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Critique d’un article de Janette Habel dans le Monde Diplomatique.

L’insurrection par la parole : Le débat controversé sur Cuba en France

"Cuba est non seulement une réalité complexe, hautement politisée, mais aussi unique et, malgré cela, souvent considérée à partir de positions simplistes de condamnation ou d’éloge, sans les nuances qui lui confèrent sa densité vraie, et que personne ne comprend mieux que nous qui vivons là ."

Leonardo Padura, écrivain, journaliste.

Habituellement, la réalité cubaine est omise, distordue ou mal interprétée en France. Il en a été ainsi durant des décennies et actuellement, il serait très difficile de prédire un changement dans le comportement des grands médias français sur Cuba, car malheureusement, il semblerait que la présente conjoncture internationale et aussi la situation politique générale sur le vieux continent ne l’admettent pas. Les explications pourraient être simplement que l’île est discriminée et méconnue, presque toujours pour des raisons politiques et d’incompréhensibles motivations de caractère idéologique.

Vu la complexité du contexte, dans cet article, je vais me référer uniquement à un cas concret qui, j’en suis sûr, n’est pas le pire des exemples de la distorsion médiatique mais c’est celui qui me paraît illustrer le mieux l’acte de rébellion des paroles. Récemment, sous la signature de la chercheuse française bien connue Jeannette Habel, j’ai lu un article publié dans le prestigieux mensuel « Le Monde Diplomatique » d’octobre 2010 avec le titre surprenant « changement de cap à Cuba ? », dans lequel se trouvent des opinions qui dépassent ou excluent le contenu réel des mesures actuelles et des transformations dans l’Ile pour actualiser le système économique et social cubain.

D’après moi, il est faux ou même cela démontre une certaine ignorance, d’interpréter et de répéter comme une rengaine qu’à Cuba, il y aura des licenciements massifs de milliers de travailleurs sans prêter attention le moins du monde au fait, qu’en plus d’une occasion, le gouvernement cubain et ses organisations politiques et syndicales ont rappelé que le système social socialiste - ses lois - n’a pas l’intention d’abandonner les travailleurs mis en disponibilité après les changements et les ajustements qui se déroulent dans l’économie cubaine en vue de perfectionner la gestion économique et sa productivité.

Dans l’article mentionné, ressort une approche intransigeante de ce processus dans le cadre du socialisme à Cuba et son auteur n’a fait qu’offrir une vision superficielle de l’évolution socioéconomique cubaine, dont elle nie qu’elle se déroule dans un processus de débat populaire et avec la participation active des citoyens cubains et de leurs organisations de masse.

J’ai le sentiment qu’en France - et dans n’importe quel autre pays - sans sous-estimer leurs procédures et leurs institutions, on peut écrire depuis l’école, sur les tendances politiques supposées d’une société ou sur les corrélations de force à l’intérieur d’un gouvernement ou de ses organisations politiques sans avoir construit de scénarios, sinon hypothétiques, et même faux. Normalement, pour l’analyse objective de processus ou de phénomènes nouveaux, il faut du temps, de même que l’étude de nombreuses sources qui n’apparaissent pas dans cet article écrit à toute vitesse , ce qui donne comme principal résultat, un ensemble de choses imaginaires sur le présent et le futur de Cuba.

Il est bien connu que dans de nombreux endroits du monde, il existe de prestigieux intellectuels et journalistes qui réalisent un travail politique systématique sur l’Ile sans faire de concessions à la dignité académique et à la rigueur intellectuelle. A l’inverse, la lecture de l’article « Changement de cap à Cuba ? » dans « Le Monde Diplomatique » met en évidence le fait que l’auteur n’a pas utilisé - peut-être intentionnellement - les meilleures sources. En conséquence, nombre de Cubains frustrés, en opposition au processus cubain, qui ne correspondent pas du tout au paysage réel de ce qui se passe à Cuba, s’y identifient .

Pour ces raisons, je préfère mettre en avant les idées d’Aurelio Alonso, académicien cubain et profond penseur, exprimées dans la « Chaire des Libérateurs » le 4 août 2010 de la Maison Nationale du Bicentenaire qui ne sous-estime pas les potentialités des Cubains pour affronter l’étape présente de transformation. Alonso ébauche : « Actuellement, il y a plus d’économistes que jamais, plus de sociologues que jamais, plus d’idées que jamais, plus d’avis que jamais et un niveau de propositions, une panoplie de propositions et de raisonnement sur les faiblesses, les mesures et les prospections de l’économie cubaine plus diverses et valables que dans toute l’histoire. C’est à dire qu’il y a un capital intellectuel qui représente une espérance très forte pour les transformations qu’il nous faut aborder (....) ».

Parmi cette force intellectuelle de Cuba, l’auteur aurait pu trouver confiance et aurait eu la possibilité de trouver des témoignages d’intellectuels ou d’étudiants plus dignes de foi. Dans l’article, la chercheuse mentionne le journaliste connu et écrivain Leonardo Padura, mais je choisis de mettre en évidence ses critères sous un autre angle et dans un sens positif , lorsqu’il nous avertit dans son article « Utopie perdue, utopie rêvée » publié par l’agence de presse IPS que « Cuba n’est pas seulement une réalité complexe hautement politisée mais aussi singulière et malgré cela souvent vue à partir de positions simplistes, de condamnations ou de louanges avec très peu des nuances qui lui donnent sa véritable densité et que personne ne peut mieux comprendre que ceux qui y vivent ». Tous ceux qui écrivent sur Cuba en Europe devraient méditer ces paroles de Padura comme une mise en garde et comme une proposition raisonnable.

Cependant, je reconnais que dans certains endroits du texte, Habel nous offre des évaluations équilibrées mais celles-ci s’égarent dans le but initial de détruire l’image de Cuba qui prend son essor dans chaque paragraphe pour couronner cet objectif sacro-saint d’un essai enfermé dans la prétendue agonie du « modèle économique et social cubain ». Tout cela avec la complicité du manque de rigueur dans les citations - sur des publications et des auteurs supposés - qui contredisent clairement son prétendu niveau académique et scientifique.

Enfin, en voyageant dans cet article, nous nous heurtons à un machiavélisme caractérisé par le mélange de phrases accrocheuses chargées de mensonges, de vérités complètes et de demi-vérités qui, sur la base d’une logique supposée du discours, débouchent toujours sur la désorientation du lecteur en ce qui concerne la réalité et la véritable nature des problèmes et des changements à Cuba. Les perspectives et l’effort intellectuel de l’auteur se concentrent davantage sur la rupture que sur la continuité du processus parce que cela a toujours été le véritable objectif de son travail.

La structure du texte est une invitation au doute, à la déception et au désespoir sur le processus révolutionnaire cubain. Plutôt que de le faire réfléchir, l’essayiste conduit le lecteur dans un tunnel sombre où l’attend la déroute inévitable de la Révolution Cubaine, l’obligeant à affronter la tâche difficile de transcrire une dissertation embrouillée qui, provenant d’une cubanologue reconnue - assurent les médias français - se présente comme une espèce de vérité révélée sur la vie quotidienne de l’Ile.

La raison de la publication de cet article se trouve finalement dans la promotion d’une logique de réflexion dans laquelle il n’y a pas d’autre alternative possible que l’inexorable dissolution d’une expérience sanctionnée par la variable de la géopolitique globale. Mais ce discours n’est pas étranger à Habel car ce scénario fait partie du contenu de ses thèses centrales dans son travail de politologie sur les thèmes cubains. C’est pourquoi, inévitablement, ses théories se rattachent au fatalisme sous-jacent de sa pensée politique, concernant le caractère peu viable de l’idéal socialiste dans un petit pays. Là est la genèse du découragement de ses prophéties malencontreuses dont nous savons qu’elles se sont toujours transformées en jugements de probabilités ratés sur Cuba.

Avec la lecture de Jeannette Habel, j’ai l’impression d’entendre le bruit des cercles obscurs dans le strident concert des grands médias européens. Oui, de ceux qui parient sur l’apocalypse de la Révolution Cubaine. Je garde toutefois l’espoir qu’un jour, toute l’information de la grande presse ne se résumera plus en France au style de Miami des uns ou de différents New Herald de Paris.

(traduction Gaston Lopez)

source :
http://www.rebelion.org/noticia.php?id=116611&titular=la-insurgencia-de-las-palabras:-el-debate-controvertido-sobre-cuba-en-francia-

COMMENTAIRES  

17/11/2010 18:25 par pfro35

A l’occasion de cette article je dis un grand merci à LGS de nous permettre une meilleure lisibilité du monde. Cà nous change du discours officiel.
Effectivement je ne connais aucun média écrit qui nous informe avec le sérieux que l’on est en droit d’attendre. Et pour la télévision il vaut mieux l’éteindre, car là , c’est du lavage de cerveau.
J’ai été abonné au "diplo" quelques années, malheureusement au fil du temps il s’est éloigné de l’objectivité qui, je pensais, le caractérisait.
A Cuba, la réalité ne peut être que complexe, comme le souligne l’auteur de cet article. Et vu de chez nous, avec toutes les misères que leur fait endurer le voisin ricain, on peut penser que le peuple cubain est autrement plus politisé que dans nos pays européens et possède une faculté d’adaptation extraordinaire.

17/11/2010 18:31 par ROBERT GIL

Rarement un pays aura soulevé autant de réactions que Cuba. Fidel Castro, le Che et leurs compagnons sont rentré victorieux à La Havane en janvier 1959, mettant fin à la dictature de Batista. Dés mars 1960 le premier attentat terroriste organisé par la CIA avait lieu, suivi de nombreux sabotages. En 1961 ce fut la tentative de débarquement de la baie des cochons. Depuis, que ce soit le débarquement de groupes armés, le financement et la manipulation des opposants, le sabotage des usines, des réseaux d’eaux ou d’électricité, l’introduction de virus pour le bétail ou la canne à sucre, les tentatives de renversement du régime n’ont jamais cessé.

La première puissance mondiale, affichant tant de hargne sur un petit pays de 12 millions d’habitants et le privant de tout échange par un blocus permanent, le critique pour son manque de liberté ! Ce pays en guerre permanente, soumis à des actes terroristes réguliers et étranglé économiquement, devrait être un modèle de démocratie ! Certes la révolution a commis des erreurs et des exactions, mais le contexte était particulier, et nous devrions comparer les conditions de vie à Cuba avec les pays qui l’entourent.

A Cuba, le taux d’alphabétisation est de 99,8 % ,la mortalité des moins de cinq ans de 6,6% et l’espérance de vie de 77,7 ans( rapport Amnesty International).Tous les enfants sont scolarisés et soignés gratuitement. Il n’existe aucun milliardaire, la société est basée sur le non profit, et les dirigeants n’ont pas de compte en Suisse ou de villa sur la côte d’azur, et ça aucun pays capitaliste ne peut le supporter ! Qu’un pays pauvre ne livre pas sa population aux appétits du capital est un crime !

Contrairement à d’autre pays d’Amérique latine, des prêtres ne sont pas assassinés dans leur église et au petit matin on ne trouve pas les cadavres d’opposants sur les trottoirs. C’est au Chili que l’on coupait les mains des manifestants dans les stades et c’est en Argentine que l’on jetait les opposants dans l’océan du haut d’hélicoptères. En Colombie l’espérance de vie d’un syndicaliste est de moins de trois ans ! A Cuba, la veille de leur arrestation, les prisonniers politiques dinaient encore à l’ambassade des Etats unis pour recevoir leur ordre de la CIA.

Des millions de personnes fuient d’autres pays d’Amérique latine pour raisons économiques ou politiques sans émouvoir la presse occidentale. Quelles sont les conditions de vie des plus pauvres au Guatemala, au Mexique, au Salvador, ...ou à Haïti, laboratoire du colonialisme et du capitalisme à tout prix ?

Cuba est le pays qui envoie le plus d’aide, notamment des médecins lors de catastrophes naturelles. Ce sont les militaires cubains qui ont aidé le peuple Angolais contre les mercenaires sud africains, ce qui a précipité la chute de l’apartheid. La première visite de N. Mandela a d’ailleurs été pour Cuba. C’est aussi prés de 20 000 enfants ukrainiens qui furent soignés à cuba des séquelles de Tchernobyl.

Non, Cuba n’est pas le paradis sur terre, mais si un pays avec si peu de ressources arrive à de tels résultats, plutôt que de le critiquer, nous devrions nous poser la question : comment cela est-il possible ? Simplement par un partage des richesses et des savoirs, mais la pression est de plus en plus forte et fatalement Cuba sera un jour renversé par l’impérialisme et ses dollars. Nous lui apporterons la « démocratie » pour le plus grand malheur de sa population, mais pour la plus grande joie d’une minorité. qui pillera le pays et que l’on présentera comme des hommes libres et courageux !

Conscience Citoyenne Responsable

http://2ccr.unblog.fr/

17/11/2010 19:38 par alexis Revel

Je viens de lire cet article mais je ne suis pas d’accord avec son contenu. Janette Habel est communiste (trotskiste) et elle n’est pas susceptible de conciliation avec les intérêts capitalistes. Je suis assez d’accord avec son article et celui du grand soir reste trés flou... quelles sont ces "erreurs" dont parle l’auteur ? Dire qu’il y a une rupture et qu’autoriser l’entreprise privée et le salariat (oui ! le salariat ! c’est écrit dans la loi !) n’est pas socialiste... Et il faut le dénoncer comme une rupture. Je soutiens les avancées du processus cubain qui sont réelles mais il ne faut pas rester aveugle devant ses erreurs. Je rappelle que le SPD, journal en faveur de l’autogestion à Cuba vient d’être interdit de paraitre... Et en même temps cuba libère les dissidents vendus à l’impérialisme.

Oui si la Révolution cesse d’être progressiste elle sera emportée par le vent car jamais le capitalisme ne tolèrera ce régime et elle n’aura plus de soutien populaire

17/11/2010 20:41 par Michel TAUPIN

Le terrorisme médiatique pratiqué à l’encontre de Cuba rend les journalistes qui s’y prêtent, coupables d’abord devant la déontologie qu’ils se sont engagés à respecter. Le formatage auquel ils se plient d’autant plus facilement qu’ils manquent de culture et de curiosité, ne les empêche plus de dormir.
Le livre ouvert de la conscience journalistique, celui où sur chacune de ses pages, est écrit en lettres de sang, le courage de l’engagement intellectuel contre l’obscurantisme qui se pare toujours, pour mieux tromper, de toutes les valeurs qu’il exècre ; la recherche de la vérité au plus près des faits, en recueillant les témoignages les plus variés pour construire sa pensée ; l’approfondissement nécessaire de la connaissance des milieux que l’on investigue pour se tromper le moins possible et l’effort permanent d’être celui qui ne va pas tromper le lecteur en se mentant à soi-même ; ce livre-là , les médias l’ont refermé et l’ont jeté dans l’océan avant d’accoster à Cuba au nom du Libéralisme dominant et du Capitalisme qui corrompt.
Il n’y a plus de courage, la veulerie triomphe !
Il n’y a plus de clairvoyance, la lumière s’est éteinte !
Dans cet obscur océan de lâcheté, une île, Cuba, agite son flambeau héroïque comme un phare.
Suivons-là  !

17/11/2010 22:52 par CD

On peut sans doute critiquer telle ou telle appréciation du texte de Jeanette HABEL, mais il faut certainement une argumentation plus décisive.

Je profite de cette lecture pour dire que le socialisme quelque soit son stade a besoin d’être critiqué pour se renforcer. La critique vise à améliorer le contenu démocratique de son développement et non un retour du capitalisme.

Il faut espérer que le socialisme va se renforcer en Amérique latine et que cela va profiter aussi au régime cubain.

Christian D

18/11/2010 00:32 par Vania

Il ne faut pas oublier que Mme Habel éprouve une antiphatie envers Cuba depuis longtemps...

18/11/2010 00:48 par Mouais...

Mme Habel a l’habitude d’adapter son discours à son auditoire me semble-t-il. Déjà vue et entendue lors de la révolution sandiniste au Nicaragua : critique ici, solidaire ailleurs. Trotskyste pur jus ?

18/11/2010 02:19 par alexis Revel

Il faut rappellee que Janette Habel ne ressent pas d’antipathie à l’égard de Cuba chère Vania. Elle faisait partie à l’époque de la révolution des jeunesses communistes et a éprouvé à de maintes reprises sa sympathie pour le processus. Encore, une fois, j’insiste la critique est intéressante car elle vient de quelqu’un dont la carrière a toujours été dans les rangs communistes et trotskistes. Je conseille à tous la fiche biographique wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Janette_Habel

Pour le reste, il y a certainement des choses à critiquer dans l’article du monde diplomatique. Mais il s’agit quand même d’un journal,et d’une universitaire qui ne sont pas trés susceptibles d’être atteint par un libéralisme aigu. L’article du Grand soir est intéressant mais il manque de précision. J’aimerais avoir plus de détails.Pour l’heure licencier 500 000 fonctionnaires, critiquer l’"égalitarisme" (sic), et vouloir l’anti paternalisme de l’Etat comme l’a déclaré récemment Raul Castro me parait douteux pour l’avenir du socialisme à Cuba. J’espère avoir tort mais il me semble que l’article du Monde diplo est équilibré.

18/11/2010 06:56 par legrandsoir

Il serait bien (et dans le ton du Grand Soir) que les commentaires ne dérivent pas sur des critiques ad hominem.

Janette Habel et le Diplo ne doivent pas être confondus avec d’autres. Trostski non plus.

L’article nous a paru intéressant parce qu’il est le cri blessé d’un homme qui ne magnifie pas son pays mais qui demande qu’on sorte du manichéisme à son égard (ce n’est pas gagné !).

L’auteur, Leyde E. Rodriguez Hernandez vit en France depuis des années. Il fait partie de ces dizaines de milliers de Cubains en mission hors de l’île (médecins, ingénieurs,enseignants, étudiants, artistes, entraîneurs sportifs, commerciaux, diplomates...).

A l’heure où les médias et les maisons d’édition nous gavent de Zoé Valdès, un écrit d’une autre tenue, l’expression d’une sensibilité noble, un cri du coeur, n’étaient pas inutiles.

LGS

18/11/2010 12:33 par Marie

Merci au « Grand Soir » d’avoir repris cet article publié sur notre blog Cuba Si Lorraine.

Cet article à l’origine en espagnol, maillé par Paul Evrard, a fait immédiatement écho en moi car il était en phase avec ce que je pensais et pense toujours.

Je rappelle mon commentaire posté ici même, un peu vif d’ailleurs, sur l’annonce de cet article de Jeanette Habel dans le sommaire « Le Monde Diplomatique (octobre 2010) » par Bernard Gensane.

Par ailleurs j’ai eu l’occasion d’en débattre, en amont de la dernière initiative que nous avons tenu à Villerupt avec quelques uns dont Maurice Lemoine, mais pas que…..

Une réaction dans ce débat était : Mme Habel n’est pas pro américaine, bien sûr que non elle ne l’est pas, les choses ne sont pas si simples ni si clivées !

Une autre était : avec les « Fidélistes » pas moyen de discuter, cela m’a fait sourire et je me suis demandé, est ce là un argument politique ?

A première vu, non…..mais peut être que cela veut dire tout de même quelque chose politiquement, que celui ou ceux qui disent cela, tenants de Mme Habel ne se considèrent pas eux comme Fidélistes, c’est-à -dire dans l’adhésion et le soutien à la politique menée par Fidel, Raul et l’ensemble du gouvernement cubain, parlement populaire compris.

Ils ne sont pas pour autant ennemis de Cuba dans le sens ou nous l’entendons communément, pro américain…etc etc…ils se définissent même comme amis de Cuba socialiste aussi...

Et c’est là que je trouve dangereux, pervers l’article, les articles ou interventions de Mme Habel (puisque c’est d’elle dont on parle, mais elle n’est point la seule en France comme ailleurs, à Cuba même ) !

Instiller le doute sur la préservation de la révolution cubaine, mettant en cause les changements mis en oeuvre par le gouvernement cubain sur le plan économique et social.

Cette attitude n’est pas nouvelle, la Révolution Cubaine depuis ses débuts a rectifié, adapté sa politique de manière pragmatique sans jamais faire de concession sur le fond, et déjà ceux là mêmes criaient au loup !

Et Cuba Socialiste est toujours là , a tenu en dépit de sa crise la plus intense à la chute de l’union soviétique, non ?

Elle a initié et contribue activement au processus d’intégration de l’Amérique Latine, l’Alba, si Cuba n’avait pas tenu l’Alba n’aurait pas vu le jour.

Alors certes débats il doit y avoir et il y en a, a Cuba même le prochain congrès du PCC est prévu en avril avec au préalable des débats avec toute la population cubaine qui seront menés durant trois mois sur la base d’un document d’orientation intitulé :

Proyecto de Lineamientos de la polà­tica económica y social del PCC en PDF (250 Kb)

Marie

Cuba Si Lorraine

18/11/2010 12:44 par Raymond Muller

D’accord avec LGS pour son avertissement de ce matin. Mais aussi avec les commentaires de Robert Gil et Michel Taupin. Pour ceux qui peuvent avoir des doutes, pour les raisons que ce soit, au sujet de la poursuite de la construction à Cuba d’une société socialiste au sens propre du terme je les invite à prendre connaissance de nombreux textes de citoyen(ne)s cubain(e)s et aussi d’auteurs étrangers à l’adresse

http://www.rebelion.org/seccion.php?id=14

Mais aussi du message que Fidel Castro adressa hier aux étudiants cubains sous :

http://www.granma.cubaweb.cu/2010/11/18/nacional/artic07.html,

ratifiant ainsi la politique du gouvernement cubain clairement exprimée déjà il y a 5 ans en arrière, le 17 novembre 2005, une date historique dans le cadre du développement de la Révolution cubaine. Bien sûr pour cela il faut maitriser l’espagnol.

Bonne lecture à tous ceux et celles qui veulent bien s’y mettre !

18/11/2010 14:20 par Sierra

J. Habel est une ex-trotskiste devenu socio-bobo, plus enclin a boire l’apéro avec Zoé Valdès qu’avec Salim Lamrani. Cela fait des années que son approche fielleuse sur Cuba propose un relais des thèses "dissidentes" sous la bannière virginale d’un voyage qui lui permet d’affirmer "oui mais moi j’ai connu le CHE". Une sorte de Regis Debray en jupon.
Il est à noter que le Monde Diplo ne refuse jamais de publier des correctifs à ses articles :

http://www.monde-diplomatique.fr/2004/08/A/11474

18/11/2010 18:37 par Sandino

les seuls avis valable sur cuba, sont ceux des cubains eux mémes,
c est leur realite, et il suffit d aller la bas pour s apercevoir que la majorite soutient le gouvernement.
Les analyses c est bien, mais cela ne prends jamais en compte le contexte historique et culturelle du pays ou de la region concerne
et bien souvent vu d ici , les analyses me semblent impregnes d un sentiment de superiorite de la part de ces analystes occidentaux qui dans leur sofa, un verre de champagne a la main, nous expliquent que ceci est bien ou ceci ne l est pas...

il se passe exactement la meme chose avec le nicaragua, ou le venezuela

laisser ces gens, ces pays vivrent leur propres experience , peut etre se trompent ils, ou font des erreurs
mais qui sommes nous pour les juger, regardons l histoire et le present
et nous verrons que nous n avons de lecons a donner a personne

depuis le nicaragua

19/11/2010 17:05 par Anonyme

Grand merci pour l’article de Leyde E. Rodrà­guez HERNANDEZ.
J’aime bien Cuba, donc, les critiques "communistes" des prétendus trotskistes me dégoutent. Il se trouve que ses critiques sont fascisants ! Si, si, FASCISANTS ! Critiquer un pays assiégé depuis ça naissance ça franchement il n’y a que les prétendus trotskiste à le faire avec le Front National.
A chaque fois que le peuple prend le pouvoir, Miss Habel ou l’autre trots, Catherine Samary se lèvent à critiquer. Elles sont grotesques, les deux.
Elles sont responsables pour le fiasco que l’Association Les Amis du Monde-diplomatique a subie. Désormais Les Amis du Diplo sont inexistants alors que en 2000 nous étions 4 coordinations rien que sur Paris.
Voilà donc de quelle critique on parle. Critiquer pour déstabiliser le pouvoir du peuple. Habel et Samary ne représentent que les intérêts du Pentagone et le grande capital.
La Yougoslavie

19/11/2010 23:38 par andré

les cubains savent très bien,quels sont les courants dits de gauche,qui ont combatu,jusqua soutennir Eltsine,pour faire chuter les pays socialistes a l’est,certes imparfait !A ce sujet les écrits de Mandel(4ème int)sont très instructives.
En France les écrits de Salim Lamrani,sont bien plus sérieux que les articles de Janet Habel !!!
Janet habel doit connaitre les processus démocratique de Cuba,si elle ne les connaient pas,alors elle est imcopétente !Elle devrait faire autre chose que du journalisme !
Je ne pense pas quelle le soit incompétente,elle est proffessionele comme Mandel pour démolir les pays socialistes avec un vernis de gauche typiquement trotskyste !!
C’était aussi d’autres trotskyste(posadistes)qui disaient que Castro etait impliqué dans l’assassinat du che !
En france on sait que la cia a utiliser des trotskystes,pour créer une scission dans la cgt a l’époque,avec encore un courrant trotskyste différent !
Ce sont aussi des anciens trotskystes qui ont été recrutés par la CIA pour distribuer de l’argent a des syndicats,partis politiques,ong,etc en europe pour lutter contre les communistes !
Malheureusement des milliers de militants sont trompés,par ces proffessionels de l’anticomunisme !

Le peuple cubain a besoin de solidarité,avec des gens qui respectent,leurs méthodes de fonctionnement !!!

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