Mémoire indélébile

Des réfugiés palestiniens attendent pour obtenir de la nourriture dans un camp à Amman, en Jordanie, en 1955 – Archives  
Emilia Reed (Granma)

Chaque fois qu’une maison s’effondre à Gaza, ce ne sont pas seulement des murs et des vies qui tombent. Une photo gardée dans une boîte, une lettre écrite par un grand-père, le programme d’un mariage, la carte d’une école, une preuve qu’une famille a vécu là peuvent également disparaître. Le magazine Wired a raconté ce 6 juillet comment le Musée palestinien, à Birzeit, tente de répondre à cette perte par une idée simple et puissante : créer une archive numérique qui ne puisse être pillée ni effacée.

Une archive numérique est une collection organisée de documents convertis en données : images, textes, audios ou vidéos consultables sur un ordinateur. Les Archives numériques du Musée palestinien ont débuté en 2018 par des visites auprès de familles de Cisjordanie pour demander l’autorisation, scanner des photographies, des lettres et des papiers privés. Aujourd’hui, elles rassemblent plus de 500 000 documents, allant des cartes et journaux intimes aux films et pièces d’identité. Ce sont des mémoires familiales devenues patrimoine commun et témoignage de vie.

Le mot-clé est copie. Amer Shomali, artiste et directeur général du Musée palestinien, l’a appelé une « archive qui ne peut être pillée » : non pas parce qu’il est impossible de l’attaquer, mais parce qu’elle ne dépend pas d’un bâtiment unique. Le projet maintient des sauvegardes réparties dans différents endroits du monde. Une sauvegarde est une copie de sécurité ; répartie signifie qu’elle ne se trouve pas tout entière sur le même serveur. Si une page web tombe, une autre copie permet de la reconstruire.

Cette architecture technique répond à une violence très concrète. L’UNESCO a indiqué que, jusqu’au 24 mars 2026, elle avait vérifié des dommages sur 164 sites culturels de Gaza depuis le 7 octobre 2023. Les bombes israéliennes ont détruit des bâtiments historiques, des lieux religieux, des dépôts de biens culturels, des monuments, des musées et des zones archéologiques. Dans ces cas, la perte n’est pas seulement artistique. Lorsqu’une archive est détruite, il devient également plus difficile de prouver la propriété, la continuité, le voisinage et l’existence de millions de personnes.

Le conflit autour de la mémoire ne se limite pas non plus à Gaza. Reuters a rapporté le 25 juin 2026 qu’un projet de loi israélien, appelé Autorité du patrimoine en Judée-Samarie, cherche à étendre le contrôle civil d’Israël sur les sites antiques de la Cisjordanie occupée. Des organisations palestiniennes et israéliennes de défense des droits humains le décrivent comme une annexion de fait. La dispute sur les ruines et les pierres est aussi une lutte sur qui peut raconter le territoire.

C’est pourquoi il est important que l’archive n’inclue pas seulement une documentation étatique et académique. Wired raconte que l’équipe collecte des matériaux auprès des familles et qu’elle travaille avec des métadonnées. Les métadonnées désignent les « données sur les données » : date, lieu, nom de la personne, langue, type de document. Sans ces informations, une photo reste muette ; avec elles, elle peut raconter un réseau de parentés, de métiers, de migrations et de luttes. La technologie, dans ce cas, ordonne des voix qui restent souvent exclues des archives officielles.

Mais il ne faut pas pour autant idéaliser le numérique. Shomali a expliqué à Wired que le site subit des cyberattaques presque tous les mois. On cherche à faire tomber, voler ou altérer des informations en utilisant des réseaux informatiques. De plus, la numérisation exige de l’argent, de l’électricité, du personnel, de la traduction et une attention éthique, car tout document ne doit pas être exposé sans consentement. La mémoire populaire a besoin de serveurs, certes, mais aussi de communautés qui décident quoi protéger et comment le partager.

La leçon dépasse la Palestine. En Amérique latine, nous savons que les papiers d’une communauté peuvent être perdus à cause d’un tremblement de terre, d’un incendie, d’une inondation, d’une plateforme privée qui change ses règles ou d’une guerre économique qui coupe les ressources. Archiver n’est pas garder de la poussière : c’est défendre la possibilité de dire « nous étions là ».

 https://www.granma.cu/mundo/2026-07-06/memoria-imborrable-06-07-2026-21-07-00

COMMENTAIRES  

08/07/2026 11:56 par Annwn

Supprimer la mémoire collective dissout la nation, laquelle fait alors place au troupeau.
Peut-être est-ce cela que cherchent les meneurs occultes du jeu, aux fins d’assurer plus facilement leur domination sur les ilotes modernes dont ils rêvent ?
Dans son ouvrage « La Guerre secrète contre les peuples », Claire Séverac écrivait : « Naomie Klein, dans son livre “La Stratégie du choc”, explique qu’un état de choc ne survient pas seulement après un drame, mais également quand on perd nos repères, notre mémoire collective, ce qui nous a charpentés et qui nous permet de rester vigilants. Or, depuis des années en Europe occidentale, on est prié d’oublier l’État-nation en même temps que notre héritage commun que sont l’hellénisme, la romanité et le christianisme, sous peine d’être suspectés de fascisme ou de racisme par une pseudo-intelligentsia qui roule pour nos prédateurs, les seuls qui ont un intérêt dans le mondialisme.
« Coupés de Dieu, de la nature, de la famille et du savoir, que nous reste-il comme certitude pour tenir debout ? Les travaux de l’armée américaine sur la privation sensorielle prouve que cela produit une monotonie extrême qui entraîne la perte de toute capacité critique. Donald Hebb, qui a dirigé ces recherches, dira plus tard : “Je n’avais aucune idée de l’arme vicieuse que ça allait devenir.” Le Dr Cameron a poursuivi ces travaux en cherchant à déstructurer l’esprit de ses patients, effaçant tout leur passé, de façon à pouvoir le reconstruire à partir de zéro et y implanter de nouvelles idées. Évidemment, il n’a pas fallu longtemps à la CIA pour s’emparer des résultats et les mettre en pratique !
« Et il n’est pas besoin d’être Einstein pour se rendre compte que c’est exactement le régime qui nous est appliqué de plus en plus ouvertement. »
« Comprenez-le d’avance. Nous allons vous écraser jusqu’au point où il n’y a pas de retour. Vous ne guérirez jamais de ce qui vous arrivera, dussiez-vous vivre un millier d’années. Jamais plus vous ne serez capable de sentiments humains ordinaires. Tout sera mort en vous. Vous ne serez plus jamais capable d’amour, d’amitié, de joie de vivre, de rire, de curiosité, de courage, d’intégrité. Vous serez creux. Nous allons vous presser jusqu’à ce que vous soyez vide puis nous vous emplirons de nous-mêmes. » (George Orwell, 1984)
Paul-George Sansonetti écrit : « Malgré les efforts déployés par l’antitradition pour occulter ses manœuvres de politique internationale, une partie du public se montre de moins en moins dupe. C’est en déchirant progressivement un rideau de leurres que des individus déterminés parviendront à entrevoir ce qui a été dissimulé aux peuples de la planète. Alors on découvrira que sous prétexte d’établir la mondialisation il s’agissait en réalité d’arracher ces peuples (quelle qu’en soit l’ethnie) à leurs terres ancestrales, physiquement mais surtout moralement, afin de leur imposer une existence uniquement fondée sur la dévotion de l’argent… et la crainte d’en être dépourvu ! Le sentiment tenace qu’il existe un organisme directeur secret contrôlant toute la haute finance afin de remodeler le monde, en défaisant ou refaisant des nations lorsque nécessaire, conduira inévitablement à l’interrogation suivante : dans quel but ? La réponse est déjà connue des esprits rebelles qui, parallèlement aux orchestrateurs de l’antitradition, possèdent une vision cyclique de l’histoire : faire en sorte qu’au moment où le dernier Âge s’achèvera, les conditions requises pour le retour de la Tradition ne soient plus réunies et que les peuples se révèlent dans l’incapacité d’exister selon des valeurs (non cotées en bourse !) qui constituaient la normalité du monde traditionnel et sont maintenant en exil des consciences. Des valeurs nommées droiture, honneur, humilité, fidélité, don de sa personne et, au sens médiéval du terme « Cœur », c’est-à-dire le courage inséparable de la générosité. »
Anne de Souzenelle disait : « Pour le plus grand nombre d’hommes et de femmes, la rupture quasi-radicale avec rites, mythes et songes est gravement pathogène. Il me semble que le plus tragique chez l’Homme moderne est d’avoir consommé cette rupture en injectant des informations artificielles dans la mémoire génétique des nouvelles générations : ceci par la voie d’une déculturation systématique et par celle d’une suppression presque totale de la relation de l’Homme au cosmos en tant que personne vivante, mais plus encore par la voie d’une alimentation dénaturée, par un abus de toutes les chimiothérapies (des antibiotiques en particulier) et par l’accumulation des vaccinations (ces dernières empêchant l’enfant de faire les maladies nécessaires à la constitution de son immunité, donc de son identité). À tous les niveaux de réalité s’applique en effet la loi selon laquelle la vie est intégration d’un potentiel d’énergie. L’adulte conscient qui se retourne vers son orient construit son nom et acquiert sa force en réalisant ce potentiel dans ses rencontres avec l’« Adversaire » ; l’enfant, lui, construit son premier « moi » encore inconscient, en même temps que son immunité, en traversant les maladies qui, dans cette optique, le constituent physiquement et psychiquement, et en assumant les épreuves initiatiques qui devraient faire partie de son éducation. Les vaccins se situent alors dans le prolongement meurtrier de l’abolition des rites initiatiques. »
NB : Le 25 février 2014, un document appelé « Kubark Counterintelligence Interrogation » de 1963 (Interrogatoire de contre-espionnage Kubark), fut déclassifié. Ce document parle de toutes sortes de techniques qui ont été (ou devraient être) utilisées lors des interrogations des « espions ennemis ». Ce qui est intéressant, c’est que le terme « KUBARK » était un cryptonyme utilisé par la Central Intelligence Agency des États-Unis pour désigner la CIA elle-même.
Ce document contient plus ou moins l’ensemble des conclusions des expériences, faites sur la conscience et la cognition humaine. C’est une sorte de résumé des très nombreuses expériences que nous connaissons sous le nom « MK Ultra », qui trouve ses origines dans les camps nazis des années 30 du siècle dernier.
Rappelons que la création du programme « MK-Ultra » date du début des années 50. L’ancien nazi, Josef Mengele fut l’un des cerveaux directeurs du projet aux USA. Précisons que dans « MK-Ultra », le M est pour « Mind » (mental), ULTRA pour « Ultra-secret » et K pour « Kontrolle », en référence au fait que ce sont les Allemands qui ont conçu ce programme, financé sous le parrainage de personnages comme John Foster Dulles, l’ancien secrétaire d’État américain, et son frère Allan, ex-directeur de la CIA congédié par le président Kennedy peu avant son assassinat… c’est ce même Allan Dulles que l’on retrouva plus tard sur la Commission Warren qui, après enquête sur « Dallas », conclura au « tireur isolé ».
Dans ce document « Kubark Counterintelligence Interrogation », on trouve une méthode d’interrogation de la CIA, appelée « La Technique d’Alice au Pays des Merveilles ».
Le but de la technique dite « Alice au pays des merveilles » ou technique de confusion est de déjouer les attentes et les réactions conditionnées de l’interrogé. Celui-ci est habitué à un monde qui a un certain sens, du moins pour lui : un monde de continuité et de logique, un monde prévisible. Il s’accroche à ce monde pour renforcer son identité et sa capacité de résistance.
La technique de confusion est conçue non seulement pour effacer ce qui est familier, mais aussi pour le remplacer par l’étrange…
Cette technique est la même qui est utilisée par la Scientologie. Le fondateur de la Scientologie, L. Ron Hubbard, a beaucoup écrit sur les mécanismes cognitifs impactés par l’histoire d’Alice au Pays des Merveilles et le voyage à travers la confusion que cette histoire propose. L. Ron Hubbard a fini par poser toute la méthode de recrutement de la Scientologie sur la stratégie de la confusion. Pourquoi ? Car une fois qu’une personne se trouve dans la confusion, elle est beaucoup plus susceptible à se soumettre pleinement à des autorités extérieures, même quand ces dernières sont totalement « fictives ».
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