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Rap français : soft power du lumpen

Antoine-JRCF

A l’heure où le rap est devenu le style musical le plus écouté en France, où la variété des styles embrasse toutes les influences, toutes les sociologies, il devient difficile de se souvenir, quand on écoute les plus gros succès du moment, qui ont des qualités, mais dont on peut difficilement juger les textes, puisqu’il faudrait qu’ils en aient, que ce style musical hautement contestataire né dans les quartiers pauvres du Bronx est d’abord le fait culturel de la classe qui l’a engendré et continue à le porter partiellement : le Lumpenprolétariat.

Le Lumpenprolétariat, c’est ce corps social mal défini, esquissé de diverses manières par Marx et Engels dans divers ouvrages, qui ne forme pas une classe à proprement parler mais plutôt une non-classe, c’est-à-dire un milieu social caractérisé par un mouvement de déclassement. Dont les membres sont, pour des raisons très diverses, exclus du circuit économique légal, condamnés à l’errance et aux circuits parallèles, et se retrouvent, par exemple, criminels, mendiants, prostitués, etc. Les capacités d’organisation en collectivité sont rendues grandement difficiles du fait de l’éclatement des relations sociales par la prédation des uns et des autres engendrée par la misère et la nécessité. C’est de ces conditions de vie auto et hétéro-destructrices qu’est né le rap, art musical en guerre, parfois contre les autres, les plus faibles, les moins chanceux, parfois contre la société, l’Etat, les injustices, la misère, et la bonne morale petit bourgeoise enkystée dans son autocomplaisance. Hautement contradictoire, il est parfois hésitant entre sa tendance, assez opportune pour le capitalisme, à privilégier la prédation des autres, où l’on trouvera des penchants à la justification de l’enrichissement égoïste, de la violence gratuite, le sexisme, l’homophobie, et sa tendance, beaucoup plus contrariante pour la classe dirigeante, à pointer du doigt le système qui est la cause de cet éclatement social et de ce naufrage collectif : la dictature de la bourgeoisie, son bras armé policio-judiciaire raciste, et son impérialisme cannibale et hypocrite.

Depuis ces dix dernières années, le rap s’est partiellement détaché de sa classe d’origine. Ce n’est pas forcément un mal : je suis ravi de voir que cet art, autrefois enclavé, est sorti de sa marginalité (n’est-ce pas le rêve caché de tout marginal ?), mais il fût un temps où cet art était la chasse gardée de sa classe. Je vous parle d’une période avant l’éclatement de Sexion d’Assaut, où Soprano hésitait entre la colombe et le corbeau (1) (avant de finalement devenir coach (2)), où Diam’s sortait sa boulette (3), La Fouine parlait de ceux qui prenaient du ferme (4) , NTM et IAM se disputaient le haut du panier, sous le regard sage du daron Oxmo, une période qui commence dans les années 90 avec MC Solaar, et finit autour des années 2010 probablement avec Orelsan. Même lorsqu’on est un petit "babtou de campagne", difficile de répondre aux sirènes du rassemblement national quand on a écouté les morceaux Lettre à la République (5) ou Noir Désir (6). Au milieu de sons qu’on appelait alors « ego trip », comme ce que pouvaient proposer Lunatic ou Alpha 5 20, on trouvait des sons hautement conscients qui synthétisaient assez brillamment le paysage politique vu depuis les classes dominées comme dans Visions chaotiques (7) , des dénonciations des déterminismes sociaux qui nous conditionnent dans Produit de mon environnement (8) , ou de véritables cours d’histoire des luttes antiracistes et anticoloniales comme dans Portraits Chinois (9) .

La démocratisation du rap, comme l’entrée dans le jeu électoral pour un parti, nécessite des conformations qui le rendent acceptable pour la classe dirigeante. Loin d’avoir disparu, les MC qui portaient la voix de cette classe en sont parfois sortis par l’enrichissement, d’où l’artificialité manifeste des textes de certains, ou ont simplement subi une mise à l’écart relative, persistant dans les canaux médiatiques alternatifs lorsque les plus édulcorés prenaient l’autoroute des médias dominants qui leur était soudainement ouverte.

Mais je serais malhonnête si je prétendais que le rap a totalement échappé au Lumpenprolétariat : celui-ci est toujours propriétaire des locaux. En guise d’exemple, comment parler du sujet du rap français en 2023 et de son lien avec le Lumpenprolétariat sans parler de PNL ? Habitués à la marginalité, à vivre en vase clos, ces deux frères ont su, grâce à un subtil mélange d’authenticité et de morceaux hautement travaillés, fidéliser une large communauté et à se passer totalement des médias qu’ils méprisent (« j’aurais pu passer dans vos reportages de chiens » (10) ) pour une promotion tout aussi efficace sinon meilleure via leurs seuls réseaux sociaux. Les deux rappeurs parlent sans détour d’eux-mêmes, de leur vie, de la haine liée à la misère dans Le monde Chico (11) , de leur ascension grisante dans Dans la légende (12) , puis de leur rapport plus apaisé à leurs racines dans Deux frères (13) , de leur repli vers leurs proches pour se protéger de la violence du monde, de la nécessité de servir la drogue jour et nuit pour espérer sortir du hall d’immeuble, du toît triste où Adémo, enfant seul (Je sais que c’est toi (14) ), allait se recueillir. Sans être directement contestataire, ils pointent toujours les circonstances matérielles qui les ont contraints dans leurs choix à vivre par la violence et la haine, sans jamais éteindre complètement cette humanité qui les porte (« parfois je voudrais sauver la Terre, parfois je voudrais la voir brûler » (15) ). Seule une écriture profondément ancrée dans le concret de la vie sociale peut dessiner aussi justement le rapport dialectique des deux frères à leurs émotions, à leurs mondes intérieur et extérieur, à leur duo, comme un exemple, un témoignage de l’existence dans ce milieu en satellite autour de l’économie formelle qu’est le Lumpenprolétariat.

Loin d’avoir été broyé par la machine commerciale du capitalisme du divertissement, qui préfère promouvoir les artistes les plus cyniques et anthropophages, qui sont paradoxalement les moins dangereux, le Lumpenprolétariat est toujours bien présent, toujours influent. Alors que l’industrie du disque fait tout pour rendre hégémoniques les rappeurs les moins politisés, elle ne peut que se résoudre au silence lorsque Moha raconte l’Algérie 50 ans plus tard (16) , que Kalash Criminel rappelle Sankara 40 ans après (17) , qu’Alpha Wann accuse l’ONU et les US (18) , que PNL affiche son soutien à Gaza (19) , que Hayce Lemsi y dénonce les crimes de guerre (20) . Alors que les contradictions du capitalisme deviennent de plus en plus ingérables, que les jeunes ont de plus en plus les crocs, les Lumpenprolétaires apportent depuis les bas-fonds et contre ce putain de système, des morceaux lance-flamme à la jeunesse, qui l’enc* (21) .

1 Soprano, 2011, La colombe et le corbeau.

2 Soprano feat. Vincenzo, 2018, “Coach”, de Phoenix.

3 Diam’s, 2006, “La boulette (génération nan nan)”, de Dans ma bulle.

4 La Fouine, 2009, “Du ferme”, de Mes repères

5 Kery James, 2012, “Lettre à la République”, de 92.2012

6 Youssoupha, 2012, “Noir Désir”, de Noir Désir

7 Sniper, 2003, “Visions chaotiques”, de Gravé dans la roche

8 Mac Tyer, 2008, “Produit de mon environnement”, de D’où je viens

9 Médine, 2008, “Portrait Chinois”, de Arabian Panther

10 PNL, 2016, “Tu sais pas”, de Dans la légende

11 PNL, 2015, Le monde Chico

12 PNL, 2016, Dans la légende

13 PNL, 2019, Deux frères

14 Oxmo Puccino, 1998, “L’enfant seul”, de Opéra Puccino

15 PNL, 2016, “Jusqu’au dernier gramme”, de Dans la légende

16 Moha la Squale, 2018, “5 juillet 1962”, de Bendero

17 Kalash Criminel, 2016, “Sauvagerie 2”, de R.A.S

18 Alpha Wann feat. Nekfeu, 2016, “aaa”, de Don dada Mixtape vol 1

19 PNL, 2023, ”Gaza”, de Gaza

20 Hayce Lemsi, 2023, “crimes de guerre”, de crimes de guerre

21 Sniper feat. Joey Starr, 2006, “Brule”, de Trait pour trait

 http://jrcf.over-blog.org/2024/02/culture/debats-rap-francais-soft-power-du-lumpen.html

COMMENTAIRES  

09/02/2024 10:56 par françois gerard

Le rap, ce n’est pas ma tasse de thé, mais ça existe. Ce texte a le mérite de préciser dans quelle situation politique il a émergé et se développe. Bravo à cet auteur, membre des JRCF pour m’avoir permis de mieux comprendre de quoi il s’agit

09/02/2024 14:23 par taliondachille

En tant que compositeur, j’aime à dire que le rap est à la musique ce que le squatter est à la maçonnerie...

09/02/2024 16:39 par Perriot

Cher ami,
Vous faites un contre sens total sur le rap français et son rapport à la politique.
Le rap est au départ un style musical assez pauvre mais où des paroles nécéssairement sans importance (car improvisées et scandées de manière spontanée) sont rimées selon un rythme ("flow") particulier permettant à des individualités issues du sous-prolétariat des getthos américains dépourvus d’accès à l’éducation musicale de s’exprimer artistiquement. C’est la période la plus intérréssante.
Importée en France, cette musique loin d’être en quoi que ce soit "contrariante pour la classe dirigeante" a au contraire étée utilisée jusqu’à la lie comme vecteur de pseudo "conscientisation politique des jeunes" par l’alliance objective du culuro-mondain (Jean-Paul Gauthier habille NTM pour leur premier clip et son attaché de presse Franck Chevallier est leur manager) et du politico-médiatique (Jack Lang, M6). Fausse conscience en réalité, importée au forceps dans les quartiers populaires (où elle n’a pas pris spontanément contrairement au mythe entretenu d’une correspondance avec les getthos américains) et courroie de transmission de l’idéologie dominante de l’époque (années 80-90) : critique gauchiste et anti-étatiste de l’école et de la police, dénonciation systématique du racisme "petit blanc" (en fait du prolo à l’usine qui délocalise ou du français moyen en voie de déclassement), appologie de la drogue et américanisation des raports sociaux conformément aux injonctions idéologiques du capitalisme fiancier mondialisé en voie de consolidation.

Si aujourd’hui cette phase du rap "conscient" est effectivement terminée c’est parce que le travail de décérébration de la jeunesse ayant été accompli (elle marche désormais avec Macron pour le climat !) le secteur peut être intégralement laissé à la rapacité de l’industrie du disque où il a conquis l’ensemble des marchés. Comme pour les autoroutes ou EDF : le public investit, le privé ramasse la mise !
Vous aurez surement du mal à le croire, mais c’est quelqu’un qui a apprécié le rap comme courant musical marginal (surtout dans sa période bénie 1995-98 pour le rap français) qui vous écrit ceci : respect aux rappeurs mythos assumés auteurs de fictions géniales ("Opéra Puccino") non aux analphabètes encensés par le culturo-mondain relais serviles du discours dominant (beaucoup de ceux que vous avez cité).

Perriot

PS : je ne connais pas le morceau de soutien à "Gaza" que vous mentionnez (pas ma génération) mais le silence à peu près total sur la question palestinienne de nos rappeurs français toujours prompts à fustiger "la France" ou "Marianne", a toujours été pour moi un antidote à les prendre politiquement au sérieux.

09/02/2024 16:56 par Salv

Pour les curieux j’ajouterais le groupe "La Rumeur" et son morceau "Blessé dans mon égo" qui témoigne de cette double culture parfois quasi skyzophrénique :
https://youtu.be/R0AKWWYulpA?si=LepeMvtdeH1IvVF5
Et puis "Le cuir usé d’une valise" ou "Le coffre fort ne suivra pas le corbillard" pour la qualité des samples, des thèmes ou des textes (d’Ékoué notamment, à l’origine de "Blessé dans mon égo")...
Du rap de thésards diront certains, mais du rap tout de même, sans concessions (à l’encontre des radios comme des maisons de disque ou des pouvoirs temporels), lucide, et à textes...

10/02/2024 11:51 par GE13

Le lumpenprolétariat est l’autre ennemi du prolétariat. Marx et Engels avaient dénoncé, en 1848, ces individus prêts à se vendre à la bourgeoisie, enrôlés dans les gardes mobiles, déjà !, pour massacrer les ouvriers révolutionnaires. Aujourd’hui on retrouve ce lumpenprolétariat composé de proxénètes, dealers trafiquants, néonazis, certains gendarmes, CRS, mutilant sans remords des civils. Ne pas considérer que les actes de ces anomiques (sans règles) empoisonnent la vie du populaire est une faute politique majeure qui laisse le champ libre à la démagogie des partis de l’ordre bourgeois (FN-RN en tête)

10/02/2024 13:31 par frnck

J’aime pas le rap.
J’aime pas me faire traiter de fils de pute par des islamistes exciseurs cokés.
Quand on me rentre dedans faut mettre les formes , sinon je deviens con.

10/02/2024 14:24 par CAZA

HéHé
frnck . Intéressant .
Perso j’ aime pas les cons qui , même si j’ai pourtant mis des distances , ont tendance à me cerner de près .
Le RAP semble être la dernière forme de contestation rébellion artistique , pas étonnant car généralement produite par les descendants des colonisés génocidés par les salauds d’ européens y compris ceux qui ont salopés l’ Amérique .
Pour les autres : Artistes, intellectuels, journalistes avec le peuple ? C’était hier, ça
Surtout vu depuis miami et la suisse
https://www.legrandsoir.info/les-elites-avec-nous.html

J’ aime le Rap depuis :
https://www.youtube.com/watch?v=jyT2iOhdiyY
https://www.youtube.com/watch?v=9Y2845m7EJo
https://www.youtube.com/watch?v=6MSrGrc71I0

10/02/2024 14:39 par Merlin

@Perriot
Juste pour dire que je partage son analyse à 100%, que j’aurais pu l’écrire moi même avec moins de talent.
Et que comme lui, j’ai été grand amateur de rap et du mouvement hip-hop en général dans les années 90.
Avant de comprendre, qui tirait les ficelles et surtout vers quoi il nous menait.
Aujourd’hui aux Etats-Unis, berceau du rap, faut il le préciser, les morceaux de raps les plus écoutés sont d’un inanité totale et les clips qui les accompagnent véhiculent toutes les pires idées que l’humanité puisse produire. Femme objet, déification de l’argent, consumérisme débridée, apologie de la criminalité, etc...

10/02/2024 17:14 par Xiao Pignouf

Je rejoins le commentaire de Perriot. Le problème avec cet article, c’est qu’il ne creuse pas plus loin que la surface du rap mainstream français dont on sait, à l’instar de tout style musical mainstream, qu’il a été perverti par le fric. Dommage.

11/02/2024 17:55 par cunégonde godot

Simulacre de révolte, le rap est la marchandisation (réification) du mal-être des "quartiers", ou sa folklorisation si l’on préfère...

12/02/2024 21:52 par taliondachille

Aux sources du rap, "The Last Poets"
De vraies voix pas trafiquées, de vrais instruments, pas des séquences volées à des compositeurs...
Et tout ça avant 1970

14/02/2024 21:01 par act

Caza, 99% des artistes sont (du, dans) le peuple, elles et ils galèrent plus que les salariés, souvent plus que les indépendants.
Ceux que tu vois à la TV, entends à la radio, etc, ne représentent même pas 1% des scènes artistiques réelles.
Idem pour les intellectuels, de quels "intellectuels" parles-tu en fait ? si c’est du genre BHL, ce sont juste des imposteurs.
Et ils reste d’excellent(e)s journalistes....mais pas à la TV, faut-il vraiment le préciser ?
Les pseudos "artistes, intellos et journaleux" dont tu parles, c’est le spectacle, la propagande.
C’est un des couplet favori des facho, sauf qu’une fois au pouvoir, ils font encore pire.

Pour ce qui est du rap, as-tu écouté les paroles des liens que tu postes, sauf erreur, ce "groupe" qui utilise "global Palestine prod", ne sévit que sur le web et a clairement un autre agenda que la cause palestinienne, détournée pour tenter d’avancer masqué. Tu dois pourtant être capable de faire la différence entre critique du sionisme et antisémitisme se cachant hypocritement derrière la critique du régime israélien, je cite de mémoire cet extrait du pseudo-rap dont le titre est "antisémite" : "tu aimerais parler du zyclon B de manière scientifique", dit non par dérision mais comme une position.... de manière "scientifique", sérieusement ?

Pour revenir au rap, le vrai rap, c’est ici en 1990, PE n°1 par exemple ou plus tôt encore en 1982,GMF !
Il y a aussi du bon rap en français et aujourd’hui encore mais ce que tu as posté plus haut c’est autre chose,
autant la forme que le "contenu".

15/02/2024 10:21 par CAZA

Bonjour act
C’est instructif .Depuis 20 ans je ne connais de la télé que ce qui se dit ici et plus généralement sur le Net .
<< Et ils reste d’excellent(e)s journalistes....mais pas à la TV . >> Possible mais tv ou ailleurs les journalistes sont des employés des milliardaires qui ont transformé le contre pouvoir de la presse en machine à propagande .

La propagande des tv d’ état d’ autrefois avait un avantage c’ était des" journaux télévisés de 15 mn matin et soir . La propa actuelle c’est quasi 24/24 .
Le Net permet d’ être son propre rédac en chef et de créer sa ligne éditoriale .

Au vu de la mise en coupe réglée ,par certaines chapelles ,des pouvoirs politico judiciaires je garde le fond de ma pensée sur les récupérations des luttes antiracistes par les sionistes et affiliés .
Dans notre meilleur des monde il est fortement conseillé encouragé d’ être anti arabe et islamophobe mais gare à la prison si tu critiques les coreligionnaires de l’ état nation .

Pour finir question paroles fascistes la palme c’est quand même pour ceux qui assimile des enfants à des terroristes et à des animaux humains au nombre de 9 sur 10 parait il au pays de l’ état nation du peuple juif .

19/02/2024 13:08 par Flowfly

Bien vu cet article (et les commentaires qui en ont émergés), mais bien sûr il ne faut pas mettre tout le rap dans le même panier !
Aux US comme ici, le rap underground existe toujours, autoproduit et libre avec de vrais textes et de la haute voltige en langue française, n’en déplaisent aux "frnck" qui ont l’air de découvrir le rap sur "fosse news"
Pour découvrir du rap francophone et anglophone peu connu et de bon goût je vous propose d’écouter l’émission "rap au logis" qui vaut le détour pour toutes les pépites !! jp manova se fait attendre...
https://rapaulogis.bandcamp.com/

22/02/2024 09:17 par frnck

Je découvre rien, je connais rien d’autre dans ma vie . J’aime pas me faire insulter , c’est tout.
Je viens d’un monde bien français , en effet, où le simple fait de pouvoir s’exprimer, ou simplement lire , est un privilège. Où la musique est un luxe .

Regarder des intolérants et ds tyrans , « prolétaires » ou pas , s’accaparer ces choses pour m’insulter me fait degueuler .
C’est tout.
Un court instant dans la vie j’ai cru que. Le socialisme , permettrait à tout le monde de devenir un artiste et un écrivain.
Son but , réalisé dans le rap , est en réalité de permettre à chacun de devenir un tyran .
La polysémie du monde ne s’accorde en réalité jamais avec les principes de celui qui gueule le plus fort , et à titre personnel c’est le genre de trucs qu’il vaut mieux savoir avant de m’insulter dans un micro, pour m’expliquer que c’est de ma faute si t’es pas le prince millionnaire que tu devais être ..,

Ecoutes-toi.

22/02/2024 09:53 par frnck

Les étrangers
, partout dans le monde , sont en réalité tous les mêmes :
Ils ne sont pas « blancs » pour la plupart, et sont donc à ranger dans la categorie « métèques » ou « noirs ».
Ils font du rap , parce qu’ils sont tous des descendants d’esclaves ou d’hérétiques encore non-convertis à la civilisation et aux lumières du Dieu Américain à chariots et chevaux.
Ils portent tous des survêtements en nylon , des baskets ultra-compensées et des casquettes de Base-Ball, et claquer sa paie chez Mc Do est un must.

Ils. sont tous là pour se battre , devenir les meilleurs et réussir économiquement, et ainsi devenir le représentant de la réussite possible des pauvres, avec des costumes de bougeois, des voitures très chères , de la coke et des putes blanches .

J’aime pas le rap.

Rien n’a fait plus de mal aux classes ouvrières du monde que le Rap, depuis 30 ans, et je peux donc te dire pourquoi je n’aime pas ça .

Toi, ami rappeur qui clame son « oppression », tu ne m’aimes pas , mais tu ne sais pas pourquoi.

J’essaie de te l’expliquer.

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