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Adresse aux militants du front de gauche

Le front de gauche fait un peu plus de 11% au 1er tour. C’est un score tout à fait honorable qui acte incontestablement l’émergence d’une nouvelle force politique de gauche mais qui est tout de même quelque peu décevant au regard des espoirs qu’avaient suscités les déferlantes humaines de Bastille, du Prado et d’ailleurs, venues entonner des airs de YA BASTA pour donner corps à la révolution citoyenne que Jean-Luc Mélenchon dit vouloir.

Alors pour tenter de comprendre les raisons de ce succès trop relatif au goût de nombreux militants et sympathisants et faire en sorte qu’aux prochaines échéances, les idées du Front de Gauche continuent de progresser et recueillent au moins 15/20% des suffrages, il me semble indispensable de réfléchir à ce qui « en interne » a pu limiter l’audience électorale du mouvement et de ne pas trop s’épancher sur les ennemis traditionnels de la souveraineté populaire dont il ne faut tout de même pas s’étonner qu’ils aient, comme d’habitude, eu recours aux subtilités les plus sales et grossières pour discréditer les idées du progrès social.

Plutôt que de s’offusquer de ce que des médias conservateurs aient pu user d’attaques ad hominem pour disqualifier les idées progressistes du Front de Gauche, il conviendrait tout d’abord de chercher à comprendre et à prévenir ce genre de bévues. Pour reprendre l’exemple de l’affaire Patrick Buisson, comment se fait-il après tout que des journaux foncièrement réactionnaires ait pu trouver pareille opportunité de salir notre mouvement populaire à quelques jours des élections ? L’invitation que Mélenchon a honorée en venant assister à la remise de la légion d’honneur dudit Buisson, transfuge d’extrême droite et idéologue en chef du Président de la République, n’est-elle pas de nature à légitimer quelques questions pour qui souhaiterait s’assurer de l’intégrité de son candidat ? Les militants du front de gauche ne doivent-ils pas tenir leur candidat comptable de ce type de relation médiatique ? L’ironie laconique en guise de réponse était-elle la meilleure façon de convaincre ceux qui hésitaient encore ? Bref, l’annihilation, au moyen d’une explication claire et absolument convaincante, des présomptions de compromission que des papiers cherchent à nourrir, eut été largement préférable. De même, le Front de Gauche est légitime à vouloir comprendre les raisons intimes de cette autre demi-bévue qu’a constitué l’entretien de Mélenchon avec Médiapart sur l’abstention de ce dernier lors du vote qui a eu lieu au Sénat pour la saisine du conseil constitutionnel sur le conflit d’intérêts évident ayant entaché l’élection de Serge Dassault au Sénat. Prétendre qu’il était plus sensé de s’abstenir au motif qu’une telle saisine avait déjà eu lieu dans un passé lointain et qu’elle s’était soldé par une décision négative dudit conseil est pour le moins douteux. A supposer que la jurisprudence des sages de la rue Montpensier ne fût largement évolutive et passablement arbitraire (dans les marges que lui autorise le bloc de constitutionnalité), il n’en restait pas moins, à l’évidence, tout à fait opportun sur le plan des principes de soutenir la force qui manifestait là son refus que des mastodontes - en l’espèce de l’armement et des médias ! - vivant largement de commandes publiques mirobolantes puissent voter les crédits de ces commandes publiques ! On imagine mal qu’une assemblée votant à l’unanimité en faveur d’une telle saisine n’ait pas au moins une portée symbolique susceptible de générer quelques changements souhaitables.

Alors appliquons-nous d’ores et déjà à nous-mêmes les vertus de la « démocratie participative » (pléonasme pour qui n’oublie point que la démocratie, dans son acception originelle, n’a strictement rien à voir avec le gouvernement représentatif, consubstantiel de l’oligarchie ; ce gouvernement représentatif dont Rousseau disait que « c’est une forme de servitude ponctuée de brefs instants de liberté ») et faisons en sorte que les égarements soient publiquement corrigés. Sortons de l’enfance et arrêtons de considérer que la vertu ne saurait jamais faire défaut aux représentants que l’on se choisit. Soyons présents et rappelons-nous à cette obligation du peuple souverain qui est de contrôler en permanence ses représentants. Sinon c’est l’abandon qui nous perd…En l’espèce, je dis donc qu’il aurait été préférable de mettre les choses au point sur ces positions qui interrogent. Clarifier, c’est moraliser dit le philosophe.

J’en viens maintenant à cette stratégie du Front de Gauche qui a fait du Front National l’une de ses cibles privilégiées. Bien sûr, il y a lieu de condamner ce parti avec la plus grande fermeté en raison de tous les relents xénophobes qui en émanent. Mais le traitement exclusif et particulièrement véhément que Mélenchon lui a réservé avec force insistance ne fait-il pas précisément le jeu du FN épouvantail que le système scénarise pour détourner des vrais enjeux ? N’est-ce pas là exciter davantage le racisme que l’on prétend combattre ? A remuer cette soupe merdique que le politique concocte avec talents, les relents nauséabonds qui s’en dégagent ne se diffusent-ils pas encore bien davantage ? Et puis au fond, investir autant d’énergie contre celle qui capitalise sur la haine des gens qui se trompent de colère, par désarroi et ignorance, n’est-ce pas se tromper de combat et s’en prendre aux conséquences plutôt qu’aux causes ? Il faut au contraire remonter la chaîne des causes et agir sur les causes premières comme s’évertue en ce moment à le répéter Etienne Chouard dont les conférences font le buzz sur la toile citoyenne. Le Front National, ne feignons pas de l’oublier, n’est jamais que la créature et l’instrument de nos vrais ennemis politiques. C’est le parti punching-ball qu’ils nous opposent pour ne pas être atteint. A taper sur le Front National, on tape dans le vide car ce n’est pas lui qui gouverne et ce catastrophisme sur sa montée en puissance est un brin démagogique car jusqu’à preuve du contraire il est clair que ce parti est loin, très loin, d’être en mesure de rassembler une majorité de voix au second tour d’une élection présidentielle. A terme, cela pourrait changer mais là encore, ce sont les apprentis sorciers au pouvoir qui en décident. S’ils persistent dans la voie qui est la leur, nul doute que leur Frankenstein utile continuera de monter en puissance. Rappelons au passage, pour qui douterait de la pertinence de cette métaphore, que contrairement aux partis qui, normalement, ne deviennent médiatiquement visibles qu’une fois acquise, par la voie électorale, une certaine assise politique, le Front National a quant à lui pu apparaître sur la scène médiatique au début des années 80 en n’étant aucunement représentatif de qui que ce soit, et ce grâce au coup de pouce très appuyé de François Mitterrand qui donna instruction à TF1 (à l’époque non privatisée) de le recevoir sur ses plateaux (les autres chaînes embrayant le pas). Bien sûr, la création du problème s’est accompagnée de la solution, SOS racisme. D’une pierre trois coups puisqu’ainsi, on détournait des vrais enjeux, on divisait le camp politique adverse et on renforçait cette cohésion « animique » du peuple derrière le chef protecteur. Je vous renvoie pour les détails à cet ouvrage trop méconnu, « La main droite de Dieu : enquête sur François Mitterrand et l’extrême droite. » (de Emmanuel Faux, Thomas Legrand et Gilles Perez, édition Le Seuil, 1994) qui revient sur le passé cagoulard et maurrassien de notre défunt président socialiste. Président socialiste dont je rappelle au passage qu’il nous a permis, avec la complicité de ses « cohabitants » RPR, d’avoir sur notre conscience collective le dernier génocide du 20ème siècle (un million de Tutsi rwandais génocidés en moins de 10 semaines), et ce précisément en appliquant la doctrine de « l’école française » qui instrumente le racisme et la terreur pour contrôler et mater (Lire à ce sujet Gabriel Périès, Marie-Monique Robin, Mathieu Rigouste…). Alors s’il est vrai que la créature peut échapper aux mains de son maître, il ne faut pour autant pas se laisser éblouir par les vrais décideurs qui usurpent l’esprit républicain et édulcore l’idée de démocratie. Ce n’est pas le Front National qui confisque depuis des lustres la démocratie que je sache. Alors je préfèrerais voir Mélenchon pilonner, tout en finesse subversive évidemment, les véritables chiens de garde de cette économie totalitaire, à savoir les « partis de gouvernement » qui nous jouent cette illusion d’alternance en même temps qu’ils continuent de faire progresser le projet qui nous détruit. Cette Europe antisociale, ce « néolibéralisme », c’est un projet on ne peut plus à droite mais ceux qui le défendent arborent presqu’indifférememnt des étiquettes de gauche et de droite. Les Jacques Delors, Pascal Lamy, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, François Mitterrand bien entendu, Lionel Jospin, etc., l’ont tous fait progresser, et pas qu’un petit peu. Ils ont autant inscrit la France dans la trajectoire de cette économie totalitaire et antisociale que ne l’ont fait leurs comparses de droite. La désindexation des salaires sur l’inflation (1983) - trahison ultime et catastrophique accomplie sourdement mais sûrement, le creusement cynique et délibéré de cette dette qui asservit aux marchés, les privatisations en chaîne, le bradage des bijoux de famille, la mise en place d’une banque centrale rendue indépendante pour être programmée contre les peuples et pour le chômage, l’appel à voter oui du PS au traité de 2005 qui constitutionnalisait 50 ans d’anti-socialisme européen, la trahison du peuple avec la ratification de ce traité, devenu « de Lisbonne », etc. Au regard de tous ces maux qui expliquent pour une bonne part l’abîme dans laquelle nous sommes plongés, la stratégie consistant manifestement à tant ménager le PS tout en insultant la responsable du Front National apparaît bien peu pertinente.

N’aurait-il pas mieux valu au contraire, à l’instar de cette union sacrée de 1914 qui aura su rassembler d’une extrême à l’autre quand il s’est agi de défendre la nation, reconnaître et acter, en matière de politique économique uniquement, cette alliance objective de fait qui réunit les opposants aux tenants de ce fédéralisme européen qui s’applique à dépecer les acquis sociaux et éloigner définitivement le spectre de la démocratie ? Car enfin, il n’est pas besoin d’écouter Emmanuel Todd pour constater simplement que les programmes économiques des deux front sont très proches ! Alors quoi, il est suspect que le front national ait ainsi virevolté et renié son ultra libéralisme au profit d’un anticapitalisme forcené ? Donc acte. Mais prenons le au mot et considérons ouvertement le fait que d’un point de vue économique, et donc social, l’électorat des deux fronts rejettent massivement l’oligarchie et la technocratie financières. Sur le front de l’égalité, la vraie force, c’est cette exigence populaire qui souhaite en finir avec ce paradigme économique qui rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres, et ce à un rythme encore plus effréné en période de crise. C’est ce refus massif qui dénonce avec toujours plus de perspicacité et de vigueur cette imposture monétaire absolue et fondamentale qui est à la base de tout et que nos élites, de l’extrême gauche à l’extrême droite, n’auront opportunément découvert que bien tardivement, une fois que les citoyens s’en étaient eux-mêmes saisi. Il n’est quand même pas compliqué de comprendre que c’est là que se trouve le potentiel populaire en terme de levée de boucliers à même de générer du vrai changement et un grand bol d’air social ! Là doit être la grande priorité et que le Front National se soit positionné lui aussi sur ce créneau (malheureusement bien avant l’extrême gauche d’ailleurs) ne suffit pas à discréditer ces idées forces.

Du reste, il est hautement dommageable que les appareils exécutifs des mouvements réellement ancrés à gauche, partis et associations, ne s’emploient pas réellement à s’attaquer ouvertement et pleinement à ce front monétaire qui incarne et régit on ne saurait mieux l’édifice de la prévarication globalisée. Contraints et forcés par une base qui pousse, ils interviennent de façon timorée ou en s’en tiennent trop facilement à de grandes envolées lyriques qui, plutôt que de stigmatiser très précisément les règles et structures qui sont à proscrire, désigne la banque à la vindicte du peuple sans réel plan de bataille. Il s’agirait pour le coup d’être nettement moins démagogique. Il y a là aussi un vrai travail d’autocritique à faire dans le camp du Front de Gauche car prétendre que le poids de la France en Europe suffise à obtenir une modification des statuts de la banque centrale européenne, c’est un peu léger quand on connaît l’inflexibilité de l’Allemagne sur cette question et surtout quand on sait à quel point l’orthodoxie dont ces statuts relèvent domine férocement, et c’est logique, chez les classes dirigeantes et possédantes. Alors oui, il faut bien sûr négocier avec nos partenaires. Mais des efforts n’ont-ils pas déjà été déployés en vain ? Que préconiserait le Front de Gauche en cas d’échec persistant à faire sauter ce verrou structurel qu’est la banque centrale dans ses statuts actuels et sans lequel cette spéculation contre les Etats de la zone euro ne pourraient avoir lieu ? Ne faudrait-il pas commencer à concevoir, comme le préconisent un grand nombre d’économistes (je pense par exemple à Jacques Sapir à gauche qui a détaillé une stratégie très pertinente), de menacer très sérieusement d’une possible sortie de l’euro et de mettre cette menace à exécution en cas de blocage ? Une telle menace ne serait-elle pas le moyen de réorienter radicalement ce projet européen auquel il faudrait adhérer sans réserve ? J’aurais bien aimé en entendre davantage de la part du candidat du Front de Gauche. En attendant, comme l’a dit Jacques Attali et comme le savent les hauts responsables, ce qui se joue maintenant, c’est l’alternative suivante : plus de ce fédéralisme là , entendez moins de démocratie, ou la disparition de l’euro. Le problème, c’est qu’à s’opposer à ce type de fédéralisme purement confiscatoire, on se retrouve en apparence à défendre le repli national. Mais devant la démocratie qui recule et les centres de décision qui s’éloignent, le retour à davantage de souveraineté nationale (qui présente en particulier bien des avantages sur le plan monétaire, tous les gens sérieux le savent) n’est qu’une étape nécessaire, aucunement une fin en soi. Ce qui est en jeu fondamentalement, et ça le front national se garde bien de le défendre, c’est la souveraineté du peuple, c’est-à -dire cette démocratie qu’on se sent aujourd’hui le besoin d’appeler « démocratie directe ».

Pour conclure, il me paraîtrait bienvenu que Jean-Luc Mélenchon, qui maintenant jouit d’une grande écoute, poursuive sur l’importance de la monnaie. Qu’il fasse la pédagogie de cette convention sociale, qu’il décrive les impostures monumentales qui jalonnent son histoire passée et présente, qu’ils en expliquent les principaux mécanismes en restant sur le plan des principes mais sans jamais verser dans un simplisme vulnérable.

Et puis autre front fondamental que je ne développerai pas ici : la loi fondamentale que les citoyens doivent écrire pour affaiblir et contrôler les pouvoirs délégués (ce dont procède la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la Justice, la prédominance du pouvoir législatif sur le pouvoir exécutif, etc.). Il me semblerait opportun que le Front de Gauche détaille un peu son programme dont on pourrait penser, au chapitre 6ème république, qu’il s’agit davantage d’un toilettage que d’une réforme en profondeur. Quid de la révocabilité des mandats, du référendum d’initiative citoyenne, du tirage au sort pour certaines fonctions électives, du mandat impératif, de la limitation du nombre de mandats quelles que soit la fonction élective ? Là encore, j’aimerais savoir. S’agit-il d’aller véritablement vers plus de démocratie ou de faire semblant ?

Cette fois, j’ai voulu y croire (il est vrai que c’est aussi un peu faute de mieux) mais je crains dans mon for intérieur que M. Mélenchon n’incarne pas réellement ce qu’il prétend incarner. Logique me direz-vous au regard de l’Histoire. Mais cette question existentielle n’importe plus dès lors que les militants du front de gauche s’assurent de leur destin et prennent les choses en main. Si Mélenchon n’est plus « que » le porte-parole, tout roule.

Marc HAUS

PS : pour aller plus loin sur la monnaie, je vous invite à relire mon précédent article sur ce site "Recouvrons notre souveraineté citoyenne en matière monétaire et budgétaire !"

COMMENTAIRES  

28/04/2012 08:23 par babelouest

Je ne suis pas certain que Marc Haus ait lu à fond le manifeste "L’Humain d’abord", car la plupart des questions qu’il pose y trouvent leur réponse.

Certes, pour ma part j’aurais été plus radical concernant les relations avec l’Europe : mais il s’agit de mon avis, qui n’est pas forcément le plus pertinent. Certes, Jean-Luc Mélenchon a pu être désarçonné par des chroniqueurs qui lui ont "cherché la petite bête", et répondre de façon moins claire que sur les sujets importants : qui ne le serait jamais lui "jette la première pierre".

Poçurquoi le Front de Gauche n’a-t-il pas eu un score encore plus élevé ? La réponse a été donnée souvent : des électeurs du Front de Gauche, à tort ou à raison, ont cru voter utile en choisissant Hollande dès le premier tour, pour être sûrs de chasser l’homme en place à l’Élysée.

C’est au point, à lire ce texte assez acerbe, qu’il faille se demander dans quel camp est son auteur.

28/04/2012 10:40 par Cinto

Il est trop facile, pour expliquer le score décevant de Mélenchon, de s’en prendre aux autres. Merci à Marc Haus pour so.n analyse : oui, il était inquiétant d’entendre Mélenchon, au soir du 1er tour, se gargariser de sa lutte anti-Le Pen et insulter 20% des électeurs, des électeurs dont les aspirations et besoins sont beaucoup plus proches des positions théoriques du Front de Gauche que ne le sont les électeurs socialistes. Il est inquiétant de voir Mélenchon les stigmatiser au lieu d’aller les chercher en faisant de la pédagogie, c’est-à -dire en leur expliquant les vraies causes de leur malaise et même de leur angoisse. Si Mélenchon est resté si loin de Le Pen, c’est qu’il n’a pas su entraîner en proposant un projet clair. Ses faiblesses étaient évidentes dès le meeting de la Bastille : la marche était réussie, mais, une fois arrivés à la Bastille, on a eu l’impression qu’il n’avait rien à nous dire, que son véritable but était de montrer (à qui ?!) qu’il pouvait peser.

28/04/2012 12:11 par Marc Haus

il me semble avoir été clair au sujet du FN alors les faux fuyants pour esquiver l’autocritique, ça ne m’atteind pas. Le FN est un parti qui cultive le racisme et la xénophobie et dont l’anticapitalisme me paraît douteux. Je ne vois pas ce que je peux dire de mieux.

Mais je m’adresse aux militants du front de gauche. Je ne suis pas seul à avoir voté JLM en ayant quelques doutes légitimes, je pense avoir argumenté sur le fond, sur le personnage. C’est un tribun, il est brillant, très bien, ça ne fait pas l’ombre d’un doute. Mais, ce que je dis, c’est qu’il fait le jeu du système qui use du FN en tant qu’épouvantail.

Ce texte n’est pas une critique acerbe, c’est-à -dire intentionnellement vexante. Je donne mon opinion, c’est tout en essayant de sensibiliser au fait que ce qui importe le plus pour un citoyen, c’est de ne pas s’en remettre à un sauveur divin.

Je dis aussi que les ennemis objectifs du FdG sont ceux qui sont au pouvoir et nous détruisent.

Je note comme c’est le cas dans toutes les chapelles, que plutôt que de réfléchir, on se sent offusqué dès lors qu’on touche au prêtre ; on ne débat pas au fond et on suggère que l’auteur est du parti de la haine. Ce n’est pas très reluisant et ce n’est pas à votre honneur.

28/04/2012 12:54 par C'est nous qu'on est stérile

Dont acte.

"Au regard de tous ces maux qui expliquent pour une bonne part l’abîme dans laquelle nous sommes plongés, la stratégie consistant manifestement à tant ménager le PS tout en insultant la responsable du Front National apparaît bien peu pertinente"
- Biaisée comme comparaison. On serait "complaisant" avec le PS et on "insulterait" la pauvre milliardaire raciste anti-sociale. On est sur le terrain des idées dans cette phrase ? Quitte à exagérer autant que vous, vous voudriez une égalité de traitement du style idées PS= idées FN ?

On attend votre Adresse aux militants du PS, aux militants des chiens de garde du système totalitaire que vous dénoncez, au FN éventuellement....aux militants de LO ? aux militants du NPA ? Pourquoi le Front de gauche cher ami ? Pourquoi juste après les élections ? Pourquoi en faire un article diffusé à tout le monde alors qu’il s’agirait davantage d’une autocritique visiblement asymétrique (le Fdg est essentiellement visé) et biaisée (au vu de la situation le parti unitaire le plus progressiste et en mesure d’impulser un socialisme s’en prend plein la gueule) ?

On attend évidemment vos conseils éclairés sur la lutte contre les idées d’extrême droite (et non seulement le FN : vous confondez lutte contre les idées d’extrême droite et lutte contre le FN), le tirage au sort réglera j’en suis sûr et convaincu (nul besoin d’aller au delà d’une phrase) d’un coup d’un seul ces idées nauséabondes (vu qu’analysant lui les causes : en substance, on combat le FN stérilement biensûr sans développer nos propres idées, nos propres contre-projets, notre propre analyse des causes...). D’ailleurs, il s’imposera cela ne fait aucun doute (adieu idéologies du sang, des races et des religions, adieu anti-étrangers, adieu anti-laïcité) sans besoin d’un projet politique fédérant ces alternatives, sans éducation populaire à laquelle il est vrai la campagne du Fdg n’a pas du tout participé.

Non monsieur on ne "tape pas sur le front national", ça c’est la plus pure expression des chiens de garde que vous nommez justement, cela sous-entend de manière dépolitisée que c’est bête et méchant, ça tape sans arguments, sans propositions, et vous vous en faites le relai en tapant sur le Front de Gauche.

En espérant que vous mettiez en application vos souhaits et, par conséquent, vous lire ailleurs pour faire la critique de tous les partis progressistes ou non, je pense que vous devriez vous interroger...pardon..."qu’il aurait été préférable" que vous vous interrogiez sur les conséquences de susciter, en général, la désunion et l’éparpillement dans un contexte social et politique comme le nôtre (participation à la réelection des mêmes, contribution à l’éducation populaire, approfondissement des inégalités, ....).

28/04/2012 15:27 par Marc Haus

@ c’est nous qu’on est stérile

oui je suis sur le terrain de l’observation et du constat, et donc des idées, quand je constate que JLM consacre beaucoup de son discours à taper sur la "pauvre raciste milliardaire antisociale". Si tout le monde la laissait où elle est celle là , si on ne lui donnait pas autant d’importance, on lui ferait beaucoup moins de pub et elle ne ferait peut-être pas près de 18%. Je ne demande aucune égalité de traitement entre idées PS et idées Le Pen. Sachez lire.

Je dis que les responsables objectifs de notre situation sont les partis dits de gouvernement. Pourquoi ? Parce qu’ils gouvernent, pardi !!!! C’est tellement difficile à comprendre qu’on fait le jeu du système à s’obséder sur l’épouvantail ? Comme l’écrit à juste titre le commentateur qui me précède, vous l’avez vu se gargariser Mélenchon dimanche soir dernier à avoir été le seul à dézinguer MLP ? Il ferait mieux de s’attacher aux vrais enjeux. Je ne sais pas à quoi il joue, si ce n’est se mettre les électeurs du front national à dos, qui ont pourtant, s’ils cherchaient un peu à comprendre leur intérêt, toutes les raisons de voter FdG. Pour l’instant, comme ça a été dit à juste titre, le vote populaire, il est au plutôt au FN malheureusement. ça pose question, non ? Moi, j’aimerais que le FdG rassemble au delà des bobos et des syndicalistes.

Mon adresse aux militants du PS...et de l’UMP ? Et puis quoi encore ? Eux se trompent tellement que je les combats plutôt. Je m’adresse à ceux que j’estime être dans mon camp pour que ce camp progresse à l’avenir. Là encore c’est difficile à comprendre comme logique ? J’ai voté Mélenchon et je pense qu’il y a un gros potentiel si celui-ci s’intéresse définitivement, pleinement aux vrais sujets : chômage, monnaie, europe...On n’attend pas de lui qu’il remue cette soupe merdique comme je l’écris. C’est clair ???

Pour le reste, votre propos n’a aucun sens. Sur le tirage au sort, n’incarnez pas la caricature que le système nous oppose et instruisez-vous en lisant Aristote, Rousseau, Montesquieu...
Notre modèle démocratique est le résultat de ceux comme Voltaire écrivait : une nation bien organisée est celle où le petit nombre fait travailler le grand, est nourri par lui, et le gouverne. On trouve des phrases du même tonneau de l’abbé Siéyès...Ces gens s’opposaient explicitement à la démocratie. Car gouvernement représentatif n’a rien à voir avec la démocratie. Là encore, lisez un petit peu. Dans le modèle grec ou de Sparte, le tirage au sort est un rouage central, mais s’accompagne d’une myriade de mécanismes de contrôle qui assure une surveillance effective des citoyens sur ses mandataires. Comme le dit chouard, nous ne sommes aujourd’hui pas des citoyens, juste des électeurs, ce qui n’a rien à voir.

28/04/2012 19:00 par st thomas

tres bien la critique est interessant mais, il y a toujours un mais !, je pense que le sentiment qu’elle soit un peu sterile n’est pas illegittime !
si on ne peut pas nier qu’au sein du FdG il y a des personnes qui croient que melenchon est leur sauveur, je suis plus porte par l’experience de militant de cette campagne et meme avant, dans les assemblees citoyennes les meetings et les discussions entre copains, que jlm a un seul merite c’est de porter tres clairement et avec force le programme "l’humain d’abord" qui il me semble n’est pas signe JLM !!!!
donc si l’auteur a des critique a faire qu’il se rapproche d’une assemblee citoyenne dans son bled et qu’il participe a l’elaboration et a la moture du programme mobilisateur !
et si il y a de gens qu’a la bastille attendaient quoi d’autres que de se retrouver pour voir si un programme politique, la 6eme republique, etait partage c’etait tous ce qu’on demandait et de ce cote la c’etait une enorme reussite ! melenchon il aurait pu meme se taire on en avait pas besoin de quoi que se soit de sa part de plus !!!!
et si il y a des non-bobos, non-syndicalistes a qui 1700 euro de smic, la secu qui rembourse a 100%, le salaire maximum, la retraite a 60 a taux complet et 37 ans et demi de cotise, la planification ecologique, la 6eme republique et j’arrete la liste, ca ne les interesse pas alors je doute un peu que les problemes lies a l’euro, au tirage au sort et tutti quanti soient le coeur de leur reflexion pour voter FN !
et peut etre aussi une analyse un peu moins grossiere des resultats, surtout sur le vote populaire, serait la bien venue !
donc au boulot on vient juste de commencer et le chemin est bien long, mais....
HASTA LA VICTORIA, SIEMPRE !!!

29/04/2012 01:26 par Marc Haus

si j’ai voté JLM, c’est bien avant tout pour voter le programme "l’humain d’abord".
Militer, c’est bien ; je milite moi même. Mais ce n’est pas le sujet ici : je parle du contrôle des militants d’une structure sur son candidat. Moi je ne suis membre ni du parti de gauche, ni du PC, et donc pas plus du FdG. Je suis sympathisant et à ce titre, je n’ai pas de prise à avoir sur JLM autrement qu’en discutant avec des militants du FdG.

L’euro, le tirage au sort et tutti quanti ?? Mais ce ne sont pas là des fins en soi ; les fins, c’est le chômage, les niveaux de vie (retrait, salaire, et plus largement tout ce qui permet une certaine égalité économique). Je crois avoir été là aussi assez clair. Après, les leviers, oui, il y a l’euro, oui il y a une 6ème république permettant une démocratie réelle ; mais encore faut-il savoir ce que veut dire vraie démocratie.

l’analyse des résultats n’est pas du tout le coeur de mon article. Donc oui, je m’en tiens de ce point à quelques constats sommaires : JLM a fait 11%, et est loin d’être le 1er en terme de vote populaire.

Mon propos, c’est que JLM, DANS SES DISCOURS, soit fondamental en cohérence, et à 100% de son temps avec le programme "l’humain d’abord" ; parce que l’écrit en tant que tel, les citoyens lambda qui regardent un peu leur télé pour savoir ce qu’il en est, ils ne le connaissent pas ou en tout cas, n’en ont pas retenu le terme. Ce qui compte, c’est ce que dit le candidat quand il passe à des heures de grande écoute. Les engagements dans les brochures, ça engage oui...mais beaucoup moins que ce que le candidat martèle oralement durant ces discours. Ce sont les idées forces qui comptent. Et d’une certaine manière, on peut dire que la règle qui s’applique en la matière, c’est comme pour les ministres ou les jugements : SEUL LE PRONONCE FAIT FOI.

mais oui, HASTA LA VICTORIA SIEMPRE
et gageons que JLM s’inscrive dans la lignée des Robespierre, Che Guevara, Louise Michel, Jaurès...

29/04/2012 23:56 par Lyendith

« Car enfin, il n’est pas besoin d’écouter Emmanuel Todd pour constater simplement que les programmes économiques des deux front sont très proches ! »

Oui mais là … non. Mais alors pas du tout. Pour commencer le discours de la Le Pen n’est pas du tout anti-capitaliste. C’est déjà gros que ce parti soit passé de Friedman à Keynes aussi abruptement ; d’ailleurs même si elle propose "d’abroger la loi de 1973" (ce qui montre à quel point elle connaît ses dossier vu que cette loi a été abrogée en 1993…) MLP n’a rien contre le remboursement de la dette actuelle. Le seul point commun des deux programmes c’est la volonté de réguler la finance, mais la finalité n’est pas du tout là même.

L’auteur a raison sur un point : ce sont les causes du vote FN qu’il faut combattre plutôt que le FN lui-même. Cela dit on ne peut pas passer à côté d’un démontage en règle, non seulement du programme du FN, mais aussi des idées reçues qui le nourrissent (à commencer par le supposé danger de l’immigration). Il s’agit bien d’inoculer un contre-poison tout en proposant un projet alternatif. De ce point de vue je ne pense pas que le Front de Gauche fasse fausse route. Là où je ne suis pas Mélenchon c’est quand il sort de l’argumentaire pour lancer les insultes ; ça permet de façon commode de victimiser la Le Pen et de le faire passer pour un homme agressif et irrespectueux.

Maintenant je pense qu’il ne faut pas non plus se tromper sur un point : la première motivation du vote FN, selon les électeurs du FN eux-même, ça n’est ni la finance ni la précarité mais bien la peur de l’immigration. Il y a bien quelques « égarés » qui croient que le FN est vraiment un parti « anti-système » mais je pense que la majorité de ces électeurs savent très bien pour qui et pour quoi ils votent. Le discours du FdG qui dit que la France doit être fière d’être mélangée et vante les beaux idéaux républicains, ça ne les atteint pas. Cet article résume assez bien ce constat :
http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/280412/la-souffrance-du-lepeniste
Des livres comme « Le Journal d’une infiltrée » sont également utiles à cet égard.

Un dernier point concernant la VIè république : il est vrai que le discours de la Bastille et le programme du FdG sur ce point peuvent paraître très lacunaires, mais c’est assez normal en fait. Comme le dit Mélenchon, il serait paradoxal de parler d’Assemblée constituante tout en décidant à l’avance ce qu’elle doit écrire… sans compter que malheureusement des idées comme le tirage au sort sont encore trop peu répandues pour vraiment trouver leur place dans les discours des partis politiques.

Mais qui sait, avec un peu de chance, ces cinq années permettront à des idées jeunes mais prometteuses (tirage au sort, revenu inconditionnel…) de faire leur chemin à gauche ! Il n’y a qu’à voir comment les discours du Parti de Gauche ou du NPA s’inspirent de plus en plus de la décroissance depuis leur création…

30/04/2012 10:58 par Marc Haus

La proximité des postures du FN et du FdG a été relevée par plein de gens sérieux. Emmanuel Todd en est un je suis désolé. Alors il est peut-être exagéré de parler d’anticapitalisme du FN je suis d’accord. Disons que ce que partage les 2 partis, dans leur discours, c’est une opposition forcenée à ce néolibéralisme où la finance domine et détruit l’économie réelle.
Mais au fait, je n’ai pas non plus entendu Mélenchon dire qu’il était anticapitaliste, me trompé-je ?

"Le seul point commun des deux programmes c’est la volonté de réguler la finance, mais la finalité n’est pas du tout là même."
Et bien, miser à ce point sur le combat contre la finance, c’est un point commun très fort et central d’un point de vue économique et social ;

Je suis d’accord sinon bien sûr avec la nécessité de désamorcer les discours xénophobes en montrant à quel point on trompe et détourne les gens avec cette soupe.

"la première motivation du vote FN, selon les électeurs du FN eux-même, ça n’est ni la finance ni la précarité mais bien la peur de l’immigration."
ça, c’est du grand n’importe quoi ; j’attends des sources solides. Une étude sociologique rigoureuse qui vienne à l’appui de cette affirmation pour l’instant gratuite. Une étude qui cherche à comprendre les ressorts de cette peur de l’immigration. Serait-ce une peur innée ? Une haine de l’autre naturelle ? Pas vraiment à mon avis. Les liens justement entre insécurité économique, précarité et immigration me semblent indéniables car c’est bien cette propagande qu’on inculque dans les consciences. "Vous êtes sans emploi, sans logement en particulier parce qu’il y a trop d’immigrés..."
On connaît a priori tous quelques personnes dans notre entourage, familial notamment, qui votent FN. Moi, en ce qui me concerne, je n’ai jamais, je dis bien jamais, l’impression d’avoir affaire à des gens foncièrement racistes. Seulement à des gens qui se trompent de colère, comme le disait si bien Desproges, et qui gobent ce que l’establishment veut faire croire : "l’immigration est à la source de tous vos maux. Votre insécurité, ou plutôt votre sentiment d’insécurité (physique, économique...) est légitime parce qu’il y a trop d’étrangers en France..."

"quelques « égarés » qui croient que le FN est vraiment un parti « anti-système » mais je pense que la majorité de ces électeurs savent très bien pour qui et pour quoi ils votent"
encore une affirmation complètement infondée. Moi je pense au contraire que beaucoup justement cèdent à la tentation de penser que le FN est antisystème. Alors on est bien avancé, non ?

"Le discours du FdG qui dit que la France doit être fière d’être mélangée et vante les beaux idéaux républicains, ça ne les atteint pas"
Ah mais vous faîtes dans l’essentialisme ? Les gens qui votent FN sont donc intrinsèquement des gros racistes insensibles et irrécupérables ? C’est dangereux.

"il est vrai que le discours de la Bastille et le programme du FdG sur ce point peuvent paraître très lacunaires, mais c’est assez normal en fait. Comme le dit Mélenchon, il serait paradoxal de parler d’Assemblée constituante tout en décidant à l’avance ce qu’elle doit écrire"

Là je crains pour le coup que vous n’ayez pas lu le programme l’humain d’abord. Car ma critique porte sur le fait que si le fait de proposer une 6ème république est positive, ce n’est pas suffisant comme gage. Or, on ne peut justement pas dire à la lecture du programme qu’on va vers un bouleversement de nos institutions, c’est un euphémisme. Et oui, contrairement à ce que vous dîtes, on préempte dans ce programme ce que doit être cette 6ème république. Lisez !
Des orientations sont défendues et elles n’ont rien de révolutionnaires si l’on n’affiche pas également certaines garanties et principes forts. Au lieu de prendre à bras le corps ce qui empêche la véritable démocratie d’exister, on évoque une reconnaissance de nouveaux droits (alors qu’il s’agit d’appliquer ceux qui existent, c’est tout), une citoyenneté d’entreprise... Le droit de propriété "inviolable et sacré", centrale dans l’exploitation de l’homme par l’homme, n’est pas évoqué...alors qu’on aurait justement pu s’attendre que l’esprit des montagnards et leur constitution de 93 eussent été repris.
Surtout, on enfonce le clou, il sera bien question de défendre le "régime parlementaire". A cet égard, la tête de chapitre est claire : fonder une 6ème république "parlementaire, sociale et participative."
Participatif vient en dernier et dans le volet participatif, on s’en tient surtout à des généralités molles, pour "renforcer et amplifier la souveraineté directe du peuple". Alors quoi, on va graver dans le marbre de la constitution le principe, déjà mis en oeuvre aujourd’hui dans maintes collectivités, de la participation des citoyens à des décisions dénuées d’enjeux ? Du vernis, c’est ça ? Pas forcément, mais comment en être sûr si des gages ne sont pas donnés ? Et puis le participatif vient après parlementaire...C’est donc toujours la souveraineté nationale qui prime, la souveraineté populaire reste reléguée et réduite à une certaine portion congrue. Si on n’affirme pas que le principe de la souveraineté du peuple est CENTRALE, c’est déjà suspect.

Il y a une différence entre ajouter une dose de souveraineté populaire et substituer le principe de la souveraineté populaire à celui de la souveraineté nationale, qui lui implique nécessaire un régime représentatif...

Malgré ça, je reste preneur parce que ce sera toujours mieux que notre 5ème république par essence absolutiste (tiens au fait, l’article 16, on aurait le droit de ne pas le garder ?). Mais j’ai l’impression qu’il s’agit plus d’un toilettage.

Et puis au fait, quelque chose que je n’avais pas relevé. En grand naïf que je suis, je pensais qu’il devait s’agir d’une assemblée constituante POPULAIRE. C’est ça la révolution citoyenne non ? Mais non :
"Une Assemblée constituante distincte de la nouvelle Assemblée nationale, ayant pour mandat de rédiger un projet de Constitution nouvelle pour une VIe République, sera élue au suffrage universel, dès 2012. Elle sera élue à la proportionnelle intégrale sans seuil, avec la parité. Les parlementaires en exercice ne pourront s’y présenter et les élu(e)s de la Constituante ne pourront être candidats aux élections suivantes. Les modalités de l’élection et du débat public seront établies après consultation des organisations sociales."

Avec ça, on est sûr que les appareils traditionnels des partis auront la main. Et bien sûr, les notables chargés d’écrire la constitution étant ceux qui auront vocation à l’appliquer...la vocation centrale de la Constitution qui est de séparer les pouvoirs, affaiblir les pouvoirs afin de garantir un contrôle du Souverain (le peuple) sera encore bafouée.
Je me fais ici rapidement l’avocat du diable, mais c’est pour montrer que ma critique légère, dans mon texte, était tout à fait fondée. Et votre réponse pas du tout.

ça me donne presque envie de pousser l’autocritique dans le détail. Car c’est toujours là que se niche le diable non ?

30/04/2012 11:41 par Anonyme

Références pour Emmanuel Todd puisqu’il est brandi comme « caution » parmi « plein de gens sérieux » à l’assimilation Front de Gauche et Front National, SVP ?

30/04/2012 14:35 par Marc Haus

Primo : points communs en matière économique n’implique pas "assimilation entre FN et PS" ; c’est ce genre d’imprécision et d’amalgame tendancieux qui pollue bien des débats dans les organisations militantes.

Deuxio : le but est encore moins de chercher une "caution" à une telle assimilation. Procès d’intention quand tu me tiens...

Tercio : un peu d’écoute dans les médias où Todd passe son temps, chez Taddéï par exemple, suffit largement pour comprendre les points communs sur le plan économique. Si on veut une petite citation, la voilà : le 10 mars 2011 chez Taddéï justement :« On risque d’avoir une Marine Le Pen et un Front National qui arrivent avec le seul programme économique raisonnable ». Todd est sérieux et largement reconnu comme tel. S’il dit ça, c’est précisément parce qu’il sait qu’en visant une politique monétaire (levier le plus fondamental ; la monnaie est en amont de l’économie et de la production) qui cherche à permettre aux Etats d’emprunter auprès de leur banque centrale, il y a une orientation claire. Et je suis désolé mais cette orientation est la plus déterminante qui soit. Et Mélenchon la partage même s’il a voté Maastricht il y a 20 ans. Todd le dit mais seulement, il y a une nuance : il regrette justement qu’à gauche on soit beaucoup plus mou qu’à droite où la posture économique s’est davantage radicalisée (je parle évidemment pas de l’UMP dont la pensée économique est radicale pour d’autres raisons).
Alors quand je dis ça, je prends finalement la même posture que Todd : l’économie, et le monétaire en particulier, ça doit être une préoccupation très forte pour la gauche, et en particulier la reconquête d’une souveraineté monétaire abandonnée aux banques. Todd regrette comme moi qu’on soit trop mou là dessus par rapport à une Le Pen, démagogique mais qui éventuellement ratisse large...

Que vous ne vouliez pas le comprendre ou le voir, c’est un problème. C’est pourtant gros comme le nez au milieu d’une figure et la ribambelle de commentateurs qui ont souligné cette proximité n’étaient pas tous de mauvaise foi...

ce sera là ma dernière contribution.

09/05/2012 16:42 par Mac NO

Merci m’sieur, j’ai fais campagne en simple citoyen non encarté, sans trop prendre le temps de l’analyse, sans trop discuter d’autre chose que collage, tractage, meeting et réunions. Dès la grande lessiveuse militante au repos, c’est, point par point, cet argumentaire que je partage, qui est la source de mon malaise et de mes doutes.
Et à lire les commentaires acerbes, je reconnais, avec un certain désespoir, l’extrême myopie politique des gens que je fréquente au FdG, où l’absence totale de fonctionnement démocratique, s’est installée comme une fatalité.
Merci encore, en espérant que la pertinence de vos propos, réveille quelques uns.
Ne lachez rien :-)

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