Une approche d’un danger ignoré qui menace la Chine de l’intérieur

Depuis des années, dans tous les médias, l’’on nous parle et nous informe régulièrement à propos de la Chine, y compris dans des articles que publie LGS. La tâche n’est pas simple. Les obstacles pour s’en faire une (vague) idée sont nombreux. A tous niveaux. Y compris, quantité qui nous échappent.

Certains textes proposés, pour intéressants qu’ils soient, me laissent souvent sur ma faim, quand ce n’est pas carrément perplexe. Hormis certains témoignages "vécus", ce que j’y lis me semble toujours assez "théorique", quelque peu abstrait voire presque "académique". Et en tout cas, (encore une fois, sauf l’un ou l’autre), me paraissent manquer de concret,

Le pays est d’une telle grandeur, et dès lors d’une telle variété de courants et de particularités propres à chaque région et sous-région qu’il est difficile de s’en faire une idée précise. Cette civilisation plusieurs fois millénaire est d’une telle richesse, d’une telle complexité qu’en parler et tenter de la décrire relève d’un défi. Il me semble qu’aucune approche ne peut prétendre couvrir "la Chine", mais plutôt une parcelle de celle-ci, ce qui est déjà pas mal. Et l’on se retrouve un peu face à un puzzle gigantesque qu’il nous faut assembler pièce par pièce, pour espérer y voir se dessiner une esquisse du pays.

Or, voici que je viens de prendre connaissance d’un article écrit par un Européen (originaire de Hollande) qui s’y est installé et y vit depuis une quinzaine d’années. Son témoignage de professeur est vivant, vibrant et vraiment incarné dans ce qui fait son quotidien chinois. Et sa mise en garde par rapport au sionisme rampant - où avez-vous jamais lu un tel propos quand il est question de la Chine ? - d’autant plus percutant.

Le sionisme est un cancer que j’ai découvert en Palestine. Et dont j’ai pris la mesure au fur et à mesure que je m’y suis arrêté pour tenter d’en comprendre les ramifications. Il y a déjà plus de 15 ans, j’avais écrit que la France était "sionisée jusqu’à la moelle". Et ce n’est que depuis peu que certains en découvrent toute l’étendue, jusqu’aux sphères les plus reculées de l’État, et dans des domaines improbables.

Sans parler des États-Unis où il dicte la politique extérieure du pays - on le voit en ce moment même avec la guerre menée contre l’Iran - le problème est tel qu’aujourd’hui, il empoisonne non seulement les pays européens qui en sont totalement métastasés, qu’il est parvenu à en imprégner aussi des civilisations dont on pensait qu’elles étaient à l’abri.

Ce professeur en parle. Comme il se doit. Je vous invite à ne manquer la lecture de son article sous aucun prétexte et à prendre connaissance de son témoignage via le lien suivant : https://ssofidelis.substack.com/p/le-sionisme-chretien-sattaque-a-lesprit. C’est inattendu, et édifiant. Et doit nous maintenir en alerte constante.

Daniel Vanhove -
01.05.26

COMMENTAIRES  

07/05/2026 08:58 par diogène

J’ai lu l’article conseillé, ce qui m’a amené à quelques réflexions déjantées, mais on en fera ce qu’on voudra.

Alors que les chrétiens ne représentaient qu’environ 7% de la population de l’empire romain, avec une répartition très hétérogène, Constantin 1er a imposé le christianisme comme religion d’état.
Etait-ce parce qu’il avait été converti insidieusement par une cinquième colonne téléguidée par la pieuvre, ou pas plutôt pour imposer à la population civile une variante de "sol invictus", une religion fabriquée pour unifier l’idéologie de l’armée composée de soldats et officiers de toutes origines, géographiques, linguistiques et religieuses et avait donné toute satisfaction pour en faire des fidèles au césar en place ?
Le christianisme, on le sait, est un syncrétisme qui a su intégrer toutes les croyances locales des territoires conquis pour centraliser les vertus de saints et dieux exotiques aux attributions diverses et variées vers une seule entité, le Grand Pontife, qui était l’empereur de Rome avant que la fonction soit, parait-il, déconncetée du pouvoir temporel et attribuée à un "papa"..
Le sionisme chrétien n’est peut-être pas autre chose que le christianimes sioniste, utilisable tel quel par tout autocrat, bureaucratie ou oligarchie à la recherche d’un ciment social, quelles que soient les latitudes et longitudes.
C’est d’ailleurs pour cette raison qu’un empereur Khazar avait imposé à ses sujets le judaïsme. On connait la suite.

07/05/2026 22:34 par D. Vanhove

> diogène : petite rectification d’une erreur courante :

l’empereur Constantin se rallie, légalise et favorise le christianisme

mais c’est son successeur Théodose qui poussera le bouchon plus loin, pour en faire la religion d’État

08/05/2026 19:22 par RV

Merci pour ce partage !

L’auteur de l’article en question n’est pas mentionné, c’est le professeur Karim Bettache
https://sgps.cuhk.edu.hk/tc/profile/professor-karim-bettache/

Par ailleurs, parler de grandeur du pays est inapproprié ici, car il est en fait question de la taille de la Chine, donc de sa superficie, qui est bien une grandeur au sens physique du terme, mais qu’il ne faut pas confondre avec la notion de grandeur qui se rapporte à l’idée de quelque chose de grand au sens moral, historique ou symbolique.

09/05/2026 09:35 par Shansan

Or, voici que je viens de prendre connaissance d’un article écrit par un Européen (originaire de Hollande) qui s’y est installé et y vit depuis une quinzaine d’années. Son témoignage de professeur est vivant, vibrant et vraiment incarné dans ce qui fait son quotidien chinois.

J’ai lu l’article en question. D’une part, l’auteur vit à Hong Kong, d’autre part, il base une partie de sa « théorie » sur la situation à Taïwan. Loin de moi l’idée de contester ici la légitimité des revendications de la Chine sur l’île (ce n’est pas le sujet), mais lorsqu’il dit que « Taïwan est la Chine », il se trompe lourdement. Ce qui fausse totalement son analyse sur la possible influence du christianisme dans les positions chinoises sur le sionisme.

Culturellement, socialement, politiquement, Taïwan N’EST PAS la Chine.

Elle est bien plus ouverte aux influences extérieures, même religieuses, que ne l’est la Chine continentale où une démographie chrétienne insignifiante (entre 1 et 2% de la population totale) semble au contraire dans l’incapacité de peser sur la diplomatie chinoise. Il y a en France entre 8 et 10% de musulmans, il n’ont aucune influence sur la politique menée par le pays.

Lorsqu’il parle des chrétiens chinois, il dit ceci :

« Ils représentent la population active des cabinets d’avocats, des universités et des comités de rédaction. Leur influence sur la société chinoise — et sur la politique étrangère chinoise — va bien au-delà de leur poids démographique. Une Église chinoise favorable à Israël produira, à terme, une élite chinoise favorable à Israël. »

Le hic, c’est que ce ne sont pas les « élites » qui dirigent le pays, comme à Taïwan, Hong Kong ou en Occident, c’est le PCC. Or, il ne me semble pas qu’au PCC il y ait des membres chrétiens ni que la foi chrétienne soit compatible avec une adhésion au parti communiste en général. Même le pape n’est pas le bienvenu en Chine.

En plus de fonder son analyse de la situation sur des études provenant d’organismes pro-israéliens (donc partiaux), il s’appuie sur un passé révolu en Chine, celui du milieu du 19ème siècle, où une Chine affaiblie est tombée face au colonialisme. Voici un autre exemple d’affirmation complètement farfelue :

« La Chine a été humiliée. L’opium a fait son apparition. Les canonnières aussi. Des traités iniques ont été signés. Les concessions étrangères ont morcelé les villes côtières et les puissances étrangères ont divisé le pays en sphères d’influence. Et de cette humiliation est née une question qui n’a pas encore trouvé de réponse honnête : comment devenir assez forts pour que cela ne se reproduise plus jamais ? »

« La réponse apportée par le pays n’était pas décoloniale. Elle était mimétique. Apprendre de l’Occident. Apprendre sa science. Apprendre ses armées. Apprendre ses universités, ses entreprises, ses méthodes d’organisation du pouvoir. Rattraper son retard. Surpasser. Devenir ce qui nous a humiliés afin de ne plus jamais être humiliés. Le colonisateur n’a pas été remis en question. Le colonisateur a été pris pour modèle. »

La Chine du 19ème n’est pas la Chine d’aujourd’hui, et on se demande bien pourquoi...

Oui, la Chine a rattrapé son retard et même surpassé l’Occident, mais elle ne l’a pas copié et encore moins pris pour modèle. Il est aussi absurde que simpliste de dire ce genre de trucs...

Je ne parle pas du fait qu’il compare aussi la Chine avec le Japon impérial post-2GM...

Au final, tout ça pour défendre les sciences humaines et sociales (son domaine) qu’il estime délaissées par le pouvoir chinois... au profit des sciences dures.

L’auteur se targue même avec un peu d’arrogance je trouve, d’avoir apporter la « lumière » à ses étudiants chinois, tout ça en leur ayant fait lire Frantz Fanon...

J’ai enseigné à des étudiants chinois. J’ai observé le moment où la prise de conscience illumine leurs visages lorsqu’ils découvrent Fanon pour la première fois, lorsqu’ils lisent Said, lorsqu’ils comprennent que le sentiment d’infériorité véhiculé par des milliers de films et de manuels scolaires n’est pas le reflet de la réalité, mais un vestige de la conquête. Ils brisent les chaînes en temps réel. C’est l’une des choses les plus extraordinaires dont j’aie jamais été témoin en cours. Et cela me convainc, sans l’ombre d’un doute, que l’esprit chinois n’est pas perdu — mais qu’il est également sans protection.

Chacun jugera à sa manière ce genre d’envolée lyrique. Moi, elle ne me convainc pas. Si la liberté du culte est libre en Chine, la religion est sous contrôle et n’a aucun poids dans les affaires politiques du pays. Croire à une faiblesse du pays sur ce point, croire même à un sentiment d’infériorité, c’est, malgré 16 années en Chine, mal connaître ce pays.

15/05/2026 16:13 par GC45

J’ai lu le texte de Karim, sans savoir alors qu’il enseigne à Hong Kong.
En ce qui concerne les humanités je précise que je sort d’un lycée technique et que le seul texte important lu en prépa fut " La trahison des clercs " de Julien Benda. En math-sup technique on n’avait tout simplement pas le temps de lire les philosophes car on n’avait même pas le temps de vivre. Les STEM chinois d’aujourd’hui sont confrontés aux mêmes intégrales mais ils ont dans leurs ordiphones accès à des quantités astronomiques de divertissements débiles.

Les commentateurs GAGNIÉ Axel et xiao pignouf se trompent lourdement.
Il suffit de devenir anglophone, et de manquer suffisamment d’esprit critique pour avoir pu décrocher un diplôme anglo-américain, pour devenir un danger public. 
Il suffit de voir ce qu’est devenu la gauche européenne depuis que l’anglais est devenu LA langue obligatoire et que les clauses secrètes du plan Marshall ont imposé le lavage de cerveau par Hollywood.
Pour les plus jeunes, les bacs bidons et les diplômes QCM ont fait le reste.
Or les Chinois ne sont pas des sur-hommes, et je ne vois pas pourquoi les jeunes Chinois seraient plus imperméables à la propagande insidieuse que nous. 
Les gens brillants ne sont pas forcément des sages ; il suffit de se souvenir qu’Albert Thomas était opposé à la rencontre pour la paix de Stockholm en 1917.
Il faudrait d’ailleurs établir - et consulter souvent - un florilège des âneries et des bêtises proférées, promues ou faites par divers génies de leur temps. 

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