Auteur Fethi GHARBI

Libye : « L’aube de l’Odyssée », une contrefaçon de l’épopée homérique

Fethi GHARBI
Ulysse, épuisé par la guerre de Troie, mais assoiffé du désir de retrouver sa douce Pénélope, embarque et entame dans la précipitation un long et périlleux périple. Sa dulcinée lui est apparu e en rêve...majestueuse...son corps élancée, couleur d’ébène, était paré d’or...des diamants atournaientde manière exquise ses cheveux et son cou... ses pieds baignaient dans un parfum enivrant aux senteurs étranges... On est en l’an onze du vingt et unième siècle. « L’aube de l’odyssée » s’annonce (…)

Où va la Tunisie ?...

Fethi GHARBI
Une chose évidente mais souvent éludée : le monde arabe est gouverné dans sa totalité par des régimes monarchiques. Si les uns comme ceux du Maroc et du Golf s’assument en tant que tels, d’autres se griment lamentablement en se prenant pour ce qu’ils ne sont pas : des républiques. Les monarchies , les vraies, ont si l’on peut dire le mérite d’éviter à leurs sujets les énormes dépenses consacrées aux fausses campagnes électorales et aux élections truquées. En destituant le Bey en 1957 et (…)

Ben Ali, l’arbre qui cache la forêt

Fethi GHARBI
Frappé d’anathème, le clan Ben Ali va jusqu’à susciter l’opprobre des dirigeants français et étasuniens ! Après quelques semaines d’hésitation, les chefs d’états occidentaux se rendent à l’évidence et tournent subitement le dos à leur protégé. "La révolution du jasmin" comme on se plait à la nommer les a désarçonné à tel point qu’ils se mettent à applaudir à l’unisson le soulèvement du peuple tunisien. Voila qu’Obama en personne félicitant ce peuple qui vient de déposer un despote ami (…)

Ma douce, ma brune Afrique...

Fethi GHARBI
Berceau de l’humanité... l’admettent sans trop y croire tous ces pyrrhoniens opiniâtres, honteux d’une aussi sombre ascendance. L’Afrique n’est pas loin de nous rappeler le destin cruel des héros de la tragédie grecque. Mère désavouée, elle continue de subir les assauts enfiellés d’une progéniture renégate, outrée, semble-t-il, par une filiation aussi peu glorifiante. Des siècles durant, la génitrice noire ne cesse d’être saignée à blanc , déchiquetée par la fureur vampirique d’une (…)

De l’esplanade David Ben Gourion à la place Mahmoud Darwich

Fethi GHARBI
Bertrand Delanoë, dit « assumer » et « revendiquer » la création d’une promenade Ben Gourion à Paris, inaugurée le jeudi 15 avril en présence de Shimon Pérès. « Oui, Ben Gourion a été un chef de guerre, pour que cet État puisse vivre, pour qu’il puisse survivre », a déclaré fièrement le maire de Paris. Le lundi 14 juin, c’est le même Bertrand Delanoë qui inaugure en présence de Mahmoud Abbas une place au nom du célèbre poète palestinien Mahmoud Darwich. Étrange coïncidence ; c’est en avril (…)

"SALAM GAZA" ou l’aguerrissement d’un poète

Fethi GHARBI
Deux mois après le massacre perpétré à Gaza par l’armée sioniste, Tahar Bekri, avec ses poèmes en bandoulière, s’engage sur les chemins escarpés de la Terre Sainte. Invité à Ramallah, Naplouse, Jérusalem-Est et Bir Zeit pour un cycle de lectures,. le poète réalise à quel point les mots sont dérisoires et impuissants face à la dure réalité du vécu en Palestine occupée. Une dialectique s’opère alors et la poésie détrônée se laisse transcender par l’expressivité des êtres et des choses et (…)
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L’émiettement de l’humain

Fethi GHARBI
La postmodernité s’affirme comme le lieu privilégié de la destruction de la structure politique et juridique de l’état. Le paradoxe est que l’abolition de l’état que Marx considérait comme l’aboutissement de la révolution prolétarienne est en train de se concrétiser plutôt sous les coups de boutoir incessants du néo-libéralisme. C’est ainsi que, contre toute attente, la disparition des classes a fait place à la déliquescence de la conscience de classe et l’avènement du communisme s’est (…)
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L’occident ou la fixation narcissique

Fethi GHARBI
Notre espèce semble atteindre son apogée, position privilégiée pour celui qui se donne la peine d’observer son parcours. Il ne peut alors que constater l’amorce de son déclin et l’approche probable de son éclipse. Obnubilé par son narcissisme, l’homme moderne, ayant détrôné les dieux, s’est cru être en mesure de jouir de leurs privilèges. Ce nouvel homme-dieu aveuglé par l’illusion de l’éternité et de la sur-puissance, ne se rend même pas compte qu’il ne fait que rendre plus imminente sa (…)
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Le foulard d’Ilham

Fethi GHARBI
Qui se souvient encore de la tenue ou de la coiffure de Ségolène Royal lors des débats télévisés ou des meetings des dernières présidentielles ? Probablement peu de monde et certainement pas Jean-Paul Huchon, ni Xavier Bertrand, ni même Martine Aubry et encore moins M.G.Buffet, car ni la féminité de Ségolène Royal ni son rapport à son corps ne fixent notre attention outre mesure. Ce qui compte tout autant pour ses fans que pour ses adversaires c’est son programme politique. Cette femme, (…)

Tous ces murs de la haine

Fethi GHARBI
L’idée de mur inclut un double sens, une ambigüité. Un mur sert-il à isoler l’autre ou à s’isoler, à emmurer l’autre ou à s’emmurer, à exclure ou à s’exclure ? Le mur est cette peau qui enveloppe le groupe tout autant qu’elle l’isole et le protège de l’environnement, de tout ce qui n’est pas soi. Car, sans protection, il n’est pas de liberté d’être... soi. Il va donc de soi que plus les différenciations s’accentuent plus les murs se dressent. Le paradoxe est qu’à l’heure de la (…)

L’idéologie coloniale grise la France d’en haut

Fethi GHARBI
"Nous n’aurions jamais dû abandonner au Front national un certain nombre de valeurs qui font partie du patrimoine républicain" a dit Eric Besson. Le ministre propose même au bon peuple des cours de rattrapage en patriotisme. Il faut bien récupérer ces valeurs ô combien valorisantes chapardées par ces extrémistes sans vergogne ! Que signifie cette obsession identitaire, ce repli sur soi, alors que les chantres de "l’identité nationale" sont ceux-là mêmes qui prônent le libéralisme le plus (…)
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Les Palestiniens, les Séfarades, les Mizrahim... et le Sionisme

Fethi GHARBI
Tanya Reinhart soulignait que depuis l’occupation de 1967, les responsables politiques et militaires israéliens débattaient de la meilleure façon de conserver le maximum de terres avec le minimum d’arabes. Israël avait en effet réussi à coloniser le Golan, la Cisjordanie, la bande de Gaza et le Sinaï. Le Golan peu peuplé était une proie facile pour l’annexion. Sur ses 100 000 habitants, 90 % s’enfuirent ou furent chassés pendant la guerre, et les colonies établies là par Israël (…)