Obama a peur (Aporrea)

Teofilo Santaella

Pour la première fois depuis qu’il est Président des Etats-Unis, Barak Obama et son équipe ont peur. Quand le Secrétaire d’Etat, John Kerry a dit, lors d’une conférence de presse au Forum de la Coopération Economique Asie-Pacifique à Bali que " la crise du budget des Etats-Unis peut affaiblir sa position dans le monde", ses paroles reflétaient l’état de peur et d’impuissance dans lequel se trouve le Président d’origine africaine et Prix Nobel de la Paix.

Et il ajouta : "Si la situation se prolonge ou se répète, les gens pourraient douter de la volonté des Etats-Unis à maintenir le cap et de sa capacité à le faire. Mais ce n’est pas le cas et je ne pense pas que ça le sera". Le secrétaire d’Etat a qualifié de "téméraire" l’attitude des Républicains et s’est référé concrètement à certaines dépenses qui affectent directement la sécurité nationale.

Mais l’inquiétude qui envahit aussi bien Kerry que son Président est que les Chinois sont en train de capitaliser les erreurs que commettent les Nord-américains.

Le fait que la situation économique et politique s’aggrave en Amérique du Nord n’intéresse pourtant pas les Chinois pour la simple raison que les investissements que les Chinois possèdent aussi bien en bons qu’en entreprises dans ce pays sont très nombreuses.

Les Chinois n’ont rien fait pour que les Etats-Unis ne soient plus la première puissance économique mondiale et si cela se produisait comme le prévoient les analystes et les experts du sujet, ce sera parce que les Etats-Unis eux-mêmes ne peuvent plus supporter les énormes dépenses de la branche militaire.

Teofilo Santaella

http://www.aporrea.org/internacionales/a174689.html

Traduit par irisinda

COMMENTAIRES  

12/10/2013 05:05 par babelouest

Il est pourtant à craindre que le militaire soit la dernière dépense que se permette un État paranoïaque et dominateur à la fois. La faute, en partie, à une industrie de mort qui est le dernier rempart à un chômage non plus galopant, mais total.

12/10/2013 09:27 par Christophe

Obama a peur mais aura peut-être finalement mérité son prix Nobel de la paix.
La partie semble jouée : notre presse étriquée et nos médias mainstream aux ordres reconnaîtrons tardivement (comme d’habitude) que de grands évènement viennent d’avoir lieu : le coup de force Obama-Poutine-Syrie ouvre une nouvelle ère. Les américains ont perdus et la diplomatie a gagné grâce à la Russie (Poutine) et la Chine. Les jours du dollar comme monnaie de réserve sont comptés. Les américains fermeront des bases militaires dans le monde entier.
En France, après un épisode Adolf Lepen, la vraie gauche pourrait à nouveau se faire entendre.

12/10/2013 17:33 par Anonyme

Une "vraie gauche" pourrait non pas prendre le pouvoir mais s’exprimer...Comme d’habitude, quoi... Et avec les limites zabituelles.

Qui plus est qu’est-ce que serait une "vraie gauche" amputée de tous ceux que l’"épisode" Adolf Lepen aurait fait mourir ; d’une manière ou d’une autre ?

Une gauche de "Français de souche" ?

12/10/2013 18:50 par legrandsoir

en passant : merci de choisir un pseudo (et de vous y tenir).

13/10/2013 01:13 par Leo Lerouge

A mon avis, Obama n’a pas "peur" de ce qui se passe actuellement concernant le blocage irresponsable du gouvernement par les républicains : il accuse les républicains (par la voix de Kerry) de vouloir affaiblir la puissance des US dans le monde.
Il tirerait même profit de cette situation : l’attitude complètement irrationnelle et suicidaire des républicains du Tea Party lui serait, au contraire, favorable, ainsi qu’au parti démocrate, qui pourrait, ainsi se renforcer, ce qui entraînerait l’effondrement du parti républicain.

D’autre part, il aurait une possibilité de sortir de cette crise s’il le souhaitait.
En effet, le 14° amendement indique (section 4) :

"La validité de la dette publique des États-Unis, autorisée par la loi, y compris les engagements contractés pour le paiement de pensions et de primes pour services rendus lors de la répression d’insurrections ou de rébellions, ne sera pas mise en question".

Nancy Pelosi (D-Calif.), qui dirige la minorité démocrate à la chambre des représentants suggère donc de s’appuyer sur cette clause pour résoudre la bataille risquée au sein du congrès sur le plafond des emprunts que doit faire le gouvernement.
Mais Obama, brusquement pointilleux sur les textes constitutionnels, refuse cette option, disant que c’est au congrès de prendre la décision.

Pour ceux qui lisent l’anglais, je recommande cette analyse très documentée ("Ce qu’Obama a provoqué") de la présidence d’Obama et de l’évolution des Républicains, dont la politique naguère était celle que mène Obama actuellement, et dont le parti a été repris en main par les cinglés d’extrême droite du Tea Party et des libertariens, Mitt Romney ayant été le candidat le plus "clean" dans leurs rangs.

Ensuite, si la Chine lui fait peur, Obama ne reste pas tout seul dans le noir à trembler.
A peine avait-il dû renoncer à aller bombarder la Syrie qu’il envoyait, le 3 oct., son secrétaire d’état, John Kerry (grand négociateur, on l’a constaté), et son ministre de la défense, Chuck Hagel, à Tokyo pour rencontrer leurs homologues japonais, afin de conclure des accords de coopération militaire qui permettront de renforcer la présence militaire des Etats-Unis en Asie.

Les accords les plus importants comprennent :
Le stationnement de 60 pour cent des forces maritimes américaines dans la région d’ici 2020 ;
L’installation d’un nouveau système de radars anti-missile X-band ;
Le déploiement des drones de reconnaissance "Global Hawk" au Japon ;
Le retrait de 5.000 "marines" américains stationnés à Okinawa pour les redéployer à Guam, territoire américain du Pacifique ;
Le stationnement d’avions de surveillance P-8 et d’avions anti sous-marin à partir de décembre 2013 ;
Le déploiement d’ici 2017 des avions à décollage vertical F-35B en prévision d’une guerre éclair ;
etc.

L’intensification des déploiements militaires US et la collaboration avec le Japon semblent signifier qu’Obama ne compte certainement pas freiner, voire cesser, la poursuite de la conquête mondiale.

Cette fois-ci, c’est la Chine qui est directement visée (et la Corée du N), comme le prévoyait, dès 2009, le programme « pivot vers l’Asie » du gouvernement Obama.
Le rôle de la Chine en Afrique est, plus que le djihadisme et plus que l’Iran, l’obsession d’Obama, comme le dit John Pilger ici.

Alors, peur, Obama ? Il me semble plutôt qu’il n’a peur de rien.

@Christophe : vous avez lu ça dans le Journal de Mickey ?

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