Syrie : la guerre des mots et des images

Vous ne le saviez sans doute pas. Et pour cause. Dans ce pays-là , il y a eu 250.000 disparitions forcées en 20 ans dont 34.467 entre 2005 et 2010. Dans une seule fosse commune située près d’une caserne militaire, pas moins de 2000 corps ont été retrouvés. Des opposants politiques ont été donnés en pâture aux caïmans, des rebelles jetés vivants dans des fours crématoires, des syndicalistes éliminés par milliers, des villages bombardés par l'aviation, des jeunes ramassés dans la rue, emmenés en forêt, exécutés puis habillés par leurs assassins en combattants pour faire croire qu’ils ont été tués lors d’accrochages militaires, des militants des droits de l’homme dénonçant la barbarie abattus en pleine rue, des bourreaux du peuple bénéficiant de l’impunité, près de 600.000 personnes déplacées entre 2010 et 2011. Nous avons là toutes les caractéristiques d’une dictature qui assassine son peuple. Et pourtant, ce régime-là n’est jamais décrit comme tel par nos médias. Normal, c’est l’État colombien, enfant gâté de Washington, Paris et Tel Aviv. En somme, un régime ami…

Pour savoir si nos médias sont réellement libres comme ils le prétendent, rient de tel que de comparer le traitement médiatique des conflits qui déchirent la Colombie, État aligné au « monde libre » et la Syrie, vilain petit canard de l’axe du Mal.

Quand les médias occidentaux parlent de la Syrie, le mot « chabbiha » désignant les forces civiles loyalistes revient en boucle. Les chabbiha sont accusés de crimes barbares pour le compte de Damas.

Mais avez-vous seulement entendu parler des Autodéfenses unies (AUC), des « Bacrim » ou de la Force Oméga qui sévissent quotidiennement en Colombie ?

Dans les médias occidentaux, il est interdit de parler de « révolution » et d’insurrection populaire en Colombie.

En revanche, les chirurgiens esthétiques de TF1, RTL ou France 24 travaillent d’arrache-pied pour relooker les djihadistes à l’oeuvre en Syrie en zapatistes fleur bleue.

En Colombie, les centaines de milliers de paysans pauvres, d’indigènes qui sont engagés à des degrés divers dans la résistance armée n’auraient rien à voir avec le peuple.

En revanche, l’insurrection anti-baassiste serait la « révolution » de « tout un peuple » et ce, malgré l’existence de millions de citoyens syriens qui expriment une hostilité farouche envers l’opposition et une loyauté sans faille envers le gouvernement.

Notre presse qualifie la révolution colombienne de « terrorisme », de « gang », de « maffia » ou encore de « narco-guérilla ». Elle est pourtant plus émancipée et moins dépravée que la prétendue « révolution syrienne », cette malheureuse courtisane enfermée dans le harem des rois du Golfe.

Marie Delcas, correspondante du quotidien Le Monde (30 mai 2012) titrait : « La menace des FARC plane toujours ».

Imaginez-vous un seul instant que l’Armée syrienne libre soit considérée comme une menace ?

Lorsque la dictature colombienne commet des crimes, elle est toujours excusée. Dans le cas du régime terroriste de Bogotá, il n’y a ni indignation, ni sanction, ni résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, ni menace d’intervention militaire, ni campagne de sensibilisation en faveur des victimes de la dictature, ni discussion sur l’armement des rebelles, ni fourniture de « matériel non létal ».

Ne vous risquez surtout pas à défendre les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), principal mouvement de résistance contre le régime de Bogotá, vous finiriez derrière les barreaux pour apologie du terrorisme et pire encore, excommuniés par l’Inquisition bobo pour blasphème idéologique voire hérésie stalinienne.

Par contre, défendre les égorgeurs, les dépeceurs, les pillards, les génocidaires d’Al Nosra ou de l’ASL qui massacrent le peuple syrien avec l’aide de la CIA, des monarchies obscurantistes du Golfe et des gouvernements européens n’ayant pas plus d’estime pour leur propre peuple que pour le peuple syrien, ça c’est humaniste.

Si vous parlez de résolution politique du conflit en Colombie, vous serez soupçonné de sympathie envers les FARC parce que « l’on ne négocie par avec des terroristes ». Et si vous parlez de résolution politique du conflit en Syrie, vous serez soupçonné de sympathie envers le président Assad parce que « l’on ne négocie pas avec des dictateurs ».

Last but not least, les victimes de la répression du régime syrien ont droit à toutes les larmes et c’est légitime. Mais jamais les victimes du régime colombien. Eux n’ont ni voix, ni rêve, ni visage.

Vous avez dit conditionnement idéologique ?

Vous avez dit indignation sélective ?

COMMENTAIRES  

29/03/2013 08:12 par Nomanches

Et que dire d’autre "exemple" de pays democratique, le Mexique ? Quand finalement les chiffres reels de notre carnage seront connus, ceux de la Colombie feront pale figure. Le cas Florence Cassez n’a donné qu’un apercu de ce qu’est cet "etat de Droit", consideré partenaire respectueux de droits de l’homme par la UE. Sous le nouveau gouvernement, assassinats, kidnappings, traffic d’immigrés et repressión deguisée en "lutte contre le crime organisé" se pursuivent de plus belle. Mais pour la presse du "monde Libre" tout a changé, le Mexique, paradis des touristes et investisseurs n’est qu’a quelques pas du bonneur absolu. Pas etonnat que plein de nigauds qui gobent ces mensonges ont du mal a encaisser l’horreur qui les accueille s’ils osent sortir des grands hotels et sites touristiques hyper-surveillés, ou l’on tait systematiquement toutes ces histoires d’executions et corps torturés puis dépecés et abandonnés un peu partout en sachets plastiques...

29/03/2013 19:31 par njama

@ Nomanches
Le Mexique est un État fédéral de 31 Etats + le district fédéral de Mexico. C’est un pays immense, 4 fois et demi la France, pour même pas 2 fois la pop. de la France. Les questions d’insécurité sont souvent très locales, celles de banditisme toujours liées à différents trafics et leurs filières (drogues, prostitution, immigration clandestine dont certains profitent), et délinquance (vol, racket, ...) dans les grandes métropoles comme dans tous les quartiers pauvres des grandes métropole, et dans certains lieux très touristiques. C’est un pays où l’on peut voyager très tranquillement comme je l’ai fait pdt plusieurs semaines. Ici la presse sur le continent européen tend à nous présenter ce pays presque comme un coupe-gorge, ce n’est pas du tout le cas. Les mexicains sont très affables, cool, assez bon enfant au tempérament joyeux, bcp sont très pieux - le Mexique est encore très catholique -, et eux-mêmes vous préviennent des "coins" à éviter. Le métro à Paris est bien plus stressant que celui de Mexico.
Le rapport avec la Syrie, c’est que la Presse a souvent donné une très mauvaise image du régime syrien, et de la Syrie. Héritage de la Guerre froide, partenariat avec la Russie ? Rançon peut-être de son implication au Liban pdt des années ? de son soutien au Hezbollah, aux palestiniens, ou/et de son refus d’inféodation aux pays dits alignés ? et que le parti Baas est socialiste (pétrole nationalisé, éducation gratuite, écoles et universités, hôpitaux publics ...) Or sur place, ce n’était pas l’impression que j’en ai eu en 2009. J’ai adoré la Syrie, c’était un pays calme, paisible, pas de dettes, une bonne croissance économique, pas ou très peu de chômage ... et les syriens sont charmants, très conviviaux et très fiers de leur pays. Le sentiment national y est très fort. Je n’ai que des bons souvenirs de la Syrie, nulle part je me suis senti en insécurité, et le chaos qui a été orchestré contre lui me fend le coeur. C’est très injuste, ce n’était pas la dictature horrible que les Journaux nous ont déballée. Certes, côté liberté d’expression ... avec toutes les implications démocratiques que cela suppose, peut faire mieux, on ne va pas dire que c’était un bon élève, mais on peut comprendre que dans le contexte régional sous tension depuis des décennies, le régime syrien faisait preuve de (trop ?) de zèle pour ne pas être déstabilisé. Mais si comme critère on retient la liberté d’expression, au Maroc ce n’est pas mieux.

29/03/2013 21:21 par njama

La guerre des mots ...
Les mots de la guerre, et les maux de la guerre ! Toujours les premiers précédent les seconds. Idées de sédition, appels à la violence, à fournir des armes ...

Un cas très récent dans la Presse :
Le Journal jssnews.com publié le 24 mars 2013, annonce :
Bachar el Assad aurait été tué par un garde du corps… (médias arabes)
"Selon le média arabe www.eltira.org, Bachar el Assad aurait bien été gravement blessé par balles ..."

qui plus est "par son garde du corps iranien" (ah bon, Bachar ne fait pas confiance aux syriens ?)

L’info passe comme une lettre à la Poste, et c’est le buzzz sur plein de médias "Bachar est mort" ... et Fabius se gratte le crâne en se demandant si c’est du lard ou du cochon.

J’ai même lu que "L’« information » partie d’un site qatari a ensuite été relayée par des journalistes arabes ..."

SAUF QUE (et les recherches m’ont pris peu de temps) effectivement eltira.org est EN langue arabe. Mais eltira.org n’est pas un site « arabe », mais un site israélien.

L’article annonçant la mort de Bachar publié le 24 mars :
http://www.eltira.org/Neweltirasite/art.php?id=35527

si vous voulez une traduction, copiez le lien, et mettez-le dans votre « moteur de recherche » -Google, Yahoo, ... - comme s’il s’agissait d’une occurrence de mots pour une recherche. l’article se trouve dans l’affichage des résultats (en première ligne pour Google ... dont je me sers). Puis, cliquez sur « traduire cette page ». Faites de même avec l’occurrence « eltira.org » ... puis après affichage des résultats > Cliquez sur « traduire cette page ».

Tira (Arabic : الطـّيرة"Ž al-Tira, Hebrew : טִירָה)) est une ville israélienne.
http://en.wikipedia.org/wiki/Tira,_Israel

La source de cette rumeur de la mort de Bachar Al-Assad provient donc de deux sources israéliennes : eltira.org et jssnews

Si Fabius souhaite avoir confirmation sur cette rumeur, voilà où il peut se renseigner ... pas la peine de chercher au Qatar, ou dans les Emirats !

La question que l’on peut naturellement se poser dans cette enquête, c’est de savoir si « eltira.org » a servi de « false-flag » source « arabe » à jssnews.com ? la guerre se fait aussi par médias interposés !

Et quand on parcourt eltira.org, tout petit média Web local, d’une ville majoritairement peuplée d’israéliens arabes (voir Wiki) on imagine mal que ses quelques rédacteurs locaux balancent un tel SCOOP dont on ne pourrait ignorer qu’il aurait des retombées internationales ! les articles et vidéos d’eltira.org montrent des écoliers, des sorties de classe, dont une à "Mini-Israël" (près de tel-Aviv), des événements locaux, dont par exemple la construction d’un rond-point dont le budget s’élève à plus de 12 millions de shekels (monnaie israélienne).

mais le mal est fait ... la rumeur fait son oeuvre ...
A la fois peut-être pour déstabiliser les syriens patriotes, et pour ranger au placard Bachar Al-Assad, le temps de Doha (26-27 mars) où la Ligue arabe vient de se réunir en offrant - ô scandale - le siège de la Syrie à l’opposition syrienne !

"Réagissant à cela, Damas a tiré à boulets rouges contre la Ligue arabe et le Qatar pour avoir, selon le journal officiel As-Saoura de lundi, "accordé le siège volé à la Syrie à des brigands et à des voyous" . La presse officielle syrienne a qualifié hier de "vol" la décision de la Ligue arabe d’octroyer le siège de la Syrie à l’opposition. "Ce vol commis par l’émirat du Qatar et d’autres collaborateurs, ainsi que par d’autres régimes arabes traîtres, en accordant à la coalition sponsorisée par Doha le siège de la Syrie à la Ligue arabe, est un crime du point de vue légal, politique et moral" , assure le quotidien pro-gouvernemental Techrine. "L’État syrien, sous la direction de Bachar al-Assad, existe toujours pleinement à travers son peuple, son armée, ses institutions, ses services, ses autorités législative, exécutive et judiciaire" , ajoute le quotidien. "Honte à vous, frères arabes, réunis dans la Ligue des loups" , renchérit l’organe du parti au pouvoir Al-Baas. "
http://www.liberte-algerie.com/international/le-sommet-arabe-a-l-heure-de-doha-le-qatar-reussit-a-octroyer-un-siege-a-l-opposition-syrienne-196880

En attendant la suite de cette saga guerrière puisque de Doha n’est sorti aucune possibilité de dialogue, Bachar Al-Assad a sollicité l’aide des BRICS réuni à Durban, en Afrique du sud. Bachar Al-Assad n’a pas que des ennemis.

29/03/2013 22:10 par njama

@ Nomanches
Petite explication sur le cas de Florence Cassez ... dont les médias n’ont pas parlé ou si peu.
Certes il y a des trucs pas clairs dans cette instruction, et un vice de forme dans la procédure d’arrestation a permis de la libérer (tant mieux pour elle). Quel était son degré de complicité ? Était-elle complice ? laissons-lui la présomption d’innocence. Le système juridique mexicain est apparenté au système anglo-saxon, les peines se cumulent en fonction des chefs d’inculpation et charges retenues. Ce qui explique cette lourde peine (60 ans), totalement incompréhensible en France, mais commune aux US (DSK en risquait 70 ans - Madoff s’est pris 150 ans). Pour faire face aux cas de kidnappings, d’enfants ou de personnes, la plupart du temps contre rançon, qui devenaient un peu trop fréquents, la justice mexicaine s’est vraiment "durcie". On ne plaisante plus là -bas sur ce genre de cas qui commençait à ne plus être "exceptionnel".

30/03/2013 05:57 par Nomanches

@Njema
Je ne voulait pas effrayer les touristes, anciens ou potentiels (on a encore besoin de leur argent !) Merci pour les compliments sur mes compatriotes, lequels je partage, d’ailleurs. Il n’est nulle question d’une quelconque "mechanceté" propre aux mexicains. Quant a la violence "localisée", je vous invite a consulter les statistiques plus récentes, qui contredisent cet argument apaise-touristes scandé a tour de bras par nos authorités et qui me donne des nausées, pour dire le moins. Plus de cent mille morts (chiffres officiels) en 6 ans, des milliers (personne ne sait combien...) des disparus, récord de journalistes assassinés, récord des feminicides, etc. ne me semblent pas les signes de la seule violence normale des grandes villes. Et ces chiffres me semblent bien en deca de la realité. Actuellement une grande partie nord du pays vit sous la terreur permanente des enlevements, viols, executions, racket et batailles a la kalash et lance-roquette entre cartels de plus en plus armés et nombreux (merci NRA, DEA, FBI, etc). Les authorités ne rapportent plus ces faits et ce sont les habitants de Tamaulipas, Zacatecas, Nuevo León, Chihuahua qui se tiennent informés a travers les réseaux sociaux, histoire d’eviter les bastons. Meme le comptage de cadavres ne se fait plus. Je l’affirme parce que je le vois sur place et je dois piocher l’info avec efforts et non par l’effet de quelques notes sensationnalistes des grandes médias, européens ou d’ailleurs. Des villes comme CD. Juárez ont vu fuir des centaines (des milliers ?) de familles, laissant des quartiers entiers abandonnés...ceux qu’on eu les moyens vous les rétrouverez a Miami, Houston, San Antonio et MacAllen, au Texas,. Vous pouvez leur poser la question a propos de combien pacifique ils trouvent le pays qu’ils on du fuir. Le commercants on eté les premiers, saignés a blanc par le racket des cartels. Et cette pratique est courante en plein de régions, y compris certains quartiers de mexico city. Je connais de ces gens qui ont du rennoncer a leur échoppe, leurs ateliers ou petits magasins. Oui, les touristes ne voient pas tout cela, et c’est peut etre mieux comme ca...ils ne sont pas la pour ca, non plus.

30/03/2013 15:15 par njama

Merci Nomamches pour toutes ces précisions (ma fille vit dans le Coahuila).
Pour recoller un peu à l’article, il faut donc faire la part des choses entre banditisme et violences politiques étatiques dont les mécènes sont aussi discrets, mais tout aussi mafieux. Je n’ignore pas ces violences politiques au Mexique, au moins pour le coin du Chiapas, j’ai entendu tant de bien del obispo de los indigenas, le magnifique Don Samuel Ruiz alias "el tatic" qui nous a quitté, et de son adjoint Raul Vera muté à Saltillo, où il a reçu des menaces de mort, ...et aussi que les syndicats à qui on mène la vie dure ...

Pour en revenir à la Syrie (ce n’est pas que Bahar Kimyongur ne soit pas intéressé aussi par le Mexique), la source des violences n’est pas du banditisme en Syrie [quoique la guerre en a produit en conséquences], mais bel et bien de la violence orchestrée et sponsorisée politiquement par des États. On parle d’armer les rebelles, mais depuis déjà longtemps il disposent d’armement lourds, de manufactures d’armes clandestines ... ce qui suppose toute une logistique, des réseaux, des complicités à tous les niveaux, et qu’il y a eu beaucoup de préméditations derrière ce "faux printemps arabe", qui n’a strictement rien d’une révolution. Cette rébellion n’a aucun programme politique, hormis renverser Bachar Al-Assad, et démanteler la Syrie république laïque ..., faire une république islamique de ce qu’il en resterait, suivant l’Accord de Doha de novembre 2012.
http://www.silviacattori.net/article3947.html

Pour tout ce qui est armement à destination de la Syrie ce Blog fournit beaucoup d’excellentes informations :
Brown Moses Blog
Croatian Weapons Arrive In Homs
http://brown-moses.blogspot.fr/2013/03/croatian-weapons-arrive-in-homs.html

30/03/2013 17:20 par Nomanches

@Njama
Merci aussi pour les infos sur la Syrie. Quant au Mexique, j’allais vous conseiller de visionner le documentaire "Sicario, Room 146", produit par Arte (bloqué, non diffusé et difficile a obtenir ici...), mais il est "fort" et pas vraiement du genre rassurant, surtout si vous avez de la famille ici. De ce coté de l’Atlantique, il est difficile d’entendre autre chose que le discours "officiel" sur la Syrie. Les gens qui s’y interessent, ne font que répetér la rangaine du "cruel dictateur qui massacre son peuple" et les vaillants "defenseurs de la liberté" qui essayent de le renverser. Curieusement, dernierement la presse ne parle plus du "dictateur", mais du "président" Assad, comme si, pas tres convaincus du coup, ils avaient recu des consignes de "modération", histoire peut-etre de ne pas apparaitre trop comme promoteurs d’un nouveau pays dominé par l’islamisme radical. J’hesite meme a appeler ca des journalistes, car ils n’agissent que sur consigne, et sont plutot des porte-parole du discours officiel, des pros de la desinformation. Havre de repos de toute cet ordure, je ne saurais jamais trop remercier LGS pour leur travail et pour le simple fait d’exister.

31/03/2013 00:14 par njama

"Sicario, Room 146", je l’ai trouvé sur YouTube, je l’ai enregistré. Merci.
en français : http://www.dailymotion.com/video/xmusg4_el-sicario-chambre-164-confessions-d-un-tueur-des-cartels-vostfr-1-2_news#.UVdXSTd8PYM
en espagnol : http://www.youtube.com/watch?v=Qc3E4pjUSts
"De ce coté de l’Atlantique, il est difficile d’entendre autre chose que le discours "officiel" sur la Syrie."

Ici aussi, sauf sur des sites alternatifs. A Bruxelles, lors d’une conférence récente où d’ailleurs était Bahar Kimyongur, un journaliste flamand expliquait qu’un de ses articles n’avait pas plu à quelqu’un d’important, et que depuis ce Journal lui refusait tous ses articles. La censure opère comme cela, sournoisement, sans éclat, en silence, et si on ne va pas dans le sens du poil ... Aux US, c’est pareil, l’AIPAC fiche tous les journalistes, traque les "contrariants"et "reportages considérés comme déviants", et même scénario, toutes les rédactions refuseront leurs piges, et plus qu’à changer de métier pour vivre ! Voir (de 2:30 à 3:25)
L’incontournable INFLUENCE DU LOBBY SIONISTE AIPAC ET DES CHRÉTIENS SIONISTES DANS L’ÉLECTION : http://www.youtube.com/watch?v=jCf7OfKqBXY&feature=player_embedded
Donc entre un État autoritaire qui malmène ses journalistes, qui restreint drastiquement la liberté d’expression, de la Presse, de l’Édition, et un autre ou soi-disant "libre" où soi-disant on peut tout dire, quelle différence ? seules les méthodes changent, la coercition ne s’exerce pas de la même façon, mais au final un peu le même résultat. Si une info "récalcitrante" passe ici, la masse d’informations étant telle, qu’elle n’est presque pas visible et audible, parce que en grande partie noyée dans la quantité ... Côté liberté d’expression on peut critiquer la Syrie, (et tant d’autres pays) mais dans la Turquie voisine c’est bien pire. Et en Arabie Saoudite, n’en parlons pas !
Je lis beaucoup d’âneries sur la Syrie, la Presse nous parle de querelles confessionnelles, mais c’est complétement faux, la religion n’est pas un problème là -bas, sauf depuis l’arrivée de ces fous salafo-wahhabites et des "frères musulmans". Les chrétiens sont là depuis 2000 ans, cohabitent avec l’islam depuis presque 14 siècles, cela ne pose problème à aucun syrien à qui il ne viendrait pas à l’esprit de remettre en cause cette "arabité" commune. Comme au Liban, on ne demande pas la religion des gens, on n’en parle pas, non pas que l’on ne peut pas, mais on le fait avec des personnes avec lesquelles on se sent en affinités, et si on sent qu’on peut le faire. Chacun respecte les croyances des autres. Curés et imams prient ensemble parfois.
De là à dire que ce pays est parfait,non, mais lequel l’est ? La Syrie n’est pas un pays d’arriérés, loin de là , un taux d’alphabétisation de plus de 90 %, beaucoup de jeunes filles à l’Université. Au contraire, traditions et modernité s’entrelaçaient bien je trouve, de façon même très surprenante vue par un européen.
Combien de journalistes ignorent cela ? combien ont mis un pied en Syrie ? Mon neveu y a passé 4 ans, il a étudié l’arabe dès son arrivée, et le parlait couramment. Il a parcouru la Syrie dans tous les sens, et avait des amis un peu partout, dont une famille de bédouins au bord de l’Euphrate. Ce pays lui a plu énormément, il y vivait comme un poisson dans l’eau, et y serait peut-être encore si au début de l’été 2011, l’AEFE (l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger) qui dépend du ministère des affaires étrangères - et non pas du ministère de l’Education nationale - sans trop d’explications (situation qui pourrait être dangereuse ... ) n’a renouvelé aucun poste en Syrie ... (alors qu’il ne se passait encore rien à Alep à l’époque).
Voilà , et maintenant quelques hordes de fous sèment le chaos depuis deux ans ...

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