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Retraites tactiques : pourquoi la révolution vénézuélienne tient bon (Peoples Dispatch)

Jorge Rodríguez, Delcy Rodríguez, et Diosdado Cabello. Photo : PSUV  
Manolo De Los Santos

Tout comme les fausses allégations de trahison du 3 janvier sont à présent faciles à réfuter, il en va de même pour les allégations de trahison formulées au cours des deux derniers mois.

Les premières heures du matin du 3 janvier 2026 ont marqué un tournant dans la lutte séculaire du Venezuela et de l’Amérique latine pour l’autodétermination et l’indépendance.

L’opération « Absolute Resolve », ordonnée par l’administration Trump, a constitué l’attaque militaire la plus brutale et la plus directe contre un État souverain de la région de mémoire récente. Au cours d’une opération choquante qui a fait des centaines de morts, le président Nicolás Maduro et la première dame Cilia Flores ont été illégalement enlevés sur le sol vénézuélien et transportés aux États-Unis, où ils font désormais l’objet d’accusations fabriquées de toutes pièces dans un centre de détention fédéral de New York.

Au cours des deux mois qui ont suivi cet acte de guerre, un torrent de spéculations a émergé de la part de soi-disant experts et commentateurs de tous bords politiques. Ces spéculations ont suivi trois axes principaux :

  • Le succès de l’opération prouve qu’il y a eu une trahison au plus haut niveau de la révolution bolivarienne.
  • La présidente par intérim Delcy Rodríguez et les autres dirigeants sont en train d’abandonner le projet bolivarien et la transformation socialiste, livrant le pays, son économie et ses ressources, à l’impérialisme états-unien.
  • En matière de relations étrangères, les dirigeants vénézuéliens ont abandonné leur anti-impérialisme historique.

Prises ensemble, ces affirmations reviennent à proclamer que le changement de régime a réussi au Venezuela.

Ces affirmations erronées reflètent la dépendance accrue de l’immédiateté des réseaux sociaux, de nombreux militant(e)s ne cherchant même plus à mener d’analyse ou de contre-enquête. Ce phénomène reproduit à gauche la forme de communication de Trump.. Comprendre la trajectoire actuelle de Caracas exige une évaluation lucide des événements du 3 janvier 2026, un examen approfondi de la situation financière et commerciale du Venezuela, et de 25 ans de construction de pouvoir populaire autour de la démocratie représentative, ainsi qu’une analyse honnête des rapports de force internationaux dans lesquels le pays évolue. Il est nécessaire de comprendre ce qui a changé dans cette nouvelle situation. Pour démêler la complexité du présent, certains exemples de l’histoire des États socialistes peuvent servir de guide.

Un examen attentif des faits prouve que ce à quoi nous assistons n’est pas une capitulation, mais un repli tactique face à une force écrasante, pour lequel il existe des analogies évidentes dans l’histoire révolutionnaire.

Les principales allégations qui prétendent révéler une « trahison » sont examinées ci-dessous, mais il convient d’abord de faire une distinction théorique importante entre le gouvernement et le pouvoir étatique. Les administrations et les ministères élaborent et mettent en œuvre toute une série de politiques, publient des déclarations, etc., et passent temporairement des mains de la « gauche » à celles de la « droite ». Les institutions permanentes du pouvoir étatique (l’armée, les tribunaux et la police) représentent le pouvoir réel dans toute société. Presque tous les gouvernements de gauche de la région qui ont été élus ces dernières années, ne détenaient pas le pouvoir étatique. Face à la subsistance de l’État capitaliste (en particulier dans l’armée), ces gouvernements ont éprouvé des limites évidentes quant à leur capacité à contester réellement l’ordre capitaliste et à transformer la réalité sociale. Le projet bolivarien est également né d’un mouvement électoral, Chavez occupant initialement seulement des fonctions gouvernementales, mais avec une différence importante. Des décennies de tentatives de coups d’État financés par les États-Unis, de luttes internes et d’autres crises ont progressivement conduit au remplacement des forces fidèles à l’ancien ordre dans le système judiciaire, la police et l’armée par des forces formées par la révolution bolivarienne et fidèles à celle-ci. Le Parti Socialiste Unifié du Venezuela maintient sa mission qui consiste à promouvoir le pouvoir de la classe ouvrière et à construire le socialisme. La lutte peut se dérouler par à-coups, avec des avancées et des reculs, en fonction du rapport de forces, mais à chaque étape, le parti s’efforce de préserver ses acquis et de minimiser ses pertes.

Il est important de faire ce rappel car les concessions du Venezuela sont principalement faites au niveau du gouvernement, et non au niveau de l’État et du parti.

Affirmation n° 1 : Le succès de l’opération états-unienne du 3 janvier prouve une trahison au plus haut niveau de la révolution bolivarienne.

Les soi-disant « preuves » :

  • Aucun militaire américain n’a trouvé la mort lors de l’opération visant à enlever Nicolas Maduro et Cilia Flores.
  • Plus de 150 avions américains ont pénétré l’espace aérien vénézuélien sans être abattus par les défenses aériennes sophistiquées fournies par la Russie.
  • L’extraction « pacifique » de Maduro et Flores n’a pu se faire que grâce à la « collaboration » du cercle restreint de Maduro. Il n’y a pas eu de riposte militaire immédiate de la part des Vénézuéliens.

La réalité : une résistance face à une supériorité militaire écrasante

On en sait désormais beaucoup plus sur les événements du 3 janvier. Contrairement au récit imposé par les médias occidentaux et répété aussitôt, sans réfléchir, par une partie de la gauche, il y a eu une résistance. Les témoignages des survivants et les déclarations du président Trump lui-même confirment que les services de sécurité présidentielle, aux côtés des unités militaires vénézuéliennes et d’un contingent de combattants internationalistes cubains, ont engagé le combat avec les forces attaquantes. Trente-deux combattants cubains sont tombés aux côtés de plus de 50 Vénézuéliens des forces de sécurité et de la garde présidentielle, qui ont défendu le président au péril de leur vie.

Tout d’abord, les systèmes de guerre électronique états-uniens ont totalement paralysé les défenses aériennes et les infrastructures de communication du pays. Selon le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino Lopez, les États-Unis ont utilisé le Venezuela comme un « laboratoire » pour tester des technologies d’armement jamais utilisées auparavant. Padrino est bien connu comme le chef militaire qui a constamment dénoncé les efforts des États-Unis pour corrompre et soudoyer l’armée afin qu’elle se retourne contre Maduro et la révolution bolivarienne, ainsi que les précédentes tentatives d’assassinat par les États-Unis. Il incarnait « l’union militaire-civique » du pays qui a bloqué pendant des années les efforts de changement de régime sous la bannière « toujours loyaux, jamais traîtres ».

Le compte rendu officiel vénézuélien du 3 janvier n’a toujours pas été publié, étant donné que le pays reste encerclé militairement (nous y reviendrons plus tard). Mais des rapports non officiels provenant de témoins et de survivants corroborent les commentaires de Padrino. Ils racontent qu’avec toutes leurs communications et leurs défenses aériennes hors service et toute l’électricité de la région coupée, les forces militaires vénézuéliennes ont été frappées par des drones et une sorte d’arme sonique qui a neutralisé les soldats. Ils ont été instantanément soumis à une puissance de feu rapide et écrasante qui a entraîné un massacre unilatéral, même s’ils ont riposté.

Dans son discours sur l’état de l’Union, Trump a rendu hommage au pilote du premier hélicoptère Chinook, qui a atterri dans l’enceinte présidentielle, transportant les unités d’élite de la Delta Force qui ont ensuite mené l’opération au sol et kidnappé le président. L’hélicoptère a essuyé des tirs nourris, blessant gravement le pilote. Les États-Unis ont également admis qu’il y avait eu d’autres victimes, mais aucun décès.

En préparation de cette opération, il a depuis été révélé que le raid avait été répété à grande échelle, dans une réplique exacte du complexe de Nicolás Maduro, construite dans le Kentucky. Pendant des semaines, les commandos de la Delta Force se sont entraînés à « enfoncer des portes en acier à un rythme toujours plus rapide » et à mémoriser la disposition des couloirs et des pièces sécurisées. Comme Maduro était connu pour changer régulièrement de lieu de résidence, ils n’ont lancé l’opération qu’après avoir confirmé qu’il se trouvait à cet endroit précis. Des moyens aériens spécialisés pour les opérations nocturnes ont été fournis par un groupe connu sous le nom de « Night Stalkers ».

Mais la violence ne s’est pas simplement arrêtée là. Dans des communications qui ont fuité, et depuis confirmées par plusieurs sources, Delcy Rodríguez a révélé que dès les premiers instants du contact, le 3 janvier, l’administration Trump avait lancé un ultimatum. Rodríguez a déclaré : « Les menaces ont commencé dès l’instant où ils ont kidnappé le président. Ils ont donné à Diosdado, Jorge et moi 15 minutes pour répondre, sinon ils nous tueraient. » Selon elle, tout refus de négocier entraînerait non seulement des enlèvements, mais aussi la décapitation et l’anéantissement des dirigeants restants de l’État vénézuélien. On leur a également dit que l’armée états-unienne continuerait à encercler le pays. Chaque déclaration et chaque décision qu’ils prendraient seraient examinées de près pour déterminer s’il s’agissait d’un signe de soumission ou de résistance, et leur vie pourrait être prise à tout moment.

Il s’agissait d’une négociation sous la menace des armes, littéralement, et cela n’est pas terminé. Le moment exigeait un leadership capable d’effectuer une retraite nécessaire pour sauver la révolution, sans fracturer son unité interne.

Les États-Unis ont réussi leur opération du 3 janvier, mais pas à cause de la trahison des dirigeants vénézuéliens. Ils ont réussi parce qu’après plus de 25 ans de tentatives de coup d’État, de guerre économique et de campagnes de déstabilisation infructueuses, l’impérialisme a finalement déployé son arme la plus puissante : une intervention militaire directe soutenue par une supériorité technologique qu’aucun pays indépendant du monde en développement ne peut actuellement contrer avec succès.

Une attaque hybride écrasante n’a pas pu surmonter les réalités politiques

Les États-Unis ont atteint leur objectif de capturer Maduro, mais ils n’ont pas atteint leur objectif de renverser le gouvernement ou l’État. Les dirigeants restants, la vice-présidente Delcy Rodríguez, le ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello, le ministre de la Défense Vladimir Padrino, le président de l’Assemblée nationale Jorge Rodríguez, ainsi que le noyau dur du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) et les forces armées bolivariennes, ont immédiatement pris des mesures pour stabiliser les institutions et maintenir la continuité du commandement.

Les États-Unis n’ont pas prévu d’occupation à plus grande échelle en raison de la résistance anticipée et de la mobilisation armée de millions de Vénézuéliens. L’appel du président Maduro à développer massivement les milices bolivariennes a incité plus de huit millions de citoyens à s’armer. Combiné à l’armée professionnelle vénézuélienne, qui n’a pas été fracturée, cela a créé un scénario dans lequel toute invasion terrestre dégénérerait en une guerre populaire prolongée, avec des coûts politiques et matériels inacceptables pour les États-Unis. Le chavisme bénéficie toujours d’un solide soutien, ce que l’administration Trump a tacitement admis lorsqu’elle a déclaré qu’il fallait faire preuve de « réalisme » et reconnaître que la droite vénézuélienne ne disposait pas du soutien nécessaire pour diriger le pays.

L’administration Trump a plutôt mené une frappe chirurgicale d’une précision extraordinaire, afin de modifier l’équilibre des forces et d’obtenir un moyen de pression sur le gouvernement vénézuélien, qu’elle devait accepter de ne pas pouvoir renverser. Aucune fanfaronnade de Trump et Rubio sur un « changement de régime » ne peut changer cette réalité fondamentale.

Mais lorsque Delcy Rodríguez, désormais présidente par intérim, a accepté d’entamer un dialogue avec l’administration Trump après l’attaque, beaucoup de militant.e. de gauche ont réagi avec confusion et consternation. Oui, Maduro et les dirigeants avaient promis une guerre populaire et, si nécessaire, une guérilla à l’image de celle du Vietnam. Mais le fait est que les commandos états-uniens étaient partis ; il n’y avait plus de force d’occupation à combattre. Cela doit être compris comme une caractéristique de la force durable de la révolution, et non comme une faiblesse.

Alors comment la révolution bolivarienne pouvait-elle s’asseoir à la table des négociations avec les forces mêmes qui venaient d’assassiner ses défenseurs et d’enlever son président ? La réponse réside dans les conditions matérielles de survie et dans une bonne compréhension de la stratégie révolutionnaire. La base sociale organisée et l’unité militaire de la révolution ont représenté une sorte de moyen de dissuasion pour l’occupation étrangère, mais ce moyen de dissuasion ne peut expulser les énormes forces militaires états-uniennes qui l’entourent encore, imposant un blocus naval total de son pétrole tout en pointant des armes sophistiquées sur leurs têtes. Le 3 janvier, le gouvernement a reconnu la réalité militaire et a pris la décision tactique de maintenir les institutions du pouvoir étatique sous son contrôle, afin de gagner du temps et de survivre pour continuer à se battre.

Cette décision a clairement nécessité certaines concessions à l’Empire, mais cela aussi doit être examiné de plus près. Tout comme les fausses allégations de trahison du 3 janvier sont désormais facilement réfutées, il en va de même pour les allégations de trahison des deux mois qui ont suivi.

Affirmation n° 2 : « La présidente par intérim Delcy Rodríguez et les autres dirigeants ont abandonné le projet bolivarien, livrant le pays, son économie et ses ressources à l’impérialisme états-unien. »

Les soi-disant « preuves » sont :

  • Le Venezuela a effectivement ouvert ses vastes réserves pétrolières à l’exploitation et à la vente par des compagnies privées étrangères.
  • Le Venezuela a entamé un processus de « réconciliation » avec l’opposition de droite, notamment en libérant 2500 prisonniers arrêtés lors des déstabilisations et condamnés pour trahisons, conspirations, violences ou assassinats.
  • Des responsables états-uniens ont été accueillis au palais de Miraflores avec des sourires et un accompagnement musical, comme on le fait généralement pour les alliés et les amis.

La réalité : un nouveau rapport de forces

Un rappel d’abord. Depuis le 3 janvier, le rapport de forces a été fondamentalement modifié. La plus grande armada régionale de l’histoire de la marine états-unienne est restée positionnée au large des côtes vénézuéliennes.

Personne ne vient en aide au Venezuela. Si l’on examine la région, on constate en fait que les gouvernements de droite en Argentine, au Paraguay, en Équateur, au Salvador, au Pérou et en Bolivie se réjouissent ouvertement de l’attaque. Les gouvernements progressistes du Brésil, de Colombie et du Mexique se sont contentés de condamnations rhétoriques. Le soutien stratégique de la Russie et de la Chine, bien que significatif les années précédentes, s’est avéré insuffisant pour dissuader l’agression impérialiste et a également été principalement rhétorique. Chaque pays a ses propres priorités militaires stratégiques. Une intervention directe comporte également le risque d’une guerre mondiale et, compte tenu de leur éloignement géographique, ils ne disposeraient pas de forces militaires dans la région.

Les accords qui se dessinent entre Caracas et Washington représentent un compromis amer mais nécessaire. Selon leurs termes, le Venezuela a accordé aux États-Unis un contrôle significatif sur ses exportations de pétrole, revenant à un modèle de licence similaire à celui précédemment utilisé par Chevron et d’autres sociétés avant le renforcement du blocus. Après avoir obtenu leurs licences, les compagnies pétrolières étrangères ne seront plus tenues de céder une participation majoritaire à l’État vénézuélien (qui reste propriétaire souverain des gisements) comme c’était le cas dans le cadre des précédentes coentreprises ; les taxes seront réduites et elles seront libres de vendre leur pétrole sur le marché étranger sans passer par la compagnie publique vénézuélienne PDVSA. Au lieu de cela, le département états-unien de l’Énergie a commencé à commercialiser le pétrole brut vénézuélien avec l’aide de négociants en matières premières et de banques, et Washington s’est arrogé le droit de déterminer quelles entreprises peuvent participer à la reconstruction des infrastructures énergétiques du pays. Dans le cadre de cet accord, pour la première fois depuis des décennies et sans avoir son mot à dire, le pétrole vénézuélien serait même expédié par des pétroliers étrangers vers Israël, un pays avec lequel le Venezuela a rompu toute relation en 2009 pour protester contre une autre étape du génocide du peuple Palestinien (opération « plomb durci »).

En échange, le Venezuela a obtenu l’accès aux revenus de ses ventes de pétrole par l’intermédiaire de deux fonds souverains à l’étranger, contrôlés de facto par les États-Unis. Ces fonds, bien que soumis à la surveillance des États-Unis, fournissent au pays ce qui lui a été refusé pendant des années en vertu du régime de sanctions : des ressources pour investir dans la santé, l’éducation, les infrastructures, et les projets portés par les milliers d’autogouvernements communards dans tout le pays. Cet accord est abusif et humiliant, et le secrétaire d’État Marco Rubio l’a ouvertement qualifié de « prise de tout le pétrole » par les États-Unis. Mais il permet à l’État vénézuélien de survivre.

S’agit-il d’une négation de la souveraineté du Venezuela sur ses décisions en matière pétrolière ? Dans une certaine mesure, oui. Mais les éléments essentiels de l’accord correspondent au désir de longue date du Venezuela de rétablir ses exportations de pétrole vers les États-Unis, et ressemblent à ce que Maduro lui-même aurait proposé lors des négociations avec l’administration Trump. Cela comprenait une offre de réouverture de l’exploitation et de la propriété pétrolières états-uniennes en échange de la levée des sanctions. Cela correspond également aux informations rapportées par le journaliste brésilien Breno Altman. Sur la base de discussions avec le fils de Maduro, Nicolas Maduro Guerra, Altman a rapporté : « [Le président Maduro] est informé, et son message est toujours un message de soutien à la présidente par intérim, Delcy Rodríguez. »

Le fait est que les infrastructures pétrolières du Venezuela ont été construites principalement pour desservir le marché états-unien, et que les raffineries du sud des États-Unis ont été en grande partie construites pour traiter le pétrole brut vénézuélien. D’un point de vue purement économique, ces pays restent des partenaires commerciaux naturels malgré leurs divergences idéologiques. Même sous Chávez, les États-Unis ont acheté 60 % des exportations pétrolières du Venezuela pendant une grande partie de sa présidence, ce qui constituait la majeure partie des revenus du pays. Même l’expropriation des projets pétroliers étrangers au Venezuela a été adoptée par Chávez non pas principalement par principe, mais plutôt en réaction aux tentatives de sabotage et à la détérioration des relations avec les entreprises qui ont refusé ses conditions et quitté le pays.

En substance, les États-Unis étaient déjà en train d’écraser l’industrie pétrolière vénézuélienne, avec des effets dévastateurs. Tout d’abord, les compagnies pétrolières ont bloqué la vente de pièces et de technologies uniques nécessaires à l’entretien de leurs infrastructures abandonnées. Puis ont suivi une décennie de sanctions financières et commerciales, la saisie de ses comptes à l’étranger (dont certains restent, de manière ridicule, entre les mains de Juan Guaidó) et enfin un véritable blocus pétrolier. L’économie vénézuélienne dans son ensemble a été fortement touchée par cette perte de revenus, avec une inflation galopante, une pénurie de devises fortes et l’effondrement d’une série d’autres industries. C’est là la véritable cause de l’émigration vénézuélienne. En injectant des milliards de revenus dans l’économie vénézuélienne, même dans ces conditions injustes de siège, cela conduira sans aucun doute à une amélioration des conditions de vie. De nombreux migrant.e.s rentrent peu à peu au pays, et des millions de personnes devraient participer à la consultation populaire vénézuélienne du 8 mars, afin de voter pour sélectionner 36.000 initiatives menées par des communes, allant de la rénovation des services publics à des projets économiques, qui bénéficieront d’un financement public.

L’accord avec l’administration Trump a également conduit le Venezuela à amnistier plus de 5000 personnes et à libérer des milliers de prisonniers. Cet accord concerne aussi près de 800 personnes condamnées pour différents crimes liés au renversement du gouvernement, y compris des actes violents. Les personnes condamnées pour meurtre et « violations graves des droits humains » ou « crimes contre l’humanité » ne seront pas libérées. Cette amnistie, que les médias occidentaux ont baptisé « libération de prisonniers politiques », doit plutôt être comprise comme une décompression stratégique. Elle élimine un prétexte supplémentaire à une intervention humanitaire, isole les secteurs les plus intransigeants de l’opposition d’extrême droite et démontre que l’État bolivarien conserve l’autorité de définir l’approche de ses propres processus judiciaires. On peut supposer que le gouvernement vénézuélien espère également que cela conduira à la reconnaissance d’autres gouvernements de la région et du monde entier. Depuis les élections de 2024, le gouvernement n’a pas été en mesure de maintenir des relations politiques et commerciales normales avec la plupart des gouvernements de la région, à l’exception de Cuba, du Nicaragua et de quelques petits pays des Caraïbes.

Négociation sous la menace des armes : Brest-Litovsk dans les Caraïbes

L’histoire de la révolution russe nous offre ici une leçon indispensable. En 1918, la jeune République soviétique faisait face à l’avancée de l’armée impériale allemande avec une armée en ruine et sans capacité de résistance efficace. Vladimir Lénine, contre les objections des soi-disant « communistes de gauche » qui exigeaient une « guerre révolutionnaire » pour défendre l’ensemble du territoire, a conduit le jeune État révolutionnaire à signer l’humiliant traité de Brest-Litovsk. Cet accord cédait de vastes territoires, dont l’ensemble de l’Ukraine et quarante pour cent de la base industrielle de la Russie, à l’impérialisme allemand. Il s’agissait, à tous égards, d’une défaite massive.

Les détracteurs de Lénine ont qualifié cela de trahison de la révolution, et en particulier de tous les ouvriers, paysans et nationalités opprimées des territoires cédés qui s’étaient battus et avaient tout sacrifié en 1917, pour finalement être renvoyés au capitalisme dans le traité de paix de Brest-Litovsk.

Pourtant, Lénine comprenait ce que ses détracteurs ne comprenaient pas : l’objectif n’était pas de mourir en beauté, mais de préserver l’instrument politique de la révolution. Comme l’a déclaré le regretté commandant Hugo Chávez après l’échec de la rébellion de 1992, « nous devons battre en retraite aujourd’hui pour avancer demain ». Le traité a fourni le répit nécessaire pour consolider l’État soviétique, construire l’Armée rouge et finalement vaincre non seulement l’Empire allemand, mais aussi les forces combinées de la contre-révolution et de l’intervention étrangère. Ceux qui ont dénoncé Lénine comme un traître en 1918 ont été démentis par l’histoire. Les territoires cédés ont tous fini par être récupérés.

Pourtant, cela ne marqua pas la fin des reculs et des compromis. Face à la famine causée principalement par la guerre civile, Lénine accepta l’aide humanitaire des organisations caritatives capitalistes américaines, établit des relations avec les pays qui venaient d’envahir le pays et rétablit des liens économiques et commerciaux étroits avec l’impérialisme allemand. Abandonnant le « communisme de guerre », il orienta l’État vers la réintroduction massive des relations de propriété capitalistes et invita les entreprises étrangères à s’installer dans le pays. Cela a notamment permis à l’État soviétique de signer des accords avec la Ford Motor Company (dirigée par Henry Ford, sympathisant fasciste) pour s’implanter dans le pays.

C’est dans cette optique qu’il faut considérer les mesures prises aujourd’hui par le gouvernement, par l’intermédiaire de Delcy Rodríguez. S’asseoir en face du secrétaire états-unien à l’Énergie Chris Wright, recevoir le directeur de la CIA John Ratcliffe à Miraflores, ne constituent pas des actes de capitulation, mais de survie dans des conditions de contrainte extrême. Qu’elle sourie ou qu’elle échange les mêmes salutations protocolaires que lors d’autres visites d’État n’a aucune importance. L’objectif est de renoncer à ce qui peut être temporairement sacrifié, le contrôle total du pétrole, l’accès au marché, voire le maintien en détention de 800 personnes condamnées pour des crimes violents, afin de préserver ce qui ne peut être remplacé : l’État révolutionnaire, le parti et la vie de ses cadres dirigeants qui ont joué un rôle indispensable dans la cohésion du projet bolivarien dans son ensemble. On ne peut sous-estimer l’histoire longue, anticolonialiste, qui a débuté il y a des siècles avec les résistances indigènes face à l’impérialisme espagnol, reprise par Simon Bolivar et son armée victorieuse d’ex-esclavisé.e.s afrodescendant.e.s, puis réincarnée dans la synthèse bolivarienne d’Hugo Chavez, et qui reste portée, depuis 26 ans, par une direction collective. Une fois ces fondements préservés, un recul aujourd’hui peut devenir un pas en avant demain.

Affirmation n° 3 : En matière de relations étrangères, les dirigeants vénézuéliens ont abandonné leur anti-impérialisme historique.

Les soi-disant « preuves » :

  • Lorsque les forces états-uniennes et israéliennes ont attaqué l’Iran le 28 février 2026, le ministère vénézuélien des Affaires étrangères a publié une déclaration soigneusement formulée qui, tout en condamnant l’agression, condamnait également les représailles « injustifiées » menées par l’Iran contre les États du Golfe abritant des bases américaines. La déclaration a ensuite été supprimée.
  • Delcy Rodriguez a publié une déclaration exprimant sa « solidarité » avec le Qatar après un entretien téléphonique avec son émir, un proche allié des États-Unis. Aucune déclaration de solidarité n’a été publiée à l’égard de l’Iran.

La réalité : le Venezuela reste sous pression et souhaite préserver ses relations avec le Qatar

Cette critique oublie que les relations avec le Qatar ont joué un rôle particulièrement important pour le Venezuela ces dernières années. Le Qatar a en effet accueilli les fonds souverains du Venezuela et contrôle donc l’accès du Venezuela à ses propres revenus pétroliers dans ce pays. Le Qatar a également été le médiateur et l’hôte des dernières séries de négociations entre les États-Unis et le Venezuela. Le Venezuela a publiquement remercié le Qatar en particulier pour son rôle dans la libération du prisonnier politique Alex Saab des prisons américaines.

Mais surtout, cette critique oublie que le Venezuela reste sous la menace directe d’une destruction totale par les États-Unis. Chaque mot et chaque déclaration font l’objet d’une surveillance étroite, avec des enjeux considérables. Le directeur de la CIA, M. Ratcliffe, a personnellement averti les responsables vénézuéliens que tout accord serait annulé s’il servait sert de « refuge » aux adversaires des États-Unis. Dans une telle situation, la diplomatie n’est pas une profession de foi sincère, mais un instrument permettant de préserver l’existence souveraine.

Les relations formelles étroites entre Caracas et Téhéran restent intactes, mais proclamer sa solidarité avec l’Iran contre les États-Unis dans cette guerre massive ne ferait pas seulement rompre une relation avec le Qatar qui est devenue très importante, cela fournirait également à Washington un prétexte pour une deuxième série de frappes bien plus dévastatrices.

Qui est vraiment Delcy Rodríguez ?

Une grande partie du récit de la « trahison » s’est concentrée sur la personnalité de la présidente par intérim Delcy Rodríguez. Cela manque de preuves réelles, semble totalement faux et constitue une tactique classique de la stratégie militaire et des opérations psychologiques des États-Unis.

Les références révolutionnaires de la famille Rodríguez sont gravées dans la lutte et le sang. Le père de Delcy et de son frère Jorge (président de l’Assemblée nationale) était Jorge Antonio Rodríguez, un dirigeant de la Ligue socialiste, une organisation marxiste-léniniste, qui a reçu une formation à Cuba. Il a été torturé et assassiné par le régime de Punto Fijo en 1976, en étroite coordination avec la CIA, alors que Delcy avait sept ans. Delcy et son frère Jorge sont tous deux issus de cette tradition de lutte clandestine et de masse pour le socialisme. Le président Maduro lui-même était un cadre de la même organisation. Après son retour au Venezuela, où elle avait fait ses études à l’étranger, Delcy Rodríguez s’est lancée dans le mouvement chaviste et le gouvernement aux côtés de son frère, qui sont tous deux devenus les principaux conseillers de Maduro et comptent parmi ses négociateurs et représentants les plus fiables dans les affaires internes et internationales les plus sensibles. Elle a déclaré que la construction de la révolution bolivarienne serait une revanche pour le meurtre de son père, une forme de justice. Suggérer qu’il y ait eu trahison ou capitulation née de la lâcheté ou de l’opportunisme, c’est ignorer quatre décennies de formation politique et de sacrifices communs.

Dans sa première déclaration le 3 janvier, Trump a laissé entendre que Delcy Rodríguez avait exprimé sa volonté de coopérer avec les États-Unis et de répondre à leurs demandes. Certains membres de la gauche l’ont cru, interprétant cela comme un signe de capitulation. Sa conférence de presse le même jour a réaffirmé la souveraineté du Venezuela et ses propres exigences envers les États-Unis, notamment la libération du président Maduro. Le lendemain, après avoir présidé une réunion des dirigeants du parti et de l’État, au cours de laquelle l’unité de l’armée a également été réaffirmée, elle a publié un message appelant le gouvernement américain à travailler avec le Venezuela pour la paix et le développement, mais dans le cadre de la souveraineté et de l’égalité.

Cette déclaration faisait écho à toutes les déclarations faites par Maduro dans le passé et tout au long des années de tensions avec les États-Unis. Maduro lui-même a toujours appelé à la diplomatie et à des négociations directes de haut niveau pour éviter une guerre totale, et avait déjà proposé de négocier des accords économiques globaux avec les États-Unis pour les ressources pétrolières et minérales du Venezuela. De tels accords auraient sans aucun doute été conditionnés à la réduction et la minimisation des alliances stratégiques avec les « adversaires » des États-Unis, notamment l’Iran, la Russie et la Chine. On peut supposer que chacun de ces pays comprendrait cette décision, étant donné qu’ils ont clairement pris des décisions tactiques similaires difficiles dans un passé récent afin de préserver leur intégrité et leurs intérêts nationaux. Néanmoins, Delcy Rodriguez a affirmé à plusieurs reprises que le Venezuela continuerait à développer ses relations avec tous les pays.

Si le gouvernement vénézuélien dirigé par Delcy Rodriguez venait à signer un accord similaire à celui proposé par Maduro, mais maintenant que ce dernier a été kidnappé, cela ne constituerait pas une trahison. Cela soulève bien sûr la question de savoir pourquoi Trump a décidé de kidnapper Maduro, mais cela tient davantage à son désir de conserver sa réputation d’homme fort qu’à une différence politique fondamentale. Dans les semaines qui ont précédé le 3 janvier, certains médias de la classe dirigeante ont particulièrement raillé Trump, le qualifiant de « perdant » s’il concluait un accord laissant Maduro au pouvoir. Il avait besoin d’un trophée et voulait apparaître comme l’homme fort capable d’imposer ses conditions à n’importe qui. Trump revendique la victoire, affirmant que « nous sommes aux commandes ». Il le fait principalement à des fins politiques internes. Mais cela ne rend pas la chose vraie. Incapable de mener à bien un véritable changement de régime, il utilise essentiellement des mots pour déclarer faussement que « le régime a changé ».

Pour sa part, Delcy Rodriguez a déclaré que le retour de Maduro et Flores restait l’objectif central des négociations avec les États-Unis et a de nouveau réclamé à Donald Trump, au début du mois de mars, « la libération immédiate du président Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores, ainsi que la levée totale de l’embargo et des plus de 1000 sanctions qui sont maintenues contre le Venezuela » .

Neutraliser la droite et rechercher des relations normalisées

Une conséquence involontaire mais significative de cette négociation a été un revers politique majeur pour l’opposition soutenue depuis longtemps par les États-Unis, qui a été utilisée pour priver le Venezuela de relations internationales normales. La putschiste d’extrême droite María Corina Machado, qui a passé des années à réclamer une intervention militaire étrangère et à se réjouir des sanctions qui ont dévasté le peuple vénézuélien, est devenue insignifiante depuis le 3 janvier. Elle n’a rien obtenu de l’administration Trump qui traite désormais directement avec le gouvernement de Miraflores.

En établissant des relations directes entre États, fondées sur la seule matière première que l’impérialisme états-unien apprécie vraiment – le pétrole, les dirigeants bolivariens ont pris l’opposition à revers. Les États-Unis, dans leur pragmatisme brutal, ont choisi de négocier avec la seule force qui contrôle réellement le territoire et les ressources plutôt qu’avec des figures en exil qui n’ont aucun pouvoir réel. Dans leur retraite précipitée, Rubio et Trump sont allés jusqu’à discréditer publiquement la figure de l’opposition qu’ils avaient eux-mêmes choisie, reconnaissant ainsi de facto l’État bolivarien comme seule entité gouvernante. Une normalisation complète des relations et la reconnaissance du gouvernement vénézuélien sont encore loin d’être acquises et pourraient nécessiter d’autres retraites tactiques et concessions, mais si elles se concrétisent, elles seront considérées comme une victoire stratégique pour le projet bolivarien.

La tâche de la solidarité internationale

Pour les forces de gauche en dehors du Venezuela, le moment actuel exige de la clarté sur ce que signifie la solidarité. Cela ne signifie pas approuver ou défendre chacune des déclarations du gouvernement vénézuélien, compte tenu de la situation dans laquelle il évolue actuellement. Mais cela ne signifie pas non plus exiger des dirigeants vénézuéliens qu’ils se suicident dans un geste de pureté révolutionnaire ou d’honneur. Cela ne signifie pas non plus se faire l’écho de la propagande états-unienne sur les « divisions » et les « traîtres », sans preuves. Cela ne signifie pas non plus juger chaque décision tactique à l’aune d’une norme abstraite qu’aucun projet révolutionnaire dans l’histoire n’a jamais atteinte.

La solidarité signifie comprendre que Delcy Rodríguez, assise face aux représentants d’un empire qui cible depuis longtemps sa propre famille, est engagée dans le travail révolutionnaire le plus difficile qui soit : survivre dans des conditions de pression extrême, avec l’avenir de 30 millions de personnes en jeu. Son objectif est de préserver un projet qui a transformé l’État vénézuélien, restauré l’indépendance du Venezuela, instauré des réformes sociales impressionnantes, renforcé un secteur communard et résisté à une offensive économique, militaire et politique impériale soutenue dans un contexte d’isolement mondial et à une époque de contre-révolution. Se livrer au martyre révolutionnaire dans ce contexte ne mènerait à rien d’autre qu’à la liquidation de la gauche vénézuélienne et ferait reculer la révolution vénézuélienne pour des générations.

La révolution n’est pas terminée. Elle s’est temporairement repliée, a regroupé ses forces et lutte désormais par d’autres moyens. Le répit obtenu grâce à ces négociations, aussi coûteuses soient-elles, offre les conditions nécessaires à de futures avancées.

Nicolás Maduro reste le président légitime du Venezuela, même s’il est injustement emprisonné, privé même de la possibilité de payer ses frais juridiques. Le pétrole qui coule vers le nord dans le cadre de cet accord n’est pas un tribut, mais une rançon, payée pour garantir la vie du peuple vénézuélien et la continuité de l’État socialiste. Lorsque le rapport de forces changera, et il changera, le Venezuela se battra pour récupérer ce que l’impérialisme lui a temporairement pris.

Il ne s’agit pas de mourir pour la révolution, mais de vivre et de faire la révolution.

Manolo de los Santos

Source VO : https://peoplesdispatch.org/2026/03/03/tactical-retreats-why-venezuelas-revolution-still-stands/

Traduction : Thierry Deronne

 https://venezuelainfos.wordpress.com/2026/03/04/retraites-tactiques-pourquoi-la-revolution-venezuelienne-tient-bon-par-m

COMMENTAIRES  

05/03/2026 19:56 par Mede in Québec

La réalité : le Venezuela reste sous pression et souhaite préserver ses relations avec le Qatar

Cette critique oublie que les relations avec le Qatar ont joué un rôle particulièrement important pour le Venezuela ces dernières années. Le Qatar a en effet accueilli les fonds souverains du Venezuela et contrôle donc l’accès du Venezuela à ses propres revenus pétroliers dans ce pays. [...]

C’est Trump qui a le plein contrôle sur l’accès du Venezuela à une petite partie de ses revenus pétroliers...

Et ce n’est pas le Qatar qui a reçu Hugo Chávez avec tous les honneurs qu’il méritait, lui remettant même la médaille de la plus haute distinction iranienne pour souligner son courage et sa résistance à l’impérialisme terroriste étatsunien, c’est l’Iran !

Ce n’est pas le Qatar qui envisageait le lancement conjoint d’une Université des Civilisations devant se concentrer principalement sur l’enseignement des principes du socialisme (je ne retrouve malheureusement plus mes archives sur le sujet), c’est l’Iran !

Ce n’est pas le Qatar qui a investi plus de 4 milliards dans des projets énergétiques vénézuéliens au courant des années 2000, c’est l’Iran !

Ce n’est pas le Qatar qui a fourni les pièces et équipements pour assurer la réparation et l’entretien des installations pétrolières vénézuéliennes et les maintenir en bon état de fonctionnement, c’est l’Iran !

Ce n’est pas le Qatar qui a fourni les pièces, les équipements et l’expertise (main-d’oeuvre) nécessaires pour remettre en état de fonctionnement une raffinerie vénézuélienne, c’est l’Iran !

Ce n’est pas le Qatar qui a fourni les solvants et intrants chimiques indispensables au traitement du pétrole lourd et ultra-lourd vénézuélien, c’est l’Iran !

Ce n’est pas le Qatar qui a livré deux pétroliers d’une capacité de plus ou moins 800000 barils au Venezuela, c’est l’Iran !

Ce n’est pas le Qatar qui a offert au Venezuela des transferts technologiques sur les drones, c’est l’Iran !

Ce n’est pas le Qatar qui a rempli les étagères de marchés d’alimentaation vénézuéliens de denrées alimentaires abordables alors qu’une partie de la population vénézuélienne peinait à se nourrir, c’est l’Iran !

Ce n’est pas le Qatar qui a conclu des accords de transfert de compétences en éducation et de domaines scientifiques comme la nanotechnologie, la biotechnologie, la pétrochimie, la radiologie, etc., c’est l’Iran !

Ce n’est pas le Qatar qui a conclu un accord de coopération de 20 ans dans des domaines comme l’énergie, la défense, l’agriculture, l’ingénierie, le tourisme et la culture pour permettre au Venezuela de garder la tête hors de l’eau, qui dis-je, de garder la tête hors du déluge de sanctions US, c’est l’Iran !

Ce n’est pas l’Iran qui a autorisé des installations militaires étatsuniennes sur son territoire, c’est le Qatar !

Et je pourrais continuer comme ça encore longtemps. Cet article est un ramassis de ’excuses, de prétextes et de faux-fuyants pour justifier une totale et entière soumission à l’empire !

Rien ne justifiait le coup de poignard dans le dos de cette missive publiée lâchement sur un vulgaire compte TwitteX ! Encore heureux qu’une base Chaviste pure et dure veille au grain pour remettre certains pendules à l’heure...

06/03/2026 00:25 par Vania

Je comprends la réaction de @made in québec" mais le texte n’est pas une excuse, le texte est une Explication Rationnelle de la situation actuelle.La situation est terrible, la plus difficile qu’ils ont du subir en 27 ans. Les dirigeants chavistes ont été pris en otage, ils ont un pistolet sur la tempe, les bateaux de guerre sont en face et contrôlent la navigation du pays. Le président légitime et sa femme sont Toujours des prisonniers de guerre, les étasuniens sont des gangsters, totalement déshumanisés prêts à tout. Les accords signés sont plutôt une Rançon (le prix exigé pour éviter un autre bombardement). Thierry Deronne qui est sur place dit : "Lorsque le rapport de forces changera, et il changera, le Venezuela se battra pour récupérer ce que l’impérialisme lui a temporairement pris. Il ne s’agit pas de mourir pour la révolution, mais de vivre et de faire la révolution."
https://x.com/venezuelainfos/status/2029496259954761801
Voici un autre article lucide (en espagnol) : "Négocier avec les kidnappeurs de tes parents qui menacent de mort ta famille"
https://x.com/AmeliachPSUV/status/2028815856428327233
Concernant l’Iran : la déclaration officielle (avec un pistolet sur la tempe)est une chose mais il est possible de manifester sa solidarité sans caméras aussi.
Des chavistes manifestent leur solidarité avec l’iran :
https://x.com/planwac/status/2029203881838752169
Et la vie au Venezuela continue dans les circonstances.La situation me fait penser au film "la vita es bella" (le père dans un camp de concentration qui cache ses sentiments et fait du mieux pour protéger son fils et survivre)
Chavez est parti il y a 13 ans. "Treize ans après la disparition du commandant Hugo Chávez, nous ressentons sa présence vivante dans chaque combat et chaque victoire du peuple. Il nous a appris à aimer profondément cette terre, à marcher la tête haute avec dignité et à ne plus jamais capituler". (Delcy Rodriguez)
https://x.com/delcyrodriguezv/status/2029616973370302797
Le 8 mars, une consultation populaire sur les projets choisis par les comunas pour renforcer la démocratie participative
https://x.com/delcyrodriguezv/status/2028864506919625174
Relations avec la Russie
https://x.com/yvangil/status/2028503075795943905

06/03/2026 08:43 par jacques-françois bonaldi

Je ne sais pas si c’est un "repli tactique"., en tout cas ça se presse au portillon : c’est maintenant au tour du secrétaire de l’Intérieur reçu en grande pompe, avec tout le monde le sourire aux lèvres, l’annonce d’un accord avec Shell et un société privée, sans participation de PDVSA, l’annonce de la reprise des relations diplomatiques, etc. Ça fait quand même un peu beaucoup en deux mois ! Et le jour même de l’anniversaire de la mort de Hugo Chávez !
Je me demande : le jour où Trump demandera l’expulsion de coopérants cubains (en santé et dans bien d’autres domaines), comme il l’a obtenu au Honduras et au Guatemala, le gouvernement vénézuélien se pliera aussi facilement ?

06/03/2026 18:30 par Vania

Bonjour M Bonaldi : Cela s’appelle un repli tactique Sans naiveté stratégique.C’est du judo politique:utiliser la force de l’ennemi pour se défendre. Si vous lisez l’article de F. Ameliach (1)
(1)"Négocier avec les kidnappeurs de tes parents qui menacent de mort ta famille"
https://x.com/AmeliachPSUV/status/2028815856428327233
Il démontre que la force de l’ennemi est militaire(actuellement les chavistes n’ont pas la force militaire pour se défendre d’une puissance nucléaire, cela produirait la disparition totale et absolue du chavisme , un massacre sans précédents du peuple chaviste et de tous ses leaders). La force des chavistes est le fait de posséder un trésor que l’ennemi convoite mais l’ennemi comprend que s’il détruit les chavistes il n’obtiendra rien. L’ennemi contrôle la mer des caraibes et si les chavistes envoient un pétrolier vers la Chine p ex,ils vont le voler, conséquence : le budget de l’état va s’effondrer et la situation économique va se détériorer. Or, ils ont besoin de recevoir l’argent du pétrole pour pouvoir augmenter les salaires, financer le système de santé et d’éducation, développer les comunas, et la construction de logements etc. Oui c’est Frustrant mais c’est la situation actuelle, les processus révolutionnaires n’avancent pas dans des conditions idéales (surtout avec l’administration des psychopathes de la maison noire) et parfois il faut faire de la nécessité absolue une priorité ! Au moins, la paix règne à l’intérieur du pays(à l’extérieur il y a des bateaux de guerre) et les projets stratégiques comme les comunas continuent. La consultation sur les projets choisis par le peuple aura lieu le 8 mars.Et non les chavistes n’ont pas trahi Chavez.
(2)Chavez est parti il y a 13 ans. "Treize ans après la disparition du commandant Hugo Chávez, nous ressentons sa présence vivante dans chaque combat et chaque victoire du peuple. Il nous a appris à aimer profondément cette terre, à marcher la tête haute avec dignité et à ne plus jamais capituler". (Delcy Rodriguez)
https://x.com/delcyrodriguezv/status/2029616973370302797
P.S. : Concernant l’accueil des envoyés de la maison noire, ils font comme les Russes ou les Chinois ,ils appliquent " l’étiquette diplomatique".
Pour finir : "Soldado que NO muere, vale para otra batalla."
Parfois, les chavistes disent : "Al loco hay que darle razon hasta que llegue l’ambulancia"

06/03/2026 20:53 par Palamède Singouin

Il semble clair que le gouvernement vénézuélien soit enfermé dans une stratégie de collaboration avec un agresseur bénéficiant d’une supériorité militaire écrasante.
On peut dire la même chose de la France en juin 40 après la déroute de ses armées face aux boches.
La question sera de savoir jusqu’à quel point ira la "collaboration"... Pétain ? Mahmoud Abbas ? Ou Ho Chi Minh...

Bon de nos jours le Vietnam est engagé dans des projets de stations balnéaires luxueuses avec les USA... après tant de souffrances.

Les choix sont difficiles.

06/03/2026 23:46 par jacques-françois bonaldi

Vania
Vous insistez dans chacun de vos commentaires sur la disparité des forces en présence. Mais ce n’est pas spécifique du cas présent. La disparité militaire est une constante dans la lutte des peuples contre l’ennemi principal, et s’il fallait la prendre en considération pour échafauder une stratégie révolutionnaire, les peuples n’entreprendraient et ne poursuivraient jamais rien.

« La force des chavistes est le fait de posséder un trésor que l’ennemi convoite mais l’ennemi comprend que s’il détruit les chavistes il n’obtiendra rien ».

Ceci dit, je ne saisis pas très bien votre logique. Je ne comprends pas pourquoi, s’ils détruisaient le chavisme, les USA ne pourraient plus s’emparer du pétrole vénézuélien. Parce que le peuple chaviste se soulèverait et leur ferait la guerre ? De toute façon, pourquoi l’impérialisme détruirait-il le chavisme puisque celui-ci exécute exactement ce qu’il lui ordonne (la cession de son « trésor ») et qu’il est en train de faire repasser graduellement le Venezuela sous sa domination économique et politique…

Mais, sans doute, n’avons-nous pas les mêmes vécus ni les mêmes références. Les miens restent ceux de la Révolution cubaine qui se bat depuis maintenant soixante-sept ans, jour après jour, pour ne pas retomber sous le joug de l’impérialisme étasunien dont elle a connu et souffert l’occupation militaire de 1898 à 1902, puis le néocolonialisme de 1903 à 1958. Et qui a vécu assurément bien plus de « coups durs » tout au long de son histoire que la Révolution bolivarienne. Et qui n’a pas essayé de se rabibocher avec l’ennemi pour sauver sa peau.
Oserais-je vous rappeler que la Révolution cubaine a été sous la menace de plusieurs invasions militaires de la part des Etats-Unis et même sous celle des bombes atomiques en octobre 1962 ? Je vous renvoie à cet épisode concret : menacée par Kennedy et trahie par Khrouchtchev, a-t-elle cédé pour autant ? Et c’est justement parce que la Révolution a toujours riposté du tac au tac aux différentes administrations étasuniennes et qu’elle n’a jamais fait preuve de faiblesse qu’elle a pu survivre à un contexte infiniment plus compliqué et tragique que celui de la Révolution bolivarienne, surtout depuis l’effondrement du camp socialiste en 1989. Cela fait maintenant trente-six ans qu’elle résiste quasiment seule, au pire des ennemis, sans jamais trahir ses principes et s’incliner. Petit dernier exemple : Diaz-Canel s’est rendu hier à l’ambassade iranienne pour y signer, avec d’autres membres du gouvernement, le livre de doléances pour l’assassinat de Khamenei. A-t-on fait un geste similaire à Caracas ?

L’impression que je tire des évènements au Venezuela, c’est que ce n’est pas la « volonté de résistance » qui guide les pas du gouvernement vénézuélien, mais la peur qui, plus encore que la colère, est mauvaise conseillère.

Vania, soit dit en passant, vous n’avez pas répondu à ma dernière question qui est loin d’être un cas d’étude, mais quasiment une certitude, surtout si le « chavisme » continue de céder…

07/03/2026 10:31 par Assimbonanga

Il reste à savoir ce qui se passera si Trump bombarde Cuba et enlève le président Diaz-Canel... Comment réagiront les rescapés ? Et si Fidel Castro avait subi le même sort ?

07/03/2026 13:48 par Nasser

Je n’en crois pas un mot dans cet article !
Il tente de justifier une exécrable trahison et corruption dans le gouvernement actuel et dans l’armée !

07/03/2026 16:10 par legrandsoir

Vous avez des arguments ?

07/03/2026 18:03 par Assimbonanga

J’aimerais rappeler que la vie des Venezueliens n’est pas une série Netflix qui comblerait nos attentes en bonnes nouvelles révolutionnaires. Je me suis rappelée in extremis que Trump fait arraisonner des pétroliers et se les approprie. Qu’est-ce que Delcy Rodriguez peut contre ça ? Le Venezuela est dans une situation de faiblesse mais il s’en tire mieux que l’Iran sous un feu destructeur.

Voici les dernières paroles de Nicolas Maduro le 31 décembre 2025 au micro d’Igniacio Ramonet :
Nous sommes guidés par des convictions, des engagements, des serments et une force divine et sacrée qui transcende le visible. Car Dieu est avec nous, et comme le dit notre peuple : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » Ainsi, la victoire, en toutes circonstances, nous appartiendra toujours. C’est pourquoi nous avons la tranquillité, la sérénité et la certitude de défendre la cause la plus juste qui ait jamais été défendue. Et que la victoire de la paix nous appartient.

Tout le monde peut se tromper ! Lol.

07/03/2026 20:25 par Vania

M Bonaldi’Avec tout le respect que je vous dois,je me permets de vous contredire : Vous affirmez :""1)Ceci dit, je ne saisis pas très bien votre logique. Je ne comprends pas pourquoi, s’ils détruisaient le chavisme, les USA ne pourraient plus s’emparer du pétrole vénézuélien.Parce que le peuple chaviste se soulèverait et leur ferait la guerre ?""R:Parce que cela entrainerait le chaos,la destruction des infrastructures pétrolières et autres, le massacre du peuple chaviste et que la guerre ,de durée imprévisible,ne permettrait pas aux eeuu de s’emparer Rapidement du pétrole (ex : En Irak cela leur a pris 2 ans pour s’en emparer )""2) De toute façon, pourquoi l’impérialisme détruirait-il le chavisme puisque celui-ci exécute exactement ce qu’il lui ordonne (la cession de son « trésor »)""R : Vous oubliez la séquence des événements :étape 1 : bombardement massif, destructions,assassinats, séquestration du président et de sa conjointe ; étape2 : 15 minutes pour répondre aux gangsters qui proposent 2 possibilités a) bombardements,massacre du peuple chaviste et de ses dirigeants ou b)négociation avec pistolet sur la tempe. Comme ils ont choisi b)la Paix et la survie ("soldado que no muere vale para otra batalla) et de négocier, le régime impérial de gangsters n’a pas besoin actuellement de détruire le chavisme ""3)et qu’il est en train de faire repasser graduellement le Venezuela sous sa domination économique et politique..""R : la domination réside sur l’exploitation des ressources pétrolières et minéraux, mais de toutes façons les eeuu ont toujours exploité le pétrole au Venezuela (sous Chavez, 3 millions de barils /j). Le fait de ne plus le faire (pour détruire l’économie du Venezuela) vient justement de D. Trompe. Les relations diplomatiques avec les eeuu ont cessé en 2019,et le gouvernement chaviste a aussi besoin d’avoir des représentants du pays pour accompagner le président Maduro ( qui n’a même pas le droit de payer ses frais d’avocat)et sa femme qui étaient complètement seuls dans la prison de NY . Quant à la domination politique, la seul chose qu’on observe est la continuation des programmes sociaux, les comunas vont élire les projets économiques et sociaux dont ils ont besoin (la votation aura lieu le 8 mars).
https://x.com/venezuelainfos/status/2030087501516251386
Le contexte géopolitique de la révolution cubaine était différent, il y avait l’URSS et les pays de l’est, lors de la dislocation de l’URSS’ l’empire étasunien était très occupé à démanteler l’URSS et tous les pays de l’est . Quant à votre dernière question,Il est impossible que les chavistes puissent laisser tomber les Cubains, Cuba, le pays le plus solidaire de la planète. De l’aide humanitaire s’organise au Venezuela. "amor con amor se paga". ("Que algo no se vea ,no significa necesariamente que no exista")
N.B.La déshumanisation des vies iraniennes, palestiniennes est une honte pour l’humanité, n’ajoutons pas les vies vénézuéliennes.Peut-être que vous considérez lâches les chavistes, mais moi je préfère voir les enfants du Venezuela vivants.
Enfants de la comuna el maizal
https://x.com/venezuelainfos/status/2029825837168570808
Je préfère voir les comunas comme ici
https://x.com/venezuelainfos/status/2030087509103784189
Je ne choisirai pas ceci pour le Venezuela ;
https://x.com/PeruginiNic/status/2029959196356059337

07/03/2026 23:41 par Carlos Ducasse

Quelles preuves vous voulez, lors de la reunión avec son Ministre de l’interieur, Delcy a déclaré après savoir condamné l’agression de l’Iran contre ces voisins Arabes (Communiqué Officiel) : "je tiens a remercier personnellement le President Trump pour son aimable disposition a la paix avec le Venezuela... Il suffisait de resister un tout petit peu et la grosse baudruche de Trump se serait dégonflée... L’Iran est en train de le démontrer... Il fait arrêter de justifier l’injustifiable... C’est un modèle a présent pour toutes les ingérences y compris celles de la France... Trump n’eut jamais attaquer le Venezuela sans Accord prealable avec les frères Rodríguez... Ce n’est pas croyable de vouloir a tout prix conserver vos oeillères

07/03/2026 23:49 par Carlos Ducasse

Ps. : Delcy EST connu pour son Gurú Indien "Baba" mais la clef por neutraliser la reaction Populaire se trouve dans les réseaux évangéliques pro-Israel en Amerique Latine... A propósito Vania ¿Cómo estamos con su fé ?

08/03/2026 18:12 par jacques-françois bonaldi

Vania, je ne cherche pas à vous convaincre du bien-fondé de mes points de vue. J’analyse les faits que j’ai sous les yeux. Je serais infiniment satisfait de vérifier concrètement que le repli tactique est la bonne solution à la situation actuelle du Venezuela, mais, jusqu’à preuve du contraire, je n’en suis pas du tout sûr. Je souhaite que vous ayez raison.

Quant à ma question sur les coopérants cubains, vous bottez en touche : en une semaine, trois gouvernements ont décidé de résilier les contrats qui étaient tout en faveur de leur population : Guatemala, El Salvador, Jamaïque. Croyez-vous que Rubio et Cie n’y pensent pas au sujet du Venezuela ? Et là non plus je ne suis pas convaincu que le gouvernement actuel ne cède pas « pour avoir la paix dans la maison » et surtout n’avoir pas un autre motif de conflit avec la Maison-Blanche. Vous évoquez la solidarité des chavistes, dont je ne doute pas : je fais allusion à celle du gouvernement et à son attitude actuelle.

Mais enfin, comme dirait sans doute Nicolás Maduro (qui ne pouvait faire le moindre discours sans l’évoquer) : que Dieu vous écoute !

08/03/2026 23:03 par jacques-françois bonaldi

à Assimbonanga

"Il reste à savoir ce qui se passera si Trump bombarde Cuba et enlève le président Diaz-Canel... Comment réagiront les rescapés ? Et si Fidel Castro avait subi le même sort ?"

Oui, bombarder Cuba fait partie des possibilités évidentes des Etats-Unis : quelques minutes de vol, et c’est fait ! Le méprisable personnage à la Maison-Blanche l’a d’ailleurs évoqué clairement. Mais la Révolution cubaine ne peut « adapter » sa politique en fonction de cette menace qui a pesé sur elle à maintes reprises. Jusqu’au si « diplomatique » Kissinger y avait pensé quand Fidel Castro refusait de faire du retrait des troupes internationalistes cubaines en Afrique méridionale une monnaie d’échange pour améliorer les relations avec la Maison-Blanche. Et cela exaspérait tellement Kissinger qu’il se demandait s’il ne fallait pas recourir à la manière forte.

Quant à retenter « l’expédition Maduro » vis-à-vis de Cuba, ça, c’est une autre paire de manches : je ne crois pas que ce serait aussi facile pour les Etats-Unis que le 3 janvier. Les services de renseignements cubains sont parmi les meilleurs au monde (leurs homologues étasuniens dixit), et je ne crois pas que les Etats-Unis y trouveraient les failles qu’ils ont trouvées apparemment dans le pouvoir exécutif et militaire vénézuélien. Ce qui, soit dit en passant, apporte un démenti aux accusations de la droite vénézuélienne (et cubaine) selon laquelle tout cet appareil est sous la coupe du « castrisme ». Si seulement ç’avait été vrai !

Et puis, question attaque militaire, la même distance sépare les Etats-Unis de Cuba que Cuba des Etats-Unis : ce n’est plus une guerre de l’autre côté de la planète… Et Cuba dispose d’un avantage : avoir une partie de son territoire occupée par une base militaire, ce qui ne peut que donner à réfléchir aux jusqu’aux-boutistes étasuniens : elle serait la première cible, et les premières pertes se compteraient parmi les militaires qui y sont cantonnés. Et les pertes humaines, on n’aime pas ça aux Etats-Unis, au point qu’ils ne cessent de mentir sur ce point (ce qui s’explique d’autant mieux qu’aucune de leurs « guerres » n’est juste ni sert une bonne cause).

Fidel séquestré ? Les services secrets cubains ont déjoué plus de six cents tentatives d’attentats contre lui et ils auraient sans doute fait avorter une opération de ce genre. Mais, à supposer que les rambos étasuniens y fussent parvenus, Fidel serait mort en tout cas une arme au poing ! Il savait s’en servir et était même un bon tireur.

Quant à l’attitude des « rescapés », Cuba dispose d’un gouvernement fort, parfaitement structuré ; d’un parti idéologiquement formé (d’un seul parti qui, selon la Constitution, est la force dirigeante du pays et qui n’aura pas à consulter une ou des dizaines d’autres pour savoir quelle décisions prendre) ; de forces armées qui ont fait leur preuve sous différentes latitudes, appuyées par une doctrine de « guerre du peuple tout entier » qui entrerait aussitôt en fonctionnement ; et surtout d’un peuple qui, même s’il n’est plus aussi soudé et compact qu’avant, le reste toutefois suffisamment pour comprendre ce qu’il perdrait s’il perdait les conquêtes de la Révolution dans tous les domaines et si le capitalisme « pur et dur » venait à se réinstaller sur l’île et si celle-ci retombait sous la mainmise des Etats-Unis. Autre avantage : pas d’opposition structurée sur place ; celle-ci n’existe qu’à l’étranger et sur les réseaux sociaux, et ne fait pas le poids et le ferait encore moins en cas de situation comme celle que nous évoquons.

En attendant les bombes, ici, on continue de vivre (de survivre ?) sur une île où la pénurie de pétrole (vous savez pourquoi) entraîne des coupures de courant de dix, douze, parfois vingt heures, voire purement et simplement des déconnexions du système électrique national, ce qui entraîne à son tour des réductions d’activités dans tous les domaines (économiques, scolaires, culturelles, transports, etc.), donc une dégradation de la vie où tout devient terriblement compliqué. Personne ici (moi en tout cas) ne croit beaucoup en l’arrivée des pétroliers qui allégeraient la situation. Dans notre monde, hélas, l’Empire en décadence continue de faire peur et aucun gouvernement n’ose le braver. J’ignore quels ont été les résultats de la tournée que le ministre des Relations extérieures a faite en Chine, au Viet Nam, en Russie, au sujet de ce point vital, mais pour l’instant, on ne voit rien arriver. De la Russie, à part des encouragements verbaux, rien de concret ; le Mexique y a renoncé ; le Brésil de Lula, hormis de bonnes paroles, ne fait rien alors qu’il produit du pétrole (mais comment en attendre quelque chose, quand on a vu l’attitude absolument ignoble – ou simplement stupide – qu’il a eu envers le Venezuela ?) ; l’Iran a maintenant d’autres sujets. Si bien que les États-Unis continueront de pirater des pétroliers sans que personne n’y trouve à redire (vous vous souvenez du tollé des bien-pensants quand la piraterie maritime était le fait des pirates somaliens et l’organisation de flottes de guerre pour y mettre fin ?)

Alors, cette île continue de résister comme elle sait le faire depuis qu’elle s’est retrouvée seule à partir des années 90 !!!

Je me suis étendu plus que je ne l’aurais pensé. Ce ne sont pas des arguments de doctrine, ce sont justes des réflexions au fil de la plume, basées sur mon vécu cubain.

Avec les petites joies que fournit la situation actuelle : par exemple, pas de coupure de courant depuis ce matin (il est 18 h à La Havane), ce genre de petites joies dont vous ignorez toute la saveur, vous, là-bas !

09/03/2026 16:39 par Carlos Ducasse

Oui, IL semble bien que Trump veuille se retirer d’Iran en prétendant que sa cuisante défaite est en fait une victoire.. et IL semble que Macron va prender le relais... A la tête d’une coalition avec Abu Dhabi et Tel Aviv... Non pas pour prendre l’Iran mais le Liban... Qui est depuis le départ le véritable objectif... Trump a été le premier surpris par la facilité avec laquelle le Venezuela s’est offert ... Mais là aussi le véritable objectif est Cuba... Ce que j’affirme est que si les USA attaquent Cuba alors qu’ils se trouvent considérablement affaiblis par leur orgeuil et leur apétit insatiables, alors la Chine en profitera pour reprendre Taiwan

09/03/2026 21:33 par Jos

Rodriguez est un personnage très « ambigu ». En effet, elle a pour ami (son petit copain) un milliardaire libanais, elle mène grand train. N’a t-elle pas rencontré le chef de la CIA en Asie (Singapour) !!!. Elle obéi au facho Trump au doigt et à l’œil : rien d’étonnant qu’elle livre du pétrole en Israël aux sionistes génocidaires.

Par ailleurs, elle a ouvert aux compagnies vautours US les champs de pétrole vénézuéliens et elle refuse de livrer du pétole à Cuba où est la solidarité révolutionnaire.Que conclure ?!

La CIA a avoué d’avoir acheté certains dirigeants vénézuéliens - où est la mobilisation du peuple vénézuélien ?

Elle serait une taupe de la CIA infiltré chez les « chavistes » ne m’étonnerai pas

10/03/2026 14:03 par Palamède Singouin

En décembre le site russe Avia Pro a publié un article qui affirmait qu’il y avait eu une négociation entre Maduro et les USA pour que celui ci quitte le Venezuela contre le versement de 25 millions $, négociation qui avait capoté sur la destination de son exil. Les USA exigeaient la Russie, Maduro Cuba.
Je n’avais pas pris à l’époque cette info au sérieux.
A l’heure actuelle... disons qu’il y a de plus en plus de "zones d’ombre" autour de cette "intervention" US au Venezuela.
Si en plus, un milliardaire libanais est de la partie... ça ne sent pas bon du tout !

10/03/2026 17:29 par Vania

Désolant qu’on retrouve sur ce site des perroquets de fausses informations certainement diffusées par les opérateurs de la cia/mossad (spécialistes des manipulations/mensonges)et de l’extrême droite du Venezuela, actuellement désespérée mais très active, diffusant des faussetés en masse."La cia a avoué qu’il......." Mais quelle source fiable !! ""qu’attend le peuple pour se rebeller""25 millions"" "Cuba", "milliardaire libanais" etc

10/03/2026 17:56 par Palamède Singouin

@ Vania
Vos certitudes ne valent pas plus que les doutes de ceux que vous qualifiez de perroquets du Mossad et de la CIA. Qui vivra, verra...

10/03/2026 18:04 par Vania

M Bonaldi Quand j’ai lu votre phrase :"Mais, à supposer que les rambos étasuniens y fussent parvenus, Fidel serait mort en tout cas une arme au poing ! Il savait s’en servir et était même un bon tireur." je me suis rappelée du livre d’Ignacio Ramonet "Fidel Biographie à deux voix".À la p. 540 chapitre "América latina", Fidel décrit en détail la conversation qu’il a eu avec H Chavez lors du coup d’état de 2002. Fidel au réussi à lui parler à 12:38 de la nuit du 12 avril. La conversation est très détaillée mais je vous transcris (en espagnol )une petite partie de la conversation p. 541 "Me responde(Chavez) con emocion :"estan dispuestos a morir todos aqui " . Sin perder un segundo le anado (Fidel) : "Yo lo sé, pero creo que puedo pensar con mas serenidad.]...*[No renuncies , exige condiciones honorables y garantizadas para que no seas victima de una felonia, porque pienso que debes preservarte. Ademas, tienes un deber con tus companeros. No te immoles !"

11/03/2026 00:13 par Carlos Ducasse

Mais nous sommes encore à temps de rallumer le flambeau de Chávez et défendre Cuba... L’Iran a triomphé, la victoire renforce notre courage, Trump, ayant déja perdu les mid terms, sera empêché et Maduro libéré... Ne Marinez pas dans d’amères resignations, IL faut célébrer et continuer à se battre...

11/03/2026 11:24 par Assimbonanga

"La guerre est cognitive car elle se joue dans le cerveau ; le cerveau gère les émotions et les concepts. Pour contrer cette guerre cognitive, nous devons renforcer notre conscience, nos valeurs et notre spiritualité, et mener le combat par la vérité." Nicolas Maduro, le 31 décembre 2025. Nicolas Maduro croupit en prison sans pouvoir se défendre mais, lorsqu’on relit ses ultimes déclarations, on pourrait le juger tout aussi mal qu’on juge Delcy Rodriguez, pourquoi ? Parce qu’ils ne sont que des humains et peuvent manquer de discernement et se faire prendre au dépourvu. Ils font leur possible.
Le soir à la télévision française, j’entends les représentants de Trump ( Republicans overseas France) et tous les "journalistes" de la presse de droite française nous chanter le refrain que le Venezuela est neutralisé, dominé, asservi et qu’il obéît docilement au Maître du Monde Entier. C’est -d’après eux- une très grande réussite. Vu le menteur qu’est Trump, je n’en crois rien. On nous sert un récit qui préserve l’orgueil du despote étasunien qui n’a réussi qu’une victoire à la Pyrrhus.
Ce qui est moins marrant, c’est de voir arriver des duplicatas de cette propagande dans la rubrique commentaires de LGS... Ca papote dans la salle des gardes de la forteresse ! Chacun rapporte les ragots de guerre. Qui vivre verra ! Je me réjouis que l’opération Absolute resolve n’ait pas eu plus d’ampleur et que le feu sacré de sa Majesté Donald soit resté ponctuel contrairement aux dévastations en Iran et au Liban. "Le régime" du dictateur Maduro fonctionne toujours. Delcy Rodriguez assure l’intérim toute la durée du mandat de Maduro qui ne fait que commencer. Rions sous cape et laissons médire les fâcheux.
Je souhaite aux Venezueliens de pouvoir faire le gros dos, assurer la sauvegarde d’un maximum d’acquis et je rêve pour Trump d’une fin à la Kadhafi. C’est ce que ce porc mériterait... s’il y avait une justice.

11/03/2026 21:08 par Vania

À ceux qui pensent que le Venezuela n’est plus menacé 1) La fasciste de l’opposition et son groupe est aussi maléfique que D. Trompe ;
https://x.com/AmeliachPSUV/status/2030793519036613051
2) Les eeuu ont renouvelé l’ordre exécutif qui désigne le Venezuela comme une menace à la sécurité intérieure des eeuu
3) Les bateaux et avions de guerre :
https://x.com/OrinocoTribune/status/2031056350197768333
Ils faut rester vigilants toujours :
https://x.com/AmeliachPSUV/status/2030374143984586755

12/03/2026 07:31 par jacques-françois bonaldi

Vania,
je connais parfaitement cet échange téléphonique puisque je l’ai traduit au complet et placé sur LGS voilà quelques années. Mais les circonstances ne sont absolument pas comparables ! L’une était une attaque "intérieure", celle du 3 janvier une intervention étrangère !!!

12/03/2026 14:52 par Jos

Pourquoi la "révolutionnaire Rodriguez a libéré les "prisonniers politiques" qui sont en fait des terroristes ? : les "prisonniers politiques" vont pouvoir préparer la contre révolution bolivarienne.
Rodriguez est très obéissante, c’est la porte valise de Trump le sanguinaire.

12/03/2026 18:10 par Jos

Je peux me tromper, mais je n’ai pas entendu Rodriguez condamner l’agression des sionistes nazis contre l’Iran !!!

Peut-être qu’elle n’ai pas au courant, ses nouvelles fonctions pour mobiliser le peuple vénézuélien contre l’impérialisme l’accapare trop ?!

12/03/2026 19:21 par legrandsoir

AFP : Le Venezuela « condamne et déplore » l’attaque militaire des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran

Le Venezuela, proche allié de l’Iran, »condamne et déplore » l’attaque militaire menée par les États-Unis et Israël contre ce pays, un peu moins de deux mois après la capture du président Nicolas Maduro lors d’une opération militaire américaine, selon un communiqué officiel diffusé samedi par le ministre des Affaires étrangères Yvan Gil.

« Le Venezuela condamne et déplore profondément qu’il ait été décidé de recourir à la voie militaire au moyen d’attaques contre la République islamique d’Iran, déclenchant ces dernières heures une dangereuse et imprévisible escalade d’événements, y compris les représailles militaires injustifiées et condamnables menées par l’Iran contre des objectifs situés dans différents pays de la région », selon le texte.

12/03/2026 20:44 par Vania

@Jos"Pourquoi la "révolutionnaire Rodriguez a libéré les "prisonniers politiques" qui sont en fait des terroristes ? : les "prisonniers politiques" vont pouvoir préparer la contre révolution bolivarienne.Rodriguez est très obéissante, c’est la porte valise de Trump le sanguinaire" Ce n’est pas la première fois qu’un gouvernement chaviste pardonne les politiciens de l’opposition. Hugo Chavez a fait Exactement la même chose en 2008, il a pardonné les politiciens qui avaient participé au coup d’état de 2002. Cependant, en occident, on continue d’accuser le gouvernement chaviste de "régime dictatorial" !!Le pardon actuel exclut les délits graves (assassinats, narcotrafic, corruption, délits contre la patrie comme demander intervention militaire, sanctions contre la patrie etc)
https://www.profesionalespcm.org/_php/MuestraArticulo2.php?id=10023
D’autre part, au lieu de vous acharner contrer la présidente (E) Rodriguez, occupez- vous de dénoncer les pays voisins. Notez que le Venezuela est entouré des pays d’extrême droite fasciste. Le fascisme/ pinochetisme est de retour au Chili.
https://x.com/ChrisRodrigAl/status/2031442189553905752
Jour de deuil au Chili
https://x.com/ChrisRodrigAl/status/2031850858032611456
Le narco-dictateur de l’Équateur qui a volé les élections du parti révolution ciudadana persécute les membres,a interdit ce parti politique et permet la présence des militaires des eeuu.
https://x.com/BenjaminNorton/status/2031570405090336879
https://x.com/MashiRafael/status/2032144625465462926
https://x.com/DaniMayakovski/status/2031416511403880677
L’Argentine gouverné par le fasciste sioniste Milei .
https://x.com/DaniMayakovski/status/2031416511403880677
P.S. : Information intéressante : Maurice Lemoine est au Venezuela
https://x.com/venezuelainfos

13/03/2026 12:23 par Jos

Don acte pour la condamnation du Venezuela. Toutefois la fin du texte m’interpelle : "déclenchant ces dernières heures une dangereuse et imprévisible escalade d’événements, y compris les représailles militaires injustifiées et condamnables menées par l’Iran contre des objectifs situés dans différents pays de la région" Cela atténue considérablement la condamnation. En effet l’Iran n’a pas le droit d’attaque les bases US dans les différent pays de la région. Et pour quelle raison !!!!!!, l’Iran n’a donc pas le droit de se défendre contre les agresseurs nazis.

13/03/2026 20:00 par Palamède Singouin

@ Jos
En clair, le Venezuela renvoie dos à dos l’agresseur et l’agressé. Ce genre de de communiqué ne va pas contribuer à dissiper les doutes qui planent sur les intentions des autorités vénézuéliennes.

13/03/2026 20:07 par Vania

Conversations entre le gouvernement cubain et des fonctionnaires étasuniens, exigeant le respect et la souveraineté de l’état cubain bien sûr.
https://x.com/ActualidadRT/status/2032424598072066068

14/03/2026 12:30 par Fayçal

Attention quand même : l’AFP est coutumière du fait de couper, tronçonner, charcuter, tronquer les déclarations que cette agence gouvernementale cite afin d’embrouiller, noyer le poisson, et, au final faire dire aux communiqués le contraire de ce qu’ils disent, bref cette Agence France Propagande doit être prise avec pincettes et pince à linge. Mieux vaudrait voir la source, un communiqué in extenso du Venezuela par exemple, sinon...

14/03/2026 18:34 par Jos

ÂPRES LE VENEZUELA, EST-CE LE TOUR DE CUBA ?

"À Cuba, le plan de l’administration Trump s’est mis en place à la lettre, imposant un blocus quasi total à l’île, qui dépend crucialement des approvisionnements extérieurs pour presque tout ce dont elle a besoin, notamment le pétrole, auparavant importé du Venezuela et du Mexique. Coupures de courant, pénuries alimentaires et autres difficultés ont plongé la population dans le désespoir.

Le pays entame sa deuxième semaine de pénurie de carburant, de produits de première nécessité et de médicaments, et est plongé dans le black-out. Les Cubains sont privés d’électricité 20 heures par jour, et aucune amélioration n’est en vue. Les hôpitaux fonctionnent grâce à des groupes électrogènes de secours, mais même ces derniers sont à court de carburant. Les boulangeries sont contraintes de cuire le pain au feu de bois, et les réserves alimentaires s’épuisent rapidement.

Depuis hier, des milliers de Cubains sont descendus dans les rues des principales villes comme La Havane, Ciego de Ávila et Morón. Les manifestants scandent des slogans antigouvernementaux et saccagent et incendient les bureaux du Parti communiste et d’autres bâtiments gouvernementaux. Le gouvernement ne contrôle plus les rues, et la foule affirme n’avoir plus rien à perdre. Selon des témoins oculaires, des personnes retirent des meubles, des portraits et du matériel de propagande des bâtiments et y mettent le feu.

La veille, le président cubain Miguel Díaz-Canel avait confirmé que des négociations étaient en cours avec le gouvernement américain. Les autorités cubaines ne souhaitent pas devenir un autre Venezuela ou Iran.

Cependant, au vu de la situation actuelle, Washington n’a aucune intention de faire des concessions au régime communiste. Bien que Miguel Díaz-Canel ait indiqué que l’échange de vues du côté américain avait été « respectueux et visait à identifier les problèmes bilatéraux et à trouver des solutions », la Maison Blanche n’a pris aucun engagement quant à la levée du blocus de l’île.

Dans une allocution à la nation, le président cubain a déclaré qu’aucun carburant n’était entré dans le pays depuis trois mois et que la situation énergétique devenait de plus en plus « instable ». À la suite de négociations avec les États-Unis, les dirigeants cubains ont annoncé que, conformément à un accord avec le Vatican, 51 prisonniers politiques seraient libérés des prisons cubaines.

Des politologues russes estiment qu’un changement de régime à Cuba est plus qu’évident ; ce n’est qu’une question de temps, et très bientôt. Depuis la semaine dernière, le président Trump annonce la chute imminente de Cuba. Elle semble se rapprocher de jour en jour. Tout se déroule selon le modèle vénézuélien, à ceci près que Díaz-Canel, contrairement à Maduro, n’a pas eu besoin d’être enlevé.

Trump a une fois de plus atteint son objectif. Et la Russie, à l’instar du Venezuela, perd un autre allié de longue date en Amérique latine. Bien que des rumeurs aient circulé selon lesquelles Moscou serait apparemment prêt à prendre un risque et à aider l’Île de la Liberté, les dirigeants russes ont officiellement démenti cette information.

Qui sera le prochain si l’Iran tombe ? Force est de constater que l’hégémonie est toujours puissante et il faudra faire une croix sur le monde multipolaire que Trump ridiculise ouvertement." Ref : https://topwar-ru.translate.goog/279352-na-kube-massovye-besporjadki-pravitelstvo-ne-spravljaetsja-s-protestami.html?_x_tr_sl=ru&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=wapp

L’impérialisme US ne veut pas seulement s’emparer de tout le continent américain, mais aussi des ressources énergétiques de la planète.
En effet, pour le bloc impérialiste ultra-réactionnaire occidental, les méthodes coloniales constituent la seule planche de salut, un processus mené au gré de guerre économiques (sanctions et blocus unilatéraux), de déstabilisations via des proxys (sponsor des bandéristes ukrainiens contre la Russie), la décapitation directe (Venezuela), enfin jusqu’à l’agression militaire ouverte (aujourd’hui l’Iran). Le point commun de tous ces pays : être une partie importante de la sécurité de l’approvisionnement énergétique de la Chine en combustibles fossiles et ne pas être sous la domination des banksters d’Occident (Rothschild, Rockefeller et Cie).

C’est ce puissant lobby financier, dont les griffes sont plantées dans la chair des peuples du monde depuis des siècles, le même lobby qui aida l’impérialisme allemand à lancer sa guerre d’extermination contre l’URSS de Staline, qui laisse aujourd’hui de nouveau s’exprimer au grand jour ses pulsions fascistes, colonialistes et suprémacistes les plus réactionnaires.

Devant ces agressions nazies, où est la mobilisation ?

16/03/2026 02:32 par jacques-françois bonaldi

L’article que vous publiez et qui semble de source russe présente une vision évidemment fausse et faussée et cataclysmique de la situation cubaine, et surtout de la réaction de la population. Les "manifestants" de Morón (qui se trouve dans la province de Ciego de Ávila, le chef-lieu où il ne s’est rien passé) n’étaient qu’une dizaine et ont déjà été arrêtés pour vandalisme. Il n’y a pas des milliers de manifestants dans les rues de La Havane ni dans le reste du pays. L’étonnant, justement, est qu’il ait si peu de réactions "négatives" de la part de la population, malgré la situation extrêmement dure et difficile qu’elle traverse. Comme quoi, nous nous sommes pas au point que décrit le journaliste que vous citez.
Je vous invite, pour une vision des choses plus "sereine", à lire la conférence de presse donnée par Diaz-Canel sur la situation et mes commentaires (sur LGS, hier) . L’effondrement de la Révolution cubaine qu’il évoque n’est pas pour demain...

16/03/2026 10:36 par Assimbonanga

Voici ce que déclarait le président Maduro dans son ultime interview, le 31 décembre 2025 :

"Le gouvernement états-unien le sait, car nous l’avons dit à nombre de ses porte-parole : s’il souhaite des discussions sérieuses sur un accord de lutte contre le trafic de drogue, nous sommes prêts. S’il veut du pétrole vénézuélien, le Venezuela est prêt à accueillir des investissements états-uniens, comme ce fut le cas avec Chevron, on peut en parler quand, et où ils veulent. Aux États-Unis, il faut qu’ils comprennent que s’ils veulent des accords de développement économique globaux, ici au Venezuela aussi – je l’ai dit mille fois – il faut regarder ce qui s’est passé avec la question migratoire. Je me dois de vous le dire car nous avions conclu un accord le 31 janvier 2024 avec l’envoyé Rick Grenell. Il fonctionnait parfaitement, et il y a trois semaines, les autorités états-uniennes ont cessé de rapatrier des migrants au Venezuela, tout simplement. Elles parlent sans cesse de migration, mais ce sont elles qui ont suspendu l’accord, entre autres. S’il y avait un minimum de rationalité et de diplomatie, ces questions pourraient être abordées, et nous avons la maturité et l’autorité nécessaires. D’ailleurs, nous sommes des gens de parole, Ramonet. Nous sommes des gens sérieux. Et un jour, on pourra en discuter, avec le gouvernement actuel ou le prochain. [...] Ce que je peux te dire, c’est que notre système de défense nationale, qui réunit les forces populaires, militaires et de police, a garanti et continue de garantir l’intégrité territoriale, la paix du pays et le droit de jouir pleinement de notre territoire. Notre peuple est en sécurité et vit en paix.

Que déduire de ces paroles ? Tout d’abord, c’est que Delcy Rodriguez ne fait rien d’autre que de poursuivre la même politique conciliante que Maduro. Et deuxièmement que Maduro était excessivement optimiste, voir aveuglé par l’optimisme. Je trouve que toute son allégeance à la bondieuserie lui fait perdre de vue la réalité des choses... Qui était son confesseur pour lui avoir fourré dans la tête toute cette mélasse émolliente (lol) ?

PS. Je me suis donné la peine d’envoyer un article au Grand Soir, ce que je ne faisais plus depuis longtemps, parce qu’il me semblait important de le faire circuler dans l’opinion publique pour rétablir la vérité sur le Venezuela. Or, Le Grand Soir a publié depuis de nombreux articles mais pas le mien. En désespoir de cause, on peut aller le lire ici : Le président Nicolás Maduro n’est pas un dictateur Par María Páez Victor

16/03/2026 18:06 par legrandsoir

Je me suis donné la peine d’envoyer un article au Grand Soir

...Qui a été publié 5mn (littéralement) avant votre commentaire. On a eu chaud.

16/03/2026 19:31 par Assimbonanga

Et il est apparu 5 minutes après. Aussi me suis suis-je demandé : est-ce une coïncidence ? Je ne crois pas.

16/03/2026 19:59 par legrandsoir

Article publié à 10h31. Commentaire saisi à 10h36. Merci de ne pas insister.

16/03/2026 22:23 par lou lou la pétroleuse

Je ne trouve pas l’article d’Assim. C’est quoi son titre ?

16/03/2026 23:09 par lou lou la pétroleuse

Merci GS. Je prolonge pour que vous puissiez prendre connaissance de mon remerciement ( pr cause de règle, que je ne comprends pas)

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