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Travail impayé des femmes : le plus grand hold-up de l’histoire ! par Sonia Mitralias

Sonia MITRALIAS

12.5 milliards d’heures de travail par jour. Impayées ! Non assurées ! Invisibles ! Et dans des conditions dégradantes ! C’est autant d’heures que travaillent totalement gratuitement les femmes de notre planète dans ce qu’on peut, sans aucun doute, qualifier de plus grand hold-up de l’histoire !

Prenez donc le salaire horaire que vous voulez, même le plus bas et insignifiant, et multipliez-le par ces 12,5 milliards d’heures de travail impayées de travail des femmes : la somme qui résultera est plus qu’astronomique. Et ceci pour un seul jour, quand on sait que le travail impayé des femmes n’a ni jours fériés, ni durée stable, 365 jours pas an !

Le rapport annuel d’Oxfam (1) auquel est dû ce calcul du travail impayé des femmes, estime à 10.800 milliers de milliards do dollars par an la somme que devraient payer aux femmes de tout le monde ceux qui profitent de leur travail. Ou mieux, la somme qu’ils ...ne payent pas et qu’ils empochent avec comme résultat l’accroissement terrifiant des inégalités sans précédent historique, lesquelles conduisent à l’insupportable et si scandaleuse situation actuelle qui voit « 2 153 milliardaires possédant plus de richesses que 4,6 milliards de personnes, qui comptent pour 60 % de la population mondiale ». Ou encore pire, les 26 les plus riches de la planète qui détiennent autant d’argent que la moitie (50%) de l’humanité !...

Nous voici donc devant ceux qui profitent du travail impayé des femmes et qui ne sont autres que ceux qui exploitent les travailleurs et travailleuses sans débourser le moindre centime pour les entretenir ainsi que leurs familles. C’est a dire, sans payer celles qui nettoient leurs maisons, les habillent et leur cuisinent, prennent soin d’eux, les soutiennent psychologiquement, les soignent quand ils tombent malades, élèvent leurs enfants et s’occupent de leurs anciens et font les mille et un autres travaux que nécessite ce qu’on appelle... « reproduction de la force de travail » à l’époque du capitalisme triomphant ! Car si elles ne faisaient tout ça ce serait le système capitaliste lui-même qui s’effondrerait en un temps record et les profits des capitalistes qui partiraient en fumée...

Cependant attention : cette réalité déjà cauchemardesque devient encore pire quand nos gouvernants néolibéraux liquident et font disparaître ce qui reste de l’État Providence. Comme nous l’écrivions déjà en 2011 : « À travers le démantèlement ou la privatisation des services publics, l’Etat se décharge de ses obligations de protection sociale qu’il avait assumées vis-à-vis des citoyens/es pour les transférer – de nouveau – à la famille. C’est ainsi que les soins aux enfants, aux malades, aux personnes âgées et handicapées, même aux jeunes en détresse et au chômage, passent de la responsabilité de l’Etat à la famille, et ceci en plus absolument gratis ! » (2)

Et nous ajoutions : « Cependant, la notion de famille est très générale et abstraite. En réalité, et tout le monde le sait, à l’intérieur de la famille, ce sont les femmes qui portent presque exclusivement la charge –et sans qu’elles soient rémunérées pour le moins du monde- de toutes ces obligations sociales fondamentales de l’État. Alors, d’une pierre deux coups : d’un côté l’Etat néolibéral se débarrasse définitivement de ses obligations sociales déficitaires qui « creusent les déficits et donc, la dette publique », et de l’autre, il nous oblige de les assumer nous-mêmes en travaillant totalement gratuitement ! » Ce qui nous faisait constater que nous les femmes « Non seulement nous sommes condamnées à la pauvreté et à la précarité, mais en plus ils nous chargent des tâches et des travaux qui appartenaient à l’Etat, avec tout ce que ceci implique comme fatigue, stress, vieillissement prématuré, travail impayé et dépenses supplémentaires ! »

Et tout ça sous l’inévitable et – très vieux jeu – emballage « idéologique » sexiste sur « la prétendue « nature féminine » (qui) va de pair avec le traitement de la femme comme un être inférieur, dont le corps est considéré toujours disponible et sur lequel est permis de se défouler n’importe quel homme. Ce n’est donc pas un hasard que les cas de violence contre les femmes, déjà innombrables, se multiplient à l’époque du capitalisme des Mémorandums. »

Et nous concluions avec les mêmes constatations que nous faisons actuellement : « Tout ce retour en arrière, vers un passé lointain est accompagné des mesures qui visent à enlever aux femmes les quelques droits et conquêtes obtenus grâce aux luttes de ces dernières décennies. L’Alliance Sacrée du Capital et du Patriarcat abolit de fait notre droit au travail et donc, à l’indépendance économique. Elle nous contraint de nouveau à une vie sans autonomie et sans libre arbitre. Elle nous traite comme des esclaves chargées des tâches et des fonctions qu’avait jadis l’État providence, parce que c’est prétendument dans la « nature » de la femme de servir à la fois de jardin d’enfant, de maison de retraite, d’hôpital, de restaurant, de blanchisserie, d’asile psychiatrique, de cours de soutien scolaire et même d’ANPE pour les chômeurs de la famille. Et tout ça totalement gratis, sans aucune rémunération, sans la moindre reconnaissance, parce que soi-disant la femme a cela dans son sang de se « sacrifier » pour les autres avec comme résultat qu’elle n’a plus de temps libre pour souffler, pour s’occuper de sa propre personnalité, pour participer activement aux affaires publiques. »

Depuis que ces lignes ont été écrites jusqu’à aujourd’hui, pratiquement rien n’a changé dans les politiques néolibérales d’exploitation et d’asservissement des femmes. Néanmoins, quelque chose, et même quelque chose de très important, a changé chez les premières intéressées, les femmes : leur travail invisible commence à être discuté, à être contesté et dénoncé, en somme à devenir...visible. Et cela grâce à elles-mêmes, à leur mouvement qui s’étend et devient de plus en plus massif comme jamais auparavant ! Rassemblant une nouvelle vague de féministes radicales et combatives, mobilisant des centaines de milliers ou même des millions de manifestantes aux cinq continents et réussissant à organiser les premières grèves mondiales de femmes, le nouveau mouvement féministe de ces derniers ans est en train de faire l’histoire ! Depuis le Chili, l’Argentine et les États-Unis jusqu’à l’État Espagnol, le Mexique et le Brésil, cette nouvelle génération de féministes fait bien plus que faire sentir sa présence : Elle envahit l’avant-scène de notre réalité sociale et politique en ciblant le tandem du patriarcat et du capitalisme. Cependant, plus que partout ailleurs c’est dans le monde musulman et arabe que les femmes et les féministes luttent – et avec succès – aussi courageusement, démentant des stéréotypes, renversant des tabous et frappant à son cœur l’obscurantisme, le sexisme et la misogynie la plus barbare. Et c’est au Liban et en Irak et surtout au Soudan que les femmes et les féministes ne se contentent pas de participer mais vont jusqu’à prendre la tête des vraies révoltes et révolutions populaires !

C‘est donc en prenant la tête, ex-æquo avec l’immense mouvement mondial des jeunes contre la catastrophe climatique, des luttes de tous les opprimés et des victimes du système inhumain capitaliste et patriarcal, que l’actuel mouvement féministe de masse du XXIe siècle incarne les espoirs d’émancipation de l’humanité à l’heure la plus critique de son histoire !...

Notes

1. https://www.oxfam.org/en/not-all-gaps-are-created-equal-true-value-care-work

2. http://www.cadtm.org/L-urgence-d-un-mouvement-des

COMMENTAIRES  

09/03/2020 19:27 par alain harrison

Donc, les regroupements des femmes sont systématiquement dévalués et par d’autres femmes, du 1% et les 10% (tempons) et une bonne partie des femmes de la classe moyenne qui ont épousé la pensée unique. Dans les GJ, les femmes devraient s’en inquiéter.

Le nouveau paradigme économique existe, une expertise significative en a démontré la viabilité dans le cadre de l’économie dite classique dont la mutation (rétro-virus : Thatcher-Reagan et le nouveau management-dérégulation et le marché mondial démocratique selon certain libéral) dans les années 80, l’a fait passer à l’économie financière mondiale qui dicte ses lois, en prenant les peuples en otage, par les états de droit qu’il a investi. Le problème structurel n’est pas la démocratie, mais l’instrumentalisation de l’état de droit par la finance. D’ailleurs l’état de droit (style parlement anglais depuis sa fondation) a été conçu pour que les "élites" en contrôle les tenants et aboutissants et sa fonction de contrôle : des politiques dont le jeu consiste à des avancés et des recules stratégiques pour privatiser la nation, puis le monde.
Et tous les pays (la Chine n’est pas une exception) sont dans ce moule implacable. Seul la Révolution par les peuples organisé, peut inverser le sens du vent. Et la gauche, dans son ensemble, doit tout simplement accompagner l’organisation du peuple à travers la Constituante Citoyenne. Cet instrument doit aborder globalement la situation. Le Vénézuéla a deux gouvernements : Le gouvernement élu (état de droit) et l’ANC.
Donc le Venazuela peut amorcer le passage de l’état de droit à l’état Démocratique. Et l’ANC (l’Assemblé Nationale Constituante) en est la prémisse ? Puisque l’ANC semble avoir des liens avec les communes à travers le pays, quelles sont ses liens et comment le pouvoir politique est traité ?
Cuba, quels pas à faire pour que le peuple prenne le pouvoir directement ? Malgré le blocus.
Je me pose des questions, car Cuba semble prendre le virage "libéral" ?????

10/03/2020 09:19 par J.J.

....avec comme résultat qu’elle n’a plus de temps libre pour souffler, pour s’occuper de sa propre personnalité, pour participer activement aux affaires publiques.  »

Remarque pertinente : j’ai milité longtemps dans une organisation qui laissait largement aux femmes la possibilité, et même les encourageait à s’engager dans les instances dirigeantes : recrutement de femmes très difficile à notre grand regret ; celles-ci, -à mon avis- ne se sentant pas assez libres de leur temps, et culpabilisant dans la crainte sans doute de faillir à leur tâche de mère et de "ménagère".
Est-ce que je me trompe ?

10/03/2020 12:55 par Triaire

Quelque chose me gène dans votre énoncé ;Les voleurs d’en haut sont milliardaires parce qu’ils exploitent l’humanité, nous sommes d’accord la-dessus .
Les femmes doivent être payées comme les hommes à travail égal ou diplômes égaux .Mais le travail fourni en famille, à la maison n’est pas l’apanage des femmes ; beaucoup d’hommes participent aujourd’hui à parité avec nous, c’est un choix me semble t il du couple.et ce doit être un parti-pris des femmes dans une relation .
Si, pour x raisons, la femme reste au foyer, elle assume donc sa part en l’assumant .Elle n’a pas à se vendre, à se lever aux aurores, à avoir un patron ou un DRH ou un cadre sur le dos. Non ?

10/03/2020 19:17 par alain harrison

Donc le travail domestique doit être payé.

10/03/2020 22:29 par Chin-Chin

Mme Mitralias,
Je suis intellectuellement choqué et émotionnellement un poil déprimé par le contenu de votre article :
LA JEUNESSE :
C’est tellement plus facile, en terme d’argumentation, de projeter sur les générations à venir, cad sur un avenir inconnu et inconnaissable par tous et par définition (vous incluse), que de regarder la réalité d’aujourd’hui sans verres filtrants. Comme je le constate quotidiennement, résidant tout prêt d’une auto-école, les jeunes (que vous rêvez ultra-sensibles au dérèglement climatique) se précipitent pour préparer leur permis de conduire à dix-huit ans, un jour, une heure (exactement comme leurs parents). Ils n’envisagent pas de vivre sans voiture, c’est-à-dire au moment où l’on se parle, de se détourner des moteurs à essence ou diesel. La majorité des « jeunes » consomment des produits américains, films, jeux, hamburgers. D’autres, non moins consommateurs, influencés par d’autres sphères capitalistes, consomment des hamburgers végétariens qu’ils consomment avec leurs potes et potesses chez… Mc Do). Les garçons bandent pour des filles « sexy » et les jeunes filles font tout leur possible pour l’être, tee-shirts largement au-dessus du nombril, vêtements lacérés pour mettre en valeur leur (jeune) peau et leurs (jeunes) formes féminines, robes et shorts ultra-moulants au moindre rayon de soleil. Maquillage à donf. Les clips video mettent tout ça en scène sans ambiguïté. Et quand on leur en parle, les jeunes trouvent les discours féministes ringards, exceptées certaines jeunes filles, qui mettent tout ça de côté au cas où ça pourrait servir plus tard, c’est-à-dire trop tard. Leur intérêt essentiel se révèle être la contraception, c’est-à-dire pouvoir baiser sans risque (elles ont raison) mais hum, hum… où est l’émancipation de type révolutionnaire ? Moins de 10% des jeunes s’inquiètent réellement du rapport souvent disproportionné entre hommes/femmes. Les 90 autres pour cent attendent que ce soit l’autre qui fasse le boulot, exactement comme le font leurs aînés pour tous les problèmes d’injustice qui touchent nos sociétés. Nul doute par ailleurs que la majorité des jeunes sera convaincue des bienfaits des « décisions » adoptées par la convention citoyenne sur le climat. Les profs de SVT auront fait leur boulot d’instruction idéologique comme ils le font par ailleurs. (Mai 68, c’est loin, très loin !).
EXTRAIT : RTL EN LIGNE, ANALYSE DES RESULTATS DES ELECTIONS EUROPEENES, TITRE : « « « La jeunesse se mobilise pour l’écologie » » »
« « « Et la jeunesse dans tout ça ? On les disait désintéressés par les élections européennes mais les sondeurs se sont trompés. Les jeunes se sont mobilisés et ils ont joué la carte verte. 22% des 18/24 « « « ans ont choisi le bulletin d’Europe Écologie-Les Verts, ce qui permet au parti de Yannick Jadot de culminer à 13,47%, proche de leur score historique d’il y a dix ans, Olivier Bost. » » »
Mon commentaire : 22 % des 18/24 ans, soit 78 % qui se sont abstenus ou ont voté Macron, Le Pen (nombreux) etc… Putain mais c’est le Grand soir, auteure de l’article.
Je passe sur les 13,47 % de Jadot dans une élection où l’on sait depuis longtemps que les gens se lâchent parce qu’ils ne considèrent pas « les européennes » comme des élections « sérieuses ». Cons qu’ils sont, les électeurs, qu’on dirait des animaux qu’on envoie à l’abattoir industrio-libéral. Jeunes cons, vieux cons : la main dans la main pour avaler les sornettes de la classe politicienne dont Jadot fait intégralement partie.
LES FEMMES : Vous mettez dans le même panier, Mme Mitralias les femmes combatives d’amérique du sud - qui le sont parce que ces peuples sont combatifs en tout - et « les femmes », notamment occidentales, qui n’ont rien à voir avec ça (étant aussi désabusées que leurs compères masculins), et régressent joyeusement comme j’ai pu le constater à de très nombreuses reprises depuis les années 80. Comme d’habitude, une génération a chassé l’autre.
Extrait de « ELLE » EN LIGNE, le MAGAZINE DES FEMMES "EMANCIPEES". Enquête sociologique. Ça fait rire de citer un article du magasine ELLE ! Sauf qu’en l’occurrence, ça ressemble beaucoup à la réalité qu’on peut constater par soi-même.
Le lien : https://www.elle.fr/Societe/Les-enquetes/Quand-Superwoman-rentre-a-la-maison-740939
Elles ne veulent pas que le travail passe avant tout et privilégient leur vie privée, leur famille et leur équilibre. Retour en arrière ou révolution ? Enquête. Par Dorothée Werner et Nathalie Dupuis.
Prenez une actrice de 23 ans (Léa Seydoux). Que comprend-on en lisant son portrait dans la presse (1) ? Que cette jeune femme moderne, élevée par une mère émancipée, se revendique « très maternelle », rêve de faire quatre enfants et reproche plus à Brigitte Bardot de ne pas s’être occupée de son fils que ses idées politiques. Prenez une chanteuse libérée, collectionneuse d’amants. Elle se marie avec le président de la République, et répète à l’envi « mon mari, mon mari, mon mari » avec un bonheur démonstratif de femme soumise. Sa cote de popularité explose. Prenez encore les enquêtes sur les valeurs des jeunes : celle menée par la Fondation pour l’innovation politique en janvier dernier montrait que la vie de famille, l’amour et la fidélité étaient les seules valeurs sûres des 16-29 ans dans un monde vécu comme hostile. Au point qu’on ne compte plus chez les filles les plus diplômées celles qui choisissent de lâcher leur boulot « à haut potentiel » pour élever tranquillou leur progéniture (2), ou qui se mettent à mi-temps, refusent une promotion ou acceptent un emploi sous-dimensionné pour ne pas passer leur vie au bureau. Prenez enfin le constat consterné du Planning familial qui assiste médusé à une défiance nouvelle des jeunes femmes vis-à-vis de la pilule, dont les ventes baissent année après année (moins deux millions de plaquettes entre 2003 et 2006)... Mais que se passe-t-il ?
(1) « Libération » du 12 septembre 2008. (2) ELLE du 11 avril 2005, « Diplômées et mères au foyer, les femmes rentrent-elles à la maison ? ».

.............................. etc….

III --- LES VICTIMES DE L’OPPRESSION CAPITALISTE :
Là, je trouve juste dégueulasse de mettre dans le même panier les jeunes occidentaux compato-climatiques à 22 %, les femmes « en général » comme si Anne Lauvergeon et Agnès Buzynn n’étaient pas également des femmes, et les victimes de l’oppression du libéralisme que vous ajoutez à la fin comme une caution morale pour la photo de groupe. Or, les victimes du libéralisme, ce sont des femmes, des hommes, des jeunes, des gens ayant atteint la maturité, des gens âgés et des vieillards (et vieillardes). Ils n’ont ni sexe ni âge.
Ce ne sont pas des exhortations généralistes/génériques qui vont y changer quelque chose. Bien au contraire vous apportez encore plus de confusion dans un monde qui est déjà bien compliqué sans lui apporter la moindre solution à ses problèmes, sinon encore un peu plus de haine vis-à-vis de l’Autre (en l’occurrence ce que serait d’après vous l’homme dans le couple). Le lyrisme c’est pour la poésie (et encore faut aimer ce genre de poésie), pas pour le vrai monde.

11/03/2020 09:40 par Assimbonanga

Ne pas oublier de très belles exceptions : Pénélope Fillon. Mais bon, la pauvre, si ça se trouve, elle ne gérait même pas le compte-joint matrimonial...

11/03/2020 10:11 par Triaire

Non, le travail domestique ne doit pas être payé, mais partagé, c’est du domaine du privé.

11/03/2020 10:33 par Assimbonanga

LA JEUNESSE ! Et si on parlait des nouvelles générations de médecins généralistes ? Ici en campagne, c’est bien simple : ils font 8h-12h et 14h-18h sur rendez-vous uniquement et ils ne travaillent pas le mercredi ni le samedi. Débrouillez-vous les gens si vous voulez mener vos gosses en consult !
Mais il y a plus, pour lutter contre le désert médical : exonération à 100% de l’impôt sur le bénéfice durant 5 ans puis dégressivité pendant 3 ans, exonération de la contribution foncière des entreprises.

11/03/2020 19:04 par alain harrison

Après l’analyse critique de Chin-Chin (merci).
11/03/2020 à 10:11 par Triaire
Non, le travail domestique ne doit pas être payé, mais partagé, c’est du domaine du privé.
Bien.
Mais faudrait bien en arriver à rappeler que des critiques pour critiquer (même constructive), si on ne parle pas en lien des solutions ou du moins un questionnement (même bref) sur des solutions, nous n’aidons pas à véritablement informer, ou favoriser des prises de conscience versus « « il n’y a pas d’alternative » ». Oui, il y a des expériences, des expertises pour une alternative possible et viable.
Ceux qui en ont contre la pédagogie, privent le peuple d’un outil d’éveil si bien utilisé. Car la pédagogie c’est quoi ?
La pédagogie désigne l’art de transmettre une compétence. Le terme rassemble les méthodes et pratiques d’enseignement requises pour transmettre un savoir, un savoir-faire ou un savoir-être. Wikipédia

Ici, il s’agit de transmettre la compétence de sortir de la confusion et de prendre conscience que oui, nous pouvons construire une alternative, l’Histoire en contient le potentiel : les Lumières-Révolution Française, ce tournant de l’Histoire et qui revient à la France. Mais cesser de le trahir est devenu un impératif de tous les instants pour combattre le flux incessant de la pensée unique capitaliste.
Mais sans solutions articulé adéquatement, la critique risque d’être un outil qui mène à l’ennui et à la stérilité, et non à avoir envie de participer au changement selon ses talents et moyens.

Une critique constructive

11/03/2020 22:14 par Chin-Chin

@ Alain Harrison

Brièvement, parce que je suis fatigué ce soir. Les solutions existent mais dépendent entièrement des peuples.
En matière économique par exemple, les peuples ont en réalité toutes les cartes en main ! Surprenant ?! Oui si l’on se laisse embarquer/manipuler/influencer par le discours contestataire "dominant", surajouté - bien qu’en apparence opposé - au discours ultra-libéral dominant sauf que... les dominants réels en tirent profit, eux. Pourquoi j’ose un tel parallèle ? Parce que, d’une part, les peuples, par leur travail - sont les rouages essentiels des systèmes de production/croissance et parce que, d’autre part, ils sont les premiers et plus importants consommateurs en terme de bénéfices pour les entreprises/croissance. Parce qu’ils ont - chacun le sait - des besoins à satisfaire incontournables comme se nourrir, se loger, se soigner, élever ses enfants etc... et d’autres moins prioritaires mais totalement légitimes comme se distraire, se faire plaisir etc... Les peuples règnent sans le savoir/en avoir conscience sur la production et la consommation, ce qui, pour l’essentiel, suffit pour une économie saine dans un système d’économie réelle. Le reste, c’est grosso modo (faut aller vite, il est déjà tard !) l’économie virtuelle, celle dont nous pouvons nous passer du jour au lendemain. Mais les peuples l’ignorent ou ne souhaitent pas le savoir ! Pas de désir réel, pas de réalité. Les problématiques posées au genre humain ne viennent pas de l’homme plus que de la femme. Les violences faites aux femmes existent, la machisme culturel existe, une certaine forme de différenciation salariale existe (celle qu’on nous présente est biaisée dans la mesure où elle exclue sans cesse de ses revendications (entre autres choses qui méritéraient d’être commentées, cad affinées), la part des femmes "niveau-cadre" (dans le public comme dans le privé) qui sont en nombre important et gagnent bien plus que la cohorte des smicards femmes et hommes confondus égaux devant le même statut, le smic (une misère pour un pays riche comme la france). De ces femmes-là, riches et privilégiées qui ont "femmes" de ménage, nurses et jardiniers, de toutes les femmes qui profitent du système, il n’est jamais question (excepté - hasard oblige - dans l’article de la chroniqueuse colombienne dont j’ai oublié le nom. Qu’elle veuille bien m’excuser, j’ai la tête farcie comme un nem !). C’est pas raccord. Les solutions : la première de toutes, arrêter de se mentir, dire et décrire la Réalité telle qu’elle Est. Je ne suis pas destructif, je démolis les discours fallacieux qui parasitent le potentiel réel des solutions applicables dès maintenant. L’économie : arrêter le paiement de la dette (pas de chaos sur l’économie réelle), reprendre le contrôle de la monnaie, privilégier les coopératives aux entreprises individuelles, accepter un temps de transition "capitaliste" (grincement de dents assurée) incontournable ; les violences faites aux femmes, les féminicides ? Eduquer les jeunes hommes et .... les jeunes femmes qui ne connaissent pas la mécanique inconsciente (en grande partie) de leurs désirs. C’est prioritaire désormais dans une société (la nôtre, occidentale) qui s’est émancipée de l’essentiel du système patriarcal (quoiqu’en dise Mitralias). Sinon, que l’on m’explique pourquoi les femmes des années 70 étaient plus émancipées que celles des années 2000 ? Les femens, c’est du spectacle, c’est glauque, plein d’égo mal placé, de militantisme-spectacle, contre-productif. Il faut entrer au coeur du Désir, là où tout se passe. Les jeunes : qu’on les laisse vivre leur jeunesse dans un monde qu’ils n’ont pas choisi. Qu’on cesse de projeter sur eux et de les charger de tous les désirs, voeux pieux et autres carambouillages/cafouillages intellectuels qu’on a pas été capables de réaliser avant eux. Ils sont comme nous, perdus sur une nano-planète, individualistes avant tout, aussi paresseux à changer le monde que leurs parents et grand-parents. N’ai-je pas toujours entendu dire, depuis que je suis né (générations après générations), qu’il faut profiter de la vie, ne pas se prendre la tête, être cool, vivre avec son temps, penser à soi, et à sa famille, ne pas risquer l’aventure, etc etc... ? Ben alors, ne nous plaignons pas, nous avons le monde que nous construisons, génération après génération. Pourquoi prétendre que nous voulons le changer si, même en terme de militantisme, nous courons au pouvoir en troupes dispersées (à chacun sa chapelle et ses sacrements), les uns contre les autres, comme des poules qui se bagarrent pour des grains de maïs ? Certain(e)s - question de sensibilité - préférent incriminer les hommes/machisme/gros salauds, les autres le capitalisme, d’autres encore l’alimentation ; on s’attaque aux vieux cons - censés faire barrage à l’avènement du nouveau monde (un peu comme macron en politique-fiction), on s’écharpe, on se ment, on s’insulte, personne n’est responsable. Le problème, c’est l’Autre. Voilà ma première proposition de changement : devenir enfin... des êtres humains. Le reste, c’est du bla-bla sans aucun impact ni avenir dans le monde réel. Désolé d’avoir à la fois fait court et long ! Il y a tellement de choses à dire, à affiner, à remettre dans l’ordre et à leur place. Une vraie vie de bagnard ! Cdt.

11/03/2020 22:32 par Chin-Chin

@ Alain H.

Un bref (!) ajout à mon commentaire précédent : sérier/diviser les hommes et les femmes en catégories spécifiques, comme le ferait une étude sociologique, est un non-sens tant les différences internes sont grandes (parfois extrêmes) entre les hommes et les hommes, et les femmes et les femmes. Voilà quelque chose qu’il faudra changer pour être constructifs, dans ce domaine-là comme dans tous les autres. Bon, je vais dormir. Demain sera un autre jour !
Cordialement,
CC

12/03/2020 02:31 par alain harrison

Bien.
Passerons-nous un jour à faire la liste des solutions et marquer leur importance les unes par rapport aux autres. Et d’abord quelle est l’urgence pour justement satisfaire
Chin-Chin« « Le problème, c’est l’Autre. Voilà ma première proposition de changement : devenir enfin... des êtres humains. Le reste, c’est du bla-bla sans aucun impact ni avenir dans le monde réel. » »

Devenir enfin des êtres humains.
On ne naît pas humain on le devient en vivant. Nous avons tellement d’exemples d’i-humain : ceux qui éborgnent et pas de problème. Un infime exemple parmi les atrocités passés et en ce moment.

Le développement humain est complexe n’est ce pas.
Je suggère ce paragraphe p 74 -75 (D. Rapoport) du livre Naître et ensuite
Je ne peux pas faire de capture du paragraphe.
https://les-cahiers-du-nn.weebly.com/uploads/3/5/3/5/3535814/na%C3%AEtre_et_ensuite_-_ensemble_du_livre.pdf

Heureusement, la très grande majorité est suffisamment humaine pour que le monde soit viable. Avec une bonne pédagogie dans un cadre de changement qu’une majorité forte verrait comme acceptable (un consensus), il serait possible de faire un pas important dans ce sens, d’actualiser notre humanité avec discernement : Donner la vie n’est pas un acte médical mais naturel er d’accompagnement selon. Le Boyer l’a démontré. 9000 naissances en prenant l’enfant par les chevilles, question sécurité pour ne pas l’échapper. 1000 naissances sans violences. Une anecdote, 1000 naissances dans les mêmes conditions avec, même, des mères qu’il n’a pas suivie, étant de garde.

L’idée de devenir des êtres humains, n’est pas une idée de PUB (lire le paragraphe indiqué). Pour changer ce système en monde viable, il faut beaucoup de changements essentiels sans recours à des procédés déjà vue. La pédagogie, faits à l’appui, est la voie.

Pour Jaurès....... Pour Le Boyer.......

12/03/2020 19:06 par alain harrison

« « « sérier/diviser les hommes et les femmes en catégories spécifiques, comme le ferait une étude sociologique, est un non-sens tant les différences internes sont grandes (parfois extrêmes) entre les hommes et les hommes, et les femmes et les femmes. » » »

Et bien justement, l’étude sociologique nous permet de réaliser ces différences (le su et le non su, Korzybski).
Nous ne ferons rien de bons dans l’ignorance de la complexité de la vie, de la société, des cultures et de leur différence et de leur ressemblance. La pédagogie a son rôle dans justement expliquer cela et le lien psychologique qui est un construit sur le plan culturel (connaissance et ignorance) et psychologique (mes peurs, mes habitudes...) le changement est affaire de la génération suivante, alors soyons attentifs à préparer le terrain sur lequel s’épanouira cette génération et les prochaines.
Chez une nation amérindienne : on réfléchissait sur les effets, jusqu’à la 7e génération, d’un changement important dans l’ordre de la tradition (dans mes mots).
La sociologie,la psychologie sociale sont des études qui ont leur rôle pour un changement réel. En temps utile.
Il y ale court terme, le moyen terme et le long terme.
La Révolution doit être au fait du temps. Le temps est notre ressource vitale. Donc, soyons assurés des bons pas à faire.
Et, dégommer ce gouvernement néo-libéral est justement le pas qui est crucial pour savoir si nous nous dirigeons vers la révolution ou pas. Imaginez la force du l’UNION que cela va prendre, pour faire reculer le système policier qui c’est développé sous les présidents valets de l’UE. L’UE, pour la changer, il faut la déconstruire, pays par pays. Mais il faut commencer quelque part. L’internationalisme socialiste passe nécessairement par effet domino, et le temps ce cette prise de conscience est un travail de tous les instants. Évaluer la solution et la mettre en place, cela demande d’en montrer les bienfaits.

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