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Vendredi Cogito : Il faut dissoudre les ligues journalistiques d’extrême-France !

La Science de l’amalgame crasseux et celle du raccourci douteux s’acquièrent-elles au prix d’études de journalisme rondement (mal)menées ou bien, une fois lesdites études achevées et la carte de presse imprimée et plastifiée, s’obtiennent-elles lors de sessions de stages occultes au sous-sol de la rédaction qui vous emploie où l’on apprend au journaliste frais émoulu que l’information ne se vend jamais si bien que si elle est approximative et sujette à discussion tandis qu’une analyse fine, objective, documentée et distanciée ne rapporte rien puisqu’elle ne suscite guère d’autres commentaires que « Oui, c’est bien vu » ?

Dans la chronique de la semaine dernière, nous évoquions la possibilité que l’aventure politique des Hommes soit un échec. C’était une hypothèse que nous formulions. Certains diront que l’hypothèse soulevée avait de forts accents d’affirmation ou de certitude mais il s’agissait bien d’une hypothèse. Or la presse française est là qui, chaque jour un peu plus, vient apporter une eau poisseuse au moulin de cette hypothèse-affirmation.

Car comment ne pas parler d’échec (précisons-le d’emblée, un échec dont l’entière responsabilité incombe à l’inconscience de ces types censés relayer avec un minimum d’objectivité raisonnable une information qu’ils ne devraient théoriquement avoir aucun intérêt à travestir ou à biaiser), comment ne pas parler d’échec, disions-nous, quand la mort brutale d’un jeune militant antifasciste est présentée par la quasi-totalité des médias que compte ce pays comme le résultat tragique d’une confrontation entre skinheads d’extrême-droite et « militants gravitant autour des mouvances d’extrême-gauche » ou, pire, entre « skinheads d’extrême-droite et skinheads d’extrême-gauche » tel que l’indiquait en ligne hier matin le site d’informations de France-Télévisions ?

Comment ne pas parler d’échec –ni de honte- quand de tels amalgames et de tels raccourcis sont à dessein opérés ? Comment se peut-il qu’il ne se trouve personne pour relever ces aberrations publiées, écrites et ressassées à longueur d’antenne et de réseaux sociaux par un service public d’informations qui se devraient d’être (ne parlons pas de la presse privée au service des grands groupes industriels dont on connaît et comprend les intérêts à falsifier) le forum, si ce n’est de l’objectivité, au moins de la neutralité éclairée ? Comment se peut-il qu’il ne se trouve personne pour dire que lutter contre le fascisme renaissant ne peut, par essence, relever d’aucun extrémisme ? Et comment se peut-il qu’il se trouve encore moins que personne pour signaler qu’on ne peut qualifier d’extrémiste quelqu’un qui se bat contre des timbrés qui ont pour modèle politique le IIIème Reich, qui appellent au meurtre des « bicots », qui sont pour la réhabilitation des fours crématoires où ils souhaitent voir périr les « singes » -comprenez les Noirs- de l’équipe nationale de football et qui se saluent à la nazi sous des posters de croix celtiques en célébrant le glorieux passé du Ku Klux Klan ?

La mort tragique de Clément Méric dans les rues de Paris, qui aura payé de sa trop courte vie une adhésion au combat pour des valeurs humanistes, aura agi comme un effrayant révélateur : la presse française, y compris le service public, a choisi son camp. Celui de l’allégeance faite au Front National, à ses idées finalement plus si repoussantes, à sa dirigeante désormais (et depuis longtemps) reçue sur tous les plateaux avec force égards attentifs et circonvolutions déférentes. La dédiabolisation de son parti, c’est à la presse qu’elle la doit. A cette presse qui tremble quand elle s’agace qu’on lui rappelle les propos de son père ou ses amitiés malodorantes. Donc on ne les lui rappelle plus.

Dans la précédente chronique, nous dénoncions l’amnésie des peuples. Celle, planifiée et calculée, de la presse française et bien plus monstrueusement coupable encore.

Constant Jacob
arawanexpress.com

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Michel Diard
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