Attendons-nous à un déchaînement des médias vertueux...

Une libraire parisienne enlevée par le Mossad.

MISE A JOUR : Le Grand Soir a pris contact avec la librairie. Mme Zemor vient d’être expulsée d’Israël.

EN COMMENTAIRE de l’article : une déclaration d’Olivia Zemor à son retour en France

En mars 2008, au plus fort de l’omerta médiatique qui enterrait mon livre « La face cachée de Reporters sans frontières », Olivia Zemor m’avait invité à venir en parler dans sa librairie Résistances à Paris dans le 17 ème.

Olivia Zemor est la présidente de l’association CAPJPO- Europalestine.

En juillet 2009, sa librairie a été saccagée par cinq hommes cagoulés et armés de bâtons. Ils ont cassé la caisse et les ordinateurs, abîmés des livres et vidé des bouteilles d’huile sur le sol. Dans le cadre de l’enquête, quatre jeunes de la mouvance de la Ligue de défense juive (LDJ) ont été entendus et placés en garde à vue.

Olivia Zemor vient d’être enlevée par les services secrets israéliens.

Appel lancé par Boualem Snaoui*

La présidente de l’association CAPJPO- Europalestine, Olivia ZEMOR, a été arrêtée ce matin (21décembre) aux alentours de 3h, à sa descente d’avion à l’aéroport « Ben Gourion » de Tel Aviv.

Elle est détenue dans cet aéroport par le MOSSAD, services secrets Israéliens spécialisés dans les disparitions des opposants à leur politique. Nous sommes sans nouvelles, et exprimons nos inquiétudes quant au sort que peut lui réserver Israël.

Olivia Zemor est une citoyenne française et nous demandons aux autorités d’intervenir rapidement pour sa libération. Nous condamnons ce rapt, qui, soit dit au passage, est organisé par la seule démocratie du proche Orient et nous appelons les partis politiques, les associations, les citoyennes et les citoyens épris de justice à interpeller rapidement :

Le ministère des affaires étrangères : en demandant à parler au chef de cabinet de Madame ALLIOT Marie :

37 Quai d’Orsay, 75007 Paris
01 43 17 53 53

et la présidence de la République :

Présidence de la République
Palais de l’Elysée
55 Rue Fbg Saint Honoré, 75008 Paris
01 42 92 81 00 "Ž

Librairie Résistances
saccage

*Boualem SNAOUI (CAPJPO- Europalestine), enseignant au Lycée de Garges-les-Gonesse (95), militant associatif, été candidat aux élections législatives de 2007 avec Olivia Zemour pour suppléante.

Site : htttp :///www.enfantsdepalestine.org contact : info@enfantsdepalestine.org

Librairie Résistances :

4 Villa Compoint (angle 40 rue Guy Môquet).
75017 Paris. M° Guy Môquet ou Brochant.
http://www.librairie-resistances.com

COMMENTAIRES  

22/12/2010 13:54 par Gélinotte

Il faut raison garder : Olivia n’a pas été "enlevée" par le Mossad.

Mais hélas, comme beaucoup d’internationaux, une fois de plus, une militante pour la Palestine est empêchée par les sionistes...et comme d’habitude sera ennuyée, interrogée, poussée dans ses retranchements...et reprendra l’avion pour Paris...ce qui reste tout à fait inadmissible ; et prouve, une fois encore, qu’Israël est un pays qui se prétend "démocrate" et applique des méthodes de voyous...en toute impunité. ¨Pourquoi ne pas continuer, l’ONU et "la communauté internationale" (donc les bien pensants)font la sourde oreille.
Bien entendu, ces actes crapuleux s’ajoutent à une foultitude d’autres...et Olivia n’en sera sûrement pas étonnée. Ses engagements courageux veulent bien dire qu’ils gênent et que demain sera un autre jour...pour Olivia, les militants et les Palestiniens, TOUS. Courage Olivia.
Palestine vivra...Palestine vaincra.

22/12/2010 13:56 par Abdelkader DEHBI

""Nous condamnons ce rapt, qui, soit dit au passage, est organisé par la seule démocratie du proche Orient""

Voilà qui ne manquerait pas de sel, si la situation n’était pas aussi dramatique pour cette dame, dont la position honore ce qui reste de ce qu’on appelle l’intelligentsia française.

22/12/2010 20:12 par Byblos

M. Gélinotte recommande de « raison garder » et de ne pas qualifier d’enlèvement ou de rapt ce qui arrive à Madame Zemour, cette GRANDE DAME.

Si M. Gélinotte n’aime pas l’emphase ou l’hyperbole, par contre il use allègrement de la litote. Ne qualifie-t-il pas de « voyou » le comportement habituellement et impunément criminel d’Israël depuis plus de 60 ans ?

M. Gélinotte peut-il assurer que ce qui arrive en Israël à Madame Zemour ne risque pas de devenir un rapt ou un enlèvement, pour peu que ce n’est pas dénoncé haut et fort ?

M. Gélinotte a-t-il déjà fait l’expérience du saccage par des nervis de son lieu de travail ? Et des menaces et des insultes qui ont accompagné ce saccage de la librairie de madame Zemour ?

22/12/2010 23:59 par Marie

Olivia Zémor expulsée par Israël : Anticolonialistes palestiniens, israéliens et internationaux mobilisés ensemble

Publié le 22-12-2010

Je viens de rentrer en France ce mercredi après-midi 22 décembre après avoir été expulsée par le gouvernement israélien en pleine nuit, après 30 heures d’interrogatoire, de détention et de tentatives de m’embarquer de force dans des avions, avant que j’aie pu rencontrer une avocate et prévenir le Consulat de France. Merci à tous ceux qui s’en sont indignés.

Chères amies, Chers amis,

Je remercie toutes celles et tous ceux qui se sont inquiétés de mon arrestation à l’aéroport Ben Gourion, de ma détention dans une cellule du centre de rétention des services de l’immigration, et de mon expulsion manu militari par un Etat qui se dit démocratique, mais ne peut supporter la moindre contestation de sa politique.

Arrivée à 3 H du matin à l’aéroport Ben Gourion le mardi 21, près de 24 H après mon départ de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, en raison des retards de vol, et escales supplémentaires liés aux perturbations actuelles dans les aéroports de nord de l’Europe, je suis mise a l’écart après un questionnement de quelques minutes au contrôle de sécurité.

- Où allez vous ? A Jérusalem.
- Pour combien de temps ? Huit jours.
- Pour quoi faire ? Rencontrer des amis.
- Prénom de votre père ? Moïse.
- De votre grand-père ? Elie.

Le jeune officier de police me regarde à peine. Il pianote quelques instants sur un ordinateur, et appelle un autre fonctionnaire de l’aéroport qui me conduit à l’écart.

On me dit d’attendre dans une salle où sont assis plusieurs jeunes Français, qui vont subir des heures d’interrogatoire et être contraints, pour passer, de signer un papier par lequel ils s’engagent à ne pas mettre les pieds dans les Territoires palestiniens occupés, sous peine d’être expulsés, de se voir interdire l’entrée dans le pays pendant 10 ans et de se voir infliger une peine de 2 ans de prison en Israël !

Ils sont interrogés, puis renvoyés attendre dans la salle, puis rappelés, et ainsi de suite. Le va et vient dure depuis 7 H pour certains.

Pour ma part, il va durer deux heures, pendant lesquelles je retrouve toutes les 20 minutes un jeune fonctionnaire qui s’intéresse à mes activités en France et a de toute évidence eu le temps de consulter ce qui est à la disposition de tous sur google. Je lui dis que je milite effectivement pour la fin de l’occupation israélienne, pour les droits légitimes du peuple palestinien et le respect du droit international. Il me dit être progressiste et partager mes idées, mais être très minoritaire dans son pays où, me dit-il, "je ne peux malheureusement pas faire ce que je veux. Il n’y a aucun parti qui défende mes idées". Son progressisme ne l’empêche pas de se concerter avec ses supérieurs du ministère de l’Intérieur et de m’introduire finalement auprès d’une femme qui me déclare que je vais être refoulée : "Entry denied". Je demande alors pour quelle raison ? "Security Threat" : "menace pour notre sécurité". Je lui fait alors remarquer qu’elle sait parfaitement que je suis pacifiste et que je ne mets en rien en danger la sécurité de qui que ce soit. Mes quelques affaires ont été passées au peigne fin par tous leurs engins électroniques. J’ai moi même été fouillée sans qu’aucun objet suspect soit trouvé.

- "Oui, mais vous organisez des manifestations en France", me rétorque-t-elle !
- "Oui, et alors ? Je défends des idées de paix et de justice. En quoi ce que je fais en France vous regarde ?"

Fin de la discussion. On ne discute pas les ordres du ministère de l’intérieur, conclut-elle.

Retour dans la salle d’attente ou de nouveaux "suspects" de sympathie pour les Palestiniens, (des Français et un Italien) sont mis sur le gril, en pleine nuit, après un voyage épuisant. L’objectif est de toute évidence de les effrayer et de les dégoûter suffisamment pour les dissuader de revenir.

Une fourgonnette de la police m’embarque ensuite vers le centre de rétention qui se trouve dans la zone aéroportuaire. On me confisque toutes mes affaires personnelles, en dehors de mon argent qu’on me demande de garder auprès de moi. On m’interdit de prendre mon téléphone portable, et d’appeler qui que ce soit pour prévenir de ma situation.

Dans un cellule à 4 lits superposés, un seul est occupé par une étudiante roumaine qui va être expulsée parce qu’elle n’a pas obtenu de visa pour venir voir sa mère qui travaille en Israël.

A 10 H, on vient me chercher pour un embarquement express. Je refuse, je demande à pouvoir recevoir auparavant la visite d’un avocat. On me saisit de force, on me passe les menottes et je suis embarquée sur les pistes d’atterrissage. Pieds nus parce que j’ai refusé de me chausser, portée par 4 policiers, j’arrive en haut de la passerelle d’un avion de Turkish Airlines près pour les décollage, où les passagers sont déjà installés. Je crie que je refuse de monter dans cet avion, je me débats. L’equipage refuse de m’embarquer de force. Retour au centre de rétention.

Les policiers sont un peu déroutés. Je ne suis pas une "cliente classique". L’un d’entre eux essaie de comprendre mes motivations et surtout de me convaincre que lui aussi veut la paix, mais pas les Palestiniens, qui sont des terroristes et qu’Israel est obligé de se défendre. Et tous ceux qui l’en empêchent constituent un danger pour leur sécurité. "Avec vos origines juives vous devriez comprendre cela", me dit-il. Je lui réponds que c’est la politique israélienne qui constitue un danger pour le monde entier, y compris les juifs, en développant le terrorisme et l’antisémitisme. Un : "De toutes façons, vous n’avez pas le droit de juger si vous ne vivez pas ici", clôt la discussion. Je lui réponds néanmoins que j’ai des amis israéliens qui pensent la même chose que moi.

Cette fois-ci, je suis placée dans une cellule seule. Pas question que je contamine d’autres personnes avec mes refus d’embarquer. Alertée, Leah Tsemel me rend visite et me fait un état des lieux. Elle est scandalisée : "Maintenant l’Etat de tous les juifs se met à faire le tri entre les juifs kasher et les pas kasher. De quel droit ?". Saisir les tribunaux ? C’est possible, mais il faudrait que je reste 3 ou 4 mois ici pour attendre un jugement qui peut être négatif. Sa confiance dans la justice israélienne n’est pas illimitée. Et pour ne pas rester en détention pendant tout ce temps, il faudra réunir une caution d’au minimum 10 000 euros.

J’ai mieux à faire.

Le Vice-Consul de France, alerté par des amis, vient également me rendre visite. Il déplore la situation et me dit que le gouvernement français n’a pas réussi jusqu’ici à empêcher ces pratiques d’expulsion de ressortissants français qui n’ont commis aucun délit. Il trouve cela regrettable. Il exige de mes gardiens, avant de partir qu’il me laissent prendre un livre et des médicaments dans mes affaires confisquées.

Retour en cellule. On m’apporte un repas sous plastique, auquel je ne touche pas davantage que les précédents. Je ne mangerai pas avant d’être libre.

Plusieurs fois dans la nuit, les policiers font irruption bruyamment dans ma cellule pour me crier que je vais devoir embarquer dans un prochain avion, et que si je me débats et refuse une nouvelle fois, ils me feront escorter pendant le voyage par deux policiers, ce qui est la procédure "normale" dans les cas de refus d’embarquer. Finalement à 6 H 30 j’embarque pour Istambul dans un avion de Turkish Airlines où l’équipage, fort sympathique, me promet de me trouver ensuite un vol pour la France. Ce qui est fait malgré la demande israélienne de m’envoyer d’abord sur Munich, sous prétexte qu’à l’aller j’ai fait une escale dans cet aéroport.

Je voyage avec la satisfaction de savoir qu’à Jérusalem, les rencontres programmées avec les militants anti-colonialistes palestiniens, israéliens et internationaux, se déroulent en présence de plus 70 Français qui sont allés témoigner leur attachement au droit et à la justice.

Et je suis émue d’apprendre en revenant en France, que malgré la période de vacances et de fêtes, autant d’associations et de personnes se sont inquiétées de cet enlèvement, et ont demandé des explications. Je les en remercie de tout coeur.

Olivia Zémor

CAPJPO-EuroPalestine

23/12/2010 11:29 par shadokskaia

Madame,
Je me permets de copier intégralement votre témoignage sur le site médiapart.
Je pense que cela fait partie des informations qui doivent être diffusées.

24/12/2010 13:49 par r_i_d

Extrait du commentaire publié plus tôt :

-"Oui, mais vous organisez des manifestations en France", me rétorque-t-elle !
- "Oui, et alors ? Je défends des idées de paix et de justice. En quoi ce que je fais en France vous regarde ?"

"...vous organisez...". C’est de ça qu’ils ont peur. Les agents de n’importe quel pouvoir craignent ceux d’entre nous qui peuvent aider les autres à s’organiser.

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