
Divers secteurs sociaux du peuple bolivien, ont répudié l’annonce faite ce vendredi par le préfet d’opposition du département de Santa Cruz, Rubén Costas, de proclamer une seconde république en Bolivie, suite au référendum autonomiste illégal qu’il prétend effectuer le 4 mai.
L’annonce polémique faite par le préfet d’opposition du département bolivien de Santa Cruz, Rubén Costas, visant à chercher la création d’une seconde république en Bolivie, a provoqué un rejet ferme des mouvements sociaux boliviens ainsi que des habitants de la région cruceña.
Costas a dit ce vendredi qu’après le référendum illégal qu’il prétend mener à bien le 4 mai prochain, il essayera de promouvoir la création d’une seconde république en Bolivie.
Le préfet a assuré qu’après la consultation qu’il persiste à vouloir effectuer, malgré sa suspension par la Cours Nationale Électorale (CNE) bolivienne, naîtra « une nouvelle république, une seconde république non centralisatrice mais régionale ce 4 mai prochain ».
« Nous sommes blasés d’un centralisme où on fait ce que l’on veut, ils ne freineront pas la consultation du 4 mai malgré des actes désespérés du Gouvernement pour éviter ce fait », a affirmé le Préfet cruceño à la presse.
Ils dénoncent la tentative de cessession
Mais la Confédération des Peuples Indigènes de l’Est bolivien (Cidob) et le Coordinateur des Peuples Éthniques de Santa Cruz (CPESC) ont accusé le préfet cruceño de recourir à des actes de cessession, en prétendant consolider une seconde république après la consultation du 4 mai.
« Ceci est en effet un acte de cessession », a dénoncé le vice-président de la Cidob, Pedro Nuni, qui a assuré que « le peuple bolivien doit punir » Costas « en s’absteant d’aller voter le 4 mai, parce qu’ y aller serait le légitimer ».
« Le peuple n’est déjà pas idiot et ne va pas permettre que les oligarques dirigés par Branco Marinkovic (président du Comité Civique), Rubén Costas, Gabriel Dabdoub (président de la Confédération des Chefs d’entreprise de Bolivie) et d’autres, concrétisent leur intention de diviser la Bolivie avec leur seconde république », a rejeté pour sa part le représentant de la Jeunesse Égalitaire cruceñista Andres Ibáñez (...).
Menace avec davantage de cessession
Selon Costas, après ce référendum illégal à Santa Cruz se produira « un effet domino » en Bolivie, parce qu’après le département cruceño ce sera le tour de Beni, Pando et Tarija qui cherchent également la cessession.
« Ensuite viendra comme a dit Pepelucho (José Luis Paredes) le bond en avant, qui naitra dans ce pays », assure t-il en allusion à l’appui que lui a fait le préfet de La Paz, José Luis Paredes, qui l’a incité à aller de l’avant avec la naissance d’un « nouveau pays ».
Costas a assuré que la consultation du 4 mai sera un succès parce que le peuple cruceño va hypothétiquement approuver le statut autonome mené par le président du Comité Civique de Santa Cruz, Branco Marinkovic.
Mais pour le président de la CPESC, Diego Faldàn, les déclarations du préfet sont « préoccupantes » et révèlent sa véritable intention de promouvoir son « indépendance », volonté qu’il avait fait connaître il y a longtemps.
« Ce n’est pas du tout nouveau qu’il adopte cette attitude et on connaît maintenant l’intention de ne pas vouloir partager leurs ressources et de promouvoir une autonomie séparatiste », a t-il dit.
Faldàn a indiqué que le peuple cruceño ne veut pas de la division du pays et que les déclarations de Costas cherchent à polariser le pays en produisant un climat de tension qui donne lieu à des confrontations.
« Leur intention est justement cela (diviser la Bolivie), ils ne voulaient pas le dire, mais maintenant non, cela vient du Préfet et je l’encourage enfin à dire ce qu’il souhaite réellement », a manifesté pour sa part le chef de la jeunesse Efraàn Ortega.
Des chauffeurs rejettent aussi la cessession
De son côté, le secrétaire des relations des Chauffeurs Salariés du 1er mai, Eduardo Mamani, a d’abord déclaré que son secteur rejetait l’intention du préfet Costas parce qu’il s’agissait d’une atteinte à l’intégrité du pays.
« Nous rejetons cette intention, condamnons ces déclarations parce que nous sommes nés dans un pays qui a neuf départements et ceci doit être maintenu », a t-il exprimé.
Il a ajouté qu’il est temps que le Gouvernement applique la loi et de cette manière annule toute tentative de fragmentation de la Bolivie.
Entre-temps, le représentant des secteurs sociaux "Plan Tres Mil", Hugo Cayo, a indiqué que jusqu’à présent ils ont menti au peuple cruceño. Toutefois, il était temps que le peuple, une fois pour toutes, se prononce et fasse respecter l’intégrité du territoire national.
« Nous n’allons pas permettre que ce groupe s’en sorte comme ça. La Bolivie doit rester unie. Nous informons notre base des intentions qu’ont les oligarques rassemblés dans le Comité Civique et à la Préfecture », a t-il dit.
TeleSUR- Abi/n -n