Un arrêt de la cour européenne s’attaque aux services publics

Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF)

« Concurrence libre et non faussée » L’UE et l’euro sont intrinsèquement des leviers du capitalisme

Concurrence libre et non faussée. Chacun connait ce dogme fondamental de l’UE, présent dans les traités dès le traité de Rome en 1957. C’est que, via cette règle, l’UE impose la libéralisation des monopoles publics, leur privatisation et leur démantèlement, leur transformation en monopole privés qui permettront de renforcer l’exploitation des travailleurs, de faire les poches des usagers pour remplir les coffres de l’oligarchie capitaliste. C’est à cela que le 29 mai 2005 les citoyens français ont dit NON très majoritairement.

Fruit des luttes des travailleurs, cœur des avancées de 1936 et de 1945, services et entreprises publics appartiennent à la collectivité et échappent au moins en partie à la prédation du capital. EDF-GDF, La Poste et France télecom, autoroutes... voilà autant de ces services publics privatisés et/ou libéralisés pour suivre les diktats de l’Union Européenne, pour sacrifier à l’austérité sans fin imposée par la BCE et l’Euro, et aussi pour permettre au grand capital privé, qui s’est désengagé de l’industrie et de ses difficultés techniques et commerciales spécifiques, de prendre en main les grandes entreprises publiques disposant au départ d’une rente de situation et d’un investissement infrastructurel à base d’argent public et déjà largement amorti.

Alors d’aucuns prétendent que ce n’est pas l’UE qui est en cause, mais bien les gouvernements (cela n’a bien sûr rien à voir avec le fait qu’ils soient membres du PGE ou de la CES parti ou « syndicats » largement financés par la Commission Européenne à condition qu’ils défendent la construction européenne, où avec leur stratégie d’alliance opportuniste avec les sociaux-libéraux du PS)... Si ces derniers sont effectivement responsables, c’est d’être les sous-préfets zélés et consentants de l’oligarchie capitaliste et à ce titre de pousser les feux de la construction européenne en bafouant la souveraineté populaire pour pousser via ces armes d’exploitation massive que sont l’UE et l’Euro toujours plus loin la destruction des conquis sociaux des travailleurs.

Comme le démontre le PRCF depuis plus de 10 ans, l’UE et l’Euro sont les armes construites par et pour la classe capitaliste contre la classe des travailleurs. Pour reprendre le propos plus récents de Monica Charlot, la sociologue spécialiste de cette oligarchie, « l’UE et l’euro sont des leviers du néolibéralisme »

Un récent arrêt de la cour européenne de justice prouve s’il le fallait encore, que les règles essentielles de la construction européenne s’opposent à l’existence même des services publics pour consacrer la prédation sans partage des monopoles capitalistes. Non l’UE n’est pas réformable, et « l’Europe sociale » chère au Front de gauche et aux états-majors syndicaux est une dangereuse illusion qui conduit les travailleurs dans le mur.

Un arrêt de la cour européenne s’attaque aux services publics

Cet arrêt vient confirmer un arrêt de 2012 rendu au sujet de La Poste, considérant comme un avantage concurrentiel indû le statut d’EPIC (établissement public d’interet commercial) de La Poste qui en 2010 n’avait pas encore été
privatisée sous forme de Société Anonyme. Car le statut d’EPIC permet d’accorder une « garantie financière implicite et illimité » par l’Etat.... Effectivement, c’est bien là un des intérêts des monopoles publics que d’être un peu protégés de la prédation des marchés financiers. Chacun pourra observer que si cela gène l’UE concernant des entreprises ou des services publics, cela ne la choque absolument pas, pas plus que ces grands médias impartiaux, que les Etats soient contraints d’apporter cette garantie illimité aux banques et assurances privées.... Privatisation des bénéfices, socialisation des pertes, voilà une des autres maximes de l’UE, aussi vieille que le vieux capitalisme monopoliste d’Etat travesti en « libéralisme ».

C’est donc bien là le statut des services publics qui est profondément remis en cause. A titre d’illustration, la SNCF où la RATP sont toujours des EPICS qui doivent déjà faire face aux directives européennes de libéralisation du secteurs des transports. SNCF et RAPT mais bien au delà l’ensemble des EPIC, des Etablissements publics ou des services publics qui pourraient se trouver de près ou de loin dans le champ concurentiel sont donc bien dans le viseur de l’UE. Et quel domaine échappe aujourd’hui à un « champ concurrentiel » selon l’UE ? La santé ? L’éducation ? Presqu’aucun en réalité.

Rester dans l’UE, c’est de fait se contraindre à renoncer aux conquis du CNR et à tous les autres conquis sociaux, la souveraineté populaire base première d’une possible démocratie etc. pour respecter la « concurrence libre et non faussée » ou plus exactement le règne sans partage, la dictature toujours plus totalitaire et fascisante de la classe capitaliste. C’est déjà ce que voulait dire Jean Jaurès quand il déclarait, n’en déplaise à toute la gauche « bobo » qui refuse l’idée même d’indépendance des nations, que « l’émancipation nationale est le socle de l’émancipation sociale ».

Le 25 mai prochain, pour dire Non à la liquidation du droit du travail, pour dire Non à la guerre aux salaires, pour dire Non à la liquidation de leurs entreprises publiques, de leurs autoroutes, de leurs chemins de fer, et à terme, de leur sécurité sociale, les travailleurs de France doivent faire retentir à nouveau leur NON à l’UE du Capital. Oui pour défendre et étendre les conquêtes du CNR, pour un CNR 2.0 et la reconquète de la souveraineté populaire il faut sortir de l’UE, de l’Euro de l’OTAN par la voie du progrès social, par la voie de l’internationalisme des travailleurs. Oui, comme le proclame le PRCF rejoint par un nombre croissant d’organisations et d’intellectuels progressistes, il faut briser les chaines de l’Union Européenne !

En rejoignant la campagne pour l’abstention citoyenne à l’election européenne, en faisant grossir le mouvement pour le boycottage militant de cette farce électorale, chacun peut montrer qu’il n’est pas dupe. Chacun peut faire monter le tsunami de l’abstention citoyenne de classe et de masse pour démontrer l’illégitimité de cette dictature supranationale qu’est l’UE – en passe qui plus est de se transformer en « Grand Marché Transatlantique » avec l’adoption très prochaine dans le dos des peuples du TTIP-, de ses institutions totalitaires qui piétinent les peuples souverains pour imposer les diktats austéritaires de l’oligarchie capitaliste,

le 25 mai, refusons de voter, faisons la grève de ce scrutin destiné à liquider la souveraineté, donc la citoyenneté républicaine, rappelons notre NON spolié de 2005, réclamons la sortie de l’UE, la sortie de l’Euro, la sortie de l’OTAN pour préparer la sortie du capitalisme. Construisons ensemble un large front du peuple, progressiste et patriotique, pour mener la lutte des classes pour construire une République sociale, souveraine et respectueuse du monde du travail.

A retrouver sur www.initiative-communiste.fr

 http://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/arret-cour-europeenne-s-attaque-aux-services-publics/

COMMENTAIRES  

09/04/2014 11:20 par babelouest

Sans vouloir paraître "la ramener", une réaction en colère.....

09/04/2014 14:53 par Lionel

Enfin !
Enfin une proposition d’action militante et prometteuse.
Enfin une action concrète, enfin le courage de prôner un boycott...
Il me semble que c’est la seule posture digne, non-servile et de refus d’une situation imposée, l’Europe ne peut être que celle du néolibéralisme, par conséquent Babelouest je conteste l’emploi de l’expression "cette Europe" dans le lien, il ne saurait y avoir une autre Europe dont les peuples ne veulent pas.
Il faut sortir de l’€ et de l’UE au plus vite avant l’irréversibilité amenant à des conflits pseudo-ethniques tels qu’il se profilent en Ukraine et ce n’est certainement pas une quelconque Union Européenne qui nous garantira la paix !!!
PS : Quand je dis "enfin", j’en rajoute, voilà longtemps que le M’pep a lancé sa campagne...

09/04/2014 15:59 par Arthurin

Même si on s’accorde globalement avec les différents points développés, reste que « Non l’UE n’est pas réformable, et « l’Europe sociale » chère au Front de gauche et aux états-majors syndicaux est une dangereuse illusion qui conduit les travailleurs dans le mur. » est une affirmation totalement péremptoire, péremptoire et fausse.

Aurait-il échappé à nos camarades du PRCF que depuis l’aube des temps nous évoluons dans un contexte libéral ? Le capitalisme néo-libéral est l’expression naturelle de l’état de nature originel, les injustice sociales sont la conséquence du darwinisme social hérité de l’état de nature et perpétué par ce système (dont l’UE est le digne avatar, sans contredis) ; c’est à juste titre que vous parlez de conquis sociaux (je cherchais justement un terme pour remplacer acquis sociaux qui était inadapté, merci), ce sont effectivement des conquêtes arrachées au réel, nous n’avons pas eu besoin de sortir concrètement de la réalité pour la changer, il nous aura fallut la volonté de vouloir la changer, d’imaginer une réalité différente.

Pour mémoire, la fRance a considérablement œuvré à la réalisation de l’UE ; dans le rapport de force il ne suffit pas de dire non, surtout qu’en face ils s’en foutent bien de ce qu’on peut dire et en fin de comptes rien n’a pu réellement se faire sans le consentement explicite ou implicite du peuple, indubitablement.

Ainsi il me semble que nous sommes désormais tenu à un engagement moral vis à vis des peuples que nous avons entrainé avec nous dans la galère, fusse par pusillanimité. Aussi je crois sincèrement que sortir unilatéralement de l’UE sans que la piste de la désobéissance (qui produit un certain consensus à gauche, au moins au FdG et qui n’enlève rien à notre potentiel de résistance) ai été suffisamment explorée serait une insulte et un déni de solidarité envers ces peuples.

09/04/2014 17:49 par placide

Pour information, cela fait bien longtemps que le PRCF a lancé cette campagne du Boycott des européenne. Notamment par un appel commun avec .... le M’PEP. Surtout, le PRCF avait déjà porté en 2009 campagne contre l’UE et pour le boycott.

Aurait-il échappé à nos camarades du PRCF que depuis l’aube des temps nous évoluons dans un contexte libéral ? Le capitalisme néo-libéral est l’expression naturelle de l’état de nature originel, les injustice sociales sont la conséquence du darwinisme social hérité de l’état de nature et perpétué par ce système (dont l’UE est le digne avatar, sans contredis)
Pour le coup, c’est là une affirmation péremptoire, et notoirement fausse. C’est bien une affirmation de l’idéologie capitaliste, serinée à longueur de JT, mais ce n’est pas une vérité. Cela est démentie aussi bien par nombre d’historiens que d’ethnologues. Entre autre, c’est aussi méconnaitre tout à fait l’apport de l’ensemble de l’analyse marxiste (au sens le plus large) largement fondatrice de la gauche.... Non, ni l’accumulation de capital, ni l’exploitation capitaliste ne sont quelques choses de naturel. C’est un phénomène social qui n’a rien d’immuable.

 ; c’est à juste titre que vous parlez de conquis sociaux (je cherchais justement un terme pour remplacer acquis sociaux qui était inadapté, merci), ce sont effectivement des conquêtes arrachées au réel,

Conquis sociaux, c’est une expression d’Ambroise Croizat. Un communiste, un vrai, qui savait encore ce qu’était la lutte des classes et non la lutte des classes.
Et ces conquètes, elles n’ont pas été arraché au reel. Non, elles ont été prise aux capitaliste. par la force du mouvement sociale et de la résistance au sein du CNR, par le fait que la classe capitaliste collabo était alors notoirement discréditée. Croizat, au moment de la mise en oeuvre de la sécu disait qu’il fallait déjà se préparer aux attaques de l’oligarchie qui voudrait dès que possible reprendre ces conquis. Car le CNR n’a pas fait de la France un pays socialiste, bien qu’il a permis des avancés considérables.

nous n’avons pas eu besoin de sortir concrètement de la réalité pour la changer, il nous aura fallut la volonté de vouloir la changer, d’imaginer une réalité différente.
Non justement, c’est bien parceque la réalité n’a pas changé et que le CNR n’a pu nous sortir du capitalisme que dès que la classe capitaliste a repris un peu plus de force, éjectant les communistes du gouvernement, elle a commencé à détricoter l’oeuvre du CNR. En fait, elle n’a eu de cesse de revenir sur 1945 comme y appelle le MEDEF. Cependant, la réalité Française, c’est celle jusqu’à il y a peu d’un peuple souverain, de travailleurs organisés et rassemblés à l’échelle nationale par une histoire commune, une culture en partage. En un mot un peuple. Cela aussi c’est une réalité.
Cette réalité, c’est également qu’il n’existe pas encore de peuple européen. L’UE c’est une construction supra nationale qui ne reconnait qu’une seule souveraineté, celle de la finance, de la banque, de l’oligarchie capitaliste. C’est le projet de Gross Europa en un sens, où le capital allemand et français est parfaitement capable de s’entendre, y compris au prix du dépeçage de la France (désindustrialisation, balkanisation). Cette réalité historique n’est pas nouvelle, souvenez vous de la Commune en 1970, ou de la Collaboration et du plutot Hitler que le Front Populaire ! sans remontez à Louis XVI fuyant à Varennes.....

Pour mémoire, la fRance a considérablement œuvré à la réalisation de l’UE ; dans le rapport de force il ne suffit pas de dire non, surtout qu’en face ils s’en foutent bien de ce qu’on peut dire et en fin de comptes rien n’a pu réellement se faire sans le consentement explicite ou implicite du peuple, indubitablement.
C’est également faux. La classe capitaliste française a oeuvré à la construction européenne. La classe des travailleurs s’y est toujours largement opposée. Notamment par la voix du PCF, la voix de la CGT jusq’uà très recemment. Contre la CED, contre l’Acte Unique, Contre Maastricht.... car l’UE c’est une arme de destruction massive du capital.
Quant au consentement implicite du peuple, c’est tout simplement faux. En 2005, le peuple a voté NON. En 92, Maastricht n’est passé que de 300 000 voix (il aurait suffit que LO appelle à voter contre pour que le NON l’emporte...). Le toux avec la propagande médiatique que l’on connait. Il suffit de voir actuellement la censure absolu dont sont victime les eurocritiques de gauches. Tel le PRCF

Ainsi il me semble que nous sommes désormais tenu à un engagement moral vis à vis des peuples que nous avons entrainé avec nous dans la galère, fusse par pusillanimité.

Je ne suis rigoureusement pas d’accord. D’une part, car ce que vous dites est tout aussi stupide que de dire que le peuple serait responsable de la collaboration. Evacuant toute responsabilité de classe. Ce qui revient tel Cahuzac ou Valls à nier la lutte des classes (il est vrai qu’au FdG on ne parle guère plus de lutte des classe mais plus de lutte des classes du moins dans les hautes sphéres). D’autre part, notre engagement moral vis à vis des autres peuple, c’est celui de briser les chaines de l’UE. A l’image du Venezuela brisant l’ALENA pour construire l’ALBA. C’est donc bien de sortir de l’Union Européenne, pour construire avec l’ensemble des pays progressistes de la planete (et hors du cadre étriqué et ethnocentré de l’Europe) de vrai coopération internationaliste. Cela ce n’est pas que le PRCF qui le dit. C’est par exemple M Pinçon Charlot qui dit qu’il faut sortir de l’UE car c’est un levier du néolibéralisme...

Aussi je crois sincèrement que sortir unilatéralement de l’UE sans que la piste de la désobéissance (qui produit un certain consensus à gauche, au moins au FdG et qui n’enlève rien à notre potentiel de résistance) ai été suffisamment explorée serait une insulte et un déni de solidarité envers ces peuples.
D’abord, cette piste est loin de faire consensus. Un sondage de l’année dernière montre que 40% des sympathisants FdG sont pour sortir de l’UE. Encore faudrait il avoir un vrai débat sur le sujet. Ce débat n’a jamais eu lieu. Notamment parce que les directions du FdG et notamment celle du PCF, notoirement impliqué dans la direction du PGE directement financé par la Commission Européenne pour défendre la construction européenne, parce que certains ne veulent pas remettre en cause leurs alliances avec le PS... Ce n’est pas faute pour le PRCF d’avoir proposé de participer à ce débat

Ensuite, et puisque vous parlez de désobéissance, il faut appeler un chat un chat. Le traité de Rome contient déjà l’objectif de stabilité des prix (principe économique de l’orthodoxie budgétaire permettant de faire pression sur les salaires) qui est aujourd’hui défendu par une BCE totalement indépendante des peuples mais sous la coupe directe et totale de l’oligarchie financière (à l’image de la Banque de France des 200 familles d’avant guerre). Dans ces conditions, si vous voulez désobéir - et il le faudrait pour appliquer le programme du FdG - il faudra désobéir à tout. A tous les traités. Cela ca s’appelle sortir de l’UE. Il serait bien plus cohérent, crédible, compréhensible et donc convaincant de dire comme le fait le PRCF, sortie de l’UE par la porte de gauche, celle notamment de la reconstruction immédiate de coopération internationnale respectant la souveraineté des peuples et l’intérets des travailleurs. Qui plus, de nombreux intellectuels, G Gastaud, Nikonnof, Sapir, Lordon, Todd, ont maintes fois prouvé que si d’aventure un pouvoir de gauche arrivait au pouvoir en France, immédiatement les attaques financières contre lui le contraindrait soit à se soumettre à l’UE et la BCE (qui n’en doutons pas les orchestrera) soit à sortir de l’UE pour ne plus avoir les mains liées....

Enfin, le PRCF n’est pas dogmatique. Il avait d’ailleurs fait une proposition en la matière au FdG, à l’attention du candidat Mélenchon, restée lettre morte. Celle de prendre l’engagement qu’il était pret à sortir de l’UE, si à court terme la réorientation de l’UE est impossible.

J’en termine par quelques images : croire que l’on peut changer l’UE, c’est croire que l’on peut rendre un crocodile végétarien.
Croire que l’on peut changer en "désobéissant" à l’UE, c’est comme vouloir combattre le conducteur d’un un tank en se couchant devant, en disant, le tank n’est pas mon ennemi, mon ennemi c’est le conducteur. Le tank c’est l’UE et l’euro, le conducteur c’est la classe capitaliste. Etre dans la réalité s’est casser le tank !

http://www.initiative-communiste.fr
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10/04/2014 09:52 par Arthurin

@ placide

Non, ni l’accumulation de capital, ni l’exploitation capitaliste ne sont quelques choses de naturel. C’est un phénomène social qui n’a rien d’immuable.

Je ne parle pas du capitalisme stricto sensu, mais du capitalisme néo-libéral et je n’ai pas prétendu qu’il était immuable.

Un état de nature nous précède, en découle des structures sociétales, dont le capitalisme néo-libéral est l’incarnation, que ça nous plaise ou pas, c’est une réalité (ça devient carrément évident quand on la passe au prisme du darwinisme, il n’y a pas que Marx dans la vie). Cette notion est d’ailleurs très importante pour la gauche puisque c’est ce qui nous permettra d’affirmer que ce système et condamné à répliquer les injustices sociales ad vitam aeternam puisqu’il n’a aucune vocation à dépasser cet état de nature.

Et ces conquêtes, elles n’ont pas été arrachées au réel.

La remarque est caduque, il n’existe rien d’autre que le réel.

Cette réalité, c’est également qu’il n’existe pas encore de peuple européen.

Larousse : Ensemble de personnes vivant en société sur un même territoire et unies par des liens culturels, des institutions politiques. (Le peuple est, avec le territoire et l’organisation politique, l’un des trois éléments constitutifs de l’État.)
La notion politique est secondaire pour caractériser le peuple, nous pouvons donc distinguer le peuple européen, comme de bien entendu.

Il suffit de voir actuellement la censure absolue dont sont victime les eurocritiques de gauches. Tel le PRCF

Faut dire que vous êtes pas du tout binaires, je considère que vous êtes des euronégationnistes.

Quant au consentement implicite du peuple, c’est tout simplement faux. En 2005, le peuple a voté NON

C’est quoi qui n’est pas clair dans « dans le rapport de force il ne suffit pas de dire non, surtout qu’en face ils s’en foutent bien de ce qu’on peut dire » exactement ?

ce que vous dites est tout aussi stupide que de dire que le peuple serait responsable de la collaboration.

Vous atteignez les points Godwin au PRCF, vous faites peur…. Bref, Tu crois que j’ai oublié qu’il n’y a eu que 10 12% de résistants ? Les autres ils faisaient quoi ? Ça implique au moins une responsabilité partielle, même si indirecte, faut pas se voiler la face ; de la même façon que nous sommes responsables maintenant vis-à-vis de l’UE.

Pour le reste, je n’ai rien à y redire.

10/04/2014 17:11 par placide

@ arthurin

Je note dans votre réponse :
- très peu de contre arguments
- une distinction entre capitalisme et capitalisme néo libéral qui n’a pas de sens : dès le 19e siècle existait un capitalisme mondialisé... qui a déjà été étudié alors...
- un analogie avec le darwinisme plus que capilotracté : ce sont les institutions que vous défendez - notamment l’UE - qui permettent à une toute petite minorité de confisquer le pouvoir, pas des avantages sélectifs d’aucune sorte.
- une justification de la censure qui vise le PRCF au prétexte que vous n’êtes pas d’accord avec lui. Bel esprit !
- et pour finir, vu votre position je conçois parfaitement que très logiquement vous vous sentiez responsable de l’UE telle qu’elle est puisque vous la soutenez de fait. Mais de grâce n’en rendez pas responsables vos concitoyens qui eux résistent à ce monstre capitaliste de plus en plus dictatorial !

Je vous laisse l’entière responsabilité de traiter les français de responsable de la collaboration. Mais je vous conseille de vous cultiver un peu. Lisez donc de Munich à Vichy, Les banquiers et la collaboration, Le choix de la défaites d’annie lacroix riz. Je pense que votre point de vue va évoluer.

Bien cordialement

10/04/2014 19:11 par Arthurin

@ Placide

- J’ai contre argumenté chaque point sur lesquels nous sommes foncièrement en désaccord.
- Je distingue ce qu’il y a a distinguer, capitalisme et libéralisme ne sont pas la même chose.
- Il n’ s’agit pas d’analogie (je n’aurai pas la prétention de dire qu’il s’agit d’une analyse non plus), simplement d’utiliser les outils qui semblent pertinents pour comprendre la situation.
- Je ne justifie pas cette censure, ne suis-je pas là à répondre à tes arguments ?
- Je me sens solidaire des peuples d’Europe, oui, et je rappellerai à chacun les responsabilités qui sont les nôtres.

En dépit de mon ignorance (et de ma relative jeunesse) je ne crains pas la confrontation des idées et j’espère bien que tout ceci nous fera progresser.

Fraternellement.

10/04/2014 22:18 par Julien

Un boycott qui concerne des produits mis en vente peut avoir une incidence commerciale. En d’autres termes un con-sommateur lambda peut CHOISIR quel région ou pays il privilégie au détriment de ceux qu’il... boycotte. Autrefois, l’Afrique de l’apartheid, contre lequel a lutté Nelson Mandela, en a été un exemple.

Un "boycott" d’élections ne peut pas avoir de conséquences commerciales (directes !).

Celui-ci s’appelle plus couramment "abstention", qu’elle soit passive, active ou même revendicante, et est en augmentation dans les "démocraties" dites "occidentales"

Se soucient de "boycott" les Français qui n’ont pas admis que leur NON à une constitution européenne soit remis en cause, et on les comprend, par le changement de constitution qu’ont voté en congrès (alliance des deux chambres) les élus des Français. (Pour mémoire, ’quelqu’un’ était en tête, pour le PS, des partisans du NON et cela ne l’a pas empêché de voter OUI au changement de constitution et à l’invalidation de son premier NON !)

Se préoccupent d’abstention aussi les Français qui voudraient bien s’affranchir d’une Union Européenne copiée sur les USA et vassale des USA, où ils n’ont que si peu leur mot à dire. Ils tablent sans doute sur la "conscience morale" d’élus qui sont censés "rendre leur tablier" en s’apercevant qu’ils ont été élus avec un si fort taux d’abstention que c’en est "indécent" ? Ils tiennent à leurs rêves d’une Europe telle qu’elle leur a été décrite par les médias pour mieux cacher l’UE ?

Se préoccupent enfin d’abstention les Français qui, on se demande pourquoi, font une dichotomie tranchée entre voter et militer.

En France, le taux de participation aux élections européennes, qui était de 60,7 % en 1979 a chuté progressivement de 20% jusqu’à atteindre 40,67% en 2009 - soit 59,35 % d’abstentions ou de "boycott"

Or, si les Français se désintéressent de l’Union Européenne (et vont à la pêche), celle-ci continuera à "s’intéresser" à eux, une fois les "scrupules" électoraux aussi vite déplorés qu’étouffés par la presse, car :

1. Un grand nombre d’élus sera forcément de droite, si ce n’est "non-inscrit" (c’est dans ce groupe politique au parlement européen que se situe... le Front National), puisque c’est "la gauche" qui prône l’abstention ou le "boycott".
2. Faire confiance à la "conscience morale" d’élus de droite est un pari à haut risque. A moins que le mot "moral" signifie pour la majorité d’entre eux "porte-feuille" - et dans ce cas les électeurs et les élus, bien qu’ils utilisent le même mot, ne parlent pas de la même chose.
3. Les élus de gauche sont ce qu’ils sont et, de plus, le parlement européen ne leur laisse pas grand-chose à dire. Cependant, ils peuvent ne pas accepter les "directives" (lois) qu’a concoctées pour eux, avec amour soyons en sûrs, en toute transparence soyons en également certains, la Commission européenne, non élue comme eux au suffrage universel - mais que, tout de même, ils élisent
4. Si la France avait élu un gouvernement un tant soit peu anti-libéral ou anti-capitaliste, ça se saurait ! Or le chef de l’état est membre du Conseil européen et le Conseil (tout court) est "composé de représentants des états-membres"... etc...

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