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La France mise au régime Sansal

Comme modèle pour écrire son épouvantable livre" 2084", Sansal s'est tout bêtement inspiré du "1984" de George Orwell. C'est malin, en plus, tout comme lui, Orwell était aussi un traitre. Ca tombe bien.

Ma femme étant pour moitié berbère, une idiote de sa connaissance crut plaisant de lui offrir un livre publié par un auteur oriental puisque Warda, née à Paris, était supposée avoir quelque chose de maghrébin. C’était comme faire cadeau d’un poudding à un Anglais. Le livre offert était signé Boualem Sansal et s’intitulait « 2084 : La fin du monde ». Couverture blanche de Gallimard, celle qui tient le plus chaud : ça sentait le sérieux mais aussi l’odeur d’Orwell avec son « 1984 », l’ouvrage préféré de la CIA.

Quelques jours plus tard, alors que j’écrivais un article inutile pour un journal inutile j’ai entendu Warda pousser un vrai cri. Je passe la tête et la découvre tenant le bouquin loin d’elle comme s’il s’agissait d’un serpent. Je me saisis de la bête et lit quelques pages de ce chagrin : horrible, stupide dans l’insoutenable, cruel, menteur et content de soi. Comme lors d’un cérémonie tribale, chacun tenant une feuille du livre nous l’avons jeté religieusement -façon « dies Ila » - à la poubelle et mis le couvercle pour ne pas qu’il ressorte. Le type qui a écrit cette chose ne s’est pas bilé, il a lu Orwell et démarqué le bouquin. Et la société totalitaire décrite à coups de tronçonneuse, si Sansal l’a baptisée « Abistan » est en réalité l’Algérie, terre de toutes les barbaries (écrit-il). Il faut supposer Gallimard heureux d’avoir introduit en France une telle arme de guerre. Un cimeterre pour que les « blancs » puissent trancher sans scrupules les Arabes, avec en main l’arme donnée par un Arabe. Le début de la guerre des mabouls qui plafonne si haut actuellement et justifie Retailleau déguisé en Bugeaud.

Ingénieur, assez malin pour se hisser à Alger jusqu’au poste de « Directeur de l’Industrie » au ministère de l’Economie, ce rebelle attardé, qui n’a jamais connu le sang des maquis, a fait une belle carrière dans ce monde algérien qu’il décrit comme totalitaire bien qu’il en fût complice. Attardons-nous sur Orwell, son modèle. L’écrivain britannique, ancien gendarme colonial en Birmanie, aujourd’hui coqueluche de la soft pensée est cuisiné à toutes les sauces par les « antitotalitaires ». Avec sa « commun décency », c’est un héros. Et Sansal, traitre lui -même, ne s’est pas trompé en choisissant un tel maître. Car peu le disent de peur de froisser la pensée idolâtre qui fait piédestal à Orwell : il fût lui-même un maestro de la traitrise. Il a commencé gendarme cogneur de rastaquouères pour finir espion du Secret Sercice de Foreign Office. Sa mission étant alors de dénoncer tous les savants, artistes et intellectuels supposés être « communistes ». « La Liste Orwell » existe, on peut y remarquer le nom de Charlie Chaplin cloué comme communiste (il sera chassé des Etats Unis), et de nombreux autres bannis par la barbouze Orwell qui, au détour de leurs noms, précise si, par hasard, ils ne sont pas en plus « juifs » ou « homosexuels ». Hélas, la CIA et Hollywood qui voulaient enrôler l’écrivain dans leurs rangs n’ont pas eu le temps de le faire, seule, après la mort de l’espion sa femme est allée à Los Angeles pour aider les cinéma à peaufiner sa propagande. Sansal ne pouvait choisir meilleur parrain. Sa traitrise ayant besoin de tuteur, ce fût naguère Orwell et aujourd’hui Retailleau, Driencourt, Lenoir, Daoud, Frontières et tout l’égouttoir à vaisselle sale de CNews. Comme quoi l’immense écrivain est depuis longtemps en famille.

Coup de frein dans le félonie, frein à tambour car il va déclencher en France un vacarme national par une mise en prison en Algérie. Outre les criminels de sang ou d’argent, je ne trouve pas la prison comme une punition acceptable. La place de Sansal était plus d’aller au coin, comme jadis les mauvais élèves, que d’aller en taule ?. Là où, pourtant, il a rajeuni, soigné sa maladie et découvert les toilettes « à la turque ».

Pour le reste, entre deux bombes lâchées sur Gaza par ses amis israéliens, ce ludion a l’intérêt de divertir notre société du spectacle. Un jour il réalise, d’un éditeur l’autre, un transfert à la Mbappé, un autre il décide de devenir belge, ce qui n’est pas flatteurs pour les immenses artistes nés au Plat Pays, Sansal c’est le « furet du bois joli », et attendons sa prochaine performance. Auprès de ses supporteurs « de gauche », déçus d’avoir si mal lue l’histoire d’un traitre. Que peut-il inventer ? Se présenter à l’Elysée ? Postuler comme conseiller de Trump ? Devenir écrivain ? Devenir académicien ? C’est fait, même si l’énergumène a dépassé la limite de l’âge légal pour être élu, 75 ans depuis le 30 septembre 2010. Alors ? Devenir Pape !

Jacques-Marie BOURGET}


NOTE DU G
S
Les commentaires qui suivent cet article illustrent les conséquences désastreuses pour LGS des trous dans la raquette. On avait dit : LGS ne publiera pas de commentaires où des contributeurs sont cités. On avait dit pourquoi.
Hélas, plusieurs sont publiés et, comme prévu et redouté, l’article de Jacques-Marie Bourget (Sansal/Orwell) est dégradé par des règlements de comptes individuels qui nous éloignent du sujet.
Exemples : (A Shanzan) "Vous êtes Français ?". Ce commentaire est intolérable .
Ou (à Guy) : Une seule phrase : “Je n’ai plus la télé depuis longtemps”. On s’en fiche, cela n’apporte rien au débat.
L’article de Jacques-Marie Bourget ouvre sur des interventions inutiles ou sur un pugilat. Et LGS ressemble à un café de Pigalle après beuverie. On s’y défoule en cognant sur un ou des lecteurs.
CELA NE DOIT PAS SE REPRODUIRE.

COMMENTAIRES  

14/05/2026 01:20 par mp

Combien de prisonniers politiques dans l’Algérie si démoceatique ?

14/05/2026 08:09 par guy

@mp
Moins qu’en F.rance !

14/05/2026 09:16 par diogène

@ mp

citez un seul pays "démoceatique" (sic) ?
Et surtout, ne me parlez pas de la Suisse : ils trichent.

14/05/2026 10:00 par J.J.

Combien de prisonniers politiques dans l’Algérie si démoceatique ?
En rappelant ’incarcération prolongée de Georges Ibrahim Abdallah, cette remarque évoque l’infirmerie qui se moque de l’hôpital.

14/05/2026 16:17 par robess 73

jacques marie toujours aussi incisif et pertinent !un plaisir de lire ses articles
et pour mp .il n existe AUCUNE DEMOCRATIE DANS LE MONDE ACTUEL

14/05/2026 20:09 par mp

A JJ :
Vous devriez laisser tomber Radio Nova.

14/05/2026 20:13 par mp

A guy...
Vous êtes Français ?
Si oui ..
Gaffe !

Bourget qui voit en Sansal un "traître", comme en quiconque voit le régime algérien tel qui est, serait fondé à voir cela chez vous.

14/05/2026 21:34 par Feufollet

Non et Non JM Bourget,
Ayant lu nombre de vos textes avec satisfaction
Là, non, vous atteignez malheureusement l’outrecuidance
Cela pèse lourd contre le respect que je vous doit
Soit, vous en savez plus que moi sur la vie de G. Orwell
Qui a-t-il trahi ? Quelles furent ses liaisons avec des agences de renseignements ?
De tout cela, je n’en connais que des rumeurs propagées
Et que vous propagez vous-même sans référencement
Non et non, JM Bourget, on ne s’en prend pas à une icône avec autant de légèreté
G. Orwell n’était pas qu’un simple observateur lucide de son temps
Il fut un prophète des temps futurs et actuels
Alors, pédale douce sur votre iconoclastie du personnage
Certe le communisme stalinien ne lui convenait pas
Vous convenait il à vous ?
Allez, un peut de contextualisation conviendrait en l’occurence
Vous pouvez dézinguer Sansal sans risquer votre crédibilité
Mais pas G. Orwell

15/05/2026 07:04 par Paolo

Le régime sans sel est plus digeste.

15/05/2026 08:44 par Gomez

A Jacques-Marie Bourget :
Que pensez-vous du livre d’Orwell "Hommage à la Catalogne", qu’engagé côté républicain au Parti Ouvrier d’Unification Marxiste, il a été blessé pendant la guerre civile espagnole.
Dans l’actualité littéraire John Newsinger propose un autre point de vue :
https://elucid.media/podcast-resume-livre/la-politique-selon-orwell-john-newsinger?mc_ts=crises

15/05/2026 10:13 par Shansan

Vous devriez laisser tomber Radio Nova.

Et vous, CNews.

Sansal, dont (en toute objectivité) les prises de position sur l’Algérie ne méritaient pas la prison (ça, c’est dit), est l’Arabe de service de l’extrême-droite nostalgique de l’Algérie française. Qui, comme prévu, l’a laissé béton dès qu’il ne lui fut plus d’aucune utilité. D’où son seum belge.

Le hic, c’est que nous ne vivons pas dans un monde pétri d’objectivité et de neutralité.

Et encore moins l’Algérie, toujours soumise aux manoeuvres impérialistes de l’état profond français et aux déclarations d’hostilité quasi-guerrières de certains de ses laquais comme Retailleau, ex-ministre de l’Intérieur de son état, candidat à la présidence et algérophobe à ses heures perdues.

Donc, elle ne rigole pas avec sa souveraineté (tandis que la France s’est depuis longtemps torchée avec).

L’Algérie, c’est le Vénézuela français en quelque sorte. Sans le socialisme. Et l’histoire contemporaine du Vénézuela est ponctuée de ces conséquences meurtrières que la "liberté d’opinion" tant prisée chez nous ont eues sur son peuple.

15/05/2026 12:27 par JM Bourget

Désolé mais la carriere d Orwell gendarme colonial puis agent du Secret Service anglais est documentée. Il a ,dénoncé de nombreux "communistes" tel Charlie Chaplin chasse d Amérique. Tout bête : tapez " Liste Orwell" sur Internet. Désolé de vous décevoir par une vérité que j ai découverte tardivement.
Merci

15/05/2026 12:34 par JM Bourget

Esprit d escalier. Pour Orwell lire la thèse de Fara Sanders, chercheuse anglaise qui a publié "Qui mène le bal". Hélas le livre est introuvable ( sauf en anglais) et d occasion coûte 400 euros.

15/05/2026 12:39 par JM Bourget

Bon. Après j arrête. J ainété impécis sur le livre (258 euros) à la FNAC en occasion.
En fait "Qui méne la sanse"

15/05/2026 12:54 par JM Bourget

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Orwell honorable correspondant
La "New York Review of Books" publie une étude détaillée de la liste dans laquelle l’auteur de "1984" dénonçait aux services secrets anglais les intellectuels "crypto-communistes".
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Le 18 septembre 2003 à 10h16, modifié le 18 septembre 2003 à 10h16
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La "liste Orwell" existait donc. C’est cette collection de noms que George Orwell a adressée à un département du Foreign Office en 1949 : elle comptait les noms de ceux qu’il soupçonnait de sympathies procommunistes. Jusqu’à une date récente, son existence, plusieurs fois commentée ironiquement, n’était pas définitivement établie, parce que les archives du Foreign Office n’avaient laissé passer que des informations partielles. Mais, à l’automne 2002, Celia Kirwan est morte, et, dans ses papiers privés, sa fille a trouvé une copie de la liste, partiellement publiée dans The Guardian en mai. Elle l’a montrée à l’universitaire oxfordien Timothy Garton Ash, qui en livre une étude très détaillée dans la New York Review of Books du 24 septembre.

Qui était Celia Kirwan ? Une très belle jeune femme et une très chère amie d’Orwell - il lui proposa le mariage - et la destinataire première de la liste. En mai 1949, elle venait d’être recrutée par l’Information Research Department (IRD) du Foreign Office. Cette section avait, entre autres missions, celle de contrer la propagande prosoviétique. Orwell voulut l’aider : il lui livra donc 38 noms d’artistes, écrivains et journalistes qu’il considérait comme "des crypto-communistes, des compagnons de route ou des sympathisants".

L’énumération est pour le moins hétérogène : Charlie Chaplin y côtoie Michael Redgrave - qui interpréta le rôle principal en 1956 dans le premier film tiré de 1984... -, l’historien de l’URSS E. H. Carr, le correspondant à Moscou du New York Times, Walter Duranty. Elle compte nombre de journalistes aujourd’hui oubliés, tel ce collaborateur du Manchester Guardian décrit ainsi : "Bon reporter. Stupide." La liste abonde en jugements péremptoires et rarement favorables, mais aussi en points d’interrogation, quand le diagnostic est incertain. Dans les papiers d’Orwell figure du reste une version remaniée, où apparaissent des corrections, telle celle qui lave de tout soupçon le romancier américain Upton Sinclair en raison de son attitude face au "coup de Prague" en 1948.

Plutôt que de s’indigner de ce travail d’informateur et de traiter Orwell de délateur, il importe de replacer l’affaire dans son contexte historique, comme s’y emploie Timothy Garton Ash. Les éléments biographiques sont simples et en partie déterminants. Orwell, atteint de tuberculose, se sait condamné - il meurt l’année suivante -, en dépit de ses séjours au sanatorium de Costwold. Il veut séduire Celia Kirwan, qui est aussi la belle-sœur d’Arthur Koestler. Pour convaincre Celia, ses déclarations d’amour n’opérant pas, il cherche à l’aider dans son travail et donc à l’informer.

L’EXPÉRIENCE ESPAGNOLE

Mais le plus important est à la fois biographique et intellectuel : depuis la guerre d’Espagne, Orwell sait ce qu’il en est de la machine soviétique, de ses agents, de son exercice impitoyable du pouvoir. A Barcelone, en 1937, il en a fait l’expérience personnelle : il a dû se battre contre les communistes, manipulés par Moscou leur enjoignant de liquider anarchistes et trotskistes au lieu de se battre contre Franco. Pas plus que Koestler, il n’a la moindre illusion sur la réalité du stalinisme. En aurait-il, l’invasion de l’Europe de l’Est par "partis frères" interposés aurait achevé de l’éclairer. Il est, en 1949, un écrivain de la guerre froide - et même le premier à avoir employé cette formule en Grande-Bretagne. Sa liste est une arme.

Le Foreign Office n’accorda guère de prix à cette liste, la jugeant peu fiable. Elle l’était
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La "liste Orwell" existait donc. C’est cette collection de noms que George Orwell a adressée à un département du Foreign Office en 1949 : elle comptait les noms de ceux qu’il soupçonnait de sympathies procommunistes. Jusqu’à une date récente, son existence, plusieurs fois commentée ironiquement, n’était pas définitivement établie, parce que les archives du Foreign Office n’avaient laissé passer que des informations partielles. Mais, à l’automne 2002, Celia Kirwan est morte, et, dans ses papiers privés, sa fille a trouvé une copie de la liste, partiellement publiée dans The Guardian en mai. Elle l’a montrée à l’universitaire oxfordien Timothy Garton Ash, qui en livre une étude très détaillée dans la New York Review of Books du 24 septembre.

Qui était Celia Kirwan ? Une très belle jeune femme et une très chère amie d’Orwell - il lui proposa le mariage - et la destinataire première de la liste. En mai 1949, elle venait d’être recrutée par l’Information Research Department (IRD) du Foreign Office. Cette section avait, entre autres missions, celle de contrer la propagande prosoviétique. Orwell voulut l’aider : il lui livra donc 38 noms d’artistes, écrivains et journalistes qu’il considérait comme "des crypto-communistes, des compagnons de route ou des sympathisants".

L’énumération est pour le moins hétérogène : Charlie Chaplin y côtoie Michael Redgrave - qui interpréta le rôle principal en 1956 dans le premier film tiré de 1984... -, l’historien de l’URSS E. H. Carr, le correspondant à Moscou du New York Times, Walter Duranty. Elle compte nombre de journalistes aujourd’hui oubliés, tel ce collaborateur du Manchester Guardian décrit ainsi : "Bon reporter. Stupide." La liste abonde en jugements péremptoires et rarement favorables, mais aussi en points d’interrogation, quand le diagnostic est incertain. Dans les papiers d’Orwell figure du reste une version remaniée, où apparaissent des corrections, telle celle qui lave de tout soupçon le romancier américain Upton Sinclair en raison de son attitude face au "coup de Prague" en 1948.

15/05/2026 13:15 par JM Bourget

Le journaliste et écrivain Alexander Cockburn a vivement critiqué les agissements d’Orwell, qualifiant le carnet de « liste de délateurs ». Cockburn a notamment attaqué la description que faisait Orwell de Paul Robeson comme étant « anti-blanc », soulignant que Robeson avait milité pour aider les mineurs de charbon gallois. Cockburn a également affirmé que la liste révélait le sectarisme d’Orwell : « Il semble y avoir un consensus parmi les fans d’Orwell, de gauche comme de droite, pour passer sous silence les soupçons d’Orwell envers les Juifs, les homosexuels et les Noirs. »

15/05/2026 16:49 par Vincent

Bah, on dira ce qu’on veut d’Orwell ou de sa probité, ses ouvrages n’en demeurent pas moins des références incontournables.
Dans un registre (peut-être) comparable :
Je déteste Jacques Attali à plus d’un titre, et pour des raisons évidentes dont sa fonction d’agent n’est pas la moindre.
Néanmoins j’ai lu un certain nombre de ses ouvrages, dont certains sont tout aussi prophétiques que ceux d’Orwell dans la description qu’ils font de la dystopie qui en cours de réalisation.
Ainsi, "Une brève histoire de l’avenir" vaut à mes yeux largement un "1984".
Les deux sont littéralement des manuels de lecture de l’Inversion qui est en voie d’achèvement.

En outre, si chez Orwell la Novlangue détruit le cadre même de ce qui permet la pensée, alors qu’en est-il du puçage du cheptel humain que prévoit Attali ?
Le réduit-on - lui aussi - à un "complotiste" ? Ou bien l’identité numérique commence-t-elle a faire réfléchir ceux qui en sont encore capables après avoir docilement accepté le "Pass sanitaire" et son lot de coercition totalitaire ?
...

15/05/2026 19:41 par mp

A shanzan :

Combien de prisonn8ers politiques en Algérie ?

PS Je n’ai pas la télé depuis belle lurette...

15/05/2026 19:43 par mp

L’Algérie sans Tebboune et ses nervis...

Un petit paradis, inch’ Alkah !

15/05/2026 20:42 par Fayçal

Voir le film documentaire 2+2=5 de Peck sur Orwell et l’écriture de 1984

16/05/2026 07:56 par Roselyne Arthaud

Orwell un traitre ? c’est pour vous rendre intéressant ?

16/05/2026 08:48 par Shansan

Combien de prisonn8ers politiques en Algérie ?

Je ne sais pas, dites-le moi puisque vous semblez le savoir. Je vous ai expliqué les raisons pour lesquelles ct comme ça. Une explication, pas une justification.

PS Je n’ai pas la télé depuis belle lurette...

Moi non plus. Mais la télé n’est plus la seule pourvoyeuse de propagande télévisuelle.

L’Algérie sans Tebboune et ses nervis...

Un petit paradis, inch’ Alkah !

Peut-être, mais c’est le pb des Algériens. Et Sansal a largement dépassé le cadre algérien en étant récupéré par les « nervis » français.

On est dans une problématique similaire à celle de l’Iran ou du Vénézuela. Il y a une contestation intérieure à la gouvernance actuelle, et c’est ok, mais si elle est instrumentalisée par des intérêts étrangers qui souhaitent déstabiliser le pays, y mettre à sa tête un ou une dirigeante factice qui leur est favorable pour en faire une marionnette, ce n’est plus ok car les pays et les peuples sont floués. Vous comprenez ?

Donc, si vous êtes vous-même algérien, je respecte votre opinion, sinon nettement moins.

16/05/2026 10:23 par JM Bourget

Commentaire sur le film "2+2=5" : "Adorant le roman 1984 et Orwell, je me faisais un plaisir de voir ce film documentaire... que je trouve au final très décousu et désorganisé. Un tourbillon d’images documentaires ou biographiques pas toujours claires, des messages souvent confus. Bref, ça manque d’une vraie ligne directrice, pas très convaincant. "

16/05/2026 10:25 par JM Bourget

Commentaire sur le film "2+2=5" : "Adorant le roman 1984 et Orwell, je me faisais un plaisir de voir ce film documentaire... que je trouve au final très décousu et désorganisé. Un tourbillon d’images documentaires ou biographiques pas toujours claires, des messages souvent confus. Bref, ça manque d’une vraie ligne directrice, pas très convaincant. "

16/05/2026 18:23 par Le Grand Soir

Les commentaires qui suivent cet article illustrent les conséquences désastreuses pour LGS des trous dans la raquette. On avait dit : LGS ne publiera pas de commentaires où des contributeurs sont cités. On avait dit pourquoi.
Hélas, plusieurs sont publiés et, comme prévu et redouté, l’article de Jacques-Marie Bourget (Sansal/Orwell) est dégradé par des règlements de comptes individuels qui nous éloignent du sujet.
Exemples : (A Shanzan) "Vous êtes Français ?". Ce commentaire est intolérable .
Ou (à Guy) : Une seule phrase : “Je n’ai plus la télé depuis longtemps”. On s’en fiche, cela n’apporte rien au débat.
L’article de Jacques-Marie Bourget ouvre sur des interventions inutiles ou sur un pugilat. Et LGS ressemble à un café de Pigalle après beuverie. On s’y défoule en cognant sur un ou des lecteurs.
CELA NE DOIT PAS SE REPRODUIRE.

16/05/2026 20:29 par mp

Plutôt d’accord avec le représentant du grandsoir.

Et curieux de constater que certains ici estiment que selon que l’on détienne la nationalité algérienne ou pas, le commentaire sur l’Algérie n’aurait pas la même valeur...

16/05/2026 22:33 par act

Fan de SF, j’ai aussi tiqué en lisant "Orwell traitre" etc. Mais en définitive je remercie JMB de m’avoir informé de ces aspects d’Orwell que j’ignorais et qui ne me surprennent qu’à moitié, dans le sens où j’avais déjà perçu des positionnement moins cohérents de sa part.
Oui il a trahit et balancé nombre de ses camarades à la CIA et oui, son livre 1984 fut diffusé par la même agence, souvent en très petit formats discrets (et parfois modifiés), dans les ex "pays de l’Est" et en Russie.
Est-ce que cela remet son talent et la qualité des ses livre en question ? Non, certainement pas.
Mais, je le répète, cela permet de mieux comprendre le personnage, coté obscur inclus.

@LGS, avec tout le respect et en vous remerciant encore pour votre temps et travail, je ne comprends pas votre attitude face aux commentaires :
> nommer ou pas les commentateurs à qui on souhaite répondre ne modifie pas cette possibilité d’échange, c’est inhérent aux sections commentaires...
> exiger des commentateurs qu’ils se contentent de commenter les textes sans réagir à d’autres commentaires est illusoire, voire contre-productif car il ressort souvent des liens et pistes intéressantes de ces échanges,
> le seul véritable "problème" est qu’en effet certains ne peuvent s’empêcher d’être discourtois mais après tout est-ce vraiment problématique ? il suffit de les ignorer ou éventuellement de les effacer (ce qui me semble être seul cas ou une telle intervention se justifie, il y a eu sur LGS des modérations arbitraires, difficiles à suivre : pour quelle raison certains étaient-ils autorisés à insulter et pourquoi certaines ne pouvaient exprimer un point de vue divergent courtoisement formulé, mystère ?)
D’autres sites ont des sections commentaires qui dépassent régulièrement les 500 commentaires pour un articles, comme "moon of alabama" où la modération n’intervient qu’exceptionnellement, pourtant de nombreux commentateurs sont discourtois ou hors sujet mais cela n’a jamais nuit à la réputation et fréquentation du site, au contraire.
BàV

16/05/2026 22:38 par Shansan

Plutôt d’accord avec le représentant du grandsoir.

D’autant plus que VOUS êtes l’auteur des deux commentaires pointés par le doigt modérateur !

selon que l’on détienne la nationalité algérienne ou pas, le commentaire sur l’Algérie n’aurait pas la même valeur

Ni la même valeur, ni le même sens.

18/05/2026 07:20 par Maxime Vivas

@Act " il y a eu sur LGS des modérations arbitraires, difficiles à suivre : pour quelle raison certains étaient-ils autorisés à insulter et pourquoi certaines ne pouvaient exprimer un point de vue divergent courtoisement formulé, mystère ?) "
Si certains "ont été autorisés à insulter", c’est à l’insu de notre plein gré : trous dans la raquette ou désaccords internes.
Imaginez une conférence : l’orateur donne la parole à la salle, une personne donne son avis, une autre donne son avis sur le premier intervenant, une autre sur les deux intervenants et ainsi de suite. Foire d’empoigne dans la salle, combat de chiffonniers et oubli du thème de la conférence.
Nous avons dit plusieurs fois que nous ne voulons pas ça et nous invitons nos lecteurs à proposer plutôt des articles. Certains le font.

Nous "modérons" c’est notre droit et notre devoir. LGS ne doit rien aux lecteurs critiques qui n’ont jamais versé un sou pour les (rares) demandes de dons qui nous permettent de financer l’hébergeur, des vidéos, des enquêtes à l’étranger, des éditions de documents.

Entrez dans la maison LGS, asseyez-vous, mangez et buvez, c’est gratuit, mais les remarques acerbes sur les autres convives ou sur les gérants sont malvenues.

Je redis ici que je suis partisan de la suppression de l’espace courrier, chronophage, ring offert aux belliqueux.
MV

18/05/2026 16:45 par Assimbonanga

Jamais l’administrateur de garde n’a vu le coup partir. Jamais l’administrateur de garde n’avait lu le commentaire initial porteur de provocation, voir d’insultes. Par contre, chaque fois que des cris indignés s’élevaient de toute part contre le fauteur de trouble, c’est les indignés qui étaient vertement rabroués. De façon assez blessante. Ça faisait super mal de la part de gens qu’on aimait et qu’on admirait. Il y avait comme un divorce. La méthode disciplinaire contredisait l’idéal politique. Silence dans les rangs, voilà ce que ça m’évoquait. Resurgissement de vielles violences vécues à un âge encore tendre ? Garde à vous, repos.

18/05/2026 22:32 par Bob Debob

LGS ne doit rien aux lecteurs critiques qui n’ont jamais versé un sou

LGS tu l’aimes ou te le quittes.

18/05/2026 23:39 par Micmac

Euh...

Je me souviens d’avoir lu un article du Monde Diplo parfaitement documenté, je crois dans les années 1990, qui racontait comment les accusations contre Orwell, soit disant dénonciateur de militants de gauche, avaient été complètement fabriquées pour le discréditer.

19/05/2026 13:10 par Lou lou la pétroleuse

Désolé mais la carriere d Orwell gendarme colonial puis agent du Secret Service anglais est documentée. Il a ,dénoncé de nombreux "communistes" tel Charlie Chaplin chasse d Amérique. Tout bête : tapez " Liste Orwell" sur Internet.

J’ai suivi le conseil de l’auteur, et j’ai tapé "Liste Orwell", dans la fenêtre de recherche du Diplo.
Concernant les accusations portées contre Orwell, je conseille ces trois articles :
https://www.monde-diplomatique.fr/1998/09/TRUONG/4036
https://www.monde-diplomatique.fr/2019/07/DISCEPOLO/60049
https://www.monde-diplomatique.fr/mav/70/RAMONET/56145 (article de 2003)

19/05/2026 17:35 par Vincent

Ces théories sur Orwell ne sortent pas de nulle part : elles s’appuient sur un fait historique bien réel, mais qui a été largement déformé, exagéré et décontextualisé au fil du temps (merci internet).
Oui, George Orwell a bien transmis une liste de noms au gouvernement britannique en 1949 ; non, cela n’avait rien à voir avec le maccarthysme étasunien, et les conséquences n’ont pas été du tout les mêmes.

Voici le contexte et la réalité de cette fameuse « liste d’Orwell » :
Pendant des décennies, personne n’a jamais entendu parler de cette liste. L’affaire a éclaté en 1996 lorsque des archives du ministère des Affaires étrangères britannique (Foreign Office) ont été déclassifiées, révélant une correspondance de 1949.
En 2003, la liste complète des noms a été rendue publique.
La surprise a été immense pour le grand public : l’icône de la liberté d’expression et l’auteur de " 1984 " (qui venait tout juste de sortir en juin 1949) avait lui-même dressé une liste de suspects pour l’État !

En 1949, Orwell est gravement malade, atteint de la tuberculose dans un sanatorium.
Il reçoit la visite de Celia Kirwan, une amie proche (dont il avait été amoureux). Elle travaille pour l’IRD (Information Research Department).
L’IRD est une section secrète du gouvernement travailliste (donc de gauche) britannique, créée pour faire de la contre-propagande face à la "désinformation soviétique" au début de la guerre froide.
L’IRD cherchait des écrivains, intellectuels et journalistes de gauche pour rédiger des articles et des brochures démontant le modèle stalinien.

Kirwan demande à Orwell s’il connaît des gens fiables pour ce travail. Orwell lui répond en substance :
« Je ne sais pas qui est fiable, mais je peux vous dire qui ne l’est absolument pas. »
Orwell possédait un carnet personnel où il notait, de manière un peu obsessionnelle, les noms de personnes qu’il considérait comme des sympathisants de Staline ou des agents d’influence de Moscou. Son carnet comptait 135 noms.

Il a extrait de ce carnet une liste abrégée de 38 noms qu’il a envoyée à Celia Kirwan.
Sur cette liste figuraient des personnalités comme Charlie Chaplin, le comédien Michael Redgrave, l’historien E.H. Carr, le journaliste Walter Duranty (connu pour avoir minimisé la famine en Ukraine dans les années 30).

Dans ses annotations, Orwell qualifie certains de « stupides », d’autres de « naïfs », ou de « crypto-communistes ».
De manière assez sombre et regrettable, le carnet intime d’Orwell comportait aussi des mentions sur les origines ethniques, la sexualité (l’homosexualité étant illégale à l’époque) ou la prétendue judéité de certains, ce qui a nourri des accusations posthumes d’antisémitisme ou de préjugés d’époque.

Pour comprendre son geste, il faut rappeler qu’Orwell se définissait comme un socialiste démocrate.
Depuis sa participation à la guerre d’Espagne en 1937, où il a vu les communistes soutenus par Moscou traquer et exécuter ses camarades anarchistes et trotskystes derrière les lignes républicaines, Orwell vouait une haine féroce au stalinisme.
Pour lui, les intellectuels occidentaux qui défendaient l’URSS par aveuglement ou opportunisme étaient des traîtres à la véritable cause socialiste et ouvrière.
À ses yeux, donner ces noms à l’IRD n’était pas de la délation policière, mais une mesure de protection politique :
il s’assurait que la machine de contre-propagande britannique ne soit pas infiltrée par des agents d’influence de Staline.

L’histoire de la « liste noire » est donc vraie dans les faits, mais fausse dans son interprétation "complotiste".
Orwell n’a pas envoyé de communistes au goulag ou devant les tribunaux ; il a fourni une liste d’« influenceurs pro-soviétiques » à une amie pour éviter qu’ils ne soient recrutés par les services d’information britanniques.

Voilà, en espérant que ça clarifie un peu le débat.

19/05/2026 18:01 par Fayçal

Contre tous les « Big Brother »
La résistance de George Orwell
par Nicolas Truong

La résistance de George Orwell

Dans le halo diffus et indélébile des informations, comme une traînée de poudre et d’encre détrempée, le nom de George Orwell ne cesse de voisiner avec celui de « mouchard », de « balance » ou, plus prudemment, d’« indicateur ». Depuis deux ans, il est de plus en plus question d’une liste d’intellectuels « crypto-communistes » que l’écrivain anglais aurait livrée aux services secrets du Foreign Office en plein cœur de la guerre froide (1).

Mais, de son véritable caractère, l’époque tout comme les gazettes ne semblent pas mettre la même détermination à deviner les contours. Sans doute ont-elles trop peu à y gagner.

George Orwell ne pourra en effet jamais contenter les intellectuels de la réaction néolibérale : il fut socialiste dès 1936 et le demeura jusqu’à sa mort, en 1950, à quarante-sept ans. Il agacera également ceux qui souhaitent restaurer dans le débat politique et intellectuel « les petites orthodoxies malodorantes qui se disputent également le contrôle de nos esprits » et auxquelles le camp progressiste ne fut et ne semble toujours pas étranger.
Esprit de cristal

La publication des œuvres complètes de George Orwell, à Londres, commencée le 2 juillet dernier, a relancé l’« affaire ». Mais il n’est peut-être pas totalement vain d’espérer que cette édition, tout comme la parution en France, le 15 septembre, du troisième volume des Essais, articles et lettres (2), permette de redécouvrir un auteur « statufié en moraliste à la Camus (3) » à cause de ce qu’il est convenu d’appeler les « prophéties antitotalitaires » que sont 1984 et La Ferme des animaux, avant d’être déboulonné par les modernes pythies fouineuses d’archives.

La scrupuleuse et élégante édition des Essais, en installant le lecteur dans un rapport de proximité avec Orwell, permet de donner corps à la riche biographie de l’auteur. Au fil de ses innombrables recensions littéraires, de ses interventions vives et directes, de sa correspondance, et des articles qu’il livre aux grands journaux comme aux petites revues, on découvre notamment sa tardive mais indéfectible appartenance au socialisme, son obsession quant à la question du langage et son inlassable souci de résister à toutes les orthodoxies.

Lorsque George Orwell pénètre à Barcelone, la veille de son engagement dans les milices du Parti ouvrier d’unification marxiste (POUM), durant la guerre civile espagnole, il croise, dans la caserne Lénine, un regard, « un visage, dit-il, qui [l’émeut] profondément », celui d’un jeune milicien italien. « Il reflétait, ce visage, la bonne foi en même temps que la férocité, et ce pathétique respect, aussi, que les illettrés vouent à ceux qui sont censés leur être supérieurs. » Les deux hommes, par-delà langues et classes, fraternisent en silence.

Ce visage lumineux à l’ « esprit de cristal » ouvrant Hommage à la Catalogne, qui paraît non sans difficultés en 1938, Orwell ne cessera d’y revenir. Il ne fait pas seulement contrepoint à la sinistre nuit du même nom. Il incarne la quintessence de ce qu’Orwell cherchait confusément dès sa jeunesse : la communion avec le peuple et les opprimés. Issu d’une bourgeoisie déclassée, le petit Eric Arthur Blair subit déjà les sarcasmes des pensionnaires du collège huppé de Saint Cyprian, qui lui font porter les stigmates de ses origines communes. C’est son acte de naissance à l’épreuve de l’injustice et de l’inégalité. Plus tard, au milieu des années 20, dans la police impériale des Indes, alors qu’il doit se couler dans le rôle du parfait sahib, il découvre — avec l’exotisme un peu désuet que l’on retrouve dans Une histoire birmane — l’anticolonialisme.

Mais son véritable réquisitoire contre l’impérialisme se trouve dans le saisissant Comment j’ai tué un éléphant (4), où le jeune officier se découvre en « ridicule marionnette » d’un système et perçoit « la vacuité du règne de l’homme blanc en Orient ». La Birmanie, ou le baptême de sa conscience européenne blessée.

Démissionnaire en 1927, déambulant dans les bas-fonds de Paris et de Londres, il cherche à « expier ses fautes » et celles de sa classe. Il se grime, joue la comédie, partage et relate l’univers des déshérités, véritable confrérie qui, même si les heurts et les rixes abondent, fait montre d’un esprit réel de solidarité — il témoignera de ces « années folles » avec son entrée en littérature : Dans la dèche à Paris et à Londres (1933). De la même manière, le Barcelone de l’hiver 1936, où il observe, fasciné, garçons de café et cireurs de chaussures repousser les barrières de la hiérarchie sociale, comme le Londres de 1943, où le rationnement des vivres, le libre accès aux parcs et jardins municipaux démocratisent soudainement toute une vie sociale, réaniment son ardeur révolutionnaire.

« Pendant un peu plus de trois ans, les squares sont restés ouverts, et leur gazon béni a été piétiné par les enfants de la classe ouvrière — spectacle de nature à faire avaler leurs dentiers aux rentiers. Si ça c’est du vol, eh bien vive le vol », écrira-t-il dans une de ses chroniques hebdomadaires pour Tribune baptisées « A ma guise ». Son socialisme si particulier s’est déjà mis en place avec Le Quai de Wigan (1937), charge lyrique contre l’exploitation des mineurs et véritable communion avec la classe ouvrière.

Comme le rappelle Simon Leys (5), celle-ci fut « immédiate et intuitive mais aussi définitive et totale ». Un mariage, en somme, qu’il consomme en 1938, en adhérant à l’Independant Labour Party, petit groupe gauchiste antistalinien.

Au fil du temps et des événements, George Orwell définit les contours d’une société juste sans exiger, à la manière d’une certaine avant-garde, la table rase, l’oubli du passé, comme celui de la tradition. Et dans un essai décisif, Le Lion et la Licorne (1941), il retrouve les vertus d’une démocratie incarnée dans une nation, fût-elle imparfaite. Il propose de conserver les cabines téléphoniques rouges, les juges en perruque, par exemple, et même la monarchie britannique qui, fournissant un erzatz de pouvoir charismatique aux foules mystifiées, constitue un authentique « vaccin préventif » contre la tentation du fascisme.

Mais, s’il se définit volontiers comme un « anarchiste tory », il exècre le système des castes britanniques. Finalement, c’est l’intime conviction qu’il faut endiguer la montée des fascismes et du totalitarisme généralisé qui oriente son extraordinaire lucidité politique. Ses errements aussi, d’ailleurs, qui le conduiront à utiliser le sobriquet de « gauche pédéraste » à propos d’une classe intellectuelle qui lui fait horreur.

« Ce triste patois »…

Il livre bataille contre les tenants de la réaction, mais aussi contre l’intelligentsia britannique russophile au langage avili. C’est là sa grande affaire, à partir des années espagnoles. Il ne cesse de dénoncer l’ « abominable bouillie verbale » des marxistes jargonnants dont « la caractéristique principale est l’emploi systématique de métaphores toutes faites » et dresse même une liste d’expressions « passibles de la peine capitale », où l’on trouve, entre autres, l’incontournable « petit-bourgeois ».

« Le mouvement socialiste a bien mieux à faire que de s’embourber dans cette glu verbale, écrivait-il déjà dans Le Quai de Wigan, de se transformer en une association de matérialistes dialectiques ; ce qu’il doit être, c’est une ligue d’opprimés contre les oppresseurs. Il doit (…) écarter les libéraux à la bouche fleurie qui veulent l’écrasement du fascisme pour pouvoir continuer à toucher tranquillement leurs dividendes. » Cette hantise de la « lignification du langage », comme le dit Jean-Claude Michéa (6), est assurément un prisme, si ce n’est le prisme, à travers lequel l’œuvre de George Orwell prend son sens. En témoignent les célèbres inversions langagières de La Ferme des animaux ou la novlangue de 1984, mais aussi sa critique des slogans publicitaires et de l’industrie culturelle de masse.

C’est ce qui conduit Jean-Claude Michéa, à la suite de Claude Lefort (7), à expliquer pourquoi la littérature, par essence résistante à l’idéologie, sera donc pour Orwell le moyen de décrire celle-ci et d’y résister. Mais, pour cela, il faudra que la langue anglaise, dominée par « l’anglais standard, ce triste patois qui est la langue des éditoriaux, des discours politiques et des bulletins de la BBC », se revigore par le « langage populaire » dont elle s’est coupée.

La littérature est donc l’instrument de la résistance à l’orthodoxie, d’où qu’elle vienne. Et celle du monde moderne inspire à l’écrivain et coéditeur français des Essais de George Orwell, Jaime Semprun, des réflexions essentielles sur un monde qui semble réaliser l’univers de 1984. A ses yeux, en effet, notre capitalisme contemporain « repose sur ce qu’ont accompli les totalitarismes de ce siècle et s’appuie sur leurs résultats, aussi tranquillement qu’il installait à Prague, pour un concert de Michael Jackson dont les spectateurs s’entendaient promettre qu’ils allaient ainsi »entrer dans l’histoire« , une statue géante de cet homme de silicone, sur le socle même où était autrefois érigée celle de Staline (8) ». Orwell, dans sa préface à l’édition ukrainienne de La Ferme des animaux, avait pourtant prévenu ses contemporains : « Le remplacement d’une orthodoxie par une autre n’est pas nécessairement un progrès. Le véritable ennemi, c’est l’esprit réduit à l’état de gramophone, et cela reste vrai que l’on soit d’accord ou non avec le disque qui passe à un certain moment. »

On découvre également dans ces Essais un « homme tranquille » et singulier, qui aime le jardinage, la cuisine anglaise, le thé indien, « la lumière des chandelles et les fauteuils confortables » et déteste, pêle-mêle, « les grandes villes, le bruit, les automobiles, la radio, la nourriture en boîte, le chauffage central et les meubles modernes. »

Ceux qui aiment tricoter passé et présent seront comblés. Les journalistes qui confondent la critique littéraire avec la publicité et se transforment en « rédacteurs de prières d’insérer », le système des partis « qui détruit le lien entre la politique et la vie locale » y sont joliment brocardés. Et, à l’occasion de l’étonnante analyse du roman noir à succès Pas d’orchidées pour Miss Blandish, George Orwell débusque la « pensée pulp fiction » du moment.

Dans un poème, Sur une ferme en ruines, près de l’usine de gramophones La Voix de son maître, Orwell livre son sentiment d’étrangeté à l’égard d’un monde rationalisé où « tournent les roues » et « travaillent les brutes d’acier ». Une belle occasion de changer de disque.

Nicolas Truong
Journaliste, auteur de l’essai Le Théâtre des idées. 50 penseurs pour comprendre le XXIe siècle, Flammarion, Paris, 2008.

(1) Dans Orwell devant ses calomniateurs (Ivréa/Encyclopédie des nuisances, Paris, avril 1997), les éditeurs des Essais, articles et lettres expliquent que George Orwell, alors malade, reçut en 1949 la visite de Celia Kirwan, belle-sœur de son ami Arthur Koestler. Il lui indiqua une liste d’intellectuels susceptibles de participer à une campagne antistalinienne menée par le gouvernement auquel elle était liée en tant que fonctionnaire du Foreign Office. Il fit également mention d’un carnet dans lequel figurait une autre liste d’écrivains et journalistes, selon lui peu fiables pour servir et soutenir une telle entreprise. Pour les éditeurs, il ne s’agit pas de délation : à l’époque, la Grande-Bretagne ne connaissait pas, contrairement aux Etats-Unis, de chasse aux sorcières. Et ces personnalités étaient connues pour leurs sympathies à l’égard de l’URSS, qu’Orwell combattait publiquement.

(2) Coéditée par Ivréa et l’Encyclopédie des nuisances, cette traduction française de The Collected Essays, Journalism and Letters of George Orwell paraît sous le titre Essais, articles et lettres : volume I (1920-1940), 706 pages, 250 F ; volume II (1940-1943), 566 pages, 250 F ; volume III (1943-1945), 543 pages, 250 F. A paraître, volume IV (1945-1950).

(3) Jaime Semprun, L’abîme se repeuple, Encyclopédie des nuisances, Paris, 1997.

(4) In Essais, volume I (1920-1940), p. 301.

(5) Simon Leys, Orwell ou l’horreur de la politique, éd. Hermann, Paris, 1984.

(6) Jean-Claude Michéa, Orwell, anarchiste tory, Climats, Castelnau-le-Lez, 1995.

(7) Claude Lefort, Ecrire, à l’épreuve du politique, Calmann-Lévy, Paris, 1992.

(8) Jaime Semprun, op. cit, p. 12

19/05/2026 18:14 par Fayçal

L’art de détourner George Orwell

Tout et son contraire a été dit sur George Orwell. Surtout son contraire. Condamner le colonialisme britannique et témoigner de la vie des travailleurs pauvres et des vagabonds ; se convertir à un socialisme radicalement égalitaire après une enquête sur les ouvriers anglais ; pourfendre la tiédeur sociale-démocrate et être internationaliste jusqu’à combattre pendant la guerre d’Espagne dans les rangs du Parti ouvrier d’unification marxiste (POUM) ; espérer que la résistance du peuple britannique contre l’Allemagne nazie débouche sur une révolution ; rejoindre l’aile gauche du Parti travailliste ; et, enfin, mourir trop tôt pour être gâté par le succès de Nineteen Eighty-Four (1984) : non seulement tout cela n’a pas suffi à une partie de la gauche pour qu’elle compte Orwell parmi les siens, mais cela n’a pas non plus empêché son annexion par les néoconservateurs. Comment en est-on arrivé là ?

Succès populaire au Royaume-Uni et aux États-Unis dès sa parution en 1949, Nineteen Eighty-Four est largement loué par la presse. Mais Orwell (1903-1950) est, déjà, souvent mal compris, en particulier outre-Atlantique, où son itinéraire d’homme de gauche est peu connu et son roman lu comme une critique du socialisme. Au point qu’il se sentira obligé de préciser ses intentions pour le syndicat des travailleurs américains de l’automobile.

En France, dès décembre 1949, le billettiste du Monde Robert Escarpit qualifie le roman d’« amusante mais facile caricature du régime soviétique ». En juin 1950, pour la traduction française, l’écrivain Marcel Brion y salue une histoire « écrite avec le grand style et dans la meilleure langue des meilleurs romanciers anglais ». Soixante-huit ans plus tard, pour la réception de la deuxième traduction française, la presse littéraire navigue entre fadaises et contresens en reproduisant docilement le prière d’insérer de l’éditeur. Pourtant, Orwell n’est plus l’auteur dont la disparition n’a guère été signalée que dans Le Monde, en cinquante et un mots.

Au milieu des années 1950, ses principaux livres sont tous (plus ou moins mal) traduits, une vingtaine d’éditions de 1984 ont déjà été vendues, mais seuls deux essais lui sont consacrés, et la presse y fait relativement peu référence. Puis tout change : des années 1980 aux années 2000, Orwell est l’objet d’une quarantaine d’essais, et son œuvre (sauf 1984) est retraduite aux éditions Champ libre, complétée de neuf inédits. Le Monde (le plus assidu à y faire référence) écrit autant sur Orwell en 1982-1983 qu’au cours des trente années précédentes. Le rythme baisse, mais, à partir de 1995, il est de nouveau abondamment cité par la presse — et plus que jamais à partir des années 2010. Bien des choses ont alors changé : le « bloc de l’Est » n’est plus, et l’alternance entre le néolibéralisme des « socialistes » et celui des « républicains » a légitimé une confusion entre gauche et droite, facilitant la tâche aux néoconservateurs comme Alain Finkielkraut. C’est désormais Le Figaro qui mentionne le plus souvent Orwell ; et il est très apprécié par une presse peu portée sur le socialisme révolutionnaire, de Limite à Causeur, en passant par Marianne et jusqu’au Journal de Béziers, dont le maire, M. Robert Ménard, a été élu avec le soutien du Front national. Comment cette mouvance a-t-elle adopté un auteur dont la vie et l’œuvre lui sont aussi hostiles ?

On attribue la « redécouverte » d’Orwell à Jean-Claude Michéa, philosophe qui se réclame du marxisme et auteur en 1995 d’un Orwell, anarchiste tory (Climats) promis au succès. La formule « anarchiste tory » n’a été utilisée par Orwell qu’à propos de Jonathan Swift, qu’il admire comme écrivain et satiriste autant qu’il critique sa personnalité et ses positions politiques. Et, s’il parle de lui-même en des termes comparables, c’est seulement lorsqu’il porte en 1937 un regard critique sur le jeune snob qu’il était à la sortie d’Eton. Quant au parti tory, Orwell refusera d’y être associé même pour lutter contre le stalinisme : « J’appartiens à la gauche et dois travailler en son sein, quelle que soit ma haine du totalitarisme russe et de son influence délétère sur notre pays (1). »

On voit bien, chez Michéa, que l’étiquette d’« anarchiste tory » sert d’antinomie, sinon d’antidote, au « libéral-libertaire » et autres « progressistes » de la bourgeoisie cultivée qu’il combat — ceux-là mêmes pour lesquels Orwell n’eut jamais de mots assez durs. Mais on voit bien aussi que cette étiquette peut inviter à une récupération de droite.

L’idée qu’Orwell serait, par tempérament politique, un anarchiste conservateur avait déjà été suggérée par Simon Leys, auteur d’un essai déterminant, Orwell ou l’horreur de la politique (1984). Leys prend toutes les précautions — parlant de « la profondeur et de la sincérité de l’engagement d’Orwell dans l’idéal socialiste » et du fait que son « annexion par la nouvelle droite reflète moins le potentiel conservateur de sa pensée que la persistante stupidité de [la] gauche » (2). Mais son titre brouille les pistes. Orwell, qui s’est attaché « à faire de l’écriture politique un art (3) », n’exprime pas un « dégoût du politique » mais une critique de la politique de puissance, et en particulier de la politique impériale de l’Union soviétique.

C’est enfin la notion de common decency, l’« honnêteté commune » défendue autrefois par Charles Dickens, qui aurait accompli l’adoption d’Orwell par la nouvelle droite. Emblématique des valeurs associées à la classe ouvrière — droiture morale, générosité, sens de l’entraide, haine des privilèges, soif d’égalité et attachement à l’idée d’une vérité objective —, l’ensemble des dispositions qui constitue la common decency est, pour Orwell, hérité du christianisme et de la Révolution française. Si cette « morale sociale et économique » perdure davantage dans le rapport des petites gens à la vie et aux autres, ce n’est pas qu’elle serait innée, mais qu’un type de vie en facilite la pérennité et la transmission. Ainsi, toutes les classes sociales en abritent plus ou moins les valeurs. Mais les rapports de domination qui structurent nos sociétés les offensent en permanence. C’est pourquoi il faut, selon Orwell, faire la révolution : pour abolir la division en classes qui interdit l’instauration d’un ordre social juste, dont la common decency deviendrait le socle moral commun (4). Ce qui fait écho à l’analyse, chez l’historien britannique Edward P. Thompson, des mobilisations populaires en matière d’« économie morale » des foules sanctionnant les élites qui contreviennent aux normes communes non écrites ; ou, chez le politiste américain Barrington Moore, à l’idée que les dominés se révoltent quand le pouvoir bafoue le « pacte social implicite » et ses « obligations morales ».

Comment les néoconservateurs peuvent-ils donc se réclamer de la common decency ? C’est pourtant simple. Retirez « générosité, sens de l’entraide, haine des privilèges, soif d’égalité ». Oubliez la Révolution française et l’« abolition de la division en classes ». Gardez « droiture morale » et « christianisme ». Affirmez que l’ouvrier (blanc) appartient aux classes moyennes paupérisées par l’arrivée d’un sous-prolétariat étranger à « notre » common decency. Et le tour est joué.

Et ce d’autant mieux qu’auprès des intellectuels de gauche la common decency a très mauvaise presse : qualifiée de morale « bourgeoise » ou « idéaliste », voire « de droite », elle est soupçonnée d’évincer la politique et de nourrir l’anti-intellectualisme. Réaction qui peut se comprendre, Orwell concevant la common decency comme une vertu déficitaire chez l’« intelligentsia moderne » : coupé du socle historique et relationnel qui lui aurait permis d’être habité par les valeurs de l’honnêteté commune, l’intellectuel serait plus qu’aucun autre acteur social perméable aux dérives autoritaires d’un ordre qui assure sa position — même quand il tient un discours d’émancipation.

Le blasphème anti-intellectualiste pourrait bien avoir été moins pardonné à Orwell que son enrôlement posthume et indu dans la croisade anticommuniste, ardente à invoquer le stalinisme pour disqualifier les idéaux socialistes du mouvement ouvrier : si on veut bien lire 1984, on y trouve moins une « caricature du régime soviétique » que la satire de l’utopie qu’il prête aux intellectuels.

Cette utopie, « parodie des implications intellectuelles du totalitarisme (5) », est révélée par une scène de torture menée par un philosophe et dirigeant du parti, qui discute de la nature de la vérité en défendant des conceptions bien moins marxistes (6) que postmodernes. Dans la philosophie du parti, comme dans la philosophie postmoderne, la vérité, résultat d’un consensus social, est construite, relative à une période, à une culture. Le bourreau impose moins à sa victime de reconnaître « deux et deux font cinq » comme une vérité qu’il ne lui inflige une leçon de « double pensée », technique d’ajustement au consensus du moment. Une compétence qui est si peu l’apanage des seuls totalitarismes qu’on la retrouve chez M. Donald Trump et ses « vérités alternatives » : « J’essaie toujours de dire la vérité, et je veux toujours dire la vérité. Mais quelquefois quelque chose se produit et il y a un changement, mais je veux toujours être sincère (7). »

Les références à la critique par Orwell du totalitarisme étant depuis 1995 davantage associées à Internet et à la surveillance de masse, son intelligence politique en est pour ainsi dire vivifiée. Ce qui n’a pas profité à la nouvelle mouture de 1984 livrée par Gallimard.

La première traduction souffrait d’un manque certain de précision, de choix qui ont vieilli, de fautes de détail, de quelques contresens majeurs et d’une quarantaine de phrases manquantes. Mais elle a néanmoins installé les principales notions du livre dans la langue française. En 2018, pour « rendre justice [à 1984] d’un point de vue littéraire », la nouvelle version traduit au présent un récit écrit au passé. Ce qui en dit moins sur la « justice » que sur la considération de l’œuvre par l’éditeur. Et parce que le « Newspeak » ne serait pas une langue, « novlangue » est devenu « néoparler ». Le roman donne pourtant la structure et l’étymologie de la « langue officielle d’Océanie » avec laquelle ses habitants sont destinés à parler et à (ne plus pouvoir) penser. Dans l’élan, la police de la pensée est devenue « mentopolice » et le crime de pensée « mentocrime »…

D’où viennent pareilles « libertés » ? Du droit de chacun de construire à chaque lecture, chaque traduction, le sens d’un texte, affirme la traductrice. Mais n’est-ce pas justement ce relativisme dont le pamphlet satirique d’Orwell dévoile les dangers ? Pour son héros, c’est l’existence d’une vérité extérieure qui rend possible la liberté individuelle : en limitant notre privilège, et surtout celui du pouvoir, à décider de ce qui est. N’est-ce pas la dernière ruse de la novlangue que d’emprunter les voies de la littérature pour remplacer des termes précis par des « néomots » vides ?

Thierry Discepolo
Fondateur des éditions Agone, à l’origine de la nouvelle traduction de 1984 par Celia Izoard, parue aux Éditions de la rue Dorion (Montréal) et à paraître aux éditions Agone en 2020.

(1) Lettre à la duchesse d’Atholl, 15 novembre 1945, dans George Orwell, Essais, articles et lettres, vol. IV, Ivrea - Encyclopédie des nuisances, Paris, 2001.

(2) Simon Leys, Orwell ou l’horreur de la politique [1984], Plon, Paris, 2006.

(3) George Orwell, « Pourquoi j’écris ? », 1946, dans Essais, articles et lettres, vol. I, Ivrea - Encyclopédie des nuisances, Paris, 1995.

(4) Jean-Jacques Rosat, Chroniques orwelliennes, Collège de France, Paris, 2013.

(5) Lettre à Roger Senhouse, 26 décembre 1948, dans George Orwell, Essais, articles et lettres, vol. IV, op. cit.

(6) James Conant, Orwell ou le pouvoir de la vérité, Agone, Marseille, 2012.

(7) « Donald Trump’s wacky approach to truth, explained in 7 words », CNN, 1er novembre, 2018.

Lire aussi le courrier des lecteurs dans notre édition de septembre 2019 ainsi que la réponse de l’auteur, « Malheureux comme Orwell en France (II) Qui veut tuer son maître l’accuse de la rage », sur le blog des éditions Agone.

19/05/2026 18:42 par Bernard Gensane

Tout à fait d’accord avec Fayçal sur Orwell.

19/05/2026 20:34 par JM Bourget

A chacun sa Bible. Pour certains c ’est Truong un anti communiste compulsif, pour d’ autres Michéa qui nient les sciences sociales et est passé â l extrême droite avec Taggieff et compagnie. Ça n empeche que l ’on peut aimer l ’oeuvre d ’Orwell mais pas celle d un "Saint" canonisé par une gauche chic qui déteste la gauche.

20/05/2026 00:19 par act

Merci Vincent, Faycal, et Loulou pour ces infos et liens qui me permettent de me réconcilier rapidement avec Orwell, une déception brève et surtout injustifiée.
Voilà donc un camarade socialiste (un vrai) et démocrate mais pas social-démocrate, aussi anarchiste et surtout allergique à Staline, quelqu’un de bien en somme (ce qui ne me fera pas oublier que c’est le même Staline qui était à la tête l’URSS à la victoire contre les nazis).

20/05/2026 11:24 par lou lou la pétroleuse

On avait dit : LGS ne publiera pas de commentaires où des contributeurs sont cités. On avait dit pourquoi.

Encore un gros trou dans la raquette : "Comme dit @Assim, les commentaires sont parfois lamentables. Nous avons @Jos, qui utilise le Monde comme référence fiable pour condamner les chavistes." Commentaire du 20/05/2026 03:04, sous l’article https://www.legrandsoir.info/?page=article&id_article=41501#224361

20/05/2026 14:37 par Maxime Vivas

Vous avez raison. Parfois ça passe.
Souvent non. Très souvent.
Forcément vous ne voyez que ce qui passe, c’est inévitable.
Le drame c’est que nous passons de commentaires qui méritaient de passer.

20/05/2026 12:32 par lou lou la pétroleuse

A chacun sa Bible. Pour certains c ’est Truong un anti communiste compulsif, pour d’ autres Michéa qui nient les sciences sociales et est passé â l extrême droite avec Taggieff et compagnie.

Diffamez, diffamez, il en restera toujours quelque chose !

J’ai la plus grande admiration pour les communistes sincères et désintéressés qui ont tout donné, jusqu’à leur vie, pour qu’un jour se réalise l’idéal communiste.
Mais il est certain que le témoignage d’Orwell sur la guerre d’Espagne (Hommage à la Catalogne) a profondément déplu à tous les fans de Staline, et que dans les rangs des responsables de parti adoubés par ce dernier, c’est pour la bonne cause qu’on trahit la vérité et qu’on n’hésite pas à diffamer tout ce qui peut altérer le culte du petit père des peuples.

Il ne manque pas d’exemples d’actes peu glorieux, de mensonges et de trahisons politiques dans l’histoire des partis communistes pro-soviétiques.
Je pense par exemple à Gramsci (qu’on a oublié de diffamer dans la mesure où l’on a trouvé plus prudent de le faire oublier) ce communiste italien, mort suite à son incarcération dans les geôles de Mussolini, qui découvre peu avant sa mort (et peine à s’en convaincre) qu’il a vraisemblablement été trahi et livré par les dirigeants du PCI. (voir ses carnets... si on peut encore les trouver)
Sans parler des célèbres procès de Moscou...

L’erreur est humaine, personne n’est parfait... mais Seule la vérité est révolutionnaire.
La Russie a été le premier pays à se lancer dans une révolution communiste. On peut trouver à ses erreurs des circonstances atténuantes. Toutes ses erreurs ???

Le mensonge est contre-révolutionnaire. La diffamation des opposants est un procédé fasciste.
L’excommunication de communistes sincères pour la seule raison qu’ils ont osé critiquer "le parti" révèle aujourd’hui sa contre productivité : ce ne sont pas les excommuniés du parti qui ont causé sa perte d’influence, ce sont ses excommunieurs... Qui persistent et signent encore, ce 20 mai 2026.

"L’unité du peuple, c’est la défaite de l’empire. La tâche est de contribuer par tous les moyens à l’unité des mouvements sociaux, des gens humbles."

Evo Morales - source : https://www.legrandsoir.info/evo-morales-on-ne-gouverne-pas-en-privatisant-les-ressources-naturelles-ni-en-mendiant-aupres-du-fmi.html

20/05/2026 20:53 par JM Bourget

https://www.contretemps.eu/lordon-impasse-michea/
Lordon qui n est pas un imbecile analyse Michéa qui, je le redis , fait partie d un groupe qui fusille les sciences sociales ( avec ses amis d extrême droite).

20/05/2026 22:51 par lou lou la pétroleuse

Vous pensez que la pensée de Michéa (dont je n’ai jamais rien lu et qui m’était totalement inconnu jusqu’à aujourd’hui) a influencé celle d’Orwell ?
C’est contre les diffamations de ce dernier, dont j’ai lu plusieurs ouvrages que j’ai aimés et dont j’apprécie les choix égalitaires, que je proteste.

Michéa, connais pas. Désolée. Et ce qu’en dit Lordon m’importe moins que les articles du Diplo concernant la récupération par les droites de cet authentique militant de gauche que fut Orwell, sincère jusqu’à sa mort, mais rejeté et surtout diffamé par une certaine gauche.
En outre je viens de découvrir qu’il n’est pas la seule victime de ce genre d’exclusion/récupération : selon wikipedia, Gramsci, dont j’ai lu les cahiers il y a plus de 50 ans (grâce à un éditeur trotskyste ! Pfff !), communiste jusqu’à sa mort, et cofondateur du parti communiste italien, aurait subi à peu près le même sort !

21/05/2026 12:51 par Tardieu

Vincent, Fayçal et Lou lou la pétroleuse ont rappeler l’essentiel, sereinement, brièvement. J’avais déjà lu tout cela avant de tomber sur l’article de J-M Bourget.

Je me suis demandé si l’accusation portée contre Orwell ne relèverait pas de l’inversion accusatoire, dans la mesure où tout en se définissant comme socialiste, ce qui peut se discuter, il n’était ni social-démocrate ni stalinien, ajoutons ni trotskyste ou même anarchiste, par conséquent il n’a trahi ni les uns ni les autres, personne, sauf peut-être les partisans de l’URSS de Staline qui se sont sentis visés par 1984, et qui ne s’en sont jamais remis ou refusent toujours de l’admettre, sans donner de noms ou faire le procès de quiconque pour ne pas nous ramener aux années 30 de sombre réputation ou de funeste mémoire.

Quant à cette fameuse ou fumeuse "liste", elle comportait les noms de personnalités admiratrices de l’URSS qui n’étaient pas plus communistes que l’URSS ou Staline lui-même, du coup on pourrait se demander si ceux qui lui reprochent ne se sentiraient pas visés.

J’ai également l’impression qu’on intente un procès d’intention à Orwell. Certes, le procédé ou l’existence de cette liste nous répugne, mais on comprend son époque et ses motivations. Il considérait que les amis de ces ennemis étaient ses ennemis, qui pense différemment ?

Orwell demeura politiquement isolé, si je ne me trompe pas, ce qui ne devait pas l’aider à s’orienter politiquement. Il eut du mérite, Einstein aussi et bien d’autres du même calibre, avec plus ou moins de bonheur.

22/05/2026 11:00 par JM Bourget

Lisez l.analyse de Lordon et on en reparle aprés. Comme quoi Orwell sans être canonisé peut être un saint intouchable dans l esprits des dévots.

22/05/2026 16:38 par lou lou la pétroleuse

Lisez l.analyse de Lordon et on en reparle aprés.

La rien du tout que je suis se croit capable de penser par elle-même et de forger ses propres analyses, sans exclure pour autant la lecture des auteurs... qui l’intéressent. Ce qui semble dépasser certains contributeurs du GS.

En outre je ne vois pas en quoi l’article de Lordon justifie la diffamation de G.Orwell, ni celles que l’auteur du présent article tente de nous faire partager à l’encontre de journalistes dont le seul crime, à ma connaissance (qui ne prétend pas à l’universalité), est de dire autre chose que ce qu’il veut entendre ou lire.

Entre l’égalitarisme orwellien et l’élitisme de certains autres universitaires, il y a sans aucun doute un choix à faire pour un communiste sincère.

Les concepts ça peut se créer, et en ce cas ça doit être précisément défini, c’est entre autres choses ce que m’a fait découvrir la lecture du Capital. Ceux qu’improvise Lordon ne me paraissent pas toujours très clairs, mais je n’entends pas lancer une discussion là-dessus : chacun peut se faire sa propre opinion en lisant Lordon soi-même.
Je n’en trouve pas moins très agaçantes les déformations infligées aux concepts communs de la langue française par les élites universitaires, pour les réserver à leur seul usage en les dépossédant du sens populaire qu’ils ont acquis au long des siècles.
M’enfin ça veut dire quoi populaire ?!!

Exemple idiot (de mon niveau) : quand quelqu’un dit "j’ai mal aux reins", tout le monde comprend où il a mal... sauf le médecin qui ricane de la stupidité du patient qui ne sait même pas où se trouvent ses reins.
A moins que le patient trouve cette expression commune plus simple et généralement mieux comprise par tout un chacun (médecins compris) qu’une formule du genre "je souffre de la région située en bas du dos et juste au-dessus des hanches".
On peut faire plus court, c’est vrai... quant on a étudié l’anatomie. Du genre "je souffre de la région lombaire", voire "j’ai une lombalgie", si on a eu connaissance du vocabulaire médical.
Tout ça pour soulever la question : à quoi, à qui servent les concepts et les langages non communs ? (ma réponse : c’est très variable). Doit-on mépriser les concepts et les langages communs ?

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