséquences et modifie sa Politique, contrairement aux experts qui sont actuellement au pouvoir : si le libéralisme capitaliste de marché ne marche pas bien, c’est parce qu’il n’est pas complet, donc approfondissons-le en faisant toutes les réformes structurelles jusqu’au bout (faut être moderne hein ?).
En attendant, ces "experts" et leurs valet comme leurs commanditaires se mettent à l’abri !

16/06/2018 11:14 par Autrement

Roubachoff

Un programme sympathique mais irréalisable faute de vouloir prendre les mesures dures qui s’imposent : sortie unilatérale de l’UE, dépassement radical du capitalisme (...) Mélenchon ne partait même pas gagnant.

Parce qu’en proposant tout de go ces "mesures dures" (indispensables à terme, c’est vrai), Mélenchon "serait parti gagnant " ?

Battu à coup sûr

Même "battu à coup sûr" mais présent au second tour - et cela était possible -, ç’aurait été un fameux élan nouveau pour la mobilisation des classes populaires et pour les luttes, et le rapport des forces s’en serait trouvé grandement modifié dans le bon sens, y compris aux législatives.
Comme quoi la surenchère n’est pas forcément un facteur positif, quand tout le terrain est miné par les combines politiciennes (farce de la "primaire" !) et les manipulations médiatiques.
Et puis chacun tire les leçons des événements en fonction de sa propre stratégie. Quelle est la vôtre, concrètement, pour l’avenir immédiat ?
(Bien cordialement).

16/06/2018 11:43 par Emilio

Impasse sûrement , très peu de gens pensent encore à un autre possible politique , encore moins via les politiciens ..
Impasse sociétale , "c’est quoi ton, notre avenir ? "PFFF . Qui rêve encore d’un mieux ? Peut-être quelques uns conscientisés ..et pas encore bombardés à NDDL !?

Un rat cherche à fuir devant un stress ou une agression . Un rat dans une impasse , attaque parce qu’il n’a plus d’autres solutions de survie ..

Les réalités des monarques des Louis au sarko-macron du menu du jour , ils ne les connaissent absolument pas ! Les millions d’electeurs versus les millions de vues sur you tube , en français , et écouter massivement tous les jours en permanence .. versus blaireaux de palais qui se la pètent as usual devant des caméras >> OÙ est la réalité sociale ?

TOUS les jeunes ( du peuple en tout cas) écoutent cela , pas les enfants et clones des sarko macron , c’est sûr .

SAUF que maintenant les gars ont les moyens de leurs idées ,le fric pour s’acheter des montagnes d’armes de GROS calibres , via la drogue !

Plus de révolutions , plus d’idéaux de changements de société , t’es pacifiste et tu te fais massacré par les chiens du système ..pff mais des rêves de CHAOS , de gangs de contrôle de SES territoires ! Et écouter cela toutes les journées créent des égrégores .. Et certains ont clairement des appels au djihad EN PLUS ! Les flics , eux , sont envoyés sur ordre dans la campagne , PARCE QUE macron et ses bourges autour , croient que LÀ est le risque pour eux ... mouais .. le risque est là où les eaux sont dormantes , et çà bouge déjà sacrement en dessous , non ?

Allez voir ( faites l’effort même si vous n’aimez pas cette musique , mais regardez les images , sociologiquement analytique !) ET le nombre de vues sur you tube .. Qui a déjà le pouvoir en France , la police des macron le pen and co ..leur TV anésthésiante ... ou bien déjà LA RUE ???
Kaaris - Zoo
26,840,901 vues

Rohff - Déterminé
9,093,193 vues

Booba - Bakel City Gang
17,960,518 vues

La Fouine -La Fête des Mères
16,150,158 vues

Booba feat Kaaris - Kalash
30,031,370 vues

Lacrim - Mon Glock Te Mettra A Genoux
28,743,767 vues

Lacrim - Sablier
43,871,889 vues

SEXE DROGUE ..ET KALACH !!!
Et quand on est jeune , parqué dans des ghettos , qu’on s’ennuie comme des rats morts , on attend qu’ UNE chose , les bavures pour exploser SA violence sociale .. Pensez-y , ou bien regardez ailleurs , mais LA réalité est LÀ .. que vous le vouliez ou non .. à 2 pas de chez vous ! Hier , Higelin chantait " Alertez les bébés " ..aujourd’hui ce serait " Alertez les macronisés " Et cette fois les flics se marreront moins qu’a NDDL .. !

16/06/2018 12:55 par Georges SPORRI

@Emilio - La "banlieue rouge" a commencé à se désintégrer en 1972 ( union ! action ! programme commun ! ça mène à refoutre les élections républicaines au centre du jeu et à marginaliser la lutte des classes / Et si tu ajoutes des "référendum populaires" ça aggravera cette marginalisation-refoulement ) . 33 ans après , 2005, émeutes des banlieues qui répondaient à la crétinisation du peuple , à la caviardisation de la "gauche", à la défaite humiliante de 2003, à l’hystérie sécuritaire + délire répressif de 2002 ... Ces émeutes n’ont pas été considérées comme un phénomène positif ni comme une opportunité : la gôche n’a même pas demandé la démission du ministre de l’intérieur ni une enquête / audit sur les techniques de maintien de l’ordre et l’utilisation trop fréquente et banalisée de la police comme appareil sociétal. Les droitiers et les collabos ont préféré promouvoir l’islam avec un débat racistoïde contre les 127 lycéennes bigotes voilées.
Alors, en 2007 le ministre de l’intérieur est devenu président ... Et la banlieue rouge n’a pas été reconstituée ... Et nos alliées : les pétromonarchies, nous ont fourni gratuitement quelques attentats "islamistes" répugnants et débiles, histoire de continuer à crétiniser le débat politique et le discours des media ....
Résultat en 2018 : FN + Dupont Gnangnan + Philippot + UPR + LR préparent la naissance d’un parti nouveau encore plus sécuritaire et crypto raciste que le vieux sarkozysme , et ce parti là n’hésitera pas à déclencher la "guérilla urbaine" pour pouvoir cogner très fort !

16/06/2018 13:47 par Papon

Le même Montherlant disait "je sais comment on s’élève dans la société, en foulant à chaque marche quelque chose de sacré".

16/06/2018 18:01 par HUGO

A Roubachoff

« « C) Jean-Luc Mélenchon
Un programme sympathique mais irréalisable faute de vouloir prendre les mesures dures qui s’imposent : sortie unilatérale de l’UE, dépassement radical du capitalisme. (Pour anticiper les remarques finaudes, je ne prétends pas que ce serait facile, loin de là.) De plus, et malgré la légende qui se répand aujourd’hui, où étaient les réserves de voix pour le second tour ? Battu à coup sûr contre Fillon ou Macron, Mélenchon ne partait même pas gagnant face à Le Pen, parce que la droite (j’inclus le PS) préfèrera toujours une dinde fasciste à un président progressiste. » »

A propos de la sortie unilatérale de l’UE et du dépassement radical du capitalisme deux remarques amicales s’imposent à mes yeux.

1 – Sortie unilatérale de l’UE : si je ne me trompe pas sur tes convictions, nous sommes vraiment mal placés pour demander à Jean Luc Mélenchon de sortir unilatéralement de l’UE, Chassaigne (le potentiel candidat du PCF de 2017) n’en ayant pas même émis l’idée à l’aube des élections présidentielles ! JLM lui, ayant expliqué dès 2016 « l’UE, on la change ou on la quitte ! ». Cette idée fait son chemin au sein de LFI mais n’est pas majoritaire. J’ai eu récemment l’occasion de participer à l’organisation d’un interview de Djorgje Kuzmanovic, son discours à propos de l’UE et de sa politique internationale, aussi belliqueuse que celle de Washington, abonde dans ce sens, nuancé du fait que LFI est quoi qu’on en dise un ensemble plutôt hétéroclite qu’il convient d’appréhender dans toutes ses composantes individuelles.

2 – Dépassement radical du capitalisme : alors là c’est assez mal venu ! Il s’agit de la new langue des « suppôts de Hue, Buffet et Laurent » (congrès de 1994) qui ont abandonné « le projet de socialisme » au profit du dépassement du capitalisme. En ce qui me concerne le « dépassement du capitalisme » cher à la DIRECTION DU PCF est une diversion de plus pour créer la confusion, une voie sans issue puisque sans projet de société formulé, un moyen de décerveler la jeunesse pensant adhérer à un Parti révolutionnaire ! Rien de moins !

17/06/2018 00:51 par T 34

Quel type de partisan de Macron êtes vous ?

18/06/2018 04:56 par Roubachoff

@HUGO
1) L’ennui avec Mélenchon, c’est que sa position sur l’UE est et reste instable et fluctuante. En 2015, il a commencé par plaindre ce pauvre Tsípras, qui avait "négocié avec un pistolet sur la tempe". Comme si c’était un scoop ! Et comme si Varoufakis, bien placé pour assister au désastre Papandréou, n’avait pas su ce qui les attendait longtemps avant qu’ils arrivent au pouvoir. Dans les années trente, un juif pouvait-il envisager de "changer" le parti national-socialiste ? Un Noir Américain devait-il essayer de "refonder" le Ku Klux Klan ? Merkel, Juncker et les autres, tous les autres de cet acabit, ne sont pas des adversaires, mais des ennemis. Si on les laisse faire, ils détruiront l’Europe - je parle du continent, qu’il convient de distinguer de leur fédération cauchemardesque. L’expérience prouve que tout mouvement "radical" qui manque de détermination avant d’accéder au pouvoir finit immanquablement par se renier quand il y accède. Repense au "grand tournant de 1983", à la Grèce, à Podemos qui se droitise régulièrement. Je déplore qu’il en soit ainsi, mais c’est pourtant le cas.
2) Appelle ça "appropriation collective des moyens de production, de gestion et de distribution des richesses", si tu préfères. Ou propose un autre nom, je t’en serai reconnaissant. L’important, c’est de faire comprendre aux gens que la social-démocratie (l’ambition clairement formulée d’un Iglesias ou d’un Corbyn, par exemple) est devenue un leurre. Partout, les ultra-libéraux ont fait ce qu’il fallait pour qu’elle ne soit plus praticable, et ils sont prêts, de plus ou moins bon cœur, à passer le relais à l’extrême-droite pour qu’elle finisse le sale travail. Regarde ce qui arrive en Allemagne, un pays que je connais bien depuis longtemps. Aujourd’hui, il est aussi ingouvernable que l’Italie à ses pires moments, son parti socialiste se suicide et la fraction la plus dure de la droite "républicaine" s’alliera à l’extrême-droite si c’est nécessaire pour garder le pouvoir. Voilà où nous en sommes, et dans notre impuissance, nous pouvons au moins contribuer à dresser un constat lucide de la situation.
Amicalement

18/06/2018 09:34 par Georges SPORRI

@Roubatchov ... Les partisans frénétiques du frexit imbécile par l’article 50 nous plantent : c’est une ineptie tactique ! Il faut d’abord foutre le souk en Franchouille , remporter des victoires contre Macron-Gattaz et Cie / puis prendre le pouvoir / puis entrer en conflit avec l’UE et y semer la zizanie jusqu’à se faire virer ( = négocier en position de force ) // Moi, je peux dire ça parce que je ne suis pas candidat aux présidentielles / Mélenchon ne peut pas ... Un peu de subtilité et de sens des rapports de forces politiques SVP ...
Par ailleurs il faudrait sortir de l’UE sur une base communiste internationaliste et surtout pas sur une base nationaliste, fut elle soit disant "progressiste" . Ceux qui veulent refaire le CNR nous trahissent : la collaboration de classe finit toujours mal pour la gauche et toutes les classes populaires !

18/06/2018 18:06 par babelouest

"Internationaliste", Georges ? Mauvaise pioche. On ne pourra changer quelque chose que dans un pays qui a verrouillé ses frontières. Et bien entendu mis à l’ombre tous ses banquiers et leurs copains, afin de redonner au Peuple et aux citoyens de base le Pouvoir. Là-dessus nous ne pourrons jamais être d’accord.

18/06/2018 21:06 par Georges SPORRI

@Babelouest / La définition du capitalisme = marché mondial / et du socialisme inférieur ( 1ère phase ) = économie mondiale planifiée ...
Changer les choses dans 1 seul pays = possible mais pas satisfaisant car il faut maintenir des dépenses militaires +++ et un état policier potentiellement oppressif . CQFD

19/06/2018 06:41 par babelouest

@ Georges
Pourra-t-on changer la structure de TOUS les pays à la fois ? Il est évident que non, surtout en Amérique du Nord. Donc il faut que cela commence par un pays, puis un autre.. l’inverse est nécessairement une utopie irréalisable. C’est une façon de crier beaucoup, tout en sachant pertinemment que cela ne sert à rien. Au contraire, cela permet au patronat le plus élevé de raffermir toujours davantage sa mainmise partout.

Donc, si, il faudra bien qu’un pays, encore politisé comme la France, s’y mette, et les autres pourront suivre. Nous n’avons qu’UN seul ennemi, la Finance, avec les deux pinces du crabe que sont l’union européenne et l’OTAN. L’Internationale le dit bien, en fait : elle ne s’appelle pas La Globale. Donc, nous savons précisément où frapper pour désorganiser, puis démolir notre ennemi : c’est la City de Londres.

19/06/2018 10:14 par CN46400

@ babelouest
ET au bout de ce raisonnement, une issue connue : "le socialisme dans un seul pays" ! Un petit paradis, baignant dans le miel, qui attire toutes les mouches de la terre.....

19/06/2018 11:00 par Emilio

Un seul ennemi la Finance , oui, en clair les banksters de la City et de sa filiale nord américaine de wall street . Et leurs mercenaires de la Cia en liquidateurs d’agents Smiths !

Sauf que mon analyse , est différente , parce que je tiens compte de comment ces gens là , sont capables de ruiner un pays dissident , comme le Vénézuela , mon pays voisin et ami dans leur démarche d’indépendance. Valable aussi dans le cas de Cuba , mais qui a su faire face , en durant du moins, et non sans peines , par des démarches de souveraineté alimentaire entre autres , ou valeur ajoutée d’import / export autres comme les médecins , ou valeur ajoutée d’import / export comme le tourisme. Divers fronts économiques , qui répondent aux attaques possibles des mercenaires de la Cia, agents Smiths des banksters . Et aussi un ordre socialiste fort , qui rend très difficile les types d’attaques déstabilisatrices genre « guarimbas » du Vénézuela , répliquées , en ce moment , au Nicaragua .

Babelouest , camarade , tu connais l’expression « mettre la charrue avant les bœufs «  ?

Vouloir une indépendance politique , sans indépendance économique , ben c’est aller direct au casse pipe , dans une guerre inévitable contre les monstres ! Et c’est justement là-dessus , via le capitalisme mondialisé , que le renard garde ses poules dans le poulailler
.
Le Vénézuela a ce talon d’Achille dans son économie , sa totale dépendance à 96% au pétrole. Et un pétrole lourd , qui demande à être mélangé avec un pétrole léger d’ailleurs , et raffiné ..dans des raffineries qui se trouvent aux USA ! Alors volonté d’indépendance politique , certes et très bien , mais des attaques incessantes des mercenaires liquidateurs de la Cia sans discontinuité et violentes ! A cause de leur emprise sur l’économie .

Je te laisse faire ta propre analyse de cette indépendance économique actuelle de la France , dans ce monde capitaliste mondialisé .. Une toile d’araignée et la France , comme la plupart des pays , à degré divers , est une mouche !

Asselineau , en emblématique anti UE , mais insignifiant en terme de contre pouvoir , parle comme un fonctionnaire de ministère , en changement politique ..mais encore une fois , un pays qui va contre l’Ordre mondial , va au casse pipe si cette indépendance économique est dépendante des autres pays.
Il faudrait pour cela que tous les pays aient cette démarche , en même temps . Probabilité ..zéro , sauf effondrement financier des décideurs , et effondrements économiques en suites , mais là le chaos serait tel , que construire un autre possible collectif ne serait pas la priorité , mais celle du "sauve qui peut" individualistes !
J’ai dit ^^

19/06/2018 11:05 par Georges SPORRI

@Babelouest / La révolution communiste sera mondiale, mais bien sûr elle commencera quelque part / Le capitalisme se chargera de la propager en devenant de plus en plus exploiteur et oppressif pour surmonter sa crise générale = paupérisation absolue et guerres /
Alors, il ne faut bien sûr pas fantasmer une révolution mondiale qui commencerait le même jour et à la même heure en tenant compte du décalage horaire ... Si cette révolution restait confinée sur un trop petit territoire elle subirait les sanctions et les menaces militaires de l’impérialisme toujours dominant , devrait en tenir compte , serait obligée de limiter les libertés et de financer une armée chère ... Puis de radoter pour justifier ça ...

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