Raul Castro défend le modèle de Parti Unique

DIVERS

Le leader Cubain a mis en garde contre l’impérialisme lors de la Conférence du Parti Communiste Cubain.

30 Janvier 2012 - La Conférence Nationale des Communistes Cubains s’est terminée hier par une confirmation du système de parti unique qui règne sur l’île depuis quasi un demi-siècle. Le premier secrétaire du Parti Communiste Cubain, Raul Castro, a assuré que s’ouvrir à un régime pluripartiste signifierait rendre légaux les groupes politiques de l’impérialisme, en référence aux groupes d’opposition internes auxquels les Etats-Unis apportent appui politique et financier.

« Si nous avons choisi souverainement, avec la participation et l’appui de la population, l’option d’un parti unique, ce qui nous tient à coeur c’est de promouvoir la meilleure démocratie dans notre pays, en commençant par donner l’exemple à l’intérieur du Parti », a assuré Castro. Ce qui suppose, selon le Secrétaire, « installer un climat de confiance maximum et créer les conditions requises à tous les niveaux pour le plus vaste et le plus sincère échange d’opinions. Aussi bien au sein de l’organisation que dans ses liens avec les travailleurs et la population. »

(…) Il a dit aussi :

- Le mandat du président n’excédera pas 10 ans. La force du Parti Communiste Cubain est morale et non pas juridique, c’est pourquoi l’exemple donné par ses militants est si important.

- Raul Castro a reconnu que certains de ceux qui étaient impliqués dans des affaires de corruption étaient membres du Parti, utilisant « cette appartenance pour se faire des places dans les structures de direction. » Castro a certifié que la corruption est un ennemi plus dangereux que les Etats-Unis et que ce sera la tâche de tous les militants que de la combattre, ajoutant que « c’est le devoir de chaque citoyen ou citoyenne, militant ou pas. » (…)

- Le modèle cubain restera socialiste et ressemblera beaucoup à celui du Vietnam, fondé sur l’ouverture économique à différentes formes de propriété et de production dans un système à parti unique approuvé par la Conférence Nationale.

Assurément, le processus de réformes va s’accélérer, parce que le soutien au nouveau modèle reçu de la base du Parti réduira drastiquement le pouvoir des immobilistes.

Source : http://www.aporrea.org/actualidad/n197745.html

COMMENTAIRES  

01/02/2012 12:16 par Lucky Luke

Contra injerencia précise :

Le Premier Secrétaire a prévenu qu’ils « se faisaient des illusions ceux qui se disaient que la Conférence marquerait le début de la déconstruction du système politique et social conquis par la Révolution », que « renoncer au principe d’un Parti Unique équivaudrait simplement à légaliser les partis de l’Impérialisme sur le sol de la patrie et à sacrifier l’arme stratégique de l’unité des Cubains qui a fait une réalité de leurs rêves d’indépendance et de justice sociale pour lesquels ont lutté tant de générations de patriotes, depuis Hatuey jusqu’à Céspedes, Martà­ et Fidel.

Il a ajouté que « sans le moindre manque de considération à l’égard d’autres pays ayant un système pluripartiste », à Cuba, « nous défendons le système de Parti Unique face au jeu de la démagogie et de la marchandisation de la politique. »

http://www.contrainjerencia.com/?p=37264&utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+contrainjerencia%2FjvtA+%28CONTRAINJERENCIA%29

NB : La victoire stratégique existe maintenant en français sous le titre Les chemins de la victoire

07/02/2012 10:08 par AnarKO

En même temps c’est facile de dire ça.
Moi aussi je peux dire : "Je sais ce qui est bien pour vous. Ne vous souciez pas de ce qui existe ailleurs. Donner votre avis par le moyen d’élection est inutile puisque moi seul sait ce qui est bon pour vous."

C’est en fait un royaume qui se transmets entre frères pour le moment et demain ?

Il est vrai cependant, que l’arrivée de partis tels que ceux que l’on a en France n’arrangerait en rien la vie des Cubains. Au contraire, ils risqueraient de perdre leur identité et leur pays serait vendu aux puissances impérialistes.

Mais n’est-ce pas aux cubains de le décider ?

J’ai l’impression d’entendre De Gaulle le patriarche là .

07/02/2012 11:59 par Dominique

Contrairement à De Gaulle ou à n’importe lequel de nos politiciens qui sont choisis par des partis et élus à la proportionnelle, les élus cubains y compris les frères Castro sont choisit à la majorité absolue par des assemblées populaires. Le passage par les urnes devient un plébiscite des décisions prises par la population lors de ces assemblées. Ce système est valable pour tous les niveaux de la politique cubaine jusqu’à l’élection du parlement. Après, c’est comme en Suisse, les parlementaires élisent entre eux les ministres et le chef de l’état.

Mais contrairement à nos régimes, le parlement cubain réunit les pouvoirs législatifs et exécutifs. Cela implique qu’un ministre cubain ou le chef de l’état cubain a moins de pouvoir que nos ministres et chefs d’état car ils doivent tous rendre des comptes au parlement de l’àŽle. Et comme tout politicien cubain, ils sont révocables en tout temps en cas de manquement à leurs devoirs.

Le système politique cubain est très différent du nôtre. Malgré de nombreuses lectures et 3 visites dans l’àŽle, je ne prétend pas avoir tout compris. Mais je dois constater qu’il fonctionne, et que par certains cotés, il est plus démocratique que nos systèmes pluripartistes. Mes voyages dans l’àŽle m’ont aussi montré que l’immense majorité des cubains, y compris ceux qui ont eut à souffrir des mauvais aspects de ce système, sont très fiers de ce qu’accomplit leur pays, et qu’entre le capitalisme ou corriger leur système, ils choisissent sans hésiter de corriger les erreurs de leur système.

Il faut mettre cette Conférence Nationale des Communistes Cubains dans ce contexte de correction des erreurs du système politique cubain. Il fait suite à l’adoption d’un ambitieux programme de réformes par le dernier congrès du parti communiste de l’àŽle. Ce programme fut mis au point non pas, comme cela aurait été le cas chez nous, par les seuls politiciens cubains, mais par une large consultation populaire. Toute la population cubaine fut invitée à discuter le contenu de ces réformes et à émettre des propositions. Ces propositions, parfois émises par une seule personne, furent toutes discutées par l’ensemble de la population dans un processus récursif de propositions-discussions. Le programme adopté fut le résultat de ce processus récursif.

Ces réformes visent plusieurs buts principaux, entre autres remédier aux mal-fonctionnements du système politique et de la société à commencer par l’élimination progressive de la corruption, élever le niveau de vie de l’ensemble de la population, assurer l’auto-suffisance alimentaire de l’àŽle. Dans ce contexte, le processus législatif a culminé avec l’adoption de ce programme de réformes par le congrès du PC cubain. Nous somme maintenant dans la phase exécutive, il s’agit de réaliser ces réformes, ceci malgré les agressions continuelles et le blocus des USA, et c’est dans ce contexte que s’inscrit cette déclaration de Raul Castro.

07/02/2012 12:41 par anonyme

Ce n’est pas facile, au contraire. Car tous les Cubains ont été appelés à débattre des lignes directrices du parti lors du VI ° congrès du parti communiste Cubain, soutenu par 50c parti cimmunistes du monde entier, en mai 2011. Le soutien et l’appui des Cubains est indismensable au maintien de sa lutte plus que cinquantenaire contre « le monstre » (José Marti).

Raul et son frère Fidel ne sont pas les « dictateurs » ou autocrates que nous présentent les médias capitalistes à longueur de temps.

Voici l’introduction de Raul Castro à ce congrès de 2011 : http://www.granma.cu/frances/index.html

Et, par exemple, le témoignage du Brésilien Frei Betto en 2011 : (La Révolution cubaine, critique sur elle-même, va de l’avant-> La Révolution cubaine, critique sur elle-même, va de l’avant], adepte de la « théologie de la libération ».

Frei Betto dit, entre autres :

 » La distinction rigide qui s’appliquait en Europe entre classe bourgeoise et classe ouvrière, ne s’appliquait pas en Amérique Latine. La lutte, ici, a lieu entre ceux qui luttent pour la justice et ceux qui tentent de maintenir l’injustice. Tout ne s’explique pas par l’origine de classe. Si tous les pauvres avaient été révolutionnaires, il n’y aurait pas de capitalisme en Amérique Latine. »

« Ceux qui naissent dans une nation socialiste, ne naissent pas nécessairement socialistes. Tout bébé est un capitaliste exemplaire : il ne pense qu’à lui ! .

Le socialisme est le nom politique de l’amour. Et l’amour est une production culturelle. »

Il est naturel de chercher des références dans ce qui est connu, et tout le monde le fait, mais … De Gaulle n’était pas communiste, ou alors il le cachait bien !

Par ailleurs le discours complet de Raul Castro est publié par Le Grand Soir ici

07/02/2012 16:46 par anonyme
07/02/2012 22:14 par Jacques-François Bonaldi

Que c’est lassant d’entendre encore et encore le même argument : c’est aux Cubains d’en décider ! Rassurez-vous, les Cubains décident par des biais bien différents des règles du jeu instaurées depuis des siècles par les bourgeoisies europénnes. A commencer par la discussion publique de toutes les grandes lois (notamment, les articles de la Constitution de 1976, adoptée ensuite par référendum), en passant par les grandes orientations politiques et économiques des années 90 quand il fallut prendre des mesures draconiennes pour sauver le pays et modifier certaines données du fonctionnement de l’économie (Période spéciale), et en finissant par les toutes dernières : la discussion dans des centaines de milliers de réunions et par des millions de Cubains des Orientations de la politique économique et sociale du parti et de la Révolution, en vue du 6e Congrès du Parti. Rassurez-vous, les Cubains décident.

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